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Le pessimisme d’Arthur Schopenhauer : vivre serait-il une erreur ?

Caspar David Friedrich / Wikimedia Commons
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Le philosophe du pendule a aussi écrit un manuel du bonheur. Au premier volume des Parerga et Paralipomena, en 1851, Arthur Schopenhauer définit la sagesse dans la vie comme « l’art de rendre la vie aussi agréable et aussi heureuse que possible » (trad. J.-A. Cantacuzène, 1880). Son grand livre, Le Monde comme volonté et comme représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung), tenait pourtant toute satisfaction pour la simple fin d’une souffrance. Schopenhauer connaît la contradiction mieux que ses lecteurs et la traite dans l’introduction même du traité, avec un mot allemand qui avoue le compromis, Akkommodation.

Contre le meilleur des mondes possibles

La cible de Schopenhauer a un nom et une date. En 1710, dans les Essais de Théodicée, Leibniz raisonne en mathématicien. Une sagesse suprême jointe à une bonté infinie « n’a pu manquer de choisir le meilleur », et s’il n’y avait pas un meilleur parmi tous les mondes possibles, Dieu n’en aurait produit aucun (première partie, § 8). Schopenhauer remonte en sens inverse, des choses vers leur valeur, et oppose à la déduction le spectacle des choses.

Au § 59 du quatrième livre, il propose de prendre « le plus endurci des optimistes » et de le promener à travers les hôpitaux, les lazarets, les prisons, les chambres de torture, les champs de bataille, jusqu’à la tour de la Faim d’Ugolin, après quoi l’homme verrait « ce que c’est que son meilleur des mondes possibles » (trad. Auguste Burdeau). Le paragraphe monte ensuite d’un ton. L’optimisme, quand il n’est pas un pur verbiage, y devient « une opinion réellement impie », une moquerie devant les douleurs de l’humanité.

Les citations du Monde suivent la traduction d’Auguste Burdeau (Alcan, 1888-1890), préférée ici à celle de Gallimard (2009) parce qu’elle se lit librement en ligne. Burdeau, professeur de philosophie à Louis-le-Grand, devient président de la Chambre des députés en 1894 et meurt en décembre, à quarante-trois ans.

Le chapitre 49 du second volume, ajouté en 1844, fournit le mot qui manquait. Il n’existe, selon Schopenhauer, qu’une seule erreur innée, croire que l’homme est au monde pour être heureux, et elle est innée parce qu’elle se confond avec l’existence d’un être qui n’est que vouloir-vivre (Wille zum Leben), cette poussée à exister qu’il place au fond de chaque chose. L’introduction de 1851 renvoie à ce chapitre et avoue que le traité du bonheur se place « au point de vue habituel, empirique » et en conserve l’erreur, le mot même d’eudémonologie n’étant « qu’un euphémisme » (trad. Cantacuzène).

Vouloir, c’est manquer

L’argument repose sur une métaphysique. Dans le deuxième livre, Schopenhauer a identifié la chose en soi, la réalité telle qu’elle est hors de nos représentations, à une volonté (Wille), et le § 57 rappelle qu’on l’a déjà reconnue dans la nature sans conscience comme un effort sans but ni repos. Chez l’animal et chez l’homme, cet effort devient désir, et Schopenhauer le compare à une soif inextinguible. Tout désir naît d’un besoin, donc d’un manque, donc d’une douleur. De deux choses l’une, ensuite. Si l’objet fait défaut, la douleur dure ; s’il est obtenu, elle cesse, et rien d’autre ne se produit, puisque la satisfaction, « le bonheur, comme l’appellent les hommes », n’est « au propre et dans son essence rien que de négatif » (§ 58). Quand plus rien ne manque, un vide prend la place du manque, et ce vide a un nom, l’ennui, qui fait de l’existence elle-même un fardeau, de sorte que la vie, écrit-il, « oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui » (§ 57, trad. Burdeau). En 1851, le chapitre XI du second volume des Parerga tire de l’ennui une preuve de plus. Si l’existence avait par elle-même une valeur positive, le simple fait d’exister suffirait à combler celui qui existe et l’ennui serait impossible, et puisque l’ennui existe, l’existence humaine doit être eine Art Verirrung, une sorte de fourvoiement.

Ramené à son mouvement, l’argument avance en trois pas. Vouloir suppose un manque ressenti comme douleur. Obtenir ne procure que la fin de ce manque, et l’absence de manque se vit comme ennui. Pour un être qui veut, les deux pôles de la vie sont donc deux formes de souffrance.

