L’enceinte de Chang’an, capitale des Tang, couvrait 84 kilomètres carrés. On connaît ce chiffre parce que le rempart de terre damée a été relevé au sol et que le quadrillage de plus d’une centaine de quartiers a été reconstitué. Bagdad lui dispute le premier rang mondial au même moment, et le chiffre équivalent n’existe pas. Rien de la capitale d’al-Mansûr n’a été retrouvé. La brique crue s’est dissoute, la ville moderne s’est installée par-dessus, et l’emplacement même de l’enceinte ronde se discute encore.
Le calife était à Raqqa
En 800, Hârûn al-Rashîd n’habite plus Bagdad depuis quatre ans. Il s’est porté sur l’Euphrate, à Raqqa, où un vaste faubourg princier s’est développé autour de lui. Al-Tabarî note pour l’année 184 de l’hégire que le calife descend à Bagdad depuis Raqqa « en bateaux ». La capitale de l’Empire abbasside est, cette année-là, une ville où le souverain se rend.
Madînat al-Salâm avait perdu son rôle bien avant. Une dizaine d’années après la fondation, al-Mansûr s’était installé au bord du Tigre, au palais d’al-Khuld ; son fils al-Mahdî avait pris ses quartiers en face, sur la rive orientale, à Rusâfa. L’ensemble qu’on appelle Bagdad en 800 s’étend sur les deux rives, cousu par des ponts de bateaux, avec le marché de Karkh au sud et le cantonnement de Harbiyya au nord. L’enceinte ronde n’en forme plus qu’un morceau, et le centre de gravité de la ville a glissé vers l’est.
Un plan reconstitué trois fois
Tout ce qu’on sait de cette enceinte vient de textes. Le plus détaillé est celui d’al-Ya’qûbî, géographe né à Bagdad et mort en 897 ou 898, dont le Kitâb al-buldân, rédigé vers 891, ouvre sur la ville ; l’édition de référence reste celle de Michael Jan de Goeje, parue à Leyde en 1892 dans la Bibliotheca Geographorum Arabicorum. Entre la fondation et cette description, près de cent trente ans se sont écoulés.
L’autre grande source est plus tardive encore. Al-Khatîb al-Baghdâdî, mort en 1071, ouvre son Ta’rîkh Madînat al-Salâm par une introduction topographique qui compile des témoignages antérieurs. Sur les seules dimensions de l’enceinte, Josephine van den Bent et Peter Brown ont compté chez lui six récits donnant cinq mesures différentes, de six cents coudées à deux milles, soit huit mille coudées, entre deux portes. La coudée elle-même circulait en plusieurs étalons dans le monde islamique médiéval, ce qui ajoute une incertitude à l’incertitude.
De ces textes sont sortis trois plans. Ernst Herzfeld a dessiné le premier au début du XXᵉ siècle, K. A. C. Creswell l’a corrigé une génération plus tard, Jacob Lassner a repris l’ensemble en 1970 en travaillant sur les seuls témoignages écrits. Aucune des trois restitutions n’a jamais été confrontée à une tranchée.
Sept mille hectares calculés sans une pelle
C’est Lassner qui a produit le chiffre que tout le monde reprend. Dans The Topography of Baghdad in the Early Middle Ages, il évalue la surface bâtie de l’agglomération à quelque 7 000 hectares, contre 540 hectares pour Ctésiphon, la capitale sassanide voisine, et 1 400 hectares pour Constantinople intra-muros. Il en tire une population d’au moins 280 000 habitants, en ajoutant qu’un chiffre double ne lui paraît pas tout à fait impossible.
Quarante ans plus tard, Hugh Kennedy retient un demi-million ou davantage et précise que la discussion de Lassner reste la meilleure dont on dispose.
Une superficie déduite d’un texte, multipliée par une densité supposée.
Le raisonnement est propre, ses deux entrées sont fragiles. La surface vient de la topographie restituée à partir des mêmes descriptions, et la densité est une hypothèse, puisqu’elle suppose un tissu urbain continu, ce qu’une fouille servirait précisément à vérifier. On ne sait pas trancher, et aucun des auteurs cités ne prétend le contraire.
