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Tenochtitlan, une Venise au milieu du lac : l’histoire d’une image

Rekonstruktion_Tempelbezirk_von_Tenochtitlan_2_Templo_Mayor.jpg: Wolfgang Sauber derivative work: Joyborg (talk) / Wikimedia Commons
10 min de lecture23 sources vérifiées
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Séville et Cordoue pour la taille, Salamanque pour la place du marché, qu’il juge deux fois plus vaste, l’église majeure de Séville pour mesurer une tour de temple qui la dépasse. Lorsque Hernán Cortés décrit Tenochtitlan à Charles Quint, dans la lettre qu’il signe le 30 octobre 1520 à Segura de la Frontera, l’actuelle Tepeaca, il va chercher ses étalons en Castille. Venise figure bien dans cette lettre, mais pour une autre cité, Tlaxcala, dont le gouvernement sans seigneur unique lui rappelle les seigneuries de Venise, de Gênes ou de Pise.

« Comme Venise est dans la mer »

En 1522, dans la maison de l’humaniste Pierre Martyr d’Anghiera, qui le raconte dans ses Décades imprimées à Alcalá de Henares en 1530, le procureur de Cortés, Juan de Ribera, montre à un cercle d’hommes liés notamment au Vatican et à Venise un plan de Tenochtitlan peint par des mains indigènes, avec ses temples, ses ponts et ses lagunes. Deux ans plus tard, en mars 1524, la traduction latine de la seconde lettre sort à Nuremberg chez Friedrich Peypus, pendant la diète impériale, avec une gravure sur bois de la ville (Newberry Library, Ayer 655,51 .C8 1524d). On a supposé, sans preuve décisive, qu’elle dérive d’un plan que Cortés aurait envoyé à l’empereur. Sous l’aigle bicéphale des Habsbourg, l’île y paraît sereine et bien ordonnée, alors que la ville est en ruine depuis deux ans et demi quand le livre sort des presses.

Le rapprochement se fait à Venise même, en 1528. Benedetto Bordone y publie un isolario, un livre des îles destiné d’abord aux marins et lu aussi pour le plaisir, qui en décrit 111, dont Cuba et les îles de l’Adriatique. Temistitan y figure, île singulière puisqu’elle se dresse au milieu d’un lac qu’aucun navire venu de l’océan ne peut atteindre, et Venise y reçoit une vue à vol d’oiseau traitée de la même manière. La Library of Congress, qui conserve l’édition de 1528, rappelle qu’on a expliqué cette présence par la ressemblance avec la ville où travaillait l’auteur ; David Y. Kim a consacré en 2006 un article entier aux reflets que se renvoient les deux planches. Sous le nom de Ciampagu, le même livre imprime aussi la première carte européenne du Japon dessiné en île.

La formule écrite vient d’un homme qui n’a pas vu la ville avant sa destruction. Au chapitre L de son Apologética historia, Bartolomé de las Casas écrit que Mexico est fondée sur son lac « comme Venise est dans la mer », puis il enchaîne sur plus de cinquante mille maisons et « beaucoup plus d’un million » de personnes. Le dominicain n’a pas pris part à la conquête ; il compile et il plaide, et son livre est resté manuscrit jusqu’à l’édition madrilène de 1909. Venise entre ainsi dans l’histoire de Tenochtitlan au bras d’un chiffre que plus personne ne soutient.

La comparaison n’est pourtant pas vide, et les témoins directs donnent de quoi la défendre. Le Conquistador anonyme, dont l’original castillan est perdu et que l’on ne lit que dans la traduction italienne imprimée à Venise par Ramusio en 1556, décrit des rues faites pour moitié de terre ferme et pour moitié d’eau, d’autres entièrement d’eau, où l’on se déplace dans des canots creusés dans un seul tronc, sans lesquels, écrit-il, les habitants ne pourraient ni entrer chez eux ni en sortir. Bernal Díaz del Castillo, au chapitre LXXXVII de son Historia verdadera, achevée vers 1568 et imprimée en 1632, se souvient des tours et des temples dressés dans l’eau, tous de pierre et de chaux ; lui songe aux enchantements du roman d’Amadis de Gaule. Les canaux et les canots sont donc bien attestés. L’analogie vénitienne se tait en revanche sur le sol de l’île et sur la nature de son eau.

