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Le sacrifice aztèque au-delà du sensationnalisme : crânes et chiffres

José Luiz / Wikimedia Commons
10 min de lecture22 sources vérifiées
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Cent trente-six mille têtes d’un côté, six cent cinquante-cinq crânes de l’autre. Le premier vient d’Andrés de Tapia, capitaine d’Hernán Cortés, qui l’obtient en 1520 devant le grand temple de Tenochtitlan ; le second, des archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire du Mexique (INAH), qui fouillent depuis 2015 le même monument sous une maison du centre de Mexico. Rapprochés, les deux nombres semblent trancher d’un coup la question du sacrifice aztèque, au bénéfice des sceptiques. Ils ne portent pourtant ni sur le même objet ni sur la même manière de compter.

Sin las de las torres

La description tient en quelques lignes de la Relación de Tapia, récit de témoin rédigé après coup et resté inédit jusqu’au XIXᵉ siècle, que l’on lit dans l’édition d’Agustín Yáñez (p. 66-67). À une portée d’arbalète du temple se dressent soixante ou soixante-dix poteaux très hauts, sur une plate-forme de chaux et de pierre dont les gradins portent des têtes scellées, dents vers l’extérieur. Aux deux extrémités s’élèvent deux tours de chaux et de crânes, sans autre pierre. Entre les poteaux courent des perches, chacune enfilant cinq têtes par les tempes. Avec un compagnon, Gonzalo de Umbría, Tapia compte les perches, multiplie par cinq et arrive à cent trente-six mille têtes, puis ajoute une restriction que les citations modernes laissent presque toujours tomber, sin las de las torres, c’est-à-dire en dehors des têtes des tours.

La page que la ville de Mexico consacre au site attribue encore les 136 000 têtes à la tour.

Le total lui-même résiste mal au calcul. En 1991, Michel Graulich reprend la description de Tapia. Soixante ou soixante-dix poteaux espacés d’à peine une vara, environ 84 centimètres, ne laissent place, même répartis sur quatre rangées, qu’à 136 perches par étage, soit 680 têtes. Pour atteindre 136 000, il faudrait deux cents étages superposés et, à raison de 25 centimètres par crâne, des poteaux d’une cinquantaine de mètres. Graulich en conclut que les deux compteurs se sont trompés quelque part sans qu’on puisse dire où, et suggère une plate-forme plus longue que la description ne le laisse croire, avec peut-être soixante poteaux sur chacun de ses grands côtés.

On dira désormais Mexicas pour les habitants de Tenochtitlan, le nom qu’emploient les archéologues mexicains.

Calle República de Guatemala, numéro 24

En juin 2015, le Programa de Arqueología Urbana de l’INAH surveille les travaux d’une ancienne maison de rapport au numéro 24 de la calle República de Guatemala, au nord de la cathédrale métropolitaine, quand apparaît l’angle nord-est du Huei Tzompantli, le « grand tzompantli », du nom nahuatl du râtelier où l’on exposait les crânes des sacrifiés. Deux campagnes, de 2015 à 2017, dirigées par Raúl Barrera Rodríguez avec Lorena Vázquez Vallín comme cheffe de chantier, dégagent une plate-forme rectangulaire de 35 mètres sur 12. En mars 2020, en creusant sous un mur de la maison pour le reprendre en sous-œuvre, l’équipe atteint la face est et le parement extérieur d’une tour circulaire de 4,7 mètres de diamètre, où 119 crânes visibles s’ajoutent aux 484 déjà repérés. À la chapelle des Os d’Évora ou dans les Catacombes de Paris, que l’INAH cite en comparaison, des crânes sont plaqués contre des murs ; ici, liés au mortier, ils constituent le mur. La plupart sont percés aux pariétaux, signe qu’ils ont d’abord été enfilés sur la palissade avant d’être scellés dans la tour, sauf ceux des enfants, qu’une telle perforation aurait détruits. Environ 11 000 fragments ont été recueillis, parce qu’après la chute de la ville les soldats espagnols et leurs alliés autochtones ont rasé l’essentiel de la dernière phase de construction.