D’où vient le million d’habitants
Le chiffre du million ne vient d’aucun recensement. Il vient d’un livre, Four Thousand Years of Urban Growth, publié en 1987 par Tertius Chandler, qui a passé trente ans à estimer la population des grandes villes du monde depuis l’âge du bronze. Avec le volume de George Modelski, c’est le seul répertoire mondial de populations urbaines antérieures à 1950, et les tableaux qui classent les villes par rang en dérivent presque tous.
La méthode est explicite. Chandler retient pour chaque ville un indicateur disponible, des pains vendus, des bains publics comptés, des rôles militaires, la densité des rues, puis applique un multiplicateur, en recoupant plusieurs indicateurs quand il en a. Meredith Reba, Femke Reitsma et Karen Seto, qui ont numérisé l’ensemble en 2016 sans toucher aux estimations, décrivent le procédé et signalent qu’il a été critiqué sur trois points, les multiplicateurs, l’usage des effectifs militaires pour déduire une taille de ville, et le recours à des données archéologiques périmées.
Des reproches adressés à Chandler, celui qui porte le plus contre Bagdad vise sa définition de la ville. Il compte les faubourgs dans l’agglomération tout en affirmant que leur croissance n’a rien pesé avant 1850, ce que l’histoire urbaine contredit. Bagdad, dont on ignore justement si le tissu bâti était continu, est exactement le cas où cette définition décide du résultat.
Nourrir la ville depuis le Khabûr
L’argument le plus solide en faveur d’une très grande ville ne se trouve pas à Bagdad. Il se trouve dans les campagnes qui la ravitaillaient, et il se mesure. Hugh Kennedy a montré que la croissance de la capitale tient à quatre conditions liées, le potentiel agricole d’une Mésopotamie irriguée, le transport fluvial, un système fiscal qui payait en numéraire une immense population urbaine, et un régime foncier, la qatî’a, qui donnait la propriété à qui mettait une terre morte en culture. Les quarante mille soldats khurâsâniens installés par al-Mansûr recevaient une solde mensuelle. Il fallait les nourrir chaque jour de l’année, dans une ville qui n’avait pas d’arrière-pays constitué.
Al-Mansûr le savait. Dans le récit que donne al-Tabarî du choix du site, le calife explique que le Tigre le relie à la Chine par la mer et que l’Euphrate lui apporte tout ce qui vient de Syrie et de Raqqa ; il écarte un autre emplacement au motif que les prix y monteraient et que le ravitaillement y serait pénible. Le raisonnement prêté au fondateur a probablement été reconstruit après coup, comme souvent dans l’historiographie arabe classique, mais il décrit correctement ce qui s’est passé ensuite.
Ce passé-là se lit dans le sol, à cent kilomètres et plus de Bagdad, et c’est ici que l’enquête devient tangible, car l’arrière-pays immédiat n’a pas suivi : la surface cultivée du bassin de la Diyala, mesurée par les prospections de Robert Adams, tombe d’environ 8 000 kilomètres carrés à la fin de l’époque sassanide à 6 000 kilomètres carrés au début de l’époque islamique, au moment même où la population urbaine gonflait, ce qui oblige à faire venir le grain d’ailleurs, et cet ailleurs a été fouillé. Entre 1987 et 1990, une équipe dirigée par Sophie Berthier a prospecté la moyenne vallée de l’Euphrate, entre Deir ez-Zor et la frontière irakienne. Elle y a suivi le canal de Dawrîn, dérivé du Khabûr, long d’environ 130 kilomètres, large de neuf à onze mètres, profond d’un mètre à peine, bordé d’une quinzaine de villages apparus à la fin de l’époque omeyyade et abandonnés vers 900. Une prospection voisine, dans la vallée du Balîkh, a donné une densité d’occupation deux fois supérieure à celle de l’époque byzantine, avec soixante-dix sites de moins de cinq hectares sur quatre-vingts repérés, le plus étendu d’entre eux, Hisn Maslama, atteignant cent hectares. Les céramiques y courent du VIIIᵉ au Xᵉ siècle, puis s’arrêtent, au moment précis où les grands marchés urbains se contractent et où l’entretien des canaux cesse d’être rentable pour ceux qui l’assuraient.
