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Heka : la magie officielle de l’Égypte ancienne, du dieu au prêtre

Histoire des sciences occultes18 septembre 202630 sources vérifiées
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Le papyrus Rollin tient en cinq lignes de hiératique ramesside, sur une feuille de 41 centimètres de large conservée au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France. On y lit des écrits fabriqués pour égarer, des figurines de cire, des drogues qui ôtent la force aux membres, et la fin d’un accusé qui se donne la mort une fois ses crimes reconnus. L’acte appartient à la procédure ouverte après le complot contre Ramsès III. Un autre document de la même affaire, le papyrus Lee, indique d’où sortait l’un des rouleaux employés par les conjurés, et la réponse désigne le roi lui-même. Pour comprendre qu’un écrit de cette nature ait pu figurer parmi les textes d’un pharaon, il faut partir du mot égyptien que l’on traduit par « magie », heka, et du dieu qui portait ce nom.

Une formule pour devenir Heka

Sur les sarcophages du Moyen Empire, à partir de la fin du IIIᵉ millénaire avant notre ère, une formule porte à l’encre rouge le titre « Devenir Heka ». Adriaan de Buck l’a éditée sous le numéro 261 dans le troisième volume de The Egyptian Coffin Texts, paru à Chicago en 1947. Le défunt y parle à la première personne et interpelle les nobles qui se tiennent devant le maître de l’univers pour leur ordonner de le craindre. Il se présente comme celui que le Seigneur unique a fait « avant que deux choses ne soient venues à l’existence », c’est-à-dire avant toute séparation dans la création. Pour les prêtres qui ont composé ce texte, heka existait donc avant le monde divisé, et le mort qui s’identifiait à lui prétendait disposer de cette puissance dans l’au-delà.

Le même mot désigne le dieu et la force qu’il personnifie, et c’est au second sens qu’un texte politique l’emploie. L’Enseignement pour Mérikarê se présente comme le testament d’un roi d’Héracléopolis, à l’époque où l’Égypte est partagée entre deux royaumes, adressé à son fils et successeur. Les trois copies connues sont bien plus tardives. La principale, le papyrus 1116A de l’Ermitage, date de la seconde moitié de la XVIIIᵉ dynastie et accumule les fautes de copiste ; deux autres témoins, à Moscou et à Copenhague, en comblent partiellement les lacunes. La composition est le plus souvent placée au Moyen Empire, et Richard Parkinson l’a traduite en 1997 dans une anthologie de poèmes qu’il date de 1940 à 1640 avant notre ère. Vers la fin, un hymne énumère les bienfaits du créateur envers les hommes. Il leur a donné des chefs et, d’après la traduction anglaise de Miriam Lichtheim, « la magie comme armes pour repousser le coup des événements ».

La magie figure ici dans l’équipement que le dieu remet aux humains, à côté de leurs rois.

Le porteur du rouleau rituel

Le titre que les égyptologues rendent d’ordinaire par « prêtre-lecteur », kheri-heb, signifie mot à mot celui qui porte le rouleau du rituel, et la traduction littérale vaut mieux que l’usuelle parce qu’elle dit tout de suite où résidait la compétence, dans un livre que l’on tenait en main pendant la cérémonie. Robert Ritner, dont la thèse de Chicago paraît en 1993 dans la collection de l’Oriental Institute, fait de ce prêtre la figure même du magicien égyptien, et son recenseur Robert Bianchi résume l’idée en 1994 en le situant dans l’élite, soit environ un pour cent de la population, qui avait accès aux écrits conservés dans les temples.

Un ensemble retrouvé à Thèbes-Ouest donne une idée du matériel d’un tel spécialiste. Au fond d’un puits funéraire de la fin du Moyen Empire, vers 1773-1650 avant notre ère selon le Manchester Museum, que le temple funéraire de Ramsès II est venu recouvrir bien plus tard, James Quibell a dégagé des papyrus qu’il publie en 1898. Ces rouleaux, conservés au British Museum et dans d’autres institutions, portent surtout des textes à la fois médicaux et magiques, avec des œuvres littéraires, des hymnes, des rituels et une liste de mots classés. Dans les déblais se trouvaient aussi des défenses d’hippopotame en ivoire gravées, des claquoirs, 118 calames inventoriés à Manchester sous le numéro 1882, et une figurine de bois haute de 20,2 centimètres. Flinders Petrie a réparti ces objets entre les bailleurs de la fouille, et l’industriel Jesse Haworth a donné sa part au Manchester Museum en 1896. La figurine, numéro 1790, représente une femme nue au visage de lion, aux bras mobiles fixés par des chevilles, qui tient dans chaque main un serpent de métal. Ses pieds ont été retaillés pour entrer dans un socle, signe qu’elle a servi. Comment, personne ne le sait. Le musée hésite entre une déesse et une officiante masquée, entre une forme féminine de Bès et le dieu Aha, et le lien entre les papyrus et le reste du mobilier n’est pas assuré. Quant au coffre qui contenait les rouleaux, il n’a pas été localisé dans les collections. Petite curiosité de salle de conférence, un public de gynécologues a un jour suggéré au conservateur de Manchester que ces défenses gravées avaient pu servir de forceps, et il préfère depuis les appeler « défenses de naissance » plutôt que « baguettes magiques ».

