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Les janissaires : l’élite qui finit par faire trembler les sultans

L'Empire ottoman18 septembre 202643 sources vérifiées
Jean Baptiste Vanmour / Wikimedia Commons
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Yeux noisette, sourcils écartés, teint clair, un grain de beauté entre les sourcils, un autre sous chaque mèche des tempes, grande taille, « mahbub », c’est-à-dire beau garçon. Le signalement est celui de Yeno, fils de Dimitro, du village de Makriva, près de Strumica, inscrit au printemps 1498 sur un registre de levée d’enfants destinés aux janissaires. Plus bas, Istoban, du village de Sokoloviçe, porte une mention rare sous la plume du scribe, celle d’un enrôlement fait à sa propre demande. Suivent deux Athéniens, Yorgi, quatorze ans, et Mihal, douze ans, dont le registre note jusqu’au prénom de la mère, Mariya.

Devchirmé

Le mot turc devşirme, francisé en devchirmé, signifie « cueillette ». Il désigne une levée périodique de garçons chrétiens parmi les sujets du sultan, en principe un pour quarante foyers selon la synthèse publiée en 2012 par Gábor Ágoston. Par groupes de cent à deux cents, les recrues gagnent la capitale à pied, où on les circoncit et les convertit à l’islam. Les plus doués entrent aux écoles du palais, l’Enderun ; quant aux autres, ils passent sept ou huit ans chez des paysans turcs avant de rejoindre les novices, les acemi oğlan. Sur l’âge, Ágoston parle de huit à vingt ans, tandis que Kemal Beydilli relève un firman de 1622 qui réclame des jeunes gens de quinze à vingt ans. Les musulmans sont exemptés, sauf en Bosnie, où les Kavanin-i Yeniçeriyan de 1606 invoquent une demande des Bosniaques convertis après 1463, récit qu’Aşkın Koyuncu a soumis à la critique en 2017.

L’institution n’a pas d’acte de naissance. Dès le XIVᵉ siècle, les souverains ottomans prélèvent le cinquième des captifs de guerre, le pençik, qui a coexisté avec le devchirmé au XVᵉ siècle, a montré Gilles Veinstein au Collège de France en 2009-2010. Ágoston place la création du corps dans les années 1370 et la levée d’enfants dans les années 1380. Beydilli cite un document de 1385 qui nomme déjà deux janissaires, İlyas et İskender, tous deux « fils d’Abdullah ». Konstantin Mihailović, ancien janissaire, en attribue l’invention à Bayezid Iᵉʳ (1389-1402). Beydilli reconnaît qu’on ignore comment les Ottomans en sont venus à lever les enfants de sujets chrétiens que le droit islamique protège contre le paiement de la capitation. Les historiens de l’Empire parlent d’un « âge classique » jusque vers 1600, et le découpage de l’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, n’y coupe rien ; l’article suit donc le corps jusqu’en 1826.

Dans les registres du cadi de Bursa, entre 1491 et 1538, le juge consigne la mort de garçons placés chez des villageois ou des boutiquiers, emportés pour la plupart par la peste, comme Hamza, un Bosniaque blond aux yeux bleus, en février 1491. Pris en 1455, à vingt ans selon son éditeur français, Mihailović se retrouve un an plus tard sous les murs de Belgrade. Beydilli le range parmi les recrues du devchirmé, alors que cette prise d’un adulte ressemble davantage à une capture de guerre. Ses Mémoires d’un janissaire ne survivent que dans des versions polonaise et tchèque.

Deux aspres par jour sous Murad II

Au sortir du noviciat, l’entrée dans le corps s’appelle kapıya çıkma, « sortir à la Porte ». Beydilli y voit un affranchissement de fait, la recrue devenant un kul du sultan, qu’on ne peut ni vendre ni louer. Le corps loge à Istanbul, entre Şehzadebaşı et Aksaray, et se divise en 196 ortas. On traduira ici orta par « compagnie », parce qu’une orta compte soixante à soixante-dix hommes à l’origine, une centaine ensuite. Son chef se nomme çorbacı, l’homme de la soupe, et chaque unité possède sa marmite, le kazan, qu’on sort sur la place pour signifier la révolte.