En 2020, l’équipe distinguait trois étapes de construction de la plate-forme, remontant au moins au règne d’Ahuitzotl, souverain de 1486 à 1502 ; le communiqué d’août 2025 en attribue cinq à la tour. Les archéologues mexicains rangent ces vestiges dans le Postclassique, dernière période de leur chronologie préhispanique, et y plaquer le découpage médiéval européen ne produirait que de faux synchronismes, d’autant que le sujet déborde sur le XVIᵉ siècle de la conquête.

Qui a fini dans la tour ? En février 2023, sur 655 crânes identifiés dans l’ensemble des fouilles, Barrera comptait 60 % d’hommes, 38 % de femmes et 2 % d’enfants, des adultes en bonne santé âgés pour la plupart de 25 à 35 ans. L’échantillon de 214 crânes consolidés, étudié depuis au Museo del Templo Mayor, donne 46,3 % d’hommes et 37,4 % de femmes, le reste demeurant indéterminé. On attendait de jeunes guerriers capturés. Pour expliquer les femmes, Barrera avance une lecture mythologique, la reprise du combat où Huitzilopochtli, dieu solaire, terrasse sa sœur lunaire Coyolxauhqui ; les enfants auraient pu être des ixiptla, mot nahuatl qui désigne une représentation vivante, ici celle du dieu enfant. Son auteur la présente lui-même comme une hypothèse.

On ignore encore où ces hommes et ces femmes sont nés. Des premières molaires, qui se forment avant six ans, ont été prélevées sur 83 crânes et envoyées à l’université de Géorgie, aux États-Unis, pour des analyses d’isotopes du carbone, de l’oxygène et du strontium ; l’ADN ancien sera étudié à l’Institut Max-Planck, en Allemagne, explique l’anthropologue physique Jorge Gómez-Valdés. Le site, refermé, n’est pas accessible au public.

Quarante-deux enfants pour Tlaloc

Au Templo Mayor, fouillé depuis 1978, la preuve prend une autre forme. Entre la fin de juillet 1980 et le début de janvier 1981, le Proyecto Templo Mayor dégage dans le secteur nord-ouest de la pyramide, côté Tlaloc, une caisse de pierres de taille de 170 centimètres sur 111, profonde de 54. Sur une couche de sable marin reposent des corps d’enfants, certains parés de colliers de pierres vertes, une perle de pierre verte dans la bouche ; par-dessus, d’autres corps saupoudrés de pigment bleu, des coquillages, de petits oiseaux, du copal et onze jarres de tezontle, pierre volcanique, sculptées au visage du dieu. L’anthropologue physique Juan Alberto Román Berrelleza dénombre au moins quarante-deux individus de deux à sept ans, et relève sur la moitié d’entre eux une hyperostose porotique, épaississement osseux lié aux carences alimentaires. Les enfants ont été égorgés.

L’offrande appartient à l’étape constructive IVa, élevée sous Moctezuma Ilhuicamina, tlatoani, c’est-à-dire souverain, de 1440 à 1469. Leonardo López Luján, directeur du projet, la rattache à la sécheresse de 1452-1454, et surtout à 1454, année 1 Lapin, date gravée sur une plaque contemporaine de la façade orientale. Selon les textes du XVIᵉ siècle qu’il cite, des familles vendirent alors leurs enfants contre de la nourriture aux Totonaques du golfe du Mexique ou aux Cohuixcas du Guerrero. Une analyse isotopique de l’oxygène, menée par Diana Moreiras Reynaga à l’université de Colombie-Britannique, situe l’origine des enfants dans l’actuel Oaxaca, sauf un, venu des hautes terres du Chiapas et du Guatemala.

Dans l’offrande 111, dégagée au pied de la pyramide en 2005, un enfant d’environ cinq ans paré pour Huitzilopochtli a eu le cœur extrait, probablement par la cavité abdominale. Ximena Chávez Balderas, qui a repris en 2017 l’ensemble des restes humains du Templo Mayor, compte quatre-vingt-dix-neuf individus décapités, mais note que les marques d’extraction du cœur, omniprésentes dans les textes, restent rares sur les os. Selon elle, une centaine d’individus au pied de l’édifice confirme la pratique, et ce même nombre interroge les chiffres de la plupart des frères et des conquistadors. Michel Graulich, dans sa synthèse de 2005, ramenait déjà cette diversité de rites à une même logique, celle du don fait aux dieux.

