Dans l’édition bilingue que Robert Drew Hicks publie en 1925 dans la Loeb Classical Library, Alexandre vient se planter devant Diogène et se présente comme le grand roi, et Diogène lui répond par son propre nom suivi d’un mot que la page anglaise rend par « the Cynic » (Vies et doctrines des philosophes illustres, VI, 60). Une note de bas de page avertit que le grec porte autre chose, Diogenês ho kuôn, Diogène le Chien. Le traducteur a mis dans la ligne le nom d’une école que tout lecteur de 1925 connaissait et renvoyé l’animal en note, alors que l’homme qui parlait se donnait devant un roi le nom d’une bête. Les Anciens hésitaient eux aussi, et Diogène Laërce propose deux origines au nom des cyniques, sans dire laquelle il préfère.
Un gymnase pour les fils de mère étrangère
La première origine est un lieu. Antisthène, l’élève de Socrate, conversait au gymnase du Cynosarges, non loin des portes de la ville, et certains pensent, écrit Diogène Laërce, que l’école cynique tient son nom de cet endroit (VI, 13, d’après la traduction de Hicks, la traduction française de référence étant depuis 1999 celle que dirige Marie-Odile Goulet-Cazé). Le lieu convenait à l’homme. Sa mère passait pour thrace (VI, 1), et le Cynosarges, sanctuaire d’Héraclès sur la rive sud de l’Ilissos, servait de gymnase aux nothoi, les fils nés d’un parent athénien et d’un parent étranger, comme le rappelle William Morison dans l’Internet Encyclopedia of Philosophy. La Souda, à l’article Antisthène (α 2723), prend la même voie et dit la philosophie cynique nommée d’après le gymnase où il enseignait.
Le nom du lieu contient déjà l’animal. Kunosarges a été compris comme « chien blanc », « chien rapide » ou même « viande de chien ». Une légende que recueillent Hésychius, la Souda et Eustathe veut qu’un chien blanc ou rapide ait emporté la viande d’un sacrifice offert à Héraclès, et Morison observe que l’origine du nom paraissait déjà obscure aux Anciens.
Cette étymologie a contre elle un fait négatif, que Donald Dudley mettait en avant dans son History of Cynicism de 1937. Aucun témoignage ne montre Diogène ou Cratès au Cynosarges, et le rapprochement aurait été fabriqué par les doxographes, ces compilateurs d’opinions philosophiques, sur le modèle de l’Académie et du Portique, deux écoles qui portent bien le nom de leur lieu (d’après le résumé qu’en donne Maria Hotes en 2014). Chez Dudley, l’argument tient à une thèse plus large, qui refuse de faire d’Antisthène le maître de Diogène. Goulet-Cazé, dans Le Cynisme, une philosophie antique (Vrin, 2017), adopte selon le compte rendu de Susan Prince une position intermédiaire, puisque Antisthène aurait été le premier qu’on ait appelé chien sans être le premier cynique, faute d’avoir adopté le genre de vie et fondé une lignée. Le second indice de Diogène Laërce va d’ailleurs dans ce sens. La phrase qui suit la mention du gymnase rapporte qu’on surnommait Antisthène Haplokuôn, mot que Julie Piering comprend, dans la même encyclopédie, comme le chien pur et simple. Les deux textes qui relient le gymnase à l’école sont tardifs, Diogène Laërce écrivant probablement au IIIᵉ siècle de notre ère et la Souda au Xᵉ, et personne ne peut dater le moment où le surnom d’un homme est devenu le nom d’un groupe.
« Le Chien appelait les tavernes des phidities »
Le plus ancien témoin écrit du vivant de Diogène et ne prononce pas son nom. Au livre III de la Rhétorique, parmi des exemples de métaphores, Aristote rapporte que le Chien, ho Kuôn, appelait les tavernes d’Athènes les phidities de l’Attique (III, 10, 1411a24-25), du nom des repas communs de Sparte, où l’on mangeait sobrement et en ordre. Aldo Brancacci, qui consacre au passage un article de la revue Peitho en 2020, y voit la plus ancienne mention de Diogène qui nous soit parvenue, et lit dans l’emploi du seul sobriquet la preuve qu’il suffisait à désigner l’homme à Athènes. Goulet-Cazé avait proposé d’y reconnaître Antisthène. Brancacci juge la conjecture sans fondement et s’appuie sur l’analyse que P. Zaccaria a publiée dans Hermes en 2017 sous un titre qui tranche, « The First Dog ».
