L’habitude, écrit Kant, retire aux bonnes actions leur valeur morale. Elle entame la liberté de l’esprit, et elle conduit à refaire sans y penser le même acte, monotonie qui finit par prêter à rire (Anthropologie du point de vue pragmatique, 1798, § 12, AA VII, 149, traduction de la rédaction ; Michel Foucault a traduit le livre en français en 1964). La phrase est signée par l’homme dont la vie passe, depuis près de deux siècles, pour avoir été réglée comme une horloge. À Königsberg, assure une histoire que reprennent encore les encyclopédies, les voisins mettaient leurs montres à l’heure quand il sortait faire sa promenade.
« Weder Leben noch Geschichte »
La version la plus citée de cette histoire date de 1834. Heinrich Heine l’écrit pour des lecteurs français, dans une histoire de la pensée allemande que la Revue des Deux Mondes publie cette année-là sous le titre « De l’Allemagne depuis Luther », avant de la donner en allemand, en 1835, au deuxième volume du Salon, sous le titre Zur Geschichte der Religion und Philosophie in Deutschland. Au troisième livre, Heine juge la vie de Kant difficile à raconter, puisqu’il n’eut, dit-il, ni vie ni histoire. Il décrit une existence de vieux garçon, mécaniquement ordonnée, dans une rue écartée de Königsberg, où le lever, le café, l’écriture, les cours, le repas et la promenade avaient chacun leur heure. La grande horloge de la cathédrale, ajoute-t-il, n’accomplissait pas sa tâche quotidienne avec plus de régularité. Quand le professeur passait sa porte, canne à la main, pour gagner la petite allée de tilleuls que l’on nomme encore à cause de lui, dit Heine, l’allée des Philosophes, les voisins savaient qu’il était trois heures et demie. Par temps gris ou pluvieux, son domestique Lampe le suivait avec un long parapluie, « comme une image de la Providence » (traduction de la rédaction, comme toutes les citations de Heine).
Heine avait six ans à la mort de Kant, le 12 février 1804, et son portrait ne nomme aucun témoin. Il cherche un contraste entre le professeur que croisaient les bourgeois de la ville et l’auteur d’idées capables d’ébranler un monde, et il le pousse jusqu’au paradoxe, puisqu’on fait vraiment trop d’honneur à Robespierre, écrit-il un peu plus loin, quand on le compare à Kant.
Une autre pièce de la légende a circulé à part, celle du seul jour où Kant aurait manqué sa promenade, absorbé par l’Émile de Rousseau. L’article de l’Encyclopædia Britannica signé par Otto Allen Bird donne encore les deux récits, les montres réglées sur la promenade comme un fait, l’Émile comme un on-dit. Karl Vorländer avait fait le tri en 1924, dans Immanuel Kant. Der Mann und das Werk. Parmi les biographies que les proches de Kant ont publiées à partir de 1804, et que Jean Mistler a réunies en français sous le titre Kant intime, celle de Borowski se borne selon lui à une remarque, tandis que Jachmann et Wasianski n’en disent rien. La scène dramatique, avec un Kant introuvable à sept heures du soir et promu horloge de référence de Königsberg, viendrait pour l’essentiel du Herder de Kühnemann, paru en 1912. Vorländer conclut pourtant, dans son texte, que l’épisode a dû se produire au cœur de l’été 1762, parce que l’Émile était attendu à Königsberg à la fin juillet. Le fait repose ainsi sur la phrase d’un seul témoin, et sa date sur un raisonnement de biographe.
Un marchand de Hull
Les témoins sérieux décrivent un autre homme, ou plutôt deux hommes successifs. Marcus Willaschek, dans la biographie intellectuelle qu’il a publiée en 2023, Kant. Die Revolution des Denkens, rappelle que le jeune magister sortait beaucoup, gagnait souvent au billard et aux cartes, et que Herder le tenait pour l’homme le plus urbain du monde. Vers le milieu des années 1760, Kant sort moins, se fixe des règles, se lève chaque matin à cinq heures et se met aussitôt au travail. Willaschek rattache le tournant, avec le plus d’assurance, à la mort de son ami Johann Daniel Funk en 1764, et suppose seulement qu’un marchand anglais a pu y contribuer.
