La définition stoïcienne de l’impression qui saisit le vrai contient une clause que son auteur n’avait pas écrite d’abord. Cicéron raconte comment elle y est entrée, au livre II des Académiques, dans la partie qu’on appelle Lucullus (§ 77). Arcésilas demanda à Zénon de Kition ce qui arriverait si le sage ne pouvait rien saisir, puisqu’il ne lui convient pas d’avoir des opinions. Le sage n’aurait pas d’opinions, répondit Zénon, car il existe quelque chose qu’on peut saisir, une impression venue de ce qui est, imprimée, scellée et modelée telle que cela est (ex eo quod esset sicut esset inpressum et signatum et effictum). Arcésilas demanda encore ce qu’il en serait si une impression vraie était exactement pareille à une fausse. Zénon vit, selon Cicéron, qu’aucune impression ne pourrait alors être saisie, et il ajouta qu’elle devait être telle qu’elle ne pût pas venir de ce qui n’est pas. L’échange tient en quelques lignes, que Cicéron reconstitue avec un « peut-être » (fortasse) et deux « je crois » (credo), sans nommer de témoin.
Platon devant, Pyrrhon derrière
Arcésilas venait de Pitane, en Éolide (Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes illustres, IV, 28). Charles Brittain et Peter Osorio, dans la notice de la Stanford Encyclopedia of Philosophy révisée en février 2026, le font naître en 316 ou 315 avant notre ère et mourir en 241 ou 240, après avoir dirigé plus de vingt-cinq ans l’école de Platon, dont il prit la tête à la mort de Cratès, en 268 ou 267. Diogène Laërce le dit le premier à suspendre son jugement en raison des contradictions entre les arguments, le premier à soutenir les deux côtés d’une question, et le premier à rapprocher de l’éristique, par questions et réponses, le système transmis par Platon (IV, 28). Selon certains, il n’écrivit jamais de livre parce qu’il suspendait son jugement sur tout, et il possédait les œuvres de Platon (IV, 32). Le philosophe Ariston le résuma d’un vers qui parodie la chimère de l’Iliade, selon la note de R. D. Hicks, Platon par-devant, Pyrrhon par-derrière, Diodore au milieu (IV, 33, traduction de la rédaction).
Quand le géomètre Hipponicos perdit la raison, Arcésilas le recueillit et le soigna jusqu’à complète guérison (IV, 32).
Le nom de l’école dépend de celui qui compte. Diogène Laërce fait commencer avec Arcésilas l’Académie moyenne, et Sextus Empiricus rapporte qu’on en comptait trois, celle de Platon, celle d’Arcésilas et la nouvelle, de Carnéade et de Clitomaque, parfois quatre ou cinq avec Philon et Antiochus (Esquisses pyrrhoniennes, I, 220). Cicéron, lui, appelle nouvelle l’Académie d’Arcésilas tout en la jugeant ancienne, puisque les livres de Platon n’affirment rien et discutent de tout dans les deux sens (Académiques, I, 46). On garde ici « Nouvelle Académie » pour toute la période qui va d’Arcésilas à Philon, à la manière de Cicéron, parce que le partage entre moyenne et nouvelle dépend du rang qu’on accorde à Carnéade.
Arcésilas se réclamait de Socrate, et Cicéron précise sur quel point il s’en écartait. Il niait qu’on pût savoir quoi que ce soit, pas même ce que Socrate s’était laissé, savoir qu’il ne savait rien (ne illud quidem ipsum quod Socrates sibi reliquisset, ut nihil scire se sciret, I, 45). D’où une règle, ne rien affirmer et ne rien approuver par l’assentiment, car rien n’est plus honteux que de laisser l’assentiment devancer la connaissance. Sa méthode servait la règle. Il argumentait contre l’opinion de chacun, afin que, devant des raisons de poids égal de part et d’autre, l’assentiment se suspende plus aisément.
Aucune phrase d’Arcésilas ne nous est parvenue, ni aucune de Carnéade, qui n’a laissé d’écrit que des lettres au roi Ariarathe de Cappadoce (IV, 65). Clitomaque, un Carthaginois de son vrai nom Hasdrubal, composa plus de quatre cents traités pour éclaircir les opinions de son maître (IV, 67), et tous sont perdus. La doctrine arrive donc par des témoins qui ont chacun leur parti. Cicéron, élève de Philon de Larissa, dit suivre le premier des quatre livres de Clitomaque sur la suspension de l’assentiment (Lucullus, 98), mais il fait plaider Lucullus contre l’Académie au nom d’Antiochus, et Sextus, pyrrhonien, ne recense les académiciens que pour les distinguer de sa propre école (Esquisses, I, 220-235). Les principaux témoignages se lisent en français dans le troisième volume des Philosophes hellénistiques d’A. A. Long et D. N. Sedley, traduit par Jacques Brunschwig et Pierre Pellegrin.
Phantasia katalêptikê
Selon le résumé de Sextus (Adversus mathematicos, VII, 151-152), les stoïciens distinguaient trois états. La science (epistêmê) est une saisie sûre qu’aucun raisonnement n’ébranle, l’opinion (doxa) un assentiment faible et faux, et entre les deux se tient la saisie, katalêpsis, l’assentiment donné à une impression capable de saisir, la phantasia katalêptikê, vraie et telle qu’elle ne pourrait pas devenir fausse. Seuls les sages ont la science, seuls les insensés l’opinion, et la saisie, commune aux uns et aux autres, sert de critère de la vérité. On rend ici phantasia par « impression », de préférence à « représentation », parce que la définition de Zénon prend le mot à la lettre et parle d’une chose imprimée et scellée.