Amenhotep II façonne ses ennemis

Sur une stèle du temple d’Amada, en Basse-Nubie, Amenhotep II déclare à la cinquième ligne avoir fabriqué des figurines de ses ennemis et des Neuf Arcs, le nom traditionnel des peuples hostiles à l’Égypte. Ritner cite ce texte dès l’introduction de son livre. Dans une inscription publique, le roi en personne revendique un geste que les modernes classent sous l’envoûtement. Des figurines du même type, façonnées par des prêtres, se retrouvent dans des dépôts de fondation.

D’où la conclusion que Ritner formule sans détour. Quelle que soit la définition retenue, écrit-il, la pratique était en elle-même légale en Égypte, et les rois, les prêtres comme les simples particuliers employaient les mêmes procédés au quotidien, de façon normale et licite. Selon lui, le seul procès pour sorcellerie conservé ne sanctionne que la sorcellerie dirigée contre le roi. Son ouvrage suit ensuite les techniques une à une, en s’attachant aux consignes qui accompagnent les formules, avec leurs listes de matériaux et d’actions, que les études antérieures avaient laissées de côté d’après la présentation de l’éditeur, et il passe en revue le cercle tracé, le crachat, le léchage, la déglutition, le bris des vases rouges et les images ligotées ou mutilées.

Penhouibin, ancien chef des troupeaux

L’affaire se situe au milieu du XIIᵉ siècle avant notre ère, à la fin du règne. Une épouse secondaire de Ramsès III, Tiyi, cherche à placer sur le trône son fils, que les documents appellent Pentaour, à la place de l’héritier désigné, le futur Ramsès IV. Au musée égyptien de Turin, le papyrus judiciaire, le plus long texte de la procédure, répartit les accusés en cinq listes, avec leurs fautes et leur sort. Le papyrus Lee ajoute un épisode. Un certain Penhouibin, ancien chef des troupeaux, réclame un écrit capable de lui donner force et puissance ; on lui remet un rouleau magique d’Ousermaâtrê-Méryamon, c’est-à-dire de Ramsès III, et il se met à employer contre des gens la puissance d’un dieu. Pour le papyrus Rollin, la notice de la BnF retient l’endormissement des portiers du harem, probablement à l’aide de narcotiques, pour faire passer des messages.

Plusieurs points échappent. Penhouibin, nommé dans l’acte d’accusation d’un autre conjuré, ne figure dans aucune des listes de Turin, et Alexander Loktionov relève en 2015 que la raison de cette absence demeure inconnue. Le texte conservé ne dit pas non plus par quel chemin un rouleau du roi est arrivé entre ses mains. Les rédacteurs ont en outre remplacé les noms de plusieurs accusés par des noms infamants. Yvan Koenig, auteur en 1994 d’une synthèse française, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne, a proposé en 2001 d’y voir une manière de changer ces criminels en rebelles contre les dieux et contre l’ordre du monde, ce qui justifiait la mort, et il prête aux documents du procès eux-mêmes un usage sacré, protéger le roi et attirer sur les coupables la colère divine.

Celse en exergue

Robert Ritner a placé en tête de son livre une phrase de Celse, le polémiste païen du IIᵉ siècle de notre ère, qui jugeait absurde de décider, à partir des mêmes œuvres, que l’un est un dieu et ses rivaux de simples sorciers. Le choix annonce la thèse. Pour Ritner, magie, religion et médecine étaient en Égypte séparées par des frontières bien moins nettes que ne le supposent les commentateurs modernes, et la magie égyptienne n’avait rien d’une affaire de surnaturel pratiquée en cachette par des marginaux malveillants, comme le résume Bianchi. L’auteur conserve pourtant le mot. À la question de savoir s’il faut maintenir la notion de magie en égyptologie, sa réponse est oui, et le livre montre surtout comment elle se pratiquait, avec quels gestes et quels objets, sans rien dire de ce que les Égyptiens en obtenaient, sinon ce qu’ils en attendaient.

