Vers 1336, un certain Jorda Capella a laissé en gage, pour quinze gros tournois, le seul exemplaire complet de la Chanson de la croisade contre les albigeois. Le volume est aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France, sous la cote Français 25425. C’est un livre de parchemin de 245 millimètres sur 180, copié à Toulouse vers 1275 selon la notice de la bibliothèque, signé à la page 70 par un « Pons escriba » et orné de dessins à la plume restés à l’état d’esquisses, où l’on reconnaît la prise de Béziers, le siège de Carcassonne, la bataille de Muret et le concile de Latran. Le poème qu’il contient a deux auteurs, et ils ne sont pas du même côté. Guillaume de Tudèle, un clerc venu de Navarre, le commence dans le camp des croisés et s’arrête au début de 1213, au bout de la cent trentième laisse, nom de ces strophes épiques de longueur variable bâties sur une seule rime. Un continuateur anonyme, que l’on situe dans le diocèse de Toulouse, reprend à la laisse 131 et écrit jusqu’à la 214ᵉ pour ceux que la croisade avait dépossédés.
Vergentis in senium
La guerre que racontent ces deux hommes est née dans une chancellerie. En 1199, la décrétale Vergentis in senium d’Innocent III assimile pour la première fois l’hérésie au crime de lèse-majesté, ce qui en fait aussi un crime contre la puissance publique, et le prince qui la laisse prospérer sur ses terres devient lui-même suspect. Neuf ans plus tard, à la mi-janvier 1208, le légat pontifical Pierre de Castelnau est tué près de Saint-Gilles, sur le Rhône. Innocent III tient le comte de Toulouse, Raymond VI, pour le commanditaire du meurtre, l’excommunie et appelle à la croisade. On n’a jamais prouvé la culpabilité du comte.
La nouveauté tenait au prix du salut. Les appels de recrutement successifs fixent le service à quarante jours, et Laurence Marvin relève que la bulle d’Honorius III du 30 juillet 1218 accorde encore l’indulgence plénière à tous ceux qui se croisent dans le Midi, sans autre exigence apparente que cette quarantaine. Pour un chevalier de Bourgogne ou d’Île-de-France, la rémission de ses péchés coûtait désormais une campagne d’été à quelques semaines de chez lui, sans traversée, sans Orient. Les armées qui en sortent se défont probablement à mesure que les quarantaines s’achèvent, ce qui oblige leurs chefs à frapper vite et fort pendant les quelques semaines où ils disposent de leurs troupes.
Philippe Auguste, en guerre avec ses voisins du Nord, ne vient pas. Le commandement revient au légat Arnaud Amaury, abbé de Cîteaux, et l’armée qui se rassemble à Lyon au début de l’été 1209 compte de l’ordre de dix mille hommes, chiffre que l’Encyclopædia Britannica reprend sans qu’aucun rôle de montre ne permette de le vérifier.
Le jour de la Madeleine
Devant Béziers, en juillet, l’évêque de la ville demande aux habitants de livrer aux croisés 222 hérétiques. Ils refusent. Le 22 juillet, jour de la sainte Marie-Madeleine, une sortie des défenseurs contre le camp tourne mal, et Guillaume de Tudèle donne l’initiative de l’assaut au « roi des ribauds », chef des valets et de la piétaille de l’armée, dont les hommes escaladent les murs et mettent la ville à sac sans attendre les chevaliers. Guillaume de Puylaurens, chroniqueur toulousain de la seconde moitié du siècle, parle à leur sujet du rebut de l’armée. Le récit le plus précis vient de Pierre des Vaux-de-Cernay, moine cistercien qui a suivi la croisade aux côtés de son oncle Gui, abbé de son monastère, et qui en admire les chefs. Il compte jusqu’à sept mille morts le jour même dans la seule église de la Madeleine, et il souligne la coïncidence avec soin, puisque c’est dans cette église que les Biterrois avaient tué leur vicomte, Raymond Trencavel, en 1167, et que la ville tombe le jour de la fête de la sainte. Les légats, Arnaud Amaury et Milon, écrivent à Innocent III, dans le rapport qu’ils lui adressent en août, que les leurs ont passé au fil de l’épée près de vingt mille personnes, sans égard au rang, au sexe ni à l’âge. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose, une église dans un cas, une ville entière dans l’autre, et aucun ne repose sur un décompte : on ignore combien d’habitants comptait Béziers en 1209, faute de tout dénombrement.