L’ordre des mots change avec ce témoignage. L’adjectif kunikos existait avant l’école au sens de « canin », et le dictionnaire de Liddell, Scott et Jones en relève un emploi chez Xénophon (Cyropédie, V, 2, 17). Chez Aristote, ho Kuôn avec l’article fonctionne comme un nom propre, à la manière d’un surnom de quartier, et les kunikoi ne viennent qu’ensuite, par dérivation, comme un groupe nommé d’après un homme. Dans cette chronologie, le gymnase n’a plus de rôle à jouer. Elle reste une reconstruction, faute d’un texte qui montre le passage du sobriquet au nom d’école.
Maltais à jeun, molosse repu
Le surnom était une injure, et Diogène Laërce montre Diogène la ramasser chaque fois qu’on la lui lance. Platon le traite de chien, Diogène acquiesce, puisqu’il revient sans cesse vers ceux qui l’ont vendu (VI, 40). Des convives lui jettent leurs os comme à un chien, il fait alors ce que fait un chien et les arrose (VI, 46). Des passants l’entourent pendant qu’il déjeune sur la place en lui criant « chien », et il leur renvoie le mot, puisque ce sont eux qui font cercle autour d’un homme qui mange (VI, 61). Interrogé sur la race de chien qu’il était, il répond qu’à jeun il est un maltais et repu un molosse, deux races que l’on vante sans oser les emmener à la chasse par crainte de la fatigue, de même qu’on n’ose pas vivre avec lui par crainte de l’inconfort (VI, 55). On garde ici « chien » pour kuôn, de préférence à « molosse » ou à « cabot », parce que le grec emploie le mot le plus ordinaire et que l’injure ne porte que par sa banalité. Après sa mort à Corinthe, on l’enterra près de la porte qui mène à l’Isthme, et l’on dressa sur sa tombe une colonne surmontée d’un chien de marbre de Paros (VI, 78).
Ramené à son ossature, l’argument tient en trois phrases. La mesure de la vie bonne est la nature, et la coutume, nomos, n’a d’autre autorité que celle qu’on lui prête, ce que Piering résume en écrivant que chez les cyniques la nature remplace la convention comme étalon du jugement. Le chien fait en public ce que les hommes cachent et n’a besoin d’aucun bien pour vivre, de sorte qu’il vit selon la nature sans avoir à le savoir. Celui qu’on traite de chien parce qu’il vit ainsi reçoit donc, sous la forme d’une insulte, la description exacte de son programme, et l’accepter revient à retourner l’accusation contre ceux qui la portent, comme en VI, 61.
La réponse de VI, 60 ajoute une fonction au portrait. Diogène y flatte ceux qui lui donnent quelque chose, aboie contre ceux qui refusent et plante ses dents dans les canailles, et les trois verbes décrivent un chien qui trie les gens d’après ce qu’ils font. Le portrait est celui d’un juge à quatre pattes.
Platon dresse un chien de garde
Platon s’était servi du même animal pour un tout autre usage. Au livre II de la République, Socrate cherche quel naturel donner aux gardiens de la cité, qui doivent être doux avec les leurs et rudes avec l’ennemi, et il le trouve chez le jeune chien de race (375a-e). Le chien s’irrite contre l’inconnu sans en avoir rien subi et fait fête à celui qu’il connaît sans en avoir rien reçu. Il distingue donc l’ami de l’ennemi par le seul fait de connaître l’un et d’ignorer l’autre, et Socrate en conclut que l’animal a un naturel ami du savoir, philosophos (376a-b). Les lecteurs de Platon se divisent sur le sérieux de l’analogie, que les uns tiennent pour ironique ou parodique et les autres pour une thèse, et Maria Hotes, dans la Revue de philosophie ancienne en 2014, défend la seconde lecture.
