L’Histoire secrète des Mongols sait dans quelle main Temüdjin, le futur Gengis Khan, est venu au monde. La droite, refermée sur un caillot de sang de la taille d’un osselet, précise le paragraphe 59 d’un texte qui en compte 282. On y apprend aussi d’où vient son nom, emprunté à un chef tatar que son père Yisügei ramenait captif, Temüdjin Üge. L’année de naissance, en revanche, n’y figure nulle part. Il faut attendre le paragraphe 141 pour rencontrer une première date explicite, et elle correspond à 1201, quand l’enfant au caillot est depuis longtemps sorti de l’enfance.
Né en 1155, en 1162 ou en 1167
Sans date dans la source mongole, les historiens choisissent entre trois millésimes. La date haute, 1155, s’appuie sur des auteurs persans et chinois des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles. Celle de 1162 découle du Yuanshi, l’histoire officielle des Yuan compilée à partir de 1369, qui lui donne soixante-six ans à sa mort ; Igor de Rachewiltz, traducteur de la chronique, la juge probable, et le Musée national du Palais de Taipei l’adopte. La troisième, 1167, repose sur un texte mineur d’époque Yuan, et David Morgan la préférait dans l’Encyclopaedia Iranica. Paul Ratchnevsky doute que Temüdjin ait lui-même connu son année de naissance.
Contre la date haute pèse le reste de la chronologie, puisqu’elle ferait de lui, en 1227, un chef de campagne septuagénaire. Sur la steppe, parler de « Moyen Âge » reste d’ailleurs une étiquette d’importation ; l’Histoire secrète compte en années d’un cycle de douze animaux, sans ère ni numéro, et l’année du Cochon revient en 1155 comme en 1167.
Pour une première lecture de la source, la traduction française de Marie-Dominique Even et Rodica Pop, parue chez Gallimard en 1994, est préférable à l’édition savante d’Igor de Rachewiltz, parce qu’elle tient en un volume là où l’autre en compte trois et plus de 1 700 pages, et qu’elle annote un texte qui aligne plus d’un millier de noms propres.
Une chronique recopiée pour former des interprètes
Le colophon du paragraphe 282 date l’achèvement du texte de l’année du Rat, au mois du Chevreuil, pendant une grande assemblée tenue à Dolo’an Boldaq, sur le Kerülen. Le Rat revient tous les douze ans, et chaque retour a ses partisans. Igor de Rachewiltz retient 1228, avec une lecture publique devant l’assemblée qui se réunit l’année suivante pour élire Ögödei ; David Morgan hésitait entre 1228 et 1240 ; Christopher Atwood a plaidé en 2007, dans le Journal of Song-Yuan Studies, pour 1252 et une commande du grand khan Möngke, ce qui ferait de la chronique un texte de parti, écrit un quart de siècle après les faits. L’original de l’année du Rat, en écriture ouïgoure, est perdu. Sous Kubilaï, des éditeurs avaient déjà retouché la chronique ; vers 1266, ils ont remplacé le titre de qan par celui de qa’an après chaque mention de Gengis, sauf une fois, au paragraphe 255, par inadvertance. Après la chute des Yuan en 1368, les lettrés du collège impérial retrouvent des copies dans les archives de l’ancienne bibliothèque, les écartent de la rédaction du Yuanshi et en tirent un manuel de langue, une transcription phonétique du mongol en caractères chinois, glosée mot à mot, pour les interprètes de la frontière du nord-est. L’édition imprimée vers 1403-1405 occupait quelque 610 feuillets gravés sur bois, chaque demi-feuillet portant une surface imprimée de 24 centimètres sur 18, et il en subsiste 41.
Le qualificatif de « secret », note Marie-Dominique Even, traduit le regard des exclus, Mongols étrangers à la lignée impériale et peuples conquis. La chronique ne flatte pas toujours son héros. Elle raconte que Temüdjin et son frère Qasar tuent à coups de flèches leur demi-frère Bekter pour une vandoise disputée, épisode où David Morgan voit le signe qu’on n’a pas affaire à un panégyrique complaisant. Igor de Rachewiltz prévient que démêler l’histoire de la fiction, dans ce mélange de prose et de vers allitérés, se révèle souvent impossible.
