Entre les deux moitiés de la phrase, Marx n’a mis qu’une virgule. Il écrit dans son carnet, au printemps 1845, Die Philosophen haben die Welt nur verschieden interpretirt, es kömmt drauf an sie zu verändern, soit mot à mot « les philosophes ont seulement interprété le monde de diverses façons, il importe de le changer ». Quarante-trois ans plus tard, Engels fait imprimer la note. La virgule devient un point-virgule, et un mot s’insère après le verbe, aber, « mais ».
Entre les listes d’achats et les adresses
Le carnet, premier des vingt que l’on a conservés de Marx, couvre les années 1844 à 1847. Dans le volume IV/3 de la Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA), paru en 1998, ses éditeurs situent les onze notes sur cinq pages du manuscrit, deux et demie une fois imprimées, parmi des listes de lectures, des factures de libraire, des listes de courses et des adresses. Marx a d’abord rédigé la première, puis ajouté au-dessus un chiffre et un titre, « 1) ad Feuerbach ». La datation tient en deux « peut-être », avril 1845 ou un peu plus tard, et probablement avant le début de juin.
La place de la dernière note soulève une difficulté plus lourde. Dans le manuscrit, un trait horizontal la sépare des dix autres. Les éditeurs envisagent que Marx l’ait ajoutée après coup, ou qu’il ait voulu en marquer l’importance, et rien dans le carnet ne permet de choisir entre les deux hypothèses. L’enjeu dépasse la philologie, puisqu’une note ajoutée à part se lit comme un aphorisme autonome et qu’une conclusion se lit à la lumière de ses prémisses.
Marx ne semble pas avoir montré ces notes à Engels, qui les découvre dans ses papiers après 1883 et les publie en mai 1888, chez Dietz à Stuttgart, en appendice de son Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande. La préface, datée du 21 février, les dit rasch hingeschrieben, absolut nicht für den Druck bestimmt, jetées à la hâte et nullement destinées à l’impression, mais inestimables comme dépôt du « germe génial » d’une conception nouvelle du monde (MEW 21, p. 264). La rédaction traduit elle-même les passages allemands cités sans nom de traducteur.
Aucune des onze notes ne passe sans retouche, relève Michael Heinrich. La quatrième voulait la famille terrestre « anéantie en théorie et en pratique » ; Engels la fait « critiquer en théorie et bouleverser en pratique ». Dans la troisième, observe Wolfgang Fritz Haug, disparaît le mot Selbstveränderung, le changement de soi. Les cinq pages du carnet sont reproduites en fac-similé à Moscou en 1924, et leur texte paraît en 1925 dans le Marx-Engels-Archiv de David Riazanov, sous une forme modernisée qui touche aussi à la ponctuation, et sa transcription fidèle attend 1998 (MEGA IV/3, p. 19-21).
Entre-temps, le monde entier a lu la version d’Engels.
Le cerisier de Feuerbach
Le Feuerbach visé est celui de L’Essence du christianisme (Das Wesen des Christentums), paru à Leipzig en 1841 et nommé dans la première note. Dans la religion, y lit-on, l’homme objective sa propre essence secrète, si bien que comprendre Dieu revient à reconnaître l’homme qui s’y projette. La quatrième note accorde ce résultat, puis demande pourquoi la base terrestre se dédouble en se fixant un royaume autonome dans les nuages. Ce dédoublement, répond Marx, naît du déchirement interne de cette base, qu’il faut donc comprendre dans sa contradiction et révolutionner en pratique. La première note étend le reproche à tout le matérialisme antérieur, qui saisit la réalité sensible sous la forme de l’objet ou de l’Anschauung, et jamais comme activité humaine sensible, comme Praxis. Le mot allemand désigne à la fois l’intuition sensible et la contemplation du spectateur, et la traduction française courante par « intuition » perd le second sens, qui est ici le principal.
Feuerbach regarde le monde, et le monde se laisse regarder.
