Un moustique le pique, il y porte la main sans y penser. Qu’on lui demande en revanche d’exécuter sur commande un mouvement qui ne sert à rien, et la consigne devient un problème qu’il résout par essais successifs, en réajustant chaque tentative, au point que Merleau-Ponty parle à son sujet d’un acte d’interprétation au sens propre (p. 133 de la traduction de Donald Landes, d’après Timm Heinbokel). L’homme n’est pas paralysé. Deux neurologues de Francfort l’ont examiné pendant la Première Guerre mondiale, et c’est dans leurs rapports qu’un philosophe français est allé chercher, un quart de siècle plus tard, l’un des appuis d’une thèse de doctorat sur la perception.
Un mousquetaire examiné à Francfort
Des éclats de mine atteignent Johann Schneider le 4 juin 1915, alors qu’il sert comme mousquetaire dans l’armée allemande, à vingt-quatre ans. Il porte deux plaies à l’arrière du crâne, dont l’une atteint le cerveau, et reste inconscient quatre jours. En février 1916, on le transfère dans un hôpital francfortois pour blessés du cerveau, où Adhémar Gelb et Kurt Goldstein diagnostiquent une « cécité psychique », et leur premier rapport paraît en 1918 dans la Zeitschrift für die gesamte Neurologie und Psychiatrie, au tome 41, sur cent quarante-deux pages (d’après Jonathan Marotta et Marlene Behrmann, 2004, p. 634). Les médecins notent un détail qui fera beaucoup écrire. Schneider lisait en suivant le contour des lettres avec des mouvements de la tête ou du doigt, il mettait environ six secondes à reconnaître un triangle présenté brièvement, et il ne lisait plus rien quand on l’empêchait de bouger (p. 635).
Merleau-Ponty achève la Phénoménologie de la perception en 1944 et soutient ses deux thèses de doctorat en juillet 1945, selon la notice que Ted Toadvine lui consacre dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy. Le livre paraît chez Gallimard la même année, dans la « Bibliothèque des idées ». Après une introduction sur le « champ phénoménal », trois parties s’enchaînent, « Le corps », « Le monde perçu », « L’être-pour-soi et l’être-au-monde » (notice de François Trémolières, Encyclopædia Universalis). Schneider occupe une grande partie du troisième chapitre de la première, « La spatialité du corps propre et la motricité ».
Le problème que le livre affronte est ancien. Comment un esprit qui pense rejoint-il un corps qui se meut, et par lui un monde ? Merleau-Ponty répartit les réponses classiques entre deux camps qu’il renvoie dos à dos. Pour l’empirisme et la physiologie mécaniste, le corps est un mécanisme que des stimulations mettent en branle, et la perception une somme de sensations à assembler. Pour l’intellectualisme, dont Bernard Flynn rappelle qu’il visait notamment Léon Brunschvicg, percevoir revient à juger, et le corps exécute ce que la conscience a décidé. L’avant-propos annonce la méthode, empruntée à Husserl, qui consiste à revenir à ce monde d’avant la connaissance dont la connaissance parle toujours (p. iii), et il en avoue la limite dans une phrase que les commentateurs citent sans cesse : « Le plus grand enseignement de la réduction est l’impossibilité d’une réduction complète » (p. viii).
Le bras qu’on n’a plus
Un amputé continue de sentir son bras, parfois de souffrir d’une main qu’il n’a plus. La physiologie explique le phénomène par les nerfs du moignon, qui continueraient d’envoyer des messages au cerveau. La psychologie l’explique par le souvenir ou par le refus de la perte. Chaque explication rend compte d’une partie des faits et laisse tomber l’autre, et Frédérique de Vignemont, dans L’Encyclopédie philosophique, rappelle qu’un psychiatre des années 1930 rapportait encore la douleur fantôme à un schéma corporel interne qui inclurait toujours le membre disparu. Merleau-Ponty déplace la question. Pour lui, le bras fantôme est la persistance d’un pouvoir d’agir. Avoir un bras fantôme, écrit-il, c’est rester ouvert à toutes les actions dont le bras seul est capable (p. 96, d’après Matthias Heuser), autrement dit conserver le champ pratique qu’on avait avant l’amputation.