Une ville neuve de cette économie, Rahba, a été fondée sous Hârûn al-Rashîd par un chef bédouin devenu promoteur foncier, qui obtint sa terre au bord du fleuve après avoir sauvé le calife d’un naufrage. L’anecdote vaut ce que valent les anecdotes. Elle indique tout de même qu’on bâtissait au bord d’un fleuve dont on savait qu’il descendait vers un marché. Tout cela mesure une demande, pas une population.
Samarra, mesurée parce qu’abandonnée
Il existe une capitale abbasside que l’on peut arpenter. En 836, al-Mu’tasim quitte Bagdad et installe le califat à Samarra, sur le Tigre, à 130 kilomètres au nord ; la cour y demeure jusqu’en 892. Françoise Micheau rappelle que ces décennies forment la seule interruption dans une résidence califale continue de 762 à 1258. Samarra, elle, n’a jamais été réoccupée. Le premier à y planter une truelle est Ernst Herzfeld, celui-là même qui avait dessiné la ville ronde de Bagdad d’après les textes. Directeur de chantier sous l’autorité de Friedrich Sarre, il ouvre dix-neuf points du site en 1911 et en 1913, dont l’ensemble palatial du Dâr al-Khilâfa, avec ses bâtiments et ses jardins sur quelque 125 hectares. Le site inscrit au patrimoine mondial en 2007 s’étend sur 41,5 kilomètres du nord au sud, pour une largeur de quatre à huit kilomètres, et sa zone centrale couvre 15 058 hectares, dont l’UNESCO indique que 80 % restent à fouiller.
Alastair Northedge y a repéré plus de six mille structures, dont moins d’une douzaine se conservent au-dessus du niveau des fondations. Voilà ce que devient une capitale abbasside quand personne ne construit dessus pendant onze siècles. Bagdad a survécu, et c’est pour cela qu’elle a disparu.
De la Bagdad de 800, il reste des objets portatifs. Un dirham d’argent frappé à l’atelier de Madînat al-Salâm en 804-805 (189 de l’hégire) est conservé à l’American Numismatic Society sous le numéro 2007,4.2, et l’atelier y est daté à l’année près, ce que la ville qui l’abritait n’est toujours pas. En 2022, dans le manuel dirigé par Jens Scheiner et Isabel Toral, Scheiner reprend les mesures transmises par al-Khatîb, six cents coudées entre la porte de Damas et celle de Bassora, huit cents entre celle du Khurâsân et celle de Kufa, et pose la question que les restitutions précédentes avaient contournée. La ville ronde était-elle ronde ? De Herzfeld à Lassner, on discutait ses dimensions ; le désaccord porte maintenant sur sa figure.
Pour aller plus loin
L’enquête touche à la Maison de la sagesse, dont le statut exact reste discuté entre bibliothèque de cour et atelier de traduction, et au sac de Bagdad par les Mongols en 1258, où les chiffres de victimes posent le même problème d’estimation que ceux de population. Elle croise aussi Samarra et son minaret hélicoïdal, et Raqqa, la résidence de Hârûn al-Rashîd sur l’Euphrate, dont les fouilles ont livré ce que Bagdad ne livrera pas.
Bagdad passe pour la plus grande ville de son temps, et souvent pour la première du monde à avoir atteint le million d’habitants. Un calife arabe l’a fait construire de toutes pièces au bord du Tigre, dans l’Irak actuel, en 762. Elle est restée le siège du pouvoir musulman jusqu’à l’arrivée des Mongols. On répète pourtant ces chiffres sur une base étrange. Rien de cette ville n’a jamais été retrouvé dans le sol.
Une capitale sans un mur debout
Les bâtisseurs de l’époque employaient la brique crue, une terre séchée au soleil qui se délite dès qu’on cesse de l’entretenir. La ville n’a jamais été abandonnée, et l’agglomération moderne s’est installée par-dessus. Les archéologues n’ont donc aucun terrain libre où creuser. Tout ce qu’on sait de l’enceinte du fondateur vient de descriptions écrites bien après, par des auteurs qui ne l’avaient pas vue neuve.
