Vingt soldats de marine et quatre archers par trière, prévoit l’inscription de Trézène. Quatorze hoplites et quatre archers, écrit Plutarque pour chaque navire athénien engagé à Salamine, dans sa Vie de Thémistocle (14, 2). Six hommes d’écart par bateau. Michael Jameson, qui publie en 1960 ce prétendu décret de Thémistocle, voyait dans cet écart la marque d’un plan réel, revu après les premiers combats, et il le rangeait parmi huit indices qui rendaient à ses yeux toute fabrication tardive invraisemblable.
Le café de Damala
Jameson examine la pierre à l’été 1959. Elle ne sort d’aucune fouille. Elle appartient à une petite collection d’antiquités réunie au village de Damala, près des ruines de Trézène, et présentée d’abord dans un kapheneion, le café du village, puis dans l’ancienne école. On lui rapporte qu’un habitant de Poros, Christos Phourniades, l’a apportée depuis le verger d’un certain Anargyros Titires. Les villageois la croient plutôt issue des sondages menés en 1893 autour de l’église ruinée d’Hagia Soteira, qui avait déjà livré douze inscriptions publiées. Jameson juge l’hypothèse vraisemblable, tout en doutant que le fouilleur de 1893, collecteur scrupuleux, ait négligé une telle pierre. En juin 1960, la stèle entre au Musée épigraphique d’Athènes sous le numéro EM 13330.
Le marbre mesure 59,5 centimètres de haut pour 34 à 37,5 de large. Le bas est cassé et le flanc gauche très usé. À partir de la quatrième ligne, les lettres, hautes de 5 à 7 millimètres, s’alignent en stoichédon, une grille régulière où chaque caractère occupe sa case, à raison de quarante-deux par ligne. Le mot « Dieux » qui ouvrait le texte n’est plus lisible, et Jameson le restitue malgré tout.
On parlera ici d’inscription de Trézène, parce que l’autre nom, décret de Thémistocle, tranche d’avance la question qu’il désigne. Le lieu exact de la découverte demeure inconnu, et avec lui le monument que la stèle accompagnait. Jameson songeait au portique de l’agora où Pausanias vit, au IIᵉ siècle apr. J.-C., des statues de femmes et d’enfants athéniens réfugiés en 480 (Description de la Grèce, II, 31, 7), sur une agora que personne n’avait encore fouillée méthodiquement en 1960.
Deux cents trières prêtes à appareiller
Après la formule « Plaise au Conseil et au peuple », le texte nomme son auteur, Thémistocle fils de Néoclès, du dème de Phréarrhioi. La cité est confiée à Athéna qui règne sur Athènes et aux autres dieux. Femmes et enfants partent pour Trézène, vieillards et biens pour Salamine, tandis que trésoriers et prêtresses gardent sur l’Acropole les biens des dieux. Tous les autres hommes en âge de combattre, citoyens et étrangers domiciliés, embarquent sur les deux cents navires prêts, avec les Lacédémoniens, les Corinthiens, les Éginètes et tous ceux qui voudront partager le danger.
La suite relève de l’intendance. À partir du lendemain, les stratèges désignent deux cents triérarques, les commandants de navire, choisis parmi les hommes âgés de cinquante ans au plus qui possèdent une terre de famille à Athènes et des enfants légitimes. Les équipages sont inscrits sur des tablettes blanchies, d’après les registres des dèmes et les listes du polémarque. Un sacrifice de conciliation est offert à Zeus Tout-Puissant, à Athéna, à la Victoire et à Poséidon Asphaleios. Cent navires iront ensuite à l’Artémision, au nord de l’Eubée, et cent resteront devant Salamine et le reste de l’Attique. Une dernière clause ordonne à ceux qui sont partis « pour les dix ans » de se rendre à Salamine en attendant que le peuple statue sur leur cas, puis la pierre se brise sur une phrase qui commençait à traiter des citoyens privés de leurs droits.