Le mot de « corps propre » désigne ce corps-là. Husserl distinguait le Körper, corps physique parmi les autres, et le Leib, corps vivant par lequel on a des choses autour de soi, et l’allemand dispose de deux mots où le français n’en a qu’un. « Corps vécu » serait plus transparent pour un lecteur d’aujourd’hui, « corps propre » prête à un contresens ménager, et c’est pourtant l’expression qu’il vaut mieux conserver, parce que c’est le mot du livre, celui que retiennent aussi bien la notice de Trémolières que l’article de Vignemont pour désigner le corps tel qu’on le vit, par contraste avec le corps des planches d’anatomie.
Réduit à trois phrases, l’argument se refait ainsi. Le corps est le point d’où l’on vise le monde, un ensemble de pouvoirs d’agir, avant d’être un objet que la conscience piloterait du dehors. La preuve se lit dans les cas où l’explication mécanique et l’explication intellectuelle échouent ensemble, le membre fantôme, qui n’est ni un réflexe ni un souvenir, et Schneider, chez qui le geste utile survit au geste commandé. Il existe donc une compréhension du monde par le corps, antérieure au jugement, que Merleau-Ponty appelle intentionnalité motrice.
« Mouvoir son corps c’est viser à travers lui les choses »
La distinction vient de Goldstein. Les mouvements concrets sont ceux de la vie ordinaire, insérés dans une situation, tandis que les mouvements abstraits sont isolés et exécutés sur demande, sans objet ; chez Schneider, les premiers résistent et les seconds s’effondrent. Merleau-Ponty en tire que nous mouvons toujours notre corps phénoménal et non notre corps objectif (p. 123, d’après Rasmus Thybo Jensen), et que le pathologique n’autorise pas à déduire le normal (p. 125). La formule centrale du chapitre est connue ici par sa traduction anglaise, où la conscience est dite originairement un « je peux », là où la tradition attendait un « je pense que » (p. 139 de la traduction de Donald Landes, d’après Caterina Di Fazio). Le « je peux », Ich kann, est un mot de Husserl, que Toadvine rappelle, et Merleau-Ponty en tire une phrase qui lui appartient : « Mouvoir son corps c’est viser à travers lui les choses » (p. 161). Viser, ici, n’a rien d’une représentation. La main qui se tend vers la tasse se passe de tout calcul de trajectoire dans un espace géométrique. Toadvine parle d’une spatialité de situation, orientée vers des tâches, que Merleau-Ponty oppose à la spatialité de position des choses rangées dans l’espace. L’habitude prolonge l’analyse et lui donne ses exemples les plus célèbres. « L’habitude exprime le pouvoir que nous avons de dilater notre être au monde », écrit Merleau-Ponty, et il ajoute que s’habituer à un chapeau, à une automobile ou à un bâton, c’est « s’installer en eux » (p. 168, d’après Jan Lockenbauer). Le bâton de l’aveugle, dans l’exemple que Lockenbauer commente, cesse d’être un objet qu’on tient pour devenir ce par quoi l’on sent le trottoir, et la dactylographe, à la même page, comprend son clavier comme un éventail de possibilités de son propre corps. Apprendre un geste, c’est alors enrichir et réorganiser le schéma corporel (p. 178), et le corps devient, selon une autre formule du livre, notre moyen général d’avoir un monde (p. 171, d’après Matthias Heuser).
La main droite sur la main gauche
L’expérience se fait en quelques secondes et sans matériel. Que le lecteur pose sa main droite sur le dos de sa main gauche, puis cherche à sentir en même temps la main gauche comme une chose touchée et comme une main qui touche.
La main gauche, à cet instant, est-elle un objet ou un organe qui sent ?
