Il manquait la moitié du livre. Le traité De la démonstration, où Galien, médecin grec du IIᵉ siècle, traitait de la preuve, était déjà introuvable en entier au IXᵉ siècle. Hunayn ibn Ishâq, médecin chrétien de l’Église d’Orient et l’un des traducteurs les plus sollicités de Bagdad, raconte dans sa lettre sur les traductions de Galien, à la notice 115, l’avoir cherché en Mésopotamie, en Syrie, en Palestine et en Égypte, jusqu’à Alexandrie, pour n’en retrouver qu’environ la moitié, à Damas, en chapitres incomplets et sans suite. Hunayn vivait pourtant dans la ville où les califes abbassides entretenaient une bibliothèque de palais, celle qu’on appelle aujourd’hui la Maison de la sagesse, et dans ce long récit de chasse aux manuscrits elle n’apparaît à aucun moment.
Le catalogue d’un libraire de Bagdad
Presque tout ce qu’on sait de l’institution vient d’un livre de métier. Vers 987-988, Ibn al-Nadîm, libraire et copiste bagdadien, achève le Kitâb al-Fihrist, un catalogue raisonné des livres existant en arabe, classé par disciplines puis par auteurs. L’ouvrage est postérieur d’un siècle et demi au règne d’al-Ma’mûn, et cette distance pèse sur chacune de ses indications. Ses indications sont peu nombreuses et précises. Sous Hârûn al-Rashîd, l’astrologue de cour Abû Sahl ibn Nawbakht travaille dans la khizânat al-hikma à traduire des ouvrages du moyen-perse. Sous al-Ma’mûn, un certain Salm est dit sâhib, c’est-à-dire préposé, de la Bayt al-Hikma, et le lettré Sahl ibn Hârûn apparaît dans la même charge. Du mathématicien al-Khwârizmî (Muḥammad ibn Mûsâ), le catalogue note qu’il était attaché à la bibliothèque du calife. Ibn al-Nadîm affirme enfin tenir de la bibliothèque d’al-Ma’mûn ses modèles d’écriture himyarite, celle de l’Arabie du Sud, et d’écriture éthiopienne, signe que la collection débordait largement la science grecque.
Les deux noms alternent dans ces notices. Khizâna désigne un magasin, un lieu où l’on garde, et bayt une maison. Dimitri Gutas et Kevin van Bladel, dans l’Encyclopaedia of Islam, rattachent les deux expressions à des termes moyen-perses qui désignaient les bibliothèques des rois sassanides, où l’on conservait des chroniques, des traités militaires et des récits romanesques. On gardera ici « Maison de la sagesse », traduction discutée, parce que c’est sous ce nom que le lecteur francophone la cherche et que « magasin de la sagesse » n’évoque rien à personne.
Hunayn ne cherche jamais au palais
En 1998, dans Greek Thought, Arabic Culture, traduit chez Aubier en 2005 sous le titre Pensée grecque, culture arabe, Dimitri Gutas passe ces témoignages au crible. Parmi les dizaines de récits consacrés à des traductions du grec vers l’arabe, pas un seul ne nomme la Bayt al-Hikma. Les deux mentions du Fihrist qui placent un travail de traduction dans la bibliothèque concernent des textes persans. Hunayn, témoin direct et abondant du mouvement, n’en dit rien, pas même quand il raconte ses voyages pour trouver des manuscrits grecs qu’il aurait eu tout intérêt à chercher d’abord chez le calife. De là, Gutas tire une reconstruction minimale. La bibliothèque serait née, probablement sous al-Mansûr, comme un bureau de l’administration abbasside calqué sur celle des Sassanides, avec des traducteurs du persan et des relieurs chargés de conserver les livres. Sous al-Ma’mûn, les noms qui lui sont associés, al-Khwârizmî en tête, suggèrent une fonction nouvelle, astronomique et mathématique, sans qu’on sache en quoi elle consistait au juste. Gutas écarte l’académie où l’on aurait enseigné les sciences anciennes à mesure qu’on les traduisait, et il écarte aussi la salle de conférences. Les séances savantes que présidait le calife, les majâlis, se tenaient dans ses résidences ou chez des particuliers, et les récits qui en subsistent sont nombreux.