L’argument d’Arcésilas, tel que Sextus le reconstruit (VII, 153-157) et que Cicéron le résume (Lucullus, 66-67 et 77), part d’une prémisse que ses adversaires lui accordent. Le sage ne doit jamais avoir d’opinion, c’est-à-dire jamais donner son assentiment à ce qu’il n’a pas saisi, et Arcésilas l’accordait volontiers à Zénon, la plus grande force du sage consistant à se garder d’être trompé (66). Une seconde prémisse porte toute la discussion, selon laquelle aucune impression vraie n’est telle qu’une impression fausse ne puisse lui être exactement semblable. Brittain et Osorio relèvent chez Cicéron et chez Sextus les deux séries d’exemples qui l’appuient, les objets indiscernables, jumeaux, œufs, objets fabriqués, grains de sable, et les états anormaux comme le rêve, l’illusion ou la folie, où l’on éprouve des impressions aussi vives que celles de la veille. Si cette prémisse est vraie, aucune impression ne remplit la clause ajoutée par Zénon, et rien ne peut être saisi. Le sage qui donnerait son assentiment le donnerait donc à de l’insaisissable, ce qui revient à opiner, alors qu’il n’opine jamais, de sorte qu’il ne donnera son assentiment à rien. Sextus achève la reconstruction sur une conclusion sans restriction, le sage suspendra son jugement sur toutes choses (ephexei ara peri pantôn ho sophos, VII, 157). Cicéron en fait un syllogisme conditionnel dont Arcésilas approuvait les deux prémisses (67), et il le tient pour le premier à avoir dit qu’un homme pouvait vivre sans aucune opinion, et qu’un sage le devait (77).
L’argument se refait en trois phrases. Pour savoir sans risque d’erreur, il faudrait disposer au moins d’une impression qui porte en elle la marque de sa vérité, au point qu’aucune impression fausse ne puisse lui ressembler. Or tout ce qu’on perçoit de vrai pourrait, en d’autres circonstances, être imité à s’y méprendre par du faux, et deux jumeaux ou un rêve suffisent à le montrer. Celui qui refuse de se tromper n’a donc qu’une conduite cohérente, ne donner son assentiment à rien.
Le Lucullus oppose à la seconde prémisse une réponse d’expérience (56-57). Les jumeaux Servilius d’autrefois, qu’on confondait au dehors, se distinguaient à la maison, et à Délos, du temps de sa prospérité, des éleveurs de poules savaient dire, à la vue d’un œuf, quelle poule l’avait pondu. L’orateur concède pourtant qu’un sage placé devant des choses semblables qu’il n’a pas appris à distinguer retiendra son assentiment (57). Il suffit, pour l’argument d’Arcésilas, qu’une impression vraie puisse être indiscernable d’une fausse pour quelqu’un, à un moment donné, et le savoir de l’éleveur de Délos s’arrête aux poules qu’il connaît.
Une Gorgone nommée apraxia
L’objection la plus ancienne portait sur la vie. Lucullus la formule au nom d’Antiochus (Lucullus, 37-39). Un animal se distingue d’une chose inanimée en ce qu’il agit, toute action suppose qu’une chose apparaisse et qu’on donne son assentiment à ce qui apparaît, et celui qui supprime l’impression ou l’assentiment supprime de la vie toute action (qui aut visum aut adsensum tollit is omnem actionem tollit e vita, 39). Dans son traité Contre Colotès, Plutarque rapporte que les stoïciens finirent par brandir contre la suspension l’inaction, apraxia, comme une tête de Gorgone, et qu’ils durent y renoncer (1122a-b).
La réponse que Plutarque prête aux académiciens retourne contre ses auteurs la psychologie stoïcienne (1122b-d). L’âme connaît trois mouvements, l’impression, l’impulsion (hormê) et l’assentiment. Le premier s’impose, puisque les choses nous affectent quand nous les rencontrons. L’impulsion, éveillée par l’impression, porte l’homme vers ce qui convient à sa nature, et ceux qui suspendent leur jugement s’en servent comme tout le monde. Ils fuient seulement l’assentiment précipité, où se logent l’erreur et la tromperie, puisque l’action demande deux choses, l’impression de ce qui convient et l’impulsion vers ce qui est apparu convenable. Brittain et Osorio observent que les stoïciens faisaient eux-mêmes agir les animaux sur leurs seules impressions, si bien que l’assentiment devient, pour Arcésilas, une étape superflue et une source d’erreur. Colotès, l’épicurien que Plutarque réfute, demandait pourquoi celui qui suspend son jugement court aux bains plutôt que vers la montagne, et prend la porte pour gagner l’agora. Parce que le bain lui apparaît comme un bain et la porte comme une porte, répond Plutarque, et que l’argument de la suspension laisse la sensation intacte et supprime seulement les opinions (1122e-f).
