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Manuscrits de Tombouctou : ce que les inventaires ont vraiment compté

Afriques médiévalesSavoirs, universités & penseurs20 septembre 202622 sources vérifiées
UNESCO Bureau of Mali / Wikimedia Commons
9 min de lecture22 sources vérifiées
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Quatre mille deux cent trois manuscrits de l’institut Ahmed-Baba ont été brûlés ou volés pendant l’occupation de Tombouctou par des groupes armés, en 2012 et 2013, d’après le bilan que l’UNESCO diffuse le 30 janvier 2015. Six ans plus tard, dans la revue History in Africa, l’historien Charles C. Stewart additionne les documents recensés dans trente-cinq bibliothèques familiales de la même ville et parvient à 348 531. Les deux nombres sont justes. Tous deux mesurent la réputation des manuscrits de Tombouctou, sans compter la même chose, puisque le second mêle des livres entiers, des lettres et des feuillets isolés dont les inventaires n’ont pas relevé l’âge.

Des livres venus de Berbérie

Le mot « médiéval » n’est ici qu’une commodité. La boucle du Niger a sa propre chronologie, faite de dominations successives : l’empire du Mali, puis l’empire songhaï, dont le souverain Sonni Ali prend la ville en 1468, puis l’occupation marocaine qui suit la conquête de 1591. Cet article déborde donc largement le XVᵉ siècle, parce que les textes sur lesquels repose la réputation de Tombouctou sont presque tous postérieurs à 1500.

Le témoignage qu’on cite d’ordinaire vient d’un homme né à Grenade, Hasan al-Wazzân. Sa famille s’exile au Maroc en 1496. Entre 1508 et 1518, il suit des missions diplomatiques et marchandes à travers l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, jusqu’à ce que des corsaires chrétiens le capturent et le conduisent à Rome, où le pape Léon X le baptise en 1520. Achevé en italien en 1526, son ouvrage sur l’Afrique paraît à Venise en 1550 dans le recueil de voyages de Giovanni Battista Ramusio. Au chapitre de Tombouctou, la traduction d’A. Épaulard (1956, t. II, p. 468-469) rapporte qu’on y vend beaucoup de livres manuscrits venus de Berbérie, et qu’on tire « plus de bénéfice de cette vente que de tout le reste des marchandises ».

On lit volontiers dans cette phrase la preuve d’une production locale. Elle décrit des livres importés, et leur prix. Un siècle plus tard, en rédigeant vers 1655 le Tarîkh al-Sûdân, l’historien de Tombouctou al-Sa’dî va dans le même sens, puisqu’il affirme que la civilisation de sa ville lui est venue exclusivement du Maghreb, en religion comme en commerce (éd. Houdas, 1964, texte p. 21, trad. p. 36-37). Timothy Cleaveland juge l’affirmation exagérée, et la chronique d’al-Sa’dî elle-même la dément, car elle fait une large place à des savants venus du sud du Sahara. L’un des premiers lettrés connus de Tombouctou, al-Kâbarî, était originaire d’une localité de la plaine inondable du Niger, près de Dia.

Ahmad Bâbâ écrit en captivité

À Tombouctou, le savoir se transmet dans quelques familles, que Timothy Cleaveland tient pour les institutions mêmes de l’enseignement supérieur ouest-africain. Deux d’entre elles, la famille Aqît et celle des descendants du cadi al-Hâjj, venaient apparemment de Walata, une ville caravanière plus ancienne située plus à l’ouest, et leurs membres ont fait l’aller-retour entre les deux cités pendant trois siècles environ. Quand Sonni Ali s’empare de Tombouctou en 1468, ’Umar Aqît s’enfuit à Walata avec ses trois fils. En 1594, les autorités marocaines accusent de sédition le cadi ’Umar ibn Mahmûd et d’autres figures de l’élite de la ville, puis les déportent à Marrakech. Ahmad Bâbâ, juriste né en 1556 et issu de la famille Aqît, fait partie des captifs. Son assignation à résidence est levée au bout de deux ans, sans qu’il soit autorisé à rentrer, et c’est donc au Maroc qu’il achève en 1596 le Nayl al-ibtihâj, un dictionnaire biographique de 830 notices. Charles C. Stewart, peu suspect d’indulgence envers la légende, reconnaît que les trois lignages savants du XVIᵉ siècle, sur lesquels repose l’essentiel de la réputation de la ville, sont bien documentés.