L’animal qui mange et l’animal mangé

Pour vérifier la thèse sans métaphysique, les Parerga proposent une expérience de pensée. Qui veut éprouver l’idée que le plaisir l’emporte dans le monde sur la douleur, ou du moins l’équilibre, n’a qu’à comparer ce que ressent un animal occupé à en dévorer un autre avec ce que ressent le second (Parerga et Paralipomena, II, chapitre XII, § 149). Au lecteur de trouver l’échelle où la faim apaisée de l’un balancerait l’agonie de l’autre. En 1869, Eduard von Hartmann recopie la phrase mot pour mot dans sa Philosophie de l’inconscient (Philosophie des Unbewussten), au chapitre XIII, consacré à la déraison du vouloir et à la misère de l’existence.

Le chapitre 46 du second volume du Monde déploie deux arguments qu’on confond souvent. Le premier est un bilan. Avant de déclarer la vie désirable, qu’on compare calmement la somme des joies possibles et celle des souffrances possibles, et Schopenhauer juge le compte facile. Le second rend le premier superflu, et le texte le dit. La simple existence du mal tranche la question, parce qu’aucun bien, contemporain ou postérieur, ne l’efface, et que le bonheur de milliers d’hommes n’abolirait pas l’agonie d’un seul. Un vers italien, mille piacer’ non vagliono un tormento, condense l’idée, mille plaisirs ne valent pas un tourment (nous traduisons).

Le même chapitre retourne enfin la formule de Leibniz. Les conditions de survie des individus et des espèces y sont données avec parcimonie, le nécessaire et rien au-delà, et les fossiles d’espèces disparues fournissent la preuve par le calcul de mondes qui n’ont pas pu durer. Le monde est donc, conclut Schopenhauer, aussi mauvais qu’il peut l’être s’il doit encore exister, et il signe la phrase des initiales allemandes du « ce qu’il fallait démontrer », W. z. B. w., comme on répond à un géomètre sur son propre terrain.

Le bilan a besoin d’une balance. L’argument de la compensation, lui, s’en passe.

« Une marque d’affirmation intense »

Une conclusion pratique paraît suivre de ce verdict, et Schopenhauer la refuse expressément. Au § 69, le suicide, « bien loin d’être une négation de la Volonté », en est « une marque d’affirmation intense », car celui qui se donne la mort « voudrait vivre », et « il n’est mécontent que des conditions dans lesquelles la vie lui est échue » (trad. Burdeau). Il détruit un individu et laisse intact ce qui voulait en lui. La négation que décrivent les derniers paragraphes du livre prend la direction opposée, celle de l’ascète qui cesse de désirer les jouissances elles-mêmes, et pour qui, dit le § 71, c’est « ce monde si réel avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées » qui est le néant. Au chapitre XIII des Parerga, II, Schopenhauer refuse aux Églises le droit de traiter le suicide en crime et ne lui oppose qu’une raison, celle du grand livre, qui y voit une délivrance apparente substituée à la délivrance réelle.

Le mot d’erreur a donc deux emplois chez lui, et la réponse à la question du titre change selon celui qu’on retient. Au sens du chapitre XI des Parerga, l’existence humaine est elle-même une erreur, un fourvoiement, quelque chose qui, dit le chapitre 46 du Monde, ne devrait pas être. Au sens du chapitre 49, l’erreur est une croyance, celle qui fait du bonheur le but de la vie, et tout dans l’existence semble disposé pour qu’on en revienne comme d’une erreur, afin que le cœur guérisse de l’envie de jouir et même de vivre. Vivre est une erreur au premier sens. Au second, l’erreur se corrige, et la correction passe par l’extinction du vouloir chez un vivant, puisque la mort de l’individu laisse la volonté entière.

Plümacher, pessimiste contre Schopenhauer

Une objection précise est venue du camp pessimiste lui-même. En 1884, Olga Plümacher publie Der Pessimismus in Vergangenheit und Gegenwart (le pessimisme dans le passé et le présent), où la doctrine se ramène à deux propositions, la somme des déplaisirs l’emporte sur celle des plaisirs, donc le non-être du monde vaudrait mieux que son être. Christopher Janaway, qui a reconstitué sa critique en 2021, montre qu’elle reproche à Schopenhauer d’avoir mal défendu cette doctrine, et d’abord d’avoir fait du plaisir une pure privation, thèse qu’elle juge invraisemblable. Si le plaisir est positif, le pessimisme ne se déduit plus de la structure du désir et doit passer par le bilan, avec toutes les difficultés d’une comptabilité des sensations.

