Six templiers comparaissent en novembre 1307 devant le sénéchal de Carcassonne, et aucun ne parle d’un bouc. Les objets qu’on leur fait décrire sont une statuette de bronze vêtue d’une sorte de dalmatique, une image dorée d’homme barbu, des morceaux de bois peints ou taillés en visage humain. Deux seulement emploient le mot dont les occultistes feront Baphomet, sous la forme latine Baffometus. Le procès-verbal, un cahier de papier de treize pages écrites, ne dit rien de plus sur ce qu’il désigne.
Bafomet dans un sirventès de 1250
Le mot circule bien avant le procès. Au printemps 1250, l’armée de Louis IX vient d’être battue à Mansourah le 5 avril, et le roi a été capturé. Un troubadour d’Aurillac, Austorc, compose alors un sirventès, chanson satirique de circonstance, où il lance avec amertume qu’il ne resterait plus qu’à adorer Bafomet, puisque Dieu et la Vierge laissent vaincre les croisés. Ce poème n’est connu que par un seul chansonnier, le manuscrit dit C, au folio 362. La note de l’édition Rialto éclaire la pique, puisqu’on prêtait couramment aux Sarrasins quatre idoles, Mahomet, Tervagan, Jupiter et Apollin. Bafomet est la forme occitane de Mahomet, transformé par la polémique chrétienne en statue qu’on vénère.
Le 13 octobre 1307, à l’aube, les templiers du royaume sont arrêtés sur ordre de Philippe le Bel. Les instructions en français jointes à la lettre royale du 14 septembre prévoient l’isolement des prisonniers et autorisent la torture si besoin. À Carcassonne, près d’un mois passe avant les interrogatoires. Le 12 novembre, Raymond Rubei déclare qu’on lui a montré, après le reniement du crucifix, un bois sur lequel était peinte la figure de Baffometus, et qu’il en a baisé les pieds en disant « Yalla », mot que le greffier qualifie de sarrasin. Le lendemain, Gaucerand de Montpezat raconte que le maître de Provence Guigue Adhémar l’a conduit derrière l’autel d’une chapelle, vers 1300, pour lui faire adorer une image dorée d’homme barbu, faite, selon le maître, in figuram Baffometi.
Andrea Nicolotti, qui a donné en 2011 la première édition complète du cahier dans les Studi medievali, traduit Baffometus par Mahomet sans hésiter, et la suite du texte va dans ce sens. Les six récits suivent le canevas du questionnaire royal, baiser obscène, reniement, crachat sur la croix, adoration d’un objet, et l’objet change de matière d’un frère à l’autre, bronze habillé chez l’un, image dorée chez un autre, ailleurs bois peint, ou encore bois noir et blanc que le frère Guillaume Bos dit avoir à peine vu tant il était stupéfait. Sur les quelque cent trente dépositions conservées qui parlent de l’« idole », Nicolotti relève des têtes de chair, d’os, de bois, de bronze, d’ivoire, d’argent ou d’or, et il rappelle que là où la torture n’a pas été appliquée avec la même rigueur, dans la péninsule Ibérique, en Italie du Nord, en Allemagne ou en Angleterre, les aveux sont bien moins compromettants, quand il y en a. Dans une étude de 2017, il classe ces descriptions contradictoires et suit la fabrication du mythe moderne par les milieux ésotéristes, théosophes et maçonniques. Gaucerand de Montpezat se rétracte d’ailleurs le 14 février 1310 devant la commission pontificale réunie à Paris. Il survit au procès, et on le retrouve en 1340 à Pézenas, chargé de l’éclairage, détail sans portée pour le Baphomet mais qui rappelle que ces accusés ont eu une vie après leurs aveux. On ignore si un objet quelconque a été montré lors des réceptions. Le procès-verbal enregistre ce que les interrogateurs voulaient entendre, et probablement rien de plus.
