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Abul-Abbas, l’éléphant offert par Hârûn al-Rashîd à Charlemagne

Monde islamiqueRoyaumes barbares & Carolingiens8 novembre 2026◈ 41 sources vérifiées
Siren-Com / Wikimedia Commons
12 min de lecture41 sources vérifiées
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Le plus précieux témoin de l’affaire écrit pour corriger un livre. Dicuil, moine irlandais, achève en 825 un traité de géographie, le Liber de mensura orbis terrae, dont les derniers vers donnent la date, et il y recopie de longs passages de Solin, compilateur antique qu’il lit sans complaisance. Au livre VII, il s’arrête sur une phrase consacrée aux bêtes de Germanie, selon laquelle l’éléphant ne se couche jamais. Faux, répond-il, car l’éléphant se couche comme un bœuf, ainsi que les peuples du royaume des Francs l’ont tous vu au temps de l’empereur Charles. Il trouve même une excuse à son devancier, qu’aurait trompé le fait que les genoux et les jarrets de la bête ne se voient bien que lorsqu’elle est couchée.

Cet éléphant avait un nom, Abul Abaz, que les annales royales franques donnent à l’année 802 et que l’usage moderne écrit Abul-Abbas. Éginhard et Notker de Saint-Gall en ont parlé après elles. Les chroniqueurs de Bagdad, eux, n’en ont jamais rien dit.

« Isaac Iudeus de Africa cum elefanto »

En juin 801, Charles remonte vers le nord de l’Italie, six mois après son couronnement impérial à Rome. À Pavie, d’après les annales, on lui annonce que des envoyés d’« Aaron Amir al Mumminin, roi des Perses », sont entrés au port de Pise. Les Francs ont pris le titre de commandeur des croyants, amîr al-muʾminîn, pour un nom propre, méprise que Sam Ottewill-Soulsby retrouve dans toutes leurs mentions des ambassades abbassides. Charles fait venir les deux hommes entre Verceil et Ivrée. Le premier est un Persan d’Orient, légat de Hârûn al-Rashîd. Le second, un Sarrasin d’Afrique, représente l’émir Abraham, c’est-à-dire Ibrâhîm ibn al-Aghlab, qui commandait selon l’annaliste « aux confins de l’Afrique, au Fossatum », où Friedrich Kurze, l’éditeur des annales, reconnaît al-ʿAbbâsiyya, près de Kairouan. Ils annoncent le retour d’Isaac le Juif, que l’empereur avait envoyé au roi des Perses quatre ans plus tôt avec Lantfrid et Sigimund. Les deux autres étaient morts. Isaac revient chargé de grands présents.

Charles dépêche aussitôt en Ligurie son notaire Ercanbald, avec ordre de préparer une flotte capable de transporter l’éléphant et le reste du chargement, puis il franchit les Alpes après avoir fêté la Saint-Jean à Ivrée. En octobre, écrit l’annaliste, Isaac le Juif revint d’Afrique avec l’éléphant et entra à Porto Venere. La neige fermait les cols, et il hiverna à Verceil. Le 20 juillet 802, treizième jour avant les calendes d’août, il remet à Aix l’éléphant et les autres présents du roi des Perses. Mieux vaut rendre ici de Africa par Ifrîqiya que par Afrique, parce que l’annaliste emploie le même mot, quelques lignes plus haut, pour la province de l’émir Abraham, et qu’il désigne un passage par Kairouan plus qu’une patrie de l’animal.

Le trajet entre Bagdad et la côte d’Ifrîqiya échappe entièrement aux sources. Les annales datent un départ, en 797, et un débarquement, en octobre 801, sans dire combien de temps Isaac est resté auprès du calife ni par où il est passé, si bien que les itinéraires dessinés sur les cartes modernes, par l’Égypte ou par Jérusalem, restent des hypothèses.