La différence se voit devant n’importe quelle maison gardée. Le voisin qui passe chaque jour sans jamais rien apporter est accueilli en silence, l’inconnu qui vient livrer un cadeau est reçu à grands aboiements. Le chien de Platon a raison selon son critère, puisqu’il juge par ce qu’il connaît, et tort selon celui de Diogène, qui trie d’après le geste, donner ou refuser, et d’après la conduite, celle des canailles. Hotes tire de la confrontation deux conceptions distinctes du philosophe, gardien d’un ordre connu chez Platon, juge des actes chez Diogène. Le tri de Diogène peut-il pourtant se passer de toute connaissance, alors qu’il faut bien savoir qui donne pour remuer la queue devant lui ?
Adiaphoron, anaides, phrourêtikon, diakritikon
Près de neuf siècles après Diogène, dans la seconde moitié du VIᵉ siècle de notre ère et peut-être à Alexandrie, selon la datation prudente que retient Christian Wildberg dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, le commentateur néoplatonicien Élias ouvre ses leçons sur les Catégories d’Aristote par un prologue où il explique le nom des cyniques. Il en donne quatre raisons, que Hotes cite d’après l’édition des scholies d’Aristote par Christian August Brandis (p. 23) et le recueil de Gabriele Giannantoni (SSR I H 9). Le chien mène une vie indifférente, to adiaphoron tou zôou. Il est un animal impudent, anaides, et un animal de garde, phrourêtikon. Il discerne enfin, diakritikon, l’ami de l’ennemi, et les cyniques, selon la scholie que Hotes reprend après Dudley, reconnaissent pour amis ceux qui sont aptes à la philosophie, epitêdeious pros philosophian. Ce dernier critère touche à la question laissée ouverte par le chien de Platon, puisque, pour savoir qui est apte à philosopher, il faut connaître celui qu’on juge, et la scholie réintroduit ainsi dans le discernement cynique la connaissance que la réponse de VI, 60 laissait dans l’ombre. Stobée prête de son côté à Diogène une formule qui renverse l’image du chien de garde, puisque les autres chiens mordent leurs ennemis quand lui mord ses amis (Florilège, III, 13, 44, cité par Hotes). On ignore d’où Élias tient sa liste. Elle peut résumer une tradition d’école plus ancienne aussi bien que résulter de son propre classement, et sa forme en quatre membres ressemble davantage à un exercice de professeur qu’à un témoignage.
Kynismus et Zynismus
Dans les dictionnaires français, le nom de secte précède le trait de caractère. En 1740, la troisième édition du Dictionnaire de l’Académie française définit « cynique » comme l’épithète d’une secte de philosophes à qui l’on reprochait d’être « mordans & sans pudeur, comme les chiens », puis donne un second sens, « Impudent, obscène ». En 1798, la cinquième édition fait du cynisme, outre la doctrine, le caractère du cynique, c’est-à-dire l’impudence. Des quatre raisons d’Élias, la langue n’a gardé que l’impudeur, et elle y a joint la morsure que Diogène revendiquait en VI, 60, tandis que l’indifférence, la garde et le discernement disparaissaient des définitions.
Deux philosophes du XXᵉ siècle ont tenté de séparer de nouveau l’école et l’attitude. En 1983, Peter Sloterdijk publie chez Suhrkamp la Critique de la raison cynique (Kritik der zynischen Vernunft) et oppose le Kynismus de Diogène, une insolence qui répond à l’idéalisme par la conduite, au Zynismus moderne, qu’il définit comme une fausse conscience éclairée, celle de l’homme qui ne croit plus aux valeurs de l’institution où il continue de tenir son rôle (d’après l’introduction de Stefan Lorenz Sorgner).
L’allemand dispose de deux orthographes pour un mot que le français n’écrit que d’une seule.