Laurence Marvin a contesté ces chiffres dans un volume collectif publié en 2006 en hommage aux travaux de R. I. Moore. Il y examine le massacre en historien militaire, en mesure l’efficacité, le compare au génocide rwandais de 1994 et conclut que Béziers fut terrible, mais pas pire que d’autres atrocités du temps. John Arnold, qui a rendu compte du volume, lui oppose deux objections solides. Les nombres des chroniqueurs sont souvent symboliques, et sept mille peut vouloir dire « beaucoup » sans que l’ordre de grandeur s’effondre si le chiffre réel était bien plus bas. Surtout, les contemporains, qu’ils approuvent la croisade ou qu’ils la condamnent, ont tous traité Béziers comme un événement hors norme.
La phrase que tout le monde cite ne figure dans aucun de ces textes. Elle vient de Césaire de Heisterbach, maître des novices dans une abbaye cistercienne des bords du Rhin, qui l’insère au chapitre 21 du livre V de son Dialogus miraculorum, un recueil d’exemples destiné à l’édification des moines. Les croisés, raconte-t-il, demandent à l’abbé comment distinguer les catholiques des hérétiques, et Arnaud Amaury aurait répondu « Caedite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius », tuez-les, car le Seigneur connaît les siens. Césaire écrit dixisse fertur, on rapporte qu’il l’a dit. Il écrit une dizaine d’années après les faits, loin du Languedoc, et la réplique reprend presque à la lettre la seconde épître à Timothée, au verset 19 de son chapitre 2. Pierre des Vaux-de-Cernay, cistercien lui aussi, admirateur du légat et témoin autrement plus proche, n’en dit rien. Jacques Berlioz a consacré en 1994 un livre entier à ce témoignage unique. Il n’est pas impossible que le mot ait été prononcé, on ne sait pas trancher, et la phrase de Césaire mesure d’abord ce qu’un moine rhénan jugeait vraisemblable dans la bouche d’un abbé de Cîteaux en guerre.
Carcassonne, assiégée à partir du 1ᵉʳ août, capitule le 15. Les terres conquises sur les Trencavel trouvent preneur en Simon de Montfort, baron d’Île-de-France, qui prend la direction des opérations.
Une pierre, deux récits
Le 12 septembre 1213, sous les murs de Muret, au sud de Toulouse, Montfort affronte une armée bien plus nombreuse que la sienne. Pierre II d’Aragon y conduit ses vassaux catalans et aragonais, dont beaucoup avaient combattu l’année précédente à Las Navas de Tolosa, les seigneurs occitans et la milice de Toulouse ; Raymond VI s’est rangé à ses côtés. Le roi est tué, et son armée défaite. Martín Alvira Cabrer, dont le livre sur la bataille a paru en français en 2024, la lit d’abord comme une défaite aragonaise, celle d’un roi qui avait cherché la bataille rangée sans la préparer, porté par la confiance qu’il tirait de sa victoire espagnole. Le fils de Pierre II, le jeune Jacques Iᵉʳ, se crut désavoué par Dieu et tourna ensuite ses ambitions vers la péninsule Ibérique et la Méditerranée, et Laurence Marvin, qui a rendu compte du livre en 2025, mesure à ce détournement l’effet profond de Muret sur la couronne d’Aragon. En 1215, le quatrième concile du Latran dépossède Raymond VI et attribue ses terres au vainqueur.
Toulouse ne l’accepte pas.
Raymond VI rentre dans sa ville en 1217, et Montfort entreprend un second siège. Le 25 juin 1218, une pierre lancée depuis les remparts l’atteint à la tête. Pierre des Vaux-de-Cernay écrit qu’une pierre partie d’un mangonneau ennemi frappa soudain à la tête le chevalier du Christ. Le continuateur anonyme de la Chanson, de l’autre côté du mur, sait qui tirait. La machine, dit-il, était servie par des dames, des fillettes et des femmes mariées, et la pierre frappa le comte sur son heaume d’acier, lui brisant les yeux, la cervelle, les dents, le front et la mâchoire. La même pierre fait un martyr dans un texte, et dans l’autre un tyran abattu par les femmes de la ville qu’il assiégeait.
