Soit un procès où chaque juge disponible est aussi l’une des parties. Le catholique arbitre en catholique, l’orthodoxe en orthodoxe, le musulman et le juif selon leur propre loi, et chacun rend un verdict impeccable au regard de ses prémisses. Changer de juge ne sert à rien. Il faudrait un tribunal que tous possèdent sans l’avoir choisi. Ce tribunal, un texte guèze daté de 1667 affirme l’avoir trouvé dans une grotte au bord du Tekezé, pendant les persécutions des années 1630.
« Qui serait le juge ? »
L’auteur se nomme Zera Yacob, forme savante Zär’a Ya‘ǝqob, « semence de Jacob », et dit être né près d’Aksoum en 1599. La graphie courte est gardée ici, parce que les études de langue anglaise l’ont imposée. Maître d’école, il aurait été dénoncé au roi Susneyos, converti au catholicisme dans les années 1620 sous l’influence des jésuites portugais, et se serait enfui de nuit avec un peu d’or et les Psaumes. Deux ans de grotte, jusqu’à la mort du souverain en septembre 1632. Puis Enfraz, un protecteur nommé Habtu, une épouse, Hirut, un disciple, Walda Heywat, qui le pousse à écrire en 1667 ce qu’il avait pensé trente-cinq ans plus tôt.
Le chapitre IV part d’une question. Tout est-il vrai dans les Écritures ? Les Frang, c’est-à-dire les catholiques européens, disent leur foi la bonne, les Éthiopiens répondent l’inverse, et musulmans ou juifs diraient la même chose de la leur. Un savant frang, puis un savant éthiopien, ont tout interprété devant lui selon leur propre foi. D’après la traduction anglaise de Claude Sumner (1976), rendue ici en français (le même Sumner a publié des extraits en français en 1997, Le Sage d’Abyssinie), il conclut que « comme ma propre foi me paraît vraie, un autre trouve vraie la sienne ; mais la vérité est une ». Aucun homme ne peut arbitrer, ajoute-t-il, car tous sont entre eux plaignants et défendeurs.
La sortie se trouve en chacun des plaideurs, dans la lumière que le créateur a mise au cœur de l’homme pour distinguer le bien du mal et le vrai du faux. Le guèze la nomme lebbuna, rendue par « raison » ou « intelligence », et le texte parle de « la lumière de notre cœur », localisation que le mot « raison » perd. Le titre, selon Jonathan Egid, dérive d’une racine qui signifie examiner. Donnée à la femme comme à l’homme, au frang comme à l’Éthiopien, cette lumière est le seul juge qui ne plaide pour personne.
L’oreille et celui qui l’a plantée
Le chapitre III s’ouvre sur le silence de Dieu devant les persécutions commises en son nom. Chez Descartes (première Méditation, AT VII, 17-23), le doute est une décision de méthode ; ici, il naît d’un scandale moral.
L’auteur se demande soudain à qui s’adresse sa prière, et la réponse passe par un verset. Le psalmiste demande si celui qui a planté l’oreille n’entendrait pas (Psaume 94, 9 dans la numérotation hébraïque), et l’auteur retourne la question contre lui-même, en se demandant qui lui a donné une oreille pour entendre, qui l’a fait capable de raison, d’où il vient. Il ne s’est pas façonné de ses propres mains, puisqu’il n’existait pas avant d’être fait. Dire que son père et sa mère l’ont créé déplace seulement la difficulté, car il faut alors chercher le créateur de ses parents, puis celui des parents de ses parents, jusqu’aux premiers, qui ne sont pas venus au monde comme nous. Pour ceux-là, une seule issue selon le texte, un être incréé, sans commencement ni fin. Le second pas porte davantage, et on l’oublie souvent. Un créateur qui a doté ses créatures d’intelligence et de parole ne saurait en être privé, puisqu’il les a faites intelligentes à partir de l’abondance de sa propre intelligence. Réduit à l’os, l’argument avance en quatre temps. Personne ne s’est donné l’existence. Les parents ne font que reporter la question d’une génération. La série doit donc s’arrêter à un premier être que rien n’a engendré. Et ce premier être possède au moins ce qu’il a donné, l’intelligence, qui devient la garantie de la lumière du cœur dont le chapitre IV aura besoin.
