Herbert Marcuse ne demandait qu’une phrase. Ancien élève de Heidegger à Fribourg, réfugié aux États-Unis depuis les années 1930, il lui écrit de Washington, le 28 août 1947, que beaucoup attendent de lui depuis longtemps un mot qui le délivre clairement et définitivement de son identification au régime, parce qu’on ne peut pas dissocier le philosophe de l’homme Heidegger. Un philosophe peut se tromper en politique, ajoute-t-il, et il reconnaît alors son erreur ouvertement. La réponse ne contient pas ce mot. Heidegger y écrit qu’il attendait du national-socialisme un renouveau spirituel de la vie entière et une réconciliation des antagonismes sociaux, puis il fait valoir que ce que Marcuse dit de l’extermination des Juifs vaudrait aussi pour les Alliés, à condition de remplacer « Juifs » par « Allemands des territoires de l’Est ». Le 13 mai 1948, Marcuse lui répond que cette comparaison le place hors du domaine où un dialogue reste possible, et il cesse de lui écrire.
Le recteur prend sa carte le 1er mai
Élu recteur de l’université de Fribourg-en-Brisgau en avril 1933, Heidegger adhère au parti national-socialiste le 1er mai, que le régime vient de proclamer journée nationale du travail, et il en restera membre jusqu’à la fin. Recteur, il conduit la Gleichschaltung, la mise au pas qui aligne l’université sur les buts du parti. Le 27 mai, son discours de rectorat, L’Auto-affirmation de l’université allemande (Die Selbstbehauptung der deutschen Universität), assigne aux étudiants trois services, celui du travail, celui des armes et celui du savoir. Devant eux, il déclare encore que le Führer lui-même et lui seul est la réalité allemande, aujourd’hui et pour l’avenir, et sa loi, formule recueillie par Guido Schneeberger et que Thomas Sheehan cite en 1988. Sa carte de membre porte le numéro 312589, dans le district de Bade. Il quitte le rectorat en avril 1934. Interrogé par le Spiegel le 23 septembre 1966, dans un entretien publié le 31 mai 1976, après sa mort, il datera sa démission de février et décrira son rectorat comme une tentative de renouveler l’université de l’intérieur, sous la surveillance constante du parti.
Les contemporains ont vu autre chose. Le 4 mai 1933, Edmund Husserl, à qui Être et temps était dédié, écrit à Dietrich Mahnke que l’antisémitisme de son ancien assistant s’est exprimé ces dernières années avec une vigueur croissante. En décembre 1945, la commission d’épuration de Fribourg sollicite l’avis de Karl Jaspers. Il juge la manière de penser de son ancien ami unfrei, diktatorisch und kommunikationslos, non libre, dictatoriale et fermée à l’échange, et il estime qu’on aurait tort de confier un tel maître à la jeunesse. L’autorité militaire française interdit à Heidegger d’enseigner, jusqu’en 1949.
Aucun de ces faits ne règle la question qui partage ses lecteurs depuis 1946. Paru en 1927, six ans avant le rectorat, Être et temps ne contient pas un mot sur Hitler. Le livre portait-il de quoi conduire à 1933, ou son auteur s’est-il engagé à côté de lui ?
Page 384 d’Être et temps
Être et temps (Sein und Zeit) part d’une question que Heidegger juge délaissée depuis les Grecs, celle du sens du mot « être », et l’aborde par l’étant qui la pose, l’existant humain, qu’il nomme Dasein, littéralement « être-là ». Cet existant n’a pas d’essence fixée d’avance, il se comprend toujours à partir de possibilités, et le plus souvent il les reçoit toutes faites du « on » (das Man), de ce qui se fait et de ce qui se dit. Il devient authentique quand il cesse de fuir sa propre mort et se décide à partir d’elle. Le livre appelle cette décision Entschlossenheit, la résolution. Elle n’indique pas sur quoi se résoudre, puisqu’un contenu prescrit d’avance la ramènerait à ce qui se fait.