Temüdjin s’échappe par le courant de l’Onon
La chronique enchaîne les épreuves. Yisügei fiance son fils de neuf ans à Börte, une Onggirat de dix ans, puis meurt au retour après un repas partagé avec des Tatars qui l’ont reconnu ; le texte parle de poison, et son traducteur signale que le mot peut aussi désigner une blessure grave. Les Tayichi’ut, parents éloignés, lèvent le camp en abandonnant la veuve Hö’elün et ses enfants, qui vivent de racines déterrées avec un bâton d’épicéa taillé en pointe, d’ail et d’oignon sauvages, de petits poissons pris avec une aiguille recourbée en hameçon (paragraphes 66 à 75).
Capturé par les Tayichi’ut, Temüdjin passe une nuit dans chaque campement familial, une cangue au cou, cette lourde planche de bois qu’on passe aux prisonniers. Un soir de pleine lune et de fête sur l’Onon, il assomme le jeune homme chargé de le garder et s’allonge dans le courant, la cangue flottant sur l’eau, le visage seul hors de l’eau. Sorqan Shira, du clan Suldus, le voit et se tait ; ses fils brûlent la cangue et cachent le fugitif dans une charrette de laine, que les poursuivants commencent à vider quand le père invoque la chaleur (paragraphes 79 à 87).
Les Merkit enlèvent ensuite Börte, devenue son épouse, pour venger le rapt de Hö’elün, que Yisügei avait arrachée à un Merkit le jour où celui-ci la ramenait chez lui (paragraphes 54 à 56 et 98 à 102). Pour la reprendre, Temüdjin sollicite Toghril, khan des Kereyit et ancien frère juré de son père, à qui il avait offert la pelisse de zibeline noire reçue pour ses noces.
Il appelle aussi Djamuqa, son anda, c’est-à-dire son frère par serment depuis les osselets échangés sur la glace de l’Onon à onze ans (paragraphe 116). Les coalisés dispersent les Merkit, et Börte, reconnue au clair de lune, retrouve son mari (paragraphe 110).
En 1206 (année du Tigre), une assemblée de chefs, le quriltai, se réunit aux sources de l’Onon, dresse l’étendard blanc à neuf queues et reconnaît Temüdjin comme Gengis Khan. Le paragraphe 202 aligne quatre-vingt-quinze commandants de mille, ossature décimale d’une armée où sont versés les hommes des tribus vaincues, à l’exception des Tatars, massacrés en grand nombre. Dans les mêmes années arrive l’écriture, empruntée aux Ouïgours, comme le note déjà Plan Carpin (V, 8). Quant au yasa, le grand code de lois qu’on lui attribue, il n’a probablement jamais existé par écrit, et David Morgan décrit un droit mongol plus coutumier qu’on ne l’a longtemps cru ; le même auteur voit Toghril et Djamuqa écartés l’un après l’autre, une fois leur rôle tenu.
Quinze étés de pluie sur la coulée de Khorgo
Les conquêtes visent d’abord les Tangoutes du royaume de Xixia, au nord-ouest de la Chine, puis les Jin, dynastie jurchen du Nord, envahie en 1211 et soumise seulement en 1234. Elles s’inscrivent dans un plus long jeu des steppes, celui où Petchenègues et Coumans avaient déjà pesé sur l’Europe médiévale, et où la route du papier après Talas avait précédé d’autres transferts techniques. En 1218, le gouverneur d’Otrar, ville frontière du khwârezm-shâh, fait massacrer une caravane de marchands venus de Mongolie, et le souverain exécute l’ambassadeur venu protester. Les Mongols prennent Boukhara et Samarcande à partir de 1219, puis ravagent le Khorassan sous le commandement de Tolui, le plus jeune fils ; les chroniqueurs persans chiffrent les morts à 1 747 000 pour Nichapour, à 1 600 000 ou 2 400 000 pour Hérat. Gengis Khan rentre en Mongolie en 1223 et meurt pendant une dernière campagne contre les Tangoutes, à la fin de l’été 1227.
