Sur la cheminée du salon, il y a un bronze. Garcin, le premier des trois morts que le garçon d’étage fait entrer, le remarque dès la première scène de Huis clos, et il y revient dans la dernière, la scène V, quand il le caresse et dit qu’il comprend enfin où il se trouve. Tout était prévu, explique-t-il en substance, jusqu’à ce geste devant la cheminée, sous des regards qui le dévorent. Il se moque alors du soufre, du bûcher et du gril qu’il s’attendait à trouver, et conclut par la phrase la plus citée du théâtre de Sartre, « Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres. » La réplique ferme une tirade adressée d’abord à un objet, elle porte une majuscule dans l’édition courante, et elle a quitté la scène depuis longtemps pour circuler seule.
Imprimé chez Barbezat
La pièce a d’abord porté le nom de cette fin de réplique. Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France décrit une plaquette imprimée à Lyon par Marc Barbezat en 1944, Les Autres, pièce, et signale que le texte a paru dans le numéro 8 de L’Arbalète, la revue de Barbezat, au printemps de la même année. Sartre l’avait écrite à la fin de 1943 et au début de 1944, d’après le dossier que le Théâtre des Martyrs, à Bruxelles, a consacré à Huis clos, et il en a raconté plus tard la cause occasionnelle. Il voulait faire jouer trois amis sans avantager aucun d’eux, ce qui l’obligeait à les garder en scène du début à la fin, et l’idée de les mettre en enfer serait venue de cette contrainte. Parmi les raisons matérielles qui retardèrent la création, le Théâtre des Martyrs mentionne l’arrestation d’Olga Barbezat. Le directeur du Vieux-Colombier, Paul Annet-Badel, confie finalement la mise en scène à Raymond Rouleau, et Huis clos est créé le 27 mai 1944, avec Michel Vitold en Garcin, Tania Balachova en Inès, Gaby Sylvia en Estelle et René-Jacques Chauffard en garçon d’étage, distribution que rappelle Thérèse Malachy en 1995 dans Theatre Research International. L’année suivante, Gallimard publie le texte, d’après la fiche de lecture de Guy Belzane dans l’Encyclopædia Universalis.
Le livre qui donne à la réplique son arrière-plan avait paru plus tôt. L’Être et le néant, sous-titré Essai d’ontologie phénoménologique, sort chez Gallimard en 1943, et sa troisième partie, consacrée au « pour-autrui », contient l’analyse du regard que Huis clos semble porter à la scène. Le rapprochement est devenu un passage obligé de l’enseignement. Il a une conséquence qu’on mesure rarement, puisqu’il fait lire comme une thèse de son auteur une phrase prononcée par un personnage, un homme qui supplie qu’on lui dise qu’il n’est pas un lâche.
Un salon sans miroirs
Le dispositif tient en peu de chose. Trois morts qui ne se connaissent pas sont conduits l’un après l’autre dans un salon de style Second Empire où ils devront rester ensemble, et ils constatent très vite qu’il n’y a là ni miroir ni bourreau. Garcin réclame de quelqu’un l’assurance qu’il n’a pas été lâche. Pour vérifier son apparence, Estelle cherche en vain une glace, et Inès l’invite à se regarder dans ses yeux à elle, ce qui fait d’un regard étranger le seul miroir disponible. Inès formule la première la règle du lieu, que chacun d’eux est le bourreau des deux autres, et la tirade du bronze, plus tard, n’en sera que la version de Garcin. Guy Belzane résume l’affaire en une phrase. Prisonniers de leurs actes, les trois personnages sont condamnés à « vivre » sous le regard des deux autres.
La lecture courante prend la réplique pour une plainte contre la foule, la promiscuité ou le voisinage, et lui fait dire qu’il vaut mieux être seul. Rien dans le texte ne la soutient. L’enfer de Huis clos compte trois personnes, il ne contient aucune foule, et la souffrance y vient d’une dépendance précise, celle de quelqu’un qui ne peut savoir ce qu’il est que par le verdict d’un témoin qu’il n’a pas choisi, et qui ne peut plus rien faire pour changer ce verdict. On écrit ici « les Autres » avec la majuscule quand on cite la réplique, et « les autres » partout ailleurs, parce que la majuscule appartient au texte de 1944 et qu’en la retirant on a commencé à faire de la phrase un proverbe.