Le rôle de la bibliothèque, dans cette lecture, est indirect. En installant au cœur de l’État la traduction des livres persans, elle a rendu la traduction honorable. L’idéologie impériale sassanide tenait que les sciences venaient d’Iran, qu’Alexandre les avait dispersées et que les Grecs les avaient recueillies ; les traduire revenait à les récupérer. Abû Sahl ibn Nawbakht, dont Kevin van Bladel a étudié en 2012 l’histoire des sciences et ses sources moyen-perses, porte ce récit à la cour de Hârûn. Dès lors les commandes viennent de partout, des califes, des vizirs de la famille des Barmakides, des fonctionnaires, des marchands et des propriétaires terriens, chrétiens et musulmans mêlés.
Un argument fondé sur un silence a ses limites, et c’est par là que le camp adverse attaque.
Astronomes du calife, théologiens en séance
Marie-Geneviève Balty-Guesdon avait publié dès 1992, dans la revue Arabica, une étude de référence en français sur la Bayt al-Hikma, issue d’un mémoire de DEA préparé à l’université Paris III en 1985-1986. Sa méthode part des personnes. En reconstituant l’origine et la formation de ceux que les sources rattachent à la bibliothèque, on peut en retrouver l’histoire, au moins en partie.
Pour elle, le lieu a eu une vie intellectuelle propre. En 2009, elle maintient que la Maison de la sagesse a servi de lieu de rapprochement entre la pensée philosophique et la pensée religieuse de l’islam, dans les années où al-Ma’mûn soutient la théologie rationaliste. Sur un point, les deux lectures se rejoignent. Sous ce calife, des savants liés à la bibliothèque font de l’astronomie et des mathématiques, et Gutas l’admet.
Le cas d’al-Khwârizmî donne du corps à cette fonction : son livre d’algèbre, dont la préface loue le goût d’al-Ma’mûn pour les sciences, circule à Bagdad vers 820 selon Roshdi Rashed, qui en a donné en 2007 la première édition critique avec traduction française. La copie arabe qui a servi à la première édition imprimée, en 1831, date de 1342 et se trouve à Oxford, où elle occupe les feuillets 1v à 34r du MS. Huntington 214 sous le simple titre de Livre d’al-Khwârizmî. Entre l’auteur et le copiste, plus de cinq siècles.
Le débat a débordé les revues savantes en 2008. Dans Aristote au Mont-Saint-Michel, publié au Seuil, Sylvain Gouguenheim jugeait l’image d’une Maison de la sagesse ouverte à toutes les confessions proche du conte, et rappelait que les traducteurs du grec étaient pour la plupart des chrétiens de langue syriaque. Ce dernier point est exact, et Hunayn en est l’exemple même. Le reste de sa démonstration a été discuté l’année suivante dans un volume dirigé par Max Lejbowicz aux Presses universitaires du Septentrion, où Balty-Guesdon lui reproche d’avoir fait dire à son article de 1992 ce qu’il ne disait pas. Les traducteurs étaient chrétiens, mais la commande et les lecteurs appartenaient à la société abbasside tout entière, et c’est sur ce terrain que Gutas avait placé la question dix ans plus tôt.
Libri beit el-hikmet auctor
L’académie a une date de naissance, et c’est une erreur de traduction. En 1858, l’orientaliste Gustav Flügel publie le septième tome de son édition du Kashf al-zunûn, la grande bibliographie de l’Ottoman Kâtib Çelebi, mort en 1657, avec une traduction latine en regard. À la page 711, la formule qui fait de Salm le « sâhib Bayt al-Hikma » devient « libri beit el-hikmet auctor », l’auteur d’un livre intitulé Bayt al-Hikma. Flügel corrige lui-même l’erreur dans son édition du Fihrist, parue à Leipzig à partir de 1871, où Salm redevient le préfet de la bibliothèque dite beit el-hikmet. Ekmeleddin İhsanoğlu, qui a reconstitué cette généalogie en 2023, montre que la correction n’a pas arrêté la dérive. Le mot maison appelait un édifice. Sont venus ensuite l’académie, la bibliothèque publique, le centre de traduction, la première université de l’islam, et İhsanoğlu lit dans cette surenchère des ambitions culturelles et nationales autant qu’un défaut de méthode, l’image achevée ne datant selon lui que de la fin du XXᵉ siècle.