Le § 74 donne pourtant un lieu à cette décision. Le Dasein existe toujours avec d’autres, son histoire est donc une histoire partagée, qu’il appelle Geschick, et il précise qu’il désigne par là l’histoire de la communauté, du peuple (das Geschehen der Gemeinschaft, des Volkes), avant d’ajouter que la puissance de ce destin ne devient libre que dans la communication et dans le combat (in der Mitteilung und im Kampf), à la page 384 de l’édition originale (traduction de la rédaction). « Destin commun » rend mieux Geschick que le simple « destin », parce que Heidegger vient de l’opposer, sur la même page, au destin individuel, Schicksal, et que l’allemand garde dans le mot le verbe schicken, envoyer, ce qui est adressé à un peuple.
Karl Löwith, juif, qui avait été l’élève de Heidegger, a tiré de ces pages un argument que l’on peut suivre pas à pas. Une résolution sans contenu propre doit en recevoir un d’ailleurs. Le § 74 dit d’où, d’un héritage et du destin d’un peuple, que l’on assume dans le combat. Qu’un mouvement politique se présente alors comme ce destin, et la philosophie ne fournit aucun critère pour le récuser, tandis qu’elle en offre plusieurs pour s’y rallier, le vocabulaire de la décision, de la communauté, de la lutte. Löwith avait soumis l’argument à l’intéressé avant de le publier. En 1936, Heidegger donne à Rome une conférence sur Hölderlin à l’Institut culturel germano-italien ; le lendemain, les deux familles partent en excursion à Frascati et à Tusculum. Sur le chemin du retour, Löwith lui dit que son parti pris pour le national-socialisme tenait à l’essence de sa philosophie. Heidegger en convient sans réserve, raconte-t-il, et précise que son concept d’historicité est le fondement de son engagement ; il ajoute qu’il croit toujours en Hitler. L’insigne du parti reste à sa boutonnière pendant tout le séjour, y compris pendant cette journée passée avec un ancien élève juif. Löwith rapporte la scène dans Mein Leben in Deutschland vor und nach 1933, publié seulement en 1986 (p. 56-58). En novembre 1946, il donne aux Temps modernes l’analyse philosophique qui va avec, où il rapproche la fin d’Être et temps des discours de 1933 et parle du nihilisme intérieur d’une résolution pure face au néant, tout en notant que les disciples de Heidegger avaient été surpris par son choix, lui qui ne s’exprimait presque jamais sur la politique (d’après Dominique Janicaud).
Johannes Fritsche a poussé la lecture plus loin en 1999. Relisant héritage, destin, combat et répétition dans la langue de la droite révolutionnaire des années 1920, il conclut que le sol d’Être et temps est völkisch, nationaliste et ethnique, et que le § 74 plaide déjà pour la communauté du peuple.
« De retour de Syracuse ? »
Tout lecteur de Löwith peut lui retourner sa prémisse. Si la résolution est vide, avait-elle plus de raison de mener au parti qu’à la résistance, et le livre serait-il seulement coupable de ne protéger de rien ? Julian Young défend en 1997 une conclusion voisine. Pour lui, la philosophie de Heidegger n’est compromise dans aucune de ses phases, et l’on peut l’accepter tout en tenant fermement à la démocratie libérale. Sa thèse concerne l’œuvre et laisse entier le jugement sur l’homme.
Hannah Arendt avait déplacé la question en 1969, dans l’hommage écrit pour les quatre-vingts ans de Heidegger (Merkur, traduit en anglais en 1971). Platon, rappelle-t-elle, est allé trois fois en Sicile pour remettre dans le droit chemin le tyran de Syracuse. Platon et Heidegger, quand ils se sont mêlés des affaires humaines, se sont tournés vers des tyrans et des Führer, et elle y voit, au-delà des circonstances de l’époque, ce que les Français appellent une déformation professionnelle. La Lettre VII, dont l’authenticité est discutée, donne la raison du voyage. Platon y redoute, s’il refusait, de n’être à ses propres yeux qu’une voix, un homme de discours qui ne se serait jamais risqué à l’action (328c). Hans-Georg Gadamer a raconté, dans un texte traduit en français en 1988, la version fribourgeoise de la scène. Peu après la démission, un ami croise Heidegger dans le tramway et lui demande s’il revient de Syracuse. Gadamer refuse pourtant l’issue que l’image pourrait offrir ; il juge insultant, pour un penseur de cette envergure, de soutenir que ses erreurs politiques n’auraient rien à voir avec sa philosophie.
