Trois nombres, trois chiffres romains, et derrière eux aucune date. Nagada I, II et III désignent des positions dans un classement de poteries funéraires de Haute-Égypte, mis au point entre 1895 et 1901 par un fouilleur qui ignorait l’âge de ce qu’il triait et le reconnaissait par écrit. Le système sert toujours, sur les cartels de musée comme dans les rapports de fouille, pour découper le millénaire qui précède les pharaons.
Un cimetière pris pour une invasion
Pendant l’hiver 1894-1895, Flinders Petrie et James Quibell fouillent pour l’Egypt Exploration Fund les nécropoles de Nagada et de Ballas, sur la rive ouest du Nil, face à Coptos. Environ 2 200 tombes sortent du sable. Les corps y reposent repliés sur le côté, sans momification, entourés de vases, de palettes en schiste, de figurines d’ivoire et de couteaux de silex qui ne correspondent à aucun mobilier pharaonique connu. Dans Naqada and Ballas 1895, publié en 1896, Petrie tranche. Ces gens forment une « nouvelle race » entrée en Égypte dans l’intervalle qui sépare l’Ancien Empire du Moyen Empire. Il mesure des crânes, en porte les capacités sur des graphiques comparatifs, et suit le philologue Archibald Sayce en rattachant les envahisseurs aux Libyens des monuments, raisonnement que Debbie Challis a reconstitué en 2016 à partir de la correspondance conservée.
L’erreur porte sur plus de mille ans. Jacques de Morgan, alors à la tête du Service des antiquités, fouille en 1896-1897 un grand mastaba de brique dans la même région et publie l’année suivante Recherches sur les origines de l’Égypte, où le mobilier de Petrie est rendu à la préhistoire. Petrie cède sur la date. Il ne cède pas sur le mot. Dans une lettre publiée par Nature en 1898, il maintient que l’expression était correcte, cette population étant nouvelle pour les savants quel que fût son âge, et il ajoute que le consensus sur une plus haute antiquité repose alors sur une convergence de conjectures, faute d’une superposition observée sur le terrain. L’argument est de mauvaise foi sur le fond et exact sur la méthode, ce qui explique en partie la suite.
Cinquante cases, et les vingt-neuf laissées vides
Sur les cimetières d’Abadiyeh et de Hu, fouillés en 1898-1899, le classement prend sa forme définitive ; la publication paraît en 1901 sous le titre Diospolis Parva. Petrie définit plus de sept cents types de vases funéraires et les regroupe en neuf classes désignées par des lettres. Les critères ne sont pas homogènes, et Stan Hendrickx l’a souligné : la pâte définit une classe, la cuisson une autre, le décor une troisième, un simple détail d’anse une quatrième, et la classe L, pour Late, se définit par la chronologie même qu’il s’agit de démontrer. Pour chacune des quelque neuf cents tombes contenant au moins cinq types, Petrie inscrit sur une bande de carton les formes qui s’y trouvent, puis dispose les bandes de manière à réduire au minimum l’écart entre deux voisines. Le moteur du classement est une seule famille de vases, les jarres à anses ondulées, où il lit une dégradation progressive de la forme, du pot globulaire à anse fonctionnelle jusqu’à la jarre cylindrique dont l’anse n’est plus qu’une bande peinte sous la lèvre. Il découpe la file en cinquante groupes numérotés de 30 à 80, qu’il appelle Sequence Dates. Les numéros 1 à 29 restent libres, réservés à des cultures plus anciennes que personne n’avait encore trouvées, et Guy Brunton et Gertrude Caton-Thompson les trouveront dans les années 1920 en identifiant la culture badarienne, qui se glisse effectivement au-dessous de la ligne de départ.
Trois « cultures » sont ensuite découpées dans cette file, l’amratienne, la gerzéenne et la sémainéenne, du nom des sites d’el-Amra, de Gerzeh et d’es-Semaineh. Helene Kantor a demandé dès 1944 si la dernière existait vraiment comme phase distincte. Le terme a disparu de l’usage sans avoir jamais été réfuté. Restent les trois grandes divisions, rebaptisées Nagada I, II et III, qui conservent les frontières tracées dans la file de fiches.
Une sériation range, elle ne mesure pas. Sur le papier, les cinquante cases sont d’égale largeur, ce qui ne dit rien de leur durée respective. L’équipe de Michael Dee a rappelé en 2014 que l’idée d’une dégradation régulière des formes doit beaucoup au gradualisme évolutionniste des milieux savants britanniques de l’époque, et David Wengrow en tire une conséquence plus large. L’image d’une formation de l’État égyptien linéaire et progressive doit une part de sa force à la forme du classement céramique qui lui sert de cadre.