L’autre moitié du mythe est une fin. La Bayt al-Hikma aurait péri en 1258, quand les troupes mongoles prennent Bagdad, et les livres jetés au Tigre auraient noirci le fleuve. Or les mentions de la bibliothèque sous ce nom cessent presque toutes après la mort d’al-Ma’mûn en 833, et la cour quitte Bagdad pour Sâmarrâ trois ans plus tard. Qu’une collection califale ait encore existé quatre siècles après, sous le même nom et dans le même rôle, aucun texte ne le dit. Le sac de 1258 a détruit des bibliothèques, c’est certain, mais rien ne permet de compter parmi elles celle qu’avait connue Salm.
Démonter l’académie ne vide pas Bagdad de ses traducteurs. Ils ont travaillé, beaucoup, et ailleurs.
Quatre versions des Réfutations sophistiques
Les traductions se font dans des ateliers privés, sur commande. La lettre de Hunayn, éditée en 1925 par Gotthelf Bergsträsser d’après le manuscrit d’Istanbul Ayasofya 3631, puis en 2016 par John Lamoreaux avec traduction anglaise, recense 129 titres de Galien et indique pour chacun qui l’a traduit et pour qui, en syriaque ou en arabe. Souvent Hunayn fait passer le grec en syriaque pour un médecin chrétien, puis lui-même ou un proche tire du syriaque une version arabe destinée à un autre commanditaire. Les notices nomment ces commanditaires un par un. Elles ne nomment jamais la bibliothèque du palais.
Le travail lui-même se voit à Paris. Le manuscrit Arabe 2346 de la Bibliothèque nationale de France, 380 feuillets de papier de 43 centimètres sur 30, réunit l’Organon d’Aristote, la Rhétorique, la Poétique et l’Isagoge de Porphyre. Il copie l’édition qu’avait établie à Bagdad al-Hasan ibn Suwâr, philosophe et médecin chrétien mort en 1017, formé dans le cercle de Yahyâ ibn ’Adî, elle-même fondée sur des traductions d’Ishâq ibn Hunayn, le fils du traducteur de Galien. Plusieurs rubriques portent la mention « traduit du syriaque ». Dans les marges et entre les lignes, des notes citent d’autres versions arabes et des fragments de commentaires, si bien que les Réfutations sophistiques s’y lisent en quatre traductions différentes. Le volume a été collationné et corrigé en 1027 (418 de l’hégire). Henri Hugonnard-Roche y a lu la mémoire de quatre siècles de philologie, déposée couche après couche par les traducteurs et les commentateurs chrétiens de Bagdad.
Beaucoup de choses échappent encore. On ignore où se trouvait la bibliothèque des califes dans la ville, combien de livres elle abritait, et si elle a survécu au départ de la cour pour Sâmarrâ, parce que les rares témoignages sont tardifs et brefs et qu’aucun ne décrit le lieu. On ignore aussi pourquoi Hunayn se tait. Un silence peut tenir à l’absence de manuscrits grecs au palais comme à la simple habitude d’un traducteur qui cherchait ses textes par ses propres réseaux, auprès de ses collègues médecins et de ses commanditaires.
Le manuscrit Arabe 2346 a été acquis par Benoît de Maillet, consul de France en Égypte de 1692 à 1708, et il est entré à la Bibliothèque royale en 1738. La BnF en a tiré trois microfilms successifs, dont le dernier a servi à une seconde numérisation, de sorte que les quatre traductions des Réfutations sophistiques se consultent aujourd’hui sur Gallica. L’original ne se communique que sur demande motivée, avec l’autorisation du directeur du département des Manuscrits.
Pour aller plus loin
Sur la capitale abbasside, Fondation de Bagdad et Bagdad en l’an 800. La réception latine de ces traductions passe par Averroès et Avicenne ; en amont, al-Fârâbî. Autre institution savante médiévale : la naissance des universités. Pour Cordoue, autre pôle du savoir islamique, Cordoue au Xᵉ siècle.