Husserl avait décrit la scène dans le deuxième livre des Ideen, texte resté inédit de son vivant et publié en 1952 au tome IV des Husserliana. Selon lui, la sensation se dédouble dans les deux parties du corps (Hua IV, p. 145, d’après Alia Al-Saji), et ces sensations localisées, les Empfindnisse, sont vécues sans être objectivées (p. 146-147). Merleau-Ponty décrit autre chose aux pages 108 et 109 de son livre. Les deux mains ne sont jamais à la fois touchées et touchantes, elles alternent, et la main touchée retombe au rang d’assemblage d’os et de muscles au moment où l’autre la palpe. Al-Saji soutient en 2010 que cette lecture referme le dédoublement husserlien sur une sensation unique et ambiguë, et que Husserl échappait mieux que Merleau-Ponty à l’alternative du sujet et de l’objet. Le dernier Merleau-Ponty fera de cette non-coïncidence le cœur de son ontologie de la chair, selon la lecture de Flynn.
Johann Schneider, témoin contesté
Un argument qui s’appuie sur un cas clinique hérite de sa fragilité. En 1949, le neurologue Bay et ses collaborateurs, puis Richard Jung, soutiennent que Schneider se servait de sa vision et n’était pas agnosique. Bay va plus loin en 1953, il juge les symptômes hystériques ou grossièrement exagérés et constate que les mouvements de tête de Schneider ne correspondent ni aux lettres ni aux mots lus, et Hans-Lukas Teuber soupçonnait en 1966 que le cas n’était pas réel (Marotta et Behrmann, p. 635-636). Georg Goldenberg, en 2003, accuse Gelb et Goldstein d’avoir brodé pour servir une théorie trop générale, si bien que Schneider aurait appris à être un cas d’école. Marotta et Behrmann concluent l’année suivante que les deux neurologues n’ont pas livré de preuves étanches, proposent de reclasser le trouble parmi les agnosies intégratives et admettent qu’un doute subsistera toujours sur la validité de toutes leurs affirmations (p. 637-638).
L’objection la plus précise vise Merleau-Ponty lui-même. Jensen montre en 2009 qu’un passage que la Phénoménologie présente comme le témoignage de Schneider sur ses mouvements (p. 122) décrit en réalité, dans un texte de Goldstein de 1923, l’expérience ordinaire d’une personne saine. Il ne tient pas la confusion pour délibérée, mais il relève qu’elle prête à l’argument un air d’authenticité qu’il ne mérite pas. Il relève aussi une tension interne, puisque le livre tient l’intentionnalité motrice tantôt pour préservée dans les gestes concrets de Schneider, tantôt pour atteinte dans ses gestes abstraits. Sa solution en fait une affaire de degré, le trouble de Schneider étant une contraction du champ d’action. Jensen juge en revanche peu convaincants les arguments de Goldenberg, et rappelle que les échecs de réplication des années 1940 peuvent tenir à une guérison partielle du patient. Timm Heinbokel ajoute en 2021 que la critique des rapports cliniques n’atteindrait la méthode de Merleau-Ponty que si elle montrait une déformation incohérente du cas. On ne saura probablement jamais ce que Schneider voyait réellement, faute de tout examen indépendant conduit pendant les années où Merleau-Ponty le lisait à travers ses médecins.
Lancer comme une fille
Iris Marion Young part d’une observation du psychiatre Erwin Straus, selon qui la fillette de cinq ans ne se sert pas de l’espace latéral quand elle lance, et elle constate que les filles engagent moins leur corps entier dans le mouvement que les garçons (« Throwing Like a Girl », Human Studies, 1980, p. 137 et 142). Son essai combine, dit-elle, la théorie du corps vécu de Merleau-Ponty et la théorie de la situation des femmes élaborée par Beauvoir (p. 141). Trois modalités caractérisent selon elle la motricité féminine, une transcendance ambiguë, une intentionnalité inhibée et une unité discontinue (p. 145). La deuxième touche directement le « je peux ». Le corps se porte vers un but avec un « je peux », mais retient son engagement dans un « je ne peux pas » qu’il s’impose à lui-même (p. 146). Ces modalités n’ont leur source, insiste Young, ni dans l’anatomie ni dans la physiologie, et encore moins dans une mystérieuse essence féminine, mais dans la situation particulière que l’oppression sexiste fait aux femmes (p. 152). Le corps y est souvent vécu comme une chose autre que soi (p. 148).