Heretici
Les hommes et les femmes que la croisade devait extirper ne se sont jamais appelés cathares. Le mot vient de Rhénanie. En 1163, après des exécutions à Cologne, le moine Eckbert de Schönau baptise katari les hérétiques qu’il combat, et il les décrit à l’aide de saint Augustin. Jean-Louis Biget a observé que les hérétiques méridionaux n’ont jamais reçu ce nom au Moyen Âge, que chroniqueurs et inquisiteurs écrivent heretici, et Mark Pegg compte parmi les premiers à avoir relevé que les inquisiteurs du Midi ne parlent jamais de cathares. L’image d’une contre-Église dualiste, venue d’Orient, organisée à l’échelle de l’Europe et broyée par l’Inquisition, a été composée au XIXᵉ siècle, et l’un de ses premiers architectes, le théologien strasbourgeois Charles Schmidt, publie dès 1849 une Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois. En 1998, le volume dirigé par Monique Zerner, Inventer l’hérésie ?, a montré comment l’accusation d’hérésie se construisait et servait des enjeux de pouvoir, et R. I. Moore a porté la thèse à son terme en 2012, dans The War on Heresy, traduit en 2017 par Julien Théry sous le titre Hérétiques. Il y décrit une persécution proactive et créatrice, et tient le catharisme comme système dualiste clos pour une construction des manuels scolastiques et des registres d’inquisition. Le camp d’en face a ses meilleurs arguments dans les archives. Peter Biller, de l’université d’York, rappelle qu’un seul manuscrit de la bibliothèque de Toulouse, le ms. 609, conserve les dépositions de plus de 5 500 personnes, venues de plus de cent villages et paroisses du Lauragais, entendues dans le cloître de Saint-Sernin en 1245 et 1246 par les dominicains Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre. Il reproche à Pegg de s’en être tenu à ce volume, en laissant de côté d’autres textes, dont la description d’un concile hérétique avec ses évêques et ses ordinations.
Ce concile est celui de Saint-Félix, en Lauragais, qui se serait tenu en 1167 et que l’on ne connaît que par la charte dite de Niquinta. Biller rappelle que Monique Zerner avait réuni des spécialistes de l’Institut de recherche et d’histoire des textes, qui ont jugé le document authentique. Moore, dans sa réponse, accepte une date du XIIIᵉ siècle mais doute qu’il rapporte fidèlement une réunion de 1167 que rien d’autre ne corrobore, et qualifie ce fondement de fragile, voire de fantasmagorique. Il ne nie ni l’existence des hérétiques ni leur organisation. Il la place après la croisade, au-delà de 1229 surtout, et rejoint Pegg sur ce point. Biget, lui, a d’abord tenu la charte pour un faux du XIIIᵉ siècle ; en 2020, dans les Cahiers de Fanjeaux, il y a vu un faux du XVIIᵉ.
La querelle n’est pas close. Quand Arnaud Fossier publie en 2025 une synthèse intitulée Les Cathares, ennemis de l’intérieur, Alessia Trivellone lui reproche en avril 2026, dans La Vie des idées, d’écrire « cathares » sans guillemets tout en défendant l’idée de dénominations arbitraires, et Fossier reconnaît, dans sa réponse, ces ambiguïtés. Pour les gens du Midi, il vaut mieux parler d’hérétiques, comme les sources, parce que le mot ne présuppose rien de ce qu’ils croyaient.
Paris, 12 avril 1229
Amaury de Montfort ne tient pas l’héritage de son père. Il cède ses droits au roi Louis VIII, qui descend lui-même dans le Midi en 1226. Le 12 avril 1229 (n. st.), à Paris, Raymond VII, fils de Raymond VI, ratifie le traité qui met fin à la guerre. Il abandonne au roi les sénéchaussées de Beaucaire et de Carcassonne, s’engage à marier sa fille unique et héritière, Jeanne, à l’un des frères de Louis IX, et le comté de Toulouse doit revenir aux enfants de ce mariage ou, à défaut, à la couronne. Les tribunaux d’inquisition confiés aux dominicains naissent dans les années 1231-1233. Pour le 16 mars 1244, la chronique de l’abbaye gasconne de Berdoues compte deux cent cinq hérétiques des deux sexes brûlés près du pied du pog de Montségur. Les murs que gravissent aujourd’hui les visiteurs ne sont pas ceux du siège, puisque le château debout a été bâti par les seigneurs de Lévis, qui avaient reçu Mirepoix pour prix de leur service dans la croisade, puis abandonné à l’état de ruine en 1673.
