Le chantier ouvert à Cordoue vers 785 commence par un problème d’approvisionnement. Fûts de marbre, chapiteaux, bases, tout provient d’édifices romains et wisigothiques démontés ailleurs, et aucune colonne n’atteint la hauteur qu’exige une salle de prière de onze nefs. Les bâtisseurs de la Grande Mosquée de Cordoue superposent alors une seconde arcade à la première, claveaux de pierre claire et de brique rouge en alternance, si bien que des supports courts portent un plafond haut. Les inscriptions du monument datent le début des travaux de 786 (169 de l’hégire).
Une basilique que les fouilles n’ont pas retrouvée
Le récit que tout le monde répète est tardif. Il vient d’Ibn Idhârî, qui écrit au Maghreb vers 1312, et d’al-Maqqarî, qui compile trois siècles plus tard. Les musulmans de Cordoue auraient d’abord partagé avec les chrétiens une église dédiée à saint Vincent, puis Abd al-Rahmân Ier aurait racheté la part chrétienne pour élever sa mosquée sur la totalité du terrain. Le schéma reproduit trait pour trait celui que les mêmes traditions racontent pour Damas, où la mosquée omeyyade occupe l’emplacement d’un sanctuaire partagé, et Susana Calvo Capilla y voit une construction littéraire d’Ibn Idhârî nourrie de souvenirs damascènes plutôt qu’un témoignage sur Cordoue. Rien, dans le sol, n’est venu confirmer ce récit. Quand Félix Hernández creuse sous le dallage entre 1931 et 1936, la basilique attendue ne sort pas de terre, au grand étonnement des archéologues de son temps, et ce qui apparaît se réduit à des vestiges chrétiens de l’Antiquité tardive dont le plan d’ensemble demeure indéchiffrable. Un sol de mosaïque se voit encore aujourd’hui sous un plancher de verre, à environ quatre mètres au-dessous du niveau de la première salle de prière. En 2015, dans la revue Al-Qantara, Fernando Arce-Sainz a rangé l’affaire sous un titre qui vaut verdict, du mythe historique à l’obstination historiographique.
Le camp adverse garde des arguments sérieux. Personne ne conteste la présence de bâtiments chrétiens sur ce terrain avant 785, et les récits arabes de la conquête, même écrits des siècles après, transmettent souvent des informations indirectes exactes sur les liens entre al-Andalus, l’Orient et le Maghreb. L’absence d’un plan de basilique, dans un édifice sondé par tranchées étroites avec les méthodes des années 1930, laisse ouverte la possibilité qu’on soit passé à côté. Pour trancher, il faudrait relever le dallage de la salle de prière sur plusieurs centaines de mètres carrés.
On ne sait donc pas quel bâtiment la mosquée a remplacé.
Le mur ne regarde pas La Mecque
Une boussole suffit à vérifier ce qui suit. Le mur de qibla est orienté à environ soixante-deux degrés au sud de l’est, direction qui pointe vers les déserts algériens, quand la position de La Mecque calculée aujourd’hui depuis Cordoue se situe à dix degrés au sud de l’est. Dans Early Muslim Architecture, paru en 1940, Keppel Archibald Cameron Creswell écrivait que l’édifice est orienté presque exactement nord-sud. Aucune boussole ne donne ce relevé. L’erreur a tenu près d’un siècle dans les manuels et a nourri la légende commode d’une mosquée alignée sur celle de Damas, qui regarde en effet plein sud. Un Andalou, pourtant, avait mesuré. Dans un traité sur l’usage de l’astrolabe conservé en un seul exemplaire à la British Library, le manuscrit Add MS 9602 copié vers 1200, Ibn al-Nattâh note au folio 18 verso que la mosquée du vendredi est à soixante degrés et que la plupart des autres mosquées de Cordoue sont à vingt-trois. Il écrit quatre siècles après la fondation, et son relevé demeure le plus ancien dont on dispose.