Le mot « huis », vieux nom de la porte, ne survit guère en français courant que dans l’expression judiciaire « à huis clos », qui désigne une audience tenue sans public.
Le trou de serrure
L’analyse du regard occupe la quatrième section du premier chapitre de la troisième partie de L’Être et le néant. Sartre y décrit une scène que chacun peut se représenter, et que la notice de Pierre-Jean Renaudie dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy suit pas à pas. Par jalousie ou par curiosité, quelqu’un s’est penché sur le trou d’une serrure. Il est tout entier à ce qu’il voit, il n’y a dans la scène aucun « moi », seulement la chose à voir et le geste pour la voir. Des pas résonnent dans le couloir. Aussitôt il se découvre accroupi et surpris, tel qu’un autre le voit, et la honte le saisit avant tout jugement moral, ce que Renaudie appelle une expérience pré-morale de la honte. Le point compte plus que l’anecdote. Celui qui regardait par la serrure vient d’apprendre quelque chose sur lui-même qu’il ne pouvait pas apprendre seul, il est un voyeur, et cette vérité lui vient d’un regard dont il ne maîtrise ni le contenu ni la durée.
L’argument se reformule en trois phrases. Ce que chacun est aux yeux des autres, lâche, voyeur ou séduisante, forme une dimension réelle de son être, à laquelle il n’a accès que par le regard d’autrui. Cette dimension lui échappe, puisque l’autre est libre de le juger comme il l’entend, et il ne peut ni se passer de ce regard ni le gouverner, si bien qu’il cherche à reprendre la main, soit en faisant de l’autre à son tour un objet, soit en tentant de capter sa liberté. Chacun menant la même entreprise envers l’autre, la relation tourne à la lutte, et le troisième chapitre de la même partie, consacré aux relations concrètes avec autrui, s’ouvre sur la formule « Le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui », que cite la notice « Autrui » de l’Encyclopædia Universalis.
Renaudie relève une phrase plus dure encore, dans la section que Sartre consacre au Mitsein, l’« être-avec » de Heidegger. Sartre y refuse de voir dans cette communauté l’essence des rapports entre consciences, et il met le conflit à cette place (page 429 de la traduction anglaise de Hazel Barnes, d’après la notice).
Le mot « originel » est le mot important.
Il fait du conflit la forme première que prend la présence d’autrui dès qu’elle m’atteint, antérieure à toute entente, et il interdit d’y voir l’accident d’une relation qui aurait d’abord été paisible.
Garcin devant le bronze, c’est l’homme du trou de serrure à qui l’on aurait retiré pour toujours la possibilité de se relever et de faire autre chose. Mort, il ne peut plus agir pour démentir l’image qu’Inès a de lui, et il ne lui reste que le regard des autres, qui le dévore. Lu de cette façon, Huis clos passe pour une illustration du livre, et la réplique pour son résumé.
Sartre se réécoute
Une vingtaine d’années après la création, Sartre enregistre une présentation de Huis clos pour un disque où Michel Vitold reprend Garcin, avec Christiane Lénier, Gaby Sylvia et René-Jacques Chauffard. La notice de la Bibliothèque nationale de France, qui décrit la réédition en disque compact publiée par Frémeaux & Associés au dépôt légal de 2010 sous le titre Huis clos, précédé du commentaire de Jean-Paul Sartre : L’enfer c’est les autres, date l’enregistrement de 1964 et nomme Moshé-Naïm comme producteur. Le dossier du Théâtre des Martyrs parle d’un enregistrement réalisé en 1965 par la Deutsche Grammophon Gesellschaft, et la progression de lecture proposée par l’académie de Lyon mentionne aussi le préambule de 1965 ; Kiki Berk, qui cite la traduction anglaise de Sartre on Theater (1976, p. 199-200), retient 1964. Les documents consultés ne permettent pas de trancher. Probablement l’écart sépare-t-il la date de l’enregistrement de celle de sa première diffusion, mais aucun ne le dit. Le texte du commentaire a été recueilli en 1973 par Michel Contat et Michel Rybalka dans Un théâtre de situations, aux éditions Gallimard, et on le lit donc dans une transcription établie après coup par des éditeurs.