L’élite se mesure d’abord à la rareté. Selon Ágoston, les janissaires sont environ 2 000 à Kosovo en 1389, 10 000 à la mort de Mehmed II en 1481, et le corps reste sous les 12 000 hommes jusqu’à la fin du XVIᵉ siècle, quand les cavaliers payés en timars forment, d’après Beydilli, neuf dixièmes des armées. Il se distingue aussi par le feu. En 1526, 4 000 fusiliers janissaires sont en ligne à Mohács, et un ordre de janvier 1552 impose à l’agha du corps un exercice de tir hebdomadaire.

Les chiffres grimpent ensuite, et ils trompent. Les budgets du trésor publiés par Mehmet Genç et Erol Özvar inscrivent 7 886 janissaires en 1527-1528, 12 798 en 1567-1568, 37 627 en 1609 et 78 798 en 1694-1695. Ágoston y voit des effectifs « sur le papier », souvent gonflés. Pour 1609, Beydilli donne 39 282 hommes d’après un autre dépouillement, probablement parce que les deux séries ne regroupent pas les mêmes rubriques. Vers 1600, entre 17 et 30 % seulement des inscrits rejoignent les campagnes.

La solde explique une partie du glissement. Un janissaire touche 2 aspres par jour sous Murad II et 7 sous Murad III ; en 1947, Mustafa Akdağ calculait qu’il en aurait fallu 20 pour suivre les prix, multipliés au moins par dix en deux siècles. Les soldats prennent donc des métiers. En 1596, le chroniqueur Selaniki note que le départ de l’armée fait monter les prix à Istanbul, parce que les marchands des bazars sont presque tous sipahis, janissaires, armuriers, canonniers ou charretiers, quand ils ne sont pas leurs associés, si bien que la ville se vide de ses vendeurs dès que les troupes se mettent en marche. Sur 1 110 boutiques inscrites dans les registres de caution d’Istanbul de 1791-1793, Betül Başaran en rattache environ 40 % à des janissaires.

Le soldat devient boutiquier, et le boutiquier, à son tour, se fait inscrire dans une orta.

Osman II est étranglé à Yedikule

Né le 3 novembre 1604, Osman II mène en 1621 la campagne de Hotin contre la Pologne. À Edirne, il surveille lui-même la paie et fait compter les soldats un à un pendant trois jours, ce que les officiers prennent mal, rapporte Feridun Emecen. Les assauts échouent. Au retour, le grand vizir cherche à réduire les effectifs lors de la paie de 1622. La rumeur prête ensuite au sultan, qui prépare un pèlerinage à La Mecque, le projet de lever des troupes en Anatolie contre les janissaires ; les oulémas, privés d’une partie de leurs bénéfices, rejoignent les soldats.

Les équivalents grégoriens des dates hégiriennes suivent ici l’İslâm Ansiklopedisi. La révolte éclate le 19 mai 1622 et proclame sultan Mustafa Iᵉʳ, oncle d’Osman. Dans la nuit, Osman se réfugie chez l’agha des janissaires, Ali, que les soldats tuent avant de se saisir du sultan le 20 mai. Tête nue, il est mené à la mosquée des casernes, puis, dans une charrette de marché selon la notice consacrée à Kara Davud Pacha, vers la forteresse de Yedikule, où l’entourage de ce nouveau grand vizir l’étrangle vers le soir.

Aucun sultan ottoman n’avait encore été tué par ses sujets. Témoin des faits, Hüseyin Tugi rédige sa Musibetname entre le 21 mai et le 9 août 1622, du point de vue des soldats hostiles au sultan. Emecen estime que l’image d’un Osman réformateur, décidé à abolir le corps, vient largement de ce récit et des usages politiques qu’en ont faits les historiens des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Baki Tezcan place au contraire le régicide au centre d’un « second Empire ottoman », daté d’environ 1580 à 1826, sorte de monarchie limitée en formation où les janissaires pèsent en acteurs politiques. Nicolas Vatin et Gilles Veinstein, en 2003, rapprochent le cas de celui d’İbrahim, tué en 1648. Osman a probablement voulu reprendre la main sur ses troupes, et jusqu’où il comptait aller, les sources ne permettent pas de le dire. L’ambassadeur anglais Thomas Roe, arrivé en 1621, jugeait que le jeune souverain, à force de courir les tavernes en habits ordinaires, avait perdu la crainte due à son rang.

Des rebelles sans cause ?