L’année suivante, entre février et mars 1984, Michel Foucault étudie le cynisme dans son dernier cours au Collège de France, publié en 2009 sous le titre Le Courage de la vérité. Mathieu Potte-Bonneville, dans La Vie des idées, y relève quatre règles de la vie vraie que le cynique pousse jusqu’au scandale, la non-dissimulation jusqu’à l’impudence, la pureté jusqu’à la pauvreté choisie, la conformité à la nature jusqu’à l’animalité, l’identité à soi jusqu’à une souveraineté misérable.
La huitième édition du Dictionnaire de l’Académie, en 1935, définit encore le cynisme, par extension, comme une « affectation d’impudence », et le mot « affectation » fait du chien de Diogène un acteur qui jouerait l’impudeur au lieu de la vivre, de sorte que la langue, après avoir laissé tomber trois des quatre raisons d’Élias, a fini par soupçonner la dernière d’être une pose.
Pour aller plus loin
Le mariage de Cratès et d’Hipparchia, que la Souda appelle kunogamia, montre la doctrine du chien appliquée à une union. Les gardiens du livre II de la République de Platon et la parrêsia, le franc-parler que Foucault étudie dans ses derniers cours, prolongent les deux usages philosophiques de l’animal.
Traiter quelqu’un de cynique n’a rien d’aimable. Dans les dictionnaires français, le mot désigne l’impudence depuis le XVIIIᵉ siècle. Il vient pourtant d’un animal. En grec, « cynique » veut dire « qui ressemble à un chien ». Des philosophes d’Athènes ont porté ce nom il y a plus de deux mille ans. Les Anciens eux-mêmes ne savaient plus très bien pourquoi.
Un gymnase au nom de chien
Un biographe grec, Diogène Laërce, propose deux réponses. La première est un endroit. Antisthène, un élève de Socrate, enseignait dans un gymnase situé près des portes d’Athènes. Ce lieu s’appelait le Cynosarges, et son nom contient déjà le mot chien. Une légende raconte qu’un chien blanc avait volé la viande offerte au dieu Héraclès. Certains pensaient donc que l’école tirait son nom de ce gymnase.
Cette piste a un point faible. Un historien l’a relevé en 1937. Aucun texte ne montre Diogène, le plus célèbre des cyniques, dans ce gymnase. Selon lui, le lien a été inventé plus tard, sur le modèle d’autres écoles qui portaient le nom de leur lieu.
La seconde réponse est un surnom. On surnommait Antisthène lui-même « le chien tout court ». Le nom de l’école viendrait alors d’un homme, et le gymnase n’y serait pour rien.
Le Chien d’Athènes
Le plus ancien témoin est Aristote. Il vivait à la même époque que Diogène. Dans un livre sur l’art de parler, il cite un bon mot du « Chien » sans donner son nom. Ce Chien appelait les tavernes d’Athènes des cantines de Sparte, une ville connue pour ses repas sobres et réglés.
Aldo Brancacci, qui a étudié ce passage, reconnaît Diogène dans ce Chien. Une spécialiste du cynisme, Marie-Odile Goulet-Cazé, avait pensé plutôt à Antisthène. Dans les deux cas, le surnom appartenait à une personne avant de désigner un groupe. Aucun texte ne montre le moment où il a changé de sens.
Une insulte qu’on ramasse
Le surnom était une injure. Diogène l’a reprise à son compte. Un jour, Platon le traite de chien, et Diogène lui donne raison. Une autre fois, des convives lui jettent leurs os à table. Il les arrose alors comme le ferait un chien.
On lui demande ce qu’il a fait pour mériter ce nom. Il répond qu’il remue la queue devant ceux qui donnent, qu’il aboie contre ceux qui refusent et qu’il mord les canailles. Derrière la plaisanterie, il y a une idée. Pour Diogène, la règle de la vie bonne est la nature, et les usages ne valent rien. Le chien vit dehors sans rien cacher et sans rien posséder. L’insulte décrit donc exactement la vie qu’il a choisie.
Platon avait déjà parlé du chien, mais pour une autre raison. Il cherchait le caractère idéal des gardiens d’une cité. Le chien de garde aboie contre l’inconnu qui ne lui a fait aucun mal. Il fait fête au familier qui ne lui a rien donné. Il juge donc d’après ce qu’il connaît, et Platon y voit un trait de philosophe.