Hammer-Purgstall lit du grec dans un nom latin
Les aveux dorment ensuite dans les archives, jusqu’à ce que la franc-maçonnerie du XVIIIᵉ siècle se découvre des ancêtres templiers. Des loges allemandes et françaises revendiquent une filiation avec l’ordre dissous, et le procès redevient une affaire d’actualité. En 1782, à Berlin, l’éditeur et écrivain Friedrich Nicolai écarte la lecture « Mahomet », qui ferait des templiers des musulmans cachés, et leur prête plutôt des croyances gnostiques. Quinze ans plus tard, en 1797, l’abbé Augustin Barruel fait de la Révolution de 1789 l’aboutissement d’un complot maçonnique qu’il fait remonter aux templiers, aux cathares et aux gnostiques. Par cette porte, le Baphomet entre dans la littérature de controverse, chargé d’une filiation que personne n’avait documentée.
En 1818, à Vienne, l’orientaliste autrichien Joseph von Hammer-Purgstall publie en latin, dans les Mines de l’Orient, un long traité au titre programmatique, Mysterium Baphometis revelatum. Il y soutient que les templiers étaient des gnostiques de la secte des ophites, convaincus d’idolâtrie par leurs propres monuments, et tire Baphomet du grec baphè mêteos, qu’il rend par « teinture » ou « baptême » de Mètis, la sagesse. Julian Strube, qui a repris ces textes en 2016, note que baphè n’était pas le terme ordinaire pour le baptême, mais servait dans la langue des alchimistes. L’étymologie a fait moins de chemin que le titre, et c’est le titre, à notre sens, qui pèse le plus, parce qu’il installe l’idée d’un secret enfin révélé. Strube estime que les références à Hammer étaient alors si répandues que Lévi les a sans doute rencontrées de seconde main. Une trace est sûre. En 1853, dans la Revue progressive, Alphonse-Louis Constant rend compte de l’Orthodoxie maçonnique de Jean-Marie Ragon et regrette de n’y avoir rien appris sur le bouc du sabbat, qu’il nomme, avec une coquille, le Bophomet des Templiers. Chez ce même Ragon, un an avant Lévi, Strube relève aussi le mot occultisme, appliqué à Charles Fourier.
Alphonse-Louis Constant, ex-séminariste et montagnard
Éliphas Lévi n’existe pas encore en 1841. Né en 1810, formé au séminaire, Alphonse-Louis Constant publie cette année-là La Bible de la liberté, qui lui vaut la prison et une lourde amende. En 1855, il aura été emprisonné trois fois pour des raisons politiques. Disciple de Lamennais, il fonde en 1848 avec son ami Alphonse Esquiros le Club de la Montagne, qui se réclame du socialisme le plus radical. Sa curiosité pour les sciences occultes, rubrique fourre-tout de l’époque, ne se manifeste qu’après l’échec de 1848, et en 1853 il attaque encore, dans la même Revue progressive, les « prétendues sciences occultes » et la vogue des tables tournantes.
Le Baphomet sort de ce milieu, pas d’une bibliothèque médiévale.
Julian Strube l’a montré en suivant les sources de Lévi une à une. Dans les écrits de 1841, Lucifer est un ange de la liberté qu’une ignorance séculaire a changé en prince des démons, et L’Assomption de la femme, la même année, annonce que les deux sexes ne feront plus qu’un et que l’humanité sera femme et homme, un grand androgyne. Dans les articles qu’il signe de son nom civil entre 1855 et 1857, Lévi fait des templiers les porteurs d’un christianisme johannite et kabbalistique, champions de l’« association universelle », vieux mot d’ordre socialiste. Le mot ésotérisme, qu’il emploie dès 1851 en parlant d’un « ésotérisme chrétien », venait d’entrer dans la langue française avec l’historien du gnosticisme Jacques Matter, en 1828.