L’Idéologie allemande donne à cette note son exemple, et le statut du texte doit être dit avant de le citer. Ces manuscrits de Marx et Engels, rédigés en 1845-1846 et laissés sans éditeur, n’ont paru qu’en 1932, et leur « chapitre Feuerbach » est un montage d’éditeurs. Feuerbach, y lit-on, ne voit pas que le monde sensible qui l’entoure est un produit historique, le résultat de l’activité d’une longue suite de générations. L’exemple choisi est un arbre. Le cerisier, comme presque tous les arbres fruitiers, n’a été transplanté sous nos latitudes que par le commerce, il y a quelques siècles, et il n’est donc donné à la « certitude sensible » de Feuerbach que par l’action d’une société déterminée, à une époque déterminée (MEW 3, p. 43). Qu’on se représente un promeneur arrêté devant un cerisier en fleurs, persuadé de tenir dans cette perception la nature la plus immédiate, celle qui précède toute histoire, alors que l’argument lui montre qu’il contemple sans le savoir un résultat accumulé d’échanges et de plantations, et le manuscrit pousse le trait jusqu’à soutenir que si cette activité s’interrompait une seule année, Feuerbach trouverait un changement énorme dans le monde naturel et viendrait vite à manquer de sa propre existence (p. 44). Pour le manuscrit, la contemplation arrive toujours après une pratique qu’elle ne voit pas.
De cet exemple, la deuxième note tire la conséquence pour la pensée, dont la vérité objective est une question pratique ; isolée de la pratique, la dispute sur sa réalité devient « purement scolastique ». L’argument de la dernière note se reconstitue alors en quatre temps. Le monde contemplé est pour une part le produit de l’activité humaine, cerisier compris. Dans ce monde se décide la vérité d’une pensée. Une explication juste qui ne touche pas à ce qui produit l’illusion laisse la même cause produire la même illusion, et tel est le sort de la critique feuerbachienne de la religion. Les philosophes ont donc proposé d’autres lectures d’un monde qui continuait de se faire sans eux, et l’important est l’activité qui le change. Rien là ne déclare la pensée inutile, puisque la huitième note place la solution des mystères de la théorie « dans la pratique humaine et dans la compréhension de cette pratique ».
« Das Bestehende anders zu interpretieren »
Pour un jeune hégélien de 1845, la position de référence se lit dans la préface des Principes de la philosophie du droit, publiés à Berlin en 1820. Pour enseigner ce que le monde doit être, écrit Hegel, la philosophie arrive toujours trop tard ; elle n’apparaît qu’une fois la réalité achevée, et la chouette de Minerve ne prend son vol qu’à la tombée du crépuscule (Werke, t. 7, p. 27-28). Quand elle peint gris sur gris, une figure de la vie a déjà vieilli, et ce gris sert seulement à la connaître.
Les jeunes hégéliens, « de Strauss à Stirner » selon l’inventaire moqueur de L’Idéologie allemande, croyaient échapper à cette modestie en faisant de la critique une arme. Parce qu’ils tiennent les représentations des hommes pour leurs chaînes proprement dites, répond le manuscrit, ils leur demandent d’échanger leur conscience contre une conscience critique, et « cette exigence de changer la conscience revient à exiger d’interpréter autrement ce qui existe, c’est-à-dire de le reconnaître au moyen d’une autre interprétation » (MEW 3, p. 20).
Le verbe interpretieren est celui du carnet. Son partenaire, verändern, est le plus ordinaire des verbes allemands pour dire changer. Étienne Balibar le rend à bon droit par « changer », le « transformer » des versions courantes étant trop solennel pour lui, et Georges Labica, dans son commentaire de 1987, donne en regard les deux versions allemandes. Michael Heinrich tire de cette page une lecture resserrée, où la onzième thèse viserait d’abord la stratégie des jeunes hégéliens, ce qui expliquerait le silence de Marx sur elle après leur dispersion.