Sartre y affirme que la réplique a toujours été mal comprise. On l’a prise, dit-il en substance, pour une condamnation de tout rapport à autrui, et il voulait dire autre chose, que sa reformulation énonce au conditionnel, si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, « alors l’autre ne peut être que l’enfer ». La raison qu’il donne reprend le livre de 1943, puisque les jugements des autres entrent, selon le résumé qu’en donne Kiki Berk, dans les pensées mêmes que nous formons sur nous. Celui qui dépend trop de ce jugement vit en enfer. Celui dont les rapports avec autrui sont d’une autre nature n’y est pas condamné.
Kiki Berk, dans l’essai qu’elle a publié en 2021 dans l’anthologie en ligne 1000-Word Philosophy, tient pour erronée l’interprétation pessimiste de la formule. Elle accorde que L’Être et le néant donne des relations humaines une image sombre, faite de luttes où l’on traite l’autre en objet ou où l’on se laisse traiter ainsi, et elle s’appuie sur une note du même livre, à la page 412 de la traduction de Hazel Barnes. Sartre y prévient que ces analyses n’excluent pas une morale de la délivrance et du salut, qui ne pourrait s’atteindre qu’au terme d’une conversion radicale dont il ne peut parler à cet endroit. Les Cahiers pour une morale, où cette morale devait prendre forme, n’ont paru qu’en 1983, après sa mort. Berk cite enfin un entretien de 1971 publié en 2009 par John Gerassi, où Sartre aurait ajouté que la formule avait une autre face, dont personne ne parlait, selon laquelle le paradis aussi, ce sont les autres.
Les sources consultées ici ne citent aucun commentaire de la réplique par Sartre antérieur à cet enregistrement, et l’on ignore comment il l’entendait au moment de l’écrire.
« Regard inhumain »
L’objection que la glose de Sartre appelle se fait avec ses propres textes. Si le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui, des rapports tordus et viciés décrivent-ils une déviation ou la règle ? La conditionnelle de 1964 ou de 1965 suppose des rapports qui ne le seraient pas. Le livre de 1943 renvoie ces rapports à une morale qu’il annonce et ne donne pas, et la conversion qui les rendrait possibles reste, dans la note que cite Berk, une promesse. Lu avec cette seule note, le commentaire du disque précise une thèse. Lu avec le chapitre sur les relations concrètes avec autrui, il en corrige une.
Maurice Merleau-Ponty avait formulé dès 1945 une objection voisine, sans nommer Sartre. Au chapitre « Autrui et le monde humain » de la Phénoménologie de la perception, publiée chez Gallimard, il soutient que la position d’autrui ne me réduit pas à la condition d’objet dans son champ (p. 405, d’après Frédérick Bruneault). Le regard d’autrui, écrit-il à la page 414, ne me transforme en objet, et le mien ne le transforme en objet, que si nous nous retirons l’un et l’autre dans le fond de notre nature pensante et nous faisons « regard inhumain », chacun sentant ses actions observées comme celles d’un insecte, au lieu d’être reprises et comprises. Le regard qui fait de l’autre un objet ne disparaît donc pas de cette description, il devient la forme que prend la relation quand chacun renonce à comprendre ce que l’autre est en train de faire. Alexander Schnell, dans le Dictionnaire de la philosophie de Larousse, lit dans ce chapitre une critique implicite de Sartre. L’être-au-monde du sujet interdit d’appréhender autrui de front dans un rapport conflictuel, puisque autrui m’est donné comme une existence engagée dans un corps, appartenant au même monde que moi avant tout pouvoir de constituer ou de juger. Olivier Samson, qui a relu ce chapitre en 2022 dans la revue Ithaque, relève qu’il fait de la solitude et de la communication les deux moments d’un même phénomène (p. 412).