La comparaison se vérifie sur un point qu’Arendt signale elle-même. Le tyran de Platon et ses victimes vivaient au-delà de la mer ; ceux de Heidegger habitaient son propre pays. Si l’on tient pour une pente du métier ce qui a conduit Platon à Syracuse et Heidegger au rectorat, on décharge Être et temps de toute responsabilité particulière, et l’on accuse du même coup la philosophie entière. Le lecteur peut chercher quelle phrase du § 74 obligerait à préférer l’explication de Löwith à celle d’Arendt.
Une parenthèse que personne n’a entendue
Au semestre d’été 1935, Heidegger professe un cours qu’il publie en 1953 sous le titre Introduction à la métaphysique (Einführung in die Metaphysik), traduit en français par Gilbert Kahn en 1958. On y lit que ce qui circule alors comme philosophie du national-socialisme n’a rien à voir avec « la vérité interne et la grandeur de ce mouvement », suivi d’une parenthèse : « à savoir la rencontre de la technique déterminée planétairement et de l’homme moderne » (traduction de la rédaction). En juillet 1953, Jürgen Habermas, vingt-quatre ans, relève la phrase dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, sous un titre qui invite à penser avec Heidegger contre Heidegger.
En 1966, le Spiegel lui demande si la parenthèse date de 1935 ou de 1953. Elle figurait dans son manuscrit, répond Heidegger, et s’il ne l’a pas lue à haute voix, c’est qu’il était certain d’être bien compris de son auditoire, les sots, les espions et les mouchards l’ayant compris autrement. On ne sait pas, à partir du livre imprimé, si la parenthèse a été écrite en 1935, et l’affirmation de 1966 émane de l’auteur lui-même.
On peut faire l’expérience de lire la phrase deux fois. Sans la parenthèse, elle oppose la grandeur du mouvement à ce qui circule comme sa philosophie officielle ; avec elle, cette grandeur devient la rencontre de l’homme moderne et de la technique, que Heidegger décrira ensuite comme un danger. Dans les deux versions, il reste écrit qu’un mouvement a une vérité interne et une grandeur.
Le même déplacement vers la technique se retrouve en décembre 1949, à Brême. La conférence Das Ge-Stell pose que l’agriculture, devenue industrie alimentaire motorisée, est dans son essence la même chose que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination. Le texte n’a été publié qu’en 1994, au tome 79 des œuvres complètes, et Peter E. Gordon a rappelé en 2014 que la phrase manque à la version remaniée de 1953, La Question de la technique, et que Heidegger n’a jamais désigné le génocide autrement que par cette fabrication de cadavres.
Überlegungen XII
L’affaire a changé de nature en 2014. Peter Trawny publie chez Klostermann les tomes 94, 95 et 96 de la Gesamtausgabe, les carnets que Heidegger tenait depuis le début des années 1930, puis le tome 97 en 2015. Heidegger avait réglé lui-même l’ordre de ses œuvres complètes et prévu ces Cahiers noirs comme leur point d’aboutissement, observe Richard Wolin en 2015. Dans le cahier intitulé Überlegungen XII (Réflexions XII), il explique l’accroissement temporaire de la puissance du judaïsme par la métaphysique occidentale, qui aurait offert un point d’appui à une rationalité vide et à une aptitude au calcul (GA 96, p. 46). Dans Überlegungen XV, le judaïsme mondial est partout insaisissable, tandis que l’on doit, de son côté, sacrifier le meilleur sang des meilleurs de son propre peuple (GA 96, p. 262).