Les chroniques qui racontent cette époque posent un problème d’une autre nature. En 1913, Octave Houdas et Maurice Delafosse publient à Paris le Tarikh el-fettach, attribué à Mahmûd Ka’ti et à l’un de ses petits-fils. Dès 1971, Nehemia Levtzion y reconnaît une chronique du XVIIᵉ siècle due à un certain Ibn al-Mukhtâr, et s’arrête sur un manuscrit désigné par la lettre C, dont l’introduction passe alors pour une interpolation. Pendant plus d’un siècle, on admet qu’une partie du texte a été retouchée pour servir la cause d’Ahmad Lobbo, fondateur du califat de Hamdallâhi (1818-1862), sans douter qu’il s’agisse d’un seul ouvrage. En 2015, Mauro Nobili et Mohamed Shahid Mathee montrent que l’édition de 1913 fond deux textes. L’un est la chronique d’Ibn al-Mukhtâr. L’autre, le Tarîkh al-fattâsh proprement dit, est une composition du XIXᵉ siècle due à Nûh ibn al-Tâhir, lettré peul de l’élite de Hamdallâhi mort en 1857 ou 1858, qui a remanié des matériaux plus anciens pour légitimer Ahmad Lobbo. Nobili développe la démonstration dans un livre paru en 2020. Une chronique qu’on lisait comme un témoignage sur l’empire songhaï devient, pour une large part, une source sur le Niger moyen des années 1840.

Le Quartier latin de Félix Dubois

En 1897, le journaliste Félix Dubois publie chez Flammarion Tombouctou la mystérieuse. Son chapitre XIV s’intitule « L’Université de Sankoré », du nom de l’une des mosquées de la ville, et Dubois y compare le quartier où vivaient autour d’elle les familles lettrées à « notre Quartier Latin ». Le vocabulaire est celui de la Sorbonne, appliqué à des lettrés sahéliens.

Cette image a traversé le siècle, et elle a changé de public.

Le 25 novembre 1961, le président ghanéen Kwame Nkrumah inaugure l’université du Ghana. Son discours invoque « l’université de Sankoré » et soutient que l’histoire culturelle de l’Afrique aurait pris un autre cours si elle avait survécu aux invasions étrangères de 1591. Timothy Cleaveland, qui ouvre sur cette citation son étude de 2008, comprend le choix : Nkrumah voulait attirer des étudiants étrangers vers une université neuve, et l’anglais n’offrait aucun mot commode pour désigner l’enseignement savant de l’Afrique musulmane de l’Ouest. La fiche de Tombouctou sur la Liste du patrimoine mondial parle aujourd’hui encore de la « prestigieuse université coranique de Sankoré ».

L’objection de Cleaveland porte sur le sens du mot. Dans l’Europe médiévale, une universitas est une corporation d’étudiants ou de maîtres, que l’Église et les princes reconnaissent en lui accordant des privilèges. Rien de semblable n’existe sur la boucle du Niger, où les faveurs de l’askia, le souverain songhaï, et de ses gouverneurs vont à des savants ou à des familles, sans qu’aucun corps constitué en reçoive. Cleaveland juge élevé le niveau atteint par ces lettrés au XVIᵉ siècle. Son grief vise une étiquette flatteuse, qui efface ce que leur enseignement avait de propre. Nous parlerons donc de lettrés plutôt que de professeurs, parce que le second mot suppose une institution que les sources ne montrent pas.

Trois cent mille feuillets sans date

En 2012, pendant l’occupation, des manuscrits sont sortis clandestinement de Tombouctou vers Bamako, et l’UNESCO estime que la population a ainsi sauvé 90 % des manuscrits anciens de la ville, avec l’aide de l’association SAVAMA-DCI. Cette association, Sauvegarde et valorisation des manuscrits pour la défense de la culture islamique, fédère des bibliothèques privées ; son fondateur, Abdel Kader Haidara, date le projet de 1991 dans un texte et de 1996 dans un autre, écart que Stewart relève sans en tirer de conséquence. Le retour a commencé en août 2025, par avion, avec un premier chargement de plus de 200 caisses pesant quelque 5,5 tonnes.

Depuis 2012, ces bibliothèques sont inventoriées document par document par l’association, avec le Centre for the Study of Manuscript Cultures de l’université de Hambourg et la Hill Museum and Manuscript Library du Minnesota ; en 2018, les listes ont rejoint la West African Arabic Manuscript Database de l’université de Californie à Berkeley. C’est sur ces listes que Stewart travaille, en examinant trente et une des trente-cinq bibliothèques. Environ 7 % des 348 531 numéros portent un nom d’auteur. Les trois quarts du total sont des documents d’un ou deux feuillets, sans auteur, désignés par un titre attribué. Dans vingt-sept bibliothèques, le traité de théologie d’al-Sanûsî apparaît 513 fois, et vingt-cinq exemplaires seulement atteignent quinze feuillets, alors que les copies complètes de l’œuvre recensées ailleurs en Afrique de l’Ouest dépassent toujours ce seuil. Les autres sont, selon son hypothèse, des feuilles d’étude, des extraits recopiés pour apprendre, que l’abondance du papier bon marché au XXᵉ siècle aurait multipliés. Sur quelque 20 000 notices identifiables, il ne trouve que quatre témoins de l’âge d’or de la ville, deux documents d’une page attribués à Ahmad Bâbâ et deux exemplaires, l’un d’une page, l’autre de onze, de la mise en vers d’al-Sanûsî par Baghayogho, mort en 1655.