Werner Kaiser déplace le problème dans l’espace
En 1956 puis en 1957, Werner Kaiser reprend l’affaire par un autre bout. Son entrée est la répartition des sépultures sur le terrain. Le cimetière 1400-1500 d’Armant, fouillé par Robert Mond et Oliver Myers et publié en 1937, offre une nécropole étalée où les tombes n’ont pas été creusées au hasard. Kaiser y distingue trois zones spatiales qui correspondent aux grandes étapes du développement céramique. De cette analyse sortent les Stufen, les degrés I, II et III avec leurs subdivisions, dont descendent les étiquettes en usage aujourd’hui, de Nagada IA à Nagada IIID.
Ses phases IIIA et IIIB reposaient sur trop peu de matériel, ce que Stan Hendrickx a corrigé en reprenant l’ensemble sur un nombre de fouilles sans commune mesure, en 1996, puis en 2006 dans l’Ancient Egyptian Chronology de Brill, puis en 2011 pour le seul passage de IIIA à IIIB. La structure de Petrie a survécu à ces refontes presque intacte. Des deux graphies en circulation, Nagada et Naqada, la première a pour elle l’usage des publications francophones, et c’est celle retenue ici.
IC, IIA et IIB ne se suivent pas
En 2014, Michael Dee, David Wengrow, Andrew Shortland, Alice Stevenson, Fiona Brock et Christopher Bronk Ramsey publient dans le Journal of Archaeological Science le premier test statistique de la séquence contre le radiocarbone. On rassemble les datations disponibles sur des contextes funéraires prédynastiques, on affecte chacune à sa phase, et on demande au logiciel OxCal quelle est la probabilité que l’ordre des dates moyennes soit celui que les céramiques annoncent. Quatre-vingt-onze mesures portant sur quatre-vingt-cinq échantillons sont réunies, neuf écartées pour qualité insuffisante, quatre autres pour risque d’âge intégré du bois. Deux versions passent l’épreuve, la version conventionnelle phase par phase et une version simplifiée par blocs, que la majorité des archéologues réunis à Londres en mars 2013 avait déjà déclaré préférer.
La version par blocs passe. Pour l’Égypte entière comme pour le seul ensemble de Nagada et Ballas, IC-IIB précède IIC-IID, qui précède IIIA1-IIIA2. Le recouvrement reste large, et la probabilité que IIC-IID vienne bien avant IIIA1-IIIA2 n’est que de 0,62. La version conventionnelle passe beaucoup moins bien. Dix-neuf datations de bonne qualité couvrent IC, IIA et IIB, et leur comparaison contredit l’ordre attendu, IC ressortant comme la plus récente des trois avec une probabilité de 0,48 qu’elle précède IIB. Entre IID et IIIA1, la probabilité tombe à 0,49, ce qui rend les deux phases chronologiquement indiscernables.
Les auteurs signalent eux-mêmes la limite de leur résultat. Tous les échantillons datés IIIA1 proviennent du seul cimetière U d’Oumm el-Qaab, à Abydos, et le chevauchement peut donc traduire une avance locale sur le reste de la vallée. Leur modèle bayésien de l’année précédente avait par ailleurs resserré les bornes extérieures, en plaçant le début du prédynastique entre 3 800 et 3 700 avant notre ère plutôt que vers 4 000, et l’avènement du roi Aha entre 3 111 et 3 045, avec une probabilité de 68 %.
Hors des cimetières, le système perd pied
Une contrainte plus lourde tient à la nature du matériel. La séquence est faite de tombes. Elle a été construite sur des tombes, elle se vérifie sur des tombes, et elle s’applique mal ailleurs. L’équipe de 2014 a écarté d’emblée plus de cent datations provenant de sites d’habitat, dont celles d’Armant et d’Adaïma, parce qu’étendre le système aux contextes domestiques l’éloigne de sa base documentaire. En 1994, Renée Friedman avait mesuré cet écart en comparant les céramiques d’habitat de Hemamieh, de Nagada et de Hiérakonpolis.
La Basse-Égypte pose la même difficulté sous une autre forme. Le système ne s’applique au Delta qu’à partir du moment où les usages funéraires de Haute-Égypte y apparaissent, dans la seconde moitié de Nagada II. Auparavant, les sites du nord relèvent d’un ensemble distinct, dit de Maadi-Bouto, dont la chronologie interne reste beaucoup moins fine. Christiana Köhler a porté l’attaque plus loin en 2020, dans un article d’Ägypten und Levante qui examine les mots eux-mêmes, culture, civilisation, migration, et récuse le partage du pays en deux blocs opposés au profit d’une carte polycentrique. La revue a publié cinq réponses dans le même volume, dont un commentaire de Béatrix Midant-Reynes.
Le désaccord est ouvert et il porte sur les fondations.