Le mot qu’attendait Marcuse n’y figure pas.
Trawny a donné un nom à ce qu’il y lit, un antisémitisme inscrit dans l’histoire de l’être, seinsgeschichtlicher Antisemitismus. Le stéréotype du Juif calculateur et sans sol prend place dans la pensée tardive elle-même, qui raconte l’histoire de l’Occident comme un oubli de l’être culminant dans le règne du calcul, et dans ce récit les Juifs, privés de monde et de sol, se trouvent exclus de l’histoire de l’être (selon le compte rendu de Georges Leroux). La conséquence pour le débat est précise. La thèse de Young, formulée en 1997, portait sur des textes publiés avant les carnets, et ceux du tome 96 datent de 1939 à 1941, au cœur de la pensée de l’histoire de l’être.
Emmanuel Faye avait soutenu la thèse la plus dure dès 2005, à partir des séminaires inédits de 1933-1935. Heidegger y aurait identifié le peuple à une communauté de race et introduit dans la philosophie les fondements du nazisme, et son engagement se serait radicalisé après 1935. La notice de Mark Wrathall dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, en 2025, tient l’antisémitisme de Heidegger pour bien documenté et sa portée pour sa philosophie pour vivement disputée, et c’est sur cette portée que la recherche se divise désormais. Le livre de 1927 précède à la fois l’engagement et les carnets, ce qui laisse à chaque camp la possibilité de lire le § 74 à la lumière de ce qui a suivi.
Günter Figal, spécialiste de Heidegger et président de la Société Martin Heidegger, a démissionné en janvier 2015 après la lecture des passages antisémites. Il a donné sa raison à la radio : présider une société qui porte le nom d’une personne fait de vous, d’une certaine manière, le représentant de cette personne, et il ne voulait plus l’être. Dans le même entretien, il demandait aux héritiers d’ouvrir les archives pour que la question puisse être examinée plus avant.
Pour aller plus loin
La lecture que Heidegger a donnée du surhomme de Nietzsche, centrée sur l’esprit de vengeance, montre la pensée de l’histoire de la métaphysique au travail sur un autre auteur. Le voyage de Platon à Syracuse prolonge la question du philosophe-roi posée par la République, et le Mitsein d’Être et temps, l’être-avec, a connu chez Simone de Beauvoir un tout autre emploi.
On entend souvent qu’il faut séparer l’œuvre de l’homme. Le cas du philosophe allemand Martin Heidegger met cette règle à l’épreuve. En 1933, il entre au parti nazi et dirige une université au service du régime. Toute la question est de savoir si son grand livre a préparé ce choix.
Une année au service du parti
Au printemps de cette année-là, Heidegger devient recteur de l’université de Fribourg. Quelques jours plus tard, il prend sa carte du parti nazi, qu’il gardera jusqu’à la chute du régime. Devant les étudiants, il affirme que le Führer seul est la réalité allemande et sa loi. Il quitte ses fonctions de recteur au bout d’une année.
Après la guerre, les autorités françaises lui interdisent d’enseigner pendant plusieurs années. Son ancien ami, le philosophe Karl Jaspers, juge sa manière de penser fermée et dictatoriale. Un ancien élève lui réclame par lettre un mot de regret public. Heidegger ne l’écrira jamais, et ces faits ne sont plus discutés par personne.
Un livre qui ne dit pas quoi choisir
Le livre en cause paraît en 1927, bien avant ces événements, et le nom de Hitler n’y figure nulle part. Il décrit l’être humain comme quelqu’un qui reçoit le plus souvent ses choix tout faits de son entourage. On devient soi-même, selon Heidegger, en regardant sa propre mort en face et en se décidant à partir d’elle. Il appelle ce geste la résolution, une décision prise face à sa mort, et ne dit jamais sur quoi elle doit porter.
