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La Bible en allemand de Luther : traduire pour tous, 1522-1534

Torsten Schleese / Wikimedia Commons
10 min de lecture42 sources vérifiées
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Au feuillet 88 verso du Nouveau Testament de décembre 1522 conservé à Weimar, la bête que chevauche la grande prostituée de Babylone porte sept têtes nues. Trois mois plus tôt, dans le tirage de septembre, l’une d’elles portait la tiare à triple couronne des papes. Quelqu’un a repris le bois gravé au couteau entre les deux, et le papier est resté blanc. Le livre a moins de cent jours et il a déjà été corrigé en 574 points.

Dix-huit bibles allemandes existaient déjà

Le premier de ces livres sort à Strasbourg des presses de Johannes Mentelin, avant le 27 juin 1466. C’est la première Bible imprimée dans une langue vivante, cinq ans avant l’italienne, soixante-neuf ans avant l’anglaise. Entre cette date et 1522, dans le premier siècle de l’époque moderne, période qui court de la fin du XVᵉ siècle à la Révolution, dix-huit bibles allemandes complètes sortent des presses de l’Empire, quatorze en haut-allemand et quatre en bas-allemand, décrites une à une par Henning Wendland et Walter Eichenberger. Celle qu’Anton Koberger imprime à Nuremberg le 17 février 1483, l’année de naissance de Luther, en fait partie.

Ces traductions suivent le latin mot pour mot, jusque dans l’ordre des mots.

Les quatorze hautes-allemandes reposent toutes sur le même texte, une version anonyme antérieure d’environ un siècle à Mentelin, calquée sur le latin sans égard pour l’usage allemand, que les imprimeurs suivants se contentent de rafraîchir. Côté bas-allemand, le travail est d’une autre nature, les deux bibles de Cologne paraissant vers 1478 en version bas-rhénane et en version bas-saxonne. L’écart s’entend au Psaume 23, où Mentelin écrit que le Seigneur « me régit et rien ne me fit défaut », avec un verbe sorti de l’usage. Luther tâtonne aussi, donnant d’abord « la demeure de l’herbe », puis en 1524 « là où pousse beaucoup d’herbe », avant d’arrêter en 1531 la formule qui a tenu jusqu’à nous.

Dans l’atelier de Melchior Lotter

Luther arrive à la Wartburg le 4 mai 1521, y vit sous le nom de Junker Jörg, laisse repousser sa tonsure et porte la barbe. Il commence la traduction du Nouveau Testament le 18 décembre, comme l’indique une lettre à Johannes Lang, et l’achève en une dizaine de semaines. Le 1er mars 1522 il repart pour Wittenberg, où il révise le texte avec Philipp Melanchthon avant de le porter chez Melchior Lotter le Jeune, dont trois presses y travaillent de mai à septembre.

Ce qui sort de là ne ressemble à aucune bible allemande antérieure, et pas seulement par le texte. La page utilise toute sa largeur pour un bloc compact découpé en sections de sens ; les notes marginales extérieures guident la lecture, les renvois intérieurs conduisent d’un passage à l’autre et fabriquent l’unité du volume ; un titre imprimé remplace l’incipit médiéval, et le colophon disparaît. Luther remplace aussi les préfaces de Jérôme, présentes dans les bibles depuis des siècles, par les siennes, que Philippe Büttgen a traduites en français. Les vingt et un bois gravés, tous consacrés à l’Apocalypse, viennent de l’atelier de Cranach et se réfèrent ouvertement au cycle qu’Albrecht Dürer avait publié en 1498. Andrew Pettegree et Thomas Kaufmann ont montré ce que cette génération d’imprimeurs et de graveurs a fabriqué là, une identité visuelle qui fit de cette bourgade de l’Elbe le premier atelier d’édition de l’Empire. Un détail dit pourtant la place que Luther accorde à ce livre biblique. L’Apocalypse est la seule à ne recevoir ni foliotation ni renvois intérieurs, parce qu’il ne la compte pas parmi les écrits qui obligent, et elle est en même temps la seule à recevoir des images pleine page. En décembre, elle obtiendra sa foliotation, des légendes sous les gravures et sa place dans la numérotation continue du volume.