Young prend la thèse de Merleau-Ponty au mot. Si l’habitude sédimente une histoire dans le corps, le « je peux » décrit dans la Phénoménologie est celui d’un corps particulier présenté comme le corps en général. Alia Al-Saji, en rendant compte en 2005 du recueil où Young a réédité l’essai, relève que mesurer les femmes à un sujet idéal construit sur une conception masculine revient à ne décrire que des manques, et Young est elle-même revenue sur son texte en 1998, dans « Throwing Like a Girl : Twenty Years Later ». Al-Saji voit dans ce cadrage privatif l’origine du tournant que Young prendra plus tard vers une revalorisation de l’expérience féminine, et la question de savoir si la méthode de Merleau-Ponty peut être corrigée de l’intérieur ou si elle suppose un corps neutre reste ouverte dans ce débat.
Merleau-Ponty n’a pas connu cette objection. Il meurt à Paris le 3 mai 1961, et Le Visible et l’invisible paraît en 1964, reconstitué à partir des manuscrits et des notes de travail des dernières années (Toadvine). Dans l’une de ces notes, il écrit que les problèmes posés dans la Phénoménologie de la perception sont insolubles parce qu’il y part de la distinction « conscience »-« objet » (p. 200 de la traduction d’Alphonso Lingis, d’après Brian Irwin et Caterina Di Fazio). Renaud Barbaras lit les textes posthumes comme l’aveu d’un échec du grand livre suivi d’une mutation vers l’ontologie, selon la notice de Trémolières. Dans la citation qu’en donne Di Fazio, la phrase s’arrête sur un tiret, et la suite de la note, où l’on apprendrait quels problèmes Merleau-Ponty tenait pour insolubles et si le bras fantôme ou le moustique de Schneider en faisaient partie, ne se lit que dans le volume de 1964, que les extraits consultés ici ne reproduisent pas.
Pour aller plus loin
Le regard d’autrui dans L’Être et le néant, déjà traité dans l’encyclopédie à propos de Huis clos, est l’une des cibles de Merleau-Ponty, et Le Deuxième Sexe de Beauvoir fournit à Young la notion de situation. La thèse des animaux-machines chez Descartes, également traitée, éclaire la conception mécaniste du corps que la première partie de la Phénoménologie de la perception met en cause.
Comment sait-on où se trouve sa propre main, les yeux fermés ? Le philosophe français Maurice Merleau-Ponty a construit autour de cette question un gros livre, la Phénoménologie de la perception, paru en 1945. Sa réponse étonne encore. Selon lui, le corps comprend le monde avant que la pensée ne s’en mêle. Pour le montrer, il est allé chercher ses exemples chez des blessés et des malades.
Une main qui n’existe plus
Après une amputation, beaucoup de personnes sentent encore leur bras. Certaines ont même mal à une main disparue. Les médecins parlent de membre fantôme, c’est-à-dire d’un membre perdu que le corps continue de ressentir. Avant Merleau-Ponty, deux explications se disputaient le phénomène. Les uns accusaient les nerfs restés dans le moignon, les autres le souvenir du bras.
Merleau-Ponty refuse de choisir entre les deux. Pour lui, le bras fantôme garde la place de tout ce que le bras savait faire. La personne reste tournée vers ses gestes d’avant. Son corps continue de se préparer à saisir, à porter, à pousser, alors que l’outil a disparu.
