Aucun des livres qui composent le « jeune Marx » n’est un livre. La thèse de 1841 reste dans un tiroir et n’est imprimée qu’en 1902. Le cahier où Marx démonte la philosophie hégélienne de l’État attend 1927. Les manuscrits parisiens de 1844 paraissent en 1932 avec un titre de section, Travail aliéné, que Marx n’a jamais écrit. Le personnage se lit donc à l’envers, à partir de papiers que leur auteur avait abandonnés.
1835, un livre sur Jésus coupe une école en deux
Hegel meurt à Berlin en 1831. Son école tient quelques années sur une formule de la préface des Principes de la philosophie du droit, ce qui est rationnel est effectif, où les uns lisent un certificat délivré à l’ordre existant et les autres une exigence adressée à ce qui n’est pas encore rationnel.
Le partage devient public à cause d’un livre de théologie. En 1835 paraît La Vie de Jésus, examinée de façon critique, de David Friedrich Strauss : les évangiles n’y sont ni chronique ni imposture, mais mythe, produit de la conscience collective des premières communautés. Deux ans plus tard, dans ses Streitschriften, Strauss reprend l’image de la chambre française et découpe lui-même l’école hégélienne en une droite, un centre et une gauche, selon ce qui subsiste d’histoire évangélique une fois l’idée passée dessus. À gauche, il ne place qu’un nom, le sien.
L’étiquette est instable, et il faut le dire tout de suite. Les hégéliens dits « de droite » n’ont jamais employé ce mot pour eux-mêmes, et Strauss l’a d’abord appliqué à Bruno Bauer, bientôt l’un des plus radicaux de l’autre bord. Le mouvement cohérent est une construction rétrospective. Ce qui existe vraiment, c’est un cercle berlinois, le Doktorklub, une revue fondée en 1838 par Arnold Ruge et Theodor Echtermeyer, et des déceptions successives. Frédéric-Guillaume IV monte sur le trône en 1840 sans apporter les libertés attendues, Bauer perd en 1842 son droit d’enseigner à Bonn pour athéisme. Restent les journaux et les cahiers.
Une thèse sur les atomes, pour parler d’autre chose
Marx obtient son doctorat à Iéna le 15 avril 1841, in absentia, sur un sujet d’apparence antiquaire : la différence entre la philosophie de la nature de Démocrite et celle d’Épicure. Hegel avait fondé l’histoire de la philosophie comme discipline et traité les écoles postérieures à Aristote comme un épilogue sans force. Marx répond sur ce terrain-là.
L’argument tient en un déplacement. Démocrite accorde à l’atome deux mouvements, la chute en ligne droite et la répulsion. Épicure en ajoute un troisième, la déclinaison, cet écart minime sans lequel les atomes tomberaient parallèlement sans jamais se rencontrer, et sans lequel il n’y aurait donc pas de monde. Ce que Marx lit dans l’écart : le moment où l’atome cesse d’être une chose entièrement déterminée du dehors. D’un côté la nécessité, de l’autre une marge. En tête du mémoire, daté de Berlin, mars 1841, Prométhée occupe le premier rang du calendrier philosophique.
Deux réserves. La déclinaison n’est connue pour l’essentiel que par Lucrèce, au livre II du De rerum natura, et y lire une figure de la liberté est une opération de Marx sur Épicure. La dissertation, par ailleurs, ne subsiste pas en entier, et son impression date de 1902.
Retourner la phrase
Mai 1842 : Marx entre à la Rheinische Zeitung de Cologne, puis la dirige. Il y publie à l’automne des articles sur les débats de la Diète rhénane relatifs au vol de bois, où le ramassage de bois mort par les pauvres devient un délit. Dans la préface de 1859 à sa Contribution à la critique de l’économie politique, il désignera ces débats comme la première occasion qui l’obligea, avec embarras, à dire son mot sur ce qu’on appelle les intérêts matériels. Le journal est interdit fin mars 1843. Marx se retire à Kreuznach et ouvre son cahier.