On se représente volontiers une grande académie à Bagdad au IXᵉ siècle. Des savants de toutes religions y auraient traduit en arabe les livres des Grecs, sous la protection du calife, avant que tout finisse jeté dans le Tigre par les Mongols. Ce lieu porte un beau nom, la Maison de la sagesse. Les textes anciens en disent beaucoup moins, et les spécialistes ne s’accordent pas sur ce qu’elle était.
Une bibliothèque au palais
Presque tout ce que l’on sait vient d’un seul livre. À la fin du Xᵉ siècle, un libraire de Bagdad nommé Ibn al-Nadîm dresse la liste de tous les livres en arabe qu’il connaît. Ce libraire écrit un siècle et demi après le calife al-Ma’mûn, grand protecteur des savants. Son catalogue parle bien d’une bibliothèque tenue au palais. Il la mentionne rarement, et toujours en passant.
Ces rares passages montrent quelques hommes au travail. Un astrologue de la cour y met en arabe des livres venus de l’ancien Iran. Le mathématicien al-Khwârizmî, célèbre pour son livre d’algèbre, est dit attaché à cette bibliothèque. Un certain Salm en a la garde. Aucun de ces passages ne décrit la salle, ni l’endroit de la ville où elle se trouvait.
Le silence du grand traducteur
L’un des traducteurs les plus demandés de l’époque s’appelle Hunayn ibn Ishâq. Ce médecin chrétien vit à Bagdad et fait passer en arabe de très nombreux traités grecs de médecine. Il a laissé une longue lettre sur son travail. Il y raconte comment il a cherché des manuscrits grecs de ville en ville, jusqu’en Égypte. Dans toute cette lettre, la bibliothèque du palais n’apparaît jamais.
Un spécialiste, Dimitri Gutas, part de ce silence. Il remarque qu’aucun des nombreux récits sur les traductions du grec ne cite la bibliothèque. Pour lui, c’était d’abord un service du palais, copié sur celui des anciens rois perses, où l’on traduisait surtout des livres persans. Les traductions du grec se faisaient ailleurs, sur commande de califes, de vizirs, de fonctionnaires ou de marchands.
Une autre spécialiste, Marie-Geneviève Balty-Guesdon, lui répond. Pour elle, ce lieu a eu sa propre vie intellectuelle. Il aurait aidé à rapprocher la pensée des philosophes de celle des théologiens musulmans. Les deux chercheurs s’accordent pourtant sur un point. Des savants proches du palais y faisaient de l’astronomie et des mathématiques, mais on ignore ce qu’ils y faisaient au juste.
Une erreur devenue légende
L’image d’une grande académie a une origine précise. En 1858, un orientaliste publie en latin une vieille bibliographie ottomane. Il comprend de travers une formule arabe qui désigne Salm comme le gardien de la bibliothèque. Dans sa traduction, Salm devient l’auteur d’un livre qui s’appellerait Maison de la sagesse. L’orientaliste corrige lui-même sa faute un peu plus tard, mais la correction n’arrête pas la légende.
Le mot maison fait ensuite imaginer un grand bâtiment. Les récits modernes en font une académie, une bibliothèque publique, un centre de traduction, puis la première université de l’islam. Un historien a récemment suivi cette transformation pas à pas. Selon lui, l’image complète ne s’est fixée qu’à la fin du siècle dernier.
La fin de l’histoire pose le même problème. On raconte que la bibliothèque a disparu en 1258, quand les Mongols ont pris Bagdad. Or les textes cessent presque tous d’en parler après la mort d’al-Ma’mûn, en 833. Personne ne sait si elle existait encore au moment du pillage.
Des traductions faites ailleurs
Les traductions, elles, ont bien eu lieu, dans des ateliers privés. Hunayn travaillait souvent en deux temps. Il faisait d’abord passer le texte grec dans la langue savante des chrétiens de la région, le syriaque. Lui-même ou un proche en tirait ensuite une version arabe pour un autre client.