Un éléphant d’Inde débarqué d’Afrique

Éginhard, qui écrit après la mort de l’empereur, en 814, raconte la chose autrement. Au chapitre 16 de la Vie de Charlemagne, Hârûn, maître de presque tout l’Orient à l’exception de l’Inde, aurait préféré l’amitié de Charles à celle de tous les rois de la terre, et lui aurait envoyé, à sa demande, « celui qu’il avait alors seul », eum quem tunc solum habebat, l’éléphant. Le détail de la demande fait de l’animal une commande, et Giuseppe Albertoni a consacré en 2020 un livre entier à ce désir d’empereur, en suivant ce qu’un éléphant signifiait pour les clercs, bête qui adore les rois, figure du Christ et du pénitent. Ottewill-Soulsby juge le portrait d’un calife ébloui presque comique, mais il prend la rareté au sérieux. Les éléphants accessibles à Hârûn étaient selon toute vraisemblance moins de dix. Son fils al-Muʿtasim n’en avait qu’un, cadeau d’un roi indien, sur lequel il fit promener un rebelle capturé en 838, et les ambassadeurs byzantins reçus à Bagdad en 917 passèrent devant cent lions, deux girafes et quatre éléphants.

Aucune source franque ne dit de quelle espèce il était. Ottewill-Soulsby penche pour l’Inde, en s’appuyant sur al-Masʿûdî, géographe mort en 957, pour qui seuls les éléphants indiens se laissaient dresser, et son livre de 2023 montre un calife obligé d’obtenir l’animal de souverains indiens peu pressés de s’en défaire. L’hypothèse africaine a pour elle le texte même des annales, l’escale de Kairouan et une tradition savante que Dicuil connaissait, puisqu’il rapporte d’après Solin qu’il y avait eu des éléphants en Maurétanie, plus petits que ceux de l’Inde. Le même al-Masʿûdî décrit d’ailleurs un commerce intense d’ivoire africain vers l’Inde et la Chine, par l’Oman.

On ne sait pas trancher. La lettrine à l’éléphant que la Bibliothèque nationale de France signale au feuillet 9 verso du manuscrit latin 2195, un commentaire de Cassiodore sur les psaumes copié à Saint-Denis au début du IXᵉ siècle, n’y aide guère, puisque rien n’y désigne son modèle. Le nom pose une autre énigme. Abû l-ʿAbbâs était celui du premier calife abbasside, al-Saffâh, mort en 754, et l’on ignore qui l’a donné à l’animal, à Bagdad ou en route.

Les échanges, eux, ont continué. En 807, un envoyé du roi des Perses nommé Abdella arrive à Aix avec deux moines de Jérusalem, Georges, abbé du mont des Oliviers, et Félix, et les annales détaillent les présents : un pavillon, des tentes, des soieries, des parfums, des onguents, du baume, deux grands candélabres de laiton et surtout une horloge hydraulique, de laiton elle aussi, dont douze boules marquaient les heures en tombant sur une cymbale, tandis que douze cavaliers sortaient par douze fenêtres. La même année, Charles écrit à l’archevêque Arn de Salzbourg pour lui demander de l’or et des étoffes à expédier au calife.

Lippeham

L’année 810 commence mal pour Charles. Sa fille aînée, Rotrude, meurt au début de juin. Il est encore à Aix, à préparer une campagne contre Godfred, roi des Danois, quand on lui annonce que deux cents navires venus de Nordmannie ont ravagé toutes les îles de la côte frisonne, que l’armée danoise a débarqué, livré trois batailles aux Frisons et levé sur eux un tribut de cent livres d’argent. L’empereur quitte aussitôt le palais. Il rejoint la flotte, franchit le Rhin à l’endroit qu’on appelle Lippeham et y attend les contingents qui ne sont pas encore arrivés. C’est là, écrivent les annales, que l’éléphant que lui avait envoyé Aaron, roi des Sarrasins, mourut de mort subite, subita morte periit. Entre-temps, le donateur a changé de titre. En 801 et en 802, Hârûn était le roi des Perses, en 810 il est devenu le roi des Sarrasins, et l’annaliste ne signale pas qu’il était mort depuis 809. L’armée gagne ensuite le confluent de l’Aller et de la Weser, où Charles apprend que Godfred a été assassiné par un homme de sa suite, que la flotte danoise est rentrée, que les Wilzes ont pris le fortin de Hohbuoki sur l’Elbe et que son fils Pépin, roi d’Italie, est mort le 8 juillet, tandis que deux ambassades approchent pour faire la paix, l’une de Constantinople, l’autre de Cordoue.

