La table sur laquelle Berkeley écrit existe, et il donne sa raison en une ligne, il la voit et la touche. S’il quittait son cabinet, il dirait encore qu’elle existe, et le paragraphe 3 de la première partie du Traité sur les principes de la connaissance humaine (A Treatise concerning the Principles of Human Knowledge, Dublin, 1710) précise aussitôt le sens de cet « encore ». Cela voudrait dire que, revenu dans son cabinet, il pourrait la percevoir, ou bien qu’un autre esprit la perçoit effectivement pendant qu’il n’y est pas. Trois ans plus tard, à Londres, le troisième des Trois Dialogues entre Hylas et Philonous reprend la question et ne garde qu’une branche de l’alternative. Puisque les choses sensibles ne dépendent manifestement pas de son esprit à lui, explique Philonous, porte-parole de l’auteur, il existe un autre Esprit dans lequel elles existent pendant les intervalles qui séparent ses perceptions, comme elles existaient avant sa naissance et existeraient après son anéantissement supposé. En 1710, le lecteur recevait un conditionnel et un « ou bien », et en 1713 un Esprit présent dans tous les lieux déserts.
Deux mains dans la même eau
L’adversaire s’appelle John Locke, et la doctrine visée tient dans l’Essai sur l’entendement humain (An Essay concerning Human Understanding) qu’il publie en 1690. Pour Locke, l’esprit ne saisit immédiatement que ses idées, et les corps extérieurs les causent en agissant sur nos organes. Certaines de ces idées ressemblent à leur cause, celles des qualités premières, la solidité, l’étendue, la figure, le mouvement ou le repos, le nombre. Les autres, couleurs, sons, saveurs, chaleur, n’ont rien de semblable dans les corps, qui possèdent seulement le pouvoir de les produire en nous (livre II, chapitre 8). Locke appuie la distinction sur une expérience que chacun peut refaire chez soi. Qu’on trempe dans une même eau une main chauffée et une main refroidie, la première la trouve froide et la seconde chaude, alors que l’eau ne peut pas être les deux à la fois (II, 8, 21). Locke en tire que la chaleur, telle qu’on la sent, loge dans celui qui la sent.
On garde ici « idée » pour l’anglais idea, de préférence à « représentation », parce que ce second mot suppose déjà une chose représentée derrière l’idée, ce que Berkeley refuse précisément.
Derrière les qualités, Locke place une substance qui les soutient, et il reconnaît au livre II, chapitre 23, § 2, qu’on n’en possède pas d’autre idée que celle d’un support supposé dont on ignore la nature. Le prix de l’édifice apparaît vite. Si l’esprit n’atteint que ses idées, rien ne lui garantit que la matière leur ressemble, ni même qu’elle existe, et le sceptique s’installe dans l’écart. Berkeley le sait et l’écrit en page de titre. Le sous-titre des Principes annonce une enquête sur les fondements du scepticisme, de l’athéisme et de l’irréligion, et celui des Dialogues les dit composés contre les sceptiques et les athées. Geneviève Brykman a consacré en 1984 un livre, Berkeley, philosophie et apologétique, à ce lien entre la doctrine et la défense de la foi.
Le premier dialogue retourne l’expérience de Locke contre Locke. Philonous fait admettre à Hylas que la même eau ne peut être à la fois chaude et froide, puis il applique le même raisonnement à la grandeur et à la figure, qui varient elles aussi selon la distance et selon l’organe. Les Principes ajoutent un second argument au § 10. Personne ne peut se représenter une étendue sans couleur ni aucune autre qualité sensible, de sorte que les qualités premières suivent les secondes là où Locke avait logé celles-ci, dans l’esprit. La matière se retrouve sans emploi, support inconnu de qualités logées ailleurs, dans l’esprit.