Le rapprochement se fait presque mot pour mot. Pour Merleau-Ponty, l’objectivation par le regard est un cas dégradé de la relation à autrui, qui suppose que les deux partenaires aient cessé de se comprendre. Pour le Sartre du disque, l’enfer suppose des rapports tordus. Les deux phrases disent presque la même chose, à vingt ans d’écart, et la seconde vient de l’homme que la première visait. Sartre corrigeait-il une erreur de ses lecteurs, ou rejoignait-il, sans le dire, la position de son critique ? Pour trancher, il faudrait un texte de 1943 ou de 1944 où Sartre restreigne lui-même le conflit aux rapports de mauvaise foi, et la note sur la conversion est le seul candidat que fournissent les sources consultées, alors qu’elle déclare ne pas pouvoir en parler.
Dans la scène V
La pièce a prévu l’épreuve. Dans la scène V, Garcin frappe à la porte et sonne le garçon d’étage ; il se dit prêt à supporter n’importe quel supplice pourvu qu’on ouvre, et la porte s’ouvre. Il ne sort pas. Inès lui fait remarquer qu’il est libre de partir, Estelle ne bouge pas davantage, et Garcin donne sa raison, qui tient en un nom, puisque seule Inès le tient pour un lâche et que seule Inès, par conséquent, pourrait lui accorder le contraire. Les deux lectures revendiquent ce moment. Pour la glose du disque, la porte ouverte prouve que l’enfer est une dépendance entretenue, qu’on pourrait quitter. Pour le chapitre sur le conflit originel, la porte ouverte ne change rien, parce que le besoin du verdict d’autrui ne tient à aucune serrure, et Garcin n’aurait trouvé dans le couloir que d’autres regards. Le texte de 1944 met donc dans la même scène la porte ouverte et l’homme qui reste, et il laisse au lecteur de décider si Garcin est retenu par la structure de l’être-pour-autrui ou par le désir, qu’il pourrait abandonner, d’arracher à une seule personne le jugement qu’elle lui refuse.
Pour aller plus loin
La catégorie de l’Autre, que Beauvoir reprend à Hegel dans Le Deuxième Sexe, déjà traité dans l’encyclopédie, prolonge l’analyse sartrienne du regard en lui retirant sa réciprocité. La mauvaise foi selon Sartre et le Mitsein de Heidegger, que l’article sur le cas Heidegger aborde par Être et temps, éclairent les deux pôles du débat sur le conflit originel.
On cite souvent « l’enfer, c’est les autres » pour dire que la vie à plusieurs est insupportable. La phrase vient d’une pièce de Jean-Paul Sartre, Huis clos, jouée pour la première fois à Paris en mai 1944. Bien plus tard, Sartre a jugé qu’on l’avait mal comprise. Le livre de philosophie qu’il venait de publier laisse pourtant planer un doute sur cette correction.
Trois morts dans un salon
La pièce enferme trois morts dans un salon meublé à l’ancienne. On n’y trouve ni bourreau ni instrument de torture. Il n’y a pas non plus de miroir. Pour savoir de quoi elle a l’air, l’une des deux femmes doit se regarder dans les yeux de l’autre.
Chacun attend quelque chose des deux autres. L’homme, Garcin, voudrait qu’on lui dise qu’il n’a pas été lâche. Personne ne lui accorde ce réconfort. L’une des femmes comprend vite la règle du lieu, et elle l’énonce. Chacun sera le bourreau des deux autres.
Vers la fin, Garcin caresse une statue de bronze posée sur la cheminée. Il comprend alors où il se trouve. Il se moque du feu et des grils qu’il imaginait trouver en enfer. C’est à ce moment qu’il lance la phrase célèbre.