En 1606, un vétéran anonyme du corps adresse à Ahmed Iᵉʳ un traité intitulé Kavanin-i Yeniçeriyan, les « Lois des janissaires ». L’original est perdu, une dizaine de copies sont connues, dont l’une, à Istanbul, dans la section Revan sous le numéro 1320, daterait de 1642-1643 selon Koyuncu. On a longtemps pris ce texte pour un règlement. Pál Fodor l’a lu dès 1986 comme un traité de conseil au prince, et Beydilli retient cette lecture : l’auteur idéalise un âge ancien, réclame le retour du devchirmé et impute la décadence à l’entrée d’étrangers dans les rangs, au mariage des soldats et au commerce. Pour Beydilli, ces causes isolées n’expliquent plus grand-chose, et des auteurs européens ont durci le schéma de la décadence en insistant sur l’origine chrétienne des recrues, jusqu’à faire de Tchaldiran, en 1514, une victoire de chrétiens sur des Turcs. La légende du bonnet blanc béni par Hacı Bektaş sort du même atelier. Le saint était mort avant la fondation de l’État ottoman, Mihailović n’en dit mot, et un chroniqueur de la fin du XVᵉ siècle dément déjà le lien, qui ne se noue vraiment que plus tard et durera jusqu’en 1826. Quant à la musique militaire, le mehter, elle a connu un sort voisin, puisqu’aucune partition d’origine n’a survécu et que la fanfare a été recréée après 1908.

Une autre lecture fait des janissaires une force politique. Cemal Kafadar a posé la question dans le titre d’un article de 2007, qui demande s’ils furent des rebelles sans cause. En 2010, Ali Yaycıoğlu a rapproché leurs soulèvements des luttes pour limiter le pouvoir du prince, en citant un rapport de 1808 où le diplomate autrichien Franz von Ottenfels leur prête un esprit républicain. Des janissaires ont même discuté, à une date que Beydilli ne précise pas, d’un chef élu parmi eux, à la manière des régences d’Afrique du Nord.

Beydilli a répondu en 2013 par la critique de source. Ottenfels écrit pour une cour en guerre contre la France révolutionnaire, et « républicain » désigne sous sa plume des régicides. Il rappelle les ortas qui suspendaient leur hache à la porte des boutiques pour y vendre leur protection, et les exactions qui ont nourri le soulèvement serbe de 1804. Les tenants de la décadence gardent surtout des faits militaires. Vers 1784, une inspection trouve environ 5 000 soldats actifs à côté de plus de 40 000 pensionnés, dont un tiers seulement d’anciens janissaires. Le 11 août 1791, après la déroute de Măcin, l’agha et les officiers signent une requête déclarant qu’on ne peut opposer des troupes sans ordre à l’armée réglée des infidèles, refus de combattre qui précède la paix de Iași du 9 janvier 1792.

Les meneurs restent mal connus, faute de listes nominatives. Pour 1807 et 1808, Mehmet Mert Sunal repère surtout des officiers de rang moyen, gérants des caisses d’orta ou maîtres cuisiniers, qui prêtaient à intérêt aux petits commerçants.

Etmeydanı, juin 1826

Selim III lance après la paix de 1792 une armée à l’européenne, le Nizam-ı Cedid, forte de 23 000 hommes en 1807 selon Ágoston. Du 25 au 29 mai 1807, la révolte de Kabakçı Mustafa le contraint à renoncer à ses réformes puis au trône. En 1808, Selim III puis Mustafa IV sont mis à mort, et le 16 novembre les janissaires se débarrassent du grand vizir Alemdar Mustafa Pacha. Beydilli fait de la suppression du corps l’objectif constant de Mahmud II, sultan depuis cette année-là.

En juin 1826, les janissaires sortent leurs marmites sur la place d’Etmeydanı. Cette fois, le sultan a rallié les oulémas, de gré ou de force. Des colonnes grossies de sapeurs, d’étudiants des madrasas et d’habitants montent à l’assaut, et les canons du chef artilleur Numan et du capitaine Kara Cehennem İbrahim incendient les casernes, selon l’Üss-i Zafer, le récit officiel d’Esad Efendi. Dans sa notice sur le corps, Beydilli date du 14 juin la fin des janissaires ; celle qu’il consacre à l’événement place l’abolition au 17 juin. Dans la foulée, l’ordre bektachi est supprimé. Les Ottomans appellent l’épisode Vaka-i Hayriye, « l’événement bienfaisant ».