Le soldat et le moustique
Johann Schneider est un soldat allemand blessé à la tête en 1915. Deux médecins de Francfort l’observent à partir de 1916. Si un moustique se pose sur lui et le pique, sa main file droit vers la piqûre. Quand on lui demande un geste sans but, sur ordre, il échoue ou tâtonne longtemps. Il n’est pourtant pas paralysé.
Ses médecins notent une autre bizarrerie. Pour lire, Schneider suivait le contour des lettres avec la tête ou avec un doigt. Il lui fallait environ six secondes pour reconnaître un triangle. Quand on l’empêchait de bouger, il ne lisait plus rien.
Merleau-Ponty en tire sa grande idée. La main qui part vers une tasse ne fait aucun calcul, elle va droit à la tasse. Le philosophe allemand Edmund Husserl parlait déjà d’un « je peux ». Merleau-Ponty en fait le fond de la conscience, plus ancien que le « je pense ».
L’habitude obéit à la même logique. Un aveugle qui marche avec un bâton finit par ne plus sentir le bâton dans sa paume. Il sent le trottoir au bout. Pour Merleau-Ponty, s’habituer à un objet revient à s’installer dedans, comme on s’installe dans un chapeau ou dans une voiture.
Un témoin qui vacille
Le soldat de Francfort a beaucoup servi, et des doutes sont venus. Des neurologues qui l’ont revu plus tard pensaient qu’il se servait de sa vue et que son trouble était mal décrit. D’autres ont parlé d’exagération. L’un d’eux a remarqué que les mouvements de sa tête ne suivaient ni les lettres ni les mots. En 2003, Georg Goldenberg a accusé ses médecins d’avoir enjolivé le cas pour soutenir leur théorie.
Un autre chercheur a fait une découverte gênante. Un passage que le livre présente comme les paroles de Schneider vient en fait de son médecin, qui y décrivait une personne en bonne santé. Selon lui, l’erreur n’était pas volontaire. D’autres répondent que ces défauts ne ruinent l’argument que s’ils ont rendu le portrait du malade incohérent. Personne ne saura sans doute jamais ce que Schneider voyait vraiment.
Une balle lancée à moitié
En 1980, la philosophe Iris Marion Young regarde ailleurs. Elle part d’une remarque d’un psychiatre, selon qui une fillette de cinq ans n’utilise pas l’espace sur ses côtés quand elle lance. Elle observe à son tour des filles qui lancent une balle sans engager tout leur corps.
Pour décrire ce geste retenu, Young reprend les outils de Merleau-Ponty et les croise avec les idées de Simone de Beauvoir sur la situation des femmes. Le corps part avec un « je peux », puis se freine avec un « je ne peux pas » qu’il s’impose. Young cherche la cause dans la situation faite aux femmes, pas dans l’anatomie.
Le « je peux » de Merleau-Ponty décrivait donc peut-être un corps particulier, présenté comme le corps de tout le monde. Ses lecteurs ne s’accordent toujours pas sur la suite à donner à cette objection, entre ceux qui veulent corriger sa méthode de l’intérieur et ceux qui la jugent attachée à un corps neutre.