Sur le complot contre Ramsès III, la lecture magique a été mise en question. Hans Goedicke publie en 1963 dans The Journal of Egyptian Archaeology un article dont le titre demande si la magie a réellement servi dans cette affaire, et qui porte sur les papyrus Rollin et Lee. Loktionov, en 2015, renvoie sur ce point à la fois à Goedicke et aux pages 192 à 214 de Ritner, signe que la question se discute encore à partir des mêmes quelques lignes. On se bat sur le sens de mots hiératiques dans des documents mutilés, dont les rédacteurs avaient eux-mêmes brouillé les noms, et pour lesquels l’opinion d’un égyptologue sur une graphie peut déplacer toute l’interprétation d’une scène de palais.

Treize formules sur une pierre de temple

Au Metropolitan Museum of Art de New York, sous le numéro 50,85, une stèle de métagrauwacke haute de 83,5 centimètres et lourde de 52,6 kilos montre au centre Horus enfant, debout sur des crocodiles, des serpents et des scorpions dans les poings. Elle date du règne de Nectanebo II, entre 360 et 343 avant notre ère. Trouvée à Alexandrie, elle proviendrait du temple des taureaux Mnévis à Héliopolis. Un prêtre nommé Esatoum l’a fait graver de treize formules contre les morsures et les piqûres venimeuses, et l’a fait dresser dans la partie publique d’un temple. Le musée précise que les Égyptiens la tenaient pour capable de guérir, et qu’une victime venait réciter les textes ou boire l’eau versée sur les signes gravés. Autour de la base, un récit raconte comment Thot a soigné le petit Horus, précédent mythique de la guérison que chaque visiteur espérait pour lui-même. Entrée au musée en 1950 grâce au Fletcher Fund, la stèle porte toujours le nom de Metternich, celui de l’un de ses propriétaires modernes.

Pour aller plus loin

Les papyrus magiques grecs et démotiques de l’Égypte romaine prolongent ces techniques jusque dans les premiers siècles de notre ère, et Ritner en suit l’influence. La figure du prêtre égyptien détenteur de livres, telle que les Grecs l’ont imaginée, conduit vers Thot devenu Hermès Trismégiste. Les tablettes de défixion du monde gréco-romain offrent un point de comparaison avec les figurines d’envoûtement.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Textes des sarcophages, formule 261, « Devenir Heka », Moyen Empire, éd. Adriaan de Buck, The Egyptian Coffin Texts III. Texts of Spells 164-267, Oriental Institute Publications 64, Chicago, 1947 University of Chicago Press
  2. Enseignement pour Mérikarê, papyrus 1116A, copie de la seconde moitié de la XVIIIᵉ dynastie, avec les témoins P. Moscou 4658 et P. Carlsberg 6 ; première publication W. Golénischeff, Saint-Pétersbourg, 1916 Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
  3. Papyrus Rollin, acte d’accusation de la conspiration du harem, cinq lignes de hiératique ramesside, l. 41 cm, h. 19 cm Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Égyptien 195
Voir les 27 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Papyrus Lee, fragments de la procédure contre les conjurés, épisode de Penhouibin ; éd. Théodule Devéria, Le papyrus judiciaire de Turin et les papyrus Lee et Rollin, Paris, 1868 The Morgan Library & Museum, New York, Amh. Egy. Pap. 5,1 et 5,2 (Papyrus Amherst V)
  2. Papyrus judiciaire de Turin, listes des accusés du complot contre Ramsès III, XXᵉ dynastie Museo Egizio, Turin, Cat. 1875
  3. Stèle d’Amenhotep II, l. 5, mention de figurines des ennemis et des Neuf Arcs, citée par Ritner 1993 temple d’Amada, Basse-Nubie
  4. Papyrus du Ramesseum, textes médicaux et magiques, œuvres littéraires, hymnes, rituels et onomasticon, tombe de la fin du Moyen Empire sous le Ramesseum, Thèbes-Ouest British Museum, EA 10752-10772, et Ägyptisches Museum, Berlin (P. Ramesseum A et D)
  5. Figurine féminine au visage de lion tenant deux serpents de métal, bois, h. 20,2 cm, tombe du Ramesseum, vers 1773-1650 av. notre ère Manchester Museum, Acc. No. 1790
  6. 118 calames et défenses d’hippopotame gravées, tombe du Ramesseum Manchester Museum, Acc. No. 1882 pour les calames
  7. Stèle magique dite stèle Metternich, métagrauwacke, h. 83,5 cm, l. 33,5 cm, 52,6 kg, règne de Nectanebo II, 360-343 av. notre ère, trouvée à Alexandrie, probablement originaire d’Héliopolis Metropolitan Museum of Art, New York, Fletcher Fund 1950, 50,85
  8. Celse, Discours véritable, traduction anglaise de R. Joseph Hoffmann, On the True Doctrine, 1987, p. 66, cité en exergue par Ritner 1993 Oxford University Press