Frontispice du Rituel
Le dessin paraît dans les premières livraisons du Dogme de la haute magie, chez Guiraudet et Jouaust, en 1854. Le prospectus annonce un tirage limité à 500 exemplaires, vingt livraisons, et un rabais pour les souscripteurs inscrits avant le 15 octobre 1854. L’ouvrage complet sort en deux volumes chez Germer Baillière en 1855-1856, puis en « deuxième édition très augmentée, avec 24 figures » en 1861, où Lévi renvoie lui-même à « la figure en tête du Rituel ». Germer Baillière est un libraire médical, qui publie aussi les principaux magnétiseurs spiritualistes.
Le Baphomet de Lévi a une tête de bouc, un corps androgyne. Un pentagramme orne son front, un flambeau allumé brûle entre ses cornes, comme sur le bouc que Lévi prête aux assemblées nocturnes médiévales, et ses deux bras portent des mots latins, solve à droite, coagula à gauche, « dissous » et « coagule », formule d’alchimiste que Lévi rapproche des ouvriers du second Temple, l’épée dans une main et la truelle dans l’autre. Pour le modèle visuel, Strube désigne comme inspiration la plus directe la lame du Diable des tarots dits de Marseille, que Lévi tenait pour la meilleure version conservée. Le nom de bouc de Mendès renvoie au dieu de Mendès, en Égypte, et à son emblème, le bouc, que Matter rapprochait déjà de Pan.
Lévi ne prétend pas reproduire l’idole des templiers. Il dit en donner une figure allégorique, celle de l’agent universel que les disciples de Mesmer, à l’en croire, ne font qu’entrevoir, et qu’il appelle lumière astrale. Dans le passage le plus cité, que l’éditeur reprend dès 1854 dans sa publicité, Lévi affirme que cet agent recevait un culte dans les rites secrets du sabbat ou du Temple, sous la figure hiéroglyphique du Baphomet ou bouc androgyne de Mendès. Il présente aussi son dessin comme une figure panthéiste et magique de l’absolu, qu’il identifie à Pan. Quant à la lumière astrale, Strube en a retrouvé la source chez le magnétiseur Du Potet, dans La Magie dévoilée de 1852, que Lévi cite nommément.
Le texte glisse quand Lévi répond aux catholiques. Jules-Eudes de Mirville, qui voit dans le magnétisme et les esprits frappeurs l’œuvre des démons, consacre dans le troisième volume de sa Pneumatologie une longue charge contre Lévi, et le Baphomet lui fournit une cible commode. Lévi riposte en deux temps. Il nie que Satan existe comme personne et comme force, Satan n’étant selon lui que la personnification de toutes les erreurs. Puis il concède avec ironie, à l’intention de Mirville, que les grands maîtres du Temple ont bien adoré le Baphomet et l’ont fait adorer à leurs initiés, en ajoutant aussitôt que ces adorateurs y voyaient le dieu Pan des philosophes.
Équilibre des contraires ou religion sociale
La lecture qui domine depuis les premiers lecteurs occultistes voit dans le Baphomet un symbole de l’équilibre des contraires, mâle et femelle, animal et humain, mis en image pour illustrer la théorie de la lumière astrale. Elle a pour elle le texte de Lévi, qui la formule expressément, et Strube ne la conteste pas. Il reproche à ses prédécesseurs d’avoir pris Lévi au mot quand il se présentait en continuateur d’une tradition antique, alors que ses sources datent des années 1840 et 1850 et que les auteurs de la Renaissance qu’il cite sont lus en surface. Pour Strube, le dessin figure une religion vraie, chargée de politique, que doit porter une élite d’initiés vers un ordre social parfait.
Les deux lectures ne s’excluent pas, et la seconde explique un trait que la première laisse dans l’ombre, la virulence de Lévi contre les catholiques comme contre les spirites. Le camp adverse garde pourtant un argument solide, puisque Lévi a lui-même écrit que des initiés inférieurs avaient adoré, et adoreraient toujours, ce que signifie ce symbole effrayant, équivoque que Strube reconnaît et qui confirme à demi les accusations qu’elle prétend retourner. On ne saura sans doute jamais quelles gravures exactement Lévi avait sous les yeux, et Strube juge cette recherche à la fois impossible et inutile, tant les diables à tête de bouc sont nombreux depuis les démonologies imprimées.