Descartes a rencontré la même chaîne de parents, et il l’a écartée. Dans la troisième Méditation (Meditationes de prima philosophia, Paris, 1641), une fois acquis le « je pense », il se demande s’il tient son existence de lui-même, de ses parents ou d’une cause moins parfaite que Dieu (AT VII, 49-51). Il accorde tout sur ses parents, mais, dans la traduction du duc de Luynes revue par l’auteur (1647), il observe que cela ne fait pas « que ce soit eux qui me conservent ». Sa question porte sur la cause qui le maintient dans l’être à chaque instant, et une génération disparue n’agit plus sur lui. La chaîne du Hatata remonte le temps ; celle des Méditations reste dans l’instant présent.
Thomas d’Aquin avait mesuré la portée de cet écart quatre siècles plus tôt (Somme théologique, Ia, q. 46, a. 2, ad 7). Une série de causes qui agissent ensemble, la main qui meut le bâton qui meut la pierre, ne peut pas être infinie ; une série de causes qui se succèdent, des hommes engendrés par des hommes, peut l’être sans contradiction. L’argument du chapitre III relève du second type, et la seule chaîne des parents n’exige donc pas de premier couple. Rien n’indique que l’auteur ait vu la difficulté, même si le second pas peut se défendre indépendamment d’elle.
Dix épouses pour un seul homme
Muni de son juge, le chapitre V passe les lois religieuses au crible. Ce que la lumière de l’intelligence montre vient de la vérité, et une loi contraire à l’ordre de la création ne peut venir du créateur.
L’application la plus facile à refaire soi-même concerne la polygamie. Qu’on compte les hommes et les femmes d’une contrée, dit le texte, on en trouve autant des uns que des autres. Si un homme épouse dix femmes, neuf hommes restent sans épouse. La loi de la création commande donc l’union d’un homme et d’une femme, et l’enseignement qui autorise plusieurs épouses ne peut venir de Dieu. Un registre de naissances contrôle la prémisse factuelle. La seconde prémisse, qui fait d’un équilibre naturel une règle de conduite, n’est pas discutée : de ce que naissent à peu près autant de filles que de garçons, s’ensuit-il que chacun doive avoir un conjoint et un seul ?
Le même critère condamne la loi de Moïse qui déclare impure la femme pendant ses règles, puisque cette loi, dit le texte, entrave le mariage et détruit l’amour. Il condamne la préférence chrétienne pour la vie monastique, qui empêche la génération, et l’usage d’acheter un homme comme on achète une bête, le créateur nous ayant faits égaux, comme des frères. Le critère frappe toutes les confessions, y compris l’Église éthiopienne où l’auteur a été formé, et c’est ce trait qui a fait lire le texte comme une enquête rationaliste.
Juste d’Urbin
En 1852, un capucin toscan présent en Éthiopie depuis 1846, Juste d’Urbin (Giusto da Urbino), dit l’avoir découvert, et en février 1853 il l’a recopié pour son correspondant parisien, Antoine d’Abbadie, explorateur et astronome qui présidera plus tard l’Académie des sciences. Deux manuscrits seulement, cotés d’Abbadie 215 et 234, portent le traité et celui de Walda Heywat, l’un de la main du capucin, l’autre du dabtara Gabra Maryam, clerc de l’église de Betlehem. En 1859, d’Abbadie les décrit dans son catalogue comme « curieux » et d’une « grande naïveté ».
Avant 1852, aucune mention du texte n’a été retrouvée dans la littérature éthiopienne.
Carlo Conti Rossini, le principal éthiopisant italien de son temps, instruit l’accusation à partir de 1916, puis en 1920 dans les Rendiconti de l’Accademia dei Lincei. Un religieux éthiopien converti au catholicisme avait, du vivant du capucin, attribué les textes à celui-ci et dénoncé un écrit « maçonnique ». Conti Rossini y ajoute des coïncidences. Le capucin avait reçu au baptême le prénom Iacopo, Jacques, et tous deux seraient nés le même jour d’août, Juste d’Urbin le 30 août 1814 près de Lucques, rapprochement qui suppose une conversion du calendrier éthiopien sur laquelle les commentateurs ne s’accordent pas. En 1934, Eugen Mittwoch compare la langue du Hatata à celle de la version éthiopienne que le capucin avait donnée des Soirées de Carthage de Bourgade (1847), et conclut dans le même sens. Jusqu’aux années 1960, le texte passe pour un faux.