« Des maisons, des montagnes, des rivières »
Le paragraphe 4 des Principes pose la thèse contre une opinion qu’il dit étrangement répandue, celle selon laquelle les maisons, les montagnes, les rivières, et en un mot tous les objets sensibles, auraient une existence distincte du fait d’être perçus. Quiconque examine cette opinion, écrit Berkeley, y découvrira une contradiction manifeste. L’argument tient en trois prémisses, que le texte enchaîne en une seule phrase. Les maisons et les montagnes sont des choses que l’on perçoit par les sens. Or on ne perçoit rien d’autre que ses propres idées ou sensations. Et une idée ou une sensation ne peut pas exister sans être perçue, puisqu’une douleur que personne ne sent ou une couleur que personne ne voit cesse d’être une douleur ou une couleur. Dire qu’une maison existe sans être perçue revient alors à dire qu’une certaine combinaison d’idées existe sans être perçue, ce qui se contredit dans les termes. Le troisième dialogue en donne la version la plus concrète. Qu’on retire d’une cerise la mollesse, l’humidité, la rougeur et l’acidité, dit Philonous, et l’on a retiré la cerise, qui n’est rien d’autre qu’un amas d’impressions sensibles réunies sous un seul nom. La formule latine du paragraphe 3 condense le tout, puisque des choses non pensantes l’esse est percipi, leur être consiste à être perçues. Dans ses carnets de jeunesse, que Berkeley n’a jamais publiés, l’entrée numérotée 429 donne l’autre moitié de l’ontologie, exister, c’est être perçu ou percevoir, et le monde de Berkeley ne compte plus que deux sortes d’êtres, des idées et des esprits.
Il faut mesurer aussi l’étendue de ce que la thèse laisse debout. « Je ne conteste l’existence d’aucune chose que nous puissions saisir par les sens ou par la réflexion », écrit Berkeley au § 35 (traduction de la rédaction, comme toutes les citations de cet auteur). La table, la cerise, la montagne existent au sens plein du mot, et la seule chose niée est la matière des philosophes, une substance inerte et non pensante qui existerait sous les qualités sans être perçue par personne. Ramené à trois phrases, l’argument donne ceci. Les choses que nous voyons et touchons sont des collections de qualités sensibles. Une qualité sensible n’existe qu’en étant sentie. Aucune chose sensible ne peut donc exister hors de tout esprit, et l’hypothèse d’une matière ainsi faite enferme une contradiction.
Hylas avoue une inadvertance
Berkeley propose au lecteur une épreuve qu’il juge décisive, au § 23. Rien de plus facile, lui objecte-t-on, que d’imaginer des arbres dans un parc, ou des livres dans un cabinet, sans personne pour les percevoir. Il répond que celui qui s’y essaie forme dans son esprit les idées d’arbres et de livres et omet seulement de former l’idée de quelqu’un qui les perçoit, pendant que lui-même, tout ce temps, les perçoit ou les pense. Le premier dialogue met la scène en œuvre. Hylas croit tenir un contre-exemple, un arbre dans un lieu solitaire où personne n’est là pour le voir, puis il concède que c’était de sa part « une inadvertance » (an oversight), puisqu’il concevait lui-même l’arbre qu’il prétendait inconçu. L’épreuve se refait sans peine. Qu’on essaie de se représenter la table du cabinet vide telle qu’elle est quand absolument personne n’y pense, et l’on vérifiera si l’on y parvient sans se placer, en imagination, quelque part dans le cabinet.
George Pitcher a soutenu en 1977 que l’argument glisse d’un sens à l’autre de « concevoir », dans la présentation qu’en donne la Stanford Encyclopedia of Philosophy. Il confondrait ce par quoi l’on conçoit, une représentation qui est bien dans l’esprit, et ce que l’on conçoit, un arbre qui peut fort bien n’être perçu par personne (Berkeley, p. 113). Kenneth Winkler (1989, p. 184-187) a proposé une lecture plus charitable, selon laquelle on ne peut pas se représenter le caractère « non conçu » d’une chose parce que rien, dans l’expérience, n’en a jamais fourni l’idée. La même notice remarque que cette version suppose une théorie représentative de la pensée, qu’il faudrait alors défendre pour elle-même.
