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La Magna Carta de 1215 : ce que dit vraiment le texte de Runnymede

France & Occident féodal11 octobre 2026◈ 29 sources vérifiées
Original authors were the barons and King John of England. Uploaded by Earthsound. / Wikimedia Commons
9 min de lecture29 sources vérifiées
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À la fin de juin 1215, quelque part dans le Hampshire, un clerc met en français la Magna Carta que Jean sans Terre vient d’accorder à ses barons, un an après Bouvines et quinze ans après la mort de Richard Cœur de Lion. Douze fois le latin écrit libertas, douze fois le traducteur écrit franchise. Son travail n’a survécu que par une copie entrée au XIIIᵉ siècle dans le cartulaire, ce registre où une maison recopie ses titres, de la léproserie Saint-Gilles de Pont-Audemer, aujourd’hui à la bibliothèque municipale de Rouen sous la cote Ms Y-200. La charte y commence au feuillet 81, dans un cahier voisin de celui qui porte les canons du quatrième concile du Latran.

Dans le pré appelé Runnymede

La charte est donnée « dans le pré appelé Runnymede, entre Windsor et Staines », le quinzième jour de juin de la dix-septième année du règne. Aucun parchemin n’a pourtant été scellé ce jour-là sous les yeux des barons. L’accord a été passé oralement, juré, puis mis par écrit par les scribes du roi, rappelle la candidature de 2008 au registre Mémoire du monde de l’UNESCO. Selon James Holt, Jean scelle le 10 juin les Articles des barons, liste de revendications conservée à la British Library sous la cote Add MS 4838, et la paix ferme est conclue le 19 juin, quand les rebelles renouvellent leur hommage, ce qui ferait du 15 juin une date notionnelle. David Carpenter a défendu en 1996 la date inscrite. Le 15 juin reste la date d’usage la plus défendable, pour une raison modeste : c’est celle que porte le parchemin.

Aucun registre complet ne dit combien d’exemplaires furent expédiés. Maître Élie de Dereham, administrateur probablement venu à Runnymede avec l’archevêque Étienne Langton, en reçoit quatre à distribuer puis six autres un mois plus tard, d’après Nicholas Vincent ; au dos du rôle des lettres patentes, une liste relevée par David Carpenter en attribue deux à l’évêque de Lincoln. Quatre ont survécu, deux à la British Library et deux dans les cathédrales de Lincoln et de Salisbury. Cotton MS Augustus II.106 est une membrane unique de 514 millimètres sur 343 ; brûlée en 1731 dans l’incendie de la bibliothèque Cotton, sa voisine, Cotton Charter XIII.31A, ne garde de son sceau qu’une masse de cire informe. D’un exemplaire à l’autre, le même texte occupe cinquante-deux, cinquante-quatre, soixante-seize ou quatre-vingt-six lignes.

Nulle part les clauses ne sont numérotées. Le texte court d’un seul tenant, et les soixante-trois articles des manuels sont une découpe de William Blackstone, auteur en 1759 de la première édition critique de la charte de Jean. Les quatre témoins diffèrent aussi par l’orthographe et parfois par l’ordre des mots ; dans la clause que l’usage numérote 40, l’exemplaire de Lincoln écrit vel à la place du second aut. Faute d’original, toute édition choisit un témoin, et David Carpenter a imprimé en 2015 celui de Lincoln, avec les écarts des trois autres en note.

