En anglais, la phrase la plus citée du Deuxième Sexe a perdu un mot en route. La traduction de H. M. Parshley, parue à New York en 1953, donne « One is not born, but rather becomes, a woman ». Celle de Constance Borde et Sheila Malovany-Chevallier, publiée en 2010, retire le « a ». Toril Moi y a vu une faute élémentaire qui prête à Beauvoir une théorie de la Femme avec une majuscule, et les traductrices ont répliqué qu’en anglais « woman » sans article désigne justement une catégorie construite. Un lecteur a fait remarquer à Moi que le français admet très bien « devenir une femme », elle en a convenu, et la question reste entière, puisque Beauvoir n’écrit ni l’un ni l’autre et s’en tient au pronom de « on le devient ».
Une confession abandonnée aux Deux Magots
Le livre devait être une confession. À l’été 1946, attablée au café des Deux Magots, Beauvoir projette un récit sur elle-même dans la veine de L’Âge d’homme de Michel Leiris, paru en 1939 et réédité cette année-là avec une préface qui compare le risque de l’écrivain à celui du torero dans l’arène. La première question qu’elle se pose porte sur ce qu’avoir été une femme a signifié pour elle, et sa première réponse est que cela n’a guère compté. Selon le récit de La Force des choses, publié en 1963, c’est Sartre qui lui objecte qu’elle n’a pourtant pas été élevée comme un garçon. Elle regarde de plus près, découvre que les mythes qui ont nourri son enfance ont été forgés par des hommes, renonce à la confession et part lire à la Bibliothèque nationale.
Le premier tome, Les Faits et les mythes, met en procès les explications qui prétendent dire ce qu’est une femme. Sa première partie, intitulée « Destin », examine les données de la biologie, puis le point de vue psychanalytique, puis celui du matérialisme historique, et conclut que chacune décrit des faits réels sans rendre compte de la hiérarchie. Beauvoir ne nie jamais le poids du corps. Elle soutient que la biologie ne dit pas pourquoi la femelle humaine est devenue l’Autre, et qu’il faut chercher ce que l’humanité a fait d’elle au cours de l’histoire. L’adversaire diffus s’appelle l’« éternel féminin », cette nature que moralistes et romanciers prêtent aux femmes. Il a aussi des visages contemporains. Dans une note de l’introduction, Beauvoir s’en prend aux conférences qu’Emmanuel Lévinas a prononcées en 1946 et 1947 au Collège philosophique sous le titre Le Temps et l’Autre, où le féminin figure l’altérité même, et observe qu’en faisant de la femme un mystère, Lévinas sous-entend qu’elle est « mystère pour l’homme ».
Gallimard publie le premier tome en juin 1949, le second en novembre, après des extraits parus aux Temps modernes.
La catégorie de l’Autre
L’introduction part d’une impasse. Si les femmes possèdent une essence, on retombe dans le mythe ; si, comme le veulent les nominalistes, « femme » n’est qu’un mot, on nie ce que n’importe qui constate dans la rue, à savoir que l’humanité se partage en deux. Beauvoir refuse les deux issues en s’appuyant sur la philosophie de l’existence. Un être humain n’y a pas de nature fixée d’avance, il se fait par ses projets, ce que le vocabulaire existentialiste appelle la transcendance, le mouvement par lequel une liberté dépasse le donné vers un avenir ouvert ; l’immanence désigne l’inverse, une vie qui se répète sans se projeter.
Le deuxième temps de l’argument part d’une observation de langage. En français, « homme » désigne à la fois le mâle et l’être humain, tandis que « femme » ne désigne que la femelle, et aucun homme n’ouvre un livre en précisant qu’il en est un ; le fait d’être un homme, note Beauvoir, « n’est pas une singularité ». La femme se définit par rapport à l’homme et jamais l’inverse, ce que condense la phrase qui porte tout le premier tome, « Il est le Sujet, il est l’Absolu : elle est l’Autre ». Le mot vient de Hegel, dont Beauvoir a lu la dialectique du maître et de l’esclave, et il suppose une thèse générale sur la conscience, qui ne se pose qu’en s’opposant à une autre qu’elle tente de réduire à l’état d’objet. Seulement, entre consciences, la relation tourne d’ordinaire, chacun devenant l’autre de l’autre, et cette réciprocité est précisément ce qui n’a pas eu lieu entre les sexes. Beauvoir en donne trois raisons, qui forment le cœur de l’introduction. Les femmes manquent des moyens concrets de se poser en sujet, elles éprouvent le lien qui les attache à l’homme comme nécessaire sans en exiger la réciprocité, et elles trouvent souvent leur compte au rôle de l’Autre. Un prolétaire peut dire « nous » avec d’autres prolétaires, contre une autre classe. Les femmes vivent dispersées parmi les hommes, sans passé commun ni territoire propre, liées à un père ou à un mari plus étroitement qu’aux autres femmes, et cette dispersion rend leur situation singulière. Beauvoir nomme Mitsein, d’un mot de Heidegger, cette communauté première du couple dont aucun des deux termes ne peut se défaire. On garde ici le mot allemand plutôt que l’« être-avec » des traductions françaises de Heidegger, parce que Beauvoir l’imprime tel quel et que l’équivalent français suggère une cohabitation paisible là où elle décrit une dépendance.