Le pentagramme retourné, de Taxil à Detroit
Léo Taxil, de son vrai nom Gabriel Jogand, pamphlétaire anticlérical, annonce en 1885 sa conversion au catholicisme, puis produit avec divers collaborateurs une masse d’ouvrages antimaçonniques. Le Diable au XIXᵉ siècle, signé « docteur Bataille », publié à Lyon chez Delhomme et Briguet de 1892 à 1895 en deux volumes totalisant 958 pages, dénonce un culte satanique, le palladisme, qui dirigerait en secret la franc-maçonnerie, et y implique de vrais dignitaires maçons comme Albert Pike ou Adriano Lemmi. Le 19 avril 1897, à Paris, Taxil avoue avoir tout inventé. Eugen Weber a réuni et présenté en 1964 les pièces de cette mystification, et Strube fait remonter à cette fin de siècle l’association entre le Baphomet et le culte du diable, qui se fixe à partir des années 1960.
Lévi avait lui-même décrit une variante, un pentagramme pointe en bas, signe à ses yeux de la perversion et de ce qu’il appelle Satan, quand Lucifer désigne chez lui la liberté et le progrès. Stanislas de Guaita en donne l’image en 1897, dans La Clef de la magie noire, en inscrivant une tête de bouc dans l’étoile renversée. Anton Szandor LaVey la reprend en 1969 dans The Satanic Bible et la légende du nom de Baphomet, identification que Strube tient pour erronée au regard du texte de Lévi.
Le 25 juillet 2015, peu avant minuit, le Satanic Temple dévoile à Detroit, dans un bâtiment industriel proche de la rivière, une statue de bronze d’environ 2,7 mètres et d’une tonne, inspirée du dessin de Lévi. Le groupe avait demandé à l’installer près du monument aux Dix Commandements du Capitole de l’Oklahoma, sans succès, et projetait de la transporter dans l’Arkansas. Strube y voit une protestation goguenarde contre des liens jugés trop étroits entre religion et État.
Dans l’exemplaire du Rituel de 1861 conservé à la Wellcome Library de Londres, sous la cote BVA/LEV, le volume commence par le catalogue de Germer Baillière, où le Traité complet du magnétisme animal de Du Potet, troisième édition de 1856, est vendu sept francs, à côté d’un traité des hallucinations et d’une instruction pratique sur le magnétisme animal.
Pour aller plus loin
Le procès des Templiers mérite un examen propre. Sur Lévi lui-même, voir Dogme et rituel de la haute magie et l’attribution du mot « occultisme ». Le fil alchimique se croise avec la chrysopée ; le magnétisme animal et le tarot des occultistes prolongent le même XIXe siècle.
On croit souvent que les Templiers, ces moines soldats médiévaux, vénéraient en secret un démon à tête de bouc nommé Baphomet. L’image est connue de tous, et elle a même été coulée dans le bronze. Pourtant, aucun chevalier ne décrit un bouc dans ses aveux. La créature cornue naît bien plus tard, à Paris, sous la plume d’un écrivain qui se voulait mage.
Un nom venu des croisades
Le mot existe bien à l’époque médiévale, mais il ne désigne pas un animal. Les poètes du sud de la France écrivaient Bafomet pour dire Mahomet. Les chrétiens imaginaient alors que les musulmans priaient des statues, et le nom du Prophète servait de nom d’idole. Un troubadour d’Aurillac l’emploie ainsi après une lourde défaite des croisés en Égypte.
Le roi de France fait arrêter tous les Templiers du royaume en 1307. On les accuse de renier le Christ et d’adorer une idole. Les enquêteurs suivent une liste de questions écrite d’avance, et ils ont le droit de torturer.
À Carcassonne, six frères sont interrogés à l’automne. Deux d’entre eux disent qu’on leur a montré une image faite à la ressemblance de Baffometus. Le premier parle d’un bois peint. L’autre décrit un homme barbu tout doré. Personne ne mentionne un animal.