Plusieurs questions restent ouvertes, et l’on sait pourquoi. Personne n’a identifié le continuateur de la Chanson, faute de signature et de tout autre texte qu’on puisse lui rattacher. Le meurtrier de Pierre de Castelnau n’a jamais été jugé, et la responsabilité de Raymond VI ne repose que sur l’accusation pontificale. Les morts de Béziers ne se comptent qu’à travers deux chiffres venus du camp vainqueur, qui ne portent pas sur le même périmètre. Quant à la charte de Niquinta, la datation que lui assigne Biget a reculé de quatre siècles sans que le texte lui-même ait bougé.
Le parchemin de 1229 est conservé aux Archives nationales sous la cote J 305, n° 60, et porte aussi le numéro AE/II/230 du musée de l’Histoire de France. L’acte par lequel le comte de Toulouse remet au roi une grande partie de son héritage s’ouvre sur l’initiale de son propre nom, un R de Raymundus tracé à l’encre, fleuronné de spirales et de terminaisons en palmettes, dans lequel Martin Roland reconnaît l’évolution du fleuronné des livres français de ce temps.
Pour aller plus loin
Les processions de 1212 qui ont donné naissance à la croisade des enfants se comprennent avec le recrutement continu de la France du Nord pour la croisade contre les hérétiques du Midi. La bataille de Las Navas de Tolosa, où combattit Pierre II d’Aragon un an avant Muret, et l’histoire de l’Inquisition médiévale prolongent ce dossier.
Le 22 juillet 1209, des valets d’armée escaladent les murs d’une ville du Midi, Béziers. Ils appartiennent à une croisade, une guerre lancée par le pape. Cette fois, elle ne vise pas Jérusalem. Elle frappe des terres chrétiennes, celles du comte de Toulouse et de ses voisins, accusés de protéger des hérétiques. On se demande encore contre qui, au juste, cette guerre a été menée.
Un pardon gagné en un été
Tout commence par un meurtre. L’année précédente, un envoyé du pape est tué près du Rhône. Le pape Innocent III accuse le comte de Toulouse, Raymond VI. Personne n’a jamais prouvé que le comte était coupable.
Le pape avait déjà fait de l’hérésie une sorte de trahison envers un souverain. Un prince qui laissait faire les hérétiques devenait donc suspect à son tour. Après le meurtre, Innocent III appelle à la croisade contre les terres du comte.
Ceux qui partent obtiennent le pardon des peines dues pour leurs péchés. L’Église appelle ce pardon une indulgence. Pour la gagner, il suffit de servir quarante jours. Un chevalier du nord de la France peut ainsi sauver son âme pendant un été, sans traverser la mer. Les armées se défont probablement à mesure que chacun a fini son temps.
Sept mille ou vingt mille morts
Devant Béziers, les habitants refusent de livrer les hérétiques qu’on leur réclame. Lors d’une sortie, les défenseurs se font repousser. Les valets de l’armée entrent alors les premiers et pillent la ville, sans attendre les chevaliers.
Un moine qui suit la croisade compte sept mille morts dans une seule église. Les chefs de l’armée écrivent au pape que près de vingt mille personnes ont été tuées. Le premier chiffre parle d’une église, le second de toute la ville. Personne ne sait combien d’habitants vivaient alors à Béziers.
Un historien a jugé ce massacre comparable à d’autres de la même époque. Un autre spécialiste lui répond que tous les témoins l’ont vu comme hors du commun. Ceux qui approuvaient la croisade le disaient aussi bien que ceux qui la condamnaient.