Joseph Green, né en 1727 et originaire de Hull, s’était installé jeune à Königsberg. Le 30 août 1763, son nom, celui de Robert Motherby et celui de Kant figurent déjà, avec d’autres, sur un verre à champagne que la famille Motherby a conservé, d’après l’étude que Gerfried Horst a publiée en 2021. Vorländer le dit proche de Kant par une conduite de vie réglée sur des principes, et même plus rigoureux que lui, jusqu’au spleen. Il rapporte qu’un jour Green, ne voyant pas Kant au rendez-vous fixé pour une sortie en voiture, partit sans lui et ne s’arrêta pas en le croisant deux minutes plus tard sur le pont des Marchands, la Krämerbrücke, parce que c’était contraire à leur accord et à sa règle. Green aurait servi de modèle, dit Vorländer au conditionnel, à la comédie que Theodor Gottlieb von Hippel publie et fait jouer en 1765, Der Mann nach der Uhr, oder Der ordentliche Mann (L’Homme réglé sur l’horloge, ou l’homme ordonné). Le premier homme-horloge de Königsberg, s’il faut en croire ce on-dit, fut donc l’ami de Kant.
Willaschek ajoute un correctif que le portrait de Heine ignore. Après sa révolution intérieure, vers quarante ans, Kant est resté un homme très sociable, qui passait une bonne part de son temps libre en conversation.
Denkungsart
La régularité de Kant aurait-elle un fondement dans sa propre doctrine ? Manfred Kuehn l’a soutenu en 2001, au quatrième chapitre de sa biographie, intitulé « A Palingenesis and Its Consequences (1764-1769) ». Kant a eu quarante ans le 22 avril 1764, et il tenait, rappelle Kuehn, la quarantième année pour décisive, parce que c’est à cet âge, selon sa théorie, qu’un homme acquiert du caractère. Kuehn invite ainsi à lire l’emploi du temps des années suivantes comme la trace visible d’une théorie que Kant se serait appliquée à lui-même. Le texte se lit dans la seconde partie de l’Anthropologie, à la section consacrée au caractère comme Denkungsart. La traduction « manière de penser » convient mieux ici que « mentalité », parce que le mot désigne chez Kant une façon de se décider par principes, et non un tempérament.
L’argument part de l’origine du caractère. Celui qui a conscience d’avoir du caractère dans sa manière de penser, écrit Kant, ne le tient pas de la nature, et il a toujours fallu qu’il l’acquière. L’éducation, les exemples et l’enseignement ne produisent pas peu à peu cette fermeté et cette constance dans les principes. Elles naissent seulement d’une sorte d’explosion, gleichsam Explosion, qui fait suite à l’insatisfaction devant un état flottant où l’instinct balance d’un côté à l’autre, et la fondation du caractère ressemble à une sorte de renaissance. Peu d’hommes, ajoute Kant, ont tenté cette révolution avant trente ans, et moins encore l’ont menée à bien avant quarante (AA VII, 294, traduction de la rédaction d’après l’anglais cité par Kuehn). Au § 12, l’habitude reçoit la définition inverse, une contrainte physique intérieure à continuer d’agir comme on a toujours agi jusque-là. Les deux produisent des conduites régulières, et tout les sépare dans leur genèse. L’habitude s’accumule par répétition et vient du corps. Le caractère lie la volonté à des maximes, que la Fondation de la métaphysique des mœurs définit en 1785 comme les principes subjectifs du vouloir (AA IV, 400, note), adoptées d’un seul coup et tenues ensuite par fermeté. Deux hommes qui se lèvent chaque jour à cinq heures en donnent l’image. Le premier se lève parce que son corps s’y est fait, et le matin où la fatigue l’emporte, la régularité cède sans qu’il ait rien décidé. Le second se lève parce qu’il s’en est donné la règle, et le matin où il cède, il manque à un principe qu’il s’était lui-même prescrit. Leur réveil sonne à la même heure. Pour Kant, seul le second agit en homme libre, puisque l’habitude, d’après le § 12, porte atteinte à la liberté de l’esprit.