Une scène de l’introduction permet de vérifier l’argument sans rien savoir de Hegel. Au cours d’une discussion abstraite, un interlocuteur lance à Beauvoir qu’elle pense telle chose parce qu’elle est une femme. Sa seule défense consiste à répondre qu’elle le pense parce que c’est vrai, autrement dit à retirer sa propre subjectivité du débat. La réplique symétrique, lui dire qu’il pense le contraire parce qu’il est un homme, paraîtrait hors de propos à tout le monde. Chacun peut refaire l’expérience dans une réunion ou un dîner, et observer laquelle des deux phrases passe pour un argument et laquelle pour une incongruité, sans que rien de biologique n’intervienne dans le résultat.
D’où la phrase qui ouvre le second tome, au premier chapitre de la partie « Formation », « On ne naît pas femme : on le devient ». La suite immédiate précise qu’aucun destin biologique, psychique ou économique ne fixe la figure que la femelle humaine revêt dans la société, et que la civilisation tout entière élabore ce qu’on nomme le féminin. Ramené à son squelette, l’argument se reformule en trois phrases. Toute conscience se pose en sujet et fait de l’autre un objet ; entre hommes et femmes, cette relation ne s’est jamais inversée, faute pour les femmes de pouvoir se constituer en groupe ; la féminité est donc une position produite et apprise, dont la biologie, réelle, ne fournit pas la raison. La présentation de l’édition de la Pléiade, parue en avril 2026, rapproche la formule d’un mot d’Érasme, homines non nascuntur, sed finguntur (littéralement, les hommes ne naissent pas, ils sont façonnés), tiré d’un traité d’éducation de 1529. On ne sait pas si Beauvoir l’avait en tête. Un volume collectif paru à Oxford en 2017, sous la direction de Bonnie Mann et Martina Ferrari, est consacré tout entier à la vie de cette seule phrase.
Quel dépassement dans un harem ?
La formule a des airs de constructivisme pur. Elle repose sur un désaccord avec Sartre que La Force de l’âge, deuxième volume des mémoires, rapporte en 1960. Pour Sartre, la liberté consiste à dépasser activement le donné, et l’on reste donc libre en toute situation, puisqu’on choisit toujours la manière de la vivre. Beauvoir objecte que les situations ne se valent pas et prend le cas limite, « quel dépassement est possible à la femme enfermée dans un harem ? ». Sartre répond que même cette claustration peut se vivre de plusieurs façons. Selon la lecture qu’en propose Jean-Louis Jeannelle, il l’emporte sur le moment, et Le Deuxième Sexe forme la réponse différée à son objection.
Le livre tient les deux bouts. La femme y est une liberté au même titre que l’homme, et le drame de sa condition naît du conflit entre la revendication de tout sujet, qui se pose comme l’essentiel, et une situation qui la constitue comme inessentielle. Chez Beauvoir, une situation dessine les possibilités concrètes d’une liberté sans l’abolir, et c’est à ces possibilités que se jugent les institutions. Le bonheur ne sert donc pas de mesure, puisqu’on peut se dire heureuse dans une condition qu’on n’a pas choisie, et Toril Moi souligne que ce critère de la liberté concrète organise le livre entier.