Un exemple donne la mesure de l’écart entre l’étiquette et la datation. Le corps naturellement momifié dit Gebelein Man A, exposé au British Museum, est classé depuis plus d’un siècle d’après son seul mobilier. Ses cheveux ont livré en 2018 un intervalle de 3 351 à 3 017 avant notre ère, que Renée Friedman et Daniel Antoine rapportent aux phases Nagada IID à IIIB. Trois phases pour un individu.
Une curiosité, sans lien direct avec ce qui précède. La seule tombe préhistorique égyptienne à décor mural peint, la tombe 100 de Hiérakonpolis, dégagée en 1899 et attribuée à Nagada IIC, n’est plus localisable et passe pour détruite ; Dirk Huyge a proposé en 2014 que sa composition ait été retouchée sous Nagada III.
En défense de la chronologie conventionnelle
Le camp qui continue d’employer la séquence phase par phase dispose d’arguments qu’il faut prendre dans leur version forte. La sériation de 1899 n’a jamais été renversée dans son ensemble, et le test de 2014 la confirme au niveau des blocs, résultat remarquable pour une méthode conçue sans stratigraphie, sans texte et sans physique. L’instrument de contrôle est par ailleurs plus grossier que ce qu’il contrôle, une date au radiocarbone calibrée couvrant couramment deux à trois siècles à 95 % de probabilité, quand les phases en litige ont pu durer quelques décennies. Les effectifs sont minces là où la contradiction est la plus bruyante, une seule datation retenue pour la phase IB, deux pour IIIA2. Et à l’intérieur d’un même cimetière, la sériation range toujours les sépultures les unes par rapport aux autres, ce qu’aucune autre technique ne réussit sur une centaine de tombes intactes.
Ce que la recherche a gagné depuis se résume à une prudence chiffrée. La version simplifiée, quatre blocs au lieu de neuf phases, est la seule que les datations absolues soutiennent. La durée de chaque phase fine demeure inconnue, faute de cimetières ayant livré assez d’échantillons datables et non remaniés, et rien ne garantit que les changements de style aient été simultanés d’un bout à l’autre de la vallée.
Les bandes de carton sur lesquelles Petrie a rangé ses neuf cents tombes sont conservées dans les archives du Petrie Museum of Egyptian Archaeology, à Londres, chacune portant la liste des poteries d’une seule sépulture. Ce sont elles, et l’ordre dans lequel elles ont été posées côte à côte, qui datent encore la plus grande partie des objets égyptiens antérieurs à la première dynastie.
Pour aller plus loin
L’apparition de l’écriture égyptienne prolonge la question, ses plus anciens témoins étant les étiquettes d’os et d’ivoire de la tombe U-j d’Abydos, attribuée à Nagada IIIA2. La palette de Narmer et l’unification du pays se jouent une phase plus tard, à la charnière de Nagada IIIC. La culture badarienne occupe les numéros que Petrie avait laissés libres au bas de son échelle.
Comment date-t-on un objet fabriqué avant l’invention de l’écriture ? En Haute-Égypte, au quatrième millénaire avant notre ère, les villages enterrent leurs morts dans le sable du désert avec des vases, des palettes à fard et des couteaux de pierre. Rien n’est écrit. Aucune couche de terrain ne permet de superposer les époques. Toute la chronologie de ces mille années repose donc sur l’ordre supposé des poteries, et cet ordre a été fixé à la fin du XIXᵉ siècle.
Un archéologue se trompe d’un millénaire
Flinders Petrie fouille deux nécropoles voisines de Haute-Égypte pendant l’hiver 1894-1895. Il en sort plus de deux mille tombes. Les corps sont repliés sur le côté, entourés d’objets qui ne ressemblent à rien de ce que l’on connaissait alors de l’Égypte.
Petrie en conclut qu’un peuple venu d’ailleurs a envahi le pays au milieu de son histoire. Il mesure les crânes, il compare, il cherche d’où venaient ces gens.
Jacques de Morgan fouille la même région l’année suivante et démontre le contraire. Ces tombes ne datent pas du milieu de l’histoire égyptienne, elles la précèdent tout entière. Petrie reconnaît son erreur sur la date, jamais sur le mot qu’il avait employé.
Des fiches de carton posées côte à côte
Il lui reste des milliers de vases sans âge. Petrie invente alors un procédé qui va faire école dans toute l’archéologie.
Il note sur une petite bande de carton les formes de poterie trouvées dans une tombe, une bande par tombe. Puis il pose les bandes à la suite, en mettant côte à côte celles qui se ressemblent le plus. Une famille de jarres lui sert de guide, celles dont l’anse rétrécit peu à peu jusqu’à devenir un simple trait peint sous le bord.