David Morgan doute, dans l’Encyclopaedia Iranica, que quiconque ait compté.
Douter des chiffres laisse l’événement entier. Ibn al-Athîr, contemporain des faits, ouvre l’année 617 de l’hégire (1220-1221) de son Kâmil fî l-ta’rîkh par un aveu ; il a différé pendant des années ce récit, et il aurait voulu, écrit-il, que sa mère ne l’eût pas mis au monde. Le même article de l’Iranica tient pour certain que la destruction dépassa tout ce que les contemporains avaient connu, et juge que l’abandon des qanats, ces galeries d’irrigation souterraines, a pu peser plus longtemps sur le Khorassan que les massacres ; il reconnaît aussi au conquérant le noyau d’une administration impériale, bâtie avec des Ouïgours et des Khitans, dont ses successeurs ont tiré profit.
La question des causes a reçu en 2014 un instrument neuf. Une équipe conduite par Neil Pederson et Amy Hessl a mesuré les cernes de 107 pins de Sibérie, vivants et morts, poussés sur la coulée de lave de Khorgo, dans le centre de la Mongolie, et en a tiré une reconstitution de l’humidité estivale sur 1 112 ans. Les années 1180, celles de la jeunesse de Temüdjin, y figurent parmi les pires sécheresses du millénaire ; de 1211 à 1225, quinze années de suite restent au-dessus de la moyenne. Les auteurs parlent d’herbe, donc de chevaux, et d’une énergie qui a alimenté l’essor de l’empire, mais la cause profonde de l’expansion, notait David Morgan dès 1990, demeure incertaine et très discutée.
Haplogroupe C3*
Une phrase circule depuis 2003, selon laquelle un homme sur deux cents descendrait de Gengis Khan. Elle sort d’une étude de l’équipe de Chris Tyler-Smith, signée en premier par Tatiana Zerjal dans l’American Journal of Human Genetics. Les auteurs y décrivaient un haplogroupe, c’est-à-dire une lignée du chromosome Y transmise de père en fils, présente dans seize populations du Pacifique à la Caspienne, portée par environ 8 % des hommes de cette région et 0,5 % des hommes du monde, soit seize millions de personnes, et dont l’ancêtre commun aurait vécu il y a un millier d’années. Ils en tiraient l’hypothèse d’une lignée gengiskhanide, répandue par la descendance de l’élite conquérante.
En 2018, Lan-Hai Wei et ses collègues ont repris l’enquête sur 18 210 individus de 292 populations, avec des séquences complètes du chromosome. L’ancêtre commun de la lignée recule à environ 2 576 ans, dans une fourchette de 1 975 à 3 178 ans, et son expansion épouse celle de l’ensemble des peuples de langue mongole ; le lien direct avec Gengis Khan, concluent-ils, reste à découvrir.
L’hypothèse de 2003 garde pourtant un socle, puisque la répartition de la lignée suit la carte de l’empire. En février 2026, Ayken Askapuli et ses coauteurs ont publié dans les PNAS les génomes de quatre défunts inhumés dans des mausolées de l’élite de la Horde d’or, dans la région d’Ulytau, au Kazakhstan ; les trois hommes du groupe, apparentés en ligne paternelle, portent l’haplogroupe C3*, ce qui confirme le lien entre cette lignée et l’empire mongol. L’un des mausolées porte le nom de Djötchi, fils aîné de Gengis, mais les auteurs ne peuvent pas établir l’identité des morts. Publiée en avril dans la même revue, une lettre de Zhabagin et Sabitov relève l’écart entre la date du monument et la vie de Djötchi et conteste la place des individus sur l’arbre ; Askapuli a répondu en s’appuyant sur un marqueur, ZQ369, que les trois hommes portent sans ambiguïté.