La thèse la plus inconfortable du livre en découle. Le second tome porte en épigraphe une réplique de Sartre, « À moitié victimes, à moitié complices, comme tout le monde », et Beauvoir décrit la tentation de la mauvaise foi, au sens sartrien d’une fuite devant sa propre liberté, qui fait accepter le rôle de l’Autre parce qu’il dispense de se justifier et procure protection et reconnaissance. Toril Moi rappelle que cette insistance sur la complicité a valu au livre l’hostilité d’une partie des féministes des années 1970, attachées à revaloriser une identité féminine. Pour Beauvoir, la complicité laisse l’oppression intacte et montre seulement que la libération ne viendra d’aucune concession masculine. Le chapitre XIV, « La femme indépendante », fait de l’autonomie économique une condition nécessaire, qu’il déclare insuffisante tant que survit le mythe de l’éternel féminin.
Vingt-deux mille exemplaires la première semaine
Le premier tome se vend à vingt-deux mille exemplaires en une semaine, d’après les chiffres que donne Toril Moi, et le second, avec ses pages sur l’initiation sexuelle, l’homosexualité féminine et l’avortement, déclenche une avalanche d’injures que Beauvoir a racontée dans La Force des choses. Parmi les adversaires que recense la présentation de la Pléiade figurent Camus, Mauriac, Nimier ; Camus lui reproche d’avoir ridiculisé le mâle français. En 1956, le Vatican met le livre à l’Index. La réception s’attache à la sexualité et laisse l’argument presque inaperçu, ce que la notice de la Stanford Encyclopedia of Philosophy rapporte à un double préjugé, contre une autrice qu’on prenait pour la disciple de Sartre et contre un sujet qu’on ne jugeait pas philosophique.
Aux États-Unis, la traduction de Parshley, professeur de zoologie au Smith College, entre dans la liste des meilleures ventes au printemps 1953. Il y manque 145 des 972 pages de l’original, près de 15 % selon le décompte de Toril Moi, coupées à la demande de l’éditeur. Personne ne le relève publiquement avant 1983, quand la philosophe Margaret Simons montre que les coupes les plus lourdes frappent les pages sur les femmes d’exception de l’histoire et que le vocabulaire philosophique a été rendu par des mots ordinaires ; informée, Beauvoir se dit consternée et souhaite une nouvelle traduction, qui ne paraîtra intégrale qu’en 2010. Betty Friedan et Kate Millett, qui citent à peine le livre dans leurs premiers ouvrages, ne reconnaissent que plus tard ce qu’elles lui doivent, et Beauvoir elle-même attend février 1972 pour se déclarer féministe, dans un entretien avec Alice Schwarzer publié par Le Nouvel Observateur.
Judith Butler et le fantôme cartésien
L’objection la plus discutée vient de Judith Butler. En 1986, l’année de la mort de Beauvoir, son article « Sex and Gender in Simone de Beauvoir’s Second Sex », paru dans les Yale French Studies, salue dans la formule une distinction entre le sexe et le genre, le genre étant l’interprétation culturelle d’un corps sexué, et la pousse jusqu’à se demander si un genre doit seulement rester attaché à un sexe. Le verbe « devenir » l’arrête pourtant. S’il désigne un choix, il faut un agent qui précède le genre qu’il adopte, et l’on retrouve sous le vocabulaire existentialiste un sujet sans corps qui choisirait son genre en surplomb de son propre corps, ce que Butler appelle un fantôme cartésien. Ses travaux suivants, tels que Toril Moi les résume, entreprennent de montrer que le sexe est aussi construit que le genre.
Une réponse argumentée conteste la prémisse. Sara Heinämaa soutient dans Hypatia, en 1997, qu’on a eu tort de lire Le Deuxième Sexe comme une théorie du genre, faute d’avoir saisi le projet de Beauvoir, qui relève d’une phénoménologie de la différence sexuelle. Toril Moi ajoute dans What Is a Woman ?, en 1999, que la distinction entre sexe et genre est étrangère à Beauvoir et qu’on la projette sur elle. Pour Beauvoir, selon cette lecture, le corps est une situation, il pèse sur ce qu’on peut faire sans décider de ce qu’on fait, et il n’y a ni sexe brut ni genre flottant qui viendrait s’y poser. Les deux lectures rendent compte d’une partie du texte, et aucune ne fait l’unanimité dans la recherche.
Une autre série d’objections vise les comparaisons de l’introduction. Pour faire comprendre la condition des femmes, Beauvoir la rapproche de celle des Noirs américains ou des prolétaires, et la notice de la Stanford Encyclopedia résume les critiques réunies sous ce chef, parmi lesquelles celles de Kathryn Sophia Belle, qui a publié sous le nom de Kathryn T. Gines. Le livre, disent-elles, généralise depuis une perspective blanche et bourgeoise et fait de l’oppression patriarcale la forme d’oppression décisive. La même notice rappelle la lecture inverse, tirée du même passage, selon laquelle Beauvoir compare pour distinguer et tient l’assujettissement des femmes pour différent en nature, faute de pouvoir être rapporté à un événement historique datable.