Un demi-florin pour les cahiers, un florin et demi pour un exemplaire relié, voilà ce que donnent les notices. Les équivalences qui circulent, un salaire hebdomadaire de compagnon charpentier, la valeur d’un veau, ne se rattachent à aucune série de comptes vérifiable, et je préfère laisser le chiffre dans sa monnaie d’origine. L’exemplaire de Weimar, lui, est relié dans le parchemin découpé d’un graduel du XVᵉ siècle, dont les neumes carrés se lisent encore au dos.

Le duc Georges de Saxe, dit le Barbu, réagit vite. Son mandat du 6 novembre 1522 ordonne la confiscation de toutes les éditions de la traduction, avec remboursement du prix d’achat à qui rapporterait son exemplaire.

Le grec de Bâle et l’hébreu de Brescia

Sur la table de la Wartburg, il y avait la Vulgate et l’édition du Nouveau Testament grec établie par Érasme, parue à Bâle chez Johann Froben en 1516 sous le titre Novum Instrumentum omne, révisée en 1519, avec une traduction latine neuve imprimée en regard. Luther lui emprunte aussi l’ordre des livres, avant de rejeter en fin de volume l’épître aux Hébreux, celles de Jacques et de Jude, et l’Apocalypse.

L’hébreu est une autre histoire. Luther travaille sur un in-octavo de 586 feuillets imprimé à Brescia par Gershom ben Moshe Soncino entre le 24 et le 30 mai 1494, qu’il a acheté d’occasion, probablement avant 1519, à un possesseur d’Allemagne du Sud. Deux propriétaires juifs l’avaient eu avant lui, et leurs inscriptions y sont encore. Il porte des décennies d’annotations de sa main, dont la moitié environ dans les cinq livres de Moïse, et se trouve à la Staatsbibliothek de Berlin sous la cote Inc. 2840, où Stephen G. Burnett et Christoph Mackert l’ont étudié.

L’Ancien Testament ne se fait pas seul. Le Pentateuque paraît en 1523, les livres historiques et les Psaumes en 1524, les prophètes en 1532, la Bible entière en 1534. Autour de Luther travaillent Melanchthon, l’hébraïsant Matthäus Aurogallus, Caspar Cruciger, Justus Jonas, Johannes Bugenhagen, réunis une fois par semaine, avec Georg Rörer pour tenir le procès-verbal et corriger les épreuves. Son protocole de la révision du Psautier, séances datées de janvier au 15 mars 1531, est conservé à Iéna et montre la méthode : chaque formule est remise en cause, les philologues proposent, Luther tranche. Le Sendbrief donne le rythme réel, quatre jours pour trois lignes du livre de Job, un mois sur un seul mot sans le trouver.

Emser rachète les bois gravés du Septembertestament

La riposte catholique vient du même duché. Hieronymus Emser, secrétaire et chapelain du duc Georges, publie dès 1523 des Annotationes contre la traduction, puis fait paraître en 1527 chez Wolfgang Stöckel, à Dresde, son propre Nouveau Testament, un texte « corrigé et remis d’aplomb » selon la version approuvée par l’Église. Emser ne revendique pas une traduction neuve. Il revendique la correction de celle de Luther d’après la Vulgate.

Et il va plus loin que le texte. Il achète les bois gravés originaux des deux tirages de 1522 et les imprime dans son livre, après avoir fait ôter les couronnes pontificales qui restaient. Au feuillet 182 verso de son édition, la bête surgie de l’abîme est exactement celle de Cranach, tête nue.

Emser meurt en novembre 1527, et son texte lui survit : Johannes Eck le reprend tel quel dans la bible qu’il publie en 1537 pour le duc Guillaume IV de Bavière. Le dominicain Johann Dietenberger avait donné à Mayence, dans la première moitié de 1534, la première bible catholique allemande complète, six mois avant celle de Wittenberg.