La réhabilitation vient d’Addis-Abeba, où des lettrés éthiopiens font valoir que la manière de citer la Bible trahit un élève des écoles traditionnelles. Claude Sumner, jésuite canadien enseignant à l’université d’Addis-Abeba, reprend le dossier dans son Ethiopian Philosophy en cinq volumes (1974-1978), statistiques de longueur de phrase à l’appui. Il invoque aussi le passé colonial de l’accusateur, ancien administrateur en Érythrée, qui avait soutenu en 1935 que l’Éthiopie était incapable de progrès civil et reçu en 1937 un prix Mussolini. Anaïs Wion a relevé que cet argument biographique, qui laisse intactes les observations philologiques, a servi à les disqualifier en bloc.
Rien, à ce jour, ne permet de trancher. En 2013, l’historienne Anaïs Wion publie dans la revue Afriques une série au titre explicite, « L’histoire d’un vrai faux traité philosophique », fondée sur la correspondance inédite du capucin et sur une critique génétique qui cherche à voir l’auteur au travail. En exergue du deuxième épisode, elle place une phrase du chapitre XV, qu’elle traduit ainsi, « Les hommes veulent être trompés. » En sens inverse, Getatchew Haile, grand spécialiste des manuscrits guèzes, a abandonné en 2017, dans « The Discourse of Wärqe », la thèse du faux qu’il tenait depuis un demi-siècle. Les traducteurs de l’édition De Gruyter de 2023, Ralph Lee, Mehari Worku et Wendy Laura Belcher, se disent certains que deux Éthiopiens ont composé les deux traités. John Marenbon, médiéviste, rapproche le cas des écrits placés au Moyen Âge sous le nom d’Aristote.
La langue qu’il a fallu forger
Enno Littmann, éditeur du texte en 1904, rapprochait l’argument cosmologique du kalâm, la théologie rationnelle de l’islam ancien ; Boris Touraïev, en 1905, pensait au déiste Herbert de Cherbury. Claude Sumner a ensuite écrit que la philosophie moderne, entendue comme enquête critique et personnelle, commence en Éthiopie en même temps qu’en Angleterre et en France. En 2017, Dag Herbjørnsrud a étendu le parallèle à Locke et à Kant.
Le sens même de la comparaison dépend de l’auteur. Si le texte date de 1667, sa ressemblance avec les Méditations est une convergence ; s’il date de 1853, elle devient une filiation, et Conti Rossini s’en servait pour expliquer pourquoi le texte semblait anticiper les Lumières. Jonathan Egid a tiré de cette impasse une remarque valable dans les deux hypothèses. L’auteur du Hatata a dû forger en guèze un vocabulaire philosophique entièrement neuf, travail remarquable chez un lettré du XVIIᵉ siècle, stupéfiant chez un missionnaire arrivé dans le pays six ans plus tôt.
Un document pourrait peser plus lourd que toutes les statistiques. Dans ses lettres à d’Abbadie, que Wion a dépouillées, Juste d’Urbin dit avoir brûlé six cahiers avant d’expédier ses manuscrits, et personne ne sait ce qu’ils contenaient. Tant qu’aucune copie du Hatata antérieure à 1852 ne sortira d’une bibliothèque d’église éthiopienne, ces six cahiers détruits par celui qui les avait remplis marqueront le point exact où l’enquête sur l’enquête s’arrête.
Pour aller plus loin
La troisième Méditation de Descartes, lue pour elle-même, montre ce que devient l’argument par les parents une fois transposé dans l’instant de la conservation. Les cinq voies de Thomas d’Aquin donnent la version médiévale de la remontée vers une cause première, et la querelle des lettres du corpus platonicien offre un autre cas où l’authenticité d’un texte décide de ce qu’on peut en tirer.