L’instrument vient de Feuerbach, et il faut le restituer avec ses prémisses, car tout le reste en dépend. L’Essence du christianisme paraît en 1841, les Thèses provisoires pour la réforme de la philosophie sont rédigées en 1842 et imprimées en février 1843 dans les Anekdota de Ruge. Première prémisse : dans le discours spéculatif, une abstraction occupe la place du sujet grammatical, et les êtres réels celle des prédicats. Dieu crée l’homme, l’Idée se donne la famille. Deuxième prémisse : l’abstraction n’a aucun contenu propre, puisque tout ce qu’on attribue à Dieu, la bonté, la sagesse, la justice, est prélevé sur des prédicats humains ; retirez-les, il ne reste rien. Conclusion : la phrase est écrite à l’envers et il faut la remettre à l’endroit. Le sujet réel est l’être sur lequel les prédicats ont été prélevés, et l’abstraction devient le prédicat. La théologie, dit Feuerbach, est de l’anthropologie énoncée à rebours.
Direction : le paragraphe 262. Hegel y écrit que l’Idée effective, l’esprit, se scinde en deux sphères idéelles de son concept, la famille et la société civile, comme en sa finité, pour devenir à partir de leur idéalité esprit effectif et infini pour soi, et qu’elle répartit entre ces sphères le matériau de son effectivité finie, à savoir les individus en tant que multitude. Marx commente sans changer d’outil. Le fait empirique, que des individus vivent en familles et dans la société civile, est donné comme un acte de l’Idée. Ce qui produit passe en position de produit.
L’opération se refait sans rien connaître au dossier. Prendre une phrase de la forme « l’État veut », demander qui, matériellement, veut, puis réécrire avec ce sujet-là. Le résultat n’est pas toujours plus vrai, il est toujours plus vérifiable. Une note de traduction s’impose : la bürgerliche Gesellschaft de Hegel se rend par « société civile », ce qui perd le second sens de bürgerlich, bourgeois, décisif pour la suite. C’est dans ce cahier que David Leopold situe la première formulation marxienne de l’aliénation.
Ce que la méthode donne quand on la braque sur le travail
Paris, février 1844. L’unique livraison des Deutsch-Französische Jahrbücher publie l’introduction écrite pour la critique de la philosophie du droit. On y lit que la critique de la religion aboutit à la doctrine selon laquelle « l’homme est, pour l’homme, l’être suprême », et de là à l’impératif de renverser les rapports sociaux où l’homme est un être abaissé. Retenir la formule : elle va coûter cher.
D’avril à août, Marx remplit trois manuscrits. Le premier est une liasse de neuf feuilles in-folio, chaque page divisée en trois colonnes intitulées Salaire, Profit du capital, Rente foncière. À partir de la page XXII, les colonnes cessent de tenir, le texte court d’un bord à l’autre, et tout s’interrompt à la page XXVII. Ce passage porte le titre Travail aliéné, donné par les éditeurs de 1932.
Le schéma feuerbachien est transporté vers la production. Les économistes partent de la propriété privée comme d’un fait et déduisent ; Marx demande ce que ce fait suppose, et regarde la relation élémentaire, un ouvrier qui fabrique un objet. Plus il en fabrique, moins le monde des objets lui appartient, et ce qu’il a produit lui fait face comme une puissance étrangère. Marx déplie le rapport sur quatre plans : le produit échappe, l’activité elle-même échappe puisqu’elle appartient à un autre, le Gattungswesen échappe, c’est-à-dire la capacité de produire au-delà du besoin immédiat et de prendre l’espèce pour objet, et les hommes s’échappent les uns aux autres. La dette est reconnue dans le texte, où Marx écrit que la critique de l’économie politique « doit son véritable fondement aux découvertes de Feuerbach ».
L’exemple est de lui, et il vaut mieux qu’une illustration fabriquée : le travailleur ne se sent chez lui que hors du travail et hors de lui-même dès qu’il travaille ; son activité ne satisfait aucun besoin propre, elle sert à en payer d’autres ; aussi la fuit-il dès que la contrainte physique cesse. Une réserve accompagne toute lecture française de ces pages. Marx emploie deux mots, Entäusserung et Entfremdung, extériorisation et aliénation au sens fort, et les traductions ne les ont pas toujours distingués, alors que le partage commande ce qu’on croit lire.
L’objection de Stirner, et pourquoi elle porte
Fin 1844, Leipzig. L’éditeur Wigand met en vente un volume au millésime 1845, Der Einzige und sein Eigentum, signé Max Stirner, de son nom civil Johann Caspar Schmidt. Dès les premières pages, l’auteur ramasse la formule de Feuerbach, l’homme est pour l’homme l’être suprême, et la traite comme une profession de foi.