Feuerbach reçoit dans le même manuscrit un traitement plus respectueux. Il veut, disent les auteurs, produire une conscience juste d’un fait existant, alors qu’au communiste réel il importe de renverser cet existant, et la tournure, darauf ankommt, est celle du carnet ; ils lui accordent d’être allé aussi loin qu’un théoricien peut aller sans cesser d’être théoricien et philosophe (MEW 3, p. 42). Le reproche porte sur l’endroit où sa pensée, devenue juste, s’arrête. La phrase de 1845 laisse d’ailleurs vide la place d’un programme, puisque la troisième note récuse l’éducateur placé au-dessus de la société et que le manuscrit refuse de faire du communisme un idéal sur lequel la réalité aurait à se régler (MEW 3, p. 35).
À l’autre bout, la lecture large fait de la phrase l’acte de naissance d’une philosophie nouvelle. Engels l’y invitait avec son « germe génial », Ernst Bloch voyait dans les onze notes la philosophie de la révolution à son commencement (Das Prinzip Hoffnung, t. I, p. 307), et Étienne Balibar les décrit en 1993 comme un geste qui mime une libération, « une sortie répétée hors de la théorie ». Le manuscrit de 1845-1846 lui fournit sa pièce la plus lourde, puisqu’on y lit que la philosophie autonome perd, avec l’exposé de la réalité, son milieu d’existence (MEW 3, p. 27).
Changer le monde suppose de l’interpréter
Une objection frontale vient de Martin Heidegger, dans l’entretien télévisé accordé à Richard Wisser et enregistré le 17 septembre 1969 (Gesamtausgabe, t. 16, p. 703). Quiconque cite la phrase ou la suit, dit-il en substance, oublie qu’un changement du monde présuppose un changement de la Weltvorstellung, la représentation du monde, et qu’une telle représentation ne s’obtient qu’en interprétant le monde de façon suffisante. Pour vouloir changer le monde, il faut l’avoir déjà interprété, et la phrase qui congédie les philosophes repose en silence sur une philosophie.
Haug formule, après Bloch, une réponse tirée du carnet. L’objection frappe de plein fouet la version au « mais », qui oppose interpréter et changer. Chez Marx, la huitième note fait de la compréhension de la pratique une partie de la solution, et Bloch jugeait que l’aber d’Engels n’avait rien à faire là, puisque l’opposition n’en est pas une (p. 302). Le même Bloch avait pourtant assuré, trente pages plus tôt, qu’Engels avait publié les notes sans la moindre modification de contenu (p. 271), et c’est Haug qui relève la contradiction. Heidegger réclame une interprétation suffisante avant tout changement, la huitième note en conçoit une qui se forme dans la pratique même, et l’ordre des opérations demeure disputé.
Louis Althusser attaque l’autre moitié, de l’intérieur du marxisme. Dans un texte de 1982 publié après sa mort dans la revue Futur antérieur, en 1993, il tient pour fausse l’idée que les philosophes n’auraient fait qu’interpréter le monde, car ils n’ont jamais renoncé à le changer, en agissant à distance sur lui et sur ses formes de savoir et de pratique. Haug, qui rapporte le passage, note qu’Althusser cite encore la version d’Engels. Si l’objection porte, le mot nur, « seulement », tombe, et l’écart entre Marx et ses prédécesseurs devient une différence de manière dans l’action sur le monde.
L’objection de Theodor W. Adorno, historique, ouvre en 1966 l’introduction de la Dialectique négative (Negative Dialektik). La philosophie, écrit-il en substance, se maintient en vie parce que le moment de sa réalisation a été manqué, et le jugement sommaire selon lequel elle n’aurait fait qu’interpréter le monde tourne au Defaitismus der Vernunft, au défaitisme de la raison, depuis l’échec du changement du monde. Adorno avance même que l’interprétation qui promettait le passage à la pratique était peut-être insuffisante. L’hypothèse retourne contre la thèse sa propre exigence, puisque c’est dans la pratique qu’une interprétation devait faire ses preuves.