Une inconnue tient enfin à la genèse du livre. Beauvoir a souvent présenté sa pensée comme un prolongement de celle de Sartre. Kate et Edward Fullbrook ont soutenu en 1994 que certaines idées de L’Être et le Néant venaient de L’Invitée, le roman de Beauvoir paru la même année 1943, et les carnets de 1926 et 1927, publiés en anglais en 2006 sous la direction notamment de Margaret Simons, montrent une réflexion sur le rapport à autrui antérieure à la rencontre de 1929. Ces pièces déplacent la question sans la clore. L’essentiel des échanges entre les deux philosophes était oral, et l’on n’en connaît que des récits écrits après coup, comme celui du harem, publié onze ans après Le Deuxième Sexe et peut-être relu à travers lui.
Pour aller plus loin
La catégorie de l’Autre renvoie à la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, que Beauvoir détourne en lui retirant sa réciprocité. La mauvaise foi selon Sartre et la phénoménologie du corps vécu chez Merleau-Ponty éclairent les deux autres piliers de l’argument.
Pourquoi les hommes passent-ils partout pour la règle, et les femmes pour l’exception ? Une philosophe française s’est posé cette question en 1946. Elle s’appelle Simone de Beauvoir. Sa réponse remplit un livre en deux tomes, intitulé Le Deuxième Sexe. Le second tome commence par une phrase devenue célèbre, « On ne naît pas femme : on le devient ».
Un mot qui ne sert que pour elles
Beauvoir part d’une remarque sur la langue. Le mot « homme » sert à désigner tous les humains. Le mot « femme » ne désigne qu’une moitié d’entre eux. Un homme qui écrit un livre n’a jamais besoin de préciser qu’il est un homme. Une femme, si.
De cette remarque, Beauvoir tire son idée centrale. L’homme se voit comme le modèle de l’humain. La femme se trouve alors définie par rapport à lui, comme celle qui s’écarte du modèle. Beauvoir appelle cette place « l’Autre ». Le mot vient d’un philosophe allemand plus ancien, Hegel.
D’habitude, ce jeu marche dans les deux sens. Chacun voit l’autre comme différent, et l’autre lui rend la pareille. Entre hommes et femmes, cet échange n’a jamais eu lieu. Beauvoir l’explique par une raison simple. Les femmes vivent séparées les unes des autres, chacune auprès d’un père ou d’un mari, et n’ont jamais formé un groupe capable de dire « nous ».
La réplique impossible
Beauvoir raconte une scène tirée de sa propre vie. Pendant une discussion d’idées, un homme lui dit qu’elle pense ainsi parce qu’elle est une femme. Elle n’a qu’une réponse possible, affirmer qu’elle le pense parce que c’est vrai. L’inverse ne marche pas. Personne ne lui rétorquerait que son avis à lui vient de son sexe masculin.
Rien de biologique n’agit dans cette scène. Voilà ce que résume la phrase célèbre. Beauvoir ne nie pas que le corps compte. Elle soutient que la façon d’être femme attendue par la société s’apprend, dès l’enfance. Son livre passe d’abord en revue la biologie, la psychanalyse et les explications économiques, et conclut qu’aucune ne suffit à expliquer cette place.
Libre, même enfermée ?
Beauvoir et le philosophe Jean-Paul Sartre se parlaient beaucoup depuis leur rencontre en 1929. Pour Sartre, on reste libre partout, puisqu’on choisit au moins la façon de vivre ce qui nous arrive. Beauvoir n’était pas d’accord. Elle lui opposait un cas extrême, celui d’une femme enfermée dans un harem. Sartre répondait que même cet enfermement peut se vivre de plusieurs manières.
Son livre peut se lire comme une réponse à cette dispute. Une femme y est aussi libre qu’un homme. Pourtant sa situation réduit ce qu’elle peut faire de cette liberté. Beauvoir ajoute une idée dérangeante. Beaucoup de femmes acceptent cette seconde place, parce qu’elle protège et dispense de choisir. Dans les années 1970, cette idée a fâché une partie des féministes.
