Le copiste qui achève le Táin Bó Cúailnge dans le Livre de Leinster n’y croit pas. À la toute fin du texte, il ajoute en latin que lui, qui a écrit cette histoire, « aut uerius fabulam », ou plus exactement cette fable, n’accorde pas foi à plusieurs de ses épisodes. Il y range des illusions de démons et des inventions de poètes, du vraisemblable et de l’invraisemblable, et des passages faits pour amuser les sots.
La note irlandaise qui précède demande l’inverse. Elle appelle la bénédiction sur quiconque retiendra le Táin exactement tel qu’il est écrit là, sans lui ajouter aucune autre forme, et laisse entendre au passage que d’autres formes du récit circulaient vers 1160.
Lebor na hUidre, page 55
Le plus ancien témoin du récit se trouve dans un manuscrit plus vieux d’un demi-siècle. Le Lebor na hUidre, le « Livre de la vache brune », est conservé à la Royal Irish Academy de Dublin sous la cote 23 E 25. Écrit à Clonmacnoise, le grand monastère des bords du Shannon, il contient le Táin aux pages 55a à 82b. Trois mains s’y relaient. Celle qu’on appelle A ouvre plusieurs textes, que poursuit la main M, identifiée par Richard Irvine Best à Máel Muire mac Céilechair, qui écrit son nom dans deux essais de plume et que les Annales des Quatre Maîtres font tuer en 1106 dans l’église de pierre du monastère. Une troisième main, H, a interpolé le manuscrit après coup, Táin compris. Sa date se discute. Thurneysen la plaçait au XIIIᵉ siècle, tandis que Tomás Ó Concheanainn a soutenu en 1974 que l’interpolateur était Máel Muire lui-même, M devenant alors un autre scribe.
Le manuscrit a beaucoup souffert. Ses soixante-sept feuillets représenteraient à peu près la moitié du volume d’origine, et le Táin s’y interrompt avant la fin. La suite se lit dans le Livre jaune de Lecan, un vélin de la fin du XIVᵉ siècle conservé à Trinity College Dublin, où le texte occupe les colonnes 573 à 644 mais a perdu son début. Deux copies tronquées, l’une de la tête, l’autre de la queue. Pour son édition de 1976, Cecile O’Rahilly est partie du Lebor na hUidre, a complété avec le Livre jaune et a relevé les variantes de deux copies plus tardives, le manuscrit Egerton 1782 de la British Library, écrit en 1516-1518, et un manuscrit de Maynooth daté de 1587. La forme la plus ancienne du Táin est donc un texte d’éditeur, recousu à partir de témoins qui ne se recouvrent qu’en partie.
« Selon une autre version »
Dès les premières pages, la recension I se contredit, et elle le sait. Après la prophétie de Feidelm, la poétesse du Connacht qui voit l’armée de Medb couverte de sang, le texte précise que, selon d’autres, la scène a eu lieu plus loin, à l’orée d’un bois que l’armée aurait abattu parce qu’il empêchait la prophétesse de voir. Les quatre hommes qui précèdent les troupes pour protéger les manteaux de la poussière reçoivent deux pères, l’un donné par le texte, l’autre tiré « d’autres versions ». Le chien du forgeron Culann meurt fracassé contre une pierre, ou bien, d’après une autre version, d’une balle lancée dans sa gueule. Pour l’itinéraire de l’armée entre Findabair et Conaille, le rédacteur annonce que d’autres auteurs et d’autres livres donnent un récit différent, puis il le recopie à la suite, adultère de Medb et de Fergus compris. Une rubrique entière s’intitule « Version différente jusqu’à la mort d’Órlám ». Une note glissée dans le récit réfute même une opinion concurrente par un argument de chronologie, en faisant valoir que le chien de Culann ne peut pas être l’un des trois chiens de Conganchness, puisque cette affaire se place longtemps après la razzia et que Cú Chulainn n’avait que sept ans quand il tua la bête. Celui qui écrit a plusieurs exemplaires sous les yeux, et quand ils divergent, il les recopie l’un après l’autre.