Chez Hérodote (VIII, 40-41), l’évacuation se décide au retour de l’Artémision, et une proclamation invite chaque Athénien à sauver les siens comme il le peut. L’inscription place tout avant l’Artémision et les Thermopyles ; Jameson datait le vote du début de juin 480. Salamine y apparaît comme une base choisie de longue date, et l’abandon de l’Attique comme une stratégie.
Hérodote connaît pourtant une résolution navale, votée après l’oracle du « mur de bois » (VII, 141-144), et sa formule sur les Grecs qui voudraient se joindre aux Athéniens recoupe de près les lignes 17 et 18 de la pierre.
Jameson plaide pour 480
Jameson ne s’est jamais dissimulé le problème principal, et sa défense le prend de face. La gravure est tardive, il l’écrit lui-même, et le patronyme comme le nom du dème accolés à Thémistocle sont des ajouts du IVᵉ siècle, puisque les décrets du Vᵉ siècle nomment le proposant sans ces précisions. Il supposait donc une copie, une copie attique du IVᵉ siècle, dressée à Trézène entre 330 et 322 par des exilés trézéniens favorables à Athènes et rentrés chez eux ; Hypéride, dans le Contre Athénogène (29-33), montre ces bannis accueillis comme citoyens à Athènes en souvenir de l’hospitalité offerte en 480. Pour le fond, l’éditeur alignait ses huit indices. Les triérarques y sont choisis pour leur aptitude au commandement, à une date où la charge n’était pas encore devenue surtout financière. Dans le texte, le nombre de soldats de marine dépasse celui qu’embarquait la flotte athénienne cinquante ans plus tard. Le mot taxis y désigne l’équipage d’un navire, emploi que l’on ne retrouve que chez Eschyle, dans les Perses (381-382), et Zeus y reçoit l’épithète de Pankratès, fréquente chez le même poète. La date du vote ruine la version athénienne d’une cité contrainte à fuir parce que les Péloponnésiens refusaient de combattre en Béotie. Une moitié seulement de la flotte part pour l’Artémision, et les exilés sont traités avec une prudence peu glorieuse. Aucun faussaire, concluait Jameson, n’aurait réuni tant de détails justes et si peu flatteurs à la fois.
David Lewis, à Oxford, arrivait en 1961 à une conclusion voisine par la seule langue, en relevant trop de traces de formules officielles et archaïques pour soupçonner une fraude. Les citations antiques allaient dans le même sens. Au IVᵉ siècle, Eschine avait fait lire en public un décret de Thémistocle, avec celui de Miltiade avant Marathon et le serment des éphèbes (Démosthène, Sur l’ambassade, 303). Plutarque (Thémistocle, 10, 4) et Aelius Aristide, dans le discours Pour les Quatre, en citent le début dans des termes que la pierre retrouve. Jules Labarbe avait réuni ces citations dès 1957, dans La loi navale de Thémistocle.
La défense la plus construite est venue plus tard. En 1982, Nicholas Hammond relit l’ordre du récit d’Hérodote au livre VII et place la consultation de Delphes et la résolution navale dès septembre 481 ; l’évacuation se serait étalée sur des mois, et la proclamation affolée du livre VIII ne concernerait que la minorité restée en Attique. Il ajoute un argument simple, difficile à écarter. Le détail de l’armement, les tablettes, les registres, la répartition des équipages, ne pouvait intéresser personne à Trézène, et nul n’avait de raison de l’inventer pour une stèle trézénienne.
« Falsche Urkunden »
La réplique paraît dès 1961 dans la revue Hermes, sous la plume de l’historien allemand Christian Habicht. Son titre, « Faux documents sur l’histoire d’Athènes au temps des guerres médiques », annonce d’emblée le cadre. L’inscription y rejoint une famille de textes qui circulaient à Athènes au IVᵉ siècle et se réclamaient des grandes heures de 490 et de 480, comme le décret de Miltiade, le serment de Platées ou la paix de Callias. L’Antiquité les soupçonnait déjà, puisque Théopompe, historien du IVᵉ siècle, tenait le serment de Platées pour une fabrication athénienne (FGrHist 115 F 153). Jeanne et Louis Robert dressent un premier bilan de la controverse dans le Bulletin épigraphique de 1962.