Les inventaires ne disent presque rien de l’âge. La seule indication régulière, une mention d’écriture moderne dans la colonne consacrée à l’état des documents, renvoie selon Stewart aux cinquante à soixante-quinze dernières années, et quelques rares documents sont signalés comme très anciens. À quelques exceptions près, ces bibliothèques sont de provenance récente, du XXᵉ siècle, et sept d’entre elles seulement pourraient remonter à l’époque précoloniale. La collection nationale de l’institut Ahmed-Baba n’entre pas dans son échantillon, et elle abrite elle aussi des textes récents, comme les Minah de Tâlib Bubakar al-Mahjûbî, une histoire de Walata achevée vers 1915 et conservée sous la cote Ms 699.

« Une bibliothèque qui brûle »

L’enquête de Stewart a des limites, et il les écrit lui-même. Elle laisse de côté la collection nationale et deux grandes bibliothèques privées, le Fondo Kati et la bibliothèque de l’imam Assuyuti. Elle ne mesure aucun âge, et l’hypothèse des feuilles d’étude attend, pour être vérifiée, que les reproductions numériques permettent d’examiner le papier. Surtout, un texte ancien peut survivre dans une copie récente, et la date du support ne dit rien de l’âge du savoir qu’il transmet.

Souleymane Bachir Diagne, codirecteur avec Shamil Jeppie du volume The Meanings of Timbuktu (2008), place le débat sur un autre terrain. Au chapitre « La parole et l’encre » de L’encre des savants (2013), il part de la formule d’Amadou Hampâté Bâ, « En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle », devenue un proverbe dont on oublie l’auteur, et qui résume l’image d’un continent voué à l’oralité. En regard, Diagne cite le passage de Léon l’Africain sur les juges, les docteurs et le commerce des livres. Pour les défenseurs des collections, leur valeur tient à cette preuve d’une culture de l’écrit, quel que soit l’âge de chaque feuillet.

Stewart lui-même déplace la question. Les bibliothèques qu’il a étudiées contiennent plus de 7 000 lettres, davantage qu’aucune autre collection de la base de Berkeley, qui éclairent le commerce et la vie sociale ; l’ajami apparaît dans environ 11 % des notices ; et les Maqâmât d’al-Harîrî, présentes dans vingt-deux bibliothèques, ont pu servir de modèle pour plier la métrique arabe aux langues locales. L’UNESCO écrivait en janvier 2015 que certains manuscrits de Tombouctou remontent au XIIIᵉ siècle, sans donner ni cote ni exemple. Personne ne sait aujourd’hui combien des 348 531 documents recensés sont antérieurs au XIXᵉ siècle, parce que ces inventaires n’ont pas relevé l’âge et que seule l’étude du papier et des écritures, sur des reproductions encore incomplètes, permettra de le dire.

La phrase qu’on cite si souvent sur les livres de Tombouctou a, elle aussi, une histoire de copie. D’après Federico Cresti, Ramusio l’a imprimée à Venise d’après un autre exemplaire que le manuscrit conservé, un exemplaire aujourd’hui inconnu et probablement perdu. Le seul manuscrit connu de l’ouvrage de Hasan al-Wazzân, La cosmographia & geographia de Affrica, est conservé à Rome, à la Biblioteca Nazionale Centrale Vittorio Emanuele II, sous la cote V.E. 953, et c’est là qu’il faut aller lire le marché aux livres de Tombouctou tel que son témoin l’a décrit en 1526.

Pour aller plus loin

Le pèlerinage de Mansa Musa à La Mecque et la place de l’or du Mali dans le commerce transsaharien forment l’arrière-plan de l’essor de Tombouctou. La conquête marocaine de 1591 et la chute de l’empire songhaï prolongent directement ce dossier, tout comme la biographie de Léon l’Africain, passé du Maroc à la Rome de Léon X.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Hasan al-Wazzân (Jean-Léon l’Africain), *La cosmographia & geographia de Affrica*, manuscrit italien achevé en 1526, seul manuscrit connu de l’ouvrage Rome, Biblioteca Nazionale Centrale Vittorio Emanuele II, ms. V.E. 953
  2. Jean-Léon l’Africain, *Description de l’Afrique*, nouvelle édition traduite de l’italien et annotée par A. Épaulard, Th. Monod, H. Lhote et R. Mauny, Paris, 1956, 2 vol., t. II, p. 468-469, chapitre de Tombouctou Librairie d’Amérique et d’Orient Adrien-Maisonneuve
  3. ’Abd al-Rahmân al-Sa’dî, *Tarîkh al-Sûdân* (vers 1655), texte arabe édité et traduit par O. Houdas avec la collaboration d’E. Benoist, Paris, 1964, texte arabe p. 21, traduction p. 36-37 Adrien-Maisonneuve
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Sources primaires (suite)