Le chien de Diogène, lui, juge d’après les actes. Une question reste ouverte. Peut-on trier les gens selon leurs gestes sans rien savoir d’eux ?
Quatre raisons, puis une seule
Près de neuf siècles après Diogène, un professeur nommé Élias explique le surnom à ses élèves. Il commentait un traité d’Aristote, peut-être à Alexandrie. Il donne quatre raisons. Le chien mène une vie indifférente. Il n’a pas de honte. Il monte la garde. Il reconnaît ses amis, et les cyniques choisissent pour amis ceux qui sont doués pour la philosophie. On ne sait pas d’où Élias tient cette liste.
La langue française n’a pas tout gardé. En 1740, le dictionnaire de l’Académie retient l’absence de pudeur et le goût de mordre. En 1935, il parle d’une impudence jouée, presque d’une pose. En 1983, le philosophe allemand Peter Sloterdijk a voulu séparer deux choses. Sa langue lui permettait d’écrire le mot de deux façons, une pour l’insolence de Diogène, une autre pour celui qui ne croit plus aux valeurs de son institution mais continue d’y tenir son rôle.
À Corinthe, sur la tombe de Diogène, on avait dressé une colonne surmontée d’un chien en marbre.
L’article classique part d’une note de bas de page dans une traduction anglaise de 1925, et confronte le chien de garde de Platon à la réponse de Diogène devant ceux qui le traitaient de chien.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, livre VI : 1 (la mère d’Antisthène passait pour thrace), 13 (Antisthène au gymnase du Cynosarges, l’école cynique nommée d’après le lieu selon certains, le surnom *Haplokuôn*), 40 (Platon le traite de chien), 46 (les os jetés au banquet), 55 (maltais à jeun, molosse repu), 60 (flatter ceux qui donnent, aboyer contre ceux qui refusent, mordre les canailles ; la rencontre avec Alexandre, *Diogenês ho kuôn* rendu par « the Cynic » avec une note sur le sens littéral), 61 (les passants qui crient « chien »), 78 (la tombe près de la porte de l’Isthme, la colonne et le chien de marbre de Paros) ; texte et traduction anglaise de R. D. Hicks, Loeb Classical Library, 1925, consultés sur Perseids (VI, 1-19) et dans la Perseus Digital Library (VI, 20-81) ; traductions françaises de la rédaction Harvard University Press et William Heinemann
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, traduction française sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé, avec Jean-François Balaudé, Luc Brisson, Jacques Brunschwig, Tiziano Dorandi, Richard Goulet et Michel Narcy, Paris, 1999, 1 399 p., « Classiques modernes », édition de référence en français, notice consultée dans le compte rendu de la revue *Dialogue* Le Livre de poche
- Aristote, *Rhétorique*, III, 10, 1411a24-25 (*ho Kuôn de ta kapêleia ta Attika phiditia*, le Chien appelait les tavernes les phidities de l’Attique, = *SSR* V B 184), texte grec cité d’après Aldo Brancacci, 2020, p. 68 ; traduction de la rédaction
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Sources primaires (suite)
- Platon, *République*, II, 375a-376b (le jeune chien de race et le naturel des gardiens, 375a-e ; le chien qui distingue l’ami de l’ennemi par le connu et l’inconnu, naturel *philosophos*, 376a-b), texte grec de 1903 et traduction anglaise sans nom de traducteur affiché, Perseus Digital Library ; traduction de la rédaction Tufts University