Le cabinet vide
L’objection que la thèse appelle, Berkeley la formule lui-même au § 45. Si les objets des sens n’existent que lorsqu’ils sont perçus, ils sont anéantis dès qu’on cesse de les percevoir et créés de nouveau à chaque regard. Sa réponse, au § 48, se contente d’une possibilité. Il peut y avoir quelque autre esprit qui les perçoit quand nous ne les percevons pas, puisque la thèse ne dit pas de quel esprit il s’agit et vaut pour tous. Au § 6, Berkeley avait posé l’alternative avec plus de raideur. Les corps, tant que ni moi ni aucun autre esprit créé ne les percevons, ou bien n’existent pas du tout, ou bien subsistent dans l’esprit de quelque Esprit éternel, et le paragraphe laisse les deux branches côte à côte.
Le choix intervient dans les Dialogues. Au deuxième, Philonous conclut que les choses sensibles, puisqu’elles ne dépendent pas de sa pensée, existent nécessairement dans un autre Esprit, et le troisième en tire la formule des intervalles entre ses perceptions. Jonathan Bennett a soutenu en 1965, dans la revue Philosophy, que cet argument de continuité n’apparaît qu’une fois, en deux phrases du troisième dialogue, et que Berkeley ne tient pas sérieusement à s’en servir. Selon Bennett, la théologie de Berkeley repose sur un autre raisonnement, l’argument de passivité. Les idées des sens s’imposent à moi sans que ma volonté y soit pour rien, alors que je fais naître à mon gré les images de l’imagination, et il faut donc qu’une autre volonté les produise (§ 29). Ce Dieu-là cause ce que je perçois au moment où je le perçois, et l’argument s’arrête à cette causalité, avant la question des absences.
La version qui confie à Dieu la garde des choses non perçues se heurte à des difficultés que la notice de Stanford rassemble. Le Dieu de Berkeley ne peut éprouver aucune sensation, Philonous le dit lui-même (3D 206 dans la pagination des Works), et il ne voit donc pas la table comme je la vois. George Pitcher ajoute (p. 171-172) que Dieu a les idées de tous les objets possibles, de sorte qu’« être perçu par Dieu » ne distingue plus la table qui existe d’une table qui pourrait exister. Kenneth Winkler (p. 207-224) a cherché une réponse du côté de la volonté divine. Philonous lui-même concède, à propos de la création racontée par la Genèse, qu’on peut appeler cette existence des choses une existence « relative, ou hypothétique » (3D 253). Le texte ne permet pas de dire si Berkeley tenait la phrase de 1713 pour un élément de sa doctrine ou pour un argument de dialogue, et la question partage encore les lecteurs du conditionnel de 1710 et ceux de l’Esprit de 1713.
Berkeley n’a jamais parlé d’un arbre qui tombe dans une forêt déserte.
La question, d’après les relevés du linguiste Benjamin Zimmer, se lit en juin 1883 dans la revue américaine The Chautauquan, sous la forme d’un arbre qui tomberait sur une île inhabitée. Dès le 5 avril 1884, le Scientific American y répond qu’il faut une oreille pour qu’il y ait un son, puis soutient l’inverse en 1905. La forêt et le nom de Berkeley ne s’y ajoutent qu’en 1935, dans un article de William Lyon Phelps sur l’évêque paru dans le Washington Post.