  1. Ahmad Bâbâ al-Tinbuktî, *Nayl al-ibtihâj bi-tatrîz al-dîbâj*, dictionnaire biographique achevé en 1596, 830 notices, édition de Tripoli (Libye), 1989
  2. *Tarikh el-fettach par Mahmoud Kati et l’un de ses petit fils*, texte arabe et traduction par O. Houdas et M. Delafosse, Paris, 1913, 2 vol. Ernest Leroux
  3. Tâlib Bubakar al-Mahjûbî, *Minah*, histoire de Walata achevée vers 1915, f. 270-278 Tombouctou, Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed-Baba, Ms 699
  4. Félix Dubois, *Tombouctou la mystérieuse*, Paris, 1897, chapitre XIV, « L’Université de Sankoré » Flammarion
  5. Kwame Nkrumah, discours d’inauguration de l’université du Ghana, 25 novembre 1961, publié sous le titre « Ghana’s Cultural History » dans *Présence africaine* en 1967, cité d’après T. Cleaveland 2008, p. 77 et note 1

Bibliographie

  1. Charles C. Stewart, « What’s In the Manuscripts of Timbuktu ? A Survey of the Contents of 31 Private Libraries », *History in Africa* 48, 2021, p. 279-308, DOI 10,1017/hia.2020,18 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/hia.2020.18
  2. Timothy Cleaveland, « Timbuktu and Walata : lineages and higher education », dans Shamil Jeppie et Souleymane Bachir Diagne (dir.), *The Meanings of Timbuktu*, Le Cap, 2008, p. 77-91 HSRC Press et CODESRIA
  3. Mauro Nobili et Mohamed Shahid Mathee, « Towards a New Study of the So-Called Tārīkh al-fattāsh », *History in Africa* 42, 2015, p. 37-73 Cambridge University Press
  4. Mauro Nobili, *Sultan, Caliph, and the Renewer of the Faith : Aḥmad Lobbo, the Tārīkh al-fattāsh and the Making of an Islamic State in West Africa*, African Studies 148, Cambridge, 2020 Cambridge University Press
  5. Nehemia Levtzion, « A Seventeenth-Century Chronicle by Ibn al-Mukhtār : A Critical Study of Ta’rīkh al-fattāsh », *Bulletin of the School of Oriental and African Studies* 34 (3), 1971, p. 571-593 Bulletin of the School of Oriental and African Studies
  6. Souleymane Bachir Diagne, *L’encre des savants*, Paris, 2013, chapitre « La parole et l’encre » Présence africaine
  7. Wolfgang Schweickard, « Arabismi nella Descrittione dell’Africa di Leone Africano », *Zeitschrift für romanische Philologie* 131 (1), 2015, p. 223-238, DOI 10,1515/zrp-2015-0009 De Gruyterhttps://doi.org/10.1515/zrp-2015-0009

Sources en ligne

  1. « Bamako conference urges emergency action to safeguard manuscripts », 30 janvier 2015 UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/news/1228
  2. « Safeguarding Mali’s ancient manuscript collections, an international conference in Bamako », 21 janvier 2015 UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/news/1219
  3. « Timbuktu », fiche de la Liste du patrimoine mondial UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/list/119
  4. « Timbuktu’s famed manuscripts return home after 13 years in Mali’s capital », dépêche Associated Press, août 2025 PBS Newshttps://www.pbs.org/newshour/world/timbuktus-famed-manuscripts-return-home-after-13-years-in-malis-capital
  5. « Nobili Mauro. – Sultan, Caliph, and the Renewer of the Faith. Aḥmad Lobbo, the Tarikh al-Fattāsh, and the Islamic State in Africa », compte rendu Cahiers d’études africaines, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/etudesafricaines/40964?lang=en
  6. « Il manoscritto della Cosmographia de l’Affrica di Giovanni Leone Africano. Note in margine all’edizione critica del testo », Federico Cresti Mediterranea. Ricerche storichehttps://storiamediterranea.it/wp-content/uploads/mediterranea/p4125/Federico%20Cresti.pdf
  7. « Ahmad Baba al-Tinbukti », notice bio-bibliographique Utrecht University Repositoryhttps://research-portal.uu.nl/ws/files/26187538/Ahmad_Baba_al_Tinbukti.pdf
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