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Biographie
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Mehmed II, sultan conquérant de Constantinople

Époque moderne28 septembre 202618 min de lecture
Gentile Bellini / Wikimedia Commons
18 min de lectureIntroduction en accès libre
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Introduction

Une toile repeinte à la National Gallery

Le visage le plus reproduit de Mehmed II est accroché à Londres sous le numéro d’inventaire NG3099. La National Gallery l’attribue à Gentile Bellini, peintre vénitien envoyé à la cour ottomane à la demande du sultan, et le date de 1480 ; une inscription très abîmée porte une date de novembre de cette année-là, dont le jour se lit différemment selon les auteurs. Au XIXᵉ siècle, la toile a été repeinte, d’abord sur la figure, si bien que l’arc sculpté et le tapis posé sur le rebord sont mieux conservés que le visage qu’ils encadrent.

Le nom, lui, varie selon les langues. Les actes ottomans écrivent Mehmed, Kritoboulos d’Imbros l’hellénise en Mechemetès, et le français a dit Mahomet II jusqu’au milieu du XXᵉ siècle. On préfère ici Mehmed, parce que la forme française range le sultan à côté du Prophète dans tous les index de bibliothèque. Il naît à Edirne le 27 receb 835 de l’hégire, soit le 30 mars 1432 ; l’historiographie turque donne cette date sans variante, mais sa première attestation n’a pas été identifiée pour cet article. Son père est le sultan Murad II. Sa mère, désignée sous le nom de Hüma Hatun, est une concubine dont l’origine est discutée.

Au printemps 1443, il part gouverner Manisa, en Anatolie occidentale, avec deux précepteurs, Kassabzâde Mahmud et le nişancı İbrahim b. Abdullah, chargé du monogramme du souverain. La mort de son frère aîné Alâeddin Ali, la même année, fait de lui le seul héritier. À l’été 1444, Murad II lui cède le trône et se retire près de Bursa. L’expérience dure deux ans. Une croisade hongroise franchit le Danube en septembre 1444, et c’est Murad, rappelé par le grand vizir Çandarlı Halil Paşa, qui la défait à Varna ; en 1446, une révolte des janissaires à Edirne achève de montrer que le gouvernement du jeune sultan ne tient pas, et Murad reprend le pouvoir en août. Mehmed repart pour Manisa.

Murad II meurt au début de février 1451. Prévenu par une lettre de Çandarlı, Mehmed gagne Edirne et monte sur le trône le 18 février, à dix-neuf ans. En 1452, il fait élever sur la rive européenne du Bosphore la forteresse de Rumelihisarı, qui coupe Constantinople des ports de la mer Noire. Le siège commence le 6 avril 1453. La ville est prise d’assaut le 29 mai, au cinquante-quatrième jour, et l’empereur Constantin XI disparaît dans les combats. Le récit le plus proche du pouvoir ottoman est celui de Kritoboulos, notable grec d’Imbros rallié au sultan, dont l’Histoire subsiste en un seul manuscrit autographe au musée du palais de Topkapı (fonds Gayri İslami Eserler, G.İ. 3), édité en 1983 par Diether Roderich Reinsch dans le Corpus Fontium Historiae Byzantinae.

Dans les semaines qui suivent, Çandarlı Halil est destitué, emprisonné puis exécuté, et ses successeurs au grand vizirat seront presque tous issus du recrutement servile. Les campagnes reprennent chaque année ou presque, contre la Serbie annexée en 1459, la Morée en 1460, Trébizonde en 1461, la Valachie et Lesbos en 1462, la Bosnie en 1463. Pendant les seize ans de guerre avec Venise, conclus par la paix du 25 janvier 1479, il bat aussi Uzun Hasan, souverain de la confédération turkmène du Mouton blanc, à Otlukbeli le 11 août 1473, et ses troupes prennent Caffa, en Crimée, en juin 1475. Deux sièges échouent, devant Belgrade en 1456 et devant Rhodes en 1480. Le 11 août 1480, une armée commandée par Gedik Ahmed Paşa prend Otrante, dans le royaume de Naples.

À Istanbul, qu’il repeuple par des déplacements forcés, il fait bâtir une mosquée à son nom entourée de huit médersas et un nouveau palais sur la pointe du Sérail. Sous son nom de plume, Avnî, subsiste un recueil de poèmes turcs de vingt-deux feuillets, soixante-dix ghazels, conservé à la bibliothèque Millet d’Istanbul (fonds Ali Emîrî Efendi, Manzum 305).

Il meurt le 4 rebiülevvel 886, soit le 3 mai 1481, au camp de Hünkârçayırı, entre Üsküdar et Gebze, au départ d’une campagne dont les sources ne donnent pas la même destination. Il est inhumé dans son mausolée, près de la mosquée. Les chroniques attribuent la mort à la nikris, la goutte, et un soupçon d’empoisonnement court depuis sans qu’un document le fonde tout à fait.

Tout ce qui précède s’appuie sur quatre récits principaux rédigés entre 1462 et les années 1490, deux par des Grecs au service de maîtres opposés, deux par des Ottomans qui écrivent sous son fils Bayezid II. Il faut maintenant les prendre un par un avec leurs manuscrits et leurs commanditaires, puis instruire trois affaires où ils ne suffisent pas, l’article du code dynastique qui autorise le meurtre des frères, le distique persan de 1453 et la revendication du titre de César, avant de suivre la fabrication du Conquérant jusqu’au camp de Hünkârçayırı.

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