Une phrase célèbre accompagne ce massacre. Le chef religieux de l’armée aurait ordonné de tuer tout le monde, puisque Dieu reconnaîtrait les siens. Un seul moine la rapporte, une dizaine d’années plus tard, depuis une abbaye des bords du Rhin. Il précise lui-même qu’il s’agit d’un on-dit. Le moine qui suivait l’armée n’en parle pas, et personne ne peut dire si elle a été prononcée.
Une seule pierre, deux témoins
Un baron des environs de Paris, Simon de Montfort, prend la tête de la croisade. En 1213, près de Toulouse, il bat une armée bien plus nombreuse que la sienne. Le roi d’Aragon, venu soutenir le comte de Toulouse, meurt dans la bataille.
Quelques années plus tard, Montfort assiège Toulouse. Une pierre lancée depuis les remparts lui brise la tête. Le moine qui l’admirait raconte la mort d’un chevalier du Christ. Un poète du camp toulousain ajoute que la machine était servie par des femmes de la ville.
Ce poème a une histoire étrange. Un clerc l’a commencé du côté des croisés. Peu avant la victoire de Montfort sur le roi d’Aragon, un auteur dont on ignore le nom prend le relais et l’achève pour l’autre camp. Un seul livre conserve le texte entier.
Des hérétiques sans nom
On appelle aujourd’hui ces hérétiques des cathares. Eux-mêmes n’employaient pas ce mot. Un moine de Rhénanie l’a inventé, plusieurs décennies avant la croisade. Les juges du Midi, eux, écrivent simplement « hérétiques ».
Depuis quelques décennies, des historiens doutent qu’ils aient formé une Église unie et organisée. Pour R. I. Moore, cette Église a surtout été imaginée par les clercs qui les poursuivaient. Il admet pourtant que des hérétiques organisés ont existé après la croisade.
Peter Biller, de l’université d’York, lui répond avec des archives. Un seul registre de Toulouse garde les témoignages de plus de 5 500 personnes. Deux juges dominicains les ont interrogées pendant des mois. Les deux camps se disputent aussi un texte qui décrit une assemblée d’hérétiques. Un historien l’a jugé faux à deux reprises. Il l’a d’abord daté du Moyen Âge, puis de l’époque moderne.
La guerre prend fin en 1229, par un traité conclu à Paris. Le comte de Toulouse y abandonne au roi une grande partie de ses terres. Ce parchemin est conservé aux Archives nationales, et il commence par la première lettre du nom du comte, ornée à l’encre de fines spirales.
La version complète suit le manuscrit du poème, mis en gage un jour pour quinze gros tournois, et oppose Peter Biller à R. I. Moore sur une assemblée d’hérétiques censée s’être tenue en 1167.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Guillaume de Tudèle et continuateur anonyme, Chanson de la Croisade contre les Albigeois, en vers, langue d’oc, parchemin, 245 × 180 mm, Toulouse, vers 1275 selon la BnF (1250-1300 selon Occitanica), dessins à la plume (prise de Béziers, siège de Carcassonne, Muret, concile de Latran), souscription « Pons escriba » à la page 70, note d’engagement pour quinze gros tournois par Jorda Capella vers 1336, ancienne cote La Vallière 91, seul témoin complet du poème Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Français 25425
- Chanson de la croisade, partie de Guillaume de Tudèle, laisses 1-130, prise de Béziers et « roi des ribauds », éd. Paul Meyer, Paris, 1875, t. I, p. 18-24 (v. 370-525), trad. t. II, p. 21-28 ; éd. Eugène Martin-Chabot, t. I, p. 32-83, d’après Vaisse 2009
- Chanson de la croisade, continuation anonyme, laisses 131-214, mort de Simon de Montfort devant Toulouse en 1218 (machine servie par des dames, des fillettes et des femmes mariées), cité d’après la traduction de Janet Shirley, The Song of the Cathar Wars, reproduite par Medievalists.net
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Sources primaires (suite)