Sextus prête à Arcésilas une seconde réponse, plus embarrassante (VII, 158). Celui qui suspend son jugement sur tout réglera ses choix et ses actions sur le raisonnable, to eulogon, et il réussira, car le bonheur vient de la sagesse pratique, laquelle consiste en actions droites, une action droite étant celle qui peut, une fois faite, se justifier de façon raisonnable. Brittain et Osorio relèvent que ces prémisses sont des variantes de thèses stoïciennes, et Sextus avait prévenu qu’Arcésilas n’avait défini aucun critère pour son propre compte, ce qu’on prend pour son critère n’étant qu’une riposte aux stoïciens (kata antiparexagôgên, VII, 150). Si le raisonnable est une arme empruntée à l’adversaire, la manière dont Arcésilas agissait lui-même échappe aux textes.
Trente stades jusqu’à Pouzzoles
Carnéade de Cyrène, né en 214 ou 213 et mort en 129 ou 128 avant notre ère selon la notice que James Allen lui consacre dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, avait lu de près les stoïciens, Chrysippe surtout, et disait que sans Chrysippe il ne serait rien (Diogène Laërce, IV, 62). En 155, Athènes l’envoie à Rome avec le stoïcien Diogène de Babylone et le péripatéticien Critolaos. La jeunesse accourt l’écouter, et Caton, inquiet de la voir préférer la gloire des paroles à celle des armes, presse le Sénat de renvoyer l’ambassade (Plutarque, Caton l’Ancien, 22). Une tradition lui prête deux discours, l’un pour la justice et l’autre contre elle, et Allen rappelle que les sources en sont toutes bien postérieures.
Clitomaque rapportait une scène du même séjour, que Cicéron dit avoir lue (Lucullus, 137). Devant le Sénat, au Capitole, sous le consulat de Publius Scipion et de Marcus Marcellus, le préteur Aulus Albinus lança en plaisantant à Carnéade qu’il ne lui paraissait sans doute pas préteur, faute d’être sage, ni Rome une ville. Carnéade répondit que c’était à ce stoïcien qu’il ne le paraissait pas.
Le même Clitomaque fournit à Cicéron la doctrine par laquelle Carnéade répondait à l’objection de l’inaction (Lucullus, 99-100). Carnéade distinguait deux partages parmi les impressions. Les unes peuvent être saisies et les autres non, et c’est contre ce partage que portent tous les arguments sur les sens. Les unes sont probables et les autres non, et contre ce second partage on n’a rien à dire. Aucune impression n’entraîne la saisie, beaucoup entraînent l’approbation, et le sage se servira de toute impression probable que rien ne vient contrarier. Celui qui monte sur un bateau n’a pas saisi qu’il arrivera à bon port. S’il part d’ici pour Pouzzoles, à trente stades, sur un bon navire, avec un bon pilote, par ce temps calme, il lui paraîtra probable d’arriver sain et sauf, et ce sont des impressions de ce genre qui régleront ses décisions (100). Allen rappelle que le latin probabilis traduit le grec pithanos. On garde ici « persuasif » pour le grec, parce que le mot désigne l’effet d’une impression sur celui qui la reçoit, sans aucune idée de calcul des chances.
Sextus donne la version la plus détaillée (VII, 166-189), et elle fournit l’expérience que la tradition a retenue. Une impression se rapporte à la chose dont elle vient, qui la rend vraie ou fausse, et à celui qui la reçoit, qui la trouve vraie ou non, et l’impression persuasive est celle qui paraît vraie (167-169). Il arrive qu’une impression fausse imite le vrai, mais le cas est rare, et l’on règle jugements et actions sur ce qui arrive le plus souvent (175). Carnéade distinguait trois degrés, l’impression persuasive, la persuasive que rien ne contredit (aperispastos), et la persuasive, non contredite et examinée en détail (166). On choisit le degré selon l’enjeu, comme on interroge un seul témoin pour une petite affaire, plusieurs pour une plus grave, et chacun à la lumière des autres quand il y va du bonheur (184). L’urgence décide aussi, et l’homme poursuivi qui croit voir une embuscade dans un fossé s’en écarte sans vérifier (186). Celui qui, dans une chambre sans lumière, aperçoit une corde enroulée la prend d’abord pour un serpent et saute par-dessus, puis revient sur ses pas, la voit immobile et penche déjà pour la corde ; mais comme il sait que les serpents demeurent parfois immobiles, engourdis par le froid de l’hiver, il touche l’enroulement avec un bâton, et c’est alors seulement qu’il donne son assentiment à l’idée que ce corps n’est pas un serpent (187-188). Dans les Esquisses (I, 227-228), Sextus reprend la corde en rangeant les deux derniers degrés dans l’autre ordre, et illustre le troisième par Admète, qui voit Alceste ramenée des Enfers et refuse d’y croire parce qu’il la sait morte.
Chacun peut ranger les décisions d’une journée selon la règle des témoins. On ne contrôle pas l’heure d’un rendez-vous comme on vérifie la signature d’un contrat. La doctrine demande seulement que chacune de ces impressions garde le nom de probable, quel que soit le nombre de contrôles qu’elle a traversés.