Pendant la même campagne, une épizootie frappe les bœufs avec une telle violence que l’armée, disent les annales, faillit n’en garder aucun, et la mortalité gagne toutes les provinces de l’empire. Agobard, futur archevêque de Lyon, a rapporté plus tard la rumeur qui courut alors. Grimoald, duc de Bénévent et ennemi de l’empereur, aurait envoyé des hommes répandre une poudre sur les champs, les montagnes, les prés et les sources. Beaucoup furent arrêtés ; certains furent mis à mort, d’autres attachés à des planches et jetés dans les rivières, et plusieurs avouèrent. Agobard se demandait pourquoi cette poudre aurait tué les bœufs et eux seuls, et comment on l’aurait répandue sur des provinces entières, quand bien même tous les Bénéventins, hommes et femmes, vieillards et jeunes gens, seraient sortis de chez eux avec chacun trois chariots chargés.

Les annales ne rapprochent pas la mort de l’éléphant de celle des bœufs, et elles ne lui donnent aucune cause. Elles se taisent aussi sur les huit années qui séparent son arrivée de sa mort, si bien que l’on ignore où il vivait, qui le soignait et s’il suivait déjà l’armée, et les récits modernes qui lui prêtent une pneumonie, un bain glacé dans le Rhin ou une retraite à Augsbourg ne reposent sur aucun texte carolingien. Lippeham lui-même n’est pas localisé avec certitude. Le nom évoque la Lippe, qui se jette dans le Rhin à Wesel. En 1746, deux érudits allemands, Jodocus Hermann Nünning et Johann Heinrich Cohausen, publiaient à Francfort une lettre sur un fémur d’éléphant, dans un recueil que son bibliographe moderne range parmi les études d’os fossiles, mammouths compris.

Le Sépulcre, l’échiquier et l’éléphant blanc

Le chapitre 16 d’Éginhard contient une autre phrase, plus lourde de conséquences. Quand les envoyés de Charles arrivèrent auprès de Hârûn avec des offrandes pour le tombeau du Christ, le calife aurait accordé ce qu’on lui demandait et concédé en outre que ce lieu sacré fût inscrit au pouvoir de l’empereur, ut illius potestati adscriberetur.

Les annales offrent un fondement plus modeste. Le 23 décembre 800, à Rome, le prêtre Zacharie revient de Jérusalem avec deux moines, l’un du mont des Oliviers, l’autre de Saint-Sabas, qui apportent de la part du patriarche les clefs du Sépulcre et du Calvaire, celles de la ville et de la montagne, et un étendard. Notker de Saint-Gall, qui écrit dans les années 880 pour Charles le Gros, va beaucoup plus loin. Au livre II des Gesta Karoli, Hârûn, impressionné par des chiens francs qui ont terrassé un lion, déclare qu’il donne à Charles la terre promise à Abraham et qu’il la gouvernera en son nom, et Notker ajoute qu’au temps de Louis le Germanique chaque arpent payait un denier pour racheter les captifs de Terre sainte, au nom de cette ancienne domination.