Le chercheur Andrea Nicolotti a publié ce procès-verbal en entier. Pour lui, ce nom est celui de Mahomet. Il remarque aussi que l’objet adoré change de matière d’un accusé à l’autre. On ne sait donc pas si une idole a jamais été montrée. Ces aveux disent surtout ce que les juges voulaient entendre.
Des érudits flairent un secret
Bien plus tard, des francs-maçons se cherchent des ancêtres chez les Templiers. Le vieux procès redevient ainsi un sujet de dispute. Un orientaliste de Vienne, Joseph von Hammer-Purgstall, publie en latin un traité qui fait des chevaliers une secte cachée. Il tire leur idole d’un mot grec qui signifierait un baptême de sagesse. Ce mot ne voulait pas couramment dire baptême, mais l’explication donne au nom un parfum de secret.
Le bouc de l’ancien séminariste
Le dessinateur du bouc s’appelle Alphonse-Louis Constant. Ancien séminariste, il a fait de la prison pour un livre socialiste. Déçu par la révolution de son époque, il se tourne vers la magie et prend un nom de plume, Éliphas Lévi.
En 1854, il publie un traité de haute magie orné d’un dessin. On y voit une créature à tête de bouc, au corps à la fois d’homme et de femme. Une étoile orne son front et une torche brûle entre ses cornes. Un bras porte un mot latin qui veut dire dissous, l’autre un mot qui veut dire coagule, une formule des alchimistes.
Lévi ne prétend pas copier l’idole des Templiers. Il dit dessiner une force universelle et invisible qui équilibre les contraires. Il nie même que Satan existe comme une personne. Pour lui, ce bouc représente le dieu Pan, image de l’absolu.
Lévi entretient pourtant le doute. Un écrivain catholique l’accuse de servir le diable. Lévi lui répond avec ironie que les chefs de l’ordre ont vraiment rendu un culte au Baphomet. Il ajoute aussitôt qu’ils y voyaient Pan.
L’historien Julian Strube a cherché d’où venaient ces idées. Il les trouve dans le socialisme chrétien de la jeunesse de Lévi. Celui-ci rêvait d’une humanité où hommes et femmes ne feraient plus qu’un, guidée par une élite d’initiés. La lecture plus ancienne, celle d’un symbole d’équilibre, garde l’appui des écrits de Lévi. Les deux lectures ne s’excluent pas.
Du mage aux satanistes
L’ambiguïté de Lévi ouvre la porte aux lectures sataniques. Un faussaire nommé Léo Taxil publie ensuite des livres où les francs-maçons adorent le diable. En 1897, il avoue avoir tout inventé. Pourtant, on continue d’associer le Baphomet au diable.
Un occultiste, Stanislas de Guaita, dessine une tête de bouc dans une étoile pointe en bas. Lévi voyait dans cette étoile renversée un signe de perversion. Au siècle suivant, le fondateur d’une Église sataniste américaine la reproduit et la baptise Baphomet.
En 2015, un groupe sataniste dévoile à Detroit une statue de bronze tirée du dessin. Il voulait la dresser près d’un monument aux Dix Commandements, en Oklahoma, pour protester contre le mélange de la religion et de l’État.
Un exemplaire du traité, conservé à Londres, commence par le catalogue de son éditeur, un libraire médical qui vendait aussi des manuels de magnétisme.
