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La Somme théologique, une cathédrale de pensée écrite pour débutants

Les grands concepts expliquésLa scolastique29 octobre 2026◈ 63 sources vérifiées
Francesco Bini / Wikimedia Commons
13 min de lecture63 sources vérifiées
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Avant d’écrire la moindre question, Thomas d’Aquin fait le procès des livres qu’on mettait entre les mains des étudiants en théologie. Le prologue de la Somme théologique (Summa theologiae) dit ce qui décourage les novices. Il y a d’abord la multiplicatio inutilium quaestionum, articulorum et argumentorum, l’entassement de questions, d’articles et d’arguments inutiles. Le défaut suivant tient à l’ordre. On enseigne au gré de l’exposition des livres ou des occasions de dispute, quand il faudrait suivre l’ordre que réclame la matière, secundum ordinem disciplinae. La frequens repetitio achève le tableau, des redites qui produisent chez les auditeurs la lassitude et la confusion. Thomas promet d’aller breviter ac dilucide, brièvement et clairement, avec l’aide de Dieu. Il place l’entreprise sous une phrase de Paul, qui avait donné aux Corinthiens du lait à boire plutôt qu’une nourriture solide (1 Co 3, 1-2). L’ouvrage ainsi annoncé compte, pour sa seule deuxième partie, 303 questions et 1 535 articles.

Un cours de Rome retrouvé à Oxford

En 1265, l’ordre dominicain charge Thomas de fonder une maison d’études, un studium, au couvent romain de Sainte-Sabine. Ghislain-Marie Grange le rappelle dans la Revue thomiste. Le chroniqueur Ptolé​mée de Lucques était seul à rapporter que Thomas avait commenté une seconde fois, à Rome, le premier livre des Sentences de Pierre Lombard. Il avait déjà expliqué ce manuel à Paris, comme bachelier, à partir de 1252. Le cours romain a reparu dans les marges et sur les feuillets de garde d’un manuscrit du XIIIᵉ siècle, conservé à Lincoln College, à Oxford, qui contient par ailleurs le commentaire parisien. Leonard Boyle et John Boyle l’ont édité en 2006 sous le titre de Lectura romana in primum Sententiarum Petri Lombardi. C’est une reportatio, la mise au net d’un cours par un auditeur. Elle compte un prologue et quatre-vingt-dix-sept articles sur les distinctions 1 à 17 et 23, et elle a été tenue en 1265-1266 devant des frères qui commençaient leurs études de théologie.

Les débutants du prologue ont donc des visages. Adriano Oliva, qui s’appuie sur les travaux de Leonard Boyle, lit la Somme comme un instrument de formation, initiale et continue, pour les frères des écoles conventuelles dominicaines. Selon lui, ce genre littéraire commande la structure de l’ouvrage. Boyle avait exposé la thèse en 1982, dans une conférence de trente pages, The Setting of the Summa theologiae of Saint Thomas, consultée ici à travers Oliva seulement. On ignore pourquoi le cours conservé s’arrête aux premières distinctions du livre I. Ses éditeurs notent seulement qu’il a déjà la précision serrée de la Somme. Rien, dans les textes consultés, ne permet de dire que Thomas l’a abandonné pour commencer l’autre ouvrage.

On garde ici le titre consacré, Somme théologique, alors que la Revue thomiste et l’article de l’encyclopé​die sur les cinq voies écrivent Somme de théologie, plus fidèle au latin, parce que c’est sous le premier que le lecteur trouvera la traduction publiée par le Cerf en quatre tomes à partir de 1984.

Videtur quod

Chaque question de la Somme se divise en articles, et chaque article suit le même chemin. Il s’ouvre sur videtur quod, « il semble que ». Viennent d’ordinaire quelques arguments en faveur de la thèse que Thomas va rejeter. Un sed contra, « mais en sens contraire », leur oppose une raison, souvent une autorité. Le corps de l’article, introduit par respondeo dicendum, « je réponds qu’il faut dire », donne la solution. Chaque objection reçoit enfin sa réponse propre. Le tout premier article de l’ouvrage s’ouvre ainsi sur l’idée qu’il n’est pas nécessaire, outre les disciplines philosophiques, d’avoir une autre doctrine (Ia, q. 1, a. 1). Grange conseille au lecteur d’aujourd’hui de lire d’abord le corps de l’article, où se trouve la position de Thomas, puis chaque objection avec sa réponse.