Une île de remblai sous le Templo Mayor

Dans la chronologie propre à la Mésoamérique, Tenochtitlan appartient au Postclassique récent, et le mot « médiéval » ne lui sert que de cadre de commodité. Le nom de Mexicas convient mieux ici que celui d’Aztèques, plus tardif dans l’usage européen et plus flou, parce qu’il désigne précisément le groupe qui fonde la ville. Le Codex Mendoza, peint au Mexique par des tlacuiloque, les peintres-scribes nahuas, et glosé en espagnol, s’ouvre au folio 2 recto sur un rectangle bleu, le lac, traversé de diagonales, les canaux, avec en son centre un aigle posé sur un nopal, le cactus-raquette (Oxford, Bodleian Library, MS. Arch. Selden. A. 1). Le catalogue d’Oxford propose vers 1541, avec un point d’interrogation, et le place en tout cas entre 1529 et 1553. La plupart des auteurs retiennent pour la fondation l’année 1325 (2 Calli dans le calendrier mexica), soit plus de deux siècles avant que le peintre ne la figure d’après un récit de tradition.

Sous le Templo Mayor, le sol raconte une histoire moins héroïque que celle de l’aigle. Les fouilles qui ont dégagé les états successifs du grand temple ont révélé des constructions enfoncées de plusieurs mètres et nettement inclinées vers l’ouest, et trois ingénieurs de l’université nationale de Mexico, Marcos Mazari, Raúl Marsal et Jesús Alberro, ont tenté d’en rendre compte par la mécanique des sols dans un article paru en 1989. Leur point de départ est un tassement observé de l’ordre de 5,6 mètres. En calculant l’effet des cinq premiers états du temple posés directement sur les argiles du lac, dont l’eau pèse en moyenne plus de trois fois le poids des grains solides, ils obtiennent 11,2 mètres, soit le double, et une rupture du terrain dès la quatrième campagne de construction. Ils en concluent qu’avant les pyramides, ou au moins avant la troisième, les constructeurs ont élevé un massif de terre d’environ 12 mètres d’épaisseur, en partie enfoncé dans l’argile sous son propre poids, peut-être commencé selon la technique des chinampas. Ils l’identifient à la butte connue sous le nom d’île des Chiens, et ils écrivent qu’il ne semble pas y avoir eu d’îlot naturel à cet endroit. Le dernier temple, que les récits de la conquête dotent de 120 marches et qu’ils restituent à environ 36 mètres de haut, aurait approché la limite de ce que ce sol fabriqué pouvait porter, ce qui expliquerait, probablement, qu’on ne l’ait pas élevé davantage.

Ces chiffres sont des calculs, et leurs auteurs les donnaient pour tels. Faute de forage sous le temple même, ils ont travaillé sur deux sondages de 1951, dont l’un situé à 2,5 kilomètres au sud-est, ont qualifié leurs estimations de préliminaires et ont réclamé de nouveaux sondages dans le sous-sol du centre historique. Sur leur plan, le contour de l’île des Chiens est tracé d’après la topographie des rues, relevée à l’œil en janvier 1984. Au Templo Mayor, l’INAH montre aujourd’hui au visiteur les sols superposés du patio nord, refaits les uns sur les autres pour compenser l’enfoncement du terrain et les crues.

Nezahualcóyotl coupe le lac en deux

Le lac qui entoure la ville n’a pas partout la même eau. À l’est, celle du lac de Texcoco est salée ; au sud, les lacs de Xochimilco et de Chalco, nourris de sources, sont doux. En 1449, sous le règne de Moctezuma Ilhuicamina, une crue submerge Tenochtitlan, et le souverain de Texcoco, Nezahualcóyotl, fait élever une digue de terre et de pierre, protégée sur ses flancs par une palissade de pieux contre l’érosion, qui traverse la lagune presque en ligne droite d’Atzacualco, au nord, jusqu’à Iztapalapa, au sud. Des vannes règlent le niveau et laissent passer les canots. Les Espagnols du XVIᵉ siècle l’appelleront l’albarradón. Peu à peu, à l’ouest de l’ouvrage, les eaux venues du sud adoucissent la lagune de Mexico, qui devient riche en poissons, tandis que le lac de Texcoco garde son sel à l’est.