Onze siècles plus tard, la formule sert une politique. L’article « Protectorate of missions » de la Catholic Encyclopedia, au début du XXᵉ siècle, fait remonter à Charlemagne la protection des missions catholiques d’Orient, longtemps privilège de la France, puisqu’il aurait obtenu de Hârûn une sorte de part dans sa souveraineté sur les Lieux saints de Jérusalem. Alexander Vasiliev, dans son Histoire de l’Empire byzantin, décrivait des historiens partagés entre ceux qui admettaient un protectorat franc en Palestine et ceux qui y voyaient un mythe comparable à la légende de la croisade de Charlemagne. Le camp du protectorat ne manquait pas d’arguments, entre les clefs de 800, l’étendard et les aumônes que Charles envoyait, selon Éginhard au chapitre 27, aux chrétiens de Jérusalem, d’Alexandrie et de Carthage. Il lui manque l’essentiel, une concession venue de Bagdad, que seuls deux auteurs francs mentionnent, l’un après 814, l’autre dans un recueil d’anecdotes.

L’échiquier procède d’une autre confusion. La statuette d’ivoire de 15,5 centimètres que le département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France conserve sous le numéro d’inventaire 55 311 figure un roi assis sur le dos d’un éléphant, entouré de huit fantassins, le nombre des pions d’un camp. Sous la base, une inscription arabe en écriture coufique, que la notice lit min ʿamal Yûsuf al-Bâhilî, « de l’œuvre de Yûsuf al-Bâhilî », a été datée du IXᵉ siècle, et l’objet a probablement été sculpté en Inde ou au Sind. L’inventaire du trésor de Saint-Denis de 1505 cite déjà « l’éléphant d’ivoire taillé à plusieurs personnages », que l’on tint dès le XVIᵉ siècle pour un don de Charlemagne. Selon la notice, l’inscription arabe a fait imaginer un cadeau de Hârûn, peut-être par confusion avec l’animal de 802.

La couleur, enfin, ne figure dans aucune des sources carolingiennes. Pourtant l’animal est devenu blanc. Le catalogue de l’exposition d’Aix-la-Chapelle de 2003 s’intitule Ex oriente. Isaak und der weiße Elefant, et le blog de Gallica affirmait encore en 2022 que l’éléphant de Charlemagne était albinos, en invoquant le prestige des éléphants blancs, réservés en Asie aux rois et aux princes. Les sources consultées ne permettent pas de dater la première apparition de cette blancheur. Quant aux éléphants qui ornent la soie byzantine dans laquelle reposent les os de l’empereur, dans la châsse d’Aix, depuis 1215 et de nouveau depuis la conservation achevée en 1988, ils ont été tissés au Xᵉ siècle, bien après la mort d’Abul Abaz.

Bagdad se tait

Ce silence de Bagdad a longtemps pesé sur tout le reste. La documentation est entièrement franque, et la plus ancienne mention arabe de l’éléphant, relève Ottewill-Soulsby, se lit dans un livre publié au Caire en 1888 par Jamîl Nakhlî Mudawwar, reflet de l’influence européenne dans l’Égypte du XIXᵉ siècle. Le Français Pouqueville en tira en 1833 la conclusion qu’Isaac avait trompé son maître, qu’il n’avait jamais atteint le calife et qu’il s’était procuré un éléphant ailleurs, et Ottewill-Soulsby rappelle que le même Pouqueville, dans ses notes de voyage en Grèce, parlait des Juifs comme d’une race sale. Le doute revint en 1912 chez un orientaliste russe, puis chez Walther Björkman en 1965.

Il n’a pas tenu.