Cet enfer ne contient donc aucune foule. Il réunit trois personnes, et la souffrance naît du jugement qu’elles portent les unes sur les autres. Chacun ne sait ce qu’il vaut qu’à travers ce regard. Une fois mort, personne ne peut plus agir pour le faire changer.
Derrière une serrure
L’année précédente, Sartre avait publié un gros livre de philosophie, L’Être et le néant. Il y raconte une petite scène. Un homme regarde par le trou d’une serrure, absorbé par ce qu’il voit. Soudain, il entend des pas dans le couloir.
Aussitôt, il se voit comme l’autre va le voir, penché et pris en faute. La honte le saisit avant même qu’il se juge. Il vient d’apprendre sur lui une chose qu’il ne pouvait pas découvrir seul. Ce savoir dépend d’un regard qu’il ne contrôle pas.
Sartre en tire une idée dure. Personne ne maîtrise l’image que les autres se font de lui, alors chacun cherche à reprendre le dessus. Les relations tournent ainsi à la lutte. Dans ce livre, Sartre présente ce conflit comme la forme première de nos rapports avec les autres.
La phrase corrigée par son auteur
Une vingtaine d’années plus tard, Sartre enregistre une présentation de sa pièce pour un disque. La date exacte de cet enregistrement reste incertaine. La Bibliothèque nationale de France le place en 1964. D’autres documents parlent de l’année suivante.
Sartre y explique que sa phrase a toujours été mal comprise. Selon lui, l’autre devient un enfer quand nos rapports avec lui sont faussés. Nous nous jugeons avec ce que les autres pensent de nous. Celui qui dépend trop de leur avis vit en enfer, mais d’autres relations restent possibles.
Une philosophe, Kiki Berk, suit cette lecture. Elle rappelle une courte note du livre de philosophie. Sartre y promettait une morale capable de dépasser ces luttes, sans pouvoir la décrire à cet endroit. Le livre où cette morale devait prendre forme n’a paru qu’après sa mort.
Un critique qui avait parlé avant
Le doute vient du livre lui-même. Ce livre présentait le conflit comme premier, sans aucune condition. La correction tardive pourrait donc aussi passer pour un changement d’avis.
Dès 1945, un autre philosophe, Maurice Merleau-Ponty, avait fait une objection voisine. Selon lui, le regard ne réduit quelqu’un à l’état d’objet que dans un cas précis. Il faut que les deux personnes aient renoncé à se comprendre. Chacun observe alors l’autre comme on observerait un insecte.
Vingt ans plus tard, Sartre dit presque la même chose. A-t-il corrigé ses lecteurs, ou rejoint son critique sans le dire ? Les textes de l’époque consultés pour l’article ne permettent pas de trancher.
Dans la dernière scène, la porte du salon s’ouvre pourtant devant Garcin. Il ne la franchit pas, parce que la seule femme qui le croit lâche est restée à l’intérieur.
La version complète donne le premier titre sous lequel la pièce a paru au printemps 1944, et la page où Merleau-Ponty compare le regard qui juge à celui qu’on porte sur un insecte.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Jean-Paul Sartre, *Huis clos*, pièce en un acte, créée au Théâtre du Vieux-Colombier le 27 mai 1944, Paris, 1945 ; scène I (le salon Second Empire, le bronze de la cheminée) ; scène V (absence de miroirs et jeu du miroir entre Estelle et Inès ; Inès et la règle du bourreau ; la porte qui s’ouvre, Garcin qui reste à cause d’Inès ; la tirade du bronze, les regards qui le dévorent, le soufre, le bûcher et le gril, « Pas besoin de gril : l’enfer, c’est les Autres. ») ; édition courante, *Huis clos, suivi de Les Mouches*, « Folio » ; texte contrôlé sur des extraits et résumés concordants, non collationné sur l’édition Gallimard Gallimard
