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Vasco de Gama, navigateur de la route maritime des Indes

Époque moderne24 octobre 202615 min de lecture
Unknown master of the Portuguese School.. / Wikimedia Commons
15 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

« Fidalgo de nossa casa »

Mille quatre cent quatre-vingt-cinq lieues reconnues en plusieurs décennies par tous les capitaines envoyés avant lui, mille cinq cent cinquante reconnues par lui seul en un voyage. L’arithmétique vient d’une minute de la chancellerie de Manuel Ier, brouillon de la grâce qui fait de Vasco de Gama l’amiral de l’Inde, conservé à la Torre do Tombo de Lisbonne (Corpo Cronológico, parte III, maço 1, n.º 9). Il ne porte pas de date, et l’inventaire le place après le retour de la flotte sans plus de précision.

Les actes portugais l’appellent Vasco da Gama, puis Dom Vasco da Gama une fois ce titre accordé ; il signe lui-même « ho allmjrante », et en 1524 « ho conde almjrante ». L’usage français a retenu Vasco de Gama. Il naît à Sines, dans l’Alentejo, à une date qu’aucun document ne donne. Ravenstein proposait en 1898 environ 1460, la Torre do Tombo retient 1468, Sanjay Subrahmanyam plaide pour 1469 dans sa biographie de 1997, et les trois chiffres se déduisent de la carrière. Son père, Estêvão da Gama, chevalier de l’ordre de Santiago, est alcaide-mor de Sines, c’est-à-dire gouverneur militaire de la ville ; sa mère s’appelle Isabel Sodré. En 1480, une liste de matricules de l’ordre de Santiago porte son nom, premier document qui le mentionne. En 1492, déjà fidalgo de la maison royale, il saisit sur ordre de Jean II les navires français mouillés à Setúbal et en Algarve, en représailles de la prise d’une caravelle qui rentrait de la Mina chargée d’or.

En 1497, Manuel Ier le nomme capitão-mor d’une flotte de quatre navires, où son frère Paulo da Gama et Nicolau Coelho commandent sous lui. Partie de Restelo, près de Lisbonne, le 8 juillet avec cent cinquante à cent soixante-dix hommes selon les estimations, la flotte quitte les îles du Cap-Vert le 3 août et ne revoit la terre que le 4 novembre, près de la baie de Sainte-Hélène. Elle double le cap de Bonne-Espérance le 22 novembre et obtient à Malindi un pilote qui la conduit en vingt-trois jours à la côte de Malabar. Le 20 mai 1498, les navires mouillent près de Calicut. Gama ne descend à terre que le 28, avec treize hommes, pour être reçu par le samorim, dont les officiers rient des présents qu’on lui destine. La flotte repart le 29 août. Au retour, le São Rafael est incendié faute d’équipage, la Bérrio de Coelho touche Cascais le 10 juillet 1499, et Gama, retenu à Terceira, aux Açores, où meurt Paulo, n’est reçu par le roi que le 18 septembre, et un peu plus de cinquante hommes seulement sont revenus, selon la Torre do Tombo.

La récompense est enregistrée à la chancellerie le 10 janvier 1502 (Chancelaria de D. Manuel I, livro 2, f. 3-3v). La carte le fait amiral de l’Inde, étend le titre de Dom à ses frères et à leurs descendants, l’autorise à faire venir à chaque voyage deux cents cruzados de marchandises franches de droits et lui assigne des rentes sur la pêche et les taxes de Sines. Vers 1500, il épouse Catarina de Ataíde. Reparti en février 1502 avec une vingtaine de navires, il impose un tribut à Kilwa, fait incendier en octobre un navire de pèlerins qui revenait de La Mecque, bombarde Calicut, trouve bon accueil à Cochin et à Cannanore, puis rentre à l’été 1503.

Les vingt années suivantes se passent au Portugal. Sines appartient à l’ordre de Santiago, dont le maître, D. Jorge, s’oppose à ce qu’on la lui donne ; Gama en est expulsé en 1507 et passe à l’ordre du Christ. En décembre 1519, Manuel Ier le fait comte de Vidigueira, où une cloche porte encore l’inscription du « conde Dom Vasco almirante da Índia », datée de 1520. Jean III le nomme en février 1524 capitão-mor de la flotte et vice-roi de l’Inde pour trois ans (Chancelaria de D. João III, livro 37, f. 4-5), et le 28 février il prête l’hommage par un acte signé de sa main (Corpo Cronológico, parte I, maço 30, n.º 90). Trois mois après sa prise de fonctions, il meurt à Cochin le 24 décembre 1524, dans la maison d’un colon portugais, Diogo Pereira.

Il n’a laissé aucun récit. Ses instructions de 1497, le regimento, sont perdues, comme les rapports remis au roi que João de Barros put encore lire au milieu du XVIᵉ siècle, et le premier voyage n’est connu que par un journal anonyme dont il ne subsiste qu’une copie. Il faut donc reprendre cette copie et les chroniques imprimées à partir de 1551, examiner quatre épisodes que la recherche ne lit pas de la même manière, de Lisbonne en 1497 à la côte de Malabar en 1502, puis suivre ses ossements de Cochin jusqu’à Belém.

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