Une pierre sur le port de Harwich
Le 6 août 1763, Samuel Johnson accompagne James Boswell jusqu’au port de Harwich, d’où le jeune Écossais doit s’embarquer pour la Hollande. À la sortie de l’église, raconte Boswell dans sa Vie de Samuel Johnson (1791), les deux hommes parlent de « l’ingénieux sophisme » par lequel l’évêque Berkeley prouve la non-existence de la matière, que Boswell juge impossible à réfuter. Johnson frappe alors une grosse pierre du pied, si fort qu’il en rebondit, et lance « Je le réfute ainsi » (I refute it thus). La tradition a fait de ce coup de pied un modèle d’argument manqué, puisque Berkeley n’a jamais nié qu’une pierre fût dure (§ 35). Olivier Massin a pris la défense de Johnson dans un chapitre intitulé « Realism’s Kick ». Ce que le pied éprouve, selon lui, est la résistance de la pierre à un effort volontaire, et cette résistance présente la pierre comme indépendante de l’esprit qui pousse, ce qui menace la thèse berkeleyenne selon laquelle seuls les esprits agissent.
G. E. Moore attaque une prémisse plus en amont, dans « The Refutation of Idealism », paru dans Mind en 1903. Toute sensation comporte selon lui deux éléments distincts, la conscience, commune à toutes, et l’objet qui distingue la sensation de bleu de la sensation de vert. L’idéaliste, faute de remarquer le premier élément, que Moore dit comme diaphane, croit qu’il n’y a rien de plus dans la sensation de bleu que dans le bleu. Si le bleu est ce dont on est conscient, et non un morceau de la conscience, la deuxième prémisse de Berkeley tombe, celle qui identifie ce que nous percevons à nos propres idées.
David Hume avait rendu un verdict plus déroutant, dans une note de l’Enquête sur l’entendement humain (1748, section 12, § 15, note 32). La plupart des écrits de cet auteur très ingénieux, y lit-on, forment les meilleures leçons de scepticisme, car leurs arguments « n’admettent aucune réponse et ne produisent aucune conviction », et leur seul effet est une stupeur passagère, de l’irrésolution et de la confusion (traduction de la rédaction). Le mot pèse lourd contre un auteur qui avait inscrit les sceptiques dans le sous-titre de ses deux livres.
Berkeley avait prévu une plainte voisine, au § 51. Ne serait-il pas ridicule, lui objecte-t-on, de ne plus dire que le feu chauffe ou que l’eau rafraîchit, et de dire à la place qu’un esprit chauffe ? Il répond qu’en ces matières il faut penser avec les savants et parler avec le vulgaire, comme ceux qui sont convaincus par le système de Copernic continuent de dire que le soleil se lève. Pour la table du cabinet, la règle autorise l’immatérialiste à dire, en fermant la porte derrière lui, qu’il la retrouvera demain à sa place, et à garder pour la conversation savante la question de savoir quel esprit la perçoit pendant la nuit.
Pour aller plus loin
La distinction des qualités premières et des qualités secondes chez Locke donne le point de départ de toute l’argumentation de Berkeley. Le scepticisme de Hume prolonge la critique de la substance jusqu’au moi lui-même, et l’idéalisme transcendantal de Kant propose une autre manière de faire dépendre les objets de l’esprit qui perçoit.
Quand tout le monde a quitté une salle, les chaises y sont-elles encore ? La question semble faite pour amuser les enfants. Un jeune philosophe irlandais, George Berkeley, l’a pourtant prise au sérieux. Il l’a posée dans un livre publié à Dublin en 1710. Sa réponse surprend, car derrière ce que nous voyons et touchons, il n’y aurait aucune matière cachée. On appelle cette idée l’immatérialisme.
Une cerise sans rien dessous
La plupart des gens pensent que les objets sont faits d’une matière qui existe toute seule. Nos yeux et nos mains ne feraient que nous en donner des nouvelles. Avant Berkeley, le philosophe anglais John Locke défendait une version savante de cette idée. Selon lui, la matière se tient derrière les couleurs et les formes, comme un support que personne n’a jamais vu.
Berkeley répond avec un fruit. Prenez une cerise et retirez-lui en pensée sa couleur rouge, sa chair molle, son jus et son goût acide. Plus rien ne subsiste. Pour lui, la cerise n’est donc que ce qu’on voit, touche et goûte, rassemblé sous un même nom.