Le voisin ne voit que l’heure
Le voisin de Heine, montre en main, offre l’épreuve la plus simple de cette distinction. Il voit passer un homme à trois heures et demie, et il a de bonnes raisons de croire qu’il le reverra demain à la même heure. Il ne peut pas voir si cet homme obéit à une maxime ou à un pli. Kant l’avait écrit lui-même, et plus durement, au début de la deuxième section de la Fondation (1785, AA IV, 406-407). Dans la traduction de Victor Delbos, « il est absolument impossible d’établir par expérience avec une entière certitude un seul cas » où une action conforme au devoir aurait reposé uniquement sur des principes moraux, car un secret mobile de l’amour de soi peut se dissimuler sous l’idée du devoir, et l’examen de soi le plus attentif n’y suffit pas. Quand il s’agit de valeur morale, conclut-il, l’important réside dans ces principes intérieurs des actions, « que l’on ne voit pas ».
La conséquence atteint les biographes autant que le voisin. Lampe, qui se présentait chaque matin à cinq heures moins cinq en annonçant, dans la traduction de Marcel Schwob, « Monsieur le Professeur, voici l’heure », les convives des déjeuners, Wasianski au chevet du vieillard, tous ont vu ce que voyait la rue, des gestes répétés. La lecture de Kuehn devient une hypothèse d’historien que la doctrine de Kant interdit de vérifier du dehors, et Willaschek s’en tient à une formule plus prudente, selon laquelle Kant a suivi l’impératif catégorique la plupart du temps, sans y parvenir toujours. Quel indice, dans une vie, permettrait de distinguer une règle choisie d’une habitude prise ? La Fondation répond qu’aucun n’apporte de certitude, et elle ne dit pas si certains apportent au moins des raisons.
Lettre à Hufeland, 1797
Kant a fourni lui-même l’explication la plus gênante pour cette lecture.
En 1797, il répond par lettre au médecin Christoph Wilhelm Hufeland, auteur d’un traité sur l’art de prolonger la vie, la Makrobiotik, et il range la réponse l’année suivante dans la troisième section du Conflit des facultés (Der Streit der Fakultäten, traduit par Christian Ferrié en 2015), sous un titre qui énonce une thèse, Von der Macht des Gemüts, durch den bloßen Vorsatz seiner krankhaften Gefühle Meister zu sein, du pouvoir qu’a l’esprit de se rendre maître de ses sentiments morbides par la seule résolution. Kant y écrit qu’il a, à cause de sa poitrine plate et étroite, une disposition naturelle à l’hypocondrie. L’oppression est restée, mais il est devenu maître de son influence sur ses pensées et ses actions. Les exemples qu’il donne sont des règles de vie. Respirer lèvres fermées, uniquement par le nez, même quand il faut marcher vite ou monter. Calmer la toux nocturne sans remède, en détournant entièrement l’attention de l’irritation. Se défier du lit, qui est, écrit-il, le nid d’une foule de maladies. Le récit que Thomas De Quincey a tiré en 1827 de Wasianski et de Jachmann ajoute que Kant se promenait seul parce qu’il voulait respirer exclusivement par les narines, ce qui ne se fait pas en parlant.
Le régime de Königsberg se lit alors de deux façons, et le texte les autorise toutes deux. Lu par son titre, il illustre la thèse de l’Anthropologie appliquée au corps, une résolution unique qui gouverne ensuite les gestes, et Jürgen Stolzenberg y a vu en 2014 une culture du corps et de l’âme dont chacun porte la responsabilité, par laquelle l’homme se stabilise de l’intérieur. Lu par sa prémisse, il ressemble à la prudence d’un hypocondriaque, et Kant avait lui-même raillé ce travers en 1764, l’année de ses quarante ans, dans l’Essai sur les maladies de la tête (Versuch über die Krankheiten des Kopfes), où l’hypocondrie devient, selon l’analyse de Stolzenberg, une crainte capricieuse d’être malade. Les deux lectures peuvent se combiner, une résolution ferme mise au service d’une inquiétude, et aucun document connu ne permet de dire lequel des deux mobiles l’emportait le matin où Lampe venait annoncer l’heure.