L’eau potable, elle, vient de la terre ferme. Cortés décrit le long d’une chaussée deux conduites de mortier, larges chacune de deux pas et hautes presque comme un homme. L’une porte vers le centre un flot d’eau douce « de la grosseur d’un corps d’homme », dont boit toute la ville ; l’autre reste vide, pour qu’on puisse nettoyer la première sans couper l’approvisionnement. Aux ponts qui coupent la chaussée, l’eau passe dans des canaux « gros comme un bœuf ». C’est l’aqueduc qui descend des sources de Chapultepec, le long de la chaussée de Tlacopan.

L’équilibre reste fragile. En 1498, Ahuitzotl fait capter la source d’Acuecuexcatl, près de Coyoacán, pour alimenter la ville ; le débit est tel que Tenochtitlan est inondée, et le souverain, rapporte-t-on, meurt d’un coup reçu à la tête en voulant sortir d’une maison envahie par l’eau. Pendant le siège de 1521, les Espagnols ouvrent des brèches dans la digue de Nezahualcóyotl pour faire passer leurs brigantins d’une lagune à l’autre. Le siège dure soixante-quinze jours, et la ville est détruite méthodiquement, aux sept huitièmes selon l’historien Jorge Gurría Lacroix.

La ville espagnole, bâtie sur les ruines, ouvre une autre histoire, longue et toujours en cours, que le géographe Alain Musset a décrite dans les Annales comme « une catastrophe écologique soigneusement préparée », celle d’une société qui entendait régler à sa façon son différend avec le milieu en asséchant les lacs. Au XXᵉ siècle, le pompage des nappes a encore fait descendre le sol de six mètres sous la cathédrale de Mexico, et de sept ou davantage dans le voisinage, selon les nivellements réunis par Mazari et ses collègues.

Soixante mille maisons ou soixante mille âmes ?

Aucun recensement préhispanique de la ville n’a survécu, et tous les chiffres de population viennent de témoins intéressés à grandir leur conquête ou de calculs modernes. Cortés n’en donne aucun pour Tenochtitlan ; il compte seulement plus de soixante mille personnes qui achètent et vendent chaque jour sur la grande place du marché. Le Conquistador anonyme avance soixante mille habitants, « plutôt plus que moins », mais l’original castillan perdu disait peut-être vecinos, des chefs de foyer, et sa présence même aux côtés de Cortés a été mise en doute. Les chroniqueurs suivants reprennent pour la plupart le chiffre de soixante mille maisons, en lui appliquant chacun un multiplicateur différent.

Du côté des modernes, les estimations n’ont pas davantage convergé. En 1955, Jacques Soustelle estimait la population de Tenochtitlan et de Tlatelolco, sa jumelle, à plus de 500 000 personnes et probablement moins d’un million. Dans une synthèse publiée en 2022, Eloy Jiménez Martínez recense à côté de celle-ci des estimations qui vont de 60 000 à 400 000 habitants, puis propose pour sa part 75 000 à 95 000 personnes, en appliquant à une superficie qu’il évalue à 9,44 kilomètres carrés une densité placée entre celles de Séville et de Cordoue vers 1500. Tous ces chiffres dépendent de deux inconnues, la taille des ménages et la densité réelle des quartiers, que l’archéologie ne peut guère vérifier tant que la ville ancienne reste enfouie sous Mexico.

Le million de Las Casas n’entre dans aucune de ces fourchettes.