Antiochus demande ce que l’Académie a saisi
Une objection de principe visait la thèse elle-même. Le stoïcien Antipater, rappelle le Lucullus (28), jugeait cohérent que celui qui affirme que rien ne peut être saisi admette au moins qu’il saisit cela. Carnéade répondait que l’exception, loin d’être cohérente, contredisait la thèse, puisque celui qui nie que rien soit saisissable n’excepte rien, de sorte que cela non plus ne peut pas être saisi. La réponse rejoint la formule qu’on prêtait à Arcésilas, pas même cela.
Antiochus serrait l’objection davantage (29). Les académiciens tiennent, disait-il, un decretum, un dogme, selon lequel rien ne peut être saisi, et toute leur philosophie en dépend ; ils doivent donc l’avoir saisi, faute de quoi ils ignorent le point de départ de la connaissance. Cicéron renvoie l’argument d’une phrase, comme si le sage n’avait aucun autre dogme et pouvait vivre sans dogmes (109). Le sage de l’Académie, poursuit-il, tient pour probable, sans l’avoir saisi, que rien ne peut être saisi, comme il tient ses autres dogmes, et le probable lui fournit de quoi agir et répondre (110). Le lecteur peut éprouver la parade sur lui-même, en cherchant une seule de ses convictions qu’il a vérifiée au troisième degré de Carnéade, puis en se demandant s’il la tient pour certaine ou pour la mieux éprouvée de celles qu’il a.
La doctrine se fissurait aussi de l’intérieur. Carnéade allait parfois jusqu’à accorder que le sage donnerait son assentiment et aurait donc des opinions (67 et 78). Philon et Métrodore de Stratonicée y voyaient sa position, Clitomaque une thèse soutenue pour la discussion, et Cicéron dit croire Clitomaque (78), qui distinguait deux manières de retenir son assentiment, ne l’accorder à rien, ou s’abstenir de répondre oui ou non tout en suivant le probable (104). Clitomaque affirmait pourtant n’avoir jamais pu comprendre ce que Carnéade approuvait (numquam se intellegere potuisse quid Carneadi probaretur, 139).
En 386, au domaine de Cassiciacum, près de Milan, Augustin consacre aux académiciens son plus ancien ouvrage conservé, le Contre les Académiciens, selon la notice de Christian Tornau dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy. Au livre II (7, 16), il demande au jeune Licentius ce qu’il penserait d’un homme qui, voyant son frère, affirmerait qu’il ressemble à son père sans avoir jamais vu ce père. Licentius ne trouve pas cela absurde, et Augustin met la scène sous ses yeux (II, 7, 19). Un inconnu voit arriver le garçon, apprend qu’il est le fils d’un certain Romanianus, s’exclame qu’il ressemble beaucoup à son père, puis avoue qu’il ne connaît pas Romanianus. Les académiciens, conclut Augustin, sont aussi risibles quand ils disent suivre dans la vie ce qui ressemble au vrai, veri simile, sans savoir ce qu’est le vrai. Trygétius objecte qu’ils atteignent le vraisemblable par des raisonnements, quand l’inconnu se fie à la rumeur (II, 8, 20). Charles Bolyard résume l’argument dans la Stanford Encyclopedia en notant qu’on ne peut savoir qu’une chose ressemble au vrai sans connaître le vrai. L’objection vise d’abord le latin de Cicéron, qui associe probabile et veri simile (Lucullus, 32), alors que le grec de Carnéade parlait d’une impression qui paraît vraie, mais Sextus appelle aussi « imitation du vrai » l’impression fausse qui trompe (VII, 175). Une impression peut-elle paraître vraie à quelqu’un qui ignore à quoi ressemble le vrai ?
Sosus
La question de savoir ce que pensaient Arcésilas et Carnéade partage encore la recherche. Pierre Couissin a soutenu en 1929, dans la Revue d’histoire de la philosophie, que leurs arguments étaient dialectiques, construits avec les seules prémisses des stoïciens, et Gisela Striker a repris en 1980 une lecture de ce genre. Michael Frede a défendu en 1979 et en 1984 l’hypothèse d’un académicien qui garde des croyances sans leur donner l’assentiment au sens fort, et Brittain et Osorio recensent une troisième famille, pour qui la suspension est une position rationnelle tenue en son nom propre. Leur notice se garde de trancher.
L’Antiquité avait proposé une lecture plus étrange. Sextus rapporte, sous la réserve « s’il faut croire aussi ce qu’on dit de lui », qu’Arcésilas paraissait pyrrhonien au premier regard, éprouvait ses compagnons par le doute et transmettait aux mieux doués les dogmes de Platon (Esquisses, I, 234). Augustin en propose sa version, comme une conjecture, au dernier livre du Contre les Académiciens (III, 17, 38). Zénon tenant l’âme pour mortelle et rien pour réel hors du monde sensible, Arcésilas aurait caché la doctrine de l’Académie comme on enfouit de l’or pour que la postérité le trouve un jour (quasi aurum inveniendum quandoque posteris obruisse). Carlos Lévy a examiné en 1978 ce qu’il appelle l’ésotérisme d’Arcésilas, dans la Revue des études latines. Aucun texte antérieur à ces témoins tardifs ne mentionne le secret.
