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Traites orientales : du Bornou à Kilwa, ce que valent les chiffres

Afriques modernesTraites & esclavages5 novembre 2026◈ 54 sources vérifiées
Ramusio, Giovanni Baptista / Wikimedia Commons
13 min de lecture54 sources vérifiées
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Des marchands venus de Barbarie attendent depuis plus d’un an, à la cour du roi du Bornou, qu’on les paie. Ils lui ont amené des chevaux, et le roi règle chaque bête de quinze ou vingt captifs, mais seulement au retour de la razzia qu’il lance une fois l’an contre ses voisins, et à condition qu’elle ait rapporté assez de prisonniers. Léon l’Africain, qui séjourne un mois dans le royaume au début du XVIᵉ siècle, les a trouvés si las qu’ils parlaient de renoncer à ce commerce. Le même roi, note-t-il au livre VII de sa Description de l’Afrique, possède des étriers, des mors et des chaînes de chiens en or, et paie pourtant plus volontiers en esclaves qu’en métal.

Le choix d’un adjectif

Cette scène relève de ce que l’historiographie française appelle aujourd’hui les traites orientales. L’expression doit beaucoup à Olivier Pétré-Grenouilleau, dont Les Traites négrières. Essai d’histoire globale paraît chez Gallimard en 2004, dans la « Bibliothèque des histoires ». En juin 2005, le livre reçoit le prix d’histoire du Sénat, et son auteur explique au Journal du dimanche du 12 juin qu’il dit « orientales » de préférence à « musulmanes », parce que le Coran n’exprime selon lui aucun préjugé de couleur, avant d’avancer le chiffre d’environ 17 millions d’Africains déportés entre 650 et 1920. L’adjectif nomme une direction. Il regroupe des systèmes que presque tout sépare, les caravanes du Sahara vers le Maghreb et l’Égypte, les embarcations de la mer Rouge vers l’Arabie, les navires de la côte orientale vers le golfe Persique et l’Inde.

Ce que l’étiquette laisse dehors pèse aussi lourd. Les marchés ottomans recevaient des captifs venus du nord de la mer Noire, et Dariusz Kołodziejczyk a tenté en 2006 de les compter, en partant des déclarations que les voïévodes russes envoyaient chaque année à Moscou, des chroniques et des revenus fiscaux du port de Caffa, en Crimée. Il parvient à près de 10 000 personnes par an enlevées par les Tatars en Pologne-Lituanie et en Moscovie, Caucase non compris, soit deux millions entre 1500 et 1700, et présente ce total comme un chiffre que l’on peut avancer sans risque, autrement dit comme un plancher. Ces captifs-là n’entrent pas dans les traites négrières orientales, qui ne comptent que des Africains.

N’y entrent pas davantage les Africains achetés sur les mêmes rivages par des Européens. Selon le bilan publié par Richard Allen en 2010, les négriers britanniques, néerlandais, français et portugais ont expédié vers des destinations situées dans le bassin de l’océan Indien au moins 431 000 à 547 000 personnes d’origine africaine, indienne ou insulindienne entre 1500 et 1850, et une partie de ces achats se faisait dans les ports mêmes où opéraient les marchands swahilis et arabes.

Bornou, Kano, Gao, Katsina

Léon l’Africain écrit à Rome, où l’a conduit une capture. Né à Grenade, élevé à Fès et devenu diplomate, Hassan al-Wazzan s’était embarqué au Caire à l’été 1518 pour rentrer au Maroc ; des corsaires chrétiens l’ont pris en mer et offert au pape Léon X, qui lui a donné son propre nom au baptême. L’homme qui a noté le prix des captifs du Soudan avait donc lui-même été traité en butin.