Nullus liber homo

Le préambule annonce une réforme, ad emendationem regni nostri, formule dont Frédérique Lachaud a tiré le titre du chapitre qu’elle consacre à la charte, « pour la correction de notre royaume ». Pour l’essentiel, le texte parle d’argent et d’héritages. La clause 2 plafonne le relief, taxe que l’héritier d’un fief paie au roi pour en prendre possession, à cent livres pour la baronnie d’un comte et à cent sous pour un fief de chevalier. Aux clauses 7 et 8, la veuve peut rester quarante jours dans la maison de son mari sans être contrainte de se remarier. Tant que l’héritier est mineur, les clauses 10 et 11 gèlent les intérêts dus aux prêteurs juifs, alors parmi les principaux fournisseurs de crédit du royaume. Au cœur du texte, la clause 12 interdit de lever l’écuage, taxe qui remplace le service militaire, ou une aide sans le « commun conseil de notre royaume », hors de trois cas que le texte énumère, et la clause 14 règle la convocation de ce conseil, quarante jours d’avance au moins. Plus loin, le roi promet d’arracher les barrages à poissons de la Tamise et de la Medway, d’imposer une mesure de vin, une de cervoise, une de blé, une largeur de drap, d’écarter de tout office la parentèle de Gérard d’Athée jusqu’à « toute leur engeance », et de renvoyer les soldats étrangers venus en armes.

Ces libertés sont concédées, précise la clause 1, « à tous les hommes libres de notre royaume ». Paysan non libre soumis à la justice de son seigneur, le vilain n’apparaît qu’à la clause 20, qui veut que l’amende royale lui laisse ses récoltes sur pied : la charte ne refait pas le droit du serf au Moyen Âge, elle le contourne. La clause 54 interdit d’arrêter un homme sur l’appel, l’accusation personnelle, d’une femme pour un meurtre, sauf celui de son mari. C’est dans ce cadre que se lit la clause 39 : « Aucun homme libre ne sera arrêté, ni emprisonné, ni dessaisi, ni mis hors la loi, ni exilé, ni ruiné de quelque façon, et nous n’irons pas contre lui ni n’enverrons contre lui, sinon par le jugement légal de ses pairs ou par la loi du pays. » Plus large, la clause 40 ne pose aucune condition de statut, puisque le roi ne vendra, ne refusera ni ne différera à personne le droit ou la justice.

Saisir les châteaux du roi

La disposition la plus neuve est celle que Blackstone numérote 61. Vingt-cinq barons élus reçoivent les plaintes contre le roi et ses agents. Faute de réparation dans les quarante jours, ils peuvent, « avec la commune de toute la terre », le contraindre en saisissant ses châteaux, ses terres, ses biens, et par tous les moyens, la famille royale restant hors d’atteinte. Chacun peut jurer de leur obéir. Le 27 juin, un writ, ordre écrit et scellé du roi, enjoint aux shérifs de faire prêter ce serment, et le traducteur de Rouen en recopie la version française, adressée « al viconte de Suthantesire », le shérif du Hampshire, et donnée à Odiham.

Les ruines d’Odiham, à une quarantaine de kilomètres de Winchester, portent encore le nom de château du roi Jean.

Jean, lui, s’est tourné vers Rome. Le 24 août 1215, à Anagni, Innocent III, suzerain du royaume depuis que Jean s’est reconnu son vassal, déclare la charte nulle – pendant que le vainqueur de Bouvines, de l’autre côté de la Manche, reste le grand voisin à surveiller. Conservée à la British Library sous la cote Cotton MS Cleopatra E I, ff. 155-156, sa bulle juge l’accord « honteux, avilissant, illégal et injuste », selon la traduction de la bibliothèque, et le prive « à jamais de toute validité ». Dix semaines séparent la concession de l’annulation. Le pape protégeait aussi un croisé, et la charte elle-même accorde au roi, aux clauses 52 et 53, le délai ordinaire de ceux qui ont pris la croix.