Un article de la deuxième partie montre ce que cette forme produit. La question 66 de la Secunda secundae traite du vol et de la rapine, et son septième article demande s’il est permis de voler en cas de nécessité (IIa-IIae, q. 66, a. 7). Les trois objections plaident pour le non. Aucune n’est un épouvantail. Un canon du droit de l’Église impose une pénitence à qui vole par nécessité, or on n’impose de pénitence qu’au pécheur. Aristote, au livre II de l’Éthique à Nicomaque, range le vol parmi les actes dont le nom seul dit la malice, et ce qui est mauvais en soi ne devient pas bon par sa fin. Augustin interdit de voler pour faire l’aumône ; on voit mal pourquoi il serait permis de voler pour soi. Le sed contra tient en une phrase et ne cite personne, in necessitate sunt omnia communia, dans la nécessité tout est commun. Le corps de l’article reprend la question à sa racine. Selon l’ordre naturel voulu par la providence, les choses matérielles sont destinées à subvenir aux besoins des hommes. Le partage des biens relève du droit humain, et il ne peut abolir cette destination. Le superflu d’un homme est donc dû, de droit naturel, à la subsistance des pauvres, et Thomas cite Ambroise, d’après le Décret, pour qui le riche retient le pain de ceux qui ont faim. Chacun demeure pourtant libre de dispenser ses biens comme il l’entend. Si la nécessité est si urgente et si évidente qu’il faille y parer avec ce qui se trouve sous la main, on peut licitement secourir sa nécessité avec le bien d’autrui, pris ouvertement ou en secret. Nec hoc proprie habet rationem furti vel rapinae, et cela n’a pas proprement la nature d’un vol ou d’une rapine.

Les réponses montrent qu’aucune objection n’était fausse. Le canon vise les cas où la nécessité n’est pas urgente (ad 1). Aristote a raison de dire le vol mauvais en soi, seulement l’homme qui prend pour ne pas mourir ne vole pas au sens propre, puisque la nécessité rend sien ce qu’il prend pour soutenir sa vie (ad 2). On peut enfin, dans une nécessité semblable, prendre en secret pour secourir un prochain (ad 3). Ramené à trois phrases, l’argument donne ceci. Les biens de la terre existent pour faire vivre les hommes, et la propriété, arrangement humain, ne peut annuler cette fin. Dans le besoin extrême et manifeste, le bien d’autrui redevient commun pour celui qui en a besoin. Prendre, dans ce cas, n’est pas proprement voler, ce qui laisse l’interdit du vol intact partout ailleurs.

L’épreuve se fait sur la situation même que l’article envisage. Un homme va mourir de faim, il n’a rien et personne ne lui donne ; devant lui, un pain qui appartient à un autre. Qu’on retire l’urgence, qu’il ait faim mais puisse attendre le lendemain ou demander, et la première réponse s’applique, le canon retrouve son objet. Qu’on retire l’évidence, et la condition posée par le corps de l’article n’est plus remplie. La méthode se transporte sur toute règle tenue pour absolue, à condition de chercher d’abord les meilleures raisons de lui obéir, puis le cas précis où ces raisons cessent de valoir.

« Tertio, de Christo »

Le plan d’ensemble n’est annoncé qu’une fois, au prologue de la question 2 de la première partie. On traitera premièrement de Dieu, deuxièmement du mouvement de la créature raisonnable vers Dieu, troisièmement du Christ, qui, en tant qu’homme, est la voie pour tendre vers Dieu (primo tractabimus de Deo ; secundo, de motu rationalis creaturae in Deum ; tertio, de Christo). D’où trois parties, la deuxième étant coupée en Prima secundae et Secunda secundae. La chronologie que donne Jean-Pierre Torrell suit ce plan presque pas à pas. Thomas écrit la Prima pars à Rome, jusqu’en septembre 1268. Suivent à Paris la Prima secundae, en 1271, et la Secunda secundae, en 1271-1272. La Tertia pars, commencée à Paris à la fin de l’hiver 1271-1272, se poursuit à Naples jusqu’au 6 décembre 1273.

Pourquoi le Christ vient-il en dernier ? En 1939, Marie-Dominique Chenu répond dans la Revue thomiste par un schéma de sortie et de retour. Tout sort de Dieu et tout y retourne. La Somme suivrait ce double mouvement de sortie (exitus) et de retour (reditus), et la troisième partie montrerait par quelle voie concrète le retour s’accomplit. Chenu reprend l’article, à peine retouché, dans son Introduction à l’étude de saint Thomas d’Aquin (1950). Selon Otto Hermann Pesch, c’est de ce livre que date la vraie discussion, et la plupart des interprètes ont suivi Chenu.