Voici l’objection dans son état le plus fort. La critique de la religion a retiré Dieu et installé l’Homme à sa place. Mais l’essence humaine est un terme général dont aucun individu vivant ne recouvre la définition ; elle fonctionne donc comme Dieu fonctionnait, en mesure placée au-dessus du singulier, au nom de laquelle on demande au singulier de renoncer à ce qui est sien. Quiconque déclare à un homme qu’il n’est pas encore vraiment humain a rouvert le confessionnal. L’athéisme a produit une piété. Et le coup atteint Marx, qui venait de faire sienne la formule de l’être suprême.
Engels écrit à Marx le 19 novembre 1844 pour lui dire du bien du livre. La réplique se lit dans les onze notes rédigées à Bruxelles au printemps 1845 sous le titre « ad Feuerbach », et singulièrement dans la sixième : Feuerbach dissout l’essence religieuse dans l’essence humaine, mais celle-ci n’est aucune abstraction logée dans l’individu isolé, elle est dans sa réalité « l’ensemble des rapports sociaux ». La réponse abandonne l’Homme de Feuerbach sans accepter l’Unique de Stirner. Elle remplace une substance par un jeu de relations, et des relations ont une histoire, donc une prise.
Sur l’enchaînement des causes, la recherche ne dispose d’aucun aveu. David McLellan soutient que Stirner a détaché Marx de Feuerbach, et il est vrai que « Saint Max » occupe la part la plus longue des manuscrits de 1845-1846. Sidney Hook observait dès 1936 que Marx y défend encore Feuerbach contre Bauer et contre Stirner. Aucune lettre de Marx ne dit qu’il a changé d’avis en le lisant.
1845, 1932, et la querelle des deux Marx
La publication des manuscrits parisiens en 1932 a modifié la forme du corpus et ouvert un procès. En 1965, dans Pour Marx, Louis Althusser emprunte à Gaston Bachelard la notion de coupure épistémologique et l’applique à cette œuvre : humanisme rationaliste jusqu’en 1842, humanisme communautaire marqué par Feuerbach jusqu’en 1845, puis les œuvres de la coupure, les thèses et L’Idéologie allemande, qui ouvrent une science de l’histoire. Son titre à le dire, il le prend chez Marx, qui écrit en 1859 avoir voulu régler ses comptes avec sa conscience philosophique d’autrefois. Henri Lefebvre conteste dès 1967 la manie des coupures, et un réexamen publié dans Actuel Marx en 2011 place la rupture en 1845-1846 tout en la disant philosophique, changement de problématique et non passage de l’idéologie à la science.
Une difficulté d’un autre ordre est arrivée entre-temps. L’Idéologie allemande n’a jamais été un livre. Le Marx-Engels-Jahrbuch de 2003, puis le volume I/5 de la MEGA², établissent que le « chapitre Feuerbach » est l’assemblage de sept manuscrits autonomes, qu’une troisième main y est intervenue, celle de Joseph Weydemeyer, et que l’ordre familier remonte à l’édition de 1932. Terrell Carver intitule un article de 2010 par la formule selon laquelle L’Idéologie allemande n’a jamais eu lieu, et l’édition qu’il donne avec Daniel Blank reproche au Jahrbuch d’arranger encore les feuillets en œuvre cohérente quoique inachevée. Les thèses elles-mêmes circulent en deux états : les notes de carnet de Marx, publiées à Moscou en 1924, et la version révisée par Engels, imprimée en 1888, qui est celle qu’on cite.
Une objection adressée à Marx lecteur de Hegel mérite d’être donnée dans sa force. Karl-Heinz Ilting a soutenu que l’inversion du sujet et du prédicat, si commode, empêche de voir ce que fait le texte hégélien, et que les Principes de 1820 marquent un recul politique par rapport au cours professé par Hegel en 1818-1819 sur le droit naturel et la science de l’État. Marx aurait réfuté la moins républicaine des versions de son adversaire.
