On objectera d’emblée que presque tout ce qu’on raconte du puits sacré de Chichén Itzá et de ses sacrifices remonte à un franciscain, Diego de Landa, celui-là même qui fit brûler à Maní, en 1562, les livres et les images des Mayas du Yucatán. L’objection vaut pour les textes. Elle perd de sa force au fond de l’eau, où une drague américaine puis des équipes mexicaines ont remonté, entre 1904 et 1968, des plaques de jade, des disques d’or martelé, des boules de copal, cette résine qu’on brûlait comme un encens, et des milliers d’ossements humains aujourd’hui partagés entre Cambridge, dans le Massachusetts, et Mexico.
Le cenote, puits naturel ouvert par l’effondrement du calcaire, possède donc deux archives, l’une écrite par ceux qui voulaient abolir le rite, l’autre déposée par ceux qui l’accomplissaient, et elles se contredisent plus souvent qu’on ne l’imagine.
« Hombres vivos, en tiempo de seca »
Landa parle du puits à trois reprises. Au chapitre XXVIII de la Relación de las cosas de Yucatán, celui des sacrifices, il rapporte qu’on y jetait parfois des personnes vivantes, dans la croyance qu’elles en ressortaient le troisième jour, « aunque nunca más parecían », bien qu’on ne les revît jamais. Dans le passage où il décrit le site, il précise la circonstance, la sécheresse, et la nature des victimes, des « hombres vivos » offerts aux dieux avec des pierres de prix et tout ce que les habitants tenaient pour précieux ; si le pays avait eu de l’or, ajoute-t-il, ce puits en aurait gardé la plus grande part. Il en donne aussi la mesure, sept estados jusqu’à l’eau et cent pieds de large. Ailleurs enfin, dans le récit des troubles qui suivent le premier départ des Espagnols, les seigneurs de Maní décident un sacrifice solennel et font conduire au puits « ciertos esclavos y esclavas », des esclaves des deux sexes, que leurs ennemis les Cocomes logent dans une grande maison avant d’y mettre le feu et de massacrer ceux qui s’en échappent. Trois passages, trois registres. Le deuxième use d’une formule qui compte, « han tenido y tenían entonces costumbre », et place la pratique dans le siècle même de Landa, longtemps après la grande époque de la cité.
Encore faut-il savoir quel Landa on lit. L’original, rédigé en Espagne vers 1565, est perdu. Le texte ne subsiste que dans une copie anonyme de soixante-six feuillets, conservée à la Real Academia de la Historia de Madrid sous la cote 9/5153, dont le titre avoue l’abrégé, « sacada de lo que escrivio el padre fray Diego de Landa ». La notice de l’Académie place cette copie entre 1567 et 1600, selon des recherches récentes, et rappelle que d’autres la datent de 1616 ou du XVIIᵉ siècle. En 1862, l’abbé Charles Étienne Brasseur de Bourbourg la retrouve dans la bibliothèque de l’Académie, et il la publie deux ans plus tard à Paris, chez Arthus Bertrand, avec une traduction française en regard. Les lecteurs européens qui s’intéressent au puits après 1864 le découvrent donc à travers un abrégé, peut-être recopié par plusieurs mains, d’un livre que son auteur avait écrit loin du Yucatán.
Un autre témoin colonial voit le même lieu autrement. Une relation géographique de la province de Valladolid, publiée en 1983 par l’Université nationale autonome du Mexique dans le recueil des Relaciones histórico-geográficas de la gobernación de Yucatán, raconte que les seigneurs de la région, après soixante jours de jeûne, jetaient à l’aube dans le cenote quelques femmes de leur maison, sans les lier, chargées de demander une bonne année. À midi, celle qui devait revenir criait qu’on lui lance une corde ; remontée à demi morte, elle rapportait ce que lui avaient dit, en bas, des hommes et des femmes de sa nation, et le silence de celle qui ne criait pas signalait la colère du démon contre son seigneur. Le rite décrit tient de l’oracle autant que de la mise à mort.