Lampe a quitté la maison au début de 1802. D’après le récit de De Quincey, qui suit ici Wasianski, cet ancien soldat avait servi Kant une quarantaine d’années et s’était mis à abuser de la faiblesse de son maître, si bien qu’en janvier, après un mauvais traitement que Kant eut honte de raconter en détail, le vieillard exigea son renvoi en lui laissant une pension. Un mémento de février 1802 ordonne, dans la traduction de Schwob, qu’« il ne faut plus se souvenir du nom de Lampe », et ce papier ne se lit plus, pour un lecteur français, qu’à travers la copie d’un témoin de ses dernières années, adaptée en anglais par De Quincey puis traduite par Schwob, sans qu’aucune des sources consultées ici dise ce qu’est devenu l’original.
Pour aller plus loin
L’impératif catégorique de la Fondation de la métaphysique des mœurs donne à la notion de maxime son usage le plus connu. Le Contrat social de Rousseau, contemporain de l’Émile qui aurait retenu Kant chez lui à l’été 1762, et l’Éthique à Nicomaque, où Aristote fait naître la vertu de l’exercice répété, éclairent par contraste la défiance kantienne envers l’habitude.
On raconte que Kant vivait comme une horloge. Ce philosophe allemand a passé sa vie à Königsberg, où il est mort en 1804. Ses voisins, dit l’histoire, réglaient leurs montres sur l’heure de sa promenade. L’image fait sourire, mais elle touche une question sérieuse de sa pensée. Une vie très régulière est-elle le signe d’une volonté forte, ou d’une simple routine ?
Le poète qui n’avait rien vu
L’image vient surtout d’un poète allemand, Heinrich Heine. Il la publie dans une histoire de la pensée allemande écrite pour des lecteurs français. Chez lui, Kant se lève, écrit, enseigne et sort à heure fixe. Quand il franchit sa porte, les voisins savent qu’il est trois heures et demie.
Heine n’était pourtant qu’un enfant à la mort de Kant. Il ne cite aucun témoin. Une seconde histoire circule avec la sienne. Kant aurait manqué sa promenade un seul jour, captivé par un livre de Rousseau. En 1924, un biographe allemand a cherché d’où venait ce récit. Un seul témoin de l’époque en parle, et en une phrase.
Un ami encore plus ponctuel
Les proches de Kant décrivent un autre homme. Jeune professeur, il sort beaucoup et gagne souvent au billard et aux cartes. Vers ses quarante ans, il change de vie. Il sort moins, se lève à cinq heures et travaille aussitôt. Il reste pourtant un homme très sociable.
Ce changement doit peut-être quelque chose à un ami, un marchand anglais nommé Joseph Green. Green tenait à ses règles plus encore que Kant. Un jour, ne voyant pas son ami au rendez-vous, il partit en voiture sans lui. Il le croisa sur un pont peu après et ne s’arrêta pas. Une comédie de l’époque se moquait d’un homme réglé sur l’horloge. Green en aurait été le modèle.
Une règle que personne ne voit
Kant se méfiait pourtant de l’habitude. Dans un livre paru en 1798, il explique qu’un geste répété sans y penser perd sa valeur morale. Ce geste machinal, ajoute-t-il, abîme la liberté de l’esprit.
À l’habitude, Kant oppose le caractère. Avoir du caractère, pour lui, consiste à se donner des règles et à s’y tenir. Ces règles personnelles, il les appelle des maximes. Selon lui, on ne gagne pas ce caractère peu à peu. Il naît d’un coup, comme une explosion, et rarement avant quarante ans. Or Kant a fêté ses quarante ans en 1764, au moment où sa vie change. Le biographe Manfred Kuehn y a vu Kant appliquant sa théorie à lui-même.
Prenons deux hommes qui se lèvent tous les jours à cinq heures. Le premier le fait parce que son corps y est habitué. Le second le fait parce qu’il s’est fixé cette règle. Un voisin qui les observe ne voit aucune différence entre eux.
Kant le savait. Treize ans avant son livre sur l’habitude, il écrivait déjà que personne ne peut voir avec certitude la règle qui guide une action. Celui qui agit ne le peut pas davantage, même s’il s’examine avec soin. La lecture de Kuehn est donc une hypothèse qu’aucune observation ne pourra confirmer.
La