Cadastre sur papier d’amate

Pour voir la ville d’eau telle que ses habitants la découpaient, il faut quitter les gravures européennes. Conservé à la Biblioteca Nacional de Antropología e Historia de Mexico sous le numéro d’inventaire 10-163097, le plan dit « en papier de maguey » mesure 2,38 mètres sur 1,68. Un examen du support, au XXᵉ siècle, a montré qu’il s’agit en réalité d’amate, un papier d’écorce, mais le nom est resté. Le document est dessiné selon la technique indigène. On y distingue des canaux parallèles, des chemins marqués d’empreintes de pas et un quadrillage régulier de parcelles de chinampas. Passé par la collection de Lorenzo Boturini au XVIIIᵉ siècle, il a été exposé à Londres en 1824 par William Bullock.

Sa date n’a pas été fixée. Des fragments d’amate ont été ajoutés en plusieurs temps, si bien que certaines parties pourraient remonter à l’époque d’avant la conquête, mais on y voit aussi des vice-rois assis sur des sièges pliants et deux églises, dont l’une porte l’inscription « S[ant]a María ». Le Templo Mayor n’y apparaît pas. Sur chaque parcelle, une petite maison surmontée d’un visage porte le nom de son propriétaire écrit en nahuatl, dans un quartier que personne n’a encore su délimiter exactement sur la carte de Tenochtitlan.

Pour aller plus loin

Le siège de Tenochtitlan en 1521, avec la guerre des brigantins sur la lagune et la retraite espagnole de 1520, prolonge directement cette histoire d’eau : les sources de la chute de Tenochtitlan le disent. Hernán Cortés et la Malinche y jouent le premier rôle. Bartolomé de Las Casas, qui a lancé la formule vénitienne, a sa propre notice. Du côté maya, Tikal et Calakmul rappellent d’autres capitales mésoaméricaines, sans le lac. Le Codex Mendoza mériterait aussi son propre article, pour ses listes de tributs et pour le chemin qui l’a conduit jusqu’à Oxford.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Hernán Cortés, seconde Carta de relación à Charles Quint, signée à Segura de la Frontera (Tepeaca) le 30 octobre 1520 : description de Temixtitan (Séville et Cordoue, place du marché de Salamanque, aqueduc à double conduite) et comparaison du gouvernement de Tlaxcala avec les seigneuries de Venise, Gênes et Pise ; première édition, Séville, Jacobo Cromberger, 8 novembre 1522 ; plus ancienne copie manuscrite conservée à la Bibliothèque nationale d’Autriche, Vienne
  2. Praeclara Ferdinãdi Cortesii de Noua maris Oceani Hyspania narratio, traduction latine de la seconde lettre, avec gravure sur bois de Tenochtitlan et carte du golfe du Mexique, Nuremberg, Friedrich Peypus, 1524 Newberry Library, Chicago, Ayer 655,51 .C8 1524d
  3. Pierre Martyr d’Anghiera, De Orbe Novo Decades, Alcalá de Henares, Miguel de Eguía, 1530, récit de la réunion de 1522 avec Juan de Ribera et du plan indigène de Tenochtitlan (trad. espagnole de Joaquín Torres Asensio et Julio Martínez Mesanza, Décadas, Madrid, Polifemo, 1989, p. 381-383) Newberry Library, Chicago, Vault Ayer 111 .A5 1530
Voir les 20 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Benedetto Bordone, Libro di Benedetto Bordone nel qual si ragiona de tutte l’isole del mondo, Venise, 1528, planche « La gran citta di Temistitan » ; vue de Venise reproduite d’après l’édition de 1547 Library of Congress, Rare Book and Special Collections Division (édition de 1528) et Geography and Map Division, G1029 .B6 1547 Vault fol.
  2. Bartolomé de las Casas, Apologética historia, chap. L, dans Historiadores de Indias, t. I, Madrid, Nueva Biblioteca de Autores Españoles, 1909, p. 131 comparaison avec Venise et estimation de plus d’un million d’habitants
  3. Conquistador anonyme, Relatione d’alcune cose della Nuova Spagna e della gran città di Temistitan Messico, dans Giovanni Battista Ramusio (éd.), Navigationi et Viaggi, vol. III, Venise, Giunti, 1556, f. 304v-310r rues de terre et d’eau, soixante mille habitants
  4. Bernal Díaz del Castillo, Historia verdadera de la conquista de la Nueva España, chap. LXXXVII, achevée vers 1568, première édition Madrid, Imprenta del Reyno, 1632 Newberry Library, Chicago, Vault Ayer 655,51 .D5 1632
  5. Codex Mendoza, manuscrit pictographique nahua glosé en espagnol, Mexique, vers 1541 ( ?), fol. 2r, fondation de Tenochtitlan Oxford, Bodleian Library, MS. Arch. Selden. A. 1
  6. Plano parcial de la Ciudad de México, dit « Plano en papel de maguey », papier d’amate, 238 × 168 cm, ancienne collection Lorenzo Boturini Biblioteca Nacional de Antropología e Historia « Dr. Eusebio Dávalos Hurtado », Mexico, inventaire 10-163097