Les annales ont été rédigées à moins de dix ans des faits par des hommes proches du palais, l’éléphant a vécu huit ans à la cour et Dicuil en témoigne en 825. Surtout, le silence arabe s’explique par les habitudes des chroniqueurs. L’histoire universelle d’al-Tabarî, au Xᵉ siècle, ne note guère que les relations avec Byzance et fait si peu de place à l’Ifrîqiya et à al-Andalus que l’absence des Francs n’a rien de surprenant ; les rapports des Abbassides avec la Chine ne sont connus que par les sources chinoises. En 2019, Ottewill-Soulsby a trouvé mieux qu’une explication. Deux versions arabes d’une prophétie attribuée à la sibylle Tiburtine, composées par des chrétiens de Syrie après la mort de Hârûn, la version III entre 811 et 813, du vivant de Charlemagne, désignent le calife à leurs lecteurs par une énigme : un roi qui régnera vingt-trois ans sans achever la vingt-quatrième année, et vers qui viendront des cadeaux des îles de la mer et des pays d’al-ifranjiyya, que l’on peut identifier aux Francs.

Pourquoi Hârûn a-t-il répondu à un roi chrétien lointain qui lui demandait un éléphant ? Francis Buckler, en 1931, y voyait une alliance. Francs et Abbassides avaient les mêmes ennemis, l’empereur de Constantinople et l’émir omeyyade de Cordoue, et l’argument garde du poids, car les deux rivalités restent vives pendant toute la période, comme le rappellent les ambassades byzantine et cordouane de 810, et Philippe Sénac a montré la place que tenaient dans la diplomatie franque les musulmans d’al-Andalus, rebelles de la vallée de l’Èbre ou émirs de Cordoue. Ottewill-Soulsby lit dans ces échanges une diplomatie de prestige, utile au calife chez lui. La seconde ambassade franque parvint à Bagdad sans doute au début de 803, au moment où Hârûn venait d’arrêter sa succession et de faire tomber les Barmakides, deux décisions très contestées, et la réception d’envoyés venus de si loin montrait une puissance que l’on discutait. La prophétie des chrétiens de Syrie accorde au règne de Hârûn cinq phrases, et l’une d’elles parle des présents venus des îles et du pays des Francs.

Pour aller plus loin

Le couronnement de Noël 800, que la notice sur le sacre de Charlemagne examine, précède de six mois l’annonce de Pavie, et l’article sur Aix-la-Chapelle décrit le palais où l’éléphant fut remis. Les Aghlabides de Kairouan, dont l’émir envoya en 801 un légat à Charles, sont au cœur de la notice sur la conquête arabe de la Sicile.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Annales regni Francorum : a. 800 (retour de Zacharie avec deux moines, clefs du Sépulcre, du Calvaire, de la ville et de la montagne, étendard), p. 112 ; a. 801 (envoyés d’« Aaron Amir al Mumminin regis Persarum » au port de Pise, réception entre Verceil et Ivrée, « legatus amirati Abraham, qui in confinio Africae in Fossato praesidebat », Isaac envoyé « ante quadriennium » avec Lantfrid et Sigimund, tous deux morts, mission d’Ercanbald en Ligurie, « Isaac Iudeus de Africa cum elefanto regressus Portum Veneris intravit », hivernage à Verceil), p. 114 et 116 ; a. 802 (« XIII. Kal. Aug. », remise à Aix, « nomen elefanti erat Abul Abaz »), p. 117 ; a. 807 (Abdella, moines Georges et Félix, pavillon, tentes, soieries, parfums, onguents, baume, horloge de laiton à douze boules et douze cavaliers, deux candélabres), p. 123-124 ; a. 810 (Rotrude, « VII. Idus Iun. », flotte de deux cents navires, tribut de cent livres, passage du Rhin à Lippeham, « elefans ille, quem ei Aaron rex Sarracenorum miserat, subita morte periit », Aller et Weser, mort de Godfred et de Pépin, ambassades de Constantinople et de Cordoue, épizootie), p. 131-132 éd. Friedrich Kurze, MGH Scriptores rerum Germanicarum 6, Hanovre, Hahn, 1895 ; note de l’éditeur identifiant le Fossatum à al-ʿAbbâsiyya près de Kairouan, p. 116, n. 2 ; trad. angl. de l’année 810 par P. D. King, Charlemagne : Translated Sources, Kendal, 1987
  2. Éginhard, Vita Karoli Magni, c. 16 (Aaron « rex Persarum, qui excepta India totum poene tenebat orientem », concession « ut illius potestati adscriberetur », « eum, quem tunc solum habebat, roganti mitteret elefantum ») et c. 27 (aumônes envoyées à Jérusalem, Alexandrie et Carthage), éd. Oswald Holder-Egger, MGH Scriptores rerum Germanicarum 25, Hanovre et Leipzig, 1911, texte latin consulté sur The Latin Library
  3. Notker de Saint-Gall, Gesta Karoli Magni imperatoris, II, 8-9 (envoyés perses, éléphant, singes et baume ; chiens francs et lion ; terre promise donnée à Charles ; denier par arpent sous Louis le Germanique), composés pour Charles le Gros, trad. angl. A. J. Grant, 1922
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Sources primaires (suite)