Reste ce que Marx a fait de ses propres papiers. La préface de 1859 raconte la fin : le manuscrit, deux forts volumes in-octavo, était depuis longtemps chez un éditeur de Westphalie quand les deux auteurs apprirent que l’impression ne se ferait pas. Ils l’abandonnèrent aux souris sans regret, le but principal étant atteint, y voir clair eux-mêmes. Le corpus sur lequel un siècle a bâti le jeune Marx était, pour son auteur, une liasse dont l’utilité s’arrêtait le jour où il avait compris ce qu’il pensait.
Pour aller plus loin
Ce dossier touche à l’aliénation comme concept, dont l’histoire remonte à la Phénoménologie de l’esprit et se prolonge bien après Marx dans la théorie critique. Il croise la dialectique hégélienne et le problème de sa transmission, ainsi que la question de savoir ce qu’un texte laissé inédit engage pour celui qui l’utilise.
On se figure Marx penché sur des colonnes de salaires. Pendant des années, il fait autre chose. Cela commence à Berlin, dans un cercle de jeunes universitaires qui se disputent sur la religion et sur l’État, et cela s’achève à Bruxelles au printemps 1845. Ce qu’il rédige pendant cette période, il ne le publie pas. Ces papiers ont pourtant formé un personnage, le jeune Marx, et divisé les spécialistes pendant un siècle.
Le scandale Strauss
Hegel meurt en 1831. Ses élèves se disputent son héritage sans se donner de nom. Un théologien, David Friedrich Strauss, publie alors un ouvrage qui traite les récits évangéliques comme des légendes formées par les premières communautés chrétiennes. Le scandale oblige chacun à se situer. C’est Strauss lui-même qui, peu après, découpe l’école en une droite, un centre et une gauche.
Marx est l’un des plus jeunes du lot, et du côté remuant. Il fréquente un cercle de docteurs qui attendent des réformes du nouveau roi de Prusse. Ils n’obtiennent rien, et l’un d’eux perd son droit d’enseigner pour athéisme. L’université se ferme, il reste les journaux.
L’outil de Feuerbach
Un autre membre du groupe, Ludwig Feuerbach, propose une opération simple. Prenez une phrase de théologie : Dieu crée l’homme. Demandez d’où viennent les qualités attribuées à Dieu, la bonté, la sagesse, la justice. Elles viennent des hommes, qui les ont réunies et placées au ciel. La phrase est donc écrite à l’envers, et il faut lui rendre son ordre : ce sont les hommes qui font Dieu.
Marx s’empare de l’outil et le tourne contre Hegel. Renvoyé de son journal de Cologne, il passe l’été suivant dans une petite ville thermale à commenter les pages où Hegel traite de l’État. Hegel y écrit que l’Idée se divise en familles et en société pour se réaliser. Marx renverse l’ordre : les familles et les gens réels produisent l’État, et l’Idée vient après.
Le procédé se refait chez soi. Prenez une phrase où l’État veut quelque chose. Demandez qui veut, en chair et en os. Réécrivez-la avec ce nom-là. La phrase obtenue n’est pas forcément plus juste, mais elle devient contrôlable.
Du ciel à l’atelier
L’année suivante, à Paris, Marx applique la même opération au travail. Plus un croyant prête de qualités à Dieu, moins il lui en reste. Plus un ouvrier met de lui-même dans les objets qu’il fabrique, moins ces objets lui appartiennent, et plus ils lui font face comme une puissance qui lui échappe. Marx nomme cela l’aliénation, le fait de devenir étranger à ce qu’on a produit soi-même.
Il donne un exemple qui n’a pas vieilli. L’ouvrier ne se sent chez lui qu’une fois sorti de l’atelier. Au travail, il se sent étranger à lui-même. Ce qu’il fait là ne répond à aucun de ses besoins, cela sert à payer les autres. Dès que la contrainte cesse, il s’en va.
Ces pages sont restées dans un tiroir. Elles ont paru en 1932, et le titre qu’on leur connaît a été inventé par leurs éditeurs.
Ce que Stirner a cassé
Un ancien camarade du cercle berlinois publie fin 1844 un livre qui retourne l’arme. Son argument : vous avez chassé Dieu et vous avez mis l’Homme à sa place. Or l’essence humaine est une définition générale à laquelle aucune personne vivante ne correspond tout à fait. Elle règne donc comme régnait Dieu, et celui qui dit à quelqu’un qu’il n’est pas encore vraiment humain vient de rouvrir un confessionnal.