Pesch a pourtant relevé en 1965 un fait gênant. Le schéma de la sortie et du retour figure en toutes lettres dans le commentaire des Sentences. Les prologues où la Somme expose sa propre méthode ne le mentionnent pas. La frontière entre les deux premières parties ne tombe pas non plus exactement entre la sortie et le retour, puisque la première traite déjà du retour des anges et des hommes, point que Pesch accorde à Albert Patfoort. Dans les deux premières parties, enfin, le Christ apparaît comme le centre et l’achèvement de la création, tandis que la croix et la rédemption s’y effacent, d’où la formule que Pesch propose à la place, de Dieu par le monde vers Dieu, dans le Christ crucifié. La lecture de Boyle déplace la question, puisqu’un plan pensé pour former des frères n’a pas à épouser la structure du réel. Les deux explications ne s’excluent probablement pas. Aucun prologue de Thomas ne permet de choisir.

Erwin Panofsky à Latrobe

En 1948, Erwin Panofsky prononce la conférence Wimmer au collège de Saint Vincent, une archiabbaye bénédictine de Pennsylvanie. L’Archabbey Press la publie à Latrobe en 1951 sous le titre Gothic Architecture and Scholasticism. L’archiviste de l’archiabbaye, le bénédictin Daniel Heisey, rappelait en 2019 que l’historien Norman Cantor, peu enclin à l’éloge, appelait ce livre un joyau fragile. La thèse est datée et située. Entre 1130-1140 environ et 1270 environ, dans une zone de cent milles autour de Paris, l’architecture gothique et la scolastique partagent une même habitude mentale (mental habit). Panofsky écarte expressément le simple parallélisme. Il parle d’une relation de cause à effet (cause-and-effect relation, section II).

Le premier principe de cette habitude, la manifestatio, Panofsky le tire de Thomas lui-même. Au dernier article de la première question (Ia, q. 1, a. 8, ad 2), la doctrine sacrée se sert de la raison humaine pour rendre manifestes (manifestare) ses enseignements, sans prétendre prouver la foi. De la Somme, l’historien retient trois exigences. La totalité demande une énumération suffisante ; l’ordonnance suit un système de parties homologues et de parties de parties ; la netteté se joint à la rigueur déductive. Un tel traité se divise en partes, celles-ci en membra, quaestiones ou distinctiones, celles-ci en articuli, et Panofsky fait remonter cette articulation à Alexandre de Halès (section III). La cathédrale du gothique classique visait elle aussi la totalité, au point de vouloir contenir tout le savoir chrétien. Elle se divisait en trois parties principales, nef, transept et chevet (section IV).

Panofsky pousse le rapprochement jusqu’à la forme même de l’article. Selon lui, l’évolution des solutions architecturales a procédé selon le schéma videtur quod, sed contra, respondeo dicendum, chaque génération de bâtisseurs traitant les solutions de la précédente comme des objections à résoudre. Il en donne pour indice l’inscription que Villard de Honnecourt porte sur le plan d’un chevet idéal, conçu avec Pierre de Corbie inter se disputando, en disputant entre eux (section V). Panofsky savait l’entreprise exposée. Dès ses premières pages, il annonce qu’historiens de l’art et historiens de la philosophie la regarderont avec suspicion.

Pierre Bourdieu a traduit le livre lui-même en 1967 pour sa collection « Le sens commun », aux éditions de Minuit, seul cas de ce genre dans sa carrière selon la présentation du livre qu’Étienne Anheim et Paul Pasquali lui ont consacré en 2025. Sa longue postface fait de l’habitude mentale un habitus, que l’école transmet comme un héritage collectif, et le définit comme « un ensemble de schèmes fondamentaux, préalablement assimilés » (p. 151-152). Le théologien et le maître d’œuvre en tireraient l’un et l’autre leurs pratiques particulières.

Les bâtisseurs avaient-ils lu les maîtres ?