Humboldt-Universität, 1953
En 1953, sur ordre de la SED, le parti au pouvoir en RDA, la onzième thèse est apposée en lettres d’or dans le hall de l’université Humboldt, à Berlin-Est, au-dessus du grand escalier, dans la version d’Engels. Après 1990, les instances de l’université débattent de son retrait, un cycle de conférences publiques discute son contenu, et les lettres restent en place, dans une entrée aujourd’hui protégée au titre des monuments historiques. Le volume tiré de ces conférences, publié en 1996 sous la direction de Volker Gerhardt, s’ouvre sur une contribution de Gerhardt qui range la phrase parmi les thèses politiques plutôt que parmi les propositions philosophiques (p. 13-32), et contient une étude de Hans-Christoph Rauh consacrée au « petit mot » aber (p. 253-274).
Adolph Wagner, dont Marx annote le manuel en 1879-1880, a été recteur de cette université en 1895-1896.
Sur le destin de la formule chez Marx lui-même, deux commentateurs allemands se contredisent, et le carnet ne les départage pas. Michael Heinrich lit le silence de Marx après 1845 comme l’abandon d’une formule de circonstance, et trouve dans les notes sur Wagner la preuve que la démarche du Capital écarte « l’homme » comme point de départ au profit de la période sociale économiquement donnée ; Wolfgang Fritz Haug tient au contraire les thèses pour le document d’un passage vers un projet jamais abandonné, même quand Marx cesse de le thématiser, et invoque pour le montrer ces mêmes notes sur Wagner, l’un des derniers textes que Marx ait écrits.
Pour aller plus loin
Le chemin qui conduit Marx de Hegel à Feuerbach, puis à la rupture de 1845, est retracé dans l’article consacré au jeune hégélien. La dialectique négative d’Adorno et la préface hégélienne de la Philosophie du droit, avec sa chouette de Minerve, forment les deux autres versants de ce débat.
On lit souvent une phrase de Karl Marx comme un congé donné à la réflexion, au profit de l’action. Selon elle, les philosophes se sont contentés d’expliquer le monde, alors qu’il s’agissait de le changer. La phrase date du printemps 1845. Marx ne l’a jamais publiée, et son sens exact divise encore les spécialistes.
Onze notes dans un carnet
Marx vit alors à Bruxelles. Il tient un carnet où il inscrit ses lectures, ses achats et des adresses. Au milieu de ces pages, il rédige onze remarques contre le philosophe Ludwig Feuerbach. La phrase célèbre est la dernière de la série, et un trait la sépare des autres.
Personne ne sait pourquoi ce trait est là. Marx a peut-être ajouté la phrase plus tard. Il a peut-être voulu la mettre en valeur. Le carnet ne permet pas de choisir, et le sens change selon la réponse, car une conclusion ne se lit pas comme une pensée détachée.
Friedrich Engels n’a sans doute jamais vu ces notes du vivant de Marx. Il les découvre dans les papiers du défunt et les fait imprimer en 1888. Il les retouche toutes au passage. Dans la dernière phrase, il ajoute un « mais » qui dresse la pensée contre l’action.
Le spectateur et le cerisier
Feuerbach avait expliqué la religion d’une façon simple. Selon lui, les hommes placent en Dieu leurs propres qualités, sans s’en rendre compte. Marx accepte cette explication. Il demande pourtant pourquoi les hommes ont besoin de ce double au ciel, et il cherche la réponse dans les déchirements de leur vie sur terre.
Expliquer une illusion ne suffit donc pas. Si la cause demeure, l’illusion revient. Pour Marx, il faut comprendre cette cause, puis la changer dans la réalité. C’est le premier reproche adressé à Feuerbach.
Le second reproche vise la manière dont Feuerbach regarde le monde. Il le contemple comme un spectateur devant un paysage. Il oublie que ce paysage a été en partie fabriqué par les hommes.
Marx et Engels donnent un exemple dans un manuscrit de la même époque. Un cerisier semble relever de la pure nature. Cet arbre est pourtant arrivé dans nos régions grâce au commerce, il y a quelques siècles. Celui qui l’admire regarde, sans le savoir, le travail de nombreuses générations.
Cet exemple mène à l’idée centrale. Une pensée se juge à ce qu’elle produit dans le monde. Les philosophes ont proposé des lectures toujours meilleures d’un monde qui se transformait sans eux. Marx n’en conclut pas que penser est inutile. Une autre de ses notes réserve une place à la compréhension de ce que font les hommes.