Un scandale, puis une dispute qui dure
À sa sortie, le premier tome part très vite, avec vingt-deux mille exemplaires vendus en une semaine. Ses pages sur la sexualité font scandale. En 1956, l’Église catholique inscrit le livre sur sa liste des ouvrages interdits.
Aux États-Unis, la première traduction paraît en 1953. Il y manque près de 15 % du texte, coupés à la demande de l’éditeur. Le problème n’est relevé publiquement que bien plus tard.
La phrase célèbre divise encore les spécialistes. Certains y voient la séparation entre le corps et la façon d’être femme que fabrique la société, ce qu’on appelle aujourd’hui le genre. Judith Butler défend d’abord cette lecture. Le verbe « devenir » la gêne pourtant. Il laisse croire qu’une personne existe avant son corps et choisit ensuite d’être femme.
Toril Moi lui répond que Beauvoir ne séparait pas ainsi le corps et le reste. Pour elle, le corps est la situation même où l’on vit. Il pèse sur nos choix sans les dicter. Les deux lectures s’appuient sur le texte, et aucune n’a convaincu tout le monde.
Une autre question n’a pas de réponse. On ignore la part exacte de Sartre dans les idées du livre. Les deux philosophes discutaient surtout de vive voix. On ne connaît ces conversations que par des souvenirs écrits des années plus tard.
Dans la version anglaise complète de 2010, la phrase célèbre a même perdu un petit mot, l’article « a ». Les spécialistes se disputent toujours pour savoir si ce mot manquant trahit Beauvoir.
La version complète donne le nombre exact de pages coupées en 1953 et la lettre où les traductrices de 2010 répondent à leur critique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Simone de Beauvoir, *Le Deuxième Sexe*, t. I, *Les Faits et les mythes*, Paris, juin 1949, introduction (le Sujet et l’Autre, la discussion où l’on objecte à l’autrice son sexe, le *Mitsein*, note sur Lévinas) et première partie, « Destin » Gallimard
- Simone de Beauvoir, *Le Deuxième Sexe*, t. II, *L’Expérience vécue*, Paris, novembre 1949, épigraphe empruntée à Sartre ; première partie, « Formation », chapitre I, « Enfance », phrase d’ouverture ; quatrième partie, « Vers la libération », chapitre XIV, « La femme indépendante » Gallimard
- Simone de Beauvoir, *La Force de l’âge*, 1960, discussion avec Sartre sur la liberté et la femme enfermée dans un harem, dans *Mémoires*, t. I, éd. Jean-Louis Jeannelle et Éliane Lecarme-Tabone, Bibliothèque de la Pléiade, 2018, p. 759 Gallimard
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Sources primaires (suite)
- Simone de Beauvoir, *La Force des choses*, 1963, récit de la genèse du livre à l’été 1946 et de sa réception Gallimard
- Simone de Beauvoir, « La femme révoltée », entretien avec Alice Schwarzer, *Le Nouvel Observateur*, 14 février 1972, p. 47-54 Le Nouvel Observateur
- Simone de Beauvoir, *Diary of a Philosophy Student*, vol. 1, *1926-27*, éd. Barbara Klaw, Sylvie Le Bon de Beauvoir et Margaret A. Simons, Urbana, 2006 University of Illinois Press
- Simone de Beauvoir, *L’Invitée*, Paris, 1943 Gallimard
- Jean-Paul Sartre, *L’Être et le Néant*, Paris, 1943 Gallimard
- Simone de Beauvoir, *The Second Sex*, trad. H. M. Parshley, New York, 1953, version abrégée de 145 pages sur 972, t. II, première partie, chapitre I, phrase d’ouverture Alfred A. Knopf
- Simone de Beauvoir, *The Second Sex*, trad. Constance Borde et Sheila Malovany-Chevallier, New York, 2010, version intégrale, même passage Alfred A. Knopf
- Emmanuel Lévinas, *Le Temps et l’Autre*, quatre conférences prononcées au Collège philosophique en 1946 et 1947, publiées dans *Le Choix, le Monde, l’Existence*, « Cahiers du Collège philosophique », Grenoble, 1947 B. Arthaud
- Érasme, *Declamatio de pueris statim ac liberaliter instituendis*, 1529, formule *homines non nascuntur, sed finguntur*, rapprochement proposé par la présentation de l’édition de la Pléiade du *Deuxième Sexe* Gallimard, 2026
