Une objection vient avant le reste. La terre crue ne résiste pas aux pluies d’un hiver souabe, et monter un rempart avec ce matériau au-dessus du Danube ressemble à une faute de bâtisseur. L’objection est sérieuse et elle est ancienne. Elle vise le seul ouvrage de ce genre connu au nord des Alpes pour toute la préhistoire et l’Antiquité. Le mur de la Heuneburg a pourtant tenu une soixantaine d’années, plus longtemps que les enceintes de bois et de terre qui se sont succédé sur la même colline, avant lui et après lui.
Dix-sept tours sur trois hectares de plateau
Le site occupe un éperon calcaire à quatorze kilomètres de Sigmaringen, au bord du Danube, sur un plateau d’environ 300 mètres sur 150. En 1876, Eduard Paulus le Jeune ouvre tout près les tombes riches du Gießübel-Talhau et reconnaît dans la colline voisine le point d’appui fortifié d’une famille éminente. Le mot « princier » naît de ces tumulus et se transporte ensuite sur l’habitat.
Les fouilles systématiques du plateau commencent seulement en 1950, sous la direction de Kurt Bittel. Elles dégagent d’emblée ce que personne n’attendait à cette latitude, un socle massif de blocs de calcaire portant une élévation de briques de terre séchées à l’air. Entre 1950 et 1979, l’université de Tübingen, financée par la Deutsche Forschungsgemeinschaft, explore environ un tiers de la surface intérieure du plateau. La stratigraphie livre quatorze stades de construction et dix murs de fortification pour le seul Hallstatt final. Le mur de briques appartient aux périodes IVb et IVa, approximativement 600-590 à 540-530 av. J.-C.
Sa façade extérieure portait un enduit de chaux blanc, refait régulièrement, sans lequel la terre crue n’aurait pas passé deux hivers. Dix-sept tours rectangulaires saillaient le long des fronts ouest et nord-ouest, du côté par lequel on arrivait depuis les terres. À l’est, une ouverture appelée aujourd’hui Donautor descendait vers le fleuve, navigable à partir de ce point de la vallée.
Chercher le modèle, et ne pas le trouver
Que la technique vienne du sud n’a jamais fait de doute. Socle de pierre et élévation de terre crue sont attestés en Méditerranée depuis l’âge du Bronze, et rien d’équivalent n’apparaît dans l’Europe tempérée du premier âge du Fer. Dirk Krausse en conclut que le maître d’œuvre de la Heuneburg avait appris son métier dans une des villes méditerranéennes des VIIᵉ et VIᵉ siècles. L’inférence part de la technique seule, et aucun document ne vient nommer cet homme.
L’ennui commence quand on cherche le prototype.
Rune Frederiksen, qui a recensé les murailles urbaines grecques de la période archaïque, ne trouve aucun modèle exact : les parallèles les plus proches sont soit postérieurs, soit différents d’architecture, en particulier pour cette rangée de tours. Bettina Arnold, reprenant la comparaison, juge que le rapprochement le plus net conduit vers les fortifications phénico-puniques de Sicile, voire de la péninsule Ibérique, et relève que les techniques employées sur toute la longueur de l’ouvrage comportent des éléments locaux.
Le même mélange se retrouve en contrebas. Dans la ville basse, les campagnes de 2005 à 2008 ont dégagé les fondations d’une porte monumentale de seize mètres sur dix, en blocs de calcaire appareillés avec un soin dont la région ne fournit aucun autre exemple à cette date, et que surmontait probablement une élévation de brique crue.
Le vin précède les vases attiques
Pendant des décennies, le mur a fait tache dans sa propre chronologie. Les importations méditerranéennes réunies par Wolfgang Kimmig dans le volume XI des Heuneburgstudien datent toutes de la seconde moitié du VIᵉ siècle, donc d’après l’incendie. L’architecture méditerranéenne arrivait avant les objets méditerranéens, ce qui laissait l’hypothèse du maître d’œuvre venu du sud étrangement seule.