En 2021, sur trente-six victimes du Templo Mayor et vingt-quatre du Templo R de Tlatelolco, la cité jumelle, Moreiras Reynaga et ses coauteurs trouvent à Tlatelolco des gens du lieu, et au grand temple des étrangers sacrifiés peu après leur arrivée mêlés à des résidents anciens, peut-être des esclaves.

Durán hésite devant son propre chiffre

En 1487, année 8 Roseau, Ahuitzotl inaugure l’agrandissement du Templo Mayor. Le récit le plus détaillé se lit chez le dominicain Diego Durán, dans son Historia de las Indias de Nueva España achevée en 1581 (édition Garibay, 1967, t. II, p. 344). Quatre files de prisonniers, dont l’une s’étire sur près d’une lieue, avancent vers quatre postes de sacrifice tenus par Ahuitzotl, le roi de Texcoco, celui de Tacuba et le vieux conseiller Tlacaelel. L’immolation dure quatre jours, de l’aube au coucher du soleil, et fait 80 400 morts. Durán avoue qu’il n’oserait pas écrire ce nombre s’il ne l’avait trouvé dans sa source et peint ailleurs, « pour ne pas être tenu pour un homme qui écrit des fables », selon la traduction de Graulich. Les souverains ennemis de Tlaxcala ou du Michoacán, invités en secret, repartent épouvantés.

Près d’un siècle sépare la fête du texte, et Durán suit une chronique des années 1530 aujourd’hui perdue.

Les sources s’échelonnent de 20 000 à 80 600 victimes. Le total de 80 400 revient pourtant dans plusieurs textes en partie indépendants, et ses quatre cents de surplus trahissent un compte en base vingt, celui des Mexicas et non des Espagnols ; c’est l’argument de Graulich qui nous paraît le plus solide. À l’objection arithmétique, quatre sacrificateurs tuant chacun plus de cinq mille personnes par jour, il oppose une chronique parallèle qui recense dix-neuf postes d’immolation ouverts en même temps dans les temples de quartier, même si la cadence reste énorme. Sa conclusion fixe un plancher à 20 000 et juge 80 400 possible.

Le Codex Telleriano-Remensis, manuscrit pictographique d’époque coloniale peint dans la tradition indigène, livre un autre compte. À l’année 8 Roseau, le peintre a noté les victimes en glyphes, deux sacs à copal, les xiquipilli, qui valent chacun 8 000, et dix touffes de cheveux, les tzontli, de 400 chacune, soit 20 000. Le commentateur espagnol n’a lu que les touffes et compte 4 000. D’après la place des glyphes, ajoute Graulich, ces 20 000 pourraient ne concerner que les captifs de Xiuhcoac.

La fouille ne peut pas trancher. Durán précise que le roi fit renouveler la palissade, brûler les crânes anciens et ficher par les tempes les quatre-vingt mille têtes nouvelles ; une autre chronique veut que les corps aient été jetés dans la lagune, au tourbillon de Pantitlan. La tour de la rue Guatemala ne peut garder qu’une fraction des têtes passées par la palissade.

Si les Mexicas avaient eu des bœufs

En 1524, Charles Quint ordonne d’accélérer l’envoi de bovins en Nouvelle-Espagne pour faire reculer le cannibalisme, signe que l’idée d’une chair humaine compensant un manque de bétail est aussi vieille que la conquête. En 1977, dans l’American Ethnologist, Michael Harner lui donne une forme savante : faute d’herbivore domestique et avec une population très dense, les Mexicas auraient trouvé dans le sacrifice une source de protéines, et la presse mondiale s’empare de la thèse. Un an plus tard, dans Science, Bernard Ortiz de Montellano la démonte en dressant l’inventaire des ressources du bassin, chinampas, ces champs surélevés gagnés sur le lac, et tributs en vivres, puis relève que les repas rituels coïncidaient avec les récoltes, donc avec l’abondance.