Entre ces témoins et l’apogée de la cité, la distance se compte en siècles. Les archéologues placent le plus grand rayonnement de Chichén Itzá au Classique tardif et au Classique terminal, entre 600 et 1000 environ. Ce découpage propre au monde maya ne recoupe aucune période européenne, et le mot « médiéval » ne sert ici qu’à situer le lecteur. Les Espagnols ont décrit un lieu de culte encore fréquenté à leur époque, plusieurs siècles après que la cité eut cessé de dominer la région.
La drague de l’hacienda Chichén
Le premier à prendre Landa au mot est un Américain, Edward Herbert Thompson, consul des États-Unis à Progreso et propriétaire de l’hacienda où s’étendent les ruines. Selon ses propres souvenirs, que rapporte l’historien Guillermo Palacios, il avait arrêté son projet dès 1902, pris à Boston des leçons de scaphandre auprès d’un capitaine, Ephraim Nickerson, et fait construire une drague à benne preneuse. L’argent venait d’un cercle de collectionneurs bostoniens et du Peabody Museum de l’université Harvard, principal destinataire de milliers d’objets sortis illégalement du pays. Le dragage commence en 1904 et dure jusque vers le milieu de 1907, avec des reprises ponctuelles jusqu’en 1909 ; les violences de la Révolution mexicaine n’y mettent fin qu’en 1914, et Thompson lui-même donnait d’autres dates.
Quand la benne ne rend plus, Thompson descend lui-même avec des scaphandriers grecs. La vase livre d’abord des boules de copal, puis des armes de bois, une navette de tisserand, des sandales, des grelots de cuivre, des figurines de jade, de la céramique, des bagues et des médaillons d’or, et des squelettes humains. Le mot cenote vient d’ailleurs du maya ts’onot, que les Espagnols ont déformé, et le lieu porte aussi le nom de cenote Chenkú. Le disque G, feuille d’or de 24 centimètres sur 20 datée de 800 à 900, montre un combat naval, cinq guerriers empanachés dans un grand canot lançant leurs javelines contre des hommes montés sur trois radeaux. James Doyle, du Metropolitan Museum de New York, rappelle que cet or arrivait du Costa Rica ou du Panama en disques vierges que les orfèvres mayas amincissaient et ciselaient, et que ce disque avait été brûlé, percé et déchiré avant d’être jeté.
Tout cela sort mêlé. Une drague ignore les couches, et les fiches du Peabody datent de 700 à 1100 une plaque de jadéite où un personnage tenant un petit cacaoyer se dresse sur le dos d’un crabe géant, de 800 à 900 les disques d’or, de 1300 à 1450 un bol tripode encore rempli de copal. Il faut attendre 1992 et le troisième volume consacré par le Peabody aux trouvailles de Thompson, sous la direction de Clemency Chase Coggins, pour que soient publiés les centaines de textiles, les objets de bois et les offrandes de copal que l’eau avait conservés. Des objets du cenote reviennent au Mexique en 1976 ; volés au Musée national d’anthropologie la nuit de Noël 1985, ils sont retrouvés quatre ans plus tard.
Alma Reed imagine des vierges
Avant les os, c’est un récit qui s’impose. Le 8 avril 1923, le New York Times publie en pleine page de son supplément dominical, sous la signature d’Alma Reed, « The Well of the Maya’s Human Sacrifice ». La journaliste tient ses informations de Thompson, qui lui raconte le dragage et l’envoi des trouvailles au Peabody. Elle y ajoute une procession, la bénédiction d’un prêtre, des jeunes filles préparées depuis l’enfance à la perfection du corps et au martyre, des « virgins of flawless loveliness » enfin, droguées au balché, une boisson rituelle fermentée, avant d’être précipitées. L’historienne Lisa Munro a montré que cette série d’articles faisait des Mayas un peuple étranger et barbare aux yeux du lecteur américain, au moment même où les archéologues des États-Unis s’installaient au Yucatán.
Cet article fait aussi savoir que les trésors du puits sont à Harvard. En 1926, la parution à New York du livre de Theodore A. Willard, The City of the Sacred Well, décide le ministère mexicain de l’Éducation publique à dénoncer un vol d’objets archéologiques. La cause pénale 11/1926, ouverte devant le premier tribunal de district du Yucatán et remontée jusqu’à la Cour suprême, réunit des chapitres de Willard dactylographiés en espagnol, une liste d’objets avec leur estimation, la dénonciation adressée dès 1909 au ministère de Justo Sierra par l’archéologue et photographe autrichien Teobert Maler, et la mention d’objets passés en douane à Progreso dans des caisses de fruits, certains fondus en lingots par un orfèvre local.