- Jean-Paul Sartre, *Les Autres, pièce*, Lyon, 1944, gr. in-8 ; texte paru aussi dans *L’Arbalète*, n° 8, printemps 1944 ; notice FRBNF41680859, exemplaire de la bibliothèque de l’Arsenal, 8-JO-22705 M. Barbezat
- Jean-Paul Sartre, *L’Être et le néant. Essai d’ontologie phénoménologique*, Paris, 1943 ; troisième partie, « Le pour-autrui », chap. I, section IV, « Le regard » (le trou de serrure, les pas dans le couloir, la honte), d’après Pierre-Jean Renaudie ; chap. III, « Les relations concrètes avec autrui », phrase d’ouverture (« Le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui »), d’après la notice « Autrui » de l’*Encyclopædia Universalis* ; section sur le *Mitsein* (l’essence des rapports entre consciences est le conflit), d’après Renaudie, qui renvoie à la p. 429 de la traduction de Hazel Barnes ; note sur une morale de la délivrance et du salut et sur la conversion radicale, d’après Kiki Berk, qui renvoie à la p. 412 de la traduction de Hazel Barnes (Londres, 1958) Gallimard
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Sources primaires (suite)
- Jean-Paul Sartre, commentaire « L’enfer c’est les autres », enregistré en préambule d’un disque de *Huis clos* interprété par Michel Vitold, Christiane Lénier, Gaby Sylvia et René-Jacques Chauffard, production Moshé-Naïm, 1964 selon la BnF, 1965 selon le Théâtre des Martyrs et l’académie de Lyon ; réédition *Huis clos, précédé du commentaire de Jean-Paul Sartre : L’enfer c’est les autres*, Vincennes, DL 2010, 1 disque compact et brochure de 15 p., FA 5279 Frémeaux & Associés
- Jean-Paul Sartre, *Un théâtre de situations*, textes rassemblés, établis, présentés et annotés par Michel Contat et Michel Rybalka, Paris, 1973, 382 p., « Idées » n° 295 (texte du commentaire enregistré ; pagination non collationnée ; phrase citée, « alors l’autre ne peut être que l’enfer », contrôlée sur des extraits concordants) Gallimard
- Jean-Paul Sartre, *Sartre on Theater*, éd. Michel Contat et Michel Rybalka, 1976, p. 199-200 (traduction anglaise du commentaire), cité d’après Kiki Berk
- Jean-Paul Sartre, *Cahiers pour une morale*, Paris, 1983, publication posthume, cité pour sa date d’après Pierre-Jean Renaudie Gallimard
- John Gerassi, *Talking with Sartre. Conversations and Debates*, 2009, p. 130 (entretien de 1971, l’« autre face » de la formule), cité d’après Kiki Berk
- Maurice Merleau-Ponty, *Phénoménologie de la perception*, Paris, 1945, deuxième partie, chap. IV, « Autrui et le monde humain » ; p. 405 (la position d’autrui ne me réduit pas à la condition d’objet), d’après Frédérick Bruneault ; p. 412 (solipsisme et communication, deux moments d’un même phénomène), d’après Olivier Samson ; p. 414 (« regard inhumain », les actions observées comme celles d’un insecte), texte contrôlé sur deux extraits concordants Gallimard
Bibliographie
- Pierre-Jean Renaudie, « Jean-Paul Sartre », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 26 mars 2022, révision substantielle du 10 juillet 2026, sections 4,2 et 4,3 (être-pour-autrui, le regard, le trou de serrure, la honte pré-morale, le conflit et le *Mitsein*, les *Cahiers pour une morale*) Stanford University
- Kiki Berk, « “Hell Is Other People” : Jean-Paul Sartre on Personal Relationships », *1000-Word Philosophy : An Introductory Anthology*, 8 février 2021, mise à jour du 12 juin 2026 (lecture conditionnelle de la formule, préface orale datée de 1964, note sur la conversion radicale, entretien de 1971 avec Gerassi) 1000-Word Philosophy
- Guy Belzane, « *Huis clos*, Jean-Paul Sartre. Fiche de lecture » (création le 27 mai 1944 au Vieux-Colombier, publication chez Gallimard en 1945, les trois personnages condamnés à « vivre » sous le regard des deux autres) Encyclopædia Universalis