« Dieu au ciel et Güyük sur la terre »
La formule du « maître du monde » porte une date, postérieure à Gengis Khan. Le franciscain Jean de Plan Carpin, envoyé du pape, assiste à l’élection de Güyük, petit-fils du conquérant, et recopie la légende de son sceau, « Dieu au ciel et Güyük sur la terre, force de Dieu, sceau de l’empereur de tous les hommes » (Historia Mongalorum, VIII, 2). Au chapitre V, il prête au fondateur un statut qui oblige les Mongols à se soumettre toute la terre et à refuser la paix à tout peuple insoumis (V, 18). Une vingtaine d’années après la mort de Gengis, le moine écrit sur la foi de captifs chrétiens et de clercs ruthènes, et cette règle éclaire d’abord les campagnes annoncées contre la chrétienté.
Le même livre s’intitule Historia Mongalorum quos nos Tartaros appellamus, « Histoire des Mongols, que nous appelons Tartares ». Plan Carpin explique ce nom par une rivière, la Tartar, qui aurait arrosé le pays d’une des quatre tribus mongoles (V, 2), et Jean-Paul Roux attribue le passage de Tatar à Tartare à l’influence du mot « barbare » et au Tartare, le fleuve infernal des Anciens. Les Mongols détestaient ce nom, ajoute Roux, et l’Histoire secrète donne une raison de le comprendre, puisque les Tatars y sont la tribu qui empoisonna Yisügei.
Trois récits de la mort s’opposent. L’Histoire secrète la fait précéder d’une chute, à l’automne de l’année du Chien (1226) ; pendant une chasse aux chevaux sauvages à Arbuqa, son cheval Josotu Boro fait un écart, Gengis tombe et passe la nuit dans la fièvre (paragraphe 265). Le Yuanshi dit seulement qu’il tombe malade au septième mois de 1227 et meurt au palais itinérant de Halaotu, sur la Sali. Plan Carpin le dit tué par la foudre (V, 19), et rapporte ailleurs qu’on faisait passer entre deux feux les habitants du campement d’un foudroyé, dont la tente et le chariot devenaient impurs (III, 15).
Le même témoin raconte qu’au moment de l’intronisation impériale, une grêle suivie d’une fonte subite noya plus de cent soixante personnes au camp (I, 5).
On ignore où il repose. Le Yuanshi nomme le val de Qinian sans le situer, et Plan Carpin décrit des grands enterrés en secret en rase campagne, sous un gazon replacé pour que l’endroit ne puisse plus être retrouvé (III, 12-13). Au Musée national du Palais, à Taipei, une feuille d’album fournit le visage qu’on prête au conquérant, sous le numéro 中畫00032400001, un buste peint à l’encre et aux couleurs sur une soie de 59,1 centimètres sur 46,8, premier feuillet des Portraits en buste des empereurs Yuan, probablement remonté sous l’empereur Qianlong. Le musée suppose que certains portraits de la série furent exécutés devant leurs modèles, mais celui du fondateur date d’une dynastie qui commence au plus tôt en 1260, plus de trois décennies après sa mort, et son peintre n’a jamais vu l’homme qu’il représentait.
Pour aller plus loin
La suite occidentale de l’empire passe par la Horde d’or, le khanat des descendants de Djötchi, dont les élites ont livré en 2026 des génomes princiers. Les missions franciscaines vers les Mongols, de Jean de Plan Carpin à Guillaume de Rubrouck, et l’avènement de Kubilaï en Chine forment deux autres entrées. On peut prolonger par les Petchenègues et Coumans, les Khazars et le judaïsme des steppes, la bataille de Talas et le papier, la poudre noire, et Bagdad à l’âge d’or – de la fondation de la ville ronde à la Maison de la Sagesse.