La version complète donne les mots latins des aveux de Carcassonne, et suit la querelle entre Lévi et un démonologue catholique, le comte de Mirville.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Austorc d’Aorlhac (Aurillac), sirventès « Ai Dieus, per qu’as facha tan gran maleza », BdT 40,1, composé en 1250 après la défaite de Mansourah, transmis par le seul chansonnier provençal C, f. 362 éd. Paterson, Rialto, Repertorio informatizzato dell’antica letteratura trobadorica e occitana
- Lettre de Philippe le Bel aux baillis et sénéchaux, Maubuisson, 14 septembre 1307, avec instructions en français pour l’arrestation et l’interrogatoire des templiers éd. Georges Lizerand, *Le Dossier de l’affaire des Templiers*, Paris, 1923, p. 22-28, cité d’après Nicolotti 2011
- *Confessiones quorundam Templariorum in civitate Carcassone detentorum*, procès-verbal des interrogatoires des 8, 9, 12 et 13 novembre 1307, cahier de papier d’environ 270 × 185 mm, treize pages écrites (déposition de Raymond Rubei, f. 3v ; de Gaucerand de Montpezat, f. 2r-3r) Paris, Archives nationales, Musée de l’Histoire de France, AE/II/311, olim Trésor des chartes J 413 n° 25, éd. intégrale Nicolotti 2011
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Sources primaires (suite)
- Friedrich Nicolai, *Versuch über die Beschuldigungen welche dem Tempelherrenorden gemacht worden, und über dessen Geheimniß*, Berlin et Stettin, 1782, notamment p. 57-90
- Augustin Barruel, *Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme*, Londres, 1797, t. II, p. 396-419
- Joseph von Hammer-Purgstall, « Mysterium Baphometis revelatum, seu fratres militiae templi, qua Gnostici et quidem Ophiani apostasiae, idoloduliae et impuritatis convicti per ipsa eorum monumenta », *Mines de l’Orient*, Vienne, Antoine Schmid, 1818, p. 1-120 (étymologie p. 16-17)
- Jacques Matter, *Histoire critique du gnosticisme et de son influence sur les sectes religieuses et philosophiques des six premiers siècles de l’ère chrétienne*, Paris, F.-G. Levrault, 1828, t. II, p. 12, 83 et 489
- Alphonse-Louis Constant, *La Bible de la liberté*, Paris, Le Gallois, 1841, p. 17-19
- Alphonse-Louis Constant, *L’Assomption de la femme ou le Livre de l’amour*, Paris, Le Gallois, 1841, p. 78-79
- Alphonse-Louis Constant, *Dictionnaire de littérature chrétienne*, Paris, J.-P. Migne, 1851, p. 83
- Du Potet de Sennevoy, *La Magie dévoilée ou principes de science occulte*, Paris, Pommeret et Moreau, 1852
- Alphonse-Louis Constant, « Orthodoxie maçonnique, suivie de la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique, par J.-M. Ragon », *Revue progressive*, Paris, 1853, p. 131-137
- Alphonse-Louis Constant, « Les prétendues sciences occultes, ou la folie artificielle et les manœuvres qui la produisent », *Revue progressive*, Paris, 1853, p. 234-243
- Alphonse-Louis Constant, « Des origines cabalistiques du christianisme », *La Revue philosophique et religieuse*, Paris, 1855, p. 29-46
- Éliphas Lévi, *Dogme et rituel de la haute magie*, Paris, Germer Baillière, 1856, 2 vol., 284 + 324 p., après des premières livraisons chez Guiraudet et Jouaust en 1854 Bibliothèque nationale de France, R-41869-41870 (reproduction sur microfiches M-6087)
- Éliphas Lévi, *Dogme et rituel de la haute magie*, deuxième édition très augmentée, avec 24 figures, Paris, Germer Baillière, 1861, t. I, p. VI-VII et 83-84 ; t. II, *Rituel*, p. 52 (solve et coagula), p. 64-65 (bouc au flambeau), p. 93-98 (pentagramme renversé), p. 209-213 (grands maîtres du Temple, Pan, Satan) exemplaire du t. II consulté : Wellcome Library, Londres, BVA/LEV