  1. Dicuil, Liber de mensura orbis terrae, VII, 7, 1 (éléphants de Maurétanie plus petits que ceux de l’Inde, d’après Solin) et VII, 7, 3 (« dum ille sicut bos certissime iacet ; et, ut populi communiter regni Francorum elephantem, in tempore imperatoris Karoli, viderunt » ; genoux et jarrets visibles seulement quand la bête est couchée) ; vers finaux datant l’achèvement de 825 éd. Charles-Athanase Walckenaer, Paris, Firmin Didot, 1807, d’après LacusCurtius ; éd. James J. Tierney, Dublin, 1967, p. 82-83, d’après Ottewill-Soulsby 2019
  2. Solin, Collectanea rerum memorabilium, passages sur les bêtes de Germanie (l’éléphant qui ne se couche pas) et sur les éléphants de Maurétanie, cités par Dicuil, VII, 4 et VII, 7
  3. Sibylle Tiburtine arabe, versions III et IV (règne de vingt-trois ans « sans achever la vingt-quatrième année », cadeaux « des îles de la mer et des pays d’al-ifranjiyya »), version III datée de 811-813, éd. J. Schleifer, Denkschriften der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, phil.-hist. Kl., 53, 1910, p. 33, et R. Y. Ebied et M. J. L. Young, Orientalia Christiana Periodica 43, 1977, p. 296-297, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019
  4. Charlemagne, lettre à l’archevêque Arn de Salzbourg, 807 (beauté de la tente reçue du calife, demande d’or et d’étoffes à expédier), Formulae Salzburgenses, n° 62, éd. Karl Zeumer, MGH Formulae Merowingici et Karolini aevi, Hanovre, 1886, p. 453-454, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019
  5. al-Masʿûdî, Murûj al-dhahab (Les Prairies d’or), II, 327 (seuls les éléphants de l’Inde se laissent dresser), trad. C. Barbier de Meynard et A. Pavet de Courteille, rév. Paris, 1965, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019 ; t. III, chap. XXIII (commerce de l’ivoire africain vers l’Inde et la Chine par l’Oman), cité d’après le blog Gallica 2022
  6. al-Tabarî, Taʾrîkh al-rusul wa-l-mulûk, vol. 30, The ʿAbbâsid Caliphate in Equilibrium, trad. C. E. Bosworth, Albany, 1989, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019 pour l’absence des Francs et la place de Byzance
  7. Agobard de Lyon, De grandine et tonitruis, c. 16 (rumeur de la poudre répandue par les hommes de Grimoald de Bénévent, arrestations, noyades sur des planches, aveux, objection des « ternis carris pulvere carricatis »), éd. Papire Masson, Paris, 1605, p. 156 sq., texte cité par Kurze 1895, p. 132, n. 2
  8. Cassiodore, Expositio psalmorum, Saint-Denis, début du IXᵉ siècle, f. 9v, lettrine avec un éléphant Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Latin 2195, d’après le blog Gallica 2022
  9. Pièce d’échecs dite « Éléphant de Charlemagne », roi sur un éléphant entouré de huit fantassins, ivoire d’éléphant, H. 15,5 cm, D. 8,9 cm, Inde ou Sind, IXᵉ siècle, inscription coufique sous la base « min ʿamal Yûsuf al-Bâhilî », provenant du trésor de Saint-Denis Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, médailles et antiques, Inv. 55 311 (Chabouillet 3271)
  10. Inventaire du trésor de l’abbaye de Saint-Denis, 1505 (« l’éléphant d’ivoire taillé à plusieurs personnages »), cité d’après la notice de la BnF et le blog Gallica 2022
  11. « Elefantenstoff », soie byzantine à décor d’arbres de vie et d’éléphants, Xᵉ siècle, déposée avec les ossements de Charlemagne dans la châsse en 1215 et replacée en 1988 Aix-la-Chapelle, cathédrale, Karlsschrein, d’après Aachener Kunstblätter (catalogue du Domschatz, cat. n° 30) et Kunstchronik (Sources en ligne)
  12. Jodocus Hermann Nünning et Johann Heinrich Cohausen, Commercii litterarii dissertationes epistolicae historico-physico-curiosae… de glossopetris, lapidibus cordiformibus, cornu bisontis petrefacto, cornu Ammonis et osse femoris elephantini, Francfort-sur-le-Main, J. B. Andreae et H. Hort, 1746, d’après la notice de Curtis Schuh (Sources en ligne)

