Douze mille murex épineux ont donné au chimiste Paul Friedländer 1,4 gramme de colorant pur, assez pour reconnaître dans la pourpre antique un indigo chargé de deux atomes de brome, identification qu’il publie en 1909. À Meninx, sur la rive sud-est de Djerba, les coquilles broyées d’un autre murex recouvrent près de dix hectares de l’ancienne ville, sur une épaisseur qui atteint par endroits cinq mètres. Rapporter un chiffre à l’autre n’aurait guère de sens, puisque l’espèce n’est pas la même et que l’épaisseur d’un amas ne dit pas combien de coquilles il renferme. Mais l’écart d’échelle, entre un gramme de teinture et un paysage de rebuts, se lit sans calcul.
« Meninge Africae »
Au livre IX de l’Histoire naturelle, Pline l’Ancien classe les pourpres par continent. La meilleure, écrit-il, est celle de Tyr pour l’Asie, celle de Meninx et du littoral gétule de l’Océan pour l’Afrique, celle de Laconie pour l’Europe (IX, 127). Le latin dit Tyri praecipuus hic Asiae, Meninge Africae et Gaetulo litore oceani, in Laconica Europae. Pline écrit dans la seconde moitié du Iᵉʳ siècle de notre ère. Au livre V, il place dans l’île deux villes, Meninx du côté qui regarde le continent africain et Thoar de l’autre (V, 41). Stefan Ritter et Sami Ben Tahar en concluent que le passage sur la pourpre vise bien la ville, seul endroit de l’île où les coquilles broyées s’accumulent en quantités énormes.
En 253 avant notre ère, raconte Polybe (I, 39), deux consuls romains abordèrent avec leur flotte « l’île des Lotophages, appelée Meninx ». Ignorant les marées et les hauts-fonds, leurs navires s’échouèrent, et ils ne se dégagèrent qu’en jetant par-dessus bord leur lourde cargaison. Les Grecs, depuis Ératosthène, reconnaissaient dans l’île le pays des mangeurs de lotus de l’Odyssée, et Strabon rapporte qu’on y montrait un autel d’Ulysse (XVII, 3, 17).
Les textes sur Meninx, compilés en 2002 par Annarita Agus et Raimondo Zucca, comptent peu d’inscriptions. La plus parlante est une dédicace des Meningitani, les citoyens de Meninx, au proconsul d’Afrique L. Minicius Natalis, en charge en 120-121 ; la plaque de marbre, retrouvée en 1895 remployée dans une mosquée de Sedouikech, est conservée au musée du Bardo, à Tunis. Au IIIᵉ siècle, l’île prend un autre nom. L’abrégé anonyme connu sous le titre d’Epitome de Caesaribus fait naître l’empereur Trébonien Galle et son fils Volusien « dans l’île de Meninx, qu’on appelle maintenant Girba » (31, 1), et Girba a donné Djerba. Ptolémée, au IIᵉ siècle, distinguait pourtant deux villes, Meninx et Girba. Ali Drine et Elizabeth Fentress, puis Ritter et Ben Tahar, n’en voient qu’une. Nous suivons leur avis, parce qu’une ville encore prospère au IIIᵉ siècle et habitée jusqu’au VIIᵉ quitte difficilement les textes sans changer de nom, et parce que la Table de Peutinger, qui figure Girba parmi les villes de l’île, ignore Meninx.
Dix hectares de coquilles broyées
Le site porte aujourd’hui le nom d’El Kantara, d’après la chaussée qui relie l’île au continent. On y marche sur un sable semé de tessons et de coquilles écrasées, sur 500 mètres environ vers l’intérieur et un kilomètre et demi le long du rivage, et un classement des villes de l’Afrique romaine publié en 2020 range Meninx parmi celles de plus de cent hectares bâtis, avec Cyrène et Ptolémaïs. Les premières fouilles, celles des officiers français Massenet et Gilbert en 1881 et 1882, cherchaient surtout des statues. La première prospection systématique de l’île, conduite de 1996 à 2000 par Ali Drine, Elizabeth Fentress et Renata Holod pour l’Institut national du patrimoine de Tunisie, l’université de Pennsylvanie et l’Académie américaine de Rome, a pris la mesure des rebuts, et Drine a publié dès 2000 les premiers résultats de ses fouilles de 1997 et 1998. Le catalogue des teintureries romaines de murex dressé en 2015 par Natalie Susmann, qui s’appuie sur les travaux d’Andrew Wilson, de l’université d’Oxford, donne pour le grand amas 540 mètres sur 340, pour 3 mètres de haut, des mesures qui ne s’accordent pas avec celles de Fentress. Selon elle, les amas de murex broyés atteignent cinq mètres d’épaisseur et recouvrent d’anciennes maisons sur près de dix hectares, et un court sondage a montré qu’ils grossissaient encore au Vᵉ siècle de notre ère.