Le résultat de ce travail se voit encore à Paris. La Bibliothèque nationale de France garde un gros volume corrigé au XIᵉ siècle, qui réunit les livres de logique d’Aristote en arabe. Dans ses marges, des lecteurs ont recopié d’autres traductions des mêmes passages. Pour un seul traité, on en compte quatre.
Beaucoup de choses restent inconnues. On ne sait pas où se trouvait la bibliothèque des califes, ni combien de livres elle contenait. On ne sait pas davantage pourquoi Hunayn n’en parle pas. Peut-être n’y trouvait-il aucun manuscrit grec. Peut-être cherchait-il simplement ses textes par ses propres réseaux.
Le volume de Paris se feuillette aujourd’hui en ligne, sur le site de la bibliothèque. On y voit, serrées autour du texte d’Aristote, les notes laissées par les savants chrétiens de Bagdad.
La version complète donne la lettre où Hunayn raconte sa chasse à un traité de Galien coupé en deux, ainsi que le contresens latin qui a transformé un bibliothécaire en auteur.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Hunayn ibn Ishâq, Risâla à ’Alî ibn Yahyâ sur les traductions de Galien, notice n° 115 (De la démonstration de Galien : recherche du texte grec jusqu’à Alexandrie, moitié retrouvée à Damas) – manuscrit d’Istanbul, bibliothèque Süleymaniye, Ayasofya 3631, base de l’édition Bergsträsser (1925) ; édition et traduction anglaise de John C. Lamoreaux (2016), numérotation de Bergsträsser
- Ibn al-Nadîm, Kitâb al-Fihrist, achevé en 987-988, notices d’Abû Sahl ibn Nawbakht, de Salm, de Sahl ibn Hârûn et de Muhammad ibn Mûsâ al-Khwârizmî – édition Gustav Flügel, Leipzig, F. C. W. Vogel, 1871-1872 (correction de la traduction de « sâhib Bayt al-Hikma », t. II, p. 108) ; traduction anglaise de Bayard Dodge, The Fihrist of al-Nadīm, New York, Columbia University Press, 1970
- Kâtib Çelebi (mort en 1657), Kashf al-zunûn, notice citant Salm « sâhib Bayt al-Hikma » – édition et traduction latine de Gustav Flügel, Lexicon bibliographicum et encyclopaedicum, t. VII, Londres, 1858, p. 711
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Sources primaires (suite)
- L’Organon, la Rhétorique et la Poétique d’Aristote, et l’Isagoge de Porphyre, version arabe copiée sur l’édition d’al-Hasan ibn Suwâr, papier, 380 feuillets, 43 × 30 cm, 21 à 25 lignes par page, collationné en 418 de l’hégire (1027), acquis par Benoît de Maillet, consul de France en Égypte de 1692 à 1708, entré à la Bibliothèque royale en 1738 – Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Arabe 2346 (ancien fonds arabe 882 A)
- Muhammad ibn Mûsâ al-Khwârizmî, livre d’algèbre intitulé dans le manuscrit Kitâb al-Khwârizmî, ff. 1v-34r, copie de 1342, collection Robert Huntington achetée en 1693 – Bodleian Library, Oxford, MS. Huntington 214
Bibliographie
- Dimitri Gutas, Pensée grecque, culture arabe. Le mouvement de traduction gréco-arabe à Bagdad et la société abbasside primitive (IIe-IVe/VIIIe-Xe siècles), traduit de l’anglais par Abdesselam Cheddadi, Paris, 2005, 340 p. (éd. originale : Greek Thought, Arabic Culture, Londres et New York, Routledge, 1998, en particulier p. 58-60 sur la bayt al-hikma) – Aubier
- Dimitri Gutas et Kevin van Bladel, « Bayt al-Ḥikma », Encyclopaedia of Islam THREE, 2009-2 – Brill
- Kevin van Bladel, « The Arabic History of Science of Abū Sahl ibn Nawbakht (fl. ca 770-809) and Its Middle Persian Sources », dans David Reisman et Felicitas Opwis (dir.), Islamic Philosophy, Science, Culture, and Religion : Studies in Honor of Dimitri Gutas, Leyde, 2012 – Brill
- Marie-Geneviève Balty-Guesdon, « Le Bayt al-ḥikma de Baghdad », Arabica 39, 1992, p. 131-150 – Arabica, Brill