À Gao, capitale de l’empire songhaï sur le Niger, il décrit une grande place où l’on vend, les jours de marché, des hommes et des femmes, et il donne un prix, six ducats pour une fille de quinze ans, autant pour un garçon. Sur la même page de l’édition Schefer, une aune du drap européen de qualité moyenne se paie quinze ducats, et un cheval qui en vaudrait dix en Europe quarante à cinquante. Le souverain, que Léon appelle Abubacr Izchia, vend à Tombouctou les vaincus qui lui refusent le tribut, « jusques aux petis enfans » ; après avoir fait mourir le roi du Gober, il fait castrer ses fils pour le service de son palais. En 1591, l’armée du sultan marocain Ahmad al-Mansur prend Tombouctou. Trois ans plus tard, le cadi et plusieurs notables accusés de subversion sont déportés à Marrakech, et parmi eux Ahmad Baba, lettré de la lignée des Aqit né en 1556, qui reste deux ans assigné à résidence, n’est autorisé à rentrer qu’en 1608 et meurt à Tombouctou en 1627, d’après la notice que Martha Frederiks lui a consacrée en 2017.

C’est à lui qu’un certain Sa’id ibn Ibrahim al-Jirari, du Touat, demande ce qu’il faut penser des esclaves venus de pays dont l’islam est connu, le Bornou, le pays haoussa, Kano, Gao et Katsina. La réponse, le Mi’raj al-su’ud, « l’échelle pour atteindre la règle concernant les Noirs transportés », tient en une dizaine de pages imprimées. Elle rappelle qu’un musulman libre ne peut être réduit en esclavage, refuse que la couleur ou l’appartenance à un peuple fondent la servitude, rejette le lien entre la malédiction de Cham et la peau noire, et ne reconnaît qu’une cause légitime, l’incroyance. À l’acheteur de s’informer avant de conclure. Viennent ensuite deux listes, les peuples réputés musulmans et ceux que l’on tient pour païens, destinées peut-être à guider al-Jirari et d’autres marchands. Timothy Cleaveland en conclut en 2015 que le texte rendait illicite une part substantielle du commerce transsaharien tel qu’il se pratiquait ; avec Marta García Novo, il relève aussi ce que le juriste tait, le sort des musulmans vivant en minorité dans des pays païens et la règle malikite qui refuse l’asservissement des non-musulmans hors du jihad, deux silences commodes pour des marchands dont la famille d’Ahmad Baba faisait probablement partie.

La plupart des travaux datent la consultation de 1615. Le copiste du plus ancien manuscrit connu, une version courte conservée à la bibliothèque Herskovits de l’université Northwestern, à Evanston, dit pourtant l’avoir recopiée en 1006 de l’hégire, soit 1596, comme l’a relevé John Hunwick. On retiendra ici que le texte existait au moins en partie dès cette date, parce que cette datation repose sur la main d’un copiste, l’autre sur une habitude bibliographique. Toute la documentation de ces sociétés est datée selon l’hégire, et le découpage européen des périodes n’y a pas de prise ; les équivalences données ici sont celles des notices citées.

Daftar mamalik

Un siècle plus tard, au Maroc, la règle d’Ahmad Baba se heurte à un sultan. Moulay Ismaïl, qui règne de 1672 à 1727, veut se donner une armée royale. D’après Chouki El Hamel, il ordonne d’acheter, de gré ou de force, tous les Noirs déjà esclaves et d’asservir ceux qui étaient libres, Haratin compris, ce mot désignant alors les Noirs libres ou affranchis. Le précédent était saadien. Après la conquête du Songhaï, Ahmad al-Mansur avait fait venir des captifs, en partie pour les sucreries qu’il avait bâties dans le Haha et à Chichaoua, au sud du pays, selon son chroniqueur al-Fishtali.

Or la plupart des Haratin étaient des musulmans libres, que la loi interdisait d’asservir.

Pour rendre l’opération légale, l’administration dresse des registres. El Hamel a étudié l’un d’eux, le Daftar mamalik as-Sultan Mawlay Isma’il, sur feuilles de 48 centimètres sur 33, à 38 lignes par page en général. Le registre range les personnes dans une hiérarchie de catégories serviles fabriquée pour l’occasion, de sorte que la couleur de peau y tient lieu de preuve.