Marx répond au printemps suivant, dans quelques notes écrites pour lui-même. L’essence humaine, dit-il, n’est logée dans personne en particulier : elle est faite des rapports que les gens entretiennent entre eux. L’avantage est net, puisque des rapports ont une histoire et peuvent changer, tandis qu’une essence ne bouge pas.
Savoir si Max Stirner a provoqué ce virage reste indécis. Certains spécialistes le pensent. D’autres remarquent que dans les mêmes cahiers Marx défend encore Feuerbach contre lui. Aucune lettre ne tranche.
Louis Althusser a soutenu qu’il existe deux Marx, séparés par une rupture nette. La thèse fut contestée aussitôt et elle l’est encore. Le travail des éditeurs allemands a depuis ajouté une difficulté : l’ouvrage sur lequel on datait cette rupture n’a jamais été un livre. C’est un paquet de sept manuscrits séparés, dont l’ordre familier a été fabriqué bien plus tard.
Du cahier de l’été 1843, il reste trente-neuf pages. La première a disparu, et personne ne sait par quoi le raisonnement commençait.
L’article complet donne le paragraphe exact de Hegel que Marx retourne, la formule de 1844 qui a servi de cible à Stirner, et la lettre où Engels annonce le livre de celui-ci.
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Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- G. W. F. Hegel, *Grundlinien der Philosophie des Rechts*, 1820, section « Das innere Staatsrecht », §§ 257-313, en particulier le § 262 (scission de l’Idée en famille et société civile) ; trad. fr. *Principes de la philosophie du droit*, trad. Jean-François Kervégan PUF, 1998
- David Friedrich Strauss, *Das Leben Jesu, kritisch bearbeitet*, 1835-1836, et *Streitschriften zur Verteidigung meiner Schrift über das Leben Jesu*, 1837 partage de l’école hégélienne en droite, centre et gauche
- Karl Marx, *Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie*, dissertation, grade conféré à Iéna le 15 avril 1841 in absentia ; avant-propos daté Berlin, mars 1841 (Prométhée en tête du calendrier philosophique, renvoi à Gassendi) ; texte incomplet ; première impression 1902, première édition intégrale MEGA¹, I, 1, 1927 ; trad. fr. *Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure*, traduction, introduction et notes de Jacques Ponnier, Bordeaux, 1970 Ducros
- Karl Marx, cahiers préparatoires sur la philosophie épicurienne, 1839-1840
- Lucrèce, *De rerum natura*, livre II, la déclinaison des atomes ; éd. et trad. Alfred Ernout, Collection des universités de France Les Belles Lettres
- Karl Marx, « Débats sur la loi relative au vol de bois », *Rheinische Zeitung*, octobre-novembre 1842, dans la série sur les délibérations de la VIᵉ Diète rhénane
- Ludwig Feuerbach, *Das Wesen des Christentums*, 1841 ; *Vorläufige Thesen zur Reform der Philosophie*, rédigées en 1842, parues en février 1843 dans les *Anekdota* d’Arnold Ruge ; *Grundsätze der Philosophie der Zukunft*, juillet 1843 ; trad. fr. *Manifestes philosophiques. Textes choisis (1839-1845)*, trad. Louis Althusser, Paris, 1960 PUF
- Karl Marx, *Kritik des Hegelschen Staatsrechts*, manuscrit dit de Kreuznach, 1843, commentaire suivi des §§ 257-313 de Hegel ; trente-neuf grandes pages numérotées de II à XL, la première perdue, titre d’auteur non établi ; datation discutée à l’intérieur de 1843 ; première publication 1927 ; manuscrit conservé à l’Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis, Amsterdam ; trad. fr. *Critique du droit politique hégélien* Éditions sociales
- Karl Marx, « Zur Kritik der Hegelschen Rechtsphilosophie. Einleitung », *Deutsch-Französische Jahrbücher*, unique livraison, Paris, février 1844 : l’homme être suprême pour l’homme et l’impératif de renversement ; trad. fr. de Jules Molitor, 1998 Éditions Allia