Quand Gengis Khan est-il né ? Personne ne le sait avec certitude. Il a grandi sous le nom de Temüdjin, chez des éleveurs nomades de la steppe mongole. En 1206, les chefs des tribus le reconnaissent comme leur souverain. Il meurt en 1227 pendant une guerre dans le nord-ouest de la Chine. Presque tout ce qu’on raconte de sa jeunesse vient pourtant d’un seul livre, écrit après sa mort.
Une chronique presque sans dates
Ce livre est une chronique écrite en mongol pour la famille du conquérant. Elle mêle des récits en prose et des passages en vers. Elle raconte beaucoup de scènes et ne donne presque aucune année. Sur la naissance du héros, elle reste muette. Les historiens hésitent donc entre trois années possibles, et même la date où le livre a été achevé reste discutée.
Le texte d’origine a disparu. Les copies conservées viennent de Chine, où une nouvelle dynastie a chassé les souverains mongols. Ses fonctionnaires voulaient former des interprètes capables de parler aux Mongols de la frontière. Ils ont donc recopié la chronique en notant chaque mot mongol avec des caractères chinois. On lit ainsi la jeunesse de Gengis Khan dans un ancien manuel de langue.
Temüdjin dans la rivière
La chronique décrit une enfance très dure. Le père de Temüdjin meurt après un repas chez une tribu ennemie, peut-être empoisonné. Des parents éloignés abandonnent alors la veuve et ses enfants. La mère nourrit sa famille avec des racines, de l’ail sauvage et des petits poissons de rivière.
Plus tard, le garçon tombe aux mains de ces mêmes parents. On lui passe autour du cou une lourde planche de bois, qu’on appelle une cangue. Un soir de fête, il frappe son gardien et s’allonge dans la rivière, le visage seul hors de l’eau. Un homme d’un autre clan le voit et garde le silence. Ses fils cachent ensuite le fugitif dans une charrette pleine de laine.
Le récit n’épargne pas toujours son héros. Il raconte aussi comment Temüdjin tue un demi-frère pour un poisson disputé. Sa femme Börte est enlevée par une tribu rivale, puis délivrée avec l’aide d’alliés. Les spécialistes préviennent qu’il est souvent impossible de séparer ici les faits de la légende.
Les conquêtes et leurs témoins
Devenu souverain, Gengis Khan lance ses cavaliers vers la Chine du Nord, puis vers l’Asie centrale. Des villes sont prises et ravagées. Les chroniqueurs persans avancent des nombres de morts énormes, mais un spécialiste doute que quelqu’un ait réellement compté. La destruction n’en reste pas moins réelle, et elle dépasse tout ce que les témoins avaient connu.
Le titre de maître du monde se discute aussi. L’idée qu’il devait soumettre toute la terre vient d’un moine envoyé par le pape. Ce témoin écrit une vingtaine d’années après la mort du conquérant. Il rapporte ce qu’on lui raconte à la cour de ses successeurs.
Un autre témoin a parlé récemment. Dans le centre de la Mongolie, de vieux pins poussent sur une ancienne coulée de lave. Leur bois garde la trace de l’humidité de chaque été, année après année. Il révèle une sécheresse terrible pendant la jeunesse de Temüdjin, puis quinze années humides au moment des grandes conquêtes.
Plus d’herbe signifiait plus de chevaux pour les armées. Les chercheurs y voient une énergie qui a nourri l’essor de l’empire. Les spécialistes discutent pourtant toujours des causes de cette expansion.
Ni tombe ni descendant identifié
Depuis 2003, une idée circule. Seize millions d’hommes vivants descendraient de Gengis Khan. Elle repose sur une marque héréditaire que les pères transmettent à leurs fils, appelée chromosome Y. Des études plus vastes ont ensuite montré que cette lignée était bien plus ancienne que le conquérant, et partagée par les Mongols ordinaires.