La réponse est venue du sous-sol romain. Les fouilles récentes ont restitué deux trames de rues à Corduba, celle du centre calée sur les points cardinaux, celle du faubourg de Colonia Patricia inclinée d’environ trente degrés et orientée sur le lever du soleil au solstice d’été. David A. King a montré en 2018 que la mosquée épouse la seconde, jusqu’aux limites de parcelle qui déterminent son mur oriental. Le détail qui emporte l’adhésion se trouve en dessous, puisque le sol de mosaïque enfoui sous la première salle est orienté aux points cardinaux et que la mosquée est donc posée de biais sur le bâtiment qu’elle remplaçait. Restait à savoir ce qu’en pensaient les Cordouans. Les traités de géographie sacrée attribuent à chaque région un segment du pourtour de la Kaaba, et plusieurs placent al-Andalus devant son mur nord-ouest. Quand al-Hakam II fait reculer la qibla pour agrandir la salle, la question du redressement revient sur la table. Al-Maqqarî rapporte que les astronomes de la cour jugeaient l’orientation trop déviée vers l’ouest, et que le faqîh Abû Ibrâhîm répondit au calife que la direction avait été fixée par la génération suivant les compagnons du Prophète, et qu’il valait mieux suivre la tradition qu’innover. Le mur fut reporté plus au sud avec exactement le même angle, et personne n’y toucha plus.
Seize tonnes de verre, dit la chronique
En 961, al-Hakam II succède à son père et lance le plus soigné des agrandissements, douze travées vers le sud, exécuté entre 962 et 968. Les inscriptions en mosaïque du mihrab, éditées par Manuel Ocaña Jiménez, portent l’année 965 (354 de l’hégire). Le mihrab cordouan occupe une petite salle heptagonale précédée d’un arc outrepassé, là où l’usage se contente d’une niche creusée dans l’épaisseur du mur. Trois façades et une coupole d’entrée sont couvertes de mosaïque à feuille d’or, avec des verts, des bleus, du rouge et du pourpre.
Deux récits arabes donnent l’origine de ces tesselles. Al-Idrîsî, au XIIᵉ siècle, écrit que les cubes de verre ont été envoyés par l’empereur Constantin VII. Ibn Idhârî, vers 1312, ajoute un mosaïste dépêché de Constantinople et trois cent vingt qintâr de tesselles, soit environ seize tonnes, et raconte que les apprentis finirent par surpasser le maître. Rapportés au calendrier du chantier, ces textes coincent. Constantin VII est mort en 959, les travaux du mihrab se placent entre 965 et 972 sous le règne de Nicéphore Phokas, et le matériel est peut-être arrivé vers 961 avec une ambassade de Romain II, du vivant d’Abd al-Rahmân III. L’école de mosaïstes n’a laissé aucune autre trace en al-Andalus, ni atelier fouillé ni second chantier comparable.
Pour comprendre pourquoi on a voulu de la mosaïque ici, il faut regarder vers l’Orient. Le procédé n’allait pas de soi dans une péninsule sans tradition de mosaïque murale, qui couvrait ses murs de céramique. Il désigne Damas et Jérusalem, où les Omeyyades d’Orient avaient fait poser les mêmes ors deux siècles et demi plus tôt. Nuha Khoury y a lu une déclaration dynastique, Susana Calvo Capilla la construction visuelle d’un califat, et Gabriel Martinez-Gros a décrit la fabrique parallèle de cette légitimité par les historiens de cour. Le califat de Cordoue est proclamé en 929. Le mihrab date de 965. Entre les deux dates court l’intervalle d’une génération qui avait besoin de preuves matérielles.
Agrandir sans toucher au mihrab
Al-Hakam II meurt en 976. Son fils Hicham II a dix ans et le pouvoir réel passe au hâjib al-Mansûr. Vers 988 (377 de l’hégire), celui-ci lance le dernier et le plus vaste des agrandissements. Le sud est fermé par la pente et par le Guadalquivir, l’ouest par le palais califal, le nord par la cour. Pour gagner vers l’est, il fallut acheter des maisons et supprimer une rue.