Nietzsche, qui possédait un exemplaire du livre de Plümacher, attaque par un autre côté. Au § 370 du Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft), dans le cinquième livre ajouté en 1887, il oppose ceux qui souffrent de la surabondance de la vie à ceux qui souffrent de son appauvrissement (Verarmung des Lebens) et demandent à l’art le calme et la délivrance de soi, et il range Schopenhauer parmi ces derniers, avec Wagner, comme les plus célèbres des romantiques. L’objection vise la source du jugement et laisse intactes les prémisses. Elle demande qui juge la vie, et depuis quelle santé.

Une question vient à tout lecteur, et elle ne vaut pas verdict. Celui qui écoute un quatuor sans rien attendre d’autre a-t-il seulement cessé de souffrir ? Schopenhauer a prévu le cas, puisque son troisième livre fait de la contemplation esthétique une suspension du vouloir, et plusieurs commentateurs en ont conclu qu’il admettait malgré lui des plaisirs positifs. Joshua Isaac Fox a soutenu en 2023 que ces lectures manquent une distinction du texte entre plaisirs de satisfaction et plaisirs de distraction, tous deux négatifs, ce qui laisse la question du lecteur entière, puisqu’elle porte sur l’expérience et la réponse de Fox sur le texte.

Deux lectures d’un même chapitre

Sur la nature même de ce pessimisme, les lectures se partagent. Frederick Beiser, qui a rouvert en 2016 dans Weltschmerz l’histoire de la querelle allemande du pessimisme entre 1860 et 1900, fait dépendre la thèse de la métaphysique, la vie étant souffrance parce qu’elle est le produit d’une volonté cosmique insatiable. Sandra Shapshay, rendant compte du livre pour les Notre Dame Philosophical Reviews, prête à Schopenhauer une démarche plus empirique, faite d’allers et retours entre l’expérience et son interprétation, et juge que Beiser exagère la place de la question de la valeur de l’existence dans l’œuvre. En France, Clément Rosset avait tiré la lecture ailleurs dès 1967, en faisant du caractère absurde du Vouloir « l’intuition majeure » du philosophe.

L’argument de la compensation divise plus finement encore. Selon la lecture que Byron Simmons appelle standard, aucun bien ne rachète un mal parce que les biens, étant négatifs, sont vides de valeur. Simmons la juge infidèle au texte et soutient en 2021 que l’impossibilité tient à l’ordre des biens et des maux dans le temps, puisque, écrit Schopenhauer, son bien-être présent ne défait pas ses souffrances passées. David Bather Woods a répondu en 2022 par une variante de la lecture standard, pour qui les biens négatifs gardent une valeur, d’un genre incapable de compenser un mal positif. Les deux lectures rendent compte du passage, et aucun élément du chapitre 46 ne permet à ce jour de trancher. Pour les départager, il faudrait établir si l’argument de 1844 survit à l’abandon de la thèse du § 58 sur le plaisir négatif, donc à l’objection de Plümacher, et de cette réponse dépend la possibilité de tenir la vie pour une erreur sans passer par la métaphysique de la volonté.

Pour aller plus loin

La querelle ouverte par Schopenhauer répond directement à la théodicée de Leibniz et à sa thèse du meilleur des mondes possibles. Elle se prolonge chez Nietzsche, qui a bâti son affirmation de la vie contre ce pessimisme, et elle rejoint les philosophies de l’Inde, dont Schopenhauer lisait les Upanishads dès 1814.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Arthur Schopenhauer, *Le Monde comme volonté et comme représentation* (*Die Welt als Wille und Vorstellung*), t. I, livre IV, § 57 (le pendule, la soif inextinguible), § 58 (la satisfaction « rien que de négatif »), § 59 (l’optimiste promené à travers les hôpitaux, l’optimisme « opinion réellement impie »), trad. Auguste Burdeau, Paris, Félix Alcan, 1888-1890, texte lu dans la 6ᵉ édition de 1912 ; première édition allemande parue en décembre 1818, datée 1819
  2. Arthur Schopenhauer, même ouvrage, t. I, livre IV, § 69 (le suicide, « marque d’affirmation intense ») et § 71 (le monde « avec tous ses soleils et toutes ses voies lactées »), trad. Auguste Burdeau, même édition
  3. Arthur Schopenhauer, *Die Welt als Wille und Vorstellung*, t. II, *Ergänzungen* (1844, revus en 1859), chapitre 46, « Von der Nichtigkeit und dem Leiden des Lebens » bilan des joies et des peines, argument de la compensation, vers *mille piacer’ non vagliono un tormento*, monde aussi mauvais qu’il peut l’être, fossiles comme *Rechnungsprobe*, « W. z. B. w. »
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Sources primaires (suite)