En 2026, des chercheurs ont examiné des défunts enterrés dans des tombeaux princiers de l’empire mongol. Ces tombes se trouvent au Kazakhstan. Les hommes du groupe portaient tous cette même lignée. Le lien avec l’empire en sort renforcé. Personne ne peut dire pour autant qui étaient ces morts, et d’autres spécialistes contestent déjà une partie de l’analyse.
On ignore aussi comment il est mort. Un récit parle d’une chute de cheval suivie de fièvre. Un autre évoque une simple maladie, un dernier la foudre. Sa tombe n’a jamais été retrouvée. Les grands Mongols étaient enterrés en secret, et l’on replaçait l’herbe par-dessus pour effacer l’endroit.
Le visage qu’on lui connaît vient d’un portrait sur soie conservé dans un musée de Taipei. Il a été peint sous une dynastie fondée longtemps après sa mort, par un artiste qui n’avait jamais vu son modèle.
La version complète montre le titre que des éditeurs ont changé partout sauf une fois, et recopie le sceau d’un petit-fils qui se disait empereur de tous les hommes.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- *Histoire secrète des Mongols* (*Mongqol-un niuča tobča’an*), chronique en moyen mongol achevée une année du Rat selon son colophon (§ 282), connue par la transcription phonétique en caractères chinois, glosée mot à mot, de l’époque Ming ; passages cités § 54-56, 59, 66-87, 98-102, 110, 116, 141, 202, 255 et 265 édition imprimée vers 1403-1405, dont 41 feuillets subsistent, reproduite par la Commercial Press de Shanghai en 1936
- Jean de Plan Carpin, *Historia Mongalorum quos nos Tartaros appellamus*, vers 1250, I, 5 ; III, 12-15 ; V, 2, 8, 18-19 ; VIII, 2 texte latin de la base ALIM, Università di Siena
- Ibn al-Athîr, *al-Kâmil fî l-ta’rîkh*, année 617 de l’hégire (1220-1221), section d’introduction des « Tatars » trad. anglaise D. S. Richards, *The Chronicle of Ibn al-Athir for the Crusading Period from al-Kamil fi’l-Ta’rikh*, Part 3, Crusade Texts in Translation 17, Aldershot, 2008, Ashgate
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Sources primaires (suite)
- *Yuanshi*, juan 1, Annales fondamentales de Taizu, entrée de la vingt-deuxième année de règne (1227), maladie au septième mois, mort au palais itinérant de Halaotu sur la Sali à soixante-six ans, inhumation au val de Qinian histoire officielle compilée sous les Ming à partir de 1369
- Portrait de Taizu (Gengis Khan), premier feuillet de l’album des *Portraits en buste des empereurs Yuan* (元代帝半身像冊), anonyme, époque Yuan, encre et couleurs sur soie, 59,1 × 46,8 cm, remontage probable sous Qianlong Musée national du Palais, Taipei, 中畫00032400001
Bibliographie
- *Histoire secrète des Mongols. Chronique mongole du XIIIᵉ siècle*, traduit du mongol, présenté et annoté par Marie-Dominique Even et Rodica Pop, préface de Roberte N. Hamayon, Paris, 1994, 349 p., « Connaissance de l’Orient » 85 Gallimard
- Igor de Rachewiltz, *The Secret History of the Mongols. A Mongolian Epic Chronicle of the Thirteenth Century*, Inner Asian Library 7, Leiden et Boston, 2004, 2 vol., cxxviii + 644 et iv + 708 p. ; vol. 3, supplément, 2013 Brill
- Christopher P. Atwood, « The Date of the “Secret History of the Mongols” Reconsidered », *Journal of Song-Yuan Studies* 37, 2007, p. 1-48 Journal of Song-Yuan Studies
- Paul Ratchnevsky, *Genghis Khan. His Life and Legacy*, trad. et éd. Thomas Nivison Haining, 1991, 313 p., en particulier p. 17-19 ; éd. originale *Činggis-Khan. Sein Leben und Wirken*, Wiesbaden, 1983 Blackwell