Thompson vit alors aux États-Unis ; la procédure s’éteint sans jugement à sa mort, en mai 1935.
Les vierges de 1923 ne naissent pourtant pas de rien, et les réduire à une fable de journaliste serait une autre simplification. Les textes coloniaux parlent bien de femmes, les esclaves des deux sexes de Maní, les femmes des seigneurs de Valladolid, et l’équipe qui a publié en 2024 les génomes d’une citerne voisine note que ces récits du XVIᵉ siècle, relayés par les enquêtes qui suivent le dragage, ont installé l’idée de victimes surtout féminines, jeunes femmes et fillettes. Les os confirment qu’on a jeté des femmes dans le puits. La virginité, la beauté, l’éducation au martyre et la procession n’apparaissent en revanche dans aucune des sources coloniales citées ici, et c’est l’article d’Alma Reed qui les a répandues auprès du grand public.
Quatre-vingts enfants dans la vase
Les os remontés en 1961 sous la direction de William Folan, puis en 1967 et 1968 par Román Piña Chan, reposent à la direction d’anthropologie physique de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire, à Mexico, quand Guillermo de Anda, de l’université autonome du Yucatán, les reprend dans les années 2000 pour une étude taphonomique, c’est-à-dire l’étude des processus qui forment un dépôt archéologique. Le matériel est si mêlé qu’il faut compter par os. Anda retient 78 des 81 crânes et 47 des 54 mandibules, et parvient à 80 enfants ou adolescents, soit 64 %, pour 45 adultes, parmi lesquels 68 % d’hommes et 32 % de femmes ; il note que cette répartition concorde avec l’échantillon de Thompson conservé au Peabody. Un autre chiffre circule, repris en 2018 par la revue World Archaeology, qui parle de près de 79 % d’enfants de trois à onze ans. On retiendra ici celui d’Anda, parce qu’il publie les effectifs derrière les pourcentages. Le sexe des enfants échappe à l’ostéologie avant quinze ans, et le penchant d’Anda pour des garçons vient de sa lecture de la religion et de la cosmologie mayas, puisque les os laissent la question ouverte.
Sur une partie de ces os, Anda relève des marques de violence au moment de la mort et des traitements posthumes, désarticulation, décharnement, écorchement, exposition à la chaleur. Il les rapproche des dépositions recueillies dans les provinces de Sotuta et de Homún-Hocabá, où 93 % des sacrifices mentionnés comportent l’extraction du cœur et 79 % s’achèvent dans un cenote, et où les victimes ont surtout entre six et douze ans, à côté de jeunes hommes adultes. L’accord des âges frappe. Il faut pourtant savoir d’où sortent ces dépositions : des procès d’idolâtrie conduits par Landa en 1562, publiés en 1938 par France Scholes et Eleanor Adams, et que Scholes tenait pour largement fondés. Inga Clendinnen les a relus en 1982 dans The Americas ; elle rappelle que les témoignages de Sotuta viennent de sept villages interrogés en six jours, que Landa n’a fait consigner qu’une partie des aveux, et que les Indiens ont ensuite rétracté leurs déclarations comme des inventions. La coïncidence porte sur des âges et des gestes. Elle ne garantit ni les circonstances racontées, ni l’époque.
Une autre mesure interroge l’origine des victimes. L’émail dentaire se forme dans les premières années de la vie et garde la signature chimique des eaux et des nourritures de l’enfance ; en dosant les isotopes du strontium et de l’oxygène dans l’émail d’un large échantillon du cenote, T. Douglas Price, Vera Tiesler et Carolyn Freiwald ont conclu en 2019 que ces individus venaient de plusieurs régions du Mexique, et peut-être d’au-delà. Leur article parle sans détour de centaines de personnes exécutées rituellement puis jetées à l’eau, et le puits recevait donc des corps venus de loin comme il recevait l’or de l’isthme.