Philon de Larissa, né en 159 ou 158 et mort en 84 ou 83 avant notre ère, est le dernier chef connu de l’Académie sceptique. Selon la notice de Peter Osorio et Charles Brittain, il commence en disciple de Clitomaque, passe dans les années 90 à un scepticisme atténué qui admet des opinions provisoires, puis quitte Athènes pour Rome en 89 ou 88, quand la guerre contre Mithridate menace la ville. Là, en 88, il écrit deux livres où l’Académie n’a jamais eu qu’une seule position, de Platon à lui-même (Académiques, I, 13), et Sextus en résume la thèse, selon laquelle les choses sont insaisissables pour le critère stoïcien et saisissables par leur propre nature (Esquisses, I, 235). Antiochus d’Ascalon, son ancien élève, avait fait sécession à la fin des années 90 pour fonder une Académie qu’il disait ancienne, et l’on disait de lui, rapporte Sextus, qu’il enseignait le stoïcisme dans l’Académie.
Lucullus raconte comment les deux livres furent reçus (Lucullus, 11-12). Il était proquesteur à Alexandrie, Antiochus se trouvait avec lui, et Héraclite de Tyr, qui avait suivi de longues années Clitomaque et Philon, vivait dans la ville. Les livres de Philon y arrivèrent et tombèrent pour la première fois entre les mains d’Antiochus. L’homme le plus doux du monde, dit Lucullus, commença à s’emporter, et demanda à Héraclite s’il avait jamais entendu ces idées de Philon ou d’un autre académicien. Héraclite répondit que non, mais reconnut l’écriture de Philon, et trois amis de Lucullus, Publius et Caius Selius et Tetrilius Rogus, affirmèrent avoir entendu ces thèses à Rome et copié les deux livres auprès de Philon lui-même. Antiochus ne put se retenir de publier contre son maître un livre intitulé Sosus. Les deux livres de Philon sont perdus, le Sosus aussi, et le seul récit de la querelle qui clôt l’Académie sceptique se lit dans un dialogue de Cicéron, prononcé par un adversaire de Philon qui annonce aussitôt qu’il passera sous silence la partie du débat dirigée contre Philon (ea pars quae contra Philonem erat praetermittenda est, 12).
Pour aller plus loin
Le pyrrhonisme de Sextus Empiricus, qui se définit contre l’Académie dans les Esquisses, offre l’autre grande forme du scepticisme antique. La maïeutique du Théétète, où Socrate se dit stérile en sagesse, éclaire la figure dont Arcésilas se réclamait, et la théorie stoïcienne de la connaissance, de Zénon à Chrysippe, donne la doctrine adverse dans son entier.
Vers 268 ou 267 avant notre ère, un philosophe venu de Pitane prend la tête de l’école fondée par Platon. Il s’appelle Arcésilas et la dirigera plus de vingt-cinq ans. Selon certains témoins, il n’écrivit jamais aucun livre. Son enseignement repose sur une idée déroutante. Personne, à ses yeux, ne peut être sûr de rien.
Pas même Socrate
Socrate disait savoir une seule chose, qu’il ne savait rien. Arcésilas refusait même cette dernière certitude. Pour lui, tout restait caché. Il en tirait une règle de conduite pour l’esprit.
Cette règle portait sur l’assentiment, c’est-à-dire le fait de dire oui à une idée. Il ne faut jamais l’accorder trop vite, avant d’avoir vraiment compris. Arcésilas trouvait honteux de dire oui à ce qu’on ignore.
Sa façon d’enseigner suivait cette règle. Il argumentait contre l’avis de chacun. Les raisons pour et les raisons contre finissaient par se valoir. Il devenait alors plus facile de ne rien décider du tout.
Des œufs impossibles à distinguer
Ses grands adversaires s’appelaient les stoïciens. L’un d’eux, Zénon, pensait que certaines impressions des sens ne trompent jamais. Elles porteraient en elles la marque de leur vérité. Le sage pourrait donc leur faire confiance et dire oui sans crainte.
D’après Cicéron, qui l’avoue mal assuré, Arcésilas posa à Zénon une question gênante. Que se passe-t-il si une impression fausse ressemble trait pour trait à une vraie ? Deux jumeaux se confondent. Un rêve paraît aussi vif que la réalité. Pour Arcésilas, aucune impression n’échappe à ce risque.
Sa conclusion découle de là. Le sage ne doit jamais se tromper. Or il ne dispose d’aucune impression sûre. Il ne dira donc oui à rien.
Ses adversaires lui répondaient par l’expérience. Dans l’île de Délos, des éleveurs savaient reconnaître quelle poule avait pondu chaque œuf. Arcésilas n’en demandait pas tant. Il lui suffisait qu’une personne, un jour, puisse confondre.
La corde et le serpent
Une autre objection visait la vie de tous les jours. Comment agir, si l’on ne dit oui à rien ? D’après l’auteur grec Plutarque, les académiciens répondaient que l’envie d’agir naît sans ce oui. Celui qui doute de tout sort quand même par la porte. La porte lui apparaît simplement comme une porte.
Plus tard, Carnéade, à la tête de la même école, donne une réponse plus complète. Il n’a laissé d’écrit que des lettres, toutes perdues. Il distingue ce qu’on sait de ce qui paraît probable. Un voyageur ne sait jamais s’il arrivera au port. Avec un bon bateau, un bon pilote et une mer calme, il trouve cela probable, et il embarque.