Le dernier agha du corps, Mehmed Celaleddin, a survécu près de quarante ans à l’institution qu’il commandait. C’est au cours d’une audience devant le cheikh ul-islam, entre 1858 et 1863, qu’il révèle qui il est, et sa pension mensuelle de 1 000 piastres est alors portée à 7 500 jusqu’à sa mort en 1863, épisode que l’historien et homme d’État Ahmed Cevdet Pacha consigne au douzième volume de son Histoire.

Pour aller plus loin

Ce dossier croise l’Enderun, l’école du palais où les recrues les plus douées du devchirmé devenaient gouverneurs et vizirs, et l’ordre bektachi, dont l’histoire se mêle à celle du corps jusqu’en 1826. Il rejoint aussi la révolte de 1730, qui clôt l’époque dite des Tulipes, et, du côté russe, la destruction des streltsy par Pierre le Grand en 1698, qu’Ahmed Cevdet Pacha a rapprochée du sort des janissaires.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Registre de levée d’enfants (devchirmé), province de Köstendil, ramazan 903 (avril-mai 1498), signalements de Yeno fils de Dimitro (Makriva, district de Strumica), d’Istoban fils de Dimitro (Sokoloviçe, inscrit « de son propre gré ») et de Yorgi et Mihal d’Athènes – Başbakanlık Osmanlı Arşivi (aujourd’hui archives d’État de la présidence turque), Istanbul, Bâb-ı Defterî, Müteferrik, n° 36805 cote d’après Kemal Beydilli, « Yeniçeri », TDV İslâm Ansiklopedisi
  2. Registres du cadi de Bursa (şer’iyye sicilleri), 1491-1538, mentions de décès de recrues placées chez des particuliers, dont Hamza, « d’origine bosniaque », février 1491 publiés dans Coşkun Yılmaz et Necdet Yılmaz (éd.), Osmanlılarda Sağlık, Istanbul, 2006, II, p. 26-28
  3. Document de 1385 mentionnant les janissaires İlyas et İskender, « fils d’Abdullah » cité d’après İsmail Hakkı Uzunçarşılı, Osmanlı Devleti Teşkilâtından Kapukulu Ocakları, I, Ankara, 1943, p. 145
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Sources primaires (suite)

  1. Firman de 1031/1622 fixant l’âge des recrues du devchirmé entre quinze et vingt ans cité d’après Uzunçarşılı, Kapukulu Ocakları, I, p. 93-95
  2. Ordre adressé à l’agha des janissaires, janvier 1552, prescrivant un exercice de tir hebdomadaire cité d’après G. Káldy-Nagy, « The First Centuries of the Ottoman Military Organization », Acta Orientalia Academiae Scientiarum Hungaricae 31 (2), 1977, p. 167
  3. Konstantin Mihailović d’Ostrovica, Mémoires d’un janissaire. Chronique turque, fin du XVᵉ siècle, conservés dans des versions polonaise et tchèque ; traduit du vieux-polonais par Charles Zaremba, présenté par Michel Balivet, Toulouse, 2012, rééd. 2019 Anacharsis
  4. Kavanin-i Yeniçeriyan (« Lois des janissaires »), traité anonyme adressé à Ahmed Iᵉʳ en 1606, original perdu, une dizaine de copies, dont Istanbul, section Revan, n° 1320, copie estimée de 1642-1643 ; éd. Tayfun Toroser, Istanbul, 2011 Türkiye İş Bankası Kültür Yayınları
  5. Budgets du trésor ottoman, 1514-1776, effectifs soldés des janissaires publiés par Mehmet Genç et Erol Özvar (dir.), Osmanlı Maliyesi. Kurumlar ve Bütçeler, Istanbul, 2006, I, p. 237-238
  6. Selaniki Mustafa Efendi, Tarih, récit de l’année 1596 sur la cherté à Istanbul au départ de l’armée éd. Mehmet İpşirli, II, p. 515-516
  7. Hüseyin Tugi, Musibetname, récit de la déposition et du meurtre d’Osman II, rédigé entre le 21 mai et le 9 août 1622, dernière main vers octobre 1623 éd. Nezihi Aykut, thèse d’habilitation, faculté des lettres de l’université d’Istanbul, 1988
  8. Sir Thomas Roe, The Negotiations of Sir Thomas Roe, in his Embassy to the Ottoman Porte, from the Year 1621 to 1628 Inclusive, Londres, 1740, p. 45-52 (portrait d’Osman II p. 48-49)
  9. Rapport d’inspection du corps des janissaires, vers 1784 cité d’après Mehmet Mert Sunal (2010), p. 509
  10. Requête collective (mahzar) des officiers de l’armée ottomane, camp de Măcin, 11 août 1791 texte rapporté par Ahmed Cevdet Pacha, Tarih-i Cevdet, V, p. 162-163 ; même ouvrage, XII, p. 170, pour la pension du dernier agha Mehmed Celaleddin
  11. Registres de caution (kefalet defterleri) des boutiquiers d’Istanbul, 1791-1793, 1 110 établissements exploités par Betül Başaran, p. 123-124
  12. Rapport de Franz von Ottenfels sur le corps des janissaires, novembre 1808 connu par les citations de J. Krauter, Franz Freiherr von Ottenfels, Salzbourg, 1913, et d’Ali Yaycıoğlu (2010), p. 667 et 682 [lieu de conservation non vérifié]
  13. Sahaflar Şeyhizade Esad Efendi, Üss-i Zafer, histoire officielle de la suppression du corps en 1826 éd. Mehmet Arslan, Istanbul, 2005, p. 70-71