Des copistes d’Église

Qui a écrit les quatre exemplaires ? La candidature de 2008 les donnait tous à la chancellerie royale. En juin 2015, Nicholas Vincent et David Carpenter, guidés par la paléographe Teresa Webber, n’y laissent que ceux de la British Library, après examen de près de deux cent cinquante actes originaux de Jean. Celui de Lincoln serait d’un scribe qui a écrit au moins deux autres chartes royales pour Lincoln en 1215, et que l’on ne retrouve chez aucun autre bénéficiaire ; Webber accepte l’attribution. Pour Salisbury, dont l’écriture se rapproche de celle des livres, ils proposent le rapprochement avec une charte du doyen Adam de Sarum, sans certitude de leur propre aveu, et Webber reste sceptique. Si la lecture tient, des évêques ont produit une partie des originaux d’un texte que le roi, selon eux, tenait probablement peu à voir circuler. La traduction de Rouen divise aussi. Holt, qui l’édite en 1974, la croit faite sur les lettres originales pour publier la charte dans le Hampshire. Kenneth Pennington l’a rattachée en 2015 à l’entourage de l’évêque de Winchester, Pierre des Roches, riche en clercs venus du continent, en prévenant qu’il pousse peut-être l’indice trop loin. Le traducteur, quel qu’il soit, choisit. À la clause 39, il rend vel par o, « ou », et sépare ainsi le jugement des pairs de la loi du pays, sur un point de grammaire encore disputé. À la clause 52, il écrit real jugement, jugement royal, là où l’on attend leal. Holt y voyait une faute de copie, Pennington tient pour possible un choix délibéré.

Coke lisait la charte de 1225

Le nom même est postérieur à Jean, mort en octobre 1216. En 1217, après une première réédition, les régents du jeune Henri III détachent les clauses forestières pour en faire une charte de la Forêt, et la grande charte devient Magna Carta par contraste. Le 11 février 1225, Henri III la réédite en son nom propre contre un quinzième des biens meubles de ses sujets. Cette version de référence a perdu vingt-quatre articles de 1215, selon la Digithèque de l’université de Perpignan, dont les clauses 12, 14 et 61. Édouard Iᵉʳ la confirme en 1297, et c’est elle qui passe sur le rôle des statuts.

Le juge Edward Coke la commente dans la deuxième partie de ses Institutes, publiée après sa mort en 1642, sans connaître le texte de Jean. Il croit la charte dite grande pour l’importance de sa matière, quand le nom tient à sa longueur ; il étend les « hommes libres » à tous les sujets. Dans son sillage, la clause 39 a fini par porter le procès par jury et l’habeas corpus, ce que la candidature de 2008 répète. Lord Irvine of Lairg jugeait en 2002 qu’il fallait forcer l’imagination pour y trouver le jury. Blackstone revient en 1759 au texte de Jean et montre que les versions postérieures dérivent de 1225, sans renoncer à la lecture de Coke.

Ceux qui tiennent la charte pour un texte fondateur ont pourtant de quoi répondre. Fondues dans le chapitre 29 de 1297, les clauses 39 et 40 restent en vigueur au Royaume-Uni sauf en Écosse, avec la liberté de l’Église et les franchises de Londres, soit trois articles pour la bibliothèque de la Chambre des communes, quatre pour Lord Irvine, qui comptait aussi le chapitre 37. David Carpenter a aussi retrouvé le texte de 1215 dans les cartulaires de Canterbury, de Lincoln et de Salisbury, preuve à ses yeux qu’on n’y voyait ni un acte cassé ni un texte périmé, et il rappelle qu’en 1255 des barons invoquaient encore sa clause sur le consentement à l’impôt.

Dupplicata, au dos de l’exemplaire de Salisbury

Faute de listes d’expédition complètes, des chartes ont pu partir sans laisser de trace. Quant à l’exemplaire Augustus II.106, il a perdu toute trace de sa destination, et l’on sait seulement que Humphrey Wyems l’a donné à Robert Cotton le 1ᵉʳ janvier 1629. L’autre exemplaire londonien vient du château de Douvres selon la candidature UNESCO, mais le Magna Carta Project l’a d’abord situé à la cathédrale de Canterbury, où il a servi de modèle à une copie vers 1290. Le sens de la lex terrae de la clause 39 ne sera probablement jamais fixé, la formule pouvant désigner l’ordalie comme la coutume.