On présente souvent Zera Yacob comme le Descartes de l’Éthiopie. Ce lettré aurait vécu au XVIIᵉ siècle, près de l’ancienne ville d’Aksoum. Il aurait écrit un traité dans la vieille langue savante de son pays, qu’on appelle le guèze. Le rapprochement séduit, car les deux hommes auraient réfléchi seuls, à la même époque, sur Dieu et sur la raison.
Un tribunal sans juge
Le récit du traité commence par une fuite. Le roi d’Éthiopie s’est rallié à la foi des missionnaires catholiques venus du Portugal. Chrétiens du pays et convertis se persécutent alors mutuellement. Dénoncé, notre homme s’échappe de nuit et vit deux ans caché dans une grotte, au bord d’une rivière.
Dans sa grotte, il bute sur une difficulté simple. Chaque camp jure que sa foi est la bonne. Il a interrogé un savant de chaque côté, et chacun a tout expliqué à sa façon. Aucun ne peut donc départager les autres, puisque chacun est à la fois accusateur et accusé.
Il cherche alors un juge que tout le monde porte en soi. Il le trouve dans une lumière que le créateur aurait placée au fond du cœur humain. Cette lumière sépare le vrai du faux. Les femmes la reçoivent comme les hommes, les étrangers comme les Éthiopiens.
Remonter jusqu’aux premiers parents
Un doute plus grave le saisit un jour. Il prie, puis se demande si quelqu’un l’entend. Pour se répondre, il part de sa propre existence. Il ne s’est pas fabriqué lui-même, puisqu’avant d’être né il n’était rien.
Ses parents l’ont mis au monde, mais cela déplace seulement la question. Il faut ensuite demander qui a fait ses parents, puis les parents de ses parents. En remontant ainsi, on arrive à des premiers humains que personne n’a engendrés. Il faut donc un créateur que rien n’a créé. Ce créateur, ajoute-t-il, possède forcément l’intelligence qu’il a donnée aux hommes.
Descartes a examiné le même chemin, et il l’a refusé. Pour lui, les parents expliquent une naissance ancienne. Ils n’expliquent pas pourquoi l’on continue d’exister à chaque instant. Une vieille remarque de Thomas d’Aquin fragilise aussi l’argument du traité. Une suite d’hommes nés d’autres hommes pourrait, en théorie, ne jamais commencer.
Le calcul du village
La lumière du cœur sert ensuite à juger les lois religieuses. Une règle qui contredit l’ordre de la création ne peut pas venir de Dieu, affirme l’auteur. Son exemple le plus parlant concerne le mariage. Dans une région, on compte à peu près autant de femmes que d’hommes.
Imaginons un homme qui épouse dix femmes. Neuf autres hommes resteront alors sans épouse. Pour le traité, ce calcul suffit à condamner la polygamie. Le même raisonnement condamne l’achat d’êtres humains, puisque le créateur a fait les hommes égaux, comme des frères.
Le calcul laisse pourtant une question en suspens. Qu’il naisse autant de filles que de garçons, est-ce une raison pour que chacun ait un seul conjoint ? Le traité ne se la pose pas.
Un paquet parti pour Paris
Personne n’a vu ce traité avant 1852. Un missionnaire capucin italien, Juste d’Urbin, dit alors l’avoir découvert en Éthiopie. Il l’envoie à un savant parisien qui collectionne les manuscrits éthiopiens. On n’en connaît que deux copies, et l’une est de la main du missionnaire.
En 1920, le grand spécialiste italien Carlo Conti Rossini accuse le missionnaire d’avoir tout inventé. Il relève des coïncidences gênantes. Le missionnaire avait reçu au baptême le prénom Jacques, et le philosophe porte un nom qui signifie « semence de Jacob ». Pendant des décennies, presque tous les savants lui donnent raison.
Plus tard, le jésuite canadien Claude Sumner défend l’auteur éthiopien avec des statistiques sur le style. Il rappelle aussi que l’accusateur avait servi l’administration coloniale italienne. L’historienne Anaïs Wion rouvre ensuite l’enquête dans l’autre sens, à partir des lettres du missionnaire. Les spécialistes restent divisés, et aucun document ne les départage.
Le rapprochement avec Descartes change de sens selon la réponse. Si le traité est éthiopien, les deux penseurs se sont rencontrés sans se connaître. S’il vient du missionnaire, la ressemblance devient un héritage. Dans ses lettres, ce dernier affirme d’ailleurs avoir jeté au feu six cahiers avant l’envoi, et nul ne sait ce qu’ils renfermaient.