Un exemple de cette doctrine est resté célèbre. Un homme entre dans une chambre obscure et voit une corde enroulée. Il la prend pour un serpent et saute par-dessus. Il revient, la voit immobile, puis se méfie encore, car un serpent engourdi par le froid ne bouge pas. Il la touche avec un bâton avant de conclure.
Selon Carnéade, on vérifie plus ou moins selon ce qui est en jeu. Une petite affaire demande un seul témoin. Une affaire grave en demande plusieurs. Aucune vérification ne donne pourtant le droit de se dire certain.
Les doutes sur le doute
Les adversaires ont trouvé une faille. Celui qui affirme qu’on ne peut rien savoir semble au moins savoir cela. Carnéade répondait que sa thèse ne faisait aucune exception, pas même pour elle-même.
En 386, Augustin s’en prend à son tour à ces philosophes. Il imagine un inconnu qui croit voir un garçon ressembler à son père. Cet inconnu n’a jamais vu le père. On rirait de lui. Selon Augustin, on peut aussi rire de ceux qui suivent ce qui ressemble au vrai, sans connaître le vrai.
L’école finit dans une querelle. En 88, son chef, Philon, publie à Rome deux livres. Il y affirme que l’école n’a jamais changé d’avis depuis Platon. À Alexandrie, Antiochus, qui fut son élève, découvre ces pages et, furieux, lui répond par un ouvrage. Tous ces livres sont perdus.
Les spécialistes se disputent encore. Pour certains, Arcésilas et Carnéade ne faisaient que retourner contre les stoïciens leurs propres idées. Pour d’autres, ils défendaient une position à eux. La question n’est toujours pas tranchée.
La version complète donne le vers moqueur qui compare Arcésilas à un monstre fait de trois philosophes, et raconte la plaisanterie d’un magistrat romain au Capitole.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Cicéron, *Academica* (*Academicus primus*), I, 44-46 (Arcésilas contre Zénon, Socrate, « ne illud quidem ipsum quod Socrates sibi reliquisset, ut nihil scire se sciret », la règle de l’assentiment, les arguments contraires de poids égal, « Hanc Academiam novam appellant, quae mihi vetus videtur ») et I, 13 (la thèse de Philon sur l’unité de l’Académie, d’après Peter Osorio et Charles Brittain) ; texte latin éd. Otto Plasberg, *Academicorum reliquiae cum Lucullo*, Leipzig, 1922, « Bibliotheca Teubneriana », fasc. 42, transcription Perseus ; traduction de la rédaction Teubner
- Cicéron, *Lucullus* (*Academica*, livre II), éd. Otto Plasberg, Leipzig, 1922, transcription Perseus : 11-12 (Antiochus à Alexandrie, Héraclite de Tyr, Publius et Caius Selius, Tetrilius Rogus, le *Sosus*, « ea pars quae contra Philonem erat praetermittenda est »), 28-29 (Antipater, réponse de Carnéade, le *decretum* d’Antiochus), 32 (« probabile aliquid esse et quasi veri simile »), 37-39 (l’action suppose l’assentiment, « qui aut visum aut adsensum tollit is omnem actionem tollit e vita »), 56-57 (les jumeaux Servilius, les éleveurs de Délos, la concession du sage), 66-67 (le sage qui se garde d’être trompé, le syllogisme approuvé par Arcésilas, la concession de Carnéade), 77-78 (la question d’Arcésilas à Zénon, « fortasse », « credo », « ex eo quod esset sicut esset inpressum et signatum et effictum », la clause ajoutée ; Clitomaque contre Philon et Métrodore), 98 (les quatre livres de Clitomaque sur la suspension de l’assentiment), 99-100 (les deux partages des impressions, le bateau pour Pouzzoles), 104 (les deux manières de retenir l’assentiment), 109-110 (Antiochus contre la version d’Antipater, la réponse de Cicéron, le sage qui tient pour probable que rien ne peut être saisi), 137 (Albinus au Capitole, « huic Stoico non videris »), 139 (« numquam se intellegere potuisse quid Carneadi probaretur ») ; traduction de la rédaction Teubner
- Cicéron, *Les Académiques*, t. I, *Academicus primus*, introduction générale, établissement du texte, traduction et commentaire par Carlos Lévy, Terence Hunt et Ermanno Malaspina, avec le concours de Veronica Revello, Paris, 2025, « Collection des universités de France », édition de référence en français, front matter consulté Les Belles Lettres
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Sources primaires (suite)
- Sextus Empiricus, *Adversus mathematicos*, VII, 150 (« κατὰ ἀντιπαρεξαγωγήν »), 151-152 (science, opinion, saisie, impression saisissante), 153-157 (l’argument d’Arcésilas, « ἐφέξει ἄρα περὶ πάντων ὁ σοφός »), 158 (le raisonnable, *to eulogon*), 166 (les trois degrés, πιθανή, ἀπερίσπαστος, διεξωδευμένη), 169 (l’impression qui paraît vraie), 175 (l’impression qui imite le vrai, ce qui arrive le plus souvent), 184 (les témoins), 186 (le fossé), 187-188 (la corde, le serpent engourdi par le froid, le bâton) ; texte grec éd. Hermann Mutschmann et Jürgen Mau, Leipzig, 1912-1954, vol. 2-3, « Bibliotheca Teubneriana », transcription First1KGreek ; traduction de la rédaction Teubner