Au bord de la Cronn, la rivière qui monte jusqu’à la cime des arbres pour barrer la route à l’armée, Cú Chulainn tue cent guerriers, et avec eux Roán et Roae, que la recension I présente comme les deux historiens du Táin. Le récit fait périr ses propres chroniqueurs et poursuit sans eux.
La langue permet de dater ces couches. Entre le vieil-irlandais des VIIIᵉ et IXᵉ siècles et le moyen-irlandais qui lui succède, les formes verbales, les pronoms et l’orthographe changent assez pour qu’on reconnaisse, sous la copie de Clonmacnoise, des passages bien plus anciens que le parchemin. Rudolf Thurneysen, dans sa grande synthèse de 1921 sur la geste héroïque irlandaise, plaçait le gros de la prose dans la première moitié du IXᵉ siècle et attribuait l’assemblage à un compilateur du milieu du XIᵉ siècle. Patricia Kelly rappelait en 1992 que cette datation de la prose avait été confirmée par une étude du système verbal soutenue à Trinity College en 1985.
Les doublets, eux, divisent les éditeurs. Pour Thurneysen, un épisode raconté deux fois trahit la fusion de deux versions écrites, cousues sans être harmonisées. Cecile O’Rahilly lisait autrement les mêmes répétitions, comme la marque d’un récit qui a longtemps vécu dans la tradition et grossi par accrétion, un motif revenant avec un autre contexte ou un détail de plus. Joseph Falaky Nagy a mis les deux positions en regard en 1986, dans un bilan sur l’oralité du récit irlandais médiéval. Rien dans le texte ne permet de les départager, car une fusion de manuscrits et une longue vie orale laissent sur le parchemin des répétitions qui se ressemblent.
Fergus parle depuis sa tombe
Les lettrés irlandais avaient leur propre théorie de cette transmission, et ils l’ont mise par écrit. Dans le Livre de Leinster, page 245b, de la main que William O’Sullivan a désignée par la lettre F, un court récit explique comment le Táin fut retrouvé. Senchán Torpéist réunit les poètes d’Irlande pour savoir s’ils connaissent le Táin en entier. Tous répondent n’en savoir que des fragments, des bloga. Senchán demande alors lequel de ses élèves partira, en échange de sa bénédiction, vers le pays de Letha apprendre le récit, qu’un sage aurait emporté vers l’est contre un livre appelé le Cuilmen. Près d’Énloch, en Connacht, les voyageurs arrivent à la pierre tombale de Fergus mac Róich. Muirgen, le fils de Senchán, reste seul devant la pierre et lui chante un poème comme s’il parlait à Fergus en personne. Un grand brouillard l’enveloppe trois jours et trois nuits, et Fergus lui raconte le Táin tout entier, du commencement à la fin.
Fergus est aussi celui qui, dans le récit, guide l’armée de Medb en l’égarant exprès.
La langue de la version de Leinster est pour l’essentiel du vieil-irlandais sous un léger vernis plus récent, et Kevin Murray en place la composition à la fin de la période vieil-irlandaise, au IXᵉ siècle. Trois versions de ce récit existent, celle de Leinster étant la plus brève et se terminant par une liste des remscéla, les récits préliminaires qui préparent la razzia. Le Táin y apparaît comme un texte perdu, morcelé dans les mémoires, qu’on ne retrouve entier qu’en remontant à un témoin oculaire. Grigory Bondarenko a rattaché ce récit au passage, qu’il observe dans les textes irlandais médiévaux, d’une mémoire traditionnelle à une mémoire historique, attentive aux causes et aux effets. La fiction répond à sa manière au problème que posent les manuscrits : d’où vient la version complète, et qui en garantit l’ordre ?