Le contexte que Jameson invoquait pour expliquer la copie sert ici l’accusation. Entre 340 et 320, les orateurs athéniens hostiles à la Macédoine lisaient volontiers ces textes, et Lycurgue cite ainsi deux serments dans le Contre Léocrate (77 et 81). Habicht rattache la rédaction à ce climat, et attribue la gaucherie de la clause sur les exilés à l’imitation malhabile des décrets d’amnistie.
En 1962, Sterling Dow comptait déjà plus de trente publications sur la pierre.
Les indices de langue se sont ensuite accumulés. John Kennelly a montré en 1990 que le verbe employé pour les exilés, methistèmi, désigne couramment le bannissement dans les textes du IVᵉ siècle, et Mikael Johansson a noté en 2004 qu’on ne le rencontre dans aucune inscription antérieure à 403. La graphie de Trézène avec un iota n’apparaît dans les inscriptions de la cité qu’à l’époque impériale. Surtout, la date de la gravure a glissé. Jameson plaçait les lettres dans la seconde moitié du IVᵉ siècle ; on les attribue aujourd’hui au IIIᵉ, et le Musée épigraphique indique la première moitié de ce siècle. En 1969, dans le recueil d’inscriptions historiques qu’il publie avec Russell Meiggs (n° 23), Lewis ne présente plus les périphrases qui évitent les mots « ostracisés » et « métèques » que comme les vestiges d’une tentative pour écarter le soupçon. Johansson, auteur en 2001 d’un article au titre interrogatif, jugeait en 2004 le texte si chargé d’anachronismes qu’on s’étonne qu’il ait pu passer pour authentique.
Qui étaient les bannis de la dernière ligne ?
La clause finale concentre la dispute depuis soixante ans. Elle rappelle « ceux qui sont partis pour les dix ans », chiffre restitué par Jameson dans une lacune. Presque tous les commentateurs y ont reconnu les victimes de l’ostracisme, ce vote qui éloignait un citoyen d’Athènes pour dix ans, et que la Constitution d’Athènes attribuée à Aristote (22, 8) dit rappelées sous l’archonte Hypsichidès, à cause de l’expédition de Xerxès. Le premier ostracisme remontait pourtant à moins de dix ans, et Charles Hignett voyait en 1963 dans cette clause une difficulté chronologique sans remède. Lewis, en 1961, avait retourné l’argument, car un faussaire aurait écrit « ostracisés » là où le texte emploie un verbe que les auteurs postérieurs appliquent à l’ostracisme. Hammond, en 1982, lisait l’ordre comme une convocation des ostracisés, restés citoyens, vers Salamine devenue siège du gouvernement.
Alex Gottesman a repris la phrase en 2025 dans la Classical Quarterly. En grec, le parfait suivi d’un simple accusatif de durée désigne un intervalle accompli, si bien que ces hommes sont absents depuis dix ans révolus au moment où le texte parle. L’article défini, « les » dix ans, renvoie à une décennie connue de tous, et la plus connue de l’histoire athénienne sépare Marathon de Salamine, que Thucydide (I, 18) compte déjà ainsi. Dans cette hypothèse, les bannis seraient les partisans des Pisistratides réfugiés chez le Perse, ces « exilés des Athéniens » qu’Hérodote (VIII, 54-55) fait monter sur l’Acropole au lendemain de sa prise. Le rédacteur aurait parlé des « dix ans » avant l’événement qui les clôt, par l’inadvertance de quelqu’un qui connaît la fin de l’histoire. Gottesman reconnaît qu’il entre là dans la conjecture.