Il en tire une conclusion qui choque. Une couleur que personne ne voit n’est plus une couleur, et une douleur que personne ne sent n’est plus une douleur. Pour les choses que nous percevons, exister revient donc à être perçu. Les tables et les montagnes existent bel et bien à ses yeux. Seule disparaît la matière invisible qu’on plaçait dessous.
Quand la porte se referme
Une objection vient tout de suite à l’esprit. Si les choses n’existent qu’en étant perçues, la table disparaît dès qu’on sort de la salle. Elle réapparaîtrait à chaque retour, comme par magie. Berkeley connaissait cette difficulté et l’a lui-même écrite dans son livre.
Sa première réponse hésite entre deux pistes. Une chose que personne ne regarde existerait encore parce qu’on pourrait la voir en revenant. Ou bien parce qu’un autre esprit la voit pendant notre absence. Berkeley laisse les deux possibilités ouvertes, sans choisir.
Trois ans plus tard, il publie un second livre, écrit comme une conversation entre deux amis. L’un défend la matière, l’autre parle pour Berkeley. Cette fois, la réponse est nette. Les choses continuent d’exister dans l’esprit de Dieu, qui ne quitte jamais aucune salle.
Deux réponses pour un seul problème
Les spécialistes se disputent sur ce changement. En 1965, le philosophe Jonathan Bennett a soutenu que Berkeley ne tenait pas vraiment à cet argument. Selon lui, la phrase sur Dieu n’apparaît qu’une seule fois, dans le second livre. Bennett pense que Berkeley avait besoin de Dieu pour une tout autre raison.
Cette autre raison tient à une expérience simple. Les images de nos rêveries obéissent à notre volonté, et nous les changeons quand nous voulons. Ce que nous voyons les yeux ouverts s’impose au contraire à nous. Pour Berkeley, il faut donc un autre esprit qui nous l’envoie, et cet esprit est Dieu.
D’autres lecteurs ont pris au sérieux le Dieu qui garde les choses en vie. Ils se heurtent à une difficulté que Berkeley crée lui-même. Son Dieu ne ressent rien et ne voit pas avec des yeux. Il pense en outre à toutes les tables possibles, y compris celles qui n’existent pas. Être pensé par lui ne suffit donc pas à faire exister une table.
Aucun passage ne permet de trancher entre les deux réponses. Le premier livre et le second coexistent, et chaque lecteur doit décider lequel pèse le plus. Chez Berkeley, la question de la table dans la salle vide demeure ouverte.
Le coup de pied de Johnson
Les adversaires de Berkeley ont aussi répondu avec le corps. En 1763, l’écrivain anglais Samuel Johnson accompagne un ami jusqu’au port d’où celui-ci doit embarquer. Cet ami, James Boswell, a raconté la scène dans sa biographie de Johnson. En sortant d’une église, les deux hommes parlent des arguments de Berkeley contre la matière.
Boswell les trouve impossibles à réfuter. Johnson donne alors un violent coup de pied dans une grosse pierre, au point de rebondir. Beaucoup ont jugé le geste naïf, puisque Berkeley ne niait pas qu’une pierre soit dure. Un philosophe d’aujourd’hui a pourtant défendu Johnson, car la pierre résiste à l’effort du pied comme une chose indépendante de nous.