Bibliographie

  1. Robert K. Ritner, The Mechanics of Ancient Egyptian Magical Practice, Studies in Ancient Oriental Civilization 54, Chicago, 1993, xviii + 322 p., quatrième tirage 2008 Oriental Institute of the University of Chicago
  2. Robert S. Bianchi, compte rendu de Ritner, The Mechanics of Ancient Egyptian Magical Practice, Journal of the American Oriental Society 114, 1994, p. 513-514 American Oriental Society
  3. Hans Goedicke, « Was Magic Used in the Harem Conspiracy against Ramesses III ? (P.Rollin and P.Lee) », The Journal of Egyptian Archaeology 49, 1963, p. 71-92, DOI 10,1177/030751336304900112 Egypt Exploration Societyhttps://doi.org/10.1177/030751336304900112
  4. Yvan Koenig, Magie et magiciens dans l’Égypte ancienne, Paris, 1994 Pygmalion
  5. Yvan Koenig, « À propos de la conspiration du harem », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 101, 2001, p. 293-314 IFAO
  6. Alexander Loktionov, « Convicting “Great Criminals” : A New Look at Punishment in the Turin Judicial Papyrus », ENiM 8, 2015, p. 103-111 Égypte nilotique et méditerranéenne, Université Paul-Valéry Montpellier 3
  7. Miriam Lichtheim, Ancient Egyptian Literature, vol. I, The Old and Middle Kingdoms, Berkeley, 1973, p. 97-109 University of California Press
  8. Richard B. Parkinson, The Tale of Sinuhe and Other Ancient Egyptian Poems 1940-1640 BC, Oxford, 1997, p. 212-234 Oxford University Press
  9. James E. Quibell, The Ramesseum, Londres, 1898 Bernard Quaritch

Sources en ligne

  1. « SAOC 54. The Mechanics of Ancient Egyptian Magical Practice. (Fourth Printing, 2008) » Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicagohttps://isac.uchicago.edu/research/publications/saoc/saoc-54-mechanics-ancient-egyptian-magical-practice-fourth-printing-2008
  2. « OIP 64. The Egyptian Coffin Texts 3 : Texts of Spells 164–267 » Institute for the Study of Ancient Cultures, University of Chicagohttps://isac.uchicago.edu/node/3227
  3. « Egyptien 195. Papyrus Rollin (Conspiration du Harem) » BnF Archives et manuscritshttps://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc625682
  4. « Magical Stela with Horus the Child - Late Period » The Metropolitan Museum of Arthttps://www.metmuseum.org/art/collection/search/546037
  5. « Object biography #3 : A female figurine from the ‘Magician’s tomb’ (Acc. No. 1790) » Egypt at the Manchester Museum, blog des conservateurshttps://egyptmanchester.wordpress.com/2012/03/15/object-biography-3-a-female-figurine-from-the-magicians-tomb-acc-no-1790/
  6. « Object biography 28 : Hippo ivory tusks from the Ramesseum Tomb » Egypt at the Manchester Museum, blog des conservateurshttps://egyptmanchester.wordpress.com/2021/11/22/object-biography-28-hippo-ivory-tusks-from-the-ramesseum-tomb/
  7. « Was Magic Used in the Harem Conspiracy against Ramesses III ? (P.Rollin and P.Lee) on JSTOR » JSTORhttps://www.jstor.org/stable/3855702?origin=crossref
  8. « À propos de la conspiration du harem », BIFAO 101 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/bifao/101/14/
  9. « A New Look at Punishment in the Turin Judicial Papyrus », ENiM 8 Égypte nilotique et méditerranéennehttp://www.enim-egyptologie.fr/revue/2015/7/Loktionov_ENiM8_p103-111.swf.pdf
  10. « The Mechanics of Ancient Egyptian Magical Practice. - Document - Gale Academic OneFile », compte rendu de R. S. Bianchi Galehttps://go.gale.com/ps/i.do?id=GALE%7CA16617412&issn=00030279&it=r&linkaccess=abs&p=AONE&sid=googleScholar&sw=w&userGroupName=anon%7E58bb257d&v=2.1
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