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Biographie
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Pline l’Ancien, naturaliste mort au pied du Vésuve

Antiquité12 octobre 202615 min de lecture
Mike McCune / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Cent soixante carnets écrits des deux côtés

Quatre cent mille sesterces. Pline l’Ancien racontait, selon son neveu, qu’il aurait pu vendre ses carnets de lecture à Larcius Licinus pour cette somme, à l’époque où il était procurateur en Espagne, alors qu’ils étaient encore moins nombreux qu’à sa mort. La phrase est dans une lettre de Pline le Jeune à Baebius Macer (Lettres, III, 5, 17), qui dit aussi ce que l’héritier a reçu en 79, cent soixante volumes d’extraits choisis, écrits sur les deux faces et d’une écriture minuscule. Le procurateur gérait dans une province les revenus de l’empereur, et c’est par ce seul détail que l’on date le poste le mieux assuré de sa carrière, sans doute en Tarraconaise, la plus vaste des provinces espagnoles.

Gaius Plinius Secundus est appelé Pline l’Ancien pour le distinguer de son neveu, Gaius Plinius Caecilius Secundus, qu’il adopte par testament (V, 8, 5). Les lettres sont citées ici par livre, numéro et paragraphe. Sa date de naissance se calcule. Le neveu écrit qu’il mourut dans sa cinquante-sixième année (III, 5, 7), ce qui place la naissance en 23 ou en 24 selon le jour exact de la mort, lui-même discuté. La notice transmise sous le nom de Suétone en tête de manuscrits de l’Histoire naturelle le dit « Novocomensis », natif de Novum Comum, l’actuelle Côme. Il appartient à l’ordre équestre, celui des chevaliers, qui fournit à l’empereur des officiers et des administrateurs.

Sa carrière se lit dans la même lettre, qui donne la liste de ses ouvrages dans l’ordre de leur rédaction. Officier de cavalerie sur le Rhin, il compose un traité sur le lancer du javelot à cheval, puis vingt livres sur toutes les guerres menées contre les Germains, commencés, dit le neveu, après un songe où l’image de Drusus lui serait apparue. Viennent ensuite une vie en deux livres du poète et général Pomponius Secundus, trois livres sur la formation de l’orateur intitulés Studiosus, huit livres de grammaire, Dubius sermo, rédigés dans les dernières années de Néron, quand toute écriture un peu libre était devenue dangereuse, et trente et un livres d’histoire qui prennent la suite de l’historien Aufidius Bassus. Aucun ne subsiste. La notice suétonienne lui prête ensuite des procurations « très brillantes et continues », sans en nommer une seule.

À Rome, il se rend avant le jour chez Vespasien, qui travaille lui aussi la nuit, puis gagne son service et consacre le reste du temps à l’étude (III, 5, 9). Un lecteur lit à voix haute pendant les repas, un secrétaire sténographe l’accompagne avec ses tablettes, et chaque lecture produit des extraits. L’Histoire naturelle sort de cet atelier. La préface la dédie à Titus, fils de l’empereur, consul pour la sixième fois, ce qui la date de 77, et annonce vingt mille faits dignes d’intérêt tirés d’environ deux mille volumes de cent auteurs choisis, répartis en trente-six livres (praefatio, 3 et 17). Un trente-septième, placé en tête, donne pour chaque livre la table des matières et la liste des autorités consultées.

En 79, il commande la flotte de Misène, l’escadre impériale stationnée au cap qui ferme au nord la baie de Naples. Le récit de sa mort vient d’une autre lettre du neveu, adressée à l’historien Tacite qui la lui avait demandée (VI, 16). Au début de l’éruption du Vésuve, il reçoit un message de Rectina, épouse de Tascius, dont la villa se trouve au pied de la montagne, fait mettre à l’eau des quadrirèmes et traverse la baie. Ne pouvant aborder, il se dirige vers Stabies, chez Pomponianus, y passe la nuit, puis meurt sur le rivage le lendemain. Son corps est retrouvé intact le troisième jour, vêtu comme il l’était, dans une attitude que le neveu compare à celle d’un dormeur. La notice suétonienne rapporte une autre version, selon laquelle il aurait demandé à un esclave de hâter sa fin.

Pour ces deux journées, tout passe donc par un témoin qui n’était pas sur les navires. Le neveu, qui avait dix-sept ans, est resté à Misène avec sa mère et a écrit plus d’un quart de siècle après les faits, à partir de ce qu’il avait appris des rescapés. Il faut maintenant prendre ces textes un à un, la lettre à Tacite, la liste des œuvres, la préface de 77 et la notice attribuée à Suétone, regarder par quels manuscrits ils nous parviennent, puis examiner trois points sur lesquels ils ne suffisent plus, la carrière de procurateur, la mort et la date de l’éruption, avant de suivre la querelle de Côme et de Vérone et ce que la recherche a fait de l’encyclopédie.

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