L’objection est venue des historiens de l’architecture, et elle porte sur la preuve. Elizabeth Carson Pastan, qui a relu en 2021 le livre et sa réception, rappelle que Panofsky reconnaît ne disposer que d’un seul fragment de témoignage, l’inscription de Villard. Dès 1953, Harry Bober, dans The Art Bulletin, mettait en garde contre le risque de forcer l’interprétation des formes et le dessin de l’histoire. Jean Bony, dans The Burlington Magazine, notait que les analyses portaient surtout sur le XIIIᵉ siècle, alors que la période annoncée commence vers 1130. En 1954, dans le Journal of the Society of Architectural Historians, Robert Branner demandait où se dressait l’édifice qui réunissait toutes les solutions décrites. Il répondait qu’il s’agissait d’un monument qui n’avait jamais existé.

L’objection de Branner touche le cœur du raisonnement. Si la cathédrale décrite est une construction de l’historien, la relation de cause à effet entre les écoles et les chantiers devient invérifiable, et l’on retombe sur le parallélisme que Panofsky refusait. Charles Radding et William Clark ont repris la comparaison en 1992, dans Medieval Architecture, Medieval Learning, en partant des ateliers et des écoles. Ils concluent que maîtres d’œuvre et maîtres en théologie raisonnaient et résolvaient leurs problèmes de façons analogues, ce qui n’exige plus que les uns aient lu les autres. Pastan juge le livre moins large qu’il ne le prétend. Elle relève que la cathédrale de Bourges y figure comme une exception reconnue, que le spectateur supposé est un lettré, et trouve pourtant la conclusion moins verrouillée que ne le disent les critiques. En 2022, C. Oliver O’Donnell rattache la thèse au néokantisme de Marbourg, qui cherchait sous les œuvres des structures et des lois ; ce goût des lois générales, peu prisé des sciences humaines, expliquerait selon lui une réception si inégale.

Le texte de Thomas ne parle pas de cathédrale. L’architecte y paraît une fois, à l’article 6 de la première question, qui demande si la doctrine sacrée est une sagesse, en celui qui conçoit la forme de l’édifice sans en manier la matière, détail que Panofsky relève lui-même en note. Pour trancher entre la cause et l’analogie, il faudrait un document montrant qu’un maître d’œuvre du XIIIᵉ siècle a suivi un enseignement scolastique ou lu un traité, et l’inscription de Villard, qui atteste une dispute entre deux architectes, ne dit rien de ce qu’ils avaient lu.

Contrition, confession, satisfaction

La Somme écrite par Thomas s’arrête dans la troisième partie, au milieu du traité de la pénitence, sur la réponse à la troisième objection de la question 90, article 4. La dernière phrase constate qu’avant le baptême on ne distingue pas la pénitence des péchés mortels de celle des péchés véniels. Torrell date l’interruption du 6 décembre 1273, à Naples. Selon un récit recueilli lors du procès de canonisation, Thomas aurait alors confié à son compagnon Réginald de Piperno que tout ce qu’il avait écrit lui semblait de la paille au regard de ce qu’il avait vu. Le témoignage, attribué à Barthélemy de Capoue lors de l’enquête de Naples en 1319, n’a pas été consulté ici dans son édition, et il est postérieur de quarante-six ans aux faits.

Thomas meurt le 7 mars 1274 à Fossanova.

Trois manuscrits de la Tertia pars portent, après cet article, une note que Mauro Turrini attribue à Réginald, le socius de Thomas pendant plusieurs années. Réginald y écrit qu’on n’a de la troisième partie que ce qui précède, et que Thomas, empêché par la mort, n’a pu l’achever. Il nomme les parties de la pénitence qui restaient à traiter, la contrition, la confession, la satisfaction. Ayant collationné une autre copie sur l’original qu’il possédait, il signale huit endroits où cette copie présentait des lacunes, comblées le plus souvent par un texte que Thomas n’avait pas écrit.

Les questions manquantes existent pourtant dans de nombreuses éditions, sous le nom de Supplément. Leur compilateur, probablement Réginald lui-même selon l’éditeur de la traduction anglaise de 1920, les a tirées du commentaire de Thomas sur le livre IV des Sentences, puis disposées à la manière de la Somme. Grange recommande de s’en servir avec précaution. Ce commentaire est l’œuvre du jeune bachelier parisien, commencé en 1252 et inachevé quand Thomas devient maître en 1256. Les éditions qui impriment le Supplément à la suite de la troisième partie terminent donc la Somme théologique sur des pages écrites près de vingt ans plus tôt, dans un commentaire qui suivait pas à pas l’ordre du livre de Pierre Lombard, selon cette exposition des livres dont le prologue voulait délivrer les débutants.