Plutarque brouille encore les pistes. Dans la Vie de Thémistocle (11, 1), il prête à Thémistocle un décret rappelant ceux qui étaient éloignés « pour un temps », afin de ramener Aristide ; Patrice Brun rappelle qu’à le suivre à la lettre on personnalise à l’excès une décision collective. Entre la pierre, qui parle de dix ans et ne nomme personne, et le biographe, qui ne pense qu’à Aristide et évite lui aussi le mot d’ostracisme, on devine un ancêtre commun, que Johansson plaçait en 2004 derrière Plutarque et Aelius Aristide, sans qu’on puisse dire s’il s’agissait du décret ou d’un récit déjà remanié.
Trézène, vers 265
Si le texte n’est pas de 480, il faut lui trouver un auteur, une date et une raison d’être gravé à Trézène. Denis Knoepfler, qui a marqué le cinquantenaire de la publication par une communication à l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 2010, distingue deux moments. Le noyau du texte, pour lui, remonte aux années 340, l’époque où Eschine le faisait lire ; la stèle, elle, ne paraît pas gravée beaucoup avant le milieu du IIIᵉ siècle. Il rattache de préférence la version la plus développée et sa gravure sur l’agora de Trézène à la guerre de Chrémonidès, vers 265, menée contre la Macédoine.
Une autre hypothèse, présentée en 2008 et discutée par Knoepfler dans son cours au Collège de France, associe l’orateur athénien Stratoklès à la confection du texte et le relie à la propagande des rois Antigone et Démétrios dans le Péloponnèse après 304. Knoepfler objecte qu’il faudrait alors admettre plusieurs versions successives du texte, ce qu’il n’exclut pas. D’autres ont cherché plus haut, du côté de Cleidémos, chroniqueur athénien du IVᵉ siècle qui attribuait à Thémistocle l’organisation de l’évacuation, et que Plutarque cite dans un passage recoupant le décret. George Huxley en 1968 et Angelos Chaniotis en 1988 l’ont proposé comme auteur ; l’édition la plus récente de ses fragments, parue en 2024, trouve ces indices plutôt fragiles. On ne sait pas trancher.
Le bas de la stèle manque. Ses proportions laissaient place, selon Jameson, à d’autres textes gravés à la suite, peut-être le décret par lequel les Trézéniens, sur proposition d’un certain Nikagoras, avaient voté en 480 de nourrir les réfugiés à deux oboles par tête et de payer des maîtres pour leurs enfants (Plutarque, Thémistocle, 10, 5). La cassure interdit de le vérifier. Démosthène, qui avait trouvé bon accueil à Trézène au début de son exil, se donna la mort en 322 sur l’île voisine de Kalaureia, l’actuelle Poros.
Le Musée épigraphique d’Athènes présente aujourd’hui la stèle EM 13330 dans son exposition permanente comme un décret de la première moitié du IIIᵉ siècle av. J.-C., peut-être copié sur un texte plus ancien. Gottesman, lui, ouvre son article de 2025 en jugeant close la question de l’authenticité, et il la remplace par celle de l’identité du faussaire, de sa date et des raisons qui poussèrent des Trézéniens à graver, deux siècles après Salamine, un document athénien qui se donnait pour contemporain de la bataille.
Pour aller plus loin
La bataille de Salamine (480 av. J.-C.) et l’oracle de Delphes du « mur de bois » éclairent la stratégie que la pierre prête à Thémistocle. La bataille de l’Artémision et Thermopyles : les milliers de Grecs qui combattaient avec Léonidas situent le moment où Hérodote place l’évacuation d’urgence, que l’inscription anticipe. La trière athénienne précise ce que les deux cents navires du texte transportaient vraiment. L’ostracisme athénien, sa procédure et ses victimes, donne son arrière-plan à la clause des exilés. La bataille de Marathon fixe l’autre borne des « dix ans » dont parle Gottesman. Hérodote enquêteur du monde entier rappelle ce que valent ses sources quand on les confronte à une stèle.
Comment une ville entière quitte-t-elle ses maisons devant une armée ? En 480 av. J.-C., le roi perse Xerxès envahissait la Grèce, et les Athéniens ont abandonné leur ville. Leur flotte a ensuite battu la sienne près de Salamine, une île toute proche. Une pierre gravée prétend garder la décision qui a organisé ce départ. Il faut savoir si elle dit vrai.