Deux philosophes allemands protestent
En 1969, lors d’un entretien filmé, Martin Heidegger cite la phrase et la conteste. Pour vouloir changer le monde, explique-t-il, il faut d’abord se le représenter, donc l’interpréter. Marx s’appuierait ainsi sur une philosophie qu’il ne dit pas.
Une réponse part du carnet lui-même. La phrase d’origine n’opposait pas les deux verbes, puisqu’une autre note lie l’action à sa compréhension. Le « mais » d’Engels donne prise à l’objection. Le désaccord porte alors sur l’ordre dans lequel on comprend et on agit, et personne ne l’a tranché.
Trois ans plus tôt, Theodor Adorno avait formulé une critique d’une autre sorte. Si la philosophie existe toujours, écrit-il, c’est que le changement annoncé n’a pas eu lieu. Il se demande même si l’explication qui promettait ce changement était assez bonne. Sa question retourne contre Marx sa propre exigence, et elle reste ouverte.
Une phrase dans un escalier
En 1953, le parti au pouvoir en Allemagne de l’Est fait inscrire la phrase à l’université Humboldt de Berlin. Elle occupe le mur du grand escalier, en lettres d’or. Les autorités choisissent la version d’Engels, avec son « mais ».
Après la réunification, l’université se demande s’il faut retirer l’inscription. Des conférences publiques en discutent le sens. Les lettres restent en place, et elles sont désormais protégées comme un monument.
Le visiteur qui monte l’escalier y lit toujours, en lettres d’or, un « mais » que Marx n’avait pas écrit.
La version complète donne les deux passages d’un manuscrit de 1845-1846 où Marx emploie déjà les mots de sa phrase, et l’objection de Louis Althusser, qui vise l’autre moitié.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Karl Marx, « 1) ad Feuerbach », onze notes du carnet 1844-1847, Bruxelles, printemps 1845 (avril à début juin selon les éditeurs), thèses I, II, III, IV, VIII et XI ; cinq pages du manuscrit, fac-similé publié à Moscou en 1924 ; transcription fidèle dans *Marx-Engels-Gesamtausgabe*, IV/3, Berlin, 1998, p. 19-21, avec description du carnet et datation dans l’appareil, p. 483 et 490 ; texte modernisé dans *Marx-Engels-Werke* (MEW), t. 3, p. 5-7 Akademie Verlag / Dietz
- Friedrich Engels, *Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie*, tirage à part revu de la *Neue Zeit*, Stuttgart, mai 1888, préface datée du 21 février 1888 (MEW 21, p. 264) et appendice « Karl Marx über Feuerbach vom Jahre 1845 » (MEW 3, p. 533-535) J. H. W. Dietz
- Karl Marx et Friedrich Engels, manuscrits dits de *L’Idéologie allemande*, 1845-1846, chapitre « Feuerbach » assemblé par les éditeurs, première publication en 1932 ; MEW 3, p. 19-20 (les jeunes hégéliens, « de Strauss à Stirner », et l’exigence d’interpréter autrement), p. 27 (la philosophie autonome), p. 35 (le communisme comme mouvement réel), p. 42 (Feuerbach et le communiste réel), p. 43-44 (le cerisier) Dietz
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Sources primaires (suite)
- Ludwig Feuerbach, *Das Wesen des Christentums*, Leipzig, 1841, passage sur l’homme qui objective dans la religion son essence secrète (*Gesammelte Werke*, t. 5, p. 75) Otto Wigand
- G. W. F. Hegel, *Grundlinien der Philosophie des Rechts*, Berlin, 1820 (page de titre 1821), préface, passage sur la philosophie qui vient toujours trop tard et la chouette de Minerve (*Werke in zwanzig Bänden*, t. 7, p. 27-28) Suhrkamp