- Karl Marx, *Ökonomisch-philosophische Manuskripte*, Paris, avril-août 1844 : premier manuscrit, neuf feuilles in-folio, pagination romaine, colonnes Salaire, Profit du capital, Rente foncière, division en colonnes abandonnée à la page XXII, interruption à la page XXVII ; section intitulée « Travail aliéné » par les éditeurs de 1932 ; première publication MEGA¹, I, 3, 1932
- Karl Marx, *Manuscrits de 1844*, trad. Jacques-Pierre Gougeon, 1996, p. 52, pour la dette envers Feuerbach – GF-Flammarion ; et *Les manuscrits économico-philosophiques de 1844*, trad. Franck Fischbach, 2007 Vrin
- Max Stirner, *Der Einzige und sein Eigentum*, Leipzig, Otto Wigand, page de titre datée 1845, mise en vente fin 1844 ; reprise et examen de la formule feuerbachienne de l’être suprême dès les premières pages
- Friedrich Engels, lettre à Karl Marx du 19 novembre 1844, sur *Der Einzige und sein Eigentum*
- Karl Marx, « ad Feuerbach », onze notes rédigées à Bruxelles au printemps 1845 ; thèse VI, l’essence humaine comme ensemble des rapports sociaux ; texte de Marx publié en 1924 par l’Institut Marx-Engels de Moscou, version révisée par Engels publiée en 1888 en annexe de *Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie*
- Karl Marx, Friedrich Engels et Joseph Weydemeyer, manuscrits dits de *L’Idéologie allemande*, 1845-1846 ; le « chapitre Feuerbach » est un assemblage de sept manuscrits autonomes ; « Saint Max » en constitue la partie la plus longue
- Karl Marx, « Vorwort », *Zur Kritik der politischen Ökonomie*, Berlin, 1859 : les vols de bois et les intérêts matériels, la révision critique de la philosophie du droit de Hegel comme premier travail, les deux volumes in-octavo chez l’éditeur westphalien et le manuscrit laissé aux souris
Bibliographie
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- Louis Althusser, *Pour Marx*, Paris, 1965 François Maspero
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- Jean Quétier, « Pourquoi une nouvelle édition de L’Idéologie allemande ? », *La Pensée*, n° 383, 2015, p. 129 et suiv. Fondation Gabriel Péri
- Terrell Carver, « The German Ideology Never Took Place », *History of Political Thought*, vol. XXXI, n° 1, printemps 2010, p. 107-128 Imprint Academic
- Terrell Carver et Daniel Blank, *Marx and Engels’s ‘German Ideology’ Manuscripts : Presentation and Analysis of the ‘Feuerbach Chapter’*, New York, 2014 Palgrave Macmillan
Sources en ligne
- « Karl Marx » Stanford Encyclopedia of Philosophy
- « Alienation » Stanford Encyclopedia of Philosophy
- « Max Stirner » Stanford Encyclopedia of Philosophy
- « The Young Hegelians : Philosophy as Critical Praxis » Cambridge Core, Cambridge University Press
- « The Dialectical ‘Moment’ of Marx’s Theory of Democracy » Springer Nature Link
- « La critique par Marx de la philosophie hégélienne du droit » *Philosophique*, OpenEdition Journals
- « Un Marx feuerbachien ? », dans *Lire les Manuscrits de 1844* Cairn.info
- « Pourquoi une nouvelle édition de L’Idéologie allemande ? » *La Pensée*, Cairn.info
- « Les nouveaux visages de Marx après la Marx-Engels-Gesammtausgabe (MEGA2) » *Actuel Marx*, Cairn.info
- « Repenser la ‘coupure épistémologique’. Lire Marx avec et contre Althusser » *Actuel Marx*, Cairn.info
- « L’Idéologie allemande (1er et 2e chapitres), édition bilingue » Les éditions sociales, collection GEME
- « Karl Marx | Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et chez Épicure (1ère partie) » Société chauvinoise de philosophie
- « Doctoral Dissertation of Karl Marx » Marxists Internet Archive
- « Débats sur la loi relative au vol de bois » Les Archives internet des marxistes
- « Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel », introduction, trad. Jules Molitor Les Archives internet des marxistes
- « The Ego and Its Own » Marxists Internet Archive
- « Theses on Feuerbach » Marxists Internet Archive
- « Critique de l’Economie politique », préface de 1859 Les Archives internet des marxistes
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