Deux séries de résultats ont modifié cette situation. La première part d’un ramassage de surface. En 2005, un fragment de fibule plaquée d’or trouvé à 2,4 kilomètres au sud-sud-est du site conduit à une tombe d’enfant, puis au puits d’une sépulture centrale, dans la nécropole du Bettelbühl. En octobre 2010, la chambre entière est prélevée en bloc, six mètres sur sept sur un mètre, quatre-vingts tonnes, et transportée dans les laboratoires du Landesamt für Denkmalpflege. Le plancher est fait de neuf madriers de chêne et de deux de sapin blanc. La femme inhumée avait entre trente et quarante ans. Elle portait sept bracelets de jais aux avant-bras, des sphères d’or à décor filigrané et des fibules ornées d’ambre qui se comparent en détail à des exemplaires d’Italie et de Slovénie. Près des pieds d’un second individu gisait une plaque de bronze de près de quarante centimètres, identifiée par tomographie comme un chanfrein, protection frontale de cheval dont aucun autre exemplaire n’est connu pour l’âge du Fer au nord et au nord-ouest des Alpes. Les arbres de la chambre ont été abattus dans la seconde moitié de l’année 583 av. J.-C., pendant que le mur de briques était debout. Les contacts transalpins ne se réduisaient donc pas à une technique de maçonnerie.
La seconde série vient de la chimie. Maxime Rageot et ses collaborateurs ont analysé les résidus organiques de 126 vases locaux et de sept céramiques attiques importées. Le vin de raisin méditerranéen apparaît dès le Hallstatt D1, dans des poteries montées à la main, avant les vases à boire importés et avant l’aménagement du plateau fortifié. Le vin voyageait sans sa vaisselle, et, au moins dans la première phase, il ne se buvait pas seulement sur la citadelle.
Atélo-urbain, une objection venue de France
Le mot qui fait aujourd’hui la renommée du site pose un problème d’une autre nature. C’est à la suite de la tempête des derniers jours de 1999 que l’agglomération étendue au pied de la colline a été reconnue. Elle couvrait environ cent hectares, découpée en quartiers par des talus et des fossés, avec des unités de type ferme et des indices de production artisanale.
Dirk Krausse et Manuel Fernández-Götz estiment la population de l’ensemble à quelque 5 000 habitants pour la période du mur de briques et rapprochent la Heuneburg des cités étrusques archaïques, Tarquinia, Véies, Orvieto. Ils en tirent la formule qui a fait le tour de l’Europe, la plus ancienne ville au nord des Alpes, en la limitant explicitement aux années 600-590 à 540-530.
Deux arguments matériels soutiennent cette lecture. L’analyse des isotopes stables montre qu’une part notable des animaux consommés au temps du mur venait de cinquante à soixante kilomètres. Les spectres polliniques étudiés par Manfred Rösch et ses collaborateurs donnent un déboisement compris entre 80 et près de 100 % autour du site.
Patrice Brun et Bruno Chaume refusent pourtant le terme. Ils jugent le basculement conceptuel prématuré, fondé sur une définition insuffisante, voire absente, de la ville, et proposent de parler d’atélo-urbain, c’est-à-dire d’une urbanisation restée inachevée. Leur objection ne porte pas sur les faits de terrain, qu’ils acceptent, mais sur le seuil à partir duquel une agglomération mérite le nom de ville. Manfred Eggert avait déjà traité la « résidence princière » comme un construit d’archéologue avant d’y voir une réalité sociale observée. Le désaccord n’a pas été arbitré et il reste vivant dans la littérature.
Hérodote place une polis au bord de l’Ister
Vers le milieu du Vᵉ siècle, Hérodote écrit au livre II des Histoires, au chapitre 33, que l’Istros prend sa source chez les Celtes et à la polis de Pyrène, et qu’il coupe l’Europe par le milieu. La Heuneburg se trouve à quatre-vingts kilomètres en aval des sources du Danube. L’identification est donc géographiquement possible, et elle ferait de ce plateau le plus ancien lieu d’Europe centrale connu par son nom.
Krausse et Fernández-Götz la tiennent pour probable et rappellent qu’une partie des chercheurs a longtemps préféré y voir une confusion avec les Pyrénées. Le même Krausse, écrivant en allemand pour une revue régionale en 2014, formule les choses tout autrement : on ne sait pas si Pyrène et la Heuneburg désignent le même lieu. Il ajoute qu’aucun autre site du haut Danube des VIᵉ et Vᵉ siècles n’a la taille et la qualité architecturale qui permettraient à un voyageur grec de parler d’une ville.