Ces auteurs ne s’accordent pas entre eux. Sur la largeur de l’enceinte, un historien plus tardif a rassemblé six témoignages anciens. Aucun ne donne la même mesure que le voisin. Tous comptent en coudées, une unité de longueur qui changeait de valeur selon les régions.
Une surface multipliée par une hypothèse
Jacob Lassner a fourni le chiffre que tout le monde reprend depuis. Il a reconstitué le plan de la ville d’après les textes, et en a déduit une surface bâtie de sept mille hectares. Cette surface, il l’a ensuite multipliée par une densité de population supposée. Il arrive à un plancher de deux cent quatre-vingt mille habitants, en avertissant lui-même que le total réel peut être très supérieur.
Le million, lui, vient d’ailleurs. Il sort d’un répertoire mondial des populations urbaines anciennes, dû à Tertius Chandler, qui a voulu chiffrer toutes les grandes villes de l’histoire. Sa méthode consistait à prendre un indice disponible, le nombre de bains publics par exemple, puis à le multiplier par un coefficient. Les classements de villes anciennes qu’on lit un peu partout en descendent presque tous.
Le procédé a été critiqué. On lui reproche des coefficients invérifiables, et une définition de la ville qui compte les faubourgs tout en supposant qu’ils ne pesaient rien avant l’époque des usines. Pour Bagdad, l’objection porte fort. On ignore justement si le bâti y était continu ou coupé de vergers et de terrains vagues.
La preuve vient des champs
L’appui le plus solide à l’idée d’une ville immense se trouve hors de Bagdad. On le tient dans les campagnes chargées de la nourrir, et celles-là ont été fouillées. Les plaines les plus proches ne produisaient pas plus qu’avant la fondation, plutôt un peu moins. Le grain venait donc de loin.
Des prospections menées le long de l’Euphrate et de ses affluents ont retrouvé les canaux creusés à cette période, et les villages alignés sur leurs berges. Ces villages apparaissent quand la capitale grossit, et se vident quand elle cesse d’acheter. Une agriculture entière a été montée pour un marché situé à plusieurs jours de bateau. Cela mesure une demande énorme. Cela ne compte pas les habitants.
Samarra, la ville jumelle qu’on peut arpenter
Les califes ont quitté Bagdad quelques décennies pour une autre capitale, Samarra, plus au nord sur le même fleuve. Personne ne s’y est réinstallé après leur retour. Les ruines couvrent aujourd’hui quarante et un kilomètres du nord au sud. L’organisme international qui protège le site estime que quatre-vingts pour cent en restent à fouiller.
Le contraste résume l’affaire. Samarra est morte, ce qui permet de la mesurer. Bagdad a continué de vivre, ce qui l’a effacée.
Jens Scheiner a repris récemment les mesures transmises par les auteurs anciens, et il a posé la question que personne n’osait poser. Cette enceinte que tout le monde appelle ronde était-elle ronde ?
La version complète donne le nom des auteurs qui se contredisent, le canal creusé sur des dizaines de kilomètres pour nourrir la ville, et le calcul exact par lequel on passe d’une surface à une population.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Al-Ya’qûbî, Kitâb al-buldân, description de Bagdad, rédigée vers 891 éd. Michael Jan de Goeje, Bibliotheca Geographorum Arabicorum VII, Leyde, 1892, texte à partir de la p. 230, mesures de l’enceinte p. 238
- Al-Tabarî, Ta’rîkh al-rusul wa-l-mulûk, éd. Michael Jan de Goeje et alii, Leyde, 1879-1901, III, p. 272-276 (justification du choix du site par al-Mansûr) et III, p. 649 (venue de Hârûn al-Rashîd depuis Raqqa « en bateaux » en 184 de l’hégire)
- Al-Khatîb al-Baghdâdî, Ta’rîkh Madînat al-Salâm, I, p. 378-383 six témoignages sur les dimensions de l’enceinte ronde, dont cinq mesures divergentes
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Sources primaires (suite)