- Élias, *Commentaire sur les Catégories d’Aristote*, prologue, scholie sur les quatre raisons du nom des cyniques (*to adiaphoron tou zôou*, *anaides*, *phrourêtikon*, *diakritikon*, les amis « aptes à la philosophie », *epitêdeious pros philosophian*), éd. Christian August Brandis, *Scholia in Aristotelem*, p. 23, = Gabriele Giannantoni, *Socratis et Socraticorum Reliquiae*, I H 9, d’après Maria Hotes, 2014 ; édition moderne d’Adolf Busse, *Commentaria in Aristotelem Graeca*, XVIII, 1, 1900, d’après Christian Wildberg
- Stobée, *Florilège*, III, 13, 44 (= *SSR* V B 149), Diogène mord ses amis quand les autres chiens mordent leurs ennemis, d’après la traduction française de Maria Hotes, 2014
- *Souda*, α 2723 (Antisthène, mère thrace, enseignement au Cynosarges, philosophie cynique nommée d’après le gymnase), trad. anglaise de Jennifer Benedict, 2001 Suda On Line, University of Kentucky
- Témoignages antiques sur le Cynosarges (sanctuaire d’Héraclès au sud de l’Ilissos, gymnase des *nothoi*, légende du chien blanc ou rapide emportant la viande du sacrifice chez Hésychius, la *Souda* et Eustathe), d’après William Morison, *Internet Encyclopedia of Philosophy*
- Xénophon, *Cyropédie*, V, 2, 17 (emploi de l’adjectif *kunikos*, « canin »), d’après le Liddell-Scott-Jones et le Bailly réunis par le Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaften
- *Dictionnaire de l’Académie française*, 3ᵉ éd., 1740, t. 1, p. 426, article « Cynique » (« mordans & sans pudeur, comme les chiens » ; « Impudent, obscène »)
- *Dictionnaire de l’Académie française*, 5ᵉ éd., 1798, t. 1, p. 360, article « Cynisme » (le caractère du cynique, l’impudence)
- *Dictionnaire de l’Académie française*, 8ᵉ éd., 1935, t. 1, p. 339, article « cynisme » (« Affectation d’impudence »)
- Peter Sloterdijk, *Kritik der zynischen Vernunft*, Francfort-sur-le-Main, 1983, d’après Stefan Lorenz Sorgner – Suhrkamp ; trad. française de Hans Hildenbrand, *Critique de la raison cynique*, Paris, 1987 Christian Bourgois
- Michel Foucault, *Le Courage de la vérité. Le gouvernement de soi et des autres II*, cours au Collège de France de février-mars 1984, éd. Frédéric Gros, Paris, 2009, 368 p., « Hautes Études », d’après Mathieu Potte-Bonneville EHESS, Gallimard et Seuil
Bibliographie
- Maria Hotes, « Du chien au philosophe : l’analogie du chien chez Diogène et Platon », *Revue de philosophie ancienne*, XXXII (1), 2014, p. 3-34 (Dudley sur le Cynosarges, scholie d’Élias, Stobée, lectures de l’analogie de la *République*, deux conceptions du philosophe) Revue de philosophie ancienne
- Aldo Brancacci, « Aristotle and Diogenes the Cynic », *Peitho. Examina Antiqua*, 11 (1), 2020, p. 67-82, DOI 10,14746/pea.2020,1.3 (le témoignage de la *Rhétorique*, le plus ancien sur Diogène ; la conjecture de Goulet-Cazé sur Antisthène, jugée sans fondement) Adam Mickiewicz Universityhttps://doi.org/10.14746/pea.2020.1.3
- P. Zaccaria, « The First Dog : Diogenes (Aristot. Rhet. 3,10,1411a24-25) », *Hermes*, 145, 2017, p. 364-370, d’après Aldo Brancacci Hermeshttps://doi.org/10.1411a24-25
- Marie-Odile Goulet-Cazé, *Le Cynisme, une philosophie antique*, Paris, 2017, 702 p., « Textes et traditions » 29 (Antisthène premier à être appelé chien sans être le premier cynique), d’après Susan Prince Vrin
- Susan Prince, compte rendu de Marie-Odile Goulet-Cazé, *Le Cynisme, une philosophie antique*, *sehepunkte*, 18, 2018, n° 6 sehepunkte
- Donald Dudley, *A History of Cynicism*, 1937, p. 6 (aucun témoignage ne place Cratès ni Diogène au Cynosarges, rapprochement doxographique) et p. 3-16 (refus de la filiation Antisthène-Diogène), d’après Maria Hotes