Huit nefs sont ajoutées de ce côté, cour comprise, avec une élévation copiée sur celle d’al-Hakam II et des claveaux peints qui imitent à moindre coût l’alternance de la brique. L’agrandissement épargne la maqsûra, et ce respect produit un effet imprévu : le mihrab, jusque-là au milieu de la qibla, se retrouve décalé vers l’ouest et la nef axiale cesse d’être axiale. Un visiteur marche aujourd’hui vers un mihrab décentré sans savoir qu’il l’est devenu par égard pour lui. Les chiffres de fréquentation qu’on lit partout, quarante mille fidèles et davantage, sont des estimations calculées sur la surface, car aucun texte médiéval ne compte les présents un vendredi.
Alonso Manrique fait percer la salle
Cordoue tombe le 29 juin 1236 (19 shawwâl 633) et la mosquée est consacrée dans l’année. Pendant près de trois siècles, les chrétiens s’installent sans beaucoup démolir. Des chapelles se logent le long des murs, la grande chapelle primitive occupe un côté, et le minaret d’Abd al-Rahmân III, bâti en 952, est arasé puis enfermé dans le clocher, où sa partie basse se trouve toujours.
En 1523, l’évêque Alonso Manrique décide d’ouvrir au centre de la salle une chapelle majeure avec croisée et chœur, ce qui suppose de démolir des travées d’Abd al-Rahmân II et d’al-Mansûr. La ville s’y oppose et l’évêque excommunie ses adversaires ; l’affaire remonte jusqu’à Charles Quint, qui laisse faire. Hernán Ruiz l’Ancien dirige le chantier, son fils le poursuit, Juan de Ochoa l’achève en 1607.
Le chantier chrétien aura donc duré quatre-vingt-quatre ans.
La phrase que les guides attribuent à l’empereur, selon laquelle on aurait détruit ce qui était unique au monde pour mettre à la place ce qu’on voit partout, n’est portée par aucun document contemporain. Elle rend pourtant un grand service, puisqu’elle résume l’indignation en une ligne et dispense de regarder le conflit de 1523, qui opposait un évêque à un conseil municipal et non une religion à une autre. L’argument inverse mérite d’être entendu. Un bâtiment de cette taille ne traverse pas huit siècles sans toiture entretenue ni usage quotidien, et des deux noms qui circulent, celui de mosquée-cathédrale décrit mieux l’objet, puisqu’il énonce la superposition au lieu de choisir un camp.
Le bore des tesselles
En 2021, une équipe espagnole, portugaise et française a publié l’analyse de quatre-vingt-onze tesselles déposées de la maqsûra pendant l’étude préalable à sa restauration. Au laboratoire de l’IRAMAT à Orléans, l’ablation laser couplée à la spectrométrie de masse a fourni les compositions. Soixante et une tesselles se sont révélées être du Xᵉ siècle, et quarante-sept d’entre elles contiennent du bore en quantité anormale, signature qu’on ne retrouve que dans les verres byzantins faits de matières premières d’Asie Mineure. Les plus grands gisements de bore du monde sont en Turquie, et les eaux thermales de l’ouest du pays donnent une correspondance chimique convaincante.
Le récit tardif d’Ibn Idhârî se trouve donc vérifié sur un point et laissé en suspens sur un autre. Le verre vient bien de Byzance, en grande quantité, et l’ensemble cordouan est le plus gros lot de verre au bore connu hors de l’Empire byzantin. Quelques échantillons mêlent en revanche ce verre importé à un verre au plomb ibérique du type qu’on fabriquait alors à Madînat al-Zahrâ, ce qui suppose une production locale de tesselles et des gens sur place capables de les fondre.
L’analyse a servi aussi à séparer les âges dans un même mur. Les treize tesselles de la chambre de Bâb Bayt al-Mâl forment un fac-similé commandé par Ricardo Velázquez Bosco à l’atelier madrilène Mauméjean Frères en 1912 et posé en 1916. Quatre autres, incolores, portent la peinture d’une restauration du XIXᵉ siècle, et neuf sont en pierre blanche. Le mur que l’on photographie aujourd’hui mêle donc 965 et 1916, et il aura fallu mesurer une teneur en bore pour faire le partage.