Un passage indique pourtant où cette décision trouve son contenu. L’histoire d’une personne s’y mêle à celle de sa communauté, de son peuple. Heidegger nomme ce mélange le destin commun, celui qu’un peuple reçoit et partage. Ce destin, ajoute-t-il, se libère dans le combat, et cette page est au centre de la dispute.
L’aveu de Rome
Karl Löwith, un ancien élève juif de Heidegger, tire de cette page un raisonnement simple. Une décision sans contenu doit en emprunter un quelque part. Le livre lui désigne le destin d’un peuple et le combat. Quand un parti se présente comme ce destin, rien dans cette philosophie n’aide à lui dire non.
En 1936, Löwith soumet cette idée à Heidegger lui-même, au cours d’une excursion près de Rome. D’après son récit, Heidegger l’approuve sans hésiter. Il explique que sa manière de penser l’histoire fonde son engagement politique. Ce jour-là, l’insigne du parti reste accroché à sa boutonnière, même pendant la promenade avec son ancien élève juif.
Tous les spécialistes ne suivent pas Löwith. Le philosophe Julian Young soutient en 1997 que l’œuvre n’est compromise à aucun moment. On peut selon lui l’accepter en restant attaché à la démocratie. La philosophe Hannah Arendt cherche la cause ailleurs. Elle rappelle que Platon était allé conseiller un tyran en Sicile, et voit dans ce penchant pour les tyrans un défaut du métier de philosophe.
Arendt relève elle-même une différence entre les deux hommes. Le tyran de Platon et ses victimes vivaient de l’autre côté de la mer. Ceux de Heidegger vivaient dans son propre pays. Expliquer son choix par un travers du métier revient d’ailleurs à accuser la philosophie tout entière, et à décharger son livre.
Les carnets sortent des archives
La découverte la plus lourde arrive en 2014, avec la publication des carnets personnels de Heidegger. Il les tenait depuis le début des années 1930. Plusieurs passages y décrivent les Juifs comme des calculateurs sans attaches, liés au règne du calcul qui gagne l’Occident. Peter Trawny, qui a édité ces carnets, y voit un antisémitisme logé au cœur de la pensée tardive. Le mot de regret réclamé après la guerre n’y apparaît nulle part.
La thèse de Young avait été écrite avant leur parution. Ces pages datent des années où Heidegger construisait sa pensée de l’histoire. Les spécialistes s’accordent aujourd’hui sur les faits. Ils restent divisés sur ce que ces faits disent du livre de jeunesse.
Heidegger avait lui-même fixé la place de ces carnets. Il les avait prévus pour clore la série de ses œuvres complètes.
La version complète cite les lettres échangées avec Marcuse après la guerre, et suit la dispute sur une parenthèse peut-être ajoutée à un cours de 1935.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Martin Heidegger, *Sein und Zeit*, Halle, 1927, § 74, p. 384 de l’édition originale (GA 2, p. 508) : « Damit bezeichnen wir das Geschehen der Gemeinschaft, des Volkes » ; « In der Mitteilung und im Kampf wird die Macht des Geschickes erst frei » ; opposition de *Schicksal* et *Geschick* ; traduction de la rédaction Max Niemeyer
- Martin Heidegger, *Die Selbstbehauptung der deutschen Universität*, discours de rectorat du 27 mai 1933 (date de la notice de la Bibliothèque nationale de France) ; les trois services, *Arbeitsdienst*, *Wehrdienst*, *Wissensdienst*, d’après l’introduction de Richard Wolin
- Martin Heidegger, appel aux étudiants de 1933 (« Der Führer selbst und allein ist die heutige und künftige deutsche Wirklichkeit und ihr Gesetz »), recueilli par Guido Schneeberger, *Nachlese zu Heidegger* ; cité d’après Thomas Sheehan, 1988 et 1993