- Dirham d’argent d’al-Rashîd, atelier de Madînat al-Salâm, 189 de l’hégire American Numismatic Society, New York, inv. 2007,4.2
- Ville archéologique de Samarra, gouvernorat de Salah al-Dîn, Irak, 41,5 km du nord au sud, zone centrale de 15 058 hectares UNESCO, Liste du patrimoine mondial, bien n° 276, inscrit en 2007
Bibliographie
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- Françoise Micheau, « Bagdad », dans Jean-Claude Garcin (dir.), Grandes villes méditerranéennes du monde musulman médiéval, Rome, 2000, p. 87-112, Publications de l’École française de Rome 269 École française de Rome
- Josephine van den Bent et Peter J. Brown, « Constructing Hydraulic Infrastructure in the ʿAbbāsid and Ṭūlūnid Capitals : Water Conduits in Baghdad, Samarra and Cairo between the Eighth and Ninth Centuries », Al-Masāq 37 (1), 2025, p. 126-145, DOI 10,1080/09503110,2024,2435086 Al-Masāq, Journal of the Medieval Mediterraneanhttps://doi.org/10.1080/09503110.2024.2435086
- Jens Scheiner, « Was Madīnat al-Salām a Round City ? », dans Jens Scheiner et Isabel Toral (dir.), Baghdād : From Its Beginnings to the 14th Century, Leyde, 2022, p. 102-107, Handbook of Oriental Studies I/166 Brill
- Alastair Northedge, The Historical Topography of Samarra, Londres, 2005, rééd. 2007, 375 p. British Institute for the Study of Iraq
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- Meredith Reba, Femke Reitsma et Karen C. Seto, « Spatializing 6 000 years of global urbanization from 3700 BC to AD 2000 », Scientific Data 3, 2016, article 160034, DOI 10,1038/sdata.2016,34 Scientific Datahttps://doi.org/10.1038/sdata.2016.34
- Robert McC. Adams, The Land behind Baghdad : A History of Settlement on the Diyala Plains, Chicago, 1965 University of Chicago Press
- Sophie Berthier et alii, Peuplement rural et aménagements hydroagricoles dans la moyenne vallée de l’Euphrate, fin VIIᵉ-XIXᵉ siècle, Damas, 2001, résultats et cartes repris dans Hugh Kennedy, Iraq 73, 2011, fig. 1-3
- Victor Cunrui Xiong, Sui-Tang Chang’an : A Study in the Urban History of Medieval China, Ann Arbor, 2000, 370 p., Michigan Monographs in Chinese Studies 85 Center for Chinese Studies, University of Michigan
Sources en ligne
- « The founding of Baghdad » Smarthistoryhttps://smarthistory.org/baghdad/
- « BAGHDAD i. The Iranian Connection : Before the Mongol Invasion » Encyclopaedia Iranicahttps://www.iranicaonline.org/articles/baghdad/baghdad-iranian-connection-i-pr-mongol/
- « Samarra Archaeological City » UNESCO, Centre du patrimoine mondialhttps://whc.unesco.org/en/list/276/
- « Silver Dirham of al-Rashid, Madinat al-Salam, 189 H. 2007,4.2 » American Numismatic Societyhttp://numismatics.org/collection/2007.4.2
- « Spatializing 6 000 years of global urbanization from 3700 BC to AD 2000 » Scientific Data, Naturehttps://www.nature.com/articles/sdata201634
- « Estimating City Populations » Institute for Research on World-Systems, University of California, Riversidehttps://irows.ucr.edu/research/citemp/estcit/estcit.htm
- « Images of Round Baghdad : An Analysis of Reconstructions by Architectural Historians », Iraq 78, 2016, p. 137-157 Cambridge Core, British Institute for the Study of Iraqhttps://www.cambridge.org/core/journals/iraq/article/abs/images-of-round-baghdad-an-analysis-of-reconstructions-by-architectural-historians/8BD21CCA3B37DB2906D47749F0C0A99F
- « Ernst Emil Herzfeld (1879–1948) in Samarra » The Metropolitan Museum of Art, Heilbrunn Timeline of Art Historyhttps://www.metmuseum.org/toah/hd/herz/hd_herz.htm
- « Sui-Tang Chang’an (A.D. 582-904) » Open Research Repository, Australian National Universityhttps://openresearch-repository.anu.edu.au/items/5f37976b-3855-461d-a83f-f6908a991c67

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