- Jean-Paul Roux, *Histoire de l’Empire mongol*, Paris, 1993, 597 p. Fayard
- Neil Pederson, Amy E. Hessl, Nachin Baatarbileg, Kevin J. Anchukaitis et Nicola Di Cosmo, « Pluvials, droughts, the Mongol Empire, and modern Mongolia », *Proceedings of the National Academy of Sciences* 111 (12), 2014, p. 4375-4379, DOI 10,1073/pnas.1318677111 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.1318677111
- Tatiana Zerjal et alii, « The Genetic Legacy of the Mongols », *American Journal of Human Genetics* 72 (3), 2003, p. 717-721, DOI 10,1086/367774 Cell Presshttps://doi.org/10.1086/367774
- Lan-Hai Wei et alii, « Whole-sequence analysis indicates that the Y chromosome C2\*-Star Cluster traces back to ordinary Mongols, rather than Genghis Khan », *European Journal of Human Genetics* 26 (2), 2018, p. 230-237, DOI 10,1038/s41431-017-0012-3 European Journal of Human Geneticshttps://doi.org/10.1038/s41431-017-0012-3
- Ayken Askapuli et alii, « Genomes of the Golden Horde elites and their implications for the rulers of the Mongol Empire », *Proceedings of the National Academy of Sciences* 123 (8), 2026, e2531003123, DOI 10,1073/pnas.2531003123 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.2531003123
- M. Zhabagin et Z. Sabitov, « High-resolution present-day Y-chromosome phylogeny refines golden horde lineage placement », *Proceedings of the National Academy of Sciences* 123 (17), 2026, e2607193123, DOI 10,1073/pnas.2607193123 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.2607193123
- Ayken Askapuli, « Reply to Zhabagin and Sabitov : Novel knowledge is gained through fresh data and new analytical methods, not through paraphrasing », *Proceedings of the National Academy of Sciences* 123 (17), 2026, e2609024123, DOI 10,1073/pnas.2609024123 PNAShttps://doi.org/10.1073/pnas.2609024123
Sources en ligne
- « ČENGĪZ KHAN », article de David O. Morgan, vol. V, fasc. 2, p. 133-135, mis à jour le 1er avril 2013 Encyclopaedia Iranicahttps://www.iranicaonline.org/articles/cengiz-khan/
- « Portraits of Emperors Taizu (Genghis Khan), Shizu (Kublai Khan), and Wenzong (Tegtemur) » National Palace Museum, Taipei, site *Age of the Great Khan*https://theme.npm.edu.tw/khan/Article.aspx?sNo=03009223&lang=2
- « 元代帝半身像 冊 元太祖 », notice du portrait, n° 中畫00032400001 國立故宮博物院 (Musée national du Palais), Open Datahttps://digitalarchive.npm.gov.tw/Collection/Detail/15475?dep=P
- « Historia Mongalorum (ca. 1250) » ALIM, Archivio della Latinità Italiana del Medioevo, Università di Sienahttps://alim-admin.unisi.it/download_html?id=208
- « The Secret History of the Mongols : A Mongolian Epic Chronicle of the Thirteenth Century », version abrégée de la traduction d’Igor de Rachewiltz, éd. John C. Street, 2015 Western Washington University, MABELhttps://mabel.wwu.edu/do/fb6478c3-b2e8-4ff3-8951-dcac5f616182
- « Medieval Sourcebook : Ibn al-Athir : On The Tatars, 1220-1221CE » Fordham University, Internet History Sourcebookshttps://sourcebooks.web.fordham.edu/source/1220al-Athir-mongols.asp
- « Histoire secrète des Mongols. Chronique mongole du XIIIe siècle. Traduit du mongol, présenté et annoté par Marie-Dominique Even et Rodica Pop. Préface Roberte N. Hamayon, Paris, Gallimard, 1994 », compte rendu, *Bulletin critique des Annales islamologiques* 16, 2000 Perséehttps://www.persee.fr/doc/bcai_0259-7373_2000_num_16_1_983_t3_0109_0000_2












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