À Fès, les oulémas résistent. Le plus ferme, Jassus, soutient par une fatwa que les Haratin sont nés libres et que leur asservissement resterait illégal même s’ils reconnaissaient d’eux-mêmes une origine servile. Le gouverneur de Fès, ’Abd Allah ar-Rusi, le fait emprisonner et torturer, confisque ses biens et ceux de sa famille, et, faute d’obtenir qu’il approuve les mesures prises contre les Haratin, Jassus est étranglé le 2 juillet 1709.

Les travaux consultés ne disent ni où le registre est conservé aujourd’hui, ni combien d’hommes et de femmes l’opération a finalement saisis. El Hamel, qui y voit aussi une entreprise contre le marronnage, cherche la trace des fugitifs dans des archives marocaines qu’il juge lui-même limitées, ce qui laisse sans réponse, pour l’instant, la question de savoir combien d’Haratin ont échappé aux commissaires du sultan.

Vingt piastres par tête à Kilwa

Sur la côte orientale, la chronologie est plus disputée encore. À partir des archives portugaises, Thomas Vernet a soutenu en 2003, puis en 2009, qu’entre 1500 et 1750 la côte swahilie, les Comores et le nord-ouest de Madagascar alimentaient vers les marchés musulmans de l’ouest de l’océan Indien un commerce d’exportation important, Madagascar fournissant des captifs jusque dans ses hautes terres. Gwyn Campbell lui a répondu en 2018 que ces hautes terres, vu leur climat, leur économie et leur démographie à cette époque, ne pouvaient fournir un tel flux, que les captifs partis du nord-ouest de l’île venaient surtout de l’arrière-pays proche et que les exportations malgaches restaient bien plus faibles que ne le dit Vernet. En tête de son chapitre, Campbell remercie Vernet de l’avoir relu.

En 1698, la chute du fort Jésus de Mombasa met fin à la suzeraineté portugaise au nord du cap Delgado, et les sultans d’Oman étendent sur la côte une autorité souvent nominale ; dans les années 1770, le sultan de Kilwa se considère comme indépendant. Au XVIIIᵉ siècle, d’après les tableaux de Paul Lovejoy et de Richard Allen réunis par le centre d’études africaines de l’université de Boston, 400 000 captifs quittent la côte orientale par les soins de marchands arabes, swahilis et autres musulmans, et 156 800 à 189 300 par ceux des Européens, à destination de l’Inde, des Mascareignes et de l’Asie du Sud-Est.

Jean-Vincent Morice, armateur de l’île de France (aujourd’hui Maurice), arrive dans cet entre-deux. Revenu de sa première campagne de traite sur la côte swahilie, sans doute celle du vaisseau l’Espérance en 1774 et 1775, dont Thomas Vernet a étudié le journal de bord, il écrit de Port-Louis, le 3 mars 1776, au ministre de la Marine, Sartine, qu’il a acheté 700 esclaves à Zanzibar, qu’il en a débarqué environ 500 sur l’île malgré la variole et qu’il a sauvé la plupart des 430 qu’il avait inoculés ; la lettre est conservée aux Archives nationales, série Colonies, C4 42, folio 104. La même année, à Kilwa, le sultan Hasan, fils du sultan Ibrahim, s’engage par écrit à lui livrer mille esclaves par an, à vingt piastres pièce, Morice versant en outre au sultan un présent de deux piastres par tête, à ne laisser traiter personne d’autre avant que Morice soit servi, et ce pour cent ans. En garantie, il lui offre la forteresse, où le Français pourra mettre ses canons et son pavillon. Morice avait proposé au sultan les services d’un chirurgien, et le sultan cherchait un protecteur contre Mascate et Zanzibar, explique Jean-Michel Filliot. Le ministre trouve l’idée bonne et la laisse dormir, la guerre d’Amérique accaparant à partir de 1778 les hommes et l’argent.