La négation a aussi son histoire. En 1991, Graulich épinglait un catalogue d’exposition bruxellois de 1988 qui faisait des chiffres une propagande européenne destinée à apaiser la mauvaise conscience des conquérants, et un auteur qui lisait 320 victimes dans un codex là où le nombre désigne la trois-cent-vingtième année depuis le départ d’Aztlan. En 1992, Peter Hassler va plus loin dans une thèse de 456 pages publiée chez Peter Lang, qui fait du sacrifice mexica, pour l’essentiel, une construction des vainqueurs. Graulich avait répondu par avance que les chiffres les plus élevés viennent de sources indigènes, rédigées pour certaines en nahuatl. La question de l’existence se règle pourtant dans le sol, où l’offrande 48 avait été fouillée plus de dix ans avant la thèse, et où la tour de la rue Guatemala a livré depuis ses crânes percés aux pariétaux.

Le camp de la mesure garde des arguments que la fouille confirme. La centaine de décapités du Templo Mayor, l’arithmétique impossible de Tapia et la rareté des traces d’extraction du cœur pèsent contre les vingt mille ou cinquante mille victimes annuelles que des prélats et des chroniqueurs du XVIᵉ siècle prêtaient à la seule capitale, et qu’aucun compte indépendant ne permet de vérifier. En face aussi, on a forcé le trait. En 1979, Christian Duverger prêtait à Tenochtitlan 700 000 habitants et des Mexicas sacrifiant « sans compter » ; Graulich lui objectait que rares sont les spécialistes à dépasser 300 000 habitants, et que les sources montrent des Mexicas qui comptaient soigneusement leurs captifs.

Aucune de ces querelles ne se règle encore par un total. À la Bibliothèque nationale de France, sous la cote Mexicain 385, la page de l’année 8 Roseau du Codex Telleriano-Remensis montre toujours les deux sacs à copal et les dix touffes de cheveux qui font vingt mille, et, dans la glose qui l’accompagne, le compte de quatre mille d’un commentateur espagnol qui ignorait la valeur des sacs.

Pour aller plus loin

La chute de Tenochtitlan en 1521 prolonge ce sujet du côté des témoins de la conquête et de leurs intérêts. Le Templo Mayor et le monolithe de la Coyolxauhqui, découvert en 1978, éclairent le mythe que les archéologues invoquent pour les crânes de femmes, et la plate-forme aux crânes sculptés de Chichén Itzá montre, chez les Mayas du Yucatán, une autre forme du tzompantli.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Huei Tzompantli de Tenochtitlan, plate-forme rectangulaire de 35 × 12 m et tour circulaire de crânes humains liés au mortier, diam. 4,7 m, calle República de Guatemala 24, Centro Histórico, Mexico ; fouilles de 2015-2017 et de 2020, échantillon de 214 crânes étudié au Museo del Templo Mayor Instituto Nacional de Antropología e Historia (INAH), Programa de Arqueología Urbana
  2. Ofrenda 48, secteur nord-ouest du Templo Mayor, étape constructive IVa, caisse de pierres de taille de 170 × 111 cm, prof. 54 cm, restes d’au moins 42 enfants de 2 à 7 ans et onze jarres de tezontle à visage de Tlaloc, fouillée de juillet 1980 à janvier 1981 INAH, Proyecto Templo Mayor
  3. Ofrenda 111, pied de la plate-forme du Templo Mayor, enfant d’environ cinq ans paré pour Huitzilopochtli, extraction du cœur, fouillée en 2005 INAH, Proyecto Templo Mayor
Voir les 19 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Andrés de Tapia, *Relación de algunas cosas de las que acaecieron al muy ilustre señor don Hernando Cortés, marqués del Valle*, description du tzompantli de Tenochtitlan et comptage des têtes, dans Agustín Yáñez (éd.), *Crónicas de la Conquista*, Mexico, UNAM, 1963, p. 66-67 édition de référence
  2. Diego Durán, *Historia de las Indias de Nueva España e islas de Tierra Firme*, achevée en 1581, récit de l’inauguration du Templo Mayor en 1487, éd. Ángel María Garibay K., Mexico, 1967, t. II, p. 344-346 édition de référence
  3. Codex Telleriano-Remensis, manuscrit pictographique d’époque coloniale, section historique, année 8 Roseau (1487), nombre des victimes noté en glyphes et glose espagnole Bibliothèque nationale de France, Mexicain 385