Un autre concurrent est plus gênant pour la légende. À Zurich, Christoph Froschauer imprime dès 1524 le Nouveau Testament, puis les parties de l’Ancien ; le chantier s’achève en 1529, et la bible in-folio de 1531, avec sa préface de Leo Jud, précède de trois ans la Bible complète de Luther. La première bible intégrale de la Réforme allemande est donc sortie d’une presse zurichoise.

Personne n’a jamais vu cette tache d’encre

Reste l’anecdote la plus célèbre de ces dix mois, et elle n’est pas de Luther. Le diable serait venu le déranger pendant la traduction ; il aurait attrapé son encrier et le lui aurait lancé à la tête ; la tache serait restée sur le mur, derrière le poêle.

Les Tischreden, ces propos de table notés par les hôtes de Luther à partir de 1531 et publiés par Johannes Aurifaber en 1566, rapportent bien des tourments diaboliques pendant le séjour à la Wartburg. D’encrier lancé, aucune trace. La première anecdote comparable est imprimée en 1597 chez le juriste Johann Georg Gödelmann, et elle inverse les rôles : c’est le diable, vaincu par les paroles de Luther, qui jette l’encrier derrière le poêle. La version que tout le monde connaît n’apparaît qu’un siècle plus tard, vers 1690, dans la deuxième édition de la Topographia Superioris Saxoniae de Martin Zeiller, à l’article Eisenach, avant que Jacob et Wilhelm Grimm n’en fixent la forme brève dans leurs Deutsche Sagen, au numéro 556. Quant à la tache, il a fallu la refaire, les visiteurs grattant l’enduit pour en emporter un morceau. Un théologien bâlois s’en vit montrer deux en 1736, de chaque côté du poêle ; un juriste de passage en 1750 note qu’on lui a raconté l’histoire sans qu’il voie rien. Depuis le début du XXᵉ siècle il n’y a plus rien, ce qui n’empêche pas les visiteurs de la Wartburg d’affirmer aujourd’hui encore qu’ils l’ont vue enfants. L’objet, lui, existe. La Herzog August Bibliothek de Wolfenbüttel conserve sous la cote KGS 3 un corps creux de plomb presque pur, présenté depuis 1709 au moins comme l’encrier de Luther, dont la paroi intérieure porte une teneur en fer compatible avec l’encre ferrogallique de l’époque, et dont la provenance reste inconnue.

« Dem Volk aufs Maul sehen »

Le texte où Luther explique sa méthode est écrit en 1530 à la forteresse de Cobourg, pendant que la diète d’Augsbourg se tient sans lui, et imprimé la même année chez Georg Rhau. On l’appelle le Sendbrief vom Dolmetschen, et Catherine Bocquet en a donné la présentation française.

L’occasion est une querelle sur un mot. À l’épître aux Romains, chapitre 3, verset 28, Luther a écrit que l’homme est justifié par la foi seule, or le grec et le latin ne portent pas ce « seule ». Il le reconnaît sans détour, ces quatre lettres n’y sont pas, puis il plaide que l’allemand exige l’adverbe dès qu’on affirme une chose en en niant une autre. La phrase la plus citée du dossier est là, celle qui recommande d’interroger la mère à la maison, les enfants dans la rue, l’homme ordinaire au marché, et de regarder comment ils parlent.

Le titre de Sprachschöpfer, créateur de la langue, appelle la même méfiance. Luther a décrit son propre allemand dans un propos de table, déclarant n’avoir aucune langue à lui et se régler sur la chancellerie de Saxe, que suivent les cours princières et les villes d’Empire. La phrase est célèbre, moitié latine moitié allemande, et son statut mérite attention, puisqu’il s’agit d’une note prise par un convive. Werner Besch, qui a repris cinquante ans de recherches, écarte les deux images extrêmes, celle d’une langue luthérienne déjà morte vers 1600 et celle d’un inventeur de l’allemand écrit. Luther appartient à la tradition d’écriture de la Saxe électorale, position médiane dont sa bible tire son autorité.