- Karl Marx, notes marginales sur le *Lehrbuch der politischen Ökonomie* d’Adolph Wagner, Londres, seconde moitié de 1879 à novembre 1880 selon les MEW, MEW 19, p. 355-383, en particulier p. 371 Dietz
- Martin Heidegger, « Martin Heidegger im Gespräch (17. September 1969) », entretien télévisé avec Richard Wisser, dans *Gesamtausgabe*, t. 16, *Reden und andere Zeugnisse eines Lebensweges 1910-1976*, Francfort-sur-le-Main, 2000, p. 702-710, ici p. 703 Klostermann
- Theodor W. Adorno, *Negative Dialektik*, Francfort-sur-le-Main, 1966, premières phrases de l’introduction ; trad. fr. par le Groupe de traduction du Collège de philosophie (Gérard Coffin, Joëlle Masson, Olivier Masson, Alain Renaut, Dagmar Trousson), *Dialectique négative*, Paris, Payot, « Critique de la politique », 1978 Suhrkamp / Payot
- Louis Althusser, « Sur la pensée marxiste », texte dactylographié en juillet 1982, développement sur les *Thèses sur Feuerbach* ajouté à l’automne 1982, publié dans *Futur antérieur*, supplément *Sur Althusser. Passages*, Paris, décembre 1993, p. 11-29 ; trad. allemande de B. Heber-Schärer, « Die Veränderung der Welt hat kein Subjekt », *Neue Rundschau* 106 (3), 1995, p. 9-16, citée par Haug L’Harmattan
- Inscription de la onzième thèse, version d’Engels, lettres d’or, apposée en 1953 dans le foyer du bâtiment principal Humboldt-Universität zu Berlin
Bibliographie
- Georges Labica, *Karl Marx. Les Thèses sur Feuerbach*, Paris, 1987, 144 p., « Philosophies », traduction française et deux versions allemandes en regard ; rééd. Syllepse Presses universitaires de France
- Étienne Balibar, *La philosophie de Marx*, Paris, 1993, « Repères », chap. II, « Changer le monde : de la praxis à la production », p. 15 et suiv., avec sa traduction de la onzième thèse ; nouvelle éd. 2014, p. 47 et suiv. La Découverte
- Wolfgang Fritz Haug, « Feuerbach-Thesen », dans *Historisch-kritisches Wörterbuch des Marxismus*, t. 4, Hambourg, 1999, col. 402-420 ; version revue parue sous le titre « 1) ad Feuerbach » dans la revue *Die Zukunft*, 2024 Argument / InkriT
- Michael Heinrich, « Praxis und Fetischismus. Eine Anmerkung zu den Marxschen *Thesen über Feuerbach* und ihrer Verwendung », dans Christoph Engemann et alii (dir.), *Gesellschaft als Verkehrung. Perspektiven einer neuen Marx-Lektüre. Festschrift für Helmut Reichelt*, Fribourg-en-Brisgau, 2004, p. 249-270 ça ira
- Ernst Bloch, « Weltveränderung oder Die elf Thesen von Marx über Feuerbach », dans *Das Prinzip Hoffnung*, t. I, Berlin-Est, 1960, p. 270-312, ici p. 271, 302 et 307 ; trad. fr. Françoise Wuilmart, *Le Principe Espérance*, t. I, Paris, 1976 Aufbau / Gallimard
- Volker Gerhardt (dir.), *Eine angeschlagene These. Die 11. Feuerbach-These im Foyer der Humboldt-Universität zu Berlin*, Berlin, 1996, 313 p., dont les contributions de Volker Gerhardt, « Eine politische These, kein philosophischer Satz », p. 13-32, et de Hans-Christoph Rauh, « Schreibschwierigkeiten mit der *Elften* oder : Das kleine Wörtchen *aber* », p. 253-274 Akademie Verlag
- Laurence Paul Hemming, « Work as Total Reason for Being : Heidegger and Jünger’s *Der Arbeiter* », *Journal for Cultural Research* 12 (3), 2008, p. 231-251, DOI 10,1080/14797580802522135, pour le texte allemand de l’entretien de 1969 et sa localisation dans la *Gesamtausgabe* Routledgehttps://doi.org/10.1080/14797580802522135