  1. Arthur Schopenhauer, *Die Welt als Wille und Vorstellung*, t. II, chapitre 49, « Die Heilsordnung » l’erreur innée (*angeborener Irrthum*) et la vie dont il faut revenir comme d’une erreur
  2. Arthur Schopenhauer, *Parerga und Paralipomena*, 1851, t. II, chapitre XI, « Nachträge zur Lehre von der Nichtigkeit des Daseyns » (l’ennui, l’existence humaine comme *eine Art Verirrung*), chapitre XII, « Nachträge zur Lehre vom Leiden der Welt », § 149 (l’animal qui en dévore un autre), chapitre XIII, « Über den Selbstmord »
  3. Arthur Schopenhauer, *Aphorismes sur la sagesse dans la vie* (*Aphorismen zur Lebensweisheit*, dans *Parerga und Paralipomena*, t. I, 1851), introduction, trad. J.-A. Cantacuzène, Paris, Germer Baillière, 1880
  4. Gottfried Wilhelm Leibniz, *Essais de Théodicée*, Amsterdam, 1710, première partie, § 8 texte original en français
  5. Friedrich Nietzsche, *Le Gai Savoir* (*Die fröhliche Wissenschaft*), livre V (1887), § 370, « Was ist Romantik ? »
  6. Eduard von Hartmann, *Philosophie des Unbewussten*, 1869, section C, chapitre XIII, « Die Unvernunft des Wollens und das Elend des Daseins », § 3, « Hunger und Liebe » reprise littérale de l’expérience de l’animal, citée d’après les *Parerga*, II, p. 313
  7. Olga Plümacher, *Der Pessimismus in Vergangenheit und Gegenwart*, 1884 définition du pessimisme en deux propositions et critique de la thèse du plaisir privatif, connues ici par l’analyse de Christopher Janaway (2021)

Bibliographie

  1. Frederick C. Beiser, *Weltschmerz : Pessimism in German Philosophy, 1860-1900*, Oxford, 2016, x + 302 p. Oxford University Press
  2. Christopher Janaway, « Worse than the best possible pessimism ? Olga Plümacher’s Critique of Schopenhauer », *British Journal for the History of Philosophy*, 2021, DOI 10,1080/09608788,2021,1881441 British Society for the History of Philosophyhttps://doi.org/10.1080/09608788.2021.1881441
  3. Byron Simmons, « A thousand pleasures are not worth a single pain : The compensation argument for Schopenhauer’s pessimism », *European Journal of Philosophy* 29 (1), 2021, p. 120-136, DOI 10,1111/ejop.12561 Wileyhttps://doi.org/10.1111/ejop.12561
  4. David Bather Woods, « The standard interpretation of Schopenhauer’s compensation argument for pessimism : A nonstandard variant », *European Journal of Philosophy* 30 (3), 2022, p. 961-976, DOI 10,1111/ejop.12699 Wileyhttps://doi.org/10.1111/ejop.12699
  5. Joshua Isaac Fox, « Does Schopenhauer accept any positive pleasures ? », *European Journal of Philosophy* 31 (4), 2023, p. 902-913 Wiley
  6. Clément Rosset, *Schopenhauer, philosophe de l’absurde*, Paris, 1967 ; rééd. « Quadrige », 1989 Presses universitaires de France
  7. Arthur Schopenhauer, *Le Monde comme volonté et représentation*, trad. Marianne Dautrey, Christian Sommer et Vincent Stanek, annotations de Vincent Stanek, Ugo Batini et Christian Sommer, 2 vol., « Folio essais », Paris, 2009 Gallimard