- Pierre des Vaux-de-Cernay, Hystoria albigensis, prise de Béziers le jour de la Madeleine, sept mille morts dans l’église de la Madeleine, meurtre du vicomte en 1167 dans la même église, éd. Pascal Guébin et Ernest Lyon, t. I, p. 86-102 ; trad. François Guizot, Paris, 1824, chap. 16, p. 50-54, d’après Vaisse 2009 ; mort de Simon de Montfort, « chevalier du Christ », cité d’après la traduction de W. A. et M. D. Sibly reproduite par Medievalists.net
- Arnaud Amaury et Milon, légats, lettre à Innocent III, août 1209 : près de vingt mille personnes passées au fil de l’épée, sans égard au rang, à l’âge ni au sexe, éd. Étienne Baluze, 1682, t. II, n° 108, p. 373 ; Patrologie latine, t. 216, éd. Migne, 1855, col. 137-142, d’après Vaisse 2009
- Césaire de Heisterbach, Dialogus miraculorum, V, 21 : « Caedite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius », éd. Joseph Strange, Cologne, Bonn et Bruxelles, Heberle, 1851, t. I, p. 302, d’après Vaisse 2009
- Seconde épître à Timothée, 2, 19, Vulgate : « cognovit Dominus qui sunt eius », texte que reprend la réplique rapportée par Césaire
- Guillaume de Puylaurens, Chronica, prise de Béziers, « le rebut de l’armée », trad. Charles Lagarde, Béziers, 1864, p. 52-62 ; éd. et trad. Jean Duvernoy, Paris, CNRS, 1976, d’après Vaisse 2009
- Innocent III, décrétale Vergentis in senium, 1199 : l’hérésie assimilée au crime de lèse-majesté, d’après Fossier 2018
- Honorius III, bulle du 30 juillet 1218 : indulgence plénière pour tous ceux qui se croisent dans le Midi, d’après Marvin 2008, p. 297-310
- Eckbert de Schönau, Sermones contra Catharos, 1163 : le nom de katari, d’après Fossier 2018 et Trivellone 2026
- Charte dite de Niquinta, récit du concile hérétique de Saint-Félix (1167), d’après Biller 2014 et Trivellone 2026
- Dépositions reçues par les inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre au cloître de Saint-Sernin de Toulouse, été 1245-1246, plus de 5 500 témoins de plus de cent villages et paroisses du Lauragais, deux volumes Toulouse, Bibliothèque municipale, ms. 609
- Chronique de l’abbaye de Berdoues : deux cent cinq hérétiques des deux sexes brûlés au pied de Montségur en 1244, d’après la fiche du Pays d’art et d’histoire des Pyrénées cathares
- Ratification du traité de Paris par Raymond VII, comte de Toulouse, Paris, 12 avril 1229 (n. st.), parchemin, initiale R(aymundus) fleuronnée à l’encre Paris, Archives nationales, J 305, n° 60 (musée de l’Histoire de France, AE/II/230)
Bibliographie
- Eugène Martin-Chabot (éd. et trad.), La Chanson de la croisade albigeoise, 3 vol., Paris, 1931-1961, Les classiques de l’histoire de France au Moyen Âge Les Belles Lettres
- Pascal Guébin et Ernest Lyon (éd.), Petri Vallium Sarnaii monachi Hystoria albigensis, 3 vol., Paris, 1926-1939 Société de l’histoire de France
- Jacques Berlioz, « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». Le massacre de Béziers (22 juillet 1209) et la Croisade contre les Albigeois, vus par Césaire de Heisterbach, Portet-sur-Garonne, 1994, 133 p. Loubatières
- Monique Zerner (dir.), Inventer l’hérésie ? Discours polémiques et pouvoirs avant l’Inquisition, Nice, 1998 Centre d’études médiévales de Nice
- R. I. Moore, The War on Heresy : Faith and Power in Medieval Europe, Londres, 2012, 416 p. Profile Books
- R. I. Moore, Hérétiques. Résistances et répression dans l’Occident médiéval, trad. Julien Théry, Paris, 2017, 576 p. Belin
- Michael Frassetto (dir.), Heresy and the Persecuting Society in the Middle Ages : Essays on the Work of R. I. Moore, Leyde et Boston, 2006, Studies in the History of Christian Traditions 129 (chapitre de Laurence W. Marvin sur le massacre de Béziers) Brill
- Laurence W. Marvin, The Occitan War : A Military and Political History of the Albigensian Crusade, 1209-1218, Cambridge, 2008, chap. « Aftermath and epilogue », p. 297-310, DOI 10,1017/CBO9780511496561 014 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9780511496561