- Stefan Lorenz Sorgner, « In Search of Lost Cheekiness, An Introduction to Peter Sloterdijk’s “Critique of Cynical Reason” », *Tabula Rasa. Jenenser Zeitschrift für kritisches Denken*, 20, 2003 Tabula Rasa
- Mathieu Potte-Bonneville, « Foucault, la vie et la manière », *La Vie des idées*, 7 septembre 2009 (les quatre règles de la vie vraie poussées jusqu’au scandale par le cynique) Collège de France
Sources en ligne
- « Vitae philosophorum » (Diogène Laërce, VI, 1-19, trad. Hicks) Perseids, Tufts Universityhttps://fgh.perseids.org/read/greekLit/tlg0004/tlg001/perseus-eng2/6.1.1-6.1.19
- « Diogenes Laertius, Lives of Eminent Philosophers », livre VI, chapitre 2 (Diogène, trad. Hicks) Perseus Digital Library, Tufts Universityhttp://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.01.0258:book=6:chapter=2
- « Plato, Republic », livre II, 376b Perseus Digital Library, Tufts Universityhttp://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.01.0168%3Abook%3D2%3Asection%3D376b
- « Cynics » (Julie Piering ; le nom *kunikos* et ses trois explications, *Haplokuôn*, la nature comme étalon du jugement) Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/cynics/
- « Cynosarges » (William Morison) Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/cynosarg/
- « Elias » (Christian Wildberg ; datation, édition de Busse) Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/archives/sum2015/entries/elias/
- « Suda On Line » (α 2723, Antisthène) Stoa Consortium, University of Kentuckyhttps://cs.uky.edu/%7Eraphael/sol/sol-entries/alpha/2723
- « κυνικός » (Bailly, Liddell-Scott-Jones, Pape) CLD, Berlin-Brandenburgische Akademie der Wissenschaftenhttps://cld.bbaw.de/lemma/grc/κυνικός
- « 3e édition » (article « Cynique », 1740) Dictionnaire de l’Académie françaisehttps://dictionnaire-academie.fr/article/A3C2423
- « 5e édition » (article « Cynisme », 1798) Dictionnaire de l’Académie françaisehttps://dictionnaire-academie.fr/article/A5C3172
- « 8e édition » (article « cynisme », 1935) Dictionnaire de l’Académie françaisehttps://dictionnaire-academie.fr/article/A8C3739
- « Aristotle and Diogenes the Cynic » Peitho. Examina Antiqua, Adam Mickiewicz Universityhttps://pressto.amu.edu.pl/index.php/peitho/article/view/25896
- « Du chien au philosophe : l’analogie du chien chez Diogène et Platon » PhilArchivehttps://philarchive.org/archive/HOTDCA
- « Rezension über : » (Susan Prince sur Goulet-Cazé, 2017) sehepunktehttps://sehepunkte.de/2018/06/30636.html
- « In Search of Lost Cheekiness, An Introduction to Peter Sloterdijk’s “Critique of Cynical Reason” » Tabula Rasahttps://www.tabvlarasa.de/20/sorgner.php
- « Foucault, la vie et la manière » La Vie des idéeshttps://laviedesidees.fr/Foucault-la-vie-et-la-maniere
- « Vies et doctrines des philosophes illustres », Diogène Laërce, traduction française sous la direction de Marie-Odile Goulet-Cazé (compte rendu) Dialogue, Cambridge Corehttps://core-prod.cambridgecore.org/core/journals/dialogue-canadian-philosophical-review-revue-canadienne-de-philosophie/article/vies-et-doctrines-des-philosophes-illustresdiogene-laerce-traduction-francaise-sous-la-direction-de-marieodile-gouletcaze-introductions-traductions-et-notes-de-jf-balaude-l-brisson-j-brunschwig-t-dorandi-mo-gouletcaze-r-goulet-et-m-narcy-collection-classiques-modernes-paris-le-livre-de-poche-1999-1399-p/7E9B8AF9209FA38318CBC6B5B1BF878B








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