Une fuite dans la panique
Longtemps, on n’a connu ce départ que par Hérodote. Cet historien grec raconte la guerre contre les Perses. Chez lui, tout se joue dans l’urgence. La flotte athénienne rentre d’un premier combat, livré au nord de l’île d’Eubée. Les Athéniens doivent alors partir tout de suite, et chacun met sa famille à l’abri comme il peut.
La pierre du village
Un jour d’été, un chercheur américain visite un village du Péloponnèse. Ce village touche les ruines d’une cité antique, Trézène. Dans le café, les habitants exposent une petite collection d’objets anciens. Parmi eux se trouve une dalle de marbre gravée et dressée, ce qu’on appelle une stèle. Elle mesure environ soixante centimètres de haut, et son bas est cassé.
Personne ne sait où la pierre a été trouvée. Un témoignage la fait venir d’un verger, les villageois des abords d’une vieille église. Le chercheur la voit cet été-là et la publie l’année suivante. Aujourd’hui, elle est exposée dans un musée d’Athènes consacré aux inscriptions.
La pierre porte le texte d’une décision votée par l’assemblée d’Athènes, un décret. Le dirigeant athénien Thémistocle l’aurait proposé. Les femmes et les enfants partent pour Trézène. Les vieillards et les biens vont sur l’île de Salamine. Les hommes en âge de se battre montent sur deux cents navires de guerre.
Ces navires se partagent la tâche. Une moitié part au nord pour freiner l’ennemi. L’autre garde Salamine et les côtes. Tout cela est voté avant les premiers combats, et l’abandon de la ville obéit donc à un plan préparé.
Vrai document ou faux ancien
Le chercheur qui a publié la pierre s’appelle Michael Jameson. Il la croit fidèle à la décision prise à l’époque. Selon lui, un faussaire n’aurait jamais inventé certains détails. La pierre prévoit par exemple plus de soldats par navire que les auteurs anciens n’en comptent à Salamine. Pour Jameson, c’est la trace d’un projet réel, corrigé ensuite par la guerre.
Un historien allemand, Christian Habicht, lui répond peu après. Pour lui, le texte est un faux. Ce type de faux circulait à Athènes bien après la guerre. Les orateurs aimaient alors lire en public de vieux textes glorieux sur la lutte contre les Perses. Certains de ces textes étaient déjà jugés douteux dans l’Antiquité.
La forme des lettres donne un autre indice. Elle appartient à une époque bien plus tardive que Thémistocle. Les spécialistes datent la gravure du IIIᵉ siècle av. J.-C. La pierre a donc été gravée environ deux siècles après Salamine. Jameson le savait déjà, et il parlait d’une copie.
Les exilés des dix ans
Juste avant la cassure, le texte rappelle des exilés partis « pour les dix ans ». On a d’abord pensé à un vote athénien qui éloignait un citoyen de la ville pour une durée fixée d’avance. Ce vote s’appelait l’ostracisme. Le calcul ne tombe pourtant pas juste, car ce vote existait depuis trop peu de temps.
Un autre spécialiste, Alex Gottesman, propose une lecture nouvelle en 2025. Il y voit des Athéniens passés du côté perse. Le rédacteur aurait parlé d’une période qui n’était pas encore close. Il se serait trahi, comme quelqu’un qui connaît déjà la fin de l’histoire.
La plupart des spécialistes pensent aujourd’hui que le texte a été écrit bien après la guerre. Ils ne s’accordent ni sur son auteur ni sur sa date. Personne ne sait non plus pourquoi Trézène a fait graver un texte athénien. Le musée d’Athènes qui expose la pierre parle encore d’une copie possible d’un texte plus ancien.
Le bas de la stèle a disparu. La dernière phrase lisible commence à parler d’autres citoyens, puis le marbre s’arrête.