La fenêtre de Kenneth Jackson
En 1907, Henri d’Arbois de Jubainville publiait à Paris sa traduction sous un sous-titre sans nuance, « la plus ancienne épopée de l’Europe occidentale ». L’idée que le Táin conservait un monde antérieur au christianisme a trouvé sa formule en 1964, dans la conférence de Kenneth Jackson intitulée The Oldest Irish Tradition : A Window on the Iron Age. Pour Jackson, les récits du cycle d’Ulster gardaient un reflet authentique de la culture préchrétienne de l’âge du fer, dans ses objets comme dans sa société.
Kim McCone a pris le contre-pied en 1990, dans Pagan Past and Christian Present in Early Irish Literature. Les lettrés monastiques qui ont mis ces récits par écrit y apparaissent comme des auteurs à part entière, nourris d’Écriture et de patristique, occupés à construire une histoire mythique de leur île compatible avec leur foi, et assez habiles pour avoir longtemps trompé les modernes qui les prenaient pour de simples transcripteurs. John V. Kelleher avait déjà proposé en 1971, à titre d’hypothèse, de lire la recension I comme une allégorie de la lutte entre clergé traditionnel et réformateurs pour le contrôle d’Armagh, au premier quart du IXᵉ siècle. James Mallory a repris la question en archéologue dans In Search of the Irish Dreamtime, en 2016. Il confronte aux données de terrain les paysages et les bâtiments du cycle, ses armes, ses transports, ses sépultures, ses vêtements et ses parures, et conclut que l’horizon matériel des récits est celui de l’Irlande médiévale.
Le camp de Jackson garde pourtant des appuis solides. Les strates linguistiques de la recension I sont réelles et précèdent de deux ou trois siècles les manuscrits qui les portent. Quant aux renvois du rédacteur à « d’autres livres », ils montrent qu’une tradition écrite plurielle existait avant lui. Un poème obscur attribué à Luccreth moccu Chíara, Conailla Medb míchuru, évoque déjà Fergus exilé au service de Medb et ses guerres pour le bétail des Ulates, et on y voit généralement l’écho d’une forme ancienne du Táin. L’ancienneté du récit n’est donc pas en cause. Le débat porte sur ce qu’un texte ancien permet de voir, et rien n’oblige à admettre qu’un récit du IXᵉ siècle décrive fidèlement une société bien plus ancienne que lui.
Le lecteur moderne lit d’ailleurs un Táin qu’aucun scribe n’a copié tel quel. La traduction anglaise de Thomas Kinsella, parue à Dublin en 1969, suit la recension I et y insère des passages de la recension II, et c’est elle que le public français a découverte en 1996, traduite par Jean-Philippe Imbert. Christian-J. Guyonvarc’h avait publié dans la revue Ogam, en 1963-1964, une traduction annotée et restée incomplète de la version du Lebor na hUidre, avant sa Razzia des vaches de Cooley parue chez Gallimard en 1994.
Le Bearbeiter C a-t-il existé ?
Le Livre de Leinster, aujourd’hui MS 1339 de Trinity College Dublin, s’appelait autrefois Lebor na Nuachongbála, d’après Nuachongbáil, l’actuel Oughaval, dans le comté de Laois. Son principal compilateur, Áed Úa Crimthainn, abbé de Terryglass, est salué comme « premier historien du Leinster » dans une lettre que lui adresse l’évêque de Kildare Find úa Gormáin, mort en 1160, et Thurneysen en déduisait que l’essentiel du volume avait été copié dans la décennie suivante. Le Táin y occupe les pages 53b à 104b. Presque tout est de la main que William O’Sullivan a appelée T en 1966, sauf les pages du grand carnage de Mag Muirthemne, dues à F, la main la plus soignée du manuscrit. Restauré pendant deux ans, le Livre de Leinster a été exposé dans la bibliothèque de Trinity College jusqu’au 12 août 2025.