Tixcacaltuyub
Le cenote n’est pas le seul dépôt de ce genre à Chichén Itzá. En 1967, tout près de lui, on dégage un chultún, une citerne souterraine creusée dans la roche, agrandie et reliée à une petite grotte, qui renferme les restes de plus de cent enfants et adolescents, 106 selon l’estimation retenue. En 2024, une équipe réunie autour de Rodrigo Barquera et de Johannes Krause, à l’institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig, publie dans Nature les génomes de 64 d’entre eux, ceux dont le rocher, l’os dense qui abrite l’oreille interne, avait conservé son ADN. Tous étaient des garçons.
La parenté frappe davantage encore. Un quart des enfants avait un proche parent dans la citerne, et deux paires de jumeaux monozygotes s’y trouvaient, alors que de tels jumeaux ne naissent spontanément que dans 0,4 % de la population ; les parents proches avaient consommé la même nourriture, ce qui suggère qu’ils avaient grandi sous le même toit. Les jumeaux tiennent une grande place dans la mythologie maya, où ils portent la dualité des dieux et des héros. Les enfants étaient des Mayas de la région. Les chercheurs ont comparé leurs génomes à ceux des habitants de Tixcacaltuyub, village d’environ 2 100 âmes à 55 kilomètres au sud-est de Chichén Itzá, et y retrouvent la même population, marquée seulement, sur certains gènes de l’immunité, par l’épreuve des épidémies d’après 1492.
Ce résultat ne se transpose pas au puits. Les auteurs soulignent eux-mêmes le contraste avec le cenote, où l’on a retrouvé des individus des deux sexes. Guillermo de Anda, qui n’a pas pris part à l’étude, se demande pourquoi deux lieux si proches ont reçu des victimes, et relève que les os de la citerne ne montrent aucune cause de mort visible ; Rodrigo Barquera, faute de toute trace de traumatisme, en conclut que les corps y ont été posés. La date flotte elle aussi, puisque le résumé de l’article situe les 64 enfants vers 500 à 900 tandis que la présentation de l’étude étend l’usage de la citerne du VIIᵉ au XIIᵉ siècle, avec la plupart des dépôts entre 800 et 1000. La grotte elle-même a sans doute disparu, recouverte, pense Anda, par une piste d’aviation construite quelques années après la fouille puis abandonnée, et les os du cenote attendent toujours leur première analyse génétique, que le même Anda appelle de ses vœux.
Au Peabody Museum de Cambridge, un bol tripode sorti du cenote, douze centimètres dans chaque dimension, garde encore sa masse de copal où l’on a enfoncé des perles de jadéite ; sa fiche le date de 1300 à 1450, trois siècles au moins après l’apogée de la cité et un peu plus d’un siècle avant que Landa n’écrive que la coutume du puits durait toujours.
Pour aller plus loin
La position de Landa comme témoin s’éclaire par l’auto-da-fé de Maní et la destruction des manuscrits mayas en 1562. La chute de Mayapán et les guerres entre seigneurs du Yucatán, que Landa raconte aussi, prolongent l’histoire du pèlerinage au puits, tandis que le tzompantli, la plate-forme aux crânes sculptés de Chichén Itzá, pose sous une autre forme la question des morts rituelles.
On raconte souvent qu’une cité maya jetait de belles jeunes filles dans un grand puits naturel, pour les offrir à ses dieux. Cette cité s’appelle Chichén Itzá. Elle se dresse au nord du Yucatán, une région du Mexique où l’eau coule sous la roche. L’histoire des jeunes filles a pourtant un auteur et une date, et le puits lui-même a été fouillé.
Un moine au bord du puits
Un moine espagnol, Diego de Landa, parle du puits. Il avait combattu la religion des Mayas et fait brûler leurs livres. Vers 1566, il écrit malgré tout un long ouvrage sur leurs coutumes. Il y note que, lors des sécheresses, on jetait des hommes vivants dans le puits, avec des pierres de valeur.
Le moine évoque aussi des esclaves, hommes et femmes, conduits vers ce même puits. Son livre pose toutefois un problème. L’original est perdu, et l’on ne possède qu’une copie raccourcie, gardée à Madrid. Personne ne sait exactement quand elle a été recopiée.
Un autre récit espagnol montre une scène différente. Des seigneurs mayas jettent à l’aube quelques femmes dans l’eau, pour qu’elles demandent une bonne année. À midi, celle qui a survécu appelle, et on la remonte avec une corde. Elle rapporte alors les paroles des gens d’en bas. Ce rite ressemble autant à une question posée aux dieux qu’à une mise à mort.