- Michel Leiris, *L’Âge d’homme*, Paris, 1939, réédition de 1946 précédée de « De la littérature considérée comme une tauromachie » Gallimard
Bibliographie
- Esther Demoulin (éd.), Simone de Beauvoir, *Le Deuxième Sexe*, chronologie de Sylvie Le Bon de Beauvoir, Paris, avril 2026, 1 158 p., « Bibliothèque de la Pléiade », n° 683 Gallimard
- Toril Moi, « The Adulteress Wife », *London Review of Books* 32 (3), 11 février 2010 London Review of Books
- Constance Borde et Sheila Malovany-Chevallier, Gabriel Kahn, réponse de Toril Moi, « Beauvoir Misrepresented ? », courrier des lecteurs, *London Review of Books* 32 (5), 11 mars 2010 London Review of Books
- Toril Moi, *What Is a Woman ? And Other Essays*, New York et Oxford, 1999 Oxford University Press
- Judith Butler, « Sex and Gender in Simone de Beauvoir’s Second Sex », *Yale French Studies* 72, 1986, p. 35-49 Yale University Press
- Sara Heinämaa, « What Is a Woman ? Butler and Beauvoir on the Foundations of the Sexual Difference », *Hypatia* 12 (1), 1997, p. 20-39, DOI 10,1111/j.1527-2001,1997.tb00169.x Hypatiahttps://doi.org/10.1111/j.1527-2001.1997.tb00169.x
- Margaret A. Simons, « The Silencing of Simone de Beauvoir : Guess What’s Missing from The Second Sex », *Women’s Studies International Forum* 6 (5), 1983, p. 559-564 Women’s Studies International Forum
- Kathryn T. Gines (Kathryn Sophia Belle), « Comparative and Competing Frameworks of Oppression in Simone de Beauvoir’s The Second Sex », *Graduate Faculty Philosophy Journal* 35 (1-2), 2014, p. 251-273 Graduate Faculty Philosophy Journal
- Kate Fullbrook et Edward Fullbrook, *Simone de Beauvoir and Jean-Paul Sartre : The Remaking of a Twentieth-Century Legend*, New York, 1994 Basic Books
- Debra Bergoffen et Megan Burke, « Simone de Beauvoir », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, révision substantielle du 11 janvier 2023 Stanford University
- Jean-Louis Jeannelle, « Mémoires d’une jeune fille rangée (Simone de Beauvoir) », dans Françoise Simonet-Tenant (dir.), *Dictionnaire de l’autobiographie*, Paris, 2017 Honoré Champion
- Bonnie Mann et Martina Ferrari (dir.), *« On ne naît pas femme : on le devient ». The Life of a Sentence*, Oxford, 2017, DOI 10,1093/oso/9780190608811 001,0001 Oxford University Presshttps://doi.org/10.1093/oso/9780190608811
Sources en ligne
- « Simone de Beauvoir » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/beauvoir/
- « The Adulteress Wife » London Review of Bookshttps://www.lrb.co.uk/the-paper/v32/n03/toril-moi/the-adulteress-wife
- « Letters » (vol. 32 n° 5, « Beauvoir Misrepresented ? ») London Review of Bookshttps://www.lrb.co.uk/the-paper/v32/n05/letters
- « Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe (éd. E. Demoulin, Bibliothèque de la Pléiade) » Fabula, École normale supérieurehttps://www.fabula.org/actualites/133488/simone-de-beauvoir-le-deuxieme-sexe-ed-e-demoulin-bibliotheque-de-la-pleiade.html
- « Mémoires d’une jeune fille rangée (Simone de Beauvoir) » Écrisoi, Université de Rouen Normandiehttps://ecrisoi.univ-rouen.fr/entityprint/node/1849
- « What Is a Woman ? Butler and Beauvoir on the Foundations of the Sexual Difference » Hypatia, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/hypatia/article/what-is-a-woman-butler-and-beauvoir-on-the-foundations-of-the-sexual-difference/B1268BD875E0E5415A938D7A4BC45F77
- « What Is a Woman ? : And Other Essays » PhilPapershttps://www.philpapers.org/rec/MOIWIA
- « Pour le 40e anniversaire de la mort de Simone de Beauvoir, « Le Deuxième Sexe » entre dans la Pléiade » Europe 1https://www.europe1.fr/node/917170
- « Le temps et l’autre » CiNii Books, National Institute of Informaticshttps://ci.nii.ac.jp/ncid/BA03968311


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