- Martín Alvira Cabrer, Muret 1213. La bataille décisive de la croisade contre les albigeois, traduit de l’espagnol, 2024, 448 p. Vent-Terral
- Jean-Louis Biget, « Retour sur le concile de Saint-Félix », dans Le catharisme en questions, Cahiers de Fanjeaux 55, 2020 Centre d’études historiques de Fanjeaux
- Arnaud Fossier, Les Cathares, ennemis de l’intérieur, Paris, 2025, 200 p. La Fabrique éditions
- Mark Gregory Pegg, The Corruption of Angels : The Great Inquisition of 1245-1246, Princeton, 2001, x-238 p. Princeton University Press
- Charles Schmidt, Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois, 2 vol., Paris, 1849 J. Cherbuliez
Sources en ligne
- « Français 25425 » Bibliothèque nationale de France, Archives et manuscritshttps://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc53858d
- « Guillaume de Tudèle et continuateur anonyme, Chanson de la Croisade contre les Albigeois, en vers. » Occitanica, portail de la langue et de la culture occitaneshttps://www.occitanica.eu/items/show/692
- « Le sac de Béziers vu par ses contemporains (1209) », dossier de Damien Vaisse, Archives départementales de l’Hérault, 2009 https://eoe-oc.org/wp-content/uploads/2020/12/1209-Sac_Beziers-plaquette-CG34.pdf
- « Charter : Illuminierte Urkunden 1229-04-12_Paris » Monasterium.nethttps://www.monasterium.net/mom/IlluminierteUrkunden/1229-04-12_Paris/charter
- « La fabrique de l’hérétique », Alessia Trivellone, 16 avril 2026, avec la réponse d’Arnaud Fossier La Vie des idéeshttps://laviedesidees.fr/La-fabrique-de-l-heretique
- « La croisade contre les hérétiques », Arnaud Fossier, 5 septembre 2018 La Vie des idéeshttps://laviedesidees.fr/La-croisade-contre-les-heretiques
- « The War on Heresy : Faith and Power in Medieval Europe », compte rendu n° 1546 par Peter Biller, février 2014, avec la réponse de R. I. Moore Reviews in History, Institute of Historical Researchhttps://reviews.history.ac.uk/review/1546
- Compte rendu de Heresy and the Persecuting Society in the Middle Ages par John Arnold The Medieval Review, Indiana University ScholarWorkshttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/16292
- « Martín Alvira Cabrer (trans.), Muret 1213. La Bataille décisive de la croisade contre les albigeois », compte rendu de Laurence W. Marvin, 9 juillet 2025 De Re Militari, The Society for Medieval Military Historyhttps://deremilitari.org/2025/07/martin-alvira-cabrer-trans-muret-1213-la-bataille-decisive-de-la-croisade-contre-les-albigeois-reviewer-laurence-w-marvin/
- « Aftermath and epilogue », Laurence W. Marvin, The Occitan War Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/books/occitan-war/aftermath-and-epilogue/C612EA59DC8919DA4EB04DC248067CF6
- « Hero or Villain ? Two Views on Simon de Montfort, Crusade Leader » Medievalists.nethttps://www.medievalists.net/2015/06/hero-or-villain-two-views-on-simon-de-montfort-crusade-leader/
- « Massacre at Béziers », Charles Phillips Encyclopædia Britannicahttps://www.britannica.com/print/article/2095961
- « Simon de Montfort » Encyclopædia Britannicahttps://www.britannica.com/print/article/390880
- « Croisade contre les albigeois (repères chronologiques) », Laurent Albaret Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/albigeois-reperes-chronologiques/
- « 22 juillet 1209. Le sac de Béziers » Herodote.nethttps://www.herodote.net/22_juillet_1209-evenement-12090722.php
- « Jean-Paul Rehr », présentation du ms. 609 de Toulouse Digital Manuscripts, Queen Mary University of Londonhttps://digitalmanuscripts.history.qmul.ac.uk/?p=619
- Fiche « Montségur », Pyrénées cathares, Pays d’art et d’histoire https://www.pyreneescathares-patrimoine.fr/download/page_78_fr_Montsegur_le_refuge.pdf








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