Pour aller plus loin

Les cinq voies de la question 2 de la première partie montrent la forme de l’article appliquée à l’existence de Dieu. L’Éthique à Nicomaque, que l’objection sur le vol cite au livre II – voir aussi la médiété – , et l’idée de droit naturel, qui porte la réponse de Thomas, prolongent l’article sur la nécessité. Sur le chantier gothique, Saint-Denis et le carnet de Villard donnent le contrepoint architectural.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, Ia, prologue (« ad eruditionem incipientium », « multiplicationem inutilium quaestionum, articulorum et argumentorum », « secundum ordinem disciplinae », « frequens repetitio », « breviter ac dilucide », 1 Co 3, 1-2), texte latin de la Bibliothek der Kirchenväter (Université de Fribourg) et de l’Aquinas 101 du Thomistic Institute ; traduction française de référence, *Somme théologique*, trad. Aimon-Marie Roguet, Paris, 4 t., 1984 et suiv. (non collationnée) ; traduction de la rédaction Cerf
  2. Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, Ia, q. 1, a. 1, objection 1 (pas d’autre doctrine nécessaire « praeter philosophicas disciplinas »), texte latin du Corpus Thomisticum d’après l’édition léonine ; a. 6 (l’architecte qui conçoit la forme de l’édifice) et a. 8, ad 2 (« manifestare »), cités d’après Erwin Panofsky, *Gothic Architecture and Scholasticism*, notes 10 et 12 Fundación Tomás de Aquino
  3. Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, Ia, q. 2, prologue (« primo tractabimus de Deo ; secundo, de motu rationalis creaturae in Deum ; tertio, de Christo »), texte latin du Corpus Thomisticum d’après l’édition léonine Fundación Tomás de Aquino
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Sources primaires (suite)

  1. Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, IIa-IIae, q. 66, prooemium (« utrum liceat furari in necessitate ») et a. 7 (trois objections ; sed contra « in necessitate sunt omnia communia » ; corps, « Si tamen adeo sit urgens et evidens necessitas », « Nec hoc proprie habet rationem furti vel rapinae » ; ad 1, ad 2 « non habet rationem furti, proprie loquendo », ad 3), texte latin de la Bibliothek der Kirchenväter et de Lírio Católico ; traduction anglaise des Pères de la province dominicaine d’Angleterre, 2ᵉ éd. revue, 1920, sur la Christian Classics Ethereal Library ; traduction de la rédaction
  2. Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, IIIa, q. 90, a. 4, ad 3 (dernière phrase écrite par Thomas, sur la pénitence avant le baptême), d’après la présentation de la note de Réginald par Thomistica
  3. *Supplementum Tertiae partis*, compilé probablement par Réginald de Piperno à partir du commentaire sur le livre IV des *Sentences* ; note de l’éditeur dans *The Summa Theologica*, trad. des Pères de la province dominicaine d’Angleterre, 2ᵉ éd. revue, 1920, reproduite par New Advent et par Clerus (Congrégation pour le clergé)
  4. Thomas d’Aquin, *Scriptum super libros Sententiarum*, Paris, commencé en 1252-1254, inachevé en 1256 (livre IV, source du *Supplément*), datation d’après Jean-Pierre Torrell, « Bref catalogue des œuvres de saint Thomas »
  5. Thomas d’Aquin, *Lectura romana in primum Sententiarum Petri Lombardi*, éd. Leonard E. Boyle et John F. Boyle, Toronto, 2006, 222 p., « Studies and Texts » 152 (reportatio des cours de Rome, 1265-1266 ; prologue et 97 articles sur les distinctions 1-17 et 23 ; manuscrit de Lincoln College, Oxford ; témoignage de Ptolémée de Lucques) Pontifical Institute of Mediaeval Studies
  6. Réginald de Piperno, note copiée après IIIa, q. 90, a. 4 dans trois manuscrits de la *Tertia pars* (achèvement empêché par la mort, contrition, confession et satisfaction restant à traiter, huit lacunes d’une copie collationnée sur l’original), attribution de Mauro Turrini, d’après Thomistica
  7. Barthélemy de Capoue, déposition au procès de canonisation de Naples, 1319 (récit de l’arrêt de 1273 et du mot sur la paille), édition non consultée, connue d’après Marc Millais et Chad Engelland ; numéro du paragraphe
  8. Aristote, *Éthique à Nicomaque*, II, 6, 1107a (le vol parmi les actes mauvais par leur nom même), pagination Bekker, cité par Thomas, IIa-IIae, q. 66, a. 7, obj. 2
  9. Augustin, *Contre le mensonge* (*Contra mendacium*), 7 (interdiction de voler pour faire l’aumône), cité par Thomas, IIa-IIae, q. 66, a. 7, obj. 3
  10. Ambroise de Milan, parole sur le pain des affamés retenu par le riche, citée par Thomas d’après le Décret de Gratien, distinction 47, IIa-IIae, q. 66, a. 7, corps
  11. Pierre Lombard, *Liber sententiarum* (*Sentences*), livres I et IV, manuel commenté par Thomas à Paris à partir de 1252 et à Rome en 1265-1266, non consulté pour cet article
  12. Paul, *Première épître aux Corinthiens*, 3, 1-2 (le lait et la nourriture solide), cité au prologue de la *Somme*
  13. Erwin Panofsky, *Gothic Architecture and Scholasticism*, Latrobe (Pennsylvanie), 1951, xviii-156 p. (conférence Wimmer de 1948) ; avant-propos (la suspicion attendue des historiens de l’art et de la philosophie), section II (la « mental habit », 1130-1140 à 1270, la zone de cent milles autour de Paris, la « genuine cause-and-effect relation »), section III (la *manifestatio*, p. 29-30 ; les trois exigences ; *partes*, *membra*, *articuli*, Alexandre de Halès, note 22), section IV (la totalité de la cathédrale, nef, transept et chevet, p. 44-47), section V (« videtur quod, sed contra, respondeo dicendum » ; l’inscription « inter se disputando » de Villard de Honnecourt et Pierre de Corbie) ; texte consulté sur Faded Page The Archabbey Press
  14. Erwin Panofsky, *Architecture gothique et pensée scolastique*, trad. et postface de Pierre Bourdieu, Paris, 1967, « Le sens commun » ; postface, p. 148 (l’école et l’héritage collectif) et p. 151-152 (« un ensemble de schèmes fondamentaux, préalablement assimilés »), citée d’après Pascal Fugier Éditions de Minuit