La version complète donne la page exacte où Merleau-Ponty décrit le bras fantôme, et suit le passage de 1923 qu’un médecin avait écrit sur une personne en bonne santé avant qu’il ne soit attribué à Schneider.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Maurice Merleau-Ponty, *Phénoménologie de la perception*, Paris, 1945, « Bibliothèque des idées », xvi-531 p. ; avant-propos, p. iii (revenir à ce monde d’avant la connaissance) et p. viii (« Le plus grand enseignement de la réduction est l’impossibilité d’une réduction complète »), texte contrôlé sur l’édition numérique des Classiques des sciences sociales ; première partie, « Le corps », p. 96 (avoir un bras fantôme, c’est rester ouvert à toutes les actions dont le bras seul est capable) et p. 171 (le corps, moyen général d’avoir un monde), d’après Matthias Heuser ; p. 108-109 (les deux mains qui alternent, la main touchée ramenée à des os et des muscles), d’après Alia Al-Saji ; chap. III, « La spatialité du corps propre et la motricité », p. 122 (passage donné comme témoignage de Schneider), p. 123 (corps phénoménal et corps objectif), p. 125 (le normal ne se déduit pas du pathologique), d’après Rasmus Thybo Jensen ; p. 161 (« Mouvoir son corps c’est viser à travers lui les choses »), d’après Caterina Di Fazio ; p. 168 (« L’habitude exprime le pouvoir que nous avons de dilater notre être au monde », le chapeau, l’automobile, le bâton, la dactylographe) et p. 178 (enrichir et réorganiser le schéma corporel), d’après Jan Lockenbauer Gallimard
- Maurice Merleau-Ponty, *Phenomenology of Perception*, trad. Donald A. Landes, Londres et New York, 2012 ; p. 133 (l’acte d’interprétation de Schneider), d’après Timm Heinbokel ; p. 139 (la conscience originairement un « je peux », à la place du « je pense que »), d’après Caterina Di Fazio, qui cite la réimpression de 2013 Routledge
- Maurice Merleau-Ponty, *Le Visible et l’invisible*, suivi de notes de travail, Paris, 1964, texte posthume établi à partir des manuscrits et des notes des dernières années ; note de travail sur les problèmes « insolubles » de la *Phénoménologie de la perception*, pagination française non collationnée ; trad. Alphonso Lingis, *The Visible and the Invisible*, Evanston, Northwestern University Press, 1968, p. 200, d’après Brian Irwin et Caterina Di Fazio Gallimard
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Sources primaires (suite)
- Edmund Husserl, *Ideen zu einer reinen Phänomenologie und phänomenologischen Philosophie. Zweites Buch*, publication posthume, *Husserliana* IV, 1952 ; p. 145 (la sensation dédoublée dans les deux parties du corps), p. 146-147 (les *Empfindnisse*, vécues sans être objectivées), d’après Alia Al-Saji Martinus Nijhoff
- Adhémar Gelb et Kurt Goldstein, premier rapport sur le patient Schn., *Zeitschrift für die gesamte Neurologie und Psychiatrie* 41, 1918, p. 1-142 ; histoire du cas (blessure du 4 juin 1915, transfert à Francfort en février 1916, « cécité psychique », lecture par suivi des contours) d’après Jonathan J. Marotta et Marlene Behrmann (2004), p. 634-635
- Kurt Goldstein, texte de 1923 décrivant les mouvements ordinaires du sujet sain, dont un passage est donné par la *Phénoménologie de la perception* comme le témoignage de Schneider, cité d’après Rasmus Thybo Jensen (2009) ; titre non relevé dans la version consultée
- Iris Marion Young, « Throwing Like a Girl : A Phenomenology of Feminine Body Comportment, Motility and Spatiality », *Human Studies* 3 (1), 1980, p. 137-156, DOI 10,1007/BF02331805 ; p. 137 (observation d’Erwin Straus sur la fillette de cinq ans et l’espace latéral), p. 141 (Merleau-Ponty et la théorie de la situation des femmes de Beauvoir), p. 142 (le corps entier engagé dans le mouvement), p. 145 (les trois modalités de la motricité féminine), p. 146 (le « I can » et le « I cannot » que le corps s’impose), p. 148 (le corps vécu comme une chose), p. 152 (ni l’anatomie, ni la physiologie, ni une essence féminine) ; passages traduits par la rédaction Springerhttps://doi.org/10.1007/BF02331805
Bibliographie