Le camp adverse garde pourtant un argument solide, la diffusion. Le germaniste innsbruckois Jörg Meier compte environ 430 éditions partielles ou complètes jusqu’à la mort de Luther en 1546, contrefaçons comprises, et le Nouveau Testament seul en connaît 85 entre 1522 et 1533. Les chiffres d’exemplaires sont d’un autre statut. Hans Volz a estimé à un demi-million les bibles et parties de bibles imprimées du vivant du réformateur, en supposant les presses de Wittenberg employées au maximum de leur capacité ; un autre chiffre circule, un demi-million de bibles complètes en circulation en 1546, imprimées dans 93 villes. Les deux ne comptent pas la même chose. Je préfère le décompte d’éditions, parce qu’il se fonde sur des livres retrouvés là où le décompte d’exemplaires se fonde sur un modèle de production.

Revenons à la page. Au premier livre de Samuel, chapitre 24, Saül entre dans une grotte pour y satisfaire un besoin. Le manuscrit de Luther portait le verbe cru que n’importe quel paysan aurait employé ; l’imprimé donne l’euphémisme biblique, couvrir ses pieds, et la marge, imprimée à côté du texte, justifie le choix en cinq mots allemands qui disent la pudeur de l’Écriture sainte. Le traducteur qui recommandait d’écouter la bouche des gens du marché s’est corrigé lui-même, et il a fait imprimer sa correction à côté du verset pour que le lecteur la voie.

Pour aller plus loin

La diète de Worms de 1521 forme l’antécédent direct de cette traduction, puisque le ban impérial prononcé contre Luther rend possible la retraite à la Wartburg. Cette traduction rejoint aussi la Réforme zurichoise de Zwingli, dont l’atelier acheva sa bible cinq ans avant celui de Wittenberg, et l’histoire de l’imprimerie allemande du premier XVIᵉ siècle.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Das Newe Testament Deůtzsch, Wittenberg, Melchior Lotter le Jeune pour Lucas Cranach l’Ancien et Christian Döring, mis en vente le 21 septembre 1522, in-folio de 222 feuillets, 21 bois gravés pleine page Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel, Bibel-S. 4° 257, inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2015
  2. Das Newe Testament Deutzsch, Wittenberg, Melchior Lotter, décembre 1522, exemplaire à colophon, prostituée de Babylone aux feuillets 88 verso et 89 recto Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Klassik Stiftung Weimar, Cl I : 56 (c) ; exemplaire de septembre relié dans un fragment de graduel médiéval, Cl I : 56 (b)
  3. Biblia, das ist : die gantze Heilige Schrifft Deudsch, Wittenberg, Hans Lufft, 1534, 2 volumes, illustrations du Monogrammiste M S et de l’atelier de Lucas Cranach l’Ancien Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Weimar, Cl I : 58 (b) et (c), inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2015
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Sources primaires (suite)

  1. Biblia, en hébreu, Brescia, Gershom ben Moshe Soncino, 24-30 mai 1494, in-octavo de 586 feuillets, exemplaire personnel de Martin Luther avec ses annotations manuscrites Staatsbibliothek zu Berlin, Preußischer Kulturbesitz, Inc. 2840
  2. Desiderius Erasmus, Novum Instrumentum omne, Bâle, Johann Froben, 1516, texte grec et traduction latine en regard exemplaire de l’Universitätsbibliothek Basel, BibG B 3
  3. Martin Luther, Ein Sendbrieff von Dolmetschen und Fürbitte der Heiligen, Wittenberg, Georg Rhau, 1530 Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Weimar, Aut Luther : 1530 (27) ; texte critique dans D. Martin Luthers Werke, Weimarer Ausgabe, t. 30/II, p. 632-646
  4. Georg Rörer, protocole de la révision du Psautier, séances datées de janvier au 15 mars 1531, cahier in-octavo d’environ 115 feuillets Thüringer Universitäts- und Landesbibliothek Iéna, collection Rörer ; édité dans Weimarer Ausgabe, Die Deutsche Bibel, t. 3
  5. Hieronymus Emser (trad.), Das naw testament nach lawt der Christlichen kirchen bewerten text, corrigirt und widerumb zu recht gebracht, Dresde, Wolfgang Stöckel, 1527, bête de l’Apocalypse au feuillet 182 verso Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Weimar, Cl I : 74 ; autre exemplaire au Bibelmuseum der Universität Münster
  6. Biblia, [Strasbourg], Johannes Mentelin, avant le 27 juin 1466, in-folio, première Bible imprimée en langue vivante Bayerische Staatsbibliothek, Munich, BSB-Ink B-482 ; ISTC ib00624000, GW 4295
  7. [Biblia Germanica], Nuremberg, Anton Koberger, 17 février 1483, 2 volumes Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Weimar, Inc 81
  8. Passional Christi und Antichristi, bois gravés de Lucas Cranach l’Ancien, texte de Philipp Melanchthon, Wittenberg, Rhau-Grunenberg, 1521 Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Weimar, Aut Luther : 1521 (40)
  9. Prétendu encrier de Martin Luther, corps creux de plomb presque pur, XVIᵉ siècle probable, mentionné dans les collections dès 1709 Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel, KGS 3