Ce texte se lit d’un seul tenant. Les doublets ont disparu, les épisodes épars sont mieux insérés, et une scène d’ouverture apparaît, une conversation d’oreiller entre Ailill et Medb qui donne à la razzia son mobile, alors que la recension I commençait sans explication par le rassemblement de l’armée à Crúachain. La Royal Irish Academy, qui diffuse l’édition d’O’Rahilly dans la série de l’Irish Texts Society, souligne que cette version a fixé pour plusieurs siècles le modèle de la prose irlandaise. Pour ces états du texte, le mot consacré est « recension ». Pour celui-ci, « réécriture » dirait mieux la chose, puisque son auteur change la langue, l’ordre des épisodes et le début.
Une troisième recension, en irlandais moderne précoce, ne survit qu’en fragments, dans le manuscrit Egerton 93 de la British Library, copié en 1477 par Domhnall Albanach Ó Troighthigh dans le comté de Clare, et dans le MS 1319 de Trinity College, que Thurneysen a édité en 1912 et dans lequel il voyait une refonte de la recension II. Feargal Ó Béarra en a donné une traduction anglaise en 1996.
Thurneysen avait donné un nom à l’auteur de la recension II, le Bearbeiter C, le « remanieur C ». Il lui attribuait aussi une nouvelle version de l’Ivresse des Ulates et l’invention d’un récit entier, la Bataille de Ross na Ríg, et le datait du premier quart du XIIᵉ siècle en s’appuyant sur les graphies étranges et les faux archaïsmes du texte de Leinster. Uáitéar Mac Gearailt a démonté cette construction en 2010. Ces formes appartiennent probablement à la transmission du milieu du XIIᵉ siècle plutôt qu’à l’auteur. La version dite de Stowe, une modernisation du XVᵉ siècle conservée dans un manuscrit du XVIIᵉ siècle de la Royal Irish Academy, donne à plusieurs endroits de meilleures leçons que le Livre de Leinster et ne peut donc pas en descendre. Or elle ne garde presque aucune trace de ces bizarreries, qui ne figuraient sans doute pas dans leur source commune.
Le premier à avoir repéré la faille est Edmund Crosby Quiggin, dans une thèse soutenue à Greifswald en 1900 sur les syllabes atones du texte de Leinster. Il avait noté que l’orthographe change vers la page 78 du manuscrit, observation que presque personne n’a reprise pendant un siècle et qui sert de point de départ à la démonstration de 2010. Quiggin devint ensuite le premier enseignant de celtique de l’université de Cambridge, où il était aussi germaniste.
L’ouverture elle-même pourrait être plus tardive que le reste. Dans le grand carnage, tous les prétérits passifs pluriels gardent la désinence ancienne, alors que dans la conversation d’oreiller et l’ambassade qui la suit, les quinze occurrences ont la désinence moyen-irlandaise. Mac Gearailt en tire l’hypothèse que certaines scènes, dont celle-ci et peut-être le combat contre Fer Diad, ont été composées après coup.
Débarrassé de ses couches tardives, le texte présente un profil linguistique proche de celui du grand carnage, que le Lebor na hUidre recopiait déjà avant 1106, et son auteur semble avoir mal compris le vieil-irlandais du IXᵉ siècle, au point d’omettre des phrases dont il ne saisissait plus les verbes. La date de Thurneysen, posée sans une seule forme linguistique à l’appui, a servi pendant près d’un siècle de repère pour classer d’autres textes moyen-irlandais. Mac Gearailt propose une composition vers 1050, peut-être vers l’an mil, et reconnaît lui-même que la langue mêlée du manuscrit de Leinster fait de cette recension l’un des textes les plus difficiles à dater de toute la période.
Pour aller plus loin
Le Táin appartient au cycle d’Ulster, dont les remscéla préparent la razzia et dont Cú Chulainn est la figure centrale. La hart et la fourche que le héros plante sur le chemin de l’armée portent des inscriptions en ogham, l’écriture à encoches de l’Irlande ancienne, qui mérite une entrée à part. La figure de Medb, reine de Connacht, ouvre enfin sur la question des reines dans les récits irlandais.
