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Biographie
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Dioclétien, empereur fondateur de la tétrarchie

Antiquité15 septembre 202615 min de lecture
Dosseman / Wikimedia Commons
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Introduction

Dioclès de Dalmatie

Le titre qui lui reste attaché, celui de fondateur de la tétrarchie, Dioclétien ne l’a jamais entendu. Le mot, qui signifie gouvernement à quatre, appartient aux historiens modernes, qui l’appliquent au collège de deux Augustes et de deux Césars constitué en 293. Son propre nom a lui aussi changé en cours de route. Selon l’Épitomé des Césars, abrégé anonyme rédigé vers 395, il s’appelait Dioclès jusqu’à son avènement, du nom de sa mère et de sa ville natale, toutes deux nommées Dioclea, puis il a donné à ce nom grec une forme romaine (Epitome de Caesaribus, 39, 1). Les inscriptions officielles le désignent comme Gaius Aurelius Valerius Diocletianus, et le surnom de Iovius le place sous la protection de Jupiter.

Ses origines tiennent en deux lignes, et elles divergent. Eutrope, qui compose vers 369 un abrégé d’histoire romaine dédié à l’empereur Valens, le dit originaire de Dalmatie et de naissance si obscure que la plupart le croyaient fils d’un scribe, quelques-uns affranchi d’un sénateur nommé Anullinus (Breviarium, IX, 19) ; l’Épitomé ne retient que l’affranchi. Aucune source ne donne l’année de sa naissance. Elle se calcule à partir des soixante-huit ans que l’Épitomé lui prête au moment de sa mort (39, 7), ce qui la situe vers 243-245 selon l’année de décès qu’on adopte. De sa carrière avant 284, les textes ne disent presque rien, sinon qu’il sert alors comme officier dans l’armée qui revient de Perse.

Le 20 novembre 284, près de Nicomédie, en Bithynie, cette armée l’acclame empereur. Numérien, fils de l’empereur Carus, vient de mourir pendant la retraite, et Eutrope raconte que Dioclétien, devant la première assemblée des soldats, jure n’avoir aucune part à ce meurtre, puis frappe de sa main le préfet du prétoire Aper, que le récit désigne comme l’auteur du complot (IX, 20). La date du 20 novembre vient de Lactance (De mortibus persecutorum, 17, 1), et un papyrus de Panopolis, en Égypte, l’a confirmée. En 285, près de Margum, entre Viminacium et le mont Aureus selon Eutrope, il bat Carin, frère de Numérien, abandonné par une partie de ses troupes.

Il associe au pouvoir un officier de son entourage, Maximien, d’abord comme César puis, en 286, comme Auguste chargé de l’Occident. En 293, deux Césars s’ajoutent, Constance auprès de Maximien et Galère auprès de Dioclétien, chacun lié à son Auguste par un mariage puis par une adoption ; Galère épouse Valeria, fille de Dioclétien. Le règne se passe en campagnes et en déplacements entre des résidences proches des frontières, Nicomédie et Sirmium surtout, où la chancellerie suit l’empereur et répond aux requêtes. Les provinces sont redécoupées en unités plus petites, l’impôt et la monnaie refondus, et à la fin de 301 un édit publié au nom des quatre empereurs fixe un tarif maximal pour les marchandises, les transports et les salaires. Le 23 février 303, l’église de Nicomédie est détruite sur ordre impérial, et un édit contre les chrétiens est affiché le lendemain ; trois autres suivent jusqu’en 304. Le 1ᵉʳ mai 305, à Nicomédie, Dioclétien abdique en même temps que Maximien, et Constance et Galère deviennent Augustes à leur place.

Retiré en Dalmatie, il vit dans le palais fortifié qu’il a fait bâtir au bord de l’Adriatique, près de Salone, sur le site de l’actuelle Split. Sollicité plus tard par Maximien et par Galère de reprendre le pouvoir, il refuse, d’après l’Épitomé. Sa mort survient en 311 ou en 312, et les trois récits anciens qui la rapportent ne lui donnent pas la même cause.

Presque tout ce récit suivi vient de trois textes écrits après sa mort, dont un pamphlet chrétien, alors que les actes de son gouvernement ne survivent qu’en morceaux, sur pierre, sur papyrus et dans les recueils juridiques. Il faut maintenant reprendre ces textes un à un, le manuscrit unique de Lactance, les abrégés païens et leur source perdue, les fragments de l’édit de 301, puis examiner trois points que la recherche discute encore, la naissance du collège de 293, la responsabilité de la persécution et les conditions de l’abdication, avant de suivre la construction de sa réputation jusqu’à l’année toujours incertaine de sa mort.

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