La benne de Thompson
Au début du siècle dernier, un consul américain veut vérifier ce qu’écrivait le moine. Edward Thompson possède le domaine où se trouvent les ruines. En 1904, il installe au bord du puits une benne qui racle le fond. Plus tard, il descend lui-même dans l’eau avec des scaphandriers.
La vase rend des objets venus de très loin. On y trouve du jade, de l’encens, des outils de bois et des disques d’or. Cet or arrivait du sud de l’Amérique centrale. Les trésors partent en cachette vers un musée de l’université Harvard, aux États-Unis.
Thompson raconte ses fouilles à une journaliste américaine, Alma Reed. En 1923, elle en tire un grand article pour un journal de New York. Elle y ajoute une procession et des vierges d’une beauté parfaite, endormies par une boisson avant la chute. Ni le moine ni l’autre récit espagnol ne parlent de virginité ou de beauté.
Quelques années plus tard, un livre sur les fouilles pousse le Mexique à porter plainte pour vol. Le procès traîne pendant des années. Thompson meurt avant tout jugement.
Des os d’enfants
Les os remontés du puits par des équipes mexicaines ont été recomptés au début de notre siècle par l’archéologue Guillermo de Anda. Près des deux tiers appartenaient à des enfants ou à des adolescents. Chez les adultes, les hommes étaient environ deux fois plus nombreux que les femmes. Des femmes ont donc bien fini au fond de l’eau.
Le sexe des enfants, lui, reste inconnu. Les os ne permettent pas de le lire avant l’adolescence. Anda penche pour des garçons, en s’appuyant sur les croyances mayas. Les os, eux, laissent la question ouverte.
Certains os portent des traces de violence au moment de la mort. D’autres montrent des corps découpés ou écorchés après la mort. Anda les compare à des aveux de Mayas qui décrivent des sacrifices semblables, surtout d’enfants. Ces aveux ont pourtant été recueillis pendant des procès menés par Landa, et leurs auteurs les ont ensuite reniés.
Des garçons dans une citerne
Tout près du puits, une citerne creusée sous la roche contenait les os de plus de cent enfants. Leurs gènes ont été lus en 2024 par une équipe de généticiens. Soixante-quatre d’entre eux ont pu être étudiés. Tous étaient des garçons.
Beaucoup de ces garçons étaient proches parents, et l’on a même trouvé de vrais jumeaux. Ils venaient de la région. Les habitants actuels d’un village de la même région appartiennent d’ailleurs à la même population qu’eux.
Ce résultat ne vaut pas pour le puits, où l’on a trouvé les deux sexes. Les garçons de la citerne ne portent aucune trace de violence, et l’on ignore de quoi ils sont morts. On ne sait pas non plus pourquoi deux lieux si proches ont reçu des enfants. Les os du puits, eux, n’ont pas encore livré leurs gènes.
Parmi les trésors partis aux États-Unis, un disque d’or très mince montre une bataille sur l’eau. Avant d’être jeté, il avait été abîmé par le feu et déchiré.