Les fouilles tuniso-allemandes de 2017 et 2018, codirigées par Sami Ben Tahar, de l’Institut national du patrimoine, et Stefan Ritter, de l’université de Munich, ont permis de passer de la mesure au comptage. Sur 10 602 restes animaux ramassés à la main, l’archéozoologue Simon Trixl et ses collègues dénombrent 351 fragments de Hexaplex trunculus, le murex à bandes, et 42 de Bolinus brandaris, le murex épineux, l’espèce même qu’avait traitée Friedländer. Les premiers sont brisés, les seconds presque toujours intacts. Comme on ne peut atteindre la glande colorante qu’en cassant la coquille, les auteurs en concluent que la teinture de Meninx venait du seul murex à bandes, l’épineux ayant été mangé. Le ramassage à la main laisse échapper les miettes, et un prélèvement d’environ 80 litres de terre tamisée à l’eau, tiré d’une couche tardive du forum, a livré à lui seul 2 264 petits fragments de murex à bandes, soit au moins 54 individus. Le gros des rebuts, ajoutent-ils, a dû être jeté hors des quartiers d’habitation, dans les amas qui entourent le site, et des dépôts de même taille existent à Guellala, à huit kilomètres au nord-ouest, d’après les travaux de Sami Ben Tahar. Les tas ont d’ailleurs fondu. Wilson a observé que le grand amas avait été entamé, probablement pour en tirer de la chaux, et Fentress signale des coquilles broyées mêlées au mortier de nombreux sols, ou entassées pour rehausser des niveaux de circulation. Dans quelle proportion les amas ont rétréci depuis l’Antiquité, personne ne peut le dire.
Le murex à bandes donne une pourpre variable, du rouge violacé au violet, qui bleuit à la lumière.
Le début de l’activité fait débat. Fentress en voit les premiers indices au début du IIᵉ siècle avant notre ère et la juge croissante tout au long de l’époque romaine. Trixl et ses collègues, s’appuyant sur le rapport préliminaire de Ritter et Ben Tahar, invoquent des niveaux du IVᵉ siècle avant notre ère qui contiennent déjà des murex à bandes finement brisés, et penchent pour une origine punique de la filière. Ils reconnaissent toutefois que l’âge et le sexe des moutons de cette époque restent inconnus, et quelques poignées de coquilles broyées ne prouvent pas un atelier, puisque le même murex se mange aussi.
Les moutons du teinturier
Le résultat le plus neuf des fouilles récentes est venu des os. Du IVᵉ siècle avant notre ère au VIIᵉ siècle de notre ère, moutons et chèvres fournissent environ 60 % des restes animaux identifiés, ou davantage, et les moutons y sont cinq fois plus nombreux que les chèvres, une proportion forte même pour l’Afrique du Nord. Les bêtes de deux ans et plus dominent les profils d’abattage, beaucoup de mâles ont été gardés jusqu’à l’âge adulte, et ce sont justement les mâles, castrés surtout, qui donnent des toisons abondantes et de qualité. Trixl et ses collègues en tirent le modèle d’une seule chaîne de production, de l’élevage et de la tonte au ramassage des escargots, à l’extraction, à la teinture, au filage et au tissage, dont les étoffes pourpres auraient circulé dans toute la Méditerranée de l’époque punique à l’Antiquité tardive.