Bibliographie

  1. Jean-Pierre Torrell, *Initiation à saint Thomas d’Aquin. Sa personne et son œuvre*, Paris et Fribourg, 1993 ; nouvelle éd., Paris, 2015 ; « Bref catalogue des œuvres » consulté dans sa traduction espagnole, *Iniciación a Santo Tomás de Aquino* (datation des parties de la *Somme* et du commentaire des *Sentences*) Cerf
  2. Ghislain-Marie Grange, « Premiers pas dans la Somme de théologie », rubrique « Connaître saint Thomas », *Revue thomiste*, en ligne, non daté (Sainte-Sabine en 1265, 303 questions et 1 535 articles de la deuxième partie, structure de l’article et conseil de lecture, *Supplément* à utiliser avec précaution) Revue thomiste
  3. Adriano Oliva, « La Somme de théologie de Thomas d’Aquin. Introduction historique et littéraire », *Chôra* 7, 2009, p. 217-253 (la *Somme* comme instrument de formation des frères, d’après Leonard Boyle) Chôra. Revue d’études anciennes et médiévales
  4. Leonard E. Boyle, *The Setting of the Summa theologiae of Saint Thomas*, Toronto, 1982, 30 p., « The Etienne Gilson Series » 5, ISBN 0-88844-705-1, cité d’après Adriano Oliva Pontifical Institute of Mediaeval Studies
  5. Marie-Dominique Chenu, « Le plan de la Somme théologique de saint Thomas », *Revue thomiste* 47, 1939, p. 93-107 ; repris dans *Introduction à l’étude de saint Thomas d’Aquin*, Paris, 1950, cités d’après Otto Hermann Pesch Revue thomiste
  6. Otto Hermann Pesch, « Um den Plan der Summa Theologiae des hl. Thomas von Aquin. Zu Max Secklers neuem Deutungsversuch », *Münchener Theologische Zeitschrift* 16, 1965, p. 128-137 (le schéma de sortie et de retour explicite dans le commentaire des *Sentences* et absent des prologues de la *Somme* ; la frontière entre Ia et IIa ; la formule christologique) Université de Munich
  7. Albert Patfoort, « L’unité de la Iª Pars et le mouvement interne de la Somme théologique », *Revue des sciences philosophiques et théologiques*, 1963, p. 513-544, cité d’après Otto Hermann Pesch et Richard Heinzmann Vrin
  8. Elizabeth Carson Pastan, « A Window on Panofsky’s *Gothic Architecture and Scholasticism* », *Folia Historiae Artium*, nouvelle série, 19, 2021, p. 75-84 (le « seul fragment de témoignage » ; comptes rendus de Bober, Bony et Branner ; Radding et Clark ; Bourges ; le spectateur lettré) Polska Akademia Umiejętności
  9. Harry Bober, compte rendu de *Gothic Architecture and Scholasticism*, *The Art Bulletin*, 1953, cité d’après Elizabeth Carson Pastan College Art Association
  10. Jean Bony, compte rendu de *Gothic Architecture and Scholasticism*, *The Burlington Magazine*, 1953, cité d’après Elizabeth Carson Pastan The Burlington Magazine
  11. Robert Branner, compte rendu de *Gothic Architecture and Scholasticism*, *Journal of the Society of Architectural Historians*, 1954, cité d’après Elizabeth Carson Pastan Society of Architectural Historians