Le texte exact de Landa, le procès intenté à Thompson et la querelle sur les aveux recueillis par le moine occupent la version complète.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Diego de Landa, *Relación de las cosas de Yucatán*, copie manuscrite anonyme et abrégée « sacada de lo que escrivio el padre fray Diego de Landa », 66 feuillets (f. 1r-66v), incipit « Fray Di[ego] de Landa. MDLXVI », original de vers 1565 perdu, copie datée de 1567-1600 par la notice (1616 ou XVIIᵉ siècle selon d’autres chercheurs), chap. XXVIII (sacrifices), description du site et récit du sacrifice des seigneurs de Maní Real Academia de la Historia, Madrid, 9/5153
- Relation géographique de la province de Valladolid, passage sur les femmes jetées à l’aube dans le cenote de Chichén Itzá après soixante jours de jeûne éd. Mercedes de la Garza et alii, *Relaciones histórico-geográficas de la gobernación de Yucatán*, Mexico, 1983, t. I, Universidad Nacional Autónoma de México
- Dépositions des provinces de Sotuta et de Homún-Hocabá recueillies lors des procès d’idolâtrie de 1562 éd. France V. Scholes et Eleanor B. Adams, *Don Diego Quijada*, 1938, t. I, doc. XXVIII, p. 199 (témoignages de la province de Sotuta)
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Sources primaires (suite)
- Disque G, or martelé et ciselé, 24 × 20 × 0,1 cm, vers 800-900, combat naval entre un canot et trois radeaux, Cenote sagrado de Chichén Itzá Peabody Museum of Archaeology and Ethnology, Harvard University, 10-71-20/C10067
- Plaque, jadéite, 13,7 × 11,3 × 0,6 cm, vers 700-1100, personnage tenant un cacaoyer debout sur un crabe, Cenote sagrado Peabody Museum of Archaeology and Ethnology, Harvard University, 10-71-20/C7410
- Bol tripode contenant du copal et des perles de jadéite, céramique, copal, jadéite, 12 × 12 × 12 cm, vers 1300-1450, Cenote sagrado Peabody Museum of Archaeology and Ethnology, Harvard University, 07-7-20/C4561
- Ossements humains du Cenote sagrado, campagnes de William Folan (1961) et de Román Piña Chan (1967-1968), dont 81 crânes et 54 mandibules Instituto Nacional de Antropología e Historia, direction d’anthropologie physique, Mexico
- Restes de 64 sujets immatures du *chultún* de Chichén Itzá, fouille de 1967, prélèvements sur le rocher gauche Centro INAH Yucatán, laboratoire d’ostéologie, Mérida
- Causa penal 11/1926, Juzgado Primero de Distrito de Yucatán, poursuites pour vol d’objets archéologiques contre Edward H. Thompson, éteintes à sa mort en 1935 expediente présenté par la Suprema Corte de Justicia de la Nación
- Alma Reed, « The Well of the Maya’s Human Sacrifice », *The New York Times*, 8 avril 1923, p. SM9
Bibliographie
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- Rodrigo Barquera et alii, « Ancient genomes reveal insights into ritual life at Chichén Itzá », *Nature* 630 (8018), 2024, p. 912-919, DOI 10,1038/s41586-024-07509-7 Naturehttps://doi.org/10.1038/s41586-024-07509-7
Sources en ligne
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- « De Chichén Itzá a Boston : los tesoros del Cenote Sagrado », exposition, salle 1 Biblioteca Digital, Suprema Corte de Justicia de la Naciónhttps://bibliotecadigital.scjn.gob.mx/exposiciones/de-chichen-itza-a-boston/sala_1.html
- « Into the Centipede’s Jaws : Sumptuous Offerings from the Sacred Cenote at Chichén Itzá », James Doyle, 21 mai 2018 The Metropolitan Museum of Arthttps://www.metmuseum.org/perspectives/golden-kingdoms-sacred-cenote-chichen-itza
- « Artifacts from the Cenote of Sacrifice, Chichen Itza, Yucatan » Peabody Museum of Archaeology & Ethnology, Harvard Universityhttps://peabody.harvard.edu/publications/artifacts-cenote-sacrifice-chichen-itza-yucatan
- « El Cenote Sagrado, Chichén Itzá, Yucatán » Arqueología Mexicanahttps://arqueologiamexicana.mx/mexico-antiguo/el-cenote-sagrado-chichen-itza-yucatan
- « New Thinking on Mayan child Sacrifice » World Archaeologyhttps://www.world-archaeology.com/world/south-america/mexico/new-thinking-on-mayan-child-sacrifice/
- « Ancient Maya genomes reveal ritual sacrifice at Chichén Itzá » Max-Planck-Gesellschafthttps://www.mpg.de/22037367/0606-evan-ancient-maya-genomes-150495-x
- « How did the Maya choose sacrifice victims ? DNA yields new clues. » National Geographichttps://www.nationalgeographic.com/history/article/maya-sacrifice-dna-chichen-itza-boys
- « A Mass Grave of Maya Boys May Shed Light on Human Sacrifice in Chichén Itzá » Smithsonian Magazinehttps://www.smithsonianmag.com/smart-news/a-mass-grave-of-maya-boys-may-shed-light-on-human-sacrifice-in-chichen-itza-180984542/







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