Le modèle bute sur un point que ses auteurs signalent eux-mêmes. Le centre urbain n’a livré pratiquement aucun outil de filage ou de tissage, d’où l’idée que la laine était travaillée dans d’autres localités de l’île ou du continent, puis ramenée tissée à Meninx pour la teinture. À Gigthis, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest sur le golfe de Bou Ghrara, une inscription romaine nomme d’ailleurs un notable de la cité, Memmius Messius Pacatus, propriétaire d’une foulerie. Or les essais modernes montrent que la laine brute, avant filage et tissage, prend bien mieux la teinture. Trixl et ses collègues laissent la contradiction ouverte, en attendant des fouilles à Henchir Bourgou, la vieille agglomération de l’intérieur de l’île, et sur le continent voisin.
Les cuves manquent à l’appel
Les auteurs anciens et les essais modernes décrivent une suite d’opérations exigeante. Selon Pline, les escargots se prenaient dans des nasses appâtées et perdaient leur suc en mourant, ce qui imposait de les garder vivants jusqu’au traitement. Après l’extraction de la glande, le suc macérait trois jours au plus dans l’eau salée et chauffait doucement ; la laine y trempait ensuite plusieurs jours, et l’étoffe, verte au sortir du bain, ne virait au pourpre qu’au contact de l’air et de la lumière. Christine Macheboeuf, qui a suivi ces étapes une à une à la lumière de l’archéologie expérimentale, situe la production la plus intensive de l’Empire entre le IIᵉ et le Vᵉ siècle de notre ère, et ses essais de conservation des murex vivants l’amènent à envisager que l’on ait aussi teint loin des côtes.
À Meninx, aucune cuve de teinturier n’a été reconnue avec certitude. Au sud-ouest du forum, l’équipe tuniso-américaine a fouillé une maison bâtie à l’époque flavienne, pourvue de deux citernes et occupée jusqu’à la fin du VIᵉ ou au VIIᵉ siècle, que A. Rabinowitz a publiée comme maison et atelier de teinture au murex, et Ritter et Ben Tahar jugent les citernes probablement liées à cet usage. Wilson ne s’y résout pas, faute de toute structure durable propre à la teinture. Susmann ajoute que ces citernes, assez grandes pour l’usage qu’on leur prête, ont exactement la forme des citernes domestiques de recueil des eaux de pluie, répandues dans le reste de la ville et dans toute l’Afrique du Nord. Elle range donc Meninx dans sa seconde catégorie, celle des sites seulement possibles, faute d’y retrouver réunis les six indices de terrain qu’elle exige, cuves comprises.
L’objection a sa limite, et Susmann la formule elle-même. Un amas de cette taille ne s’est pas accumulé pour la seule fabrication de la chaux, et Wilson relève, mêlés aux coquilles broyées, de gros dépôts de cendres. On tient donc les rebuts de la pourpre. Ses ateliers manquent toujours.
Procurator bafii Girbitani
Vers 400, ou quelques décennies plus tard selon les datations, la Notitia Dignitatum, l’annuaire des hautes charges de l’Empire, place sous l’autorité du comte des largesses sacrées, qui tient les finances de la cour d’Occident, une série de procurateurs des teintureries d’État, les baphia. Leur liste dessine une géographie de la pourpre occidentale, Tarente, Salone, Cissa, Syracuse, l’Afrique entière, Girba, les Baléares, Toulon, Narbonne. L’atelier de Girba y est rattaché à la province de Tripolitaine. Ritter et Ben Tahar y voient l’une des raisons d’identifier Girba à Meninx, puisque les textes associent la pourpre à Girba à partir du IIIᵉ siècle, à l’époque même où les fouilles montrent Meninx en pleine activité. L’intérêt de l’État se comprend. Dans l’Édit du Maximum de Dioclétien, en 301, la livre de laine pourpre est taxée 50 000 deniers, et celle d’une bonne laine non teinte 175, selon le relevé que Susmann emprunte à Meyer Reinhold.