Ce contrat n’entre dans aucune des cases que distinguent les tableaux. Le vendeur est un sultan musulman de la côte swahilie, l’acheteur un armateur catholique, la destination des îles françaises de plantation que Pier Larson décrit comme un hybride des Caraïbes et de la Chesapeake, et les deux piastres de présent restaient à Kilwa. G. S. P. Freeman-Grenville a publié en 1965, avec des fac-similés, la traduction anglaise des documents de l’affaire, tirés des Archives nationales et du manuscrit Morice de Rhodes House, à Oxford.

« Génocide voilé »

En 2008, Tidiane N’Diaye publie chez Gallimard, dans la collection « Continents noirs », Le Génocide voilé, sélectionné pour le prix Renaudot de l’essai. Il y présente la traite qu’il appelle arabo-musulmane comme une « extinction ethnique à terme », programmée selon lui par la castration massive des captifs, et en tire l’explication de l’absence, à ses yeux, de descendants d’Africains dans le monde musulman. Une notice de la bibliothèque de l’Académie des sciences d’outre-mer relève que le mot choisi disait assez que l’auteur jugeait cette traite pire que l’atlantique.

La thèse a des appuis, et il faut les donner entiers. La castration est attestée, et pas seulement dans les palais ottomans, puisque Léon l’Africain la décrit au Soudan même, à Gao où le roi garde ses concubines sous la surveillance d’eunuques, au Gober où l’askia fait castrer les fils du roi vaincu. Autour de la Méditerranée, les communautés d’ascendance africaine identifiables sont rares au regard de plus de mille ans de déportations, et Pier Larson le reconnaît sans détour. Le reste des sources tire pourtant dans l’autre sens. Les eunuques africains étaient, selon le même Larson, très recherchés et extrêmement chers, ce qui suppose qu’ils formaient une minorité des captifs. Les récits de voyageurs décrivent des convois où les femmes sont majoritaires et les enfants plus nombreux que dans l’Atlantique, même si l’idée de deux femmes pour un homme, admise par beaucoup d’auteurs, est probablement exagérée. Dans le droit musulman, l’enfant né d’un maître libre et de sa concubine naît libre, la concubine est affranchie à la mort du maître et l’affranchissement passe pour une œuvre pie, si bien que les descendants des captives se sont fondus dans la société des maîtres, en une génération ou deux, au lieu de former des communautés distinctes. Là où des Africains vivaient à l’écart, à la campagne ou sur des plantations, ces communautés ont duré, au Baloutchistan iranien ou à Oman, où le voyageur anglais William Palgrave estimait au milieu du XIXᵉ siècle qu’un quart de la population descendait d’affranchis africains. Au Maroc, les Gnaoua entretiennent une mémoire de l’esclavage à laquelle Chouki El Hamel consacre un chapitre entier de son livre.

Pétré-Grenouilleau avait écarté le mot de génocide pour l’ensemble des traites, Atlantique comprise, dans l’entretien de juin 2005, au motif que des négriers mus par le profit n’avaient aucun intérêt à la disparition de leur marchandise. Un collectif d’Antillais, de Guyanais et de Réunionnais a porté plainte contre lui en s’appuyant sur la loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, qui reconnaît la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Le 12 décembre 2005, dix-neuf historiens lancent l’appel « Liberté pour l’histoire », et la plainte est retirée, ses auteurs constatant, rapporte René Rémond, que leur démarche n’avait été comprise ni de l’opinion ni des intellectuels.