- Ted Toadvine, « Maurice Merleau-Ponty », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 14 septembre 2016, révision substantielle du 28 septembre 2023 (biographie, soutenance de juillet 1945, le « je peux » husserlien, spatialité de situation et de position, *Le Visible et l’invisible*, mort le 3 mai 1961) Stanford University
- Bernard Flynn, « Maurice Merleau-Ponty », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, version du 14 juin 2004 conservée dans l’archive du printemps 2014 (critique de l’intellectualisme et de Brunschvicg, non-coïncidence du touchant et du touché, chair) Stanford University
- François Trémolières, « *Phénoménologie de la perception*, Maurice Merleau-Ponty. Fiche de lecture », *Encyclopædia Universalis* (structure du livre, corps propre, membre fantôme, lecture de Renaud Barbaras) Encyclopædia Universalis
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- Renaud Barbaras, *De l’être du phénomène. Sur l’ontologie de Merleau-Ponty*, Grenoble, 1991 ; lecture des textes posthumes comme « échec » du grand livre et « mutation » vers l’ontologie, d’après François Trémolières Jérôme Millon
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- Alia Al-Saji, compte rendu d’Iris Marion Young, *On Female Body Experience : « Throwing Like a Girl » and Other Essays*, Oxford University Press, 2005, *Notre Dame Philosophical Reviews*, 10 octobre 2005 (cadrage privatif de l’essai de 1980, retour de Young dans « Throwing Like a Girl : Twenty Years Later », 1998) University of Notre Dame
- Caterina Di Fazio, « The free body. Notes on Maurice Merleau-Ponty’s phenomenology of movement », date non indiquée dans le fichier, n. 5 et 37 sif-praha.cz
- Brian Irwin, « Architecture as Participation in the World : Merleau-Ponty, Wölfflin, and the Bodily Experience of the Built Environment », *Architecture Philosophy* 4 (1), 2019, n. 1 Architecture Philosophy
Sources en ligne
- « Maurice Merleau-Ponty » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/merleau-ponty/
- « Maurice Merleau-Ponty » (version de 2004, archive du printemps 2014) Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/archives/spr2014/entries/merleau-ponty
- « PHÉNOMÉNOLOGIE DE LA PERCEPTION, Maurice Merleau-Ponty - Fiche de lecture » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/phenomenologie-de-la-perception/
- « Corps (GP) » L’Encyclopédie philosophiquehttps://encyclo-philo.fr/corps-gp
- « Maurice MERLEAU-PONTY, PHÉNOMÉNOLOGIE DE LA PERCEPTION » (avant-propos) Les Classiques des sciences sociales, Université du Québec à Chicoutimihttp://classiques.uqac.ca/classiques/merleau_ponty_maurice/phonomenologie_de_la_perception/phonomenologie_de_la_perception_avant_propos.html
- « La teinte des pensées et des actions. L’émotion et l’expression chez Merleau-Ponty et Wittgenstein (I) » Implications philosophiqueshttps://www.implications-philosophiques.org/la-teinte-des-pensees-et-des-actions-lemotion-et-lexpression-chez-merleau-ponty-et-wittgenstein-i/
- « L’habitude perceptive et le passage ... » (Jan Lockenbauer, PDF) revistadefilosofia.orghttps://old.revistadefilosofia.org/66-06.pdf
- « MarottaBehrmann agnosia20041 » (PDF) Behrmann Lab, Carnegie Mellon Universityhttps://www.cmu.edu/dietrich/behrmannlab/Publications/MarottaBehrmann_agnosia20041.pdf
- « Motor Intentionality and the Case of Schneider » (prépublication, PDF) COREhttps://core.ac.uk/download/269199446.pdf
- « From Johann to Maurice : Science and Expression in the Philosophical Praxis of Medicine » (PDF) SpringerLinkhttps://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s10746-021-09605-3.pdf
- « Bodies and sensings : On the uses of Husserlian phenomenology for feminist theory » PhilArchivehttps://philarchive.org/archive/ALSBAS-2
- « On Female Body Experience : « Throwing Like a Girl » and Other Essays » Notre Dame Philosophical Reviewshttps://ndpr.nd.edu/reviews/on-female-body-experience-throwing-like-a-girl-and-other-essays/
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- « The free body. Notes on Maurice Merleau-Ponty’s phenomenology of movement » (PDF) sif-praha.czhttps://www.sif-praha.cz/wp-content/uploads/2013/04/The-free-body.pdf
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