Bibliographie

  1. Michel Graulich, « L’inauguration du temple principal de Mexico en 1487 », *Revista Española de Antropología Americana* 21, 1991, p. 121-143 Universidad Complutense de Madrid
  2. Michel Graulich, *Le sacrifice humain chez les Aztèques*, Paris, 2005, 415 p. Fayard
  3. Christian Duverger, *La Fleur létale. Économie du sacrifice aztèque*, Paris, 1979, 249 p., « Recherches anthropologiques » Éditions du Seuil
  4. Ximena Chávez Balderas, *Sacrificio humano y tratamientos postsacrificiales en el Templo Mayor de Tenochtitlan*, Mexico, 2017 Instituto Nacional de Antropología e Historia
  5. Eduardo Matos Moctezuma, compte rendu de Ximena Chávez Balderas, *Sacrificio humano y tratamientos postsacrificiales en el Templo Mayor de Tenochtitlan*, *Estudios de Cultura Náhuatl* 54, 2017, p. 390-394 UNAM, Instituto de Investigaciones Históricas
  6. Diana K. Moreiras Reynaga, Jean-François Millaire, Ximena Chávez Balderas, Juan A. Román Berrelleza, Leonardo López Luján et Fred J. Longstaffe, « Residential patterns of Mexica human sacrifices at Mexico-Tenochtitlan and Mexico-Tlatelolco : Evidence from phosphate oxygen isotopes », *Journal of Anthropological Archaeology* 62, 2021, article 101296 Elsevier
  7. Michael Harner, « The Ecological Basis for Aztec Sacrifice », *American Ethnologist* 4 (1), 1977, p. 117-135 American Anthropological Association
  8. Bernard R. Ortiz de Montellano, « Aztec Cannibalism : An Ecological Necessity ? », *Science* 200 (4342), 1978, p. 611-617 American Association for the Advancement of Science
  9. Peter Hassler, *Menschenopfer bei den Azteken ? Eine quellen- und ideologiekritische Studie*, Berne, 1992, VI + 456 p., « Europäische Hochschulschriften », 19/B, 30 Peter Lang

Sources en ligne

  1. « A 10 años del hallazgo del Huei Tzompantli de Tenochtitlan, los cráneos humanos son objeto de análisis de vanguardia », boletín 383, 11 août 2025 Instituto Nacional de Antropología e Historiahttps://www.inah.gob.mx/boletines/a-10-anos-del-hallazgo-del-huei-tzompantli-de-tenochtitlan-los-craneos-humanos-son-objeto-de-analisis-de-vanguardia
  2. « Cráneos de mujeres en el Huei Tzompantli de Tenochtitlan estarían asociados al mito de origen de Huitzilopochtli », boletín 98, 25 février 2023 Instituto Nacional de Antropología e Historiahttps://inah.gob.mx/boletines/craneos-de-mujeres-en-el-huei-tzompantli-de-tenochtitlan-estarian-asociados-al-mito-de-origen-de-huitzilopochtli
  3. « Ofrenda masiva de infantes dedicada a Tláloc fue coincidente con la gran sequía de 1454 en la Cuenca de México », boletín 696, 11 novembre 2024 Instituto Nacional de Antropología e Historiahttps://inah.gob.mx/images/boletines/2024/696/Boletin%20696.pdf
  4. « Descubren 119 cráneos del huei tzompantli en calle del Centro Histórico », Stephanie Cuevas, 11 décembre 2020 El Financierohttps://www.elfinanciero.com.mx/culturas/descubren-119-craneos-del-huei-tzompantli-en-calle-del-centro-historico
  5. « Huei Tzompantli, una práctica que sostenía la visión del mundo mexica » La Jornada de Orientehttps://www.lajornadadeoriente.com.mx/puebla/huei-tzompantli-una-practica-que-sostenia-la-vision-del-mundo-mexica/
  6. « Andrés de Tapia, un secundario de lujo en la Conquista de América », 21 août 2026 El Debatehttps://www.eldebate.com/historia/20260821/andres-tapia-secundario-lujo-conquista-america_449542.html
  7. « Huei Tzompantli » MexicoCity, gouvernement de la ville de Mexicohttps://mexicocity.cdmx.gob.mx/venues/huei-tzompantli/?lang=en
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