Sources en ligne

  1. « Arthur Schopenhauer (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Universityhttps://plato.stanford.edu/entries/schopenhauer/
  2. « Die Welt als Wille und Vorstellung. Band I » (§ 57) Projekt Gutenberg-DEhttps://www.projekt-gutenberg.org/schopenh/weltwil1/chap058.html
  3. « Schopenhauer:: the world as will and representation volume 2 » University of Southampton, ePrintshttps://eprints.soton.ac.uk/421537
  4. « Schopenhauer, Arthur, Die Welt als Wille und Vorstellung, Zweiter Band, Ergänzungen zum vierten Buch, 46. Von der Nichtigkeit und dem Leiden des Lebens » Zeno.orghttp://www.zeno.org/Philosophie/M/Schopenhauer,+Arthur/Die+Welt+als+Wille+und+Vorstellung/Zweiter+Band/Erg%C3%A4nzungen+zum+vierten+Buch/46.+Von+der+Nichtigkeit+und+dem+Leiden+des+Lebens
  5. « Schopenhauer, Arthur, Die Welt als Wille und Vorstellung, Zweiter Band, Ergänzungen zum vierten Buch, 49. Die Heilsordnung » Zeno.orghttp://www.zeno.org/Philosophie/M/Schopenhauer,+Arthur/Die+Welt+als+Wille+und+Vorstellung/Zweiter+Band/Erg%C3%A4nzungen+zum+vierten+Buch/49.+Die+Heilsordnung
  6. « Arthur Schopenhauer : Parerga und Paralipomena - 2 » Arthur-Schopenhauer-Studienkreishttps://www.arthur-schopenhauer-studienkreis.de/Schopenhauer-Zitatquellen/Schopenhauer-Parerga-2/schopenhauer-parerga-2.html
  7. « The Essays of Arthur Schopenhauer : Studies in Pessimism, by Arthur Schopenhauer » (trad. T. Bailey Saunders, chapitres XI à XIII des *Parerga*, II) Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/10732/10732-h/10732-h.htm
  8. « The Project Gutenberg EBook of Aphorismes sur la sagesse dans la vie » (trad. Cantacuzène) Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/35444/35444-0.txt
  9. « Hartmann, Eduard von, Philosophie des Unbewußten, Zweiter Theil. Metaphysik des Unbewussten, C. Metaphysik des Unbewussten, XIII. Die Unvernunft des Wollens und das Elend des Daseins, Erstes Stadium der Illusion. Das Glück wird als ein auf der jetzigen Entwickelungsstufe der Welt erreichtes, also dem heutigen Individuum im irdischen Leben erreichbares gedacht, 3. Hunger und Liebe » Zeno.orghttp://www.zeno.org/Philosophie/M/Hartmann,+Eduard+von/Philosophie+des+Unbewu%C3%9Ften/Zweiter+Theil.+Metaphysik+des+Unbewussten/C.+Metaphysik+des+Unbewussten/XIII.+Die+Unvernunft+des+Wollens+und+das+Elend+des+Daseins/Erstes+Stadium+der+Illusion.+Das+Gl%C3%BCck+wird+als+ein+auf+der+jetzigen+Entwickelungsstufe+der+Welt+erreichtes,+also+dem+heutigen+Individuum+im+irdischen+Leben+erreichbares+gedacht/3.+Hunger+und+Liebe
  10. « Nietzsche, Friedrich, Die fröhliche Wissenschaft, Fünftes Buch. Wir Furchtlosen, 370. Was ist Romantik » Zeno.orghttp://www.zeno.org/Philosophie/M/Nietzsche,+Friedrich/Die+fr%C3%B6hliche+Wissenschaft/F%C3%BCnftes+Buch.+Wir+Furchtlosen/370.+Was+ist+Romantik
  11. « Worse than the best possible pessimism ? Olga Plümacher’s Critique of Schopenhauer » University of Southampton, ePrintshttps://eprints.soton.ac.uk/446626
  12. « A thousand pleasures are not worth a single pain : The compensation argument for Schopenhauer’s pessimism » Wiley Online Library, European Journal of Philosophyhttps://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/ejop.12561
  13. « Joshua Isaac Fox, Does Schopenhauer accept any positive pleasures ? » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/FOXDSA
  14. « Weltschmerz : Pessimism in German Philosophy, 1860-190 » Notre Dame Philosophical Reviews, University of Notre Damehttps://ndpr.nd.edu/reviews/weltschmerz-pessimism-in-german-philosophy-1860-190/
  15. « Schopenhauer, philosophe de l’absurde | PUF » Presses universitaires de Francehttps://www.puf.com/schopenhauer-philosophe-de-labsurde
  16. « Le monde comme volonté et représentation - 1 I de Arthur Schopenhauer | Gallimard » Gallimardhttps://www.gallimard.fr/catalogue/le-monde-comme-volonte-et-representation-1/9782070429059
  17. « Notice de personne “Burdeau, Auguste (1851-1894)” » BnF Catalogue général, Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb11894541g
  18. « Auguste, Laurent Burdeau - Base de données des députés français depuis 1789 » Assemblée nationalehttps://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche?num_dept=1312&legislature=30
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