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Sources primaires (suite)
- Martin Heidegger, *Einführung in die Metaphysik*, cours du semestre d’été 1935, publié en 1953 ; passage sur « la vérité interne et la grandeur de ce mouvement » et sa parenthèse, cité d’après l’entretien du *Spiegel* et Richard Wolin (2015, p. 393) ; traduction de la rédaction. Traduction française : *Introduction à la métaphysique*, trad. et présentation Gilbert Kahn, Paris, 1958, coll. « Épiméthée », 239 p. Presses universitaires de France
- Martin Heidegger, « Nur noch ein Gott kann uns retten », entretien avec Rudolf Augstein et Georg Wolff du 23 septembre 1966, *Der Spiegel*, 31 mai 1976, p. 193-219 (rectorat, démission datée de février 1934, parenthèse de 1935) ; trad. anglaise dans Günther Neske et Emil Kettering (dir.), *Martin Heidegger and National Socialism*, 1990, p. 41-66 Paragon House
- Martin Heidegger, « Das Ge-Stell », deuxième des conférences de Brême, décembre 1949, publiée dans *Bremer und Freiburger Vorträge*, GA 79, 1994 Vittorio Klostermann
- Martin Heidegger, *Überlegungen XII-XV* (*Schwarze Hefte 1939-1941*), éd. Peter Trawny, GA 96, Francfort, 2014, p. 46 (« Die zeitweilige Machtsteigerung des Judentums… ») et p. 262 (« das Weltjudentum […] überall unfaßbar ») ; GA 94 et 95 parus en 2014, GA 97 en 2015 Vittorio Klostermann
- Martin Heidegger, lettre à Herbert Marcuse (1948), connue par la réponse de Marcuse du 13 mai 1948 et citée par Thomas Sheehan (1993)
- Herbert Marcuse, lettres à Martin Heidegger du 28 août 1947 (Washington) et du 13 mai 1948, publiées dans *Les Temps modernes* en janvier 1989 ; trad. espagnole de Carlos Ballesteros, « Dos cartas a Heidegger », *Revista de la Universidad de México*, mai 1993
- Karl Löwith, *Mein Leben in Deutschland vor und nach 1933. Ein Bericht*, Stuttgart, 1986, p. 56-58 J. B. Metzler ; trad. anglaise de Richard Wolin, « My Last Meeting with Heidegger in Rome, 1936 », *New German Critique* 45, automne 1988, p. 115-116
- Karl Löwith, article sur les implications politiques de la philosophie de l’existence chez Heidegger, *Les Temps modernes*, novembre 1946, cité d’après Dominique Janicaud (trad. anglaise, p. 73 et note 17)
- Edmund Husserl, lettre à Dietrich Mahnke du 4 mai 1933, citée d’après Thomas Sheehan (1993)
- Karl Jaspers, rapport adressé à la commission d’épuration de l’université de Fribourg, décembre 1945 (« unfrei, diktatorisch und kommunikationslos ») ; trad. anglaise dans Richard Wolin (dir.), *The Heidegger Controversy*, 1993, p. 144-151
- Platon, *Lettre VII*, 328c, trad. anglaise de R. G. Bury, *Plato in Twelve Volumes*, vol. 7 Harvard University Press ; texte consulté dans la Perseus Digital Library
- Hannah Arendt, « Martin Heidegger ist achtzig Jahre alt », *Merkur* 10, 1969, p. 893-902 ; trad. anglaise d’Albert Hofstadter, « Martin Heidegger at Eighty », *The New York Review of Books* 17 (6), 21 octobre 1971, p. 50-54 (Syracuse, « déformation professionnelle », tyrans et Führer)
- Hans-Georg Gadamer, « Comme Platon à Syracuse », trad. Geneviève Carcopino, janvier 1988 (l’ami du tramway, refus de séparer les erreurs politiques de la philosophie)
- Jürgen Habermas, article sur la publication du cours de 1935, *Frankfurter Allgemeine Zeitung*, juillet 1953 ; trad. anglaise « Martin Heidegger : On the Publication of the Lectures of 1935 », *Graduate Faculty Philosophy Journal* 6 (2), 1977, p. 155-180
Bibliographie
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- Peter Trawny, *Heidegger und der Mythos der jüdischen Weltverschwörung*, Francfort, 2014 – Vittorio Klostermann ; trad. française de Julia Christ et Jean-Claude Monod, *Heidegger et l’antisémitisme. Sur les « Cahiers noirs »*, Paris, [À VÉRIFIER : année], 163 p. Seuil