La phrase d’Hérodote a été écrite environ un siècle après l’incendie du mur, par un homme qui n’est jamais monté vers le Danube. Elle atteste qu’un Grec du Vᵉ siècle croyait savoir qu’une ville se tenait à la tête du fleuve. Elle n’atteste rien sur le plateau de Herbertingen. Le musée en plein air se présente pourtant sous le nom de Heuneburg, Stadt Pyrene.
L’incendie de 530 n’a pas de coupable
Vers 540-530 av. J.-C., un incendie de grande ampleur ravage la colline et l’agglomération extérieure. Ni le mur de briques ni la porte monumentale de la ville basse ne sont relevés. L’agglomération extérieure est abandonnée pour l’essentiel, quatre grands tumulus s’élèvent sur ses ruines, et la Vorburg se densifie. La recherche propose une attaque extérieure ou un conflit interne, sans choisir entre les deux, et les couches de feu ne disent pas qui a mis le feu.
Le chantier s’est déplacé à côté. Depuis 2023, une équipe du Landesamt für Denkmalpflege fouille un grand tumulus au sud-ouest de Riedlingen, à sept kilomètres au nord-est de la Heuneburg. La chambre de chêne dégagée en 2024 s’était conservée sous la nappe phréatique, cas très rare pour cette période. Les communiqués de 2024 la datent de 585 av. J.-C. d’après un outil de bois abandonné par les constructeurs à l’extérieur, alors que les analyses portant sur les madriers de la chambre donnent 584. La seconde date est la meilleure, parce qu’elle repose sur les bois de l’ouvrage lui-même.
Les pilleurs sont passés une vingtaine d’années après l’enterrement, par deux puits creusés dans le tertre. En sont sortis en 2025 les os dispersés d’un homme de dix-sept à dix-neuf ans, des phalanges d’ours brun qui trahissent une fourrure, et une bande d’écorce de bouleau gravée d’un étalon. Autour de la Heuneburg, les chambres centrales des grands tumulus ont presque toutes été vidées dans l’Antiquité, tandis que les sépultures secondaires, plus difficiles à localiser, ont généralement été épargnées.
Le tronçon blanc que l’on aperçoit depuis la vallée a été remonté entre 1998 et 2001, sur quatre-vingts mètres et sur les fondations d’origine, dans l’angle sud-est du plateau. Cet angle est la seule partie de la citadelle fouillée en totalité, ce qui a permis de bâtir sans détruire. Le reste du plateau, environ les deux tiers de sa surface intérieure, n’a jamais été ouvert.
Pour aller plus loin
Le sujet touche au mont Lassois et à la tombe de Vix, où la même question du seuil urbain se pose sur un autre fleuve. Il croise Marseille grecque, d’où remontaient les amphores de vin vers la Celtique du Nord, et la culture de Hallstatt, dont la Heuneburg fixe désormais la chronologie absolue.
On lit partout que la plus ancienne ville au nord des Alpes se dressait en Allemagne du Sud, au-dessus du Danube. Le lieu existe, il s’appelle la Heuneburg, et des gens y vivaient vers 600 av. J.-C. On les rattache aux premiers Celtes. Ce qui a rendu l’endroit célèbre tient dans un mur de briques de terre crue, séchées à l’air et posées sur un soubassement de pierre. Rien de semblable n’est connu ailleurs dans l’Europe de ce temps, au nord de la Méditerranée.
Un mur qui n’aurait pas dû durer
La terre crue craint l’eau. Sous un ciel pluvieux, une telle construction devrait se déliter en quelques saisons. Les bâtisseurs l’ont couverte d’un enduit de chaux blanche qu’ils renouvelaient régulièrement. L’ouvrage a duré une soixantaine d’années, plus que les palissades de bois et de terre dressées avant lui au même endroit.
Ce mur servait aussi d’image. Dix-sept tours carrées avançaient le long de la face tournée vers l’arrivée des voyageurs. Depuis la vallée, on voyait une longue paroi blanche au sommet de la colline, et il fallait passer devant elle pour entrer dans la place.