- Tarot dit de Marseille, lame « Le Diable », type iconographique connu par de nombreuses éditions gravées, désigné par Strube comme modèle le plus direct du dessin
- Jules-Eudes de Mirville, *Pneumatologie. Des esprits et de leurs manifestations fluidiques*, Paris, H. Vrayet et Surcy [graphie de l’éditeur À VÉRIFIER], 1851-1864, 5 vol., t. III, p. 399-414
- Docteur Bataille [Léo Taxil et Charles Hacks], *Le Diable au XIXᵉ siècle, ou les Mystères du spiritisme, la franc-maçonnerie luciférienne*, Lyon, Delhomme et Briguet, [1892-1895], 2 vol., 958 p. exemplaire du Cercle militaire de Rennes, Bibliothèques numériques du ministère des Armées
- Stanislas de Guaita, *Essais de sciences maudites*, II, *Le Serpent de la Genèse*, seconde septaine, *La Clef de la magie noire*, Paris, 1897 ; rééd. Paris, Henri Durville, 1920, p. 417
- Anton Szandor LaVey, *The Satanic Bible*, 1969, lieu et éditeur [À VÉRIFIER]
- Statue dite de Baphomet, bronze, h. environ 2,7 m (9 pieds), environ une tonne, The Satanic Temple, dévoilée à Detroit le 25 juillet 2015
Bibliographie
- Julian Strube, « The ‹ Baphomet › of Eliphas Lévi : Its Meaning and Historical Context », *Correspondences* 4, 2016, p. 37-79, DOI 10,15496/publikation-83238 (dépôt de Tübingen) Correspondences : Journal for the Study of Esotericismhttps://doi.org/10.15496/publikation-83238
- Andrea Nicolotti, « L’interrogatorio dei Templari imprigionati a Carcassonne », *Studi medievali*, 3ᵉ série, 52 (2), 2011, p. 697-729 Fondazione Centro italiano di studi sull’alto medioevo, Spolète
- Andrea Nicolotti, « L’idolo/statua dei Templari : dall’accusa di idolatria al mito del Bafometto », dans *Statue. Rituali, scienza e magia dalla Tarda Antichità al Rinascimento*, Micrologus’ Library 81, 2017, p. 277-333 SISMEL, Edizioni del Galluzzo
- Eugen Weber (éd.), *Satan franc-maçon. La mystification de Léo Taxil*, Paris, 1964, collection « Archives » 6, 239 p. Julliard
Sources en ligne
- « The ’Baphomet’ of Eliphas Lévi Its Meaning and Historical Context » Universiteit van Amsterdam, Digital Academic Repositoryhttps://dare.uva.nl/id/42fac884-b41c-4c6d-81ab-4f8306d284d6
- « L’interrogatorio dei Templari imprigionati a Carcassonne » IRIS, Università degli Studi di Torinohttps://iris.unito.it/handle/2318/85916
- « L’idolo/statua dei Templari : dall’accusa di idolatria al mito del Bafometto » IRIS, Università degli Studi di Torinohttps://iris.unito.it/handle/2318/1643173
- « Austorc dʼAorlhac. Ai Dieus, per qu’as facha tan gran maleza (BdT 40,1) », édition, traductions et notes Rialto, Università di Napoli Federico IIhttps://www.rialto.unina.it/AustAur/40.1%28Paterson%29.htm
- « Dogme et rituel de la haute magie [Microforme] / par Éliphas Lévi », notice FRBNF34708286 Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb347082865
- « Dogme et rituel de la haute magie », t. II, 1861, exemplaire numérisé de la Wellcome Library Internet Archivehttps://archive.org/details/b24884340_0002
- « Le Diable au XIXe siècle » Bibliothèques numériques du ministère des Arméeshttps://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/impression/document/b0243554-ef23-4808-849d-7ba909afe631
- « Is Satanism Dangerous ? 2. 19th-Century Satanic Tales : From Huysmans to Taxil », Massimo Introvigne, 21 mai 2022 Bitter Winter, CESNURhttps://bitterwinter.org/is-satanism-dangerous-2-from-huysmans-to-taxil/
- « Satanic group unveils controversial statue in Detroit », Reuters, 26 juillet 2015 Religion News Servicehttps://religionnews.com/2015/07/26/satanic-group-unveils-controversial-statue-in-detroit/





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