Pour aller plus loin
Le sujet croise celui de Madînat al-Zahrâ, la ville palatine d’Abd al-Rahmân III dont les ateliers ont taillé les chapiteaux du Xᵉ siècle et dont les verres au plomb servent de terme de comparaison. Il rejoint la question du réemploi antique dans l’architecture du haut Moyen Âge, et celle des ambassades entre Cordoue et Constantinople, dont les cadeaux diplomatiques forment une source à part entière.
La grande mosquée de Cordoue passe pour un monument dont tout serait su. Elle a été commencée vers 785 par le premier émir de la ville, en Andalousie, puis agrandie à plusieurs reprises. Après la conquête chrétienne, elle est devenue cathédrale, et une église a fini par être bâtie en son milieu. Les dates sont sûres et les commanditaires ont laissé leur nom. Trois questions, pourtant, n’ont toujours pas de réponse, et elles portent sur ce qu’il y a de plus visible dans le bâtiment.
Une église qu’on n’a jamais retrouvée
L’histoire commence toujours de la même façon. Une église chrétienne se serait dressée là. Les musulmans en auraient d’abord partagé l’usage avec les fidèles, puis l’émir aurait acheté leur moitié pour tout démolir et bâtir sa mosquée.
Le récit vient de chroniqueurs arabes qui écrivent plusieurs siècles après les faits. Il ressemble beaucoup à celui qu’on raconte pour la grande mosquée de Damas, où les mêmes auteurs décrivent le même partage suivi du même rachat. Cette ressemblance rend les historiens méfiants.
Les archéologues ont creusé sous le dallage il y a près d’un siècle. Ils ont dégagé des vestiges chrétiens anciens, dont un sol de mosaïque que l’on voit encore sous un plancher de verre. Aucun plan d’église n’est apparu.
Certains en concluent à une légende recopiée d’un auteur à l’autre. D’autres répondent que des sondages étroits, menés avec les moyens de l’époque, ont très bien pu passer à côté. Personne ne pourra trancher sans soulever le sol de la salle de prière, et cela n’est pas prévu. Le débat dure depuis plus de trente ans sans avancer, faute de terrain accessible.
Un mur tourné vers le Sahara
Toute mosquée possède un mur tourné vers La Mecque, la qibla. Celui de Cordoue ne l’est pas vraiment. Il vise le sud-est, du côté des déserts algériens, à une cinquantaine de degrés de la direction attendue.
L’explication répétée pendant tout le siècle dernier était fausse. On lisait dans les manuels que le mur regardait plein sud, comme celui de Damas, en souvenir du pays d’origine de la dynastie. Or il ne regarde pas plein sud. Personne n’avait pris la peine de faire le relevé sur place.
La vraie raison paraît plus terre à terre. La ville romaine avait deux quartiers avec deux réseaux de rues différents, et celui du bord du fleuve était incliné. La mosquée s’est logée dans ce quadrillage existant et en a pris l’angle.
Les Cordouans le savaient. Les astronomes du calife lui ont demandé de redresser le mur pendant les travaux d’agrandissement. Les juristes ont répondu que la direction avait été fixée par des hommes pieux des premières générations, et qu’on ne corrige pas les anciens. Le calife les a suivis. Le mur a été reporté plus loin avec exactement le même angle, et personne n’y est revenu par la suite.
Le verre de l’empereur
La partie la plus somptueuse du bâtiment est la petite salle réservée au calife, tapissée de minuscules cubes de verre doré. Les chroniques racontent qu’un empereur de Constantinople en a envoyé seize tonnes, avec un maître mosaïste chargé de former des apprentis sur place.
L’histoire semblait trop belle pour être vraie. Des chimistes ont récemment prélevé quatre-vingt-onze cubes et mesuré leur composition. La plupart contiennent du bore en quantité inhabituelle, et cette signature ne se rencontre que dans les verres fabriqués en Asie Mineure. Le cadeau impérial a donc bien existé.