  12. Charles M. Radding et William W. Clark, *Medieval Architecture, Medieval Learning. Builders and Masters in the Age of Romanesque and Gothic*, New Haven, 1992 Yale University Press
  13. C. Oliver O’Donnell, « Erwin Panofsky’s Neo-Kantian Humanism and the Purported Relation between Gothic Architecture and Scholasticism », dans Benjamin A. Saltzman et R. D. Perry (dir.), *Thinking of the Medieval. Midcentury Intellectuals and the Middle Ages*, Cambridge, 2022, p. 167-189, DOI 10,1017/9781108781565 008 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/9781108781565
  14. Étienne Anheim et Paul Pasquali, *Bourdieu et Panofsky*, Paris, 2025, 286 p. (la traduction de 1967, seule traduction de Bourdieu, et la première théorisation de l’habitus ; correspondance en annexe) Éditions de Minuit
  15. Pascal Fugier, « Pierre Bourdieu, Postface à *Architecture gothique et pensée scolastique* de E. Panofsky », *¿ Interrogations ?* 3, décembre 2006 revue ¿ Interrogations ?
  16. Daniel J. Heisey, « Erwin Panofsky’s Gothic Architecture », *St. Austin Review*, avril 2019 (la conférence Wimmer de 1948, le jugement de Norman Cantor) St. Austin Review
  17. Marc Millais, « Thomas Aquinas and The Interlinking of Sanctity and Doctrine, From One Centenary to Another », *New Blackfriars*, 2024 (la déposition de Barthélemy de Capoue au procès de Naples en 1319) Cambridge University Press

Sources en ligne

  1. « summe der theologie » (prologue de la *Somme*, latin et allemand en regard) Bibliothek der Kirchenväter, Université de Fribourghttps://bkv.unifr.ch/works/sth/compare/summe-der-theologie/2/summa-theologiae
  2. « Aquinas 101 - The Thomistic Institute » (prologue de la première partie) The Thomistic Institutehttps://aquinas101.thomisticinstitute.org/summa/first-part/prologue
  3. « Thomas de Aquino, Summa Theologiae, Iª q. 1 » Corpus Thomisticum, Fundación Tomás de Aquinohttps://www.corpusthomisticum.org/sth1001.html
  4. « Thomas de Aquino, Summa Theologiae, Iª q. 2 » Corpus Thomisticum, Fundación Tomás de Aquinohttps://www.corpusthomisticum.org/sth1002.html
  5. « bkv.unifr.ch » (IIa-IIae, q. 66, prooemium) Bibliothek der Kirchenväter, Université de Fribourghttps://bkv.unifr.ch/works/sth/versions/summa-theologiae/divisions/2176
  6. « ST.II II.Q66 » (texte latin de la question 66) Lírio Católicohttps://www.liriocatolico.com.br/suma_teologica/view/ST.II-II.Q66/
  7. « summa.SS Q66 A7 » (traduction anglaise de 1920) Christian Classics Ethereal Library, Calvin Universityhttps://ccel.org/ccel/Aquinas/summa.SS_Q66_A7.html
  8. « Reginald of Piperno’s nota » Thomisticahttps://thomistica.net/reginalds-nota
  9. « New Advent » (Supplément, note de l’éditeur) New Adventhttps://newadvent.org/summa/5.htm
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