Quel est le vrai texte du grand récit irlandais de la razzia des vaches ? La question paraît simple, et personne ne sait y répondre. Une reine, Medb, lance ses armées contre le royaume voisin pour voler un taureau. En face, un jeune héros, Cú Chulainn, retient seul toute l’armée. Des moines irlandais ont mis cette histoire par écrit, mais elle nous arrive en plusieurs états qui ne se ressemblent pas.
Deux livres abîmés
La version la plus ancienne se lit d’abord dans un gros livre copié dans un monastère, au bord d’un grand fleuve d’Irlande. Ce monastère s’appelle Clonmacnoise. L’un des copistes du livre y a été tué dans l’église en 1106. On l’appelle le Livre de la vache brune, et il ne garde sans doute qu’à peu près la moitié de ses pages.
Dans ce livre, le récit s’arrête avant la fin. La fin se lit dans un autre volume, le Livre jaune, copié à la fin du XIVᵉ siècle. Celui-là a perdu son début. Une éditrice a donc recousu les deux copies pour publier un texte suivi, et cette version ancienne n’existe entière dans aucun manuscrit.
Les spécialistes donnent un nom à chacun de ces états d’un même texte. Ils parlent de recensions. Le récit en compte plusieurs, écrites à des époques différentes, dans un irlandais qui change d’un siècle à l’autre.
Un conteur qui hésite
La première recension se contredit souvent, et elle le signale. Quand deux traditions divergent, le rédacteur annonce qu’une autre version raconte la scène autrement, puis il recopie les deux. Le chien d’un forgeron meurt ainsi de deux manières. Un passage réfute même une autre légende en calculant l’âge du héros au moment des faits.
Le récit va jusqu’à tuer ses propres témoins. Au bord d’une rivière en crue, Cú Chulainn abat cent guerriers. Parmi les morts se trouvent deux hommes que le texte présente comme les historiens de la razzia. Le rédacteur les fait périr, puis il continue sans eux.
Ces répétitions divisent les spécialistes. Rudolf Thurneysen y voyait deux textes écrits, assemblés sans être mis d’accord. Cecile O’Rahilly y lisait la trace d’une histoire qui a longtemps vécu dans la tradition orale et grossi peu à peu. Personne ne peut trancher, car les deux mécanismes laissent sur la page des traces semblables.
Le poète devant la tombe
Les lettrés irlandais avaient leur propre explication. Un court récit raconte qu’un jour, les poètes d’Irlande ne connaissaient plus l’histoire que par morceaux. Le poète qui les avait réunis demande lequel de ses élèves partira à sa recherche. Ils arrivent devant la pierre tombale de Fergus, un guerrier qui avait guidé l’armée de la reine.
Le fils du poète reste seul devant cette pierre et chante pour le mort. Un brouillard l’enveloppe pendant plusieurs jours. Fergus lui raconte alors toute la guerre, du début à la fin. Pour ces lettrés, le récit complet ne pouvait venir que d’un témoin qui avait tout vu.
Une version plus lisse
Vers 1160, le récit entre dans un autre grand recueil, rassemblé par un abbé et appelé le Livre de Leinster. Cette fois, le texte se lit d’une traite et les répétitions ont disparu. Une scène nouvelle ouvre l’histoire. Au lit, le roi et la reine conversent, et cette conversation donne une raison à la guerre.
À la dernière page, le copiste ajoute une note en latin. Il y écrit qu’il ne croit pas à plusieurs épisodes, où il voit des ruses de démons et des inventions de poètes. Juste avant, une note en irlandais bénit pourtant ceux qui apprendront le texte sans rien y changer.
La date de cette version fait débat. Rudolf Thurneysen la plaçait au début du XIIᵉ siècle. Uáitéar Mac Gearailt a contesté cette date en montrant que les mots les plus bizarres du manuscrit viennent sans doute de copistes plus tardifs. Il propose de remonter vers 1050. Il n’exclut pas une date plus ancienne encore, autour de l’an mil, et admet que ce texte compte parmi les plus difficiles à dater.
Le Livre de Leinster est conservé à Trinity College, à Dublin. Après une longue restauration, ses pages ont été montrées au public jusqu’en août 2025.