Bibliographie

  1. Sam Ottewill-Soulsby, The Emperor and the Elephant : Christians and Muslims in the Age of Charlemagne, Princeton et Oxford, 2023, XV-363 p., DOI 10,1515/9780691229386 Princeton University Presshttps://doi.org/10.1515/9780691229386
  2. Samuel Ottewill-Soulsby, « ʿAbbāsid-Carolingian Diplomacy in Early Medieval Arabic Apocalypse », Millennium 16, 2019, DOI 10,1515/mill-2019-0011 De Gruyterhttps://doi.org/10.1515/mill-2019-0011
  3. Francis W. Buckler, Harunu’l-Rashid and Charles the Great, Cambridge (Mass.), 1931, appendice 1, p. 43-47, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019 et la recension de Carine van Rhijn (Sources en ligne)
  4. F. C. H. L. Pouqueville, « Mémoire historique et diplomatique sur le commerce et les établissemens français au Levant », Mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres 10, 1833, p. 529, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019 Académie des inscriptions et belles-lettres
  5. Walther Björkman, « Karl und der Islam », dans Wolfgang Braunfels (dir.), Karl der Grosse. Lebenswerk und Nachleben, I, Düsseldorf, 1965, p. 672-682, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019 Schwann
  6. Jamîl Nakhlî Mudawwar, Hadârat al-Islâm fî Dâr al-Salâm, Le Caire, 1888, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019, qui renvoie à E. Köcher, Untersuchungen zu Ğamīl al-Mudauwars Hadārat al-Islām fī Dār as-Salām, Berlin, 1958, p. 57-60
  7. Philippe Sénac, Charlemagne et Mahomet. En Espagne (VIIIᵉ-IXᵉ siècles), Paris, 2015, 437 p., Folio Histoire 241, ISBN 978-2-07-035794-9 Gallimard
  8. Giuseppe Albertoni, L’elefante di Carlo Magno, Bologne, 2020, ISBN 978-88-15-28744-1 Il Mulino
  9. Wolfgang Dreßen (dir.), Ex oriente. Isaak und der weiße Elefant. Bagdad, Jerusalem, Aachen. Eine Reise durch drei Kulturen um 800 und heute, 3 vol., Mayence, 2003, catalogue d’exposition, Aix-la-Chapelle, cité d’après Ottewill-Soulsby 2019