Fentress date du IIIᵉ siècle le passage de la production sous contrôle impérial, et attribue au procurateur l’essor apparent de l’industrie au Vᵉ siècle. À partir du IVᵉ siècle, des quartiers jusque-là habités, surtout dans l’ouest de la ville, disparaissent sous les rebuts de coquilles, et elle décrit la Meninx du Vᵉ siècle comme une Tyr africaine, vouée à son industrie, avec des amas et des teintureries puantes bien éloignés des maisons élégantes et des monuments de l’époque précédente. Ces monuments avaient coûté cher. Johannes Lipps, de l’université de Mayence, a montré que le temple sud du forum, dont les éléments en marbre pentélique datent vraisemblablement du troisième quart du IIᵉ siècle, sortait probablement des mêmes équipes de tailleurs de pierre que les thermes d’Antonin à Carthage. La ville importait aussi, selon l’équipe de Munich, des vivres, du vin, de la vaisselle fine et du marbre d’Italie, d’Espagne, de Grèce, d’Asie Mineure et d’Égypte, par un port qu’on n’atteignait qu’en suivant des chenaux sous-marins, avec l’aide de pilotes locaux.
Les indices de la fin vont dans le même sens, à un siècle près. Dans les couches des VIᵉ et VIIᵉ siècles, Trixl et ses collègues ne trouvent plus de murex broyés, et les moutons consommés sont désormais surtout des brebis, signe qu’on a délaissé la laine pour le lait ; ils placent le déclin dès les Vᵉ et VIᵉ siècles, quand Fentress voit encore les amas grossir au Vᵉ, et seule une datation fine des derniers rebuts départagerait ces deux lectures. En 2000 déjà, un article de S. Fontana consacré à un dépotoir du VIᵉ siècle de Meninx annonçait dans son titre italien la fin de la production de pourpre. La ville se vide au VIIᵉ siècle. Fentress s’est demandé si les bâtisseurs de la grande basilique chrétienne, élevée à 1,2 kilomètre de la ville et sans doute siège de l’évêque de Girba, n’avaient pas voulu tenir l’église à l’écart de la communauté liée au baphium autant que de ses déchets.
Sur l’emplacement des cuves, deux positions se font face. Stefan Ritter, au terme des fouilles de 2017 et 2018, dit avoir de bonnes raisons de penser que la pourpre de Meninx servait sur place à teindre des textiles, ensuite vendus au loin. Natalie Susmann, qui s’en tient aux indices de terrain, conclut seulement que les rebuts désignent une teinturerie située quelque part dans les environs, et les dix hectares de coquilles d’El Kantara ne permettent pas encore de choisir entre ces deux lectures.
Pour aller plus loin
La pourpre de Meninx se lit avec celle de Tyr, que Pline place au premier rang pour l’Asie, et avec l’Édit du Maximum de Dioclétien, qui fixe le prix des laines teintes. Le golfe de Bou Ghrara conduit aussi vers Gigthis et sa foulerie, et l’île elle-même vers les Lotophages de l’Odyssée, que les géographes grecs installaient à Djerba.
Le mot pourpre désigne d’abord une couleur tirée d’un escargot de mer. Cet escargot s’appelle le murex. Dans l’Antiquité, sa teinture coûtait si cher qu’on la gardait pour les étoffes de prestige. L’écrivain romain Pline l’Ancien en a nommé les meilleures provenances. Pour l’Afrique, il cite Meninx, une ville de l’île de Djerba, en Tunisie.
Une ville face au continent
Meninx occupait la côte sud-est de l’île, tournée vers la terre ferme. Elle est née au IVᵉ siècle avant notre ère, quand Carthage dominait la région. Elle a vécu plus de mille ans.
Pline range les pourpres par grandes régions du monde. En Asie, la meilleure vient de la ville de Tyr. En Afrique, elle vient de Meninx.
Au IIIᵉ siècle, l’île reçoit un nouveau nom, Girba. Ce nom a donné Djerba. Les archéologues qui ont fouillé le site pensent que la ville a pris le même nom.
Des montagnes de coquilles
Pour atteindre la glande qui colore, il faut casser la coquille. Une teinturerie laisse donc derrière elle des coquilles brisées. À Meninx, on en trouve partout dans le sable.
Une première équipe a parcouru l’île entière. Elle a relevé des tas de coquilles épais de cinq mètres. Ces tas recouvrent près de dix hectares de l’ancienne ville. On en a aussi retiré pour fabriquer de la chaux, sans qu’on sache combien.