La version complète suit les trois copistes du Livre de la vache brune et donne les quinze verbes qui font soupçonner une ouverture ajoutée après coup.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- [Lebor na hUidre (« Livre de la vache brune »), vélin, Clonmacnoise, avant 1106, Táin p. 55a-82b, fin perdue, mains A, M et H]( Royal Irish Academy, Dublin, MS 23 E 25 (cat. 1229)https://isos.dias.ie/RIA/RIA_MS_23_E_25.html
- [Livre jaune de Lecan, vélin, fin du XIVᵉ siècle, Táin col. 573-644 (fac-similé p. 17a-53a), début perdu]( Trinity College Dublin, MS 1318 (H 2. 16)https://codecs.vanhamel.nl/T%C3%A1in_b%C3%B3_C%C3%BAailnge
- [Livre de Leinster (Lebor na Nuachongbála), vers 1160, Táin p. 53b-104b avec colophon irlandais et latin ; Do fallsigud Tána Bó Cúailnge p. 245b, main F]( Trinity College Dublin, MS 1339 (H 2. 18)https://codecs.vanhamel.nl/LL
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Sources primaires (suite)
- Manuscrit Egerton 1782, vélin, 1516-1518, recension I interpolée, f. 88r-105v British Library, Londres
- Manuscrit C 1, dit manuscrit O’Curry, 1587, recension I, p. 1-76 Russell Library, Maynooth
- Manuscrit Egerton 93, copié en 1477 par Domhnall Albanach Ó Troighthigh, recension III, f. 26r-35v British Library, Londres
- Fragments de la recension III, p. 111-118 et 334-351 Trinity College Dublin, MS 1319 (H 2. 17)
- Version de Stowe (recension IIb), manuscrit du XVIIᵉ siècle, f. 28ra-65vb Royal Irish Academy, Dublin, MS C vi 3 (740)
Bibliographie
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Sources en ligne
- [« Táin Bó Cúalnge Recension 1 », traduction de Cecile O’Rahilly]( CELT, University College Corkhttps://celt.ucc.ie/published/T301012.html
- [« Táin Bó Cúalnge from the Book of Leinster »]( CELT, University College Corkhttps://celt.ucc.ie/published/T301035.html
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- [« Book of Leinster colophon to the Táin bó Cúailnge »]( CODECS, Stichting A. G. van Hamel voor Keltische Studieshttps://codecs.vanhamel.nl/Book_of_Leinster_colophon_to_the_T%C3%A1in_b%C3%B3_C%C3%BAailnge
- [« Do fhaillsigud Tána bó Cúailnge ‘On the recovery of (the) Táin bó Cúailnge’ »]( CODECS, Stichting A. G. van Hamel voor Keltische Studieshttps://codecs.vanhamel.nl/Do_faillsigud_T%C3%A1na_b%C3%B3_C%C3%BAailnge
- [« Lebor na hUidre / The Book of the Dun Cow »]( Royal Irish Academyhttps://ria.ie/collections/manuscripts/irish-language-manuscripts/lebor-na-huidre-the-book-of-the-dun-cow
- [« Lebor na hUidre »]( Taylor & Francis (Routledge)https://taylorfrancis.com/chapters/mono/10.4324/9780203502679-48/lebor-na-huidre-se%C3%A1n-duffy
- [« Book of Leinster goes on display in Trinity’s Long Room following major conservation project »]( The Library of Trinity College Dublinhttps://libguides.tcd.ie/blog/book-of-leinster-goes-on-display-in-trinitys-long-room-following-major-conservation-proje
- [« Book of Leinster now on display at Trinity following major conservation of 12th-century manuscript »]( Irish Heritage Newshttps://irishheritagenews.ie/book-of-leinster-on-display-at-trinity-following-conservation/
- [« In Search of the Irish Dreamtime : Archaeology and Early Irish Literature, by J. P. Mallory », Kaarina Hollo]( Times Higher Educationhttps://timeshighereducation.com/node/586953

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