Les manuscrits du traité se consultent aujourd’hui à Paris, à la Bibliothèque nationale de France, dans la collection de ce savant parisien qui les avait reçus.
La version complète cite le traité chapitre par chapitre, confronte l’argument des parents à la troisième Méditation de Descartes et à l’objection de Thomas d’Aquin, puis retrace un siècle de querelle sur l’auteur.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Zera Yacob (attribué), *Hatata Zär’a Ya‘ǝqob*, guèze, daté de 1667 par le texte, chapitre III (doute et argument par la chaîne des parents), chapitre IV (« la vérité est une », les hommes plaignants et défendeurs), chapitre V (critère de l’ordre de la création, polygamie, loi de Moïse, monachisme, achat d’esclaves), chapitre XV (« Les hommes veulent être trompés », trad. Anaïs Wion) ; seuls témoins, Paris, Bibliothèque nationale de France, fonds d’Abbadie 215 et 234 ; passages rendus d’après la trad. anglaise de Claude Sumner, 1976
- Walda Heywat (attribué), *Hatata Walda Heywat*, guèze, dans les mêmes manuscrits d’Abbadie 215 et 234 traité du disciple qui presse son maître d’écrire
- Psaume 94, 9 (93, 9 dans la numérotation grecque et latine), « celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas » verset repris au chapitre III du *Hatata*
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Sources primaires (suite)
- René Descartes, *Meditationes de prima philosophia*, Paris, 1641, méditation I (AT VII, 17-23) et méditation III (AT VII, 49-51) ; traduction française du duc de Luynes revue par l’auteur, 1647 (AT IX-1)
- Thomas d’Aquin, *Summa theologiae*, Ia, q. 46, a. 2, ad 7 distinction entre séries causales *per se* et *per accidens*
- Antoine d’Abbadie, *Catalogue raisonné de manuscrits éthiopiens appartenant à Antoine d’Abbadie*, Paris, 1859, notice du ms. 215 jugement « curieux » et « grande naïveté »
- Juste d’Urbin (Giusto da Urbino), lettres à Antoine d’Abbadie, 1850-1855 Paris, Bibliothèque nationale de France, Nouvelles acquisitions françaises 23852 ; mention des six cahiers brûlés, d’après Anaïs Wion
- Bourgade, *Les Soirées de Carthage*, Paris, 1847, et la version éthiopienne qu’en donna Juste d’Urbin texte de comparaison employé par Eugen Mittwoch
- Carlo Conti Rossini, article de 1935 soutenant l’incapacité de l’Éthiopie au progrès civil cité d’après Jonathan Egid et le Centre for Intellectual History d’Oxford, original non consulté
Bibliographie
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- Boris Touraïev, étude et traduction russe du *Hatata Zar’a Ya’eqob*, *Zapiski Vostochnago Otdeleniya* 16, Saint-Pétersbourg, 1905, p. 1-16 Société impériale russe d’archéologie
- Carlo Conti Rossini, « Lo Ḥatatā Zar’a Yā‘qob e il padre Giusto da Urbino », *Rendiconti della Reale Accademia dei Lincei*, classe di scienze morali, storiche e filologiche, s. 5, 29, 1920, p. 213-223 Accademia dei Lincei
- Eugen Mittwoch, *Die amharische Version der Soirées de Carthage, mit einer Einleitung : Die angeblichen abessinischen Philosophen des 17. Jahrhunderts*, Berlin-Leipzig, 1934 Abessinische Studien 2
- Claude Sumner, *Ethiopian Philosophy*, 5 vol., Addis-Abeba, 1974-1978, notamment vol. II, *The Treatise of Zär’a Ya‘ǝqob and of Wäldä Ḥəywät : Text and Authorship*, 1976 Commercial Printing Press
- Claude Sumner (trad. et prés.), *Le Sage d’Abyssinie. Extraits du traité de Zara Yaqob*, Paris, 1997, coll. « Pollen » Éditions Alternatives