Bibliographie

  1. David Y. Kim, « Uneasy Reflections : Images of Venice and Tenochtitlan in Benedetto Bordone’s Isolario », Res : Anthropology and Aesthetics 49/50, 2006, p. 80-91 Res : Anthropology and Aesthetics
  2. Marcos Mazari, Raúl J. Marsal et Jesús Alberro, « Los asentamientos del Templo Mayor analizados por la mecánica de suelos », Estudios de Cultura Náhuatl 19, 1989, p. 145-182 UNAM, Instituto de Investigaciones Históricas
  3. Jorge Gurría Lacroix, El desagüe del valle de México durante la época novohispana, Mexico, 1978, Cuadernos Serie Histórica 19, chap. « La ciudad de México », p. 19-36 UNAM, Instituto de Investigaciones Históricas
  4. Eloy Jiménez Martínez, « En torno a la población de México-Tenochtitlan en 1519 », Anuario de Historia Regional y de las Fronteras 27 (1), 2022, p. 125-152, DOI 10,18273/revanu.v27n1-2022004 Universidad Industrial de Santanderhttps://doi.org/10.18273/revanu.v27n1-2022004
  5. Jacques Soustelle, La Vie quotidienne des Aztèques à la veille de la conquête espagnole, Paris, 1955 Hachette
  6. Alain Musset, « De Tlaloc à Hippocrate. L’eau et l’organisation de l’espace dans le bassin de Mexico (XVIᵉ-XVIIIᵉ siècle) », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations 46 (2), 1991 Annales ESC

Sources en ligne

  1. « Benedetto Bordone’s Isolario | Worlds Revealed », billet du 1er septembre 2023 Library of Congresshttps://blogs.loc.gov/maps/2023/09/benedetto-bordones-isolario/
  2. « Sección 2 : Los europeos invaden el imperio azteca », exposition Los aztecas y la formación del México colonial Newberry Libraryhttps://publications.newberry.org/aztecs/section_2_home_es.html
  3. « La Segunda relación de Hernán Cortés | Noticonquista - UNAM » Noticonquista, Universidad Nacional Autónoma de Méxicohttps://www.noticonquista.unam.mx/amoxtli/2388/2382
  4. « Tenochtitlán, según la Segunda carta de relación de Cortés » Columbia University, Department of Latin American and Iberian Cultureshttps://www.columbia.edu/cu/spanish/courses/spanish3349/05conquista/arte_tenochtitlan.html
  5. « A catalogue of Western manuscripts at the Bodleian Libraries and selected Oxford colleges », notice MS. Arch. Selden. A. 1 Bodleian Libraries, University of Oxfordhttps://medieval.bodleian.ox.ac.uk/catalog/manuscript_8834
  6. « Plano parcial de la Ciudad de México | Repositorio Institucional INAH » Instituto Nacional de Antropología e Historiahttps://repositorio.inah.gob.mx/o-43935
  7. « Templo Mayor », fiche de la zone archéologique Lugares INAH, Instituto Nacional de Antropología e Historiahttps://lugares.inah.gob.mx/es/node/4463
  8. « Desagüe del Valle de México - Memórica » Memórica, Archivo General de la Naciónhttps://memoricamexico.gob.mx/es/memorica/Desague_del_Valle_de_Mexico
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