La version complète détaille les huit arguments de Jameson pour l’authenticité, puis la dispute grammaticale sur un verbe grec dont dépend l’identité des exilés.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Stèle de Trézène dite « décret de Thémistocle », marbre, h. 0 595 m, l. 0,34 à 0 375 m, ép. 0 065 à 0 085 m, stoichédon de 42 lettres, partie inférieure perdue, provenance supposée : église d’Hagia Soteira, Damala (Trézène) Musée épigraphique d’Athènes, EM 13330 ; Meiggs-Lewis, GHI n° 23
- Hérodote, Histoires, VII, 141-144 (oracle du « mur de bois » et résolution navale) ; VIII, 40-41 (proclamation d’évacuation) ; VIII, 54-55 (les exilés athéniens sur l’Acropole)
- Plutarque, Vie de Thémistocle, 10, 4-5 (citation du décret, décret de Nikagoras) ; 11, 1 (rappel des exilés) ; 14, 2 (effectifs embarqués à Salamine)
Voir les 35 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Démosthène, Sur l’ambassade (XIX), 303 (lecture par Eschine des décrets de Miltiade et de Thémistocle)
- Aelius Aristide, Pour les Quatre (discours XLVI Dindorf, 3 Lenz-Behr), paraphrase du début du décret
- Constitution d’Athènes attribuée à Aristote, 22, 8 (rappel des ostracisés sous l’archonte Hypsichidès)
- Hypéride, Contre Athénogène, 29-33 (exilés trézéniens accueillis à Athènes)
- Lycurgue, Contre Léocrate, 77 et 81 (serment des éphèbes, serment de Platées)
- Théopompe, FGrHist 115 F 153 (le serment de Platées dénoncé comme fabrication athénienne)
- Eschyle, Perses, 381-382 (taxis au sens d’équipage)
- Thucydide, La guerre du Péloponnèse, I, 18 (dix ans entre Marathon et l’expédition de Xerxès)
- Pausanias, Description de la Grèce, II, 31, 7 (statues des réfugiées athéniennes à Trézène)
Bibliographie
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Sources en ligne
- [« A Decree of Themistokles from Troizen »]( Michael H. Jameson, Hesperia 29, 1960 (PDF de l’édition princeps) American School of Classical Studies at Athenshttps://www.ascsa.edu.gr/uploads/media/hesperia/147294.pdf
- [« Permanent Exhibition »]( notice de la stèle EM 13330 Epigraphic Museum, Athèneshttps://epigraphicmuseum.gr/en/permanent-exhibition/
- [« Les vieillards relégués à Salamine survivront-ils au jubilé de la publication du décret de Thémistocle trouvé à Trézène ? »]( Denis Knoepfler Perséehttps://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2010_num_154_3_93004
- [« Épigraphie et histoire des cités grecques »]( résumé du cours 2009-2010 de Denis Knoepfler Collège de Francehttps://www.college-de-france.fr/media/denis-knoepfler/UPL66368_Knoepfler.pdf
- [« Who Were the “Exiles for the Ten Years” in the Themistocles Decree ? »]( Alex Gottesman Cambridge Core, The Classical Quarterlyhttps://www.cambridge.org/core/journals/classical-quarterly/article/who-were-the-exiles-for-the-ten-years-in-the-themistocles-decree/8572275833D11F5EF7EBF10D2CAA4D24
- [« The narrative of Herodotus vii and the decree of Themistocles at Troezen »]( N. G. L. Hammond Cambridge Core, The Journal of Hellenic Studieshttps://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-hellenic-studies/article/abs/narrative-of-herodotus-vii-and-the-decree-of-themistocles-at-troezen/0462498273981F2746967C548B83E6F6
- [« Notes on the Degree of Themistocles »]( (titre affiché tel quel par l’éditeur), D. M. Lewis Cambridge Core, The Classical Quarterlyhttps://www.cambridge.org/core/journals/classical-quarterly/article/notes-on-the-degree-of-themistocles/613E23A381DCED71A90646C99783A416












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