- Sextus Empiricus, *Esquisses pyrrhoniennes*, I, 220 (les trois, quatre ou cinq Académies), 226-231 (différences entre académiciens et pyrrhoniens), 227-228 (la corde et le serpent, Admète et Alceste), 232-234 (Arcésilas pyrrhonien en apparence, transmission secrète des dogmes de Platon, vers d’Ariston), 235 (Philon, Antiochus et le Portique) ; trad. anglaise de R. G. Bury, *Sextus Empiricus*, vol. 1, 1933, Loeb Classical Library, transcription First1KGreek ; éd. française de Pierre Pellegrin, Paris, 1997, notice consultée Éditions du Seuil
- Diogène Laërce, *Vies et doctrines des philosophes illustres*, IV, 28 (Pitane, l’Académie moyenne, les trois premières fois d’Arcésilas), 32 (Hipponicos, l’absence de livres, les œuvres de Platon), 33 (le vers d’Ariston, parodie de la chimère de l’*Iliade*, VI, 181, selon la note de Hicks), 62 (« sans Chrysippe »), 65 (Carnéade n’a rien écrit, lettres à Ariarathe), 67 (Clitomaque-Hasdrubal, plus de quatre cents traités) ; trad. anglaise de R. D. Hicks, Cambridge (Mass.) et Londres, 1925, Loeb Classical Library ; traduction de la rédaction Harvard University Press et William Heinemann
- Plutarque, *Contre Colotès* (*Adversus Colotem*), 1122a-b (l’*apraxia* comme tête de Gorgone), 1122b-d (les trois mouvements de l’âme, impression, impulsion, assentiment), 1122e-f (la montagne et les bains, le mur et la porte, la suspension qui ne supprime que les opinions) ; texte grec Perseus ; trad. anglaise de « A. G. », dans *Plutarch’s Morals*, vol. V, éd. William W. Goodwin, Boston, 1874 ; traduction de la rédaction Little, Brown and Company
- Plutarque, *Vie de Caton l’Ancien*, 22 (l’ambassade athénienne, l’engouement de la jeunesse, l’intervention de Caton) ; trad. anglaise de Bernadotte Perrin, *Plutarch’s Lives*, vol. II, Cambridge (Mass.) et Londres, 1914, Loeb Classical Library, transcription Perseus Harvard University Press et William Heinemann
- Augustin, *Contra Academicos*, II, 7, 16 (le frère qui ressemble à un père qu’on n’a pas vu), II, 7, 19 (l’inconnu et Romanianus, « similiter ridendos esse Academicos tuos, qui se in uita ueri similitudinem sequi dicunt, cum ipsum uerum quod sit ignorent »), II, 8, 20 (l’objection de Trygétius), III, 17, 38 (Arcésilas cachant la doctrine de l’Académie, « quasi aurum inueniendum quandoque posteris obruisse ») ; texte latin éd. Pius Knöll, *Sancti Aureli Augustini Opera*, sect. I, pars III, Vienne, 1922, CSEL 63, transcription Open Greek and Latin ; traduction de la rédaction Gerold
- Augustin, *Contre les Académiciens. Contra Academicos*, éd. Anne-Isabelle Bouton-Touboulic, « Bibliothèque augustinienne » 4,3, ISBN 978-2-85121-316-7, 2023 selon le catalogue de l’éditeur (2022 selon WorldCat), édition de référence en français, notice consultée Institut d’Études Augustiniennes et Brepols
Bibliographie
- Charles Brittain et Peter Osorio, « Arcesilaus », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 14 janvier 2005, révision substantielle du 13 février 2026 (dates d’Arcésilas, succession de Cratès en 268 ou 267, reconstruction de l’argument, exemples d’indiscernables et d’états anormaux, réponse à l’objection de l’inaction, prémisses stoïciennes du raisonnable, familles d’interprétation) Stanford University
- James Allen, « Carneades », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 11 août 2004, révision substantielle du 8 juillet 2020 (dates de Carnéade, ambassade de 155 avec Diogène et Critolaos, discours sur la justice connus par des sources tardives, *probabilis* pour *pithanos*) Stanford University
- Peter Osorio et Charles Brittain, « Philo of Larissa », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 5 octobre 2006, révision substantielle du 17 septembre 2025 (dates de Philon, Cicéron élève de Philon, départ pour Rome en 89 ou 88, livres romains de 88, étapes de sa pensée, sécession d’Antiochus à la fin des années 90) Stanford University
- Christian Tornau, « Augustine of Hippo », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 25 septembre 2019, révision substantielle du 26 avril 2024 (le *Contra Academicos*, écrit en 386 à Cassiciacum, plus ancien ouvrage conservé d’Augustin) Stanford University
- Charles Bolyard, « Medieval Skepticism », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 12 janvier 2009, révision substantielle du 9 janvier 2025, section 2,1 (l’argument d’Augustin sur la ressemblance au vrai) Stanford University