Sources en ligne
- « Karl Marx : Thesen über Feuerbach (aus Marx’ Notizbuch) » Marxists Internet Archive, section allemandehttps://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1845/thesen/thesfeue-or.htm
- « Thèses sur Feuerbach - K. Marx & F. Engels » Marxists Internet Archive, section française, variantes d’Engels en notehttps://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450001.htm
- « Karl Marx-Friedrich Engels - Die deutsche Ideologie » texte des MEW avec paginationhttps://marx.works/me03/me03_017.htm
- « KARL MARX FRIEDRICH ENGELS GESAMTAUSGABE (MEGA) ERSTE ABTEILUNG » appareil du volume I/30, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaftenhttps://mega.bbaw.de/fileadmin/Webdateien/Dateien/Feuerb_1888_I_30.pdf
- « DIE THESEN ÜBER FEUERBACH (1845) IN DER HANDSCHRIFT VON KARL MARX (TRANSKRIPTION : ALESSANDRO BARBERI) » Die Zukunft, fac-similé des cinq pages du carnethttps://diezukunft.at/die-thesen-ueber-feuerbach-1845-in-der-handschrift-von-karl-marx-von-karl-marx-transkription-alessandro-barberi/
- « 1) AD FEUERBACH. ZU DEN MARXSCHEN THESEN ÜBER FEUERBACH (1845) - VON WOLFGANG FRITZ HAUG » Die Zukunfthttps://diezukunft.at/1-ad-feuerbach-zu-den-marxschen-thesen-ueber-feuerbach-1845-von-wolfgang-fritz-haug/
- « Praxis und Fetischismus. Eine Anmerkung zu den ... » Rosa-Luxemburg-Stiftunghttps://www.rosalux.de/fileadmin/ls_sh/dokumente/veranstaltungen_2010/Michael_Heinrich_Praxis_und_Fetischismus.pdf
- « Hegel, Georg Wilhelm Friedrich, Grundlinien der Philosophie des Rechts, Vorrede » Zeno.orghttp://www.zeno.org/Philosophie/M/Hegel,+Georg+Wilhelm+Friedrich/Grundlinien+der+Philosophie+des+Rechts/Vorrede
- « Heidegger and Jünger’s Der Arbeiter 1 » Lancaster EPrints, Lancaster Universityhttps://eprints.lancs.ac.uk/id/eprint/64546/1/10.pdf
- « Notice bibliographique Dialectique négative / Theodor W. Adorno ; trad. de l’allemand par le groupe de traduction du Collège de philosophie... » BnF Catalogue général, Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb372241052
- « Linked bibliography for the SEP article *Louis Althusser* by William Lewis » PhilPapershttps://philpapers.org/sep/althusser/
- « Sur la pensée marxiste » Multitudes, archives de *Futur antérieur*https://www.multitudes.net/Sur-la-pensee-marxiste/
- « 2. Changer le monde : de la praxis à la production » Cairn.infohttps://shs.cairn.info/la-philosophie-de-marx--9782707167613-page-47?lang=fr
- « A lire : Avant-propos de *Karl Marx. Les thèses sur Feuerbach* » Contretempshttps://www.contretemps.eu/a-lire-avant-propos-de-karl-marx-les-theses-sur-feuerbach/
- « Kunstinstallation im Foyer des Hauptgebäudes der Humboldt-Universität zu Berlin – FUNDRAISING » Humboldt-Universität zu Berlinhttps://www.hu-berlin.de/de/foerdern/altes/was/erfolge/kunst_foyer
- « Kunst im Foyer : Feuerbachthese in neuem Licht – Presseportal » Humboldt-Universität zu Berlinhttps://www.hu-berlin.de/de/pr/medien/publikationen/humboldt/2008/200811/geschichte/foyer
- « Eine angeschlagene These » Portal für Politikwissenschaft, compte rendu de Klaus Dicke avec la table des contributionshttps://www.pw-portal.de/das-fach-politikwissenschaft/eine-angeschlagene-these_739
- « Adolf Wagner – Humboldt-Universität zu Berlin » liste des recteurshttps://www.hu-berlin.de/de/ueberblick/geschichte/rektoren/wagner


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