La technique vient du sud, le modèle manque
Poser des briques de terre sur un socle de pierre est une habitude méditerranéenne très ancienne. Les archéologues en concluent que quelqu’un, sur cette colline, avait appris le métier dans une ville du Sud. Aucun texte ne le dit et aucune tombe ne le montre.
Le problème est qu’on ne retrouve pas l’original. Le chercheur qui a recensé les murailles des villes grecques de cette époque n’a trouvé aucun équivalent exact. Les ressemblances les plus nettes concernent des murs plus tardifs, ou bâtis autrement. La rangée de tours, en particulier, n’a pas de jumelle grecque.
Les Grecs et les Italiens ont laissé sur cette colline autre chose que des idées d’architecture. Les chimistes ont analysé ce qui restait au fond des poteries et y ont reconnu du vin de raisin venu du Sud. Ce vin arrive avant les coupes importées qui servaient à le boire. On le trouve dans des pots montés à la main, du genre que tout le monde possédait. La boisson du Sud n’était donc pas réservée aux plus riches.
Une ville, ou presque
Au pied de la colline s’étendait une agglomération d’environ cent hectares, repérée depuis peu. Dirk Krausse, l’archéologue qui dirige les recherches, y voit une ville et la compare aux cités étrusques de la même période. Il avance le chiffre de cinq mille habitants.
En France, deux archéologues refusent ce mot. Patrice Brun est l’un d’eux. Avec Bruno Chaume, il accepte les découvertes, mais estime que le seuil de la ville n’est pas atteint, et parle d’une urbanisation demeurée inachevée. Personne n’a tranché. Le désaccord porte sur la définition du mot lui-même.
Le nom grec que tout le monde répète
Un siècle après la destruction du mur, un historien grec écrit que le Danube prend sa source chez les Celtes, près d’une ville qu’il nomme Pyrène. Le musée d’aujourd’hui a repris ce nom. La colline se trouve en aval des sources du fleuve, à une distance qui rend le rapprochement possible.
La phrase ne prouve pourtant rien sur cette colline. Elle montre qu’un Grec de cette époque était persuadé de l’existence d’une cité au point de départ du fleuve. D’autres chercheurs ont longtemps compris que ce nom désignait les Pyrénées. L’archéologue qui connaît le mieux le site écrit lui-même qu’on l’ignore.
Vers 530 av. J.-C., un grand incendie a ravagé la colline, et personne ne sait aujourd’hui qui l’a allumé. Le mur blanc n’a jamais été rebâti, mais un tronçon de quatre-vingts mètres a été remonté sur les fondations antiques, dans le seul angle du plateau qui ait été fouillé en entier.
La version complète donne la tombe datée à l’année près par les cernes du bois, le détail du désaccord sur le mot ville avec ses auteurs et ses dates, et ce que les chimistes ont retrouvé au fond des pots.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Hérodote, *Histoires*, II, 33 (l’Istros prend sa source chez les Celtes et à la polis de Pyrène)
- Mur de briques crues de la Heuneburg, socle de blocs de calcaire et élévation de terre séchée à l’air, dix-sept tours, périodes IVb-IVa plateau de la Heuneburg, Herbertingen-Hundersingen, Landkreis Sigmaringen
- Porte monumentale de la Vorburg (Steintor), fondations de blocs de calcaire, 16 × 10 m, fouillée de 2005 à 2008 Heuneburg, ville basse
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Sources primaires (suite)
- Chambre funéraire du Bettelbühl, tumulus 4, plancher de neuf madriers de chêne et deux de sapin blanc, bois abattus en 583 av. J.-C., bloc de 6 × 7 × 1 m et 80 tonnes prélevé en octobre-décembre 2010 Landesamt für Denkmalpflege, laboratoires de Ludwigsburg-Grünbühl