- Aïssatou Mbodj-Pouye et Anaïs Wion, « L’histoire d’un vrai faux traité philosophique (Ḥatatā Zar’a Yā‘eqob et Ḥatatā Walda Ḥeywat). Introduction : Enquête sur une enquête », *Afriques*, 2013 OpenEdition
- Anaïs Wion, « L’histoire d’un vrai faux traité philosophique (Ḥatatā Zar’a Yā‘eqob et Ḥatatā Walda Ḥeywat). Épisode 1 : Le temps de la découverte. De l’entrée en collection à l’édition scientifique (1852-1904) », *Afriques*, 2013 OpenEdition
- Anaïs Wion, « L’histoire d’un vrai faux traité philosophique (Ḥatatā Zar’a Yā‘eqob et Ḥatatā Walda Ḥeywat). Épisode 2 : Le temps de la démystification et la traversée du désert (de 1916 aux années 1950) », *Afriques*, 2013 ; trad. anglaise Lea Cantor, Jonathan Egid et Anaïs Wion, 2021 OpenEdition
- Getatchew Haile, « The Discourse of Wärqe, Commonly Known as Ḥatäta zä-Zär’a Ya‛ǝqob », dans *Ethiopian Studies in Honour of Amha Asfaw*, New York, 2017, p. 57-72 Getatchew Haile
- Ralph Lee, Mehari Worku et Wendy Laura Belcher (éd. et trad.), *The Hatata Inquiries : Two Texts of Seventeenth-Century African Philosophy from Ethiopia about Reason, the Creator, and Our Ethical Responsibilities*, Berlin-Boston, 2023, DOI 10,1515/9783110781922 De Gruyterhttps://doi.org/10.1515/9783110781922
- John Marenbon, « Zär’a Ya‛ǝqob, Mediaeval Philosophy, Forgery, and Authenticity », dans Lea Cantor, Jonathan Egid et Fasil Merawi (dir.), *In Search of Zär’a Ya‛ǝqob*, Berlin-Boston, 2024, p. 105-120, DOI 10,1515/9783110725810-006 De Gruyterhttps://doi.org/10.1515/9783110725810-006
- Giovanni Pizzorusso, « Giusto da Urbino », *Dizionario Biografico degli Italiani*, vol. 57, Rome, 2001 Istituto dell’Enciclopedia Italiana
Sources en ligne
- « In Search of Zera Yacob : Philosophy in Early Modern Ethiopia » Centre for Intellectual History, University of Oxfordhttps://intellectualhistory.site.ox.ac.uk/article/in-search-of-zera-yacob-philosophy-in-early-modern-ethiopia
- « From the pseudo to the forger : the value of faked philosophy » Aeonhttps://aeon.co/essays/from-the-pseudo-to-the-forger-the-value-of-faked-philosophy
- « Yacob and Amo : Africa’s precursors to Locke, Hume and Kant » Aeonhttps://aeon.co/essays/yacob-and-amo-africas-precursors-to-locke-hume-and-kant
- « En Éthiopie, le (faux) traité philosophique qui ne voulait pas mourir » Afrique XXIhttps://afriquexxi.info/En-Ethiopie-le-faux-traite-philosophique-qui-ne-voulait-pas-mourir
- « GIUSTO da Urbino » Dizionario Biografico degli Italiani, Treccanihttps://www.treccani.it/enciclopedia/giusto-da-urbino_(Dizionario-Biografico)/
- « L’histoire d’un vrai faux traité philosophique (Ḥatatā Zar’a Yā‘eqob et Ḥatatā Walda Ḥeywat). Épisode 1 : Le temps de la découverte » Afriques, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/afriques/1063
- « Philosophi abessini, [sive, Vita et philosophia magistri Zar’a-Y’qb eiusque discipuli Walda-eywat philosophia] » Internet Archive, Université de Torontohttps://archive.org/details/philosophiabessi00pari
- « The Hatata inquiries : two texts of seventeenth-century African philosophy from Ethiopia » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/LEETHI
- « Descartes : Meditatio III » The Latin Libraryhttps://thelatinlibrary.com/descartes/des.med3.shtml
- « ATHENA - DESCARTES, Méditations métaphysiques » ATHENA, Université de Genèvehttps://athena.unige.ch/athena/descartes/descartes-meditations-metaphysiques-3.html


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