En frappant la pierre, Johnson a lancé une phrase que Boswell a notée dans sa biographie : « Je le réfute ainsi. »
La version complète met le lecteur au défi d’imaginer un arbre que personne ne perçoit, et donne la note où Hume juge ces arguments à la fois sans réplique et sans effet.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- George Berkeley, *A Treatise concerning the Principles of Human Knowledge. Part I*, Dublin, 1710 ; sous-titre (causes d’erreur et de difficulté dans les sciences, fondements du scepticisme, de l’athéisme et de l’irréligion) ; § 3 (la table du cabinet, « some other spirit actually does perceive it », « Their esse is percipi »), § 4 (« houses, mountains, rivers », « a manifest contradiction »), § 6 (« in the mind of some Eternal Spirit »), § 10 (inséparabilité des qualités premières et secondes), § 23 (« trees, for instance, in a park », « books existing in a closet, and nobody by to perceive them »), § 29 (passivité des idées des sens), § 35 (« I do not argue against the existence of any one thing »), § 45 (objection de l’annihilation), § 48 (« there may be some other spirit that perceives them though we do not »), § 51 (penser avec les savants, parler avec le vulgaire ; l’exemple copernicien) ; texte anglais consulté dans l’édition Project Gutenberg, EBook n° 4723 ; citations en traduction de la rédaction
- George Berkeley, *Principes de la connaissance humaine*, traduction, présentation et notes de Dominique Berlioz, Paris, 1991, « GF » n° 637, 182 p. Flammarion
- George Berkeley, *Three Dialogues between Hylas and Philonous, in Opposition to Sceptics and Atheists*, Londres, 1713 ; premier dialogue (les deux mains dans la même eau, l’arbre « in a solitary place », « an oversight »), deuxième dialogue (« some other Mind wherein they exist »), troisième dialogue (« all minds », les intervalles entre les perceptions, avant la naissance et après l’anéantissement supposé ; la cerise ; Dieu sans sensation, 3D 206 ; existence « relative, or hypothetical », 3D 253) ; texte anglais de l’édition Project Gutenberg, EBook n° 4724, et version modernisée de Jonathan Bennett (Early Modern Texts) ; pagination 3D d’après les *Works* de Luce et Jessop, t. II, telle que la donne la *Stanford Encyclopedia of Philosophy* ; traduction de la rédaction
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Sources primaires (suite)
- George Berkeley, *Trois dialogues entre Hylas et Philonous*, trad. Geneviève Brykman et Roselyne Dégremont, Paris, 1999, « GF », 308 p. Flammarion
- George Berkeley, *Philosophical Commentaries* (carnets non publiés par l’auteur), entrée 429, « existere is percipi or percipere », dans *The Works of George Berkeley*, éd. A. A. Luce et T. E. Jessop, t. I, p. 9-104 ; cité d’après Stephen H. Daniel (2000)
- John Locke, *An Essay concerning Human Understanding*, Londres, 1690, livre II, chap. 8 (qualités premières et secondes), II, 8, 21 (l’eau froide pour une main et chaude pour l’autre), II, 23, 2 (la substance comme support supposé des qualités) ; II, 23, 2 vérifié d’après Peter Millican
- David Hume, *An Enquiry concerning Human Understanding*, 1748, section 12, § 15, note 32, SBN 155 (« most of the writings of that very ingenious author form the best lessons of scepticism », « they admit of no answer and produce no conviction », « momentary amazement and irresolution and confusion ») ; texte de Hume Texts Online ; traduction de la rédaction
- James Boswell, *The Life of Samuel Johnson*, Londres, 1791, année 1763, arrivée à Harwich et sortie de l’église (« Bishop Berkeley’s ingenious sophistry to prove the non-existence of matter », « I refute it thus ») ; texte consulté d’après l’édition Project Gutenberg, EBook n° 1564 ; traduction de la rédaction