À Salisbury, l’exemplaire exposé dans la salle capitulaire porte au dos, d’une main plus tardive, le mot dupplicata. On le lit aussi au dos d’autres chartes de la cathédrale, où il signale parfois deux originaux d’un même acte. Carpenter jugeait peu probable que le chapitre ait détenu deux exemplaires de 1215, vu leur rareté, et proposait d’y voir l’indice d’une copie sur feuille volante ou de la transcription faite dans un cartulaire de la cathédrale avant 1284, en ajoutant que la question attendait un examen complet des archives de Salisbury.

Pour aller plus loin

La charte de 1215 croise la bataille de Bouvines, où les alliés de Jean sans Terre sont battus en 1214 par Philippe Auguste, et le quatrième concile du Latran, réuni la même année que Runnymede, qui interdit aux clercs de participer aux ordalies. Elle rejoint aussi l’expédition en Angleterre du prince Louis de France, appelé par les barons après l’annulation de la charte. On peut prolonger par Richard Cœur de Lion, le Domesday Book, Guillaume le Conquérant, et la condition du serf au Moyen Âge.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Magna Carta, exemplaire de 1215, membrane unique de parchemin, 514 × 343 mm, 52 lignes d’écriture de chancellerie, destination d’origine inconnue, donné à Sir Robert Cotton par Humphrey Wyems le 1ᵉʳ janvier 1629 British Library, Cotton MS Augustus II.106
  2. Magna Carta, exemplaire de 1215, membrane unique de parchemin, 305 × 505 mm, 86 lignes, endommagé par l’incendie de la bibliothèque Cotton en 1731, restes de cire du sceau, provenant des archives du château de Douvres (Sir Edward Dering, 1630) British Library, Cotton Charter XIII.31A
  3. Magna Carta, exemplaire de 1215, membrane unique de parchemin, 451 × 454 mm, 54 lignes, mention « Lincolnia » au dos, exposé au château de Lincoln Lincoln Dean and Chapter Archives, A1/1/45
Voir les 26 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Magna Carta, exemplaire de 1215, membrane unique de parchemin, environ 354 × 405 mm, 76 lignes, mention « dupplicata » au dos, exposé dans la salle capitulaire Salisbury Cathedral Archives, Press IV. C2 : Royal Charters/39
  2. Articles des barons, juin 1215, liste des revendications reprises dans la charte British Library, Add MS 4838
  3. Bulle d’Innocent III annulant la charte, Anagni, 24 août 1215, bulle de plomb British Library, Cotton MS Cleopatra E I, ff. 155-156
  4. Cartulaire de la léproserie de Saint-Gilles de Pont-Audemer, XIIIᵉ siècle, parchemin, 106 feuillets, 230 × 170 mm : canons du quatrième concile du Latran (f. 69) et traduction française de la Grande Charte avec le writ au shérif du Hampshire daté d’Odiham, 27 juin 1215 (f. 81) Bibliothèque municipale de Rouen, Ms Y-200
  5. Liste d’expédition des exemplaires de 1215, au dos du rôle des lettres patentes de la dix-septième année de Jean, mention de deux exemplaires remis à Hugues de Wells, évêque de Lincoln éditée dans les Rotuli litterarum patentium, p. 180b
  6. Magna Carta (1297), confirmation d’Édouard Iᵉʳ, 25 Edw. 1, chapitres 1, 9 et 29, toujours en vigueur au Royaume-Uni hors d’Écosse statute book du Royaume-Uni
  7. Edward Coke, The Second Part of the Institutes of the Lawes of England, Londres, 1642, « Proeme » édition posthume
  8. William Blackstone, The Great Charter and Charter of the Forest, with other Authentic Instruments, Oxford, 1759 Clarendon Press