Sources en ligne

  1. « Annales regni Francorum inde ab a. 741 usque ad a. 829 », éd. Friedrich Kurze, 1895, exemplaire numérisé de l’université de Toronto Internet Archivehttps://archive.org/download/annalesregnifran00anna/annalesregnifran00anna.pdf
  2. « The years 808 to 810 from the Annals of the Kingdom of the Franks », trad. P. D. King De Re Militarihttps://deremilitari.org/RESOURCES/SOURCES/charlemagne3.htm
  3. « Einhard : Life of Charlemagne », texte latin (c. 16, 27) The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/ein.html
  4. « The Monk of Saint Gall : The Life of Charlemagne, 883/4 », trad. A. J. Grant (II, 8-9) Internet Medieval Sourcebook, Fordham Universityhttps://sourcebooks.web.fordham.edu/basis/stgall-charlemagne.asp
  5. « Dicuil : de Mensura Orbis Terrae », texte latin (VII, 4 et VII, 7) LacusCurtius, University of Chicagohttp://penelope.uchicago.edu/Thayer/E/Roman/Texts/Dicuil/De_mensura_orbis_terrae/text*.html
  6. « ʿAbbāsid-Carolingian Diplomacy in Early Medieval Arabic Apocalypse », Samuel Ottewill-Soulsby, version acceptée, PDF CORE, dépôt Apollo de l’université de Cambridgehttps://core.ac.uk/download/210584227.pdf
  7. « ’The Emperor and the Elephant’ by Sam Ottewill-Soulsby review », Carine van Rhijn History Todayhttps://www.historytoday.com/archive/review/emperor-and-elephant-sam-ottewill-soulsby
  8. « L’éléphant de Charlemagne », 9 septembre 2022 Le blog Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/blog/09092022/lelephant-de-charlemagne
  9. « Oeuvre : Précisions - pièce d’échecs, « Eléphant » (Inv.55 311) » Bibliothèque nationale de France, catalogue des Monnaies, médailles et antiqueshttps://medaillesetantiques.bnf.fr/ws/catalogue/app/collection/record/ark:/12148/c33gbd18g
  10. « Protectorate of missions » Catholic Encyclopedia, Catholic Answershttps://www.catholic.com/encyclopedia/protectorate-of-missions
  11. « Vasilief, A History of the Byzantine Empire. The First Crusade and Byzantium », p. 3 Elpenorhttps://www.ellopos.net/elpenor/vasilief/first-crusade.asp?pg=3
  12. « Die Konservierung des Aachener Karlsschreins ist abgeschlossen » (ossements recouverts en 1988, comme en 1215, du Elefantenstoff et du Hasenstoff) Kunstchronik, Heidelberg University Libraryhttps://journals.ub.uni-heidelberg.de/index.php/kchronik/article/view/96981/91698
  13. Liste des planches, « Elefantenstoff aus dem Schrein Karls des Großen, Byzanz, 10. Jahrhundert, Kat.Nr. 30 » Aachener Kunstblätter, Heidelberg University Libraryhttps://journals.ub.uni-heidelberg.de/index.php/akb/article/download/34924/28599
  14. « Schuh’s Annotated Bio-Bibliography : Nunning, Jost Hermann » The Mineralogical Recordhttps://mineralogicalrecord.com/?p=13848
  15. « 280 Lippe » (cours de la Lippe et embouchure dans le Rhin à Wesel) Westfalen Regional, Landschaftsverband Westfalen-Lippehttps://www.lwl.org/westfalen-regional-download/PDF/280_Lippe.pdf
  16. « Charlemagne’s Elephant. The Desire of an Emperor », Giuseppe Albertoni, présentation et table des matières Il Mulinohttps://mulino.it/isbn/9788815287441
  17. « Charlemagne et Mahomet », notice et quatrième de couverture Bibliothèques numériques de la Défense, Service historique de la Défensehttps://bibliotheques-numeriques.defense.gouv.fr/shd/impression/document/c30acc1b-bc36-42fa-becd-67eaaff6a75b
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