- Marie-Geneviève Balty-Guesdon, « La Maison de la Sagesse : une institution hors de l’histoire ? », dans Max Lejbowicz (dir.), L’Islam médiéval en terres chrétiennes. Science et idéologie, Villeneuve-d’Ascq, 2009, DOI 10,4000/books.septentrion.13973 – Presses universitaires du Septentrion https://doi.org/10.4000/books.septentrion.13973
- Ekmeleddin İhsanoğlu, The Abbasid House of Wisdom : Between Myth and Reality, Routledge Focus, Londres et New York, 2023, chap. 2 « Creating A Myth » et chap. 8 « What Happened to the House of Wisdom ? » – Routledge
- Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont-Saint-Michel. Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Paris, 2008, 277 p., « L’Univers historique » – Éditions du Seuil
- Roshdi Rashed (éd. et trad.), Al-Khwārizmī. Le commencement de l’algèbre, Paris, 2007, 394 p., « Sciences dans l’histoire » – Librairie scientifique et technique Albert Blanchard
- Gotthelf Bergsträsser, Ḥunain ibn Isḥāq über die syrischen und arabischen Galen-Übersetzungen, Abhandlungen für die Kunde des Morgenlandes 17 (2), Leipzig, 1925 – Deutsche Morgenländische Gesellschaft
- John C. Lamoreaux (éd. et trad.), Ḥunayn ibn Isḥāq on His Galen Translations, avec un appendice de Grigory Kessel, Eastern Christian Texts, Provo, 2016, xxxiii + 207 p. – Brigham Young University Press
- Henri Hugonnard-Roche, « Un manuscrit savant, mémoire de quatre siècles de philologie : le Parisinus ar. 2346 », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée 99-100, 2002, p. 147-155 – Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée
Sources en ligne
- « Arabe 2346 », notice du manuscrit – Bibliothèque nationale de France, Archives et manuscrits https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc30263r
- « L’Organon, la Rhétorique et la Poétique d’Aristote, et l’Isagoge de Porphyre. » – Gallica, Bibliothèque nationale de France https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8422956q/f393
- « Traduction arabe d’Aristote et Porphyre » – BnF Essentiels https://essentiels.bnf.fr/fr/image/82d9880c-efd0-4d65-960b-1a1d871d2773-traduction-arabe-aristote-et-porphyre
- « MS. Huntington 214 (Bodleian Library, Oxford University) » – Fihrist, catalogue collectif des manuscrits islamiques du Royaume-Uni https://www.fihrist.org.uk/catalog/manuscript_978
- « Notice bibliographique Le Bayt al-hikma de Baghdad / Mémoire de D. E. A. rédigé par Marie Geneviève Balty-Guesdon ; sous la direction de Mme F. Micheau, et Mr M. Rekaya » – BnF Catalogue général https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb393821147
- « L’Islam médiéval en terres chrétiennes - Introduction » – OpenEdition Books, Presses universitaires du Septentrion https://books.openedition.org/septentrion/13964?lang=fr
- « NAWBAḴTI FAMILY » – Encyclopaedia Iranica https://www.iranicaonline.org/articles/nawbakti-family/
- « Bayt al-Hikmah | House of Wisdom, Islam, Time Period, Significance, & Baghdad » – Encyclopaedia Britannica https://www.britannica.com/place/Bayt-al-Hikmah
- « The Abbasid House of Wisdom : Between Myth and Reality - 1st Edition » – Routledge https://www.routledge.com/The-Abbasid-House-of-Wisdom-Between-Myth-and-Reality/Ihsanoglu/p/book/9781032347486
- « 17,01,25, Lamoreaux, ed. and trans., with appendix by Kessel, Hunayn ibn Ishâq on His Galen Translations » – The Medieval Review, Indiana University https://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/23312/29113
- « Hunayn ibn Ishaq on His Galen Translations », compte rendu – Gale Academic OneFile https://go.gale.com/ps/i.do?p=AONE&u=googlescholar&id=GALE%7CA641090339&v=2.1&it=r&asid=72dbd9fc





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