Bibliographie

  1. Frédérique Lachaud, Jean sans Terre, Paris, 2018, 479 p., coll. « Biographies », DOI 10,3917/perri.lacha.2018,01 Perrinhttps://doi.org/10.3917/perri.lacha.2018.01
  2. James C. Holt, « A Vernacular-French Text of Magna Carta, 1215 », The English Historical Review 89, 1974, p. 346-364 The English Historical Review
  3. James C. Holt, Magna Carta, 3ᵉ éd. révisée par George Garnett et John Hudson, Cambridge, 2015, xxii-462 p. Cambridge University Press
  4. David Carpenter, « The Dating and Making of Magna Carta », dans The Reign of Henry III, Londres, 1996, p. 1-16 Hambledon
  5. David Carpenter, Magna Carta, with a new commentary, Londres, 2015, 624 p. Penguin Classics
  6. Nicholas Vincent, « Master Elias of Dereham (d. 1245) : A Reassessment », dans Caroline M. Barron et Jenny Stratford (dir.), The Church and Learning in Later Medieval Society : Essays in Honour of R. B. Dobson, Donington, 2002, p. 128-159 Harlaxton Medieval Studies 11
  7. Kenneth Pennington, « Reform in 1215 : Magna Carta and the Fourth Lateran Council », Bulletin of Medieval Canon Law 32, 2015, p. 97-125 Bulletin of Medieval Canon Law

Sources en ligne

  1. « Memory of the World Register. Magna Carta, issued in 1215 (United Kingdom) », candidature n° 2008-29 UNESCO, Mémoire du mondehttps://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/magna_carta.pdf
  2. « Magna Carta Project - 1215 Magna Carta », texte latin et traduction clause par clause University of East Anglia, The Magna Carta Projecthttps://magnacarta.cmp.uea.ac.uk/read/magna_carta_1215/!all
  3. « Who Did (and Did Not) Write Magna Carta », Nicholas Vincent et David Carpenter, juin 2015 The Magna Carta Projecthttps://magnacarta.cmp.uea.ac.uk/read/feature_of_the_month/Jun_2015_3
  4. « The Cartulary Copies at Lincoln and Salisbury of the Lincoln and Salisbury Engrossments of the 1215 Magna Carta », David Carpenter, mai 2015 The Magna Carta Projecthttps://magnacarta.cmp.uea.ac.uk/read/feature_of_the_month/May_2015_3
  5. « Shameful and demeaning : the annulment of Magna Carta », 23 août 2015 British Library, Medieval manuscripts bloghttps://blogs.bl.uk/digitisedmanuscripts/2015/08/shameful-and-demeaning-the-annulment-of-magna-carta.html
  6. « Magna Carta Room Reopens », novembre 2016 British Library, Medieval manuscripts bloghttps://blogs.bl.uk/digitisedmanuscripts/2016/11/magna-carta-room-reopens.html
  7. « MS. Ms Y-200. Cartulaire de la léproserie de Saint-Gilles de Pont-Audemer, XIIIe siècle » Catalogue collectif de France, Bibliothèque nationale de Francehttps://ccfr.bnf.fr/portailccfr/ark:/16871/004D08A12881
  8. « Magna Carta : Does it still matter ? » House of Commons Libraryhttps://commonslibrary.parliament.uk/magna-carta-does-it-still-matter/
  9. « Blackstone - Exhibit - Magna Carta » Tarlton Law Library, University of Texas at Austinhttps://tarlton.law.utexas.edu/magna-carta/blackstone
  10. « The Spirit of Magna Carta Continues to Resonate in Modern Law », Lord Irvine of Lairg, conférence du 14 octobre 2002 Parliament of Australia, Papers on Parliament 39https://www.aph.gov.au/binaries/senate/pubs/pops/pop39/lairg.pdf
  11. « 1225 Magna Carta 1225 Grande Charte Henri III, Digithèque MJP » Digithèque de matériaux juridiques et politiques, université de Perpignanhttps://mjp.univ-perp.fr/constit/uk1225.htm
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