Plus récemment, une équipe tunisienne et allemande a ouvert des tranchées dans la ville. Elle a trié les coquilles une à une. Presque toutes viennent d’une seule espèce, et elles sont cassées. Une seconde espèce apparaît aussi, mais ses coquilles restent presque toujours entières. Celle-là, on la mangeait. La pourpre de la première espèce va du rouge violacé au violet. À la lumière, elle tire vers le bleu.
Le tamisage a révélé encore plus de miettes. Un seul prélèvement de terre a livré plus de deux mille fragments.
Des moutons pour la laine
Les os d’animaux racontent une autre partie de l’histoire. Pendant toute la vie de la ville, les habitants élèvent surtout des moutons. Ils gardent beaucoup de mâles jusqu’à l’âge adulte. Or ces bêtes-là donnent beaucoup de laine, et de bonne qualité.
La laine et la couleur allaient donc ensemble. Les chercheurs imaginent une seule chaîne de travail. Elle va de la tonte des moutons jusqu’à l’étoffe teinte, vendue loin de l’île.
Un détail gêne pourtant. Dans la ville, on n’a presque pas trouvé d’outils pour filer ou tisser. Le tissage se faisait peut-être ailleurs, sur l’île ou sur le continent. Dans une ville voisine, une inscription nomme d’ailleurs un notable qui possédait une foulerie, un atelier où l’on travaillait les étoffes. Mais une laine encore brute prend bien mieux la couleur qu’un tissu. Les chercheurs eux-mêmes laissent la question ouverte.
L’atelier que personne ne trouve
Dans les derniers temps de l’Empire romain d’Occident, un registre de l’administration cite un fonctionnaire chargé de la teinturerie d’État de Girba. L’État surveillait de près une marchandise aussi chère. Selon une spécialiste du site, ce contrôle remontait au IIIᵉ siècle.
Un peu plus tôt, un tarif impérial donne une idée du prix. La livre de laine pourpre y vaut cinquante mille deniers. Une bonne laine sans teinture en vaut cent soixante-quinze.
Personne n’a pourtant retrouvé à Meninx une cuve de teinturier sûre. Une maison possède de grandes citernes, et certains y voient un atelier de teinture. Andrew Wilson, de l’université d’Oxford, refuse de suivre. Il ne voit autour d’elles aucun équipement durable de teinturier. Ces citernes ressemblent en outre à celles qui recueillent l’eau de pluie dans le reste de la ville.
La fin vient peu à peu. Les coquilles broyées disparaissent des derniers déchets de la ville. Les éleveurs gardent alors surtout des brebis, pour le lait. Au VIIᵉ siècle, Meninx se vide.
On sait donc où l’on jetait les coquilles. On ignore encore dans quelle maison on plongeait la laine dans le bain de couleur.
La version complète confronte les deux mesures données pour le grand tas de coquilles, et suit le procurateur de Girba dans la liste des teintureries d’État de l’Occident romain.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Pline l’Ancien, Histoire naturelle, IX, 127 (classement des pourpres : « Tyri praecipuus hic Asiae, Meninge Africae et Gaetulo litore oceani, in Laconica Europae ») et V, 41 (l’île de Meninx et ses deux villes, Meninx et Thoar) ; texte latin cité d’après Ritter et Ben Tahar 2022 [introduction de Studies on the Urban History of Meninx, Reichert Verlag (extrait)](https://www.lehmanns.ch/media/120834797
- Polybe, Histoires, I, 39 (échouage de la flotte romaine en 253 avant notre ère devant « l’île des Lotophages, appelée Meninx ») ; Ératosthène cité par Pline, V, 41 cités d’après Ritter et Ben Tahar 2022
- Strabon, Géographie, XVII, 3, 17 (Meninx, l’autel d’Ulysse, la ville homonyme de l’île) [traduction H. C. Hamilton et W. Falconer, Scriptorium](https://textbase.scriptorium.ro/strabo/the_geography_of_strabo/book_xvii/chapter_iii/17
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Sources primaires (suite)