- G. E. Moore, « The Refutation of Idealism », *Mind* 12 (4), 1903, p. 433-453 (« esse is percipi », « two distinct elements », « as if it were diaphanous ») ; transcription d’Andrew Chrucky, 1997
Bibliographie
- Jonathan Bennett, « Berkeley and God », *Philosophy* 40, 1965, p. 207-221 (l’argument de continuité, l’argument de passivité) Cambridge University Press
- George Pitcher, *Berkeley*, Londres, 1977, « The Arguments of the Philosophers », xi-277 p., passages cités d’après la *Stanford Encyclopedia of Philosophy* : p. 113 (argument de l’arbre) et p. 171-172 (les idées divines de tous les possibles) Routledge & Kegan Paul
- Kenneth P. Winkler, *Berkeley : An Interpretation*, Oxford, 1989, passages cités d’après la *Stanford Encyclopedia of Philosophy* : p. 184-187 (lecture charitable de l’argument de l’arbre) et p. 207-224 (idées et volonté divines) Clarendon Press
- Geneviève Brykman, *Berkeley, philosophie et apologétique*, Paris, 1984 Vrin
- Olivier Massin, « Realism’s Kick », chapitre d’ouvrage collectif, DOI 10,1515/9783110657920-003 (la thèse de la résistance, défense de Johnson) De Gruyterhttps://doi.org/10.1515/9783110657920-003
- Stephen H. Daniel, « Berkeley, Suárez, and the Esse-Existere Distinction », *American Catholic Philosophical Quarterly* 74 (4), 2000, p. 621-636 (entrée 429 des carnets) American Catholic Philosophical Association
- A. A. Luce et T. E. Jessop (éd.), *The Works of George Berkeley, Bishop of Cloyne*, 9 vol., Londres, 1948-1957 (pagination de référence des *Dialogues* et des carnets) Thomas Nelson and Sons
Sources en ligne
- « George Berkeley (Stanford Encyclopedia of Philosophy) », première publication le 10 septembre 2004, révision substantielle du 12 août 2026, section 2,2.1 (l’argument de l’arbre et ses critiques) et section 3,2.4 « Unperceived objects » Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford Universityhttps://plato.stanford.edu/entries/berkeley/
- « Berkeley, George | Internet Encyclopedia of Philosophy », notice de Daniel E. Flage (dates de vie, épiscopat de Cloyne, § 29 des *Principes*) Internet Encyclopedia of Philosophyhttps://iep.utm.edu/berkeley/
- « The Project Gutenberg E-text of A Treatise Concerning the Principles of Human Knowledge » Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/4723/4723-h/4723-h.htm
- « The Project Gutenberg E-text of Three Dialogues between Hylas and Philonous, by George Berkeley » Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/4724/4724-h/4724-h.htm
- « Three Dialogues between Hylas and Philonous » (troisième dialogue, version de Jonathan Bennett) Early Modern Textshttps://www.earlymoderntexts.com/assets/pdfs/berkeley1713part3.pdf
- « Berkeley and God » (Jonathan Bennett, 1965) Early Modern Textshttps://www.earlymoderntexts.com/assets/jfb/berkgod.pdf
- « Hume Texts Online » (E 12,15, note 32, SBN 155) davidhume.orghttps://davidhume.org/texts/e/12
- « Locke on Substance and Our Ideas of Substances » (Peter Millican, sur *Essay* II, 23, 2) davidhume.orghttps://davidhume.org/scholarship/papers/millican/2015_Locke_on_Substance.pdf
- « Refutation of Idealism » (G. E. Moore, transcription d’Andrew Chrucky) Lawrence Universityhttps://www2.lawrence.edu/fast/ryckmant/THE%20REFUTATION%20OF%20IDEALISM.htm
- « Realism’s Kick » (Olivier Massin) PhilArchivehttps://philarchive.org/archive/OLIRK
- « James Boswell and Samuel Johnson : The Original Odd Couple » (date du 6 août 1763 et départ de Harwich) Virginia Quarterly Reviewhttps://www.vqronline.org/history/james-boswell-and-samuel-johnson-original-odd-couple
- « “If a tree falls...” » (Benjamin Zimmer, 11 mai 2005 ; *The Chautauquan*, juin 1883 ; *Scientific American*, 5 avril 1884 et 8 juillet 1905 ; William Lyon Phelps, *Washington Post*, 9 avril 1935) ADS-L, American Dialect Society, LINGUIST Listhttps://listserv.linguistlist.org/pipermail/ads-l/2005-May/049346.html

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