Bibliographie

  1. Gilles Veinstein, Les Esclaves du sultan chez les Ottomans. Des mamelouks aux janissaires (XIVᵉ-XVIIᵉ siècles), éd. Elisabetta Borromeo, Paris, 2020 Les Belles Lettres
  2. Nicolas Vatin et Gilles Veinstein, Le Sérail ébranlé. Essai sur les morts, dépositions et avènements des sultans ottomans (XIVᵉ-XIXᵉ siècle), Paris, 2003, 523 p. Fayard
  3. Kemal Beydilli, « Yeniçeri », TDV İslâm Ansiklopedisi 43, Istanbul, 2013, p. 450-462 TDV İslâm Araştırmaları Merkezi
  4. Kemal Beydilli, « Vak’a-i Hayriyye », TDV İslâm Ansiklopedisi 42, Istanbul, 2012, p. 454-457 TDV İslâm Araştırmaları Merkezi
  5. Feridun Emecen, « Osman II », TDV İslâm Ansiklopedisi 33, Istanbul, 2007, p. 453-456 TDV İslâm Araştırmaları Merkezi
  6. Gábor Ágoston, « Ottoman military organization (up to 1800) », dans Gordon Martel (dir.), The Encyclopedia of War, 2012 Blackwell Publishing
  7. Mehmet Genç et Erol Özvar (dir.), Osmanlı Maliyesi. Kurumlar ve Bütçeler, 2 vol., Istanbul, 2006 Osmanlı Bankası Arşiv ve Araştırma Merkezi
  8. Baki Tezcan, The Second Ottoman Empire. Political and Social Transformation in the Early Modern World, Cambridge, 2010, coll. « Cambridge Studies in Islamic Civilization » Cambridge University Press
  9. Cemal Kafadar, « Janissaries and Other Riffraff of Ottoman Istanbul : Rebels without a Cause ? », International Journal of Turkish Studies 13 (1-2), 2007, p. 113-134 International Journal of Turkish Studies
  10. Pál Fodor, « Bir Nasihat-name Olarak Kavānīn-i Yeniçeriyan », dans Beşinci Milletlerarası Türkoloji Kongresi. Tebliğler III, Türk Tarihi, 1, Istanbul, 1986, p. 217-224 İstanbul Üniversitesi Edebiyat Fakültesi
  11. Aşkın Koyuncu, « Kavânin-i Yeniçeriyân and the Recruitment of Bosnian Muslim Boys as Devshirme Reconsidered », dans Srđan Rudić et Selim Aslantaş (dir.), State and Society in the Balkans Before and After Establishment of Ottoman Rule, Belgrade, 2017, p. 283-317 Institut d’histoire de Belgrade et Yunus Emre Enstitüsü
  12. Mustafa Akdağ, « Yeniçeri Ocak Nizamının Bozuluşu », Ankara Üniversitesi Dil ve Tarih-Coğrafya Fakültesi Dergisi V (3), 1947, p. 291-313 DTCF Dergisi
  13. Betül Başaran, « III. Selim ve İstanbul Şehir Siyaseti, 1789-1792 », dans N. Lévy et A. Toumarkine (dir.), Osmanlı’da Asayiş, Suç ve Ceza. 18.-20. Yüzyıllar, Istanbul, s. d., p. 116-134 Tarih Vakfı Yurt Yayınları
  14. Ali Yaycıoğlu, « Sened-i İttifak (1808) : Osmanlı İmparatorluğu’nda Bir Ortaklık ve Entegrasyon Denemesi », dans Seyfi Kenan (dir.), Nizâm-ı Kadîm’den Nizâm-ı Cedîd’e. III. Selim ve Dönemi, Istanbul, 2010, p. 667-709 İSAM
  15. Mehmet Mert Sunal, « Ocak-ı Âmire’den Ocak-ı Mülgā’ya Doğru : Nizâm-ı Cedîd Reformları Karşısında Yeniçeriler », dans Seyfi Kenan (dir.), Nizâm-ı Kadîm’den Nizâm-ı Cedîd’e. III. Selim ve Dönemi, Istanbul, 2010, p. 497-527 İSAM