La file ainsi obtenue est découpée en cinquante cases numérotées. Les premiers numéros restent volontairement libres, au cas où l’on découvrirait un jour des tombes plus anciennes. Des tombes plus anciennes ont fini par sortir du sable, et les cases vides ont trouvé leur contenu.
Les trois grandes divisions de cette file portent aujourd’hui les noms de Nagada I, Nagada II et Nagada III. Elles servent à situer dans le temps presque tout objet égyptien antérieur aux pharaons.
Le sable a répondu autrement
Un classement met les choses en ordre. Il ne dit pas combien de temps chaque étape a duré, ni si elle a duré autant que la suivante.
Une équipe britannique a vérifié le point en 2014. Elle a rassemblé les datations au radiocarbone, cette mesure de laboratoire qui donne l’âge des restes organiques, pour toutes les tombes de la période où elle était disponible. Puis elle a demandé à un logiciel si l’ordre des poteries correspondait à l’ordre réel du temps.
La réponse est double. Vue de loin, la séquence tient, et ses trois grands ensembles se suivent bien dans l’ordre annoncé. Vue de près, elle se défait. Trois étapes voisines ne se rangent pas comme prévu, et l’une d’elles paraît même la plus récente des trois alors qu’on la croyait la plus ancienne. Deux autres sont impossibles à départager.
Les auteurs de ce test signalent eux-mêmes la faiblesse de leur travail. Les échantillons sont peu nombreux, ils viennent parfois d’un seul cimetière, et une datation au radiocarbone couvre souvent deux ou trois siècles. L’outil de contrôle est plus grossier que ce qu’il contrôle.
Le classement ne vaut pas partout
Le classement a été bâti sur des tombes, et il fonctionne mal ailleurs. La poterie d’un village change plus lentement que celle qu’on dépose auprès des morts, si bien que les fouilleurs mettent de côté les datations qui viennent des maisons.
Le nord du pays pose le même problème. Le delta du Nil abritait des communautés dont les objets sont différents, et le classement ne leur convient que lorsque les coutumes funéraires du sud gagnent le nord, c’est-à-dire tard.
Une archéologue autrichienne a rouvert la discussion en 2020, en s’en prenant au vocabulaire lui-même et au partage commode du pays en deux blocs opposés. Sa revue a publié dans le même numéro les réponses de plusieurs spécialistes. Personne n’a tranché.
Un corps desséché par le sable, exposé aujourd’hui à Londres, a reçu sa place dans la séquence voilà cent ans, sur la seule foi des objets déposés près de lui. Ses cheveux, datés en laboratoire, donnent un intervalle qui recouvre trois étapes différentes de la séquence.
La version complète donne les probabilités exactes calculées en 2014, phase par phase, et le détail du raisonnement par lequel Petrie a rattaché ses morts aux Libyens.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Fiches de datation séquentielle (*Sequence Dating slips*) de W. M. Flinders Petrie, une fiche par tombe fouillée Petrie Museum of Egyptian Archaeology, University College London
- W. M. Flinders Petrie, « Prehistoric Egypt », lettre à la rédaction, *Nature* 58, 1898, p. 31 DOI 10,1038/058031a0https://doi.org/10.1038/058031a0
- Jarre à décor peint de classe D, bateaux et figures humaines, el-Amra, diam. 22,5 cm, Nagada IIC-IID British Museum, Londres, EA 35502
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Sources primaires (suite)
- Corps naturellement momifié dit Gebelein Man A, cheveux datés de 3 351 à 3 017 avant notre ère British Museum, Londres, EA 32751
- Étiquettes inscrites en os et en ivoire, env. 2 × 1,5 cm, tombe U-j, cimetière U d’Oumm el-Qaab, Abydos, Nagada IIIA2 fouilles de l’Institut archéologique allemand du Caire
- Tombe 100 dite tombe peinte, chambre d’environ 4,5 × 2 mètres, Hiérakonpolis, Nagada IIC, localisation aujourd’hui perdue relevé publié par Quibell et Green, 1902
Bibliographie
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Sources en ligne
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- « Background information to Naqada » Digital Egypt for Universities, University College Londonhttps://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/naqada/background.html
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- « Establishing Predynastic Egypt » Whipple Library, University of Cambridgehttps://www.whipplelib.hps.cam.ac.uk/special/exhibitions-and-displays/conflicting-chronologies/establishing-predynastic-egypt
- « Radiocarbon dating and the Naqada relative chronology » UCL Discovery, University College Londonhttps://discovery.ucl.ac.uk/id/eprint/1433817/
- « Aesthetic culture and the emergence of writing in Egypt during Naqada III » Perséehttps://www.persee.fr/doc/arnil_1161-0492_2010_num_20_1_1007

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