Des voyageurs pour tout registre

Les deux camps manient des chiffres d’une autre nature que ceux de l’Atlantique. Pour l’Atlantique, les estimations s’appuient sur des données navire par navire, celles de 27 233 voyages négriers dans la base qu’utilisait Larson en 2007. Pour le Sahara et l’océan Indien, elles reposent surtout, écrit Ralph Austen, sur des observations de voyageurs et de diplomates européens concentrées après 1700, et sur des recensements d’esclaves que l’on extrapole. Or les voyageurs sont rares avant 1700, et les voyageurs d’après 1700 observent un trafic dont le volume, selon Larson, a presque triplé entre le XVᵉ et le XIXᵉ siècle, ce qui rend hasardeuse toute projection vers l’amont. Pour la période antérieure à 1600, Paul Lovejoy conseille de tenir ces chiffres pour une commodité, le milieu d’une fourchette qui peut monter nettement plus haut ou descendre nettement plus bas.

Avec ces précautions, les tableaux de Lovejoy retiennent pour le Sahara 5 500 départs par an au XVIᵉ siècle, puis 7 000 aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ, soit 1 950 000 personnes de 1500 à 1800, auxquelles s’ajoutent 400 000 départs par la mer Rouge et 600 000 par la côte orientale, ce qui fait environ 2,95 millions ; le tableau que Larson tire des travaux d’Austen donne 3,2 millions. Sur les mêmes trois siècles, les estimations de la base Slave Voyages, que reprend le tableau de Boston, comptent 8,65 millions d’embarquements vers les Amériques. Le rapport s’inverse au XVIᵉ siècle, avec 750 000 départs vers le monde musulman selon Lovejoy, quand l’Atlantique en reçoit 338 000 d’après le même auteur et 277 505 d’après les estimations actuelles de Slave Voyages. La traite atlantique ne dépasse les autres qu’au XVIIᵉ siècle. Sur l’ensemble de la période, enfin, François Renault proposait en 1994 quatorze millions pour le Sahara et l’océan Indien réunis, et Pétré-Grenouilleau dit dix-sept ; les deux totaux dépassent celui de l’Atlantique, environ onze millions selon Lovejoy, mais s’étalent sur treize siècles contre quatre.

L’incertitude a des causes connues. Pour les embarcations de l’océan Indien, qui portaient l’essentiel du trafic, peu de documents arriveront jamais entre les mains des historiens, écrit Larson ; à La Réunion, une partie des archives publiques de l’esclavage a été détruite à dessein ; les manuscrits arabes et turcs qui parlent des caravanes sont dispersés entre des bibliothèques privées de Tombouctou et les fonds de l’ancien Empire ottoman. Le commerce transsaharien reste le moins étudié des trafics de l’Afrique, et les recherches à venir peuvent en relever comme en abaisser le volume, alors que celles qui portent sur l’océan Indien conduiront presque sûrement à relever les chiffres à partir du XVIᵉ siècle.

Pour ce seul XVIᵉ siècle, Lovejoy écrit que son estimation de 750 000 départs vers le monde musulman pourrait être sensiblement fausse, mais qu’elle ne descend probablement pas sous 500 000 et ne dépasse pas un million, soit une marge du simple au double pour cent années de caravanes et de traversées.

Pour aller plus loin

Les eunuques venus d’Afrique orientale retrouvent leur place dans l’article consacré au harem impérial ottoman, et la traite atlantique, qui dépasse les routes orientales à partir du XVIIᵉ siècle, dans celui qui porte sur le royaume du Kongo et les lettres d’Afonso Iᵉʳ. Le contrat de Kilwa croise aussi l’histoire de l’inoculation contre la variole, que Morice se vantait de pratiquer sur ses captifs.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Jean Léon l’Africain [al-Hasan al-Wazzan], Description de l’Afrique, tierce partie du monde, trad. Jean Temporal (1556), nouvelle édition annotée par Charles Schefer, t. III, Paris, Ernest Leroux, 1898, coll. « Recueil de voyages et de documents pour servir à l’histoire de la géographie » XV, livre VII ; Tombouctou p. 292-296 (vaincus vendus « jusques aux petis enfans »), Gao p. 298-300 (marché aux esclaves, fille de quinze ans à six ducats, concubines et eunuques du roi, prix du cheval et du drap), Gober p. 301-302 (castration des fils du roi vaincu), Bornou p. 310-313 (chevaux payés quinze ou vingt esclaves, marchands impayés, harnais et chaînes de chiens en or) exemplaire de l’université d’Ottawa numérisé par Internet Archive
  2. Ahmad Baba al-Tinbukti, Mi’raj al-su’ud ila nayl hukm mujallab al-Sud, réponse à Sa’id ibn Ibrahim al-Jirari du Touat ; manuscrits : Evanston, Northwestern University, Melville J. Herskovits Library, Hunwick 535-545 (version courte, copie datée de 1006 de l’hégire, soit 1596) ; Tombouctou, bibliothèque commémorative Mamma Haidara (vers 1615) ; Paris, Bibliothèque nationale de France, ms. 5259, fol. 19-23 (copie de la fin du XIXᵉ siècle), d’après M. Frederiks (2017) trad. française E. Zeys, « Esclavage et guerre sainte. Consultation juridique adressée aux gens du Touat par un érudit nègre, câdi de Timbouctou au dix-septième siècle », Bulletin de la réunion d’études algériennes, 1900, p. 125-151 et 166-189 ; éd. et trad. anglaise J. Hunwick et F. Harrak, Mi’raj al-Su’ud. Ahmad Baba’s Replies on Slavery, Rabat, Institut des études africaines, Université Mohammed V, 2000
  3. Daftar mamalik as-Sultan Mawlay Isma’il, registre des esclaves du sultan Moulay Ismaïl, fin du XVIIᵉ ou début du XVIIIᵉ siècle, papier de 48 × 33 cm, 36 à 40 lignes par page (38 en général) lieu de conservation et cote, décrit d’après C. El Hamel (2010)
Voir les 51 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Fatwas des oulémas de Fès contre l’asservissement des Haratin, dont celle de Jassus, fin du XVIIᵉ et début du XVIIIᵉ siècle trad. anglaise d’une fatwa des oulémas par A. A. Batran, « The ulama of Fas, M. Isma’il, and the issue of the Haratin of Fas », dans J. R. Willis (éd.), Slaves and Slavery in Muslim Africa, Londres, 1985, t. II, p. 9-13, d’après C. El Hamel (2010) ; position de Jassus et date de son exécution d’après C. El Hamel (2013)
  2. al-Fishtali, Manahil al-safa fi ma’athir mawalina al-shurafa, chronique du règne d’Ahmad al-Mansur, éd. ’Abd al-Karim Kurayyim, Rabat, 1973 passage sur les sucreries du Haha et de Chichaoua cité d’après C. El Hamel (2013)
  3. Traité entre Jean-Vincent Morice et le sultan Hasan b. Ibrahim de Kilwa, 1776 (mille esclaves par an à vingt piastres, présent de deux piastres par tête, exclusivité, durée de cent ans, forteresse donnée en garantie) texte cité d’après J.-M. Filliot ; traduction anglaise et fac-similés dans G. S. P. Freeman-Grenville (1965) ; lieu de conservation de l’original
  4. Jean-Vincent Morice, lettre à Sartine, ministre de la Marine, Port-Louis, 3 mars 1776 (700 esclaves achetés à Zanzibar, environ 500 débarqués, 430 inoculés) Archives nationales, Colonies, C4 42, fol. 104 ; trad. anglaise dans G. S. P. Freeman-Grenville (1965), p. 64 ; citée d’après T. Vernet
  5. William Gifford Palgrave, Narrative of a Year’s Journey through Central and Eastern Arabia (1862-1863), Londres, 1865, t. II, p. 271-273 (part des affranchis africains et de leurs descendants dans la population d’Oman) cité d’après P. M. Larson (2007)
  6. Loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité citée d’après R. Rémond et S. Garibian (2006)

Bibliographie

  1. Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières. Essai d’histoire globale, Paris, 2004, 468 p., coll. « Bibliothèque des histoires » Gallimard
  2. Olivier Pétré-Grenouilleau, entretien au Journal du dimanche, 12 juin 2005 (« orientales » de préférence à « musulmanes », environ 17 millions d’Africains entre 650 et 1920, refus du terme de génocide) cité d’après Herodote.net, R. Rémond et S. Garibian (2006)
  3. Tidiane N’Diaye, Le Génocide voilé. Enquête historique, Paris, 2008, 253 p., coll. « Continents noirs », ISBN 978-2-07-011958-5 Gallimard
  4. Paul E. Lovejoy, Transformations in Slavery. A History of Slavery in Africa, 3ᵉ éd., Cambridge, 2012, chap. 3, « The Export Trade in Slaves, 1600–1800 », DOI 10,1017/CBO9781139014946 007 ; 2ᵉ éd., 2000, p. 25, pour la formule sur les estimations antérieures à 1600, citée par P. M. Larson Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9781139014946
  5. Pier M. Larson, « African Diasporas and the Atlantic », dans Jorge Cañizares-Esguerra et Erik R. Seeman (éd.), The Atlantic in Global History, 1500-2000, Upper Saddle River (N.J.), 2007, p. 129-147 Pearson Prentice Hall
  6. Ralph A. Austen, « The Trans-Saharan Slave Trade : A Tentative Census », dans Henry A. Gemery et Jan S. Hogendorn (éd.), The Uncommon Market. Essays in the Economic History of the Atlantic Slave Trade, New York, 1979, p. 23-76, tableaux 2,8 et 2,9 cités d’après P. M. Larson (2007) Academic Press
  7. Ralph A. Austen, « Slave Trade : The Sahara Desert and Red Sea Region », dans John Middleton (éd.), Encyclopedia of Africa South of the Sahara, New York, 1997, t. IV, p. 103 cité d’après P. M. Larson (2007)
  8. François Renault, essai de synthèse sur la traite transsaharienne et orientale des esclaves en Afrique, dans Éric Saugera (dir.), La Dernière Traite, Paris, 1994, p. 23 cité d’après P. M. Larson (2007)
  9. Martha Frederiks, « Aḥmad Bābā al-Tinbuktī », dans David Thomas et John Chesworth (éd.), Christian-Muslim Relations. A Bibliographical History, vol. 11, South and East Asia, Africa and the Americas (1600-1700), Leyde et Boston, 2017, p. 481-487 Brill
  10. John O. Hunwick, « Aḥmad Bābā on Slavery », Sudanic Africa 11, 2000, p. 131-139 cité d’après M. Frederiks (2017)
  11. Timothy Cleaveland, « Ahmad Baba al-Timbukti and his Islamic critique of racial slavery in the Maghrib », The Journal of North African Studies 20 (1), 2015, p. 42-64, DOI 10,1080/13629387,2014,983825 Taylor & Francishttps://doi.org/10.1080/13629387.2014.983825
  12. Marta García Novo, « Islamic law and slavery in premodern West Africa », Entremons. UPF Journal of World History 2, 2011, p. 1-20 cité d’après M. Frederiks (2017)
  13. Chouki El Hamel, « The Register of the Slaves of Sultan Mawlay Isma’il of Morocco at the Turn of the Eighteenth Century », Journal of African History 51 (1), 2010, p. 89-98 Cambridge University Press
  14. Chouki El Hamel, Black Morocco. A History of Slavery, Race, and Islam, Cambridge, 2013, coll. « African Studies », chap. 4 (« Racializing » Slavery) et chap. 8 (The Gnawa and the Memory of Slavery) Cambridge University Press
  15. Thomas Vernet, « Le commerce des esclaves sur la côte swahili, 1500-1750 », Azania 38 (1), 2003, p. 69-97 British Institute in Eastern Africa
  16. Thomas Vernet, « Slave Trade and Slavery on the Swahili Coast (1500-1750) », dans Behnaz A. Mirzai, Ismael M. Montana et Paul E. Lovejoy (éd.), Slavery, Islam and Diaspora, Trenton (N.J.), 2009, p. 37-76 Africa World Press
  17. Gwyn Campbell, « Environment and Enslavement in Highland Madagascar, 1500–1750 : The Case for the Swahili Slave Export Trade Reassessed », dans Gwyn Campbell (éd.), Bondage and the Environment in the Indian Ocean World, Cham, 2018, p. 49-78, coll. « Palgrave Series in Indian Ocean World Studies », DOI 10,1007/978-3-319-70028-1_3 Palgrave Macmillanhttps://doi.org/10.1007/978-3-319-70028-1_3
  18. Richard B. Allen, « Satisfying the « Want for Labouring People » : European Slave Trading in the Indian Ocean, 1500–1850 », Journal of World History 21 (1), 2010, p. 45-73, DOI 10,1353/jwh.0,0100 University of Hawai’i Presshttps://doi.org/10.1353/jwh.0.0100
  19. G. S. P. Freeman-Grenville, The French at Kilwa Island. An Episode in Eighteenth-Century East African History, Oxford, 1965, XIII-243 p., fac-similés et cartes –
  20. Dariusz Kołodziejczyk, « Slave Hunting and Slave Redemption as a Business Enterprise : The Northern Black Sea Region in the Sixteenth to Seventeenth Centuries », Oriente Moderno, n.s., 25 (86), 1, 2006, p. 149-152 pour l’estimation Istituto per l’Oriente C. A. Nallino
  21. Sévane Garibian, « Pour une lecture juridique des quatre lois « mémorielles » », Esprit, février 2006, p. 158-173 Esprit

Sources en ligne

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  3. « African Diasporas and the Atlantic », Pier M. Larson JScholarship, Johns Hopkins Universityhttps://jscholarship.library.jhu.edu/server/api/core/bitstreams/eea2070d-dc52-4f7a-9d6c-7e384c1db1a6/content
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  7. « Léon l’Africain » World History Encyclopedia, traduction françaisehttps://www.worldhistory.org/trans/fr/1-23522/leon-lafricain/
  8. « Ahmad Baba al-Timbukti and his Islamic critique of racial slavery in the Maghrib », Timothy Cleaveland Taylor & Francishttps://informahealthcare.com/doi/abs/10.1080/13629387.2014.983825
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  10. « L’horrifiante histoire du Maroc noir », 12 avril 2019 TelQuelhttps://telquel.ma/2019/04/12/lhorrifiante-histoire-du-maroc-noir_1634892
  11. « The forgotten history of Black Moroccans », 28 septembre 2026 TelQuelhttps://telquel.ma/2026/09/28/the-forgotten-history-of-black-moroccans_2008506
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  17. « Satisfying the « Want for Labouring People » : European Slave Trading in the Indian Ocean, 1500–1850 » Project MUSEhttps://muse.jhu.edu/article/376792
  18. « The French at Kilwa Island : an episode in eighteenth-century East African history », notice Wellcome Collectionhttps://wellcomecollection.org/works/h5qz24sh
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  20. « L’Histoire et la Loi », René Rémond ministère de l’Europe et des Affaires étrangèreshttps://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/LHistoireetlaLoiReneRemond-2.pdf
  21. « L’histoire de l’esclavage sans préjugés » Herodote.nethttps://www.herodote.net/L_histoire_de_l_esclavage_sans_prejuges-article-291.php
  22. « Une traite négrière qui en cache d’autres » Le Tempshttps://www.letemps.ch/culture/une-traite-negriere-cache-dautres
  23. « Par-delà les ténèbres blanches : enquête historique », notice de bibliothèque, cote 57 371 Académie des sciences d’outre-merhttps://www.academieoutremer.fr/images/files/Par-del%C3%A0%20les%20t%C3%A9n%C3%A8bres%20blanches%20%2857_371%29.pdf
  24. « Video 17 millions d’Africains morts, déportés ou castrés par les Arabes » SenePlushttps://seneplus.com/node/3138
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