- Pierre Couissin, « Le stoïcisme de la Nouvelle Académie », *Revue d’histoire de la philosophie* 3, 1929, p. 241-276 ; trad. anglaise de Jonathan Barnes et Myles Burnyeat dans Myles Burnyeat (dir.), *The Skeptical Tradition*, Berkeley, 1983, p. 31-63, d’après la bibliographie de Brittain et Osorio Revue d’histoire de la philosophie
- Gisela Striker, « Sceptical Strategies », dans Malcolm Schofield, Myles Burnyeat et Jonathan Barnes (dir.), *Doubt and Dogmatism*, Oxford, 1980, p. 54-83, d’après la bibliographie de Brittain et Osorio Clarendon Press
- Michael Frede, « Des Skeptikers Meinungen », *Neue Hefte für Philosophie* 15/16, 1979, p. 102-129, d’après la bibliographie de Brittain et Osorio Vandenhoeck & Ruprecht
- Michael Frede, « The Sceptic’s Two Kinds of Assent and the Question of the Possibility of Knowledge », dans Richard Rorty, J. B. Schneewind et Quentin Skinner (dir.), *Philosophy in History*, Cambridge, 1984, p. 255-278, d’après la bibliographie de Brittain et Osorio Cambridge University Press
- Carlos Lévy, « Scepticisme et dogmatisme dans l’Académie : l’ésotérisme d’Arcésilas », *Revue des études latines* 56, 1978, p. 335-348, d’après la bibliographie de Brittain et Osorio Société des études latines
- A. A. Long et D. N. Sedley, *Les Philosophes hellénistiques*, vol. III, *Les Académiciens. La renaissance du pyrrhonisme*, trad. Jacques Brunschwig et Pierre Pellegrin, Paris, 2001, « GF » n° 643, 253 p., ISBN 978-2-08-070643-0 Flammarion
Sources en ligne
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- « Carneades (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/carneades/
- « Philo of Larissa (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/philo-larissa/
- « Augustine of Hippo (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/augustine/
- « Medieval Skepticism (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/skepticism-medieval/
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- « Contra Academicos » (notice de l’édition Knöll, CSEL 63, 1922) Perseus Catalog, Tufts Universityhttps://catalog.perseus.org/catalog/urn:cts:latinLit:stoa0040.stoa016.opp-lat1
- « LacusCurtius • Diogenes Laërtius : Arcesilaus » (Diogène Laërce, IV, 28-45, trad. Hicks, note sur la parodie de l’*Iliade*, VI, 181) LacusCurtius, University of Chicagohttps://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Diogenes_Laertius/Lives_of_the_Eminent_Philosophers/4/Arcesilaus*.html
- « canonical-greekLit/data/tlg0004/tlg001/tlg0004.tlg001.perseus-eng2.xml at master · PerseusDL/canonical-greekLit » (Diogène Laërce, IV, 62-67, trad. Hicks) Perseus Digital Library, GitHubhttps://github.com/PerseusDL/canonical-greekLit/blob/master/data/tlg0004/tlg001/tlg0004.tlg001.perseus-eng2.xml
- « Adversus Coloten » (Plutarque, chap. 25-26, trad. Goodwin) Perseids, Tufts Universityhttps://cts.perseids.org/read/greekLit/tlg0007/tlg140/perseus-eng2/25-26
- « canonical-greekLit/data/tlg0007/tlg140/tlg0007.tlg140.perseus-grc2.xml at master · PerseusDL/canonical-greekLit » (Plutarque, *Adversus Colotem*, texte grec avec pagination Stephanus) Perseus Digital Library, GitHubhttps://github.com/PerseusDL/canonical-greekLit/blob/master/data/tlg0007/tlg140/tlg0007.tlg140.perseus-grc2.xml
- « canonical-greekLit/data/tlg0007/tlg025/tlg0007.tlg025.perseus-eng2.xml at master · PerseusDL/canonical-greekLit » (Plutarque, *Marcus Cato*, trad. Perrin) Perseus Digital Library, GitHubhttps://github.com/PerseusDL/canonical-greekLit/blob/master/data/tlg0007/tlg025/tlg0007.tlg025.perseus-eng2.xml
- « 1348917.pdf » (Cicéron, *Les Académiques*, t. I, Les Belles Lettres, 2025, front matter) ce.visuallibrary.nethttps://ce.visuallibrary.net/download/pdf/1348917.pdf
- « brepols BA A4 2025 web » (catalogue de la « Bibliothèque augustinienne », vol. 4,3) Brepolshttps://www.brepols.net/files/publicity/a/2/1/a213936b-6048-4c3a-a9bb-c815dabd9592/brepols_BA_A4_2025_web.pdf
- « Contre les académiciens = Contra academicos » (notice WorldCat) WorldCat, OCLChttps://search.worldcat.org/title/Contre-les-academiciens-Contra-academicos/oclc/1367266881
- « 85a5adff e763 4745 b21c 313dbefd8ef0 » (notice de Long et Sedley, *Les Académiciens. La renaissance du pyrrhonisme*, GF, 2001) Bibliothèques numériques du ministère des Arméeshttps://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/impression/document/85a5adff-e763-4745-b21c-313dbefd8ef0
- « Sextus Empiricus : Hypotyposes pyrrhoniennes » (notice des éditions françaises, dont *Esquisses pyrrhoniennes*, Seuil, 1997) data.bnf.fr, Bibliothèque nationale de Francehttps://data.bnf.fr/12151927/sextus_empiricus_hypotyposes_pyrrhoniennes/fr.pdf











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