- « Autrui (notions de base) », section « Le conflit des consciences » (« Le conflit est le sens originel de l’être-pour-autrui ») Encyclopædia Universalis
- Alexander Schnell, « Intersubjectivité transcendantale », *Dictionnaire de la philosophie* (critique implicite de Sartre par Merleau-Ponty, autrui comme existence incarnée) Larousse
- Frédérick Bruneault, « Merleau-Ponty : autrui, éthique et phénomènes hallucinatoires », *Bulletin d’analyse phénoménologique* 5 (8), 2009, § 20 et note 37 Université de Liège
- Olivier Samson, « L’altérité de Merleau-Ponty à Lévinas », *Ithaque* 30, printemps 2022, p. 63-88 Ithaque, Université de Montréal
- Thérèse Malachy, « Jean-Paul Sartre, playwright and scriptwriter : *Huis clos* and *Les Jeux sont faits* », *Theatre Research International* 20 (1), printemps 1995, p. 37-41, DOI 10,1017/S030788330000701X (distribution de la création de mai 1944) Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S030788330000701X
Sources en ligne
- « Jean-Paul Sartre » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/sartre/
- « “Hell Is Other People” : Jean-Paul Sartre on Personal Relationships » 1000-Word Philosophyhttps://1000wordphilosophy.com/2021/02/08/hell-is-other-people/
- « HUIS CLOS, Jean-Paul Sartre Fiche de lecture » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/huis-clos/
- « AUTRUI (notions de base) : Le conflit des consciences » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/autrui-notions-de-base/3-le-conflit-des-consciences/
- « Notice bibliographique » (*Les Autres, pièce*, Lyon, M. Barbezat, 1944) Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb416808595
- « Notice bibliographique Huis clos / Jean-Paul Sartre, aut. ; interprété par Michel Vitold, Christiane Lénier, Gaby Sylvia... [et al.]. précédé du commentaire de Jean-Paul Sartre : L’enfer c’est les autres » Bibliothèque nationale de Francehttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42223061f
- « Un théâtre de situations » (notice de l’édition de 1973) Catalogue des thèses et bibliothèques de l’Université de Nanteshttps://theses.univ-nantes.fr/vufind/Record/PPN001857959
- « 1 DOSSIER PEDAGOGIQUE Huis clos Jean-Paul Sartre Mise en scène : Marcel Delval » (rédaction en 1943-1944, titre paru dans *L’Arbalète*, les trois amis, arrestation d’Olga Barbezat, Paul Annet-Badel et Raymond Rouleau, distribution, enregistrement de la Deutsche Grammophon Gesellschaft en 1965) Théâtre des Martyrs, Bruxelleshttps://theatre-martyrs.be/wp-content/uploads/2017/01/TMADOSPED_HUISCLOS.pdf
- « tableau huis clos » (progression de lecture, « préambule de Sartre à l’enregistrement phonographique de 1965 », jeu du miroir entre Estelle et Inès) Académie de Lyonhttps://lettres-histoire-geographie.enseigne.ac-lyon.fr/spip/IMG/pdf/tableau_huis_clos.pdf
- « intersubjectivité transcendantale » Encyclopédie Laroussehttps://www.larousse.fr/encyclopedie/philosophie/intersubjectivit%C3%A9_transcendantale/191792
- « Merleau-Ponty : autrui, éthique et phénomènes hallucinatoires » Bulletin d’analyse phénoménologique, Université de Liègehttps://popups.uliege.be/1782-2041/index.php?id=340
- « SAMLDM 3 » (Olivier Samson, « L’altérité de Merleau-Ponty à Lévinas ») PhilArchivehttps://philarchive.org/archive/SAMLDM-3
- « Jean-Paul Sartre, playwright and scriptwriter : Huis clos and Les Jeux sont faits » Theatre Research International, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/theatre-research-international/article/abs/jeanpaul-sartre-playwright-and-scriptwriter-huis-clos-and-les-jeux-sont-faits/D02701A3C3A50AFDC944F10544C5AFBD


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