- Chanfrein de bronze avec mors et branches de mors, longueur env. 0,40 m, tombe du Bettelbühl Landesamt für Denkmalpflege Baden-Württemberg
- Chambre funéraire de Riedlingen, chêne, env. 3 × 4 m, hauteur intérieure env. 1 m, construite en 584 av. J.-C. grand tumulus du Galgenberg, fouilles du Landesamt für Denkmalpflege depuis 2023
Bibliographie
- Patrice Brun et Bruno Chaume, « Une éphémère tentative d’urbanisation en Europe centre-occidentale durant les VIᵉ et Vᵉ siècles av. J.-C. ? », *Bulletin de la Société préhistorique française* 110 (2), 2013, p. 319-349 Société préhistorique française
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- Bettina Arnold, « Agency in Architectural Choice : The Heuneburg Hillfort as Monument and Metaphor », dans Ariane Ballmer, Manuel Fernández-Götz et Dirk Paul Mielke (dir.), *Understanding Ancient Fortifications : Between Regionality and Connectivity*, Oxford, 2018, p. 147-155 Oxbow Books
- Wolfgang Kimmig (dir.), *Importe und mediterrane Einflüsse auf der Heuneburg*, Heuneburgstudien XI, Römisch-Germanische Forschungen 59, Mayence, 2000 Philipp von Zabern
- Dirk Krausse, Inga Kretschmer, Leif Hansen et Manuel Fernández-Götz, *Die Heuneburg. Keltischer Fürstensitz an der oberen Donau*, Führer zu archäologischen Denkmälern in Baden-Württemberg 28, Darmstadt, 2015 Konrad Theiss
- Dirk Krausse, « Die Heuneburg. Zur Geschichte, Erforschung und musealen Vermittlung einer archäologischen Fundstätte von Weltrang », *Schwäbische Heimat* 2014/4 Schwäbischer Heimatbund
- Dirk Krausse, Manuel Fernández-Götz, Christoph Steffen, Joachim Wahl et Petra Otte-Scheschkewitz, « Vom Burgberg zur Donau : Neue Untersuchungen zur Heuneburg (2008-2012) », *Archäologisches Korrespondenzblatt* 43, 2013 Römisch-Germanisches Zentralmuseum, Mayence
- Manfred K. H. Eggert, « Die ‘Fürstensitze’ der Späthallstattzeit. Bemerkungen zu einem archäologischen Konstrukt », *Hammaburg* 9, 1989, p. 53-66 Hammaburg
Sources en ligne
- « Erforschung der Heuneburg » Landesamt für Denkmalpflege Baden-Württemberghttps://www.archaeologie-an-der-oberen-donau.de/forschungsprojekte
- « The Heuneburg » Archäologie an der oberen Donau (projet à long terme de la Deutsche Forschungsgemeinschaft)https://www.archaeologie-an-der-oberen-donau.de/forschungsprojekte/dfg-langfristprojekt
- « Die Bedeutung des keltischen Fürstensitzes Heuneburg im Spiegel der aktuellen Ausgrabungen » (Dirk Krausse et Manuel Fernández-Götz) Landesbildungsserver Baden-Württemberghttps://www.schule-bw.de/faecher-und-schularten/gesellschaftswissenschaftliche-und-philosophische-faecher/landeskunde-landesgeschichte/module/epochen/fruehgeschichte/kelten/heuneburg/1bedeutung.htm
- « Spektakuläre Grabkammer der frühen Kelten bei Riedlingen entdeckt » Regierungspräsidium Stuttgarthttps://rps.baden-wuerttemberg.de/presse/artikel/spektakulaere-grabkammer-der-fruehen-kelten-bei-riedlingen-entdeckt/
- « Neue Erkenntnisse zur keltischen Grabkammer in Riedlingen » Regierungspräsidium Stuttgarthttps://rps.baden-wuerttemberg.de/presse/artikel/neue-erkenntnisse-zur-keltischen-grabkammer-in-riedlingen/
- « Heuneburg : first city north of the Alps » Current World Archaeologyhttps://www.world-archaeology.com/features/heuneburg-first-city-north-of-the-alps/
- « Freilichtmuseum Heuneburg » Staatliche Schlösser und Gärten Baden-Württemberghttps://www.heuneburg-pyrene.de/
- « Stadtanlage » Staatliche Schlösser und Gärten Baden-Württemberghttps://www.heuneburg-pyrene.de/erlebnis-heuneburg/stadtanlage





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