Sources en ligne

  1. « YENİÇERİ - TDV İslâm Ansiklopedisi », notice de Kemal Beydilli TDV İslâm Araştırmaları Merkezihttps://islamansiklopedisi.org.tr/yeniceri
  2. « OSMAN II - TDV İslâm Ansiklopedisi », notice de Feridun Emecen TDV İslâm Araştırmaları Merkezihttps://islamansiklopedisi.org.tr/osman-ii
  3. « HÜSEYİN TÛGĪ - TDV İslâm Ansiklopedisi » TDV İslâm Araştırmaları Merkezihttps://islamansiklopedisi.org.tr/huseyin-tugi
  4. « DÂVUD PAŞA, Kara - TDV İslâm Ansiklopedisi » TDV İslâm Araştırmaları Merkezihttps://islamansiklopedisi.org.tr/davud-pasa-kara
  5. « VAK’A-i HAYRİYYE - TDV İslâm Ansiklopedisi », notice de Kemal Beydilli TDV İslâm Araştırmaları Merkezihttps://islamansiklopedisi.org.tr/vaka-i-hayriyye
  6. « “Ottoman military organization” », texte de Gábor Ágoston avec le tableau des effectifs soldés dépôt de l’auteur, Academiahttps://www.academia.edu/1581789/_Ottoman_military_organization_
  7. « Les “esclaves de la Porte” dans l’Empire ottoman. II », résumé du cours 2009-2010 de Gilles Veinstein Collège de Francehttps://www.college-de-france.fr/sites/default/files/media/document/2023-05/2009-2010_veinstein.pdf
  8. « Les Esclaves du Sultan chez les Ottomans - Gilles Veinstein » Les Belles Lettreshttps://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251450728/les-esclaves-du-sultan-chez-les-ottomans
  9. « Vatin Nicolas et Veinstein Gilles, Le Sérail ébranlé », compte rendu de Frédéric Hitzel, Bulletin critique des annales islamologiques 21, 2005 Perséehttps://www.persee.fr/doc/bcai_0259-7373_2005_num_21_1_1017_t4_0069_0000_17
  10. « The Second Ottoman Empire : Political and Social Transformation in the Early Modern World » Department of Near Eastern Studies, Princeton Universityhttps://nes.princeton.edu/publications/second-ottoman-empire-political-and-social-transformation-early-modern-world
  11. « Mémoires d’un janissaire » Éditions Anacharsishttps://www.editions-anacharsis.com/Memoires-d-un-janissaire
  12. « Aşkın Koyuncu, “Kavânin-i Yeniçeriyân and the Recruitment of Bosnian Muslim Boys as Devshirme Reconsidered” » dépôt de l’auteur, ResearchGatehttps://www.researchgate.net/publication/340492339_Askin_Koyuncu_Kavanin-i_Yeniceriyan_and_the_Recruitment_of_Bosnian_Muslim_Boys_as_Devshirme_Reconsidered_in_State_and_Society_in_the_Balkans_Before_and_After_Establishment_of_Ottoman_Rule_Eds_Srdan_Ru
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