- Georges Leroux, « Marcher sur l’abîme », compte rendu de Peter Trawny, *Heidegger et l’antisémitisme*, *Spirale* 252, printemps 2015, p. 59-61 Spirale
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- Mark Wrathall, « Martin Heidegger », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 31 janvier 2025, sections 1 et 3 Stanford University
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Sources en ligne
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- « Heidegger Der Spiegel » Reed College, département d’histoirehttps://reed.edu/history/345/Heidegger%20Der%20Spiegel.pdf
- « My Last Meeting with Heidegger in Rome, 1936 » New School Historieshttps://newschoolhistories.org/wp-content/uploads/2018/04/lowith_meetingwheidegger.pdf
- « Dos cartas a Heidegger » Revista de la Universidad de Méxicohttps://mia.revistadelauniversidad.mx/downloads/70c78f81-9f8b-4f77-92b1-198a61b9b65c/rum-MAY.1993-art%c3%adculos-dos-cartas-a-heidegger-%28traduccion-de-carlos-ballesteros%29.pdf
- « Heideggers “Schwarze Hefte” » Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, Institut für Zeitgeschichtehttps://www.ifz-muenchen.de/heftarchiv/2015_3_4_wolin.pdf
- « Introduction to Martin Heidegger’s “The German Student as Worker” and “The German University” » Logos Journalhttps://logosjournal.com/article/introduction-to-martin-heideggers-the-german-student-as-worker-and-the-german-university/
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- « Heidegger and the Nazis » The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/1988/06/16/heidegger-and-the-nazis/
- « A Normal Nazi » The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/1993/01/14/a-normal-nazi/
- « Heidegger and Gas Chambers » The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/2014/12/04/heidegger-and-gas-chambers/
- « Martin Heidegger at Eighty » The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/1971/10/21/martin-heidegger-at-eighty/
- « Plato, Letters, Letter 7, section 328c » Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0164:letter=7:section=328c
- « Comme Platon à Syracuse » Aphelishttps://aphelis.net/wp-content/uploads/2020/05/GADAMER_1988_Syracuse.pdf
- « Historical Destiny and National Socialism in Heidegger’s Being and Time » UC Press E-Books Collection, University of Californiahttps://publishing.cdlib.org/ucpressebooks/public/book/historical-destiny-and-national-socialism-in-heidegger-s-being-and-time.html
- « Heidegger, Philosophy, Nazism » Cambridge Core, Cambridge University Presshttps://www.cambridge.org/core/product/identifier/9780511583322/type/book
- « Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie » Librairie Mollathttps://www.mollat.com/livres/448182/emmanuel-faye-heidegger-l-introduction-du-nazisme-dans-la-philosophie-autour-des-seminaires-inedits-de-1933-1935
- « Heidegger et l’antisémitisme. Sur les « Cahiers noirs » de Peter Trawny » Spirale, Érudithttps://assets.erudit.tech/fr/revues/spirale/2015-n252-spirale01889/77999ac.pdf
- « Heidegger in France » Notre Dame Philosophical Reviewshttps://ndpr.nd.edu/news/heidegger-in-france/
- « Heidegger in France : Nazism and philosophy » Prospecthttps://prospectmagazine.co.uk/philosophy/heidegger-in-france-nazism-and-philosophy
- « Heidegger and Nazism redux : error and apology » Prospecthttps://www.prospectmagazine.co.uk/philosophy/heidegger-and-nazism-redux-error-and-apology
- « Germany’s Heidegger Society Chair Resigns (updated) » Daily Noushttps://dailynous.com/?p=7421

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