Bibliographie

  1. Werner Besch, Luther und die deutsche Sprache. 500 Jahre deutsche Sprachgeschichte im Lichte der neueren Forschung, Berlin, 2014, 181 p. Erich Schmidt Verlag
  2. Catherine Bocquet, L’art de la traduction selon Martin Luther, ou lorsque le traducteur se fait missionnaire, Arras, 2000, 150 p., coll. « Traductologie » Artois Presses Université
  3. Martin Luther, De la liberté du chrétien. Préfaces à la Bible. La naissance de l’allemand philosophique, traduction, introduction, glossaire et dossier de Philippe Büttgen, Paris, 1996, 163 p., coll. « Points Essais » 338 Seuil
  4. Hans Volz, Martin Luthers deutsche Bibel. Entstehung und Geschichte der Lutherbibel, introduction de Friedrich Wilhelm Kantzenbach, éd. Henning Wendland, Hambourg, 1978, 260 p. Friedrich Wittig Verlag
  5. Henning Wendland et Walter Eichenberger, Deutsche Bibeln vor Luther. Die Buchkunst der 18 deutschen Bibeln zwischen 1466 und 1522, 2ᵉ éd. augmentée, Hambourg, 1983, ISBN 3-8048-4149-X Wittig
  6. Andrew Pettegree, Brand Luther. 1517, Printing, and the Making of the Reformation, New York, 2015, xvi-383 p. Penguin Press
  7. Thomas Kaufmann, Die Druckmacher. Wie die Generation Luther die erste Medienrevolution entfesselte, Munich, 2022 C. H. Beck
  8. Martin Luther, Das Neue Testament Deutsch (Dezembertestament, 1522), éd. Thomas Kaufmann, Berlin, 2022 De Gruyter
  9. Stephen G. Burnett, « Luthers hebräische Bibel (Brescia, 1494). Ihre Bedeutung für die Reformation », dans Irene Dingel et Henning P. Jürgens (dir.), Meilensteine der Reformation. Schlüsseldokumente der frühen Wirksamkeit Martin Luthers, Gütersloh, 2014, p. 62-69 Gütersloher Verlagshaus
  10. Christoph Mackert, « Luthers Handexemplar der hebräischen Bibelausgabe von 1494. Objektbezogene und besitzgeschichtliche Aspekte », dans le même volume, p. 70-78 Gütersloher Verlagshaus