Quelques cubes, en revanche, mélangent ce verre importé à un verre au plomb produit dans la région même. Des gens fabriquaient donc des tesselles sur le chantier. De l’école de mosaïstes annoncée par les chroniques, aucune trace n’a jamais été retrouvée ailleurs dans la péninsule.
La même analyse a repéré autre chose. Treize cubes d’une des chambres ne sont pas anciens du tout. Ils sortent d’un atelier de Madrid et ont été posés en 1916. Leurs voisines, elles, datent du temps du calife.
Le manuscrit où un savant andalou a noté l’angle du mur, la réponse exacte du juriste au calife et le nom de l’atelier madrilène se trouvent dans la version complète.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Ibn al-Nattâh, traité sur l’usage de l’astrolabe, copie unique du début du XIIIᵉ siècle, f. 1v-24v, valeurs de la qibla à Cordoue aux f. 18v-19r British Library, Oriental Manuscripts, Add MS 9602
- Mihrab et maqsûra d’al-Hakam II, mosaïques à feuille d’or et inscriptions coufiques, inscription datée de 965 (354 de l’hégire), mur de qibla Mosquée-cathédrale de Cordoue
- Sol de mosaïque d’un édifice antérieur, visible sous plancher de verre à environ quatre mètres au-dessous du niveau de la première salle de prière, orientation cardinale Mosquée-cathédrale de Cordoue
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Sources primaires (suite)
- Quatre-vingt-onze tesselles déposées de la maqsûra, chambres du mihrab, du Sâbât et de Bâb Bayt al-Mâl, prélèvements de l’étude préalable à la restauration Cabildo de la cathédrale de Cordoue et Instituto Andaluz del Patrimonio Histórico
- Inscriptions datées du monument, 169/786 pour le début des travaux, 234/848 pour l’agrandissement d’Abd al-Rahmân II, 340/952 pour le minaret d’Abd al-Rahmân III, 354/965 pour le mihrab, 377/988 pour l’agrandissement d’al-Mansûr
- Al-Maqqarî, *Nafh al-tîb*, récit de la consultation d’al-Hakam II sur le changement de qibla, passage traduit par Julio Samsó
- Ibn Idhârî, *Kitâb al-Bayân al-mughrib*, vers 1312, récit du mosaïste envoyé de Constantinople et des trois cent vingt qintâr de tesselles
- Al-Idrîsî, XIIᵉ siècle, mention de l’envoi des tesselles par l’empereur Constantin VII
Bibliographie
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Sources en ligne
- « Great Mosque of Córdoba » Discover Islamic Art, Museum With No Frontiershttps://islamicart.museumwnf.org/database_item.php?id=monument;isl;es;mon01;1;en
- « Mihrab » Mezquita-Catedral de Córdoba, site officiel du monumenthttps://mezquita-catedraldecordoba.es/en/descubre-el-monumento/el-edificio/mihrab/
- « The enigmatic orientation of the Great Mosque of Córdoba » Suhayl, Universitat de Barcelona, portail RACOhttps://raco.cat/index.php/Suhayl/article/view/355091
- « Christian-Muslim contacts across the Mediterranean : Byzantine glass mosaics in the Great Umayyad Mosque of Córdoba (Spain) » Journal of Archaeological Science, ScienceDirecthttps://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0305440321000406
- « La supuesta basílica de San Vicente en Córdoba : de mito histórico a obstinación historiográfica » Al-Qanṭara, CSIChttps://al-qantara.revistas.csic.es/index.php/al-qantara/article/view/337
- « Two treatises on astrolabes », British Library, Add MS 9602 Qatar Digital Libraryhttps://www.qdl.qa/en/archive/81055/vdc_100022579782.0x000001
- « Les premières mosquées et la transformation des sanctuaires wisigothiques (92H/711-170H/785) » Mélanges de la Casa de Velázquez, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/mcv/4074


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