- Dédicace des Meningitani au proconsul d’Afrique L. Minicius Natalis, 120-121, plaque de marbre remployée dans une mosquée de Sedouikech, CIL VIII, 22785 = AE 1998, 1519 Musée national du Bardo, Tunis ; citée d’après Ritter et Ben Tahar 2022 et Fentress 2018
- Epitome de Caesaribus, 31, 1 (Trébonien Galle et Volusien nés « dans l’île de Meninx, qu’on appelle maintenant Girba ») [traduction Thomas M. Banchich, De Imperatoribus Romanis, Canisius College, 2018](https://www.roman-emperors.sites.luc.edu/epitome.htm
- Ptolémée, Géographie, IV, 3, 12 (Meninx et Girba, deux villes) et Table de Peutinger, segment VII, 1 (Girba, Tipasa, Haribus, Uchium) cités d’après Ritter et Ben Tahar 2022
- Notitia Dignitatum, pars Occidentis, XI, 64-73 (procuratores bafiorum, dont le « procurator bafii Girbitani, provinciae Tripolitanae ») [texte latin, The Latin Library](https://www.thelatinlibrary.com/notitia1.html
- Inscription de Gigthis mentionnant Memmius Messius Pacatus, propriétaire d’une foulerie, publiée par L.-A. Constans, « Inscriptions de Gigthis (Tunisie) », Mélanges de l’École française de Rome 34, 1914, p. 267-286 citée d’après Trixl et al. 2020
- Édit du Maximum de Dioclétien, 301 (prix de la livre de laine pourpre et de la laine non teinte) cité d’après Susmann 2015, qui suit Reinhold 1970
Bibliographie
- Paul Friedländer, « Zur Kenntnis des Farbstoffes des antiken Purpurs aus Murex brandaris », Monatshefte für Chemie, 1909, p. 247 et suiv. [Zenodo](https://zenodo.org/records/1667889/files/article.pdf
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- A. Rabinowitz, « Meninx I : a house and a murex-dye workshop », dans Fentress, Drine et Holod 2009 [table des matières, Academia](https://www.academia.edu/1518675
- Elizabeth Fentress, « An Island in Transition. Jerba between the Fifth and the Ninth Centuries », dans S. Panzram et L. Callegarin (dir.), Entre civitas y madīna. El mundo de las ciudades en la Península Ibérica y en el norte de África (siglos IV-IX), Madrid, Casa de Velázquez, 2018, p. 241-252 [OpenEdition Books](https://books.openedition.org/cvz/23767
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- Johannes Lipps, « Looking over the builders’ work : foreign architects, artisans, and marble at Meninx (Djerba) », Libyan Studies 53, 2022, p. 117-128, DOI [10,1017/lis.2022,11]( [Cambridge Core](https://www.cambridge.org/core/journals/libyan-studies/article/looking-over-the-builders-work-foreign-architects-artisans-and-marble-at-meninx-djerba/A39678C5E07B76DAC0AB3ECA27F596CB)https://doi.org/10.1017/lis.2022.11
- Natalie M. Susmann, « Preliminary Approaches for the Identification and Classification of Mediterranean Murex Dye Production Sites », Archaeological Textiles Review 57, 2015, p. 89-103 [Archaeological Textiles Review, Tidsskrift.dk](https://tidsskrift.dk/atr/article/download/167059/208087/372565
- Meyer Reinhold, History of Purple as a Status Symbol in Antiquity, New York, Johnson Reprint Corporation, 1970 cité d’après Susmann 2015
- Christine Macheboeuf, Exploitation et commercialisation de la pourpre dans l’Empire romain, Pessac, Ausonius éditions, coll. DAN@ 4, 2022, 288 p., DOI 10,46608/DANA4,9782381490083, en libre accès [notice, Directory of Open Access Books]( (en français)https://directory.doabooks.org/handle/20.500.12854/112641?show=full
Sources en ligne
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- [« Roman-Era Trade Center Mapped Off Africa’s Northern Coast », janvier 2020]( Archaeology Magazinehttps://archaeology.org/news/2020/01/16/200116-djerba-meninx-survey/
- [« Sami Ben Tahar, Maître de recherche à l’INP, à La Presse : « Djerba n’a pas encore livré tous ses secrets ! » », 1er décembre 2022]( La Presse de Tunisie (en français)https://www.lapresse.tn/?p=145436
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