Sources en ligne

  1. « Übersetzung als Streit. Luthers Erfindung der Bibel als neues Buch », exposition virtuelle, commissariat Reinhard Laube et Katja Lorenz Herzogin Anna Amalia Bibliothek, Klassik Stiftung Weimar, sur DDBstudiohttps://ausstellungen.deutsche-digitale-bibliothek.de/uebersetzung-als-streit
  2. « Luthers Übersetzungsmethode » Deutsche Bibelgesellschafthttps://www.die-bibel.de/bibeluebersetzungen/lutherbibel/der-klassiker-unter-den-bibeluebersetzungen/luthers-uebersetzungsmethode
  3. « Luthers Septembertestament von 1522 zum Jubiläum » Deutsche Bibelgesellschafthttps://www.die-bibel.de/beitraege/luthers-septembertestament-von-1522-zum-jubilaeum
  4. « Luther, Martin (AT) » WiBiLex, Das wissenschaftliche Bibellexikon im Internet, Deutsche Bibelgesellschafthttps://www.die-bibel.de/ressourcen/wibilex/altes-testament/luther-martin-at
  5. « Sogenanntes Tintenfass Martin Luthers », notice de Hole Rößler, exposition Luthermania Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttelhttp://luthermania.de/exhibits/show/katalog-nr-1
  6. « Das Newe Testament Deůtzsch. Vuittemberg (September 1522) » Wolfenbütteler Digitale Bibliothek, Herzog August Bibliothekhttp://diglib.hab.de/drucke/bibel-s-4f-257/start.htm
  7. « Frühe Schriften der Reformationsbewegung » Deutsche UNESCO-Kommissionhttps://www.unesco.de/staette/fruehe-schriften-der-reformationsbewegung/
  8. « Drei weitere Stücke der Staatsbibliothek jetzt im UNESCO-Register Memory of the World » Staatsbibliothek zu Berlin, Preußischer Kulturbesitzhttps://blog.sbb.berlin/drei-weitere-stuecke-der-staatsbibliothek-jetzt-im-unesco-register-memory-of-the-world/
  9. « GW 04200. Biblia, hebr. Brescia, Gēršōm Ben-Mōšeh Soncino, 1494 » Gesamtkatalog der Wiegendrucke, Staatsbibliothek zu Berlinhttps://www.gesamtkatalogderwiegendrucke.de/docs/GW04200.htm
  10. « ISTC ib00624000. Biblia, German. [Strassburg, Johann Mentelin, before 27 June 1466] » Incunabula Short Title Catalogue, Consortium of European Research Librarieshttps://data.cerl.org/istc/ib00624000
  11. « H. Emser, Das naw testament 1527 » Bibelmuseum der Universität Münster, museum-digitalhttps://nat.museum-digital.de/object/1248608
  12. « Die Lutherbibel : Ein Wurf für Jahrhunderte » Evangelische Kirche in Deutschlandhttps://www.ekd.de/luther-bibeluersetzung-erfolg-jahrhunderte-12702.htm
  13. « Martin Luther, traducteur de la Bible » Musée protestant, Fondation Bersierhttps://museeprotestant.org/notice/martin-luther-traducteur-de-la-bible/
  14. « Humanisme et traductions de la Bible en langues vernaculaires » Musée protestant, Fondation Bersierhttps://museeprotestant.org/notice/humanisme-et-traductions-de-la-bible-en-langues-vernaculaires/
  15. « Bibeln und Schriften » Grossmünster, Evangelisch-reformierte Landeskirche des Kantons Zürichhttps://reformiert-zuerich.ch/kirchgemeinde/kirchen/grossmuenster/geschichte-bauwerk/bibeln-schriften/
  16. « Georg Rörer : Protokoll der Psalterrevision (1531) » Thüringer Universitäts- und Landesbibliothek Iéna, catalogue des collections historiqueshttps://collections.thulb.uni-jena.de/receive/HisBest_cbu_00006964
  17. « Rörer (Rorarius, Rorer), Georg », notice d’Ernst Koch, Neue Deutsche Biographie, t. 21 Deutsche Biographie, Bayerische Akademie der Wissenschaftenhttps://www.deutsche-biographie.de/sfz76915.html
  18. « Bibeldrucke des 15.-17. Jahrhunderts », notice de Thomas Döring, catalogue Sprachen der Bibel Universitätsbibliothek Leipzighttps://www.ub.uni-leipzig.de/fileadmin/Resources/Public/Docs/Upload_Ausstellungen/2003/2003_sprachen_der_bibel4_.pdf
  19. « Das Newe Testament Deůtzsch », exemplaire de la Lutherbibliothek du prince Albert Landesbibliothek Coburg, sur bavarikonhttps://www.bavarikon.de/object/bav:LBC-HSS-00000BSB00105950
  20. « Biblia, das ist, die gantze Heilige Schrifft Deudsch » Landesbibliothek Coburg, sur bavarikonhttps://www.bavarikon.de/object/bav:LBC-HSS-00000BSB00105994
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