Neuf petites pièces de cuivre, sur une plage du nord de l’Australie. Un radariste de l’armée de l’air australienne, Morry Isenberg, les ramasse en pêchant sur Marchinbar, une île de l’archipel Wessel, au large de la terre d’Arnhem, en 1944 selon Australian Geographic, en 1945 selon l’association PastMasters, qui a refait son chemin. En 1979, il en parle à un ami, qui prévient le numismate Bill Mira, et celui-ci reconnaît quatre monnaies de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, trois duits et un liard, et cinq monnaies africaines. Ces cinq-là ont été frappées à Kilwa, sur la côte de l’actuelle Tanzanie, entre 1150 et 1333 d’après le relevé de PastMasters. Elles entrent en 1983 au Powerhouse Museum de Sydney. Un expert chargé de les estimer en 1988, pour un dispositif fiscal d’encouragement au mécénat, comptait de 25 à 50 dollars pour chacune, cinq fois le prix d’une pièce hollandaise. Comment sont-elles arrivées sur cette plage ? Personne ne le sait.
« Kilwa al-Mulûk »
En 1491, le pilote arabe Ibn Mâjid, dans la Sufâliyya, une description nautique de la route de Sofala, nomme la ville Kilwa al-Mulûk, la Kilwa des rois. Stéphane Pradines et Pierre Blanchard ont repris l’expression en 2005 pour titrer le bilan de leurs fouilles et de leurs restaurations. L’île de Kilwa Kisiwani se trouve à environ 300 kilomètres au sud de Dar es Salaam, et l’UNESCO l’a inscrite au patrimoine mondial avec les ruines voisines de Songo Mnara, où l’on compte cinq mosquées, un ensemble palatial et une trentaine de maisons dans une enceinte. Le découpage du Moyen Âge européen ne s’applique pas à cette côte, dont les archéologues comptent les siècles par phases de fouille et les historiens par règnes de sultans.
Ces phases ont longtemps flotté. Neville Chittick, premier directeur du British Institute in Eastern Africa, avait fouillé Kilwa dans les années 1960 et publié en 1974 les deux volumes qui servent encore de base, l’histoire et l’archéologie d’un côté, le mobilier de l’autre. En 2016, une équipe a rouvert le terrain dans une grande tranchée voisine de celle que Chittick appelait ZLL. Mark Horton, Jesper Olsen, Jeffrey Fleisher et Stephanie Wynne-Jones en ont tiré vingt et une dates au radiocarbone, traitées par un modèle bayésien, qui fixent pour la première fois les étapes de la ville en années réelles. Les premiers bâtiments de corail et les premières monnaies apparaissent à la fin du Xᵉ siècle. La séquence a aussi ses creux, des moments où la ville paraît se contracter, et les auteurs refusent d’y voir le modèle d’une trajectoire commune à toutes les cités de la côte. François-Xavier Fauvelle a consacré à cette stratigraphie un chapitre du Rhinocéros d’or, sous-titré dans l’édition anglaise « comment naissent les villes ». Philippe Beaujard place l’essor de la culture swahilie dans une globalisation plus vaste, celle de l’océan Indien sous les Song puis sous les Mongols.
Abu’l-Muzaffar Hasan
Ibn Battûta arrive à Kilwa vers 1331, après une nuit passée à Mombasa. Pradines et Blanchard retiennent cette année, la notice de l’UNESCO parle de 1331-1332, et le récit lui-même, dicté plus de vingt ans après le voyage, ne donne pas de date. Il trouve une grande ville, l’une des plus belles et des plus solidement bâties, entièrement construite en bois selon la traduction de H. A. R. Gibb, ce qui surprend devant des ruines de corail, et des habitants très noirs, le visage tatoué. Le pays touche celui des Zanj païens, et les gens de Kilwa font sans cesse campagne contre eux. Le sultan s’appelle Abu’l-Muzaffar Hasan. Il réserve le cinquième du butin aux œuvres pieuses, comme le prescrit le Coran, et Ibn Battûta l’a vu donner à un mendiant les vêtements qu’il portait. Son frère Dâwûd, qui lui succède, répond aux quémandeurs que le donateur est mort, si bien qu’on cesse de venir. Le voyageur ajoute que Sofala se trouve à quinze jours de route au sud, et qu’un marchand lui a dit que la poudre d’or y arrivait de Yufi, au pays des Limis, à un mois de marche. Où situer Yufi ? On l’ignore, et Pradines et Blanchard ne savent pas si ce mois se faisait à pied ou en partie par la côte.
Mieux vaut appeler ce sultan par le nom que porte son inscription, al-Hasan ibn Sulaymân, parce que c’est celui qu’il a fait graver lui-même dans la pierre. L’inscription, en pierre de corail, dédie à sa gloire le palais de Husuni Kubwa, Pradines et Blanchard lui donnent un règne de 1320 à 1333, et la notice de l’UNESCO date le palais des années 1310-1333 environ. Le palais tient le haut d’une falaise, où l’on monte par un escalier taillé dans la roche. Il aligne une cour d’accueil à degrés bordée de chambres d’hôtes, une grande cour d’audience, un bassin octogonal et un logis d’une centaine de pièces. Il n’a jamais été achevé, et l’on n’y a vécu que peu de temps. La Grande Mosquée, en contrebas, pose un problème plus épineux. Sa partie nord est la plus ancienne, datée des XIᵉ et XIIᵉ siècles par Pradines et Blanchard, du XIᵉ par l’UNESCO, avec une salle de prière rectangulaire portée à l’origine par des colonnes de bois. L’édifice compte, selon l’UNESCO, seize travées où alternent coupoles et voûtes. L’UNESCO date du XIIIᵉ siècle sa grande coupole, la plus vaste d’Afrique orientale jusqu’au XIXᵉ siècle selon la notice. Chittick voyait dans la grande coupole du sud-est le mausolée probable d’al-Hasan ibn Sulaymân. Pradines et Blanchard, eux, s’appuient sur João de Barros pour attribuer à un sultan plus tardif, Sulaymân ibn Muhammad, entre 1421 et 1442, la restauration de l’édifice et la couverture en coupoles de toute la zone sud, qu’ils comparent aux architectures du Deccan, après un tremblement de terre de 1331 qui aurait abattu une grande partie de la mosquée. Les colonnes octogonales monolithes, trop rigides, y auraient selon eux contribué, et seule la coupole du sud-est aurait tenu. Une fouille, qu’ils réclamaient, pourrait seule départager ces chronologies.
Trois cents pièces sous une maison
Kilwa a frappé monnaie, en cuivre surtout, et les dates de la fouille de 2016 placent les premières pièces à la fin du Xᵉ siècle. Au British Museum, salle 68, vitrine 12, une pièce en alliage cuivreux de 21 millimètres et 2,43 grammes porte le nom de Sulaymân ibn al-Hasan, qu’il ne faut pas confondre avec al-Hasan ibn Sulaymân, l’hôte d’Ibn Battûta. La notice la date de 1302-1316 (702-716 de l’hégire) et décrit ses légendes arabes rimées. Elle porte le numéro 1938,0210,1, et C. T. Pearce l’a donnée en 1938. Une autre, cotée 1905,0204,7 et rangée dans les réserves, porte le nom d’Alî ibn al-Hasan, que la notice place en 1480-1482. Les deux fiches renvoient à l’étude de Walker sur les sultans de Kilwa et leurs monnaies, parue en 1936.
Le même nom revient deux fois dans la liste des sultans. La chronique fait d’un Alî ibn al-Hasan le fondateur de la dynastie, et un sultan plus tardif porte le même nom. Matthias Perkins, Jeffrey Fleisher et Stephanie Wynne-Jones, qui publient en 2014 un dépôt de plus de trois cents pièces de type Kilwa, datent les monnaies d’Alî ibn al-Hasan de la fin du XIᵉ ou du début du XIIᵉ siècle. Le dépôt dormait dans les fondations d’une maison de pierre de Songo Mnara, enfoui à la fin du XIVᵉ siècle ou au tout début du XVᵉ, avec un collier de cornaline. Des pièces frappées trois siècles plus tôt circulaient donc encore. Pour les fouilleurs, enterrer cet argent sous les murs revenait à investir dans la maison et dans le lieu.
Wynne-Jones et Fleisher avaient soutenu en 2012 que la valeur de ces pièces naissait de leur usage dans la ville, entre habitants, dans les échanges et les gestes de commémoration. Les maisons de terre de Songo Mnara ont livré des monnaies de Kilwa et de la céramique importée à peu près dans les mêmes proportions que les maisons de pierre.
Le cuivre servait sur place. Les pièces de Marchinbar n’en paraissent que plus étranges.
Persans par les pères
Chittick lisait dans l’architecture islamique des villes de pierre la preuve d’une culture d’origine persane, et il jugeait, selon Elias Saad, que Kilwa n’avait pas eu assez de poids pour former un royaume avant le XIIIᵉ siècle. Ce regard avait une histoire. En 1984, Thomas Spear rappelait que les historiens avaient longtemps fait des Swahilis un rameau d’une diaspora arabe, parce que l’écriture arabe, la pierre, l’islam et les manières de cette côte la distinguaient de l’intérieur. Il qualifiait ce raisonnement de diffusionniste, puisqu’il supposait que toute nouveauté venait d’ailleurs, et de raciste, puisqu’il liait une culture à des immigrants. Avec le linguiste Derek Nurse, il décrivait l’année suivante une synthèse d’éléments africains et arabes née dans un cadre africain. Jeffrey Fleisher parlait en 2014 de la côte swahilie comme d’un cas d’école d’archéologie coloniale, en voyant en Chittick « un archéologue de son temps ».
L’autre camp avait un argument que les Européens n’avaient pas inventé. Les généalogies swahilies elles-mêmes faisaient venir des ancêtres de Perse ou d’Arabie, Spear le reconnaissait, et la chronique de Kilwa nomme Chiraz. En 2023, une équipe de plus de quarante auteurs, dont la génétique revenait au laboratoire de David Reich, avec Esther Brielle, a publié dans Nature l’ADN de quatre-vingts personnes, enterrées entre 1250 et 1800 dans six villes de la côte, dont Kilwa et Songo Mnara, et après 1650 dans une ville de l’intérieur. Le mélange commence vers l’an 1000. Les ancêtres africains sont surtout des femmes, les ancêtres asiatiques surtout des hommes, et de 80 à 90 % de cette part asiatique se rattache à la Perse, avant que les apports ne deviennent de plus en plus arabes après 1500. L’ascendance africaine atteint en moyenne 74 % à Kilwa, 67 % à Songo Mnara et 32 % à Manda, au nord. Les enfants parlaient la langue de leur mère, une langue bantoue. Chapurukha Kusimba, qui avait lancé l’étude, y lit l’africanité des Swahilis, et Fleisher une confirmation des traditions orales sur la Perse. La chronique avait donc raison sur les pères. Chittick prêtait la ville à des colons persans, alors que les défunts étudiés à Kilwa, dont certains reposaient dans des cimetières d’élite, tenaient près des trois quarts de leur ascendance de l’Afrique, et Amirbahram Arabahmadi y voit des mariages choisis entre élites plutôt qu’une migration de masse.
Pero Ferreira et quatre-vingts hommes
Le mardi 22 juillet 1505, à midi, huit navires entrent dans le port de Kilwa sous les ordres de Francisco de Almeida, parti avec une flotte de vingt. Le récit vient d’un témoin anonyme, embarqué sur le São Rafael, et on l’attribue à un certain Hans Mayr. Le roi refuse de sortir et envoie des présents. Un drapeau laissé par Vasco da Gama rappelait le tribut que l’amiral avait imposé à son passage, 1 500 onces d’or par an selon ce texte. Le 24, les Portugais débarquent et marchent droit au palais royal, qu’ils trouvent vide. Le témoin voit des maisons solides de pierre et de mortier, sur plusieurs étages, et de nombreuses mosquées voûtées, dont l’une ressemble à celle de Cordoue. Il compte quatre mille habitants dans l’île et la ville, une estimation de marin. On pille, puis Almeida fait mettre le butin sous scellés, fortifier la meilleure maison avec de l’artillerie et raser celles qui l’entourent. Pero Ferreira y reste avec quatre-vingts hommes. Un musulman du lieu, aimé de tous selon le récit, est fait roi et promené à cheval dans la ville. Selon l’UNESCO, les ruines du fort portugais du XVIᵉ siècle se trouvent sous l’édifice que l’on appelle la Gereza.
Le rat aux dents de fer
La chronique de Kilwa porte en arabe le titre de Kitâb al-sulwa fî akhbâr Kulwa, le livre de la consolation sur les nouvelles de Kilwa. Elle raconte qu’à Chiraz, le sultan Hasan rêva d’un rat aux dents de fer qui rongeait les murailles de la ville, puis suit les émigrés conduits par Alî ibn al-Hasan, qui obtiennent l’île du roi du lieu en couvrant son pourtour d’étoffes de couleur. Mark Horton juge l’exploit irréalisable, et le récit tient du mythe de fondation. Le seul manuscrit arabe connu est conservé à la British Library sous la cote Or. 2666. Son colophon le date de 1877 et nomme son copiste, Abd Allâh ibn Musbah al-Suwâfî, qui travaille sous la protection du sultan de Zanzibar Barghash ibn Saïd. Une traduction anglaise inachevée, tapée à la machine sur vingt-quatre feuillets, est conservée à la SOAS de Londres sous la cote MS 53501. La version portugaise est plus ancienne de trois siècles. João de Barros l’imprime à Lisbonne en 1552, dans la première Décade de son Asia.
Les deux textes ne s’accordent pas. La liste portugaise des rois nomme des souverains que le Kitâb ignore. G. S. P. Freeman-Grenville, rappelle Saad, supposait la copie de 1877 abrégée et remontait, avec les durées de règne de Barros, jusqu’au Xᵉ siècle. Chittick tenait le Kitâb pour complet et accusait la version portugaise d’avoir fondu deux sources. Elias Saad, en 1979, y voyait deux regards de parti sur des successions disputées, et supposait que la version portugaise avait été composée sur le moment pour les occupants, entre 1505 et 1512. Pradines et Blanchard datent les chroniques des environs de 1530. Arabahmadi place en 2023 un premier noyau entre 1520 et 1550, écrit après la conquête, et une seconde couche omanaise, celle de la copie de Zanzibar. Hors des légendes de monnaies et de la dédicace de Husuni Kubwa, tout ce que l’on raconte de la fondation passe ainsi par des hommes qui avaient vu arriver les navires d’Almeida, puis par un copiste au service d’un sultan de Zanzibar issu d’une dynastie omanaise, quand des Omanais avaient déjà élevé un fort à Kilwa en 1807.
Pour aller plus loin
Le Grand Zimbabwe, sur le plateau d’où descendait l’or acheminé vers Sofala, éclaire l’amont de ce commerce. L’article sur le prêtre Jean raconte le royaume chrétien que les Portugais cherchaient en longeant cette côte, et le voyage d’Ibn Battûta, de Mogadiscio à Kilwa, ouvre sur l’ensemble de sa Rihla.
Vers 1331, un grand voyageur, Ibn Battûta, débarque sur une petite île au large de l’actuelle Tanzanie. L’île s’appelle Kilwa. Un sultan musulman y règne, et sa ville vit du commerce de l’or. Sur toute cette côte, on parle une langue africaine, le swahili, et l’on prie dans des mosquées. Les historiens se demandent depuis longtemps qui a fondé ces villes.
Un sultan qui donnait ses habits
Le voyageur découvre une grande ville, belle et bien construite. Il décrit un souverain très généreux. Un jour, ce sultan a donné à un mendiant les vêtements qu’il portait sur lui. Il mène aussi la guerre contre des voisins qui ne sont pas musulmans.
Le même souverain a fait graver son nom dans une pierre de corail. Elle orne un palais perché au bord d’une falaise. On y trouve une cour pour recevoir, un bassin à huit côtés et de nombreuses salles. Le palais n’a jamais été terminé, et ses occupants n’y sont restés que peu de temps.
La richesse de la ville vient de l’or. Ce métal descend de l’intérieur du continent jusqu’à Sofala, un port situé plus au sud. Un marchand a dit au voyageur d’où venait cette poudre d’or. Personne ne sait aujourd’hui situer l’endroit qu’il a nommé.
Un trésor sous les murs
Kilwa fabriquait aussi sa propre monnaie, surtout en cuivre. D’après les fouilles récentes, les premières pièces sont aussi anciennes que les premières maisons de corail.
Sur une île voisine, des archéologues ont trouvé plus de trois cents de ces pièces. Elles étaient enfouies sous les murs d’une maison de pierre, avec un collier de cornaline, une pierre fine. Certaines avaient été frappées bien plus tôt et passaient encore de main en main. Pour les fouilleurs, cacher cet argent sous la maison revenait à placer sa richesse dans le lieu même.
Ce cuivre servait surtout aux habitants de la ville. Les maisons de terre en ont livré autant, en proportion, que les maisons de pierre.
Des pères venus de Perse
Une vieille chronique raconte la fondation de Kilwa. Des princes venus de Chiraz, en Perse, auraient obtenu l’île du roi local. Ils auraient pour cela couvert tout son rivage de tissus colorés. Un archéologue juge l’exploit impossible.
Au siècle dernier, l’archéologue Neville Chittick fouille la ville. Pour lui, ces mosquées de pierre prouvent l’arrivée de colons persans. Un historien, Thomas Spear, conteste plus tard cette lecture. Selon lui, cette idée fait venir de l’étranger tout ce qui est nouveau et oublie les racines africaines de la côte. Les familles de la côte disaient pourtant elles-mêmes descendre d’ancêtres persans ou arabes.
Récemment, des généticiens ont étudié les restes de dizaines de morts de la côte. Les mélanges commencent autour de l’an mil. Les ancêtres venus d’Asie sont surtout des hommes, liés pour la plupart à la Perse. Les ancêtres africains sont surtout des femmes, et leurs enfants parlaient la langue de leur mère.
À Kilwa, ces morts tiennent près des trois quarts de leurs ancêtres de l’Afrique. Certains reposaient dans des cimetières réservés aux puissants. La chronique disait donc vrai sur les pères venus de Perse. La ville bâtie par des colons, telle que Chittick l’imaginait, ne tient plus.
Un récit né après la défaite
En 1505, une flotte portugaise entre dans le port. Les soldats trouvent le palais vide, pillent la ville et y installent une garnison. Un témoin décrit des maisons de pierre à plusieurs étages et des mosquées couvertes de voûtes.
La chronique de Kilwa a été écrite après cette conquête, dans la première moitié du XVIᵉ siècle. Ses auteurs avaient vu arriver les navires portugais. Le seul exemplaire en arabe est une copie faite à Zanzibar en 1877, pour un sultan venu d’une famille d’Oman. Le récit des origines nous arrive donc par des auteurs bien plus tardifs.
Bien plus loin, un radariste de l’armée de l’air australienne a ramassé cinq pièces de Kilwa sur une plage du nord de l’Australie. Elles sont aujourd’hui à Sydney, et personne ne sait comment elles ont traversé l’océan.
L’article complet suit pas à pas le témoin portugais de juillet 1505, et expose la querelle sur la date et le bâtisseur des coupoles de la Grande Mosquée.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Kitâb al-sulwa fî akhbâr Kulwa (Chronique de Kilwa), version arabe, copie dont le colophon est daté de 1877, copiste Abd Allâh ibn Musbah al-Suwâfî, sous le patronage du sultan Barghash ibn Saïd de Zanzibar : rêve du rat aux dents de fer à Chiraz, achat de l’île contre des étoffes de couleur par les gens d’Alî ibn al-Hasan Londres, British Library, Or. 2666, d’après Arabahmadi 2023 et Samsom (qui donne « British Museum Or. 2666 : 1–3 »)
- Kitâb al-sulwa fî akhbâr Kulwa, traduction anglaise incomplète, dactylographiée, 24 f. Londres, SOAS Library, Swahili Manuscripts Collections, MS 53501
- João de Barros, Da Asia, Década primeira, Lisbonne, Germão Galharde, 1552, version portugaise de la chronique et liste des rois de Kilwa ; restauration de la Grande Mosquée et couverture en coupoles de la zone sud par Sulaymân ibn Muhammad (1421-1442), d’après Pradines et Blanchard 2005, n. 59
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Sources primaires (suite)
- Ibn Battûta, Rihla, passages sur Mombasa et Kilwa (ville bâtie en bois, Zanj païens, sultan Abu’l-Muzaffar Hasan, quint du butin, vêtements donnés à un mendiant, son frère Dâwûd, or de Sofala venu de Yufi au pays des Limis), trad. H. A. R. Gibb, Travels in Asia and Africa 1325-1354, Londres, Broadway House, 1929, p. 112-113
- Ibn Mâjid, al-Sufâliyya, description nautique de la route de Sofala, 1491, mention de « Kilwa al-Mulûk », d’après Pradines et Blanchard 2005, n. 2
- Inscription en pierre de corail dédiée à la gloire d’al-Hasan ibn Sulaymân, palais de Husuni Kubwa, Kilwa Kisiwani, d’après Pradines et Blanchard 2005
- « The Voyage and Acts of Dom Francisco, Viceroy of India, written in the ship Sam Rafael of Oporto », récit anonyme attribué à Hans Mayr, 1505 : arrivée de huit navires le 22 juillet, drapeau de Vasco da Gama et tribut de 1 500 onces d’or, mosquée « like that of Cordova », 4 000 habitants, garnison de 80 hommes sous Pero Ferreira, éd. Eric Axelson, South East Africa, 1940, p. 231-238, repris dans Freeman-Grenville 1974, p. 105-112
- Monnaie au nom de Sulaymân ibn al-Hasan, Kilwa Kisiwani (atelier probable), 1302-1316 (702-716 de l’hégire), alliage cuivreux, 2,43 g, 21 mm, légendes arabes rimées, don de C. T. Pearce, 1938, exposée salle 68, vitrine 12 Londres, British Museum, 1938,0210,1
- Monnaie au nom d’Alî ibn al-Hasan, Kilwa Kisiwani (atelier probable), datée par la notice de 1480-1482 (885-887 de l’hégire), alliage cuivreux, 2,49 g, 20 mm, type à deux lignes, don de Bernhard Perrot, 1905 Londres, British Museum, 1905,0204,7
- Cinq monnaies de cuivre du sultanat de Kilwa et quatre monnaies néerlandaises de la VOC (trois duits et un liard), trouvées par Morry Isenberg sur l’île de Marchinbar, archipel Wessel, en 1944 ou 1945, données en 1983 Sydney, Powerhouse Museum, d’après Australian Geographic 2014 et PastMasters
- Dépôt de plus de trois cents monnaies de cuivre de type Kilwa et collier de cornaline, fondations d’une maison de pierre de Songo Mnara, fin du XIVᵉ ou tout début du XVᵉ siècle, d’après Perkins, Fleisher et Wynne-Jones 2014
- Tranchée fouillée en 2016 à côté de la tranchée ZLL de Chittick, Kilwa Kisiwani, vingt et une dates radiocarbone calibrées, d’après Horton, Olsen, Fleisher et Wynne-Jones 2022
Bibliographie
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- Amirbahram Arabahmadi, « A Comprehensive Critical Reappraisal of “The Kilwa Chronicle” : Manuscript Traditions, Historiographical Layers, and Scholarly Debate », Anais de História de Além-Mar 24, 2023, p. 115-131, DOI 10,57759/aham2023,46384 Anais de História de Além-Marhttps://doi.org/10.57759/aham2023.46384
Sources en ligne
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- « Kilwa al-Mulûk. Premier bilan des travaux de conservation-restauration et des fouilles archéologiques dans la baie de Kilwa, Tanzanie », Annales islamologiques 39 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/anisl/39/2
- « The Sultan’s African Palace », Samir S. Patel, Archaeology, janvier-février 2014 Archaeological Institute of Americahttps://archaeology.org/exclusives/articles/1568-husuni-kubwa-kilwa-kiswani-al-hasan-ibn-sulaiman
- « Ibn Battuta : Travels in Asia and Africa 1325-1354 » (extraits sur l’Afrique de l’Est, trad. Gibb 1929) Internet Medieval Sourcebook, Fordham Universityhttps://sourcebooks.web.fordham.edu/source/ibnbattuta-africa14C.asp
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- « Ancient Coins in Arnhemland » PastMastershttps://www.pastmasters.org.au/ancient-coins-in-arnhem-land-expedition.html
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- Monnaie 1905,0204,7, notice de collection British Museumhttps://www.britishmuseum.org/collection/object/C_1905-0204-7
- « Kitāb al-sulwa fī akhbār Kulwa » (MS 53501) SOAS Library, University of Londonhttps://library.soas.ac.uk/Record/ms_53501-item1
- « A Comprehensive Critical Reappraisal of “The Kilwa Chronicle” » Anais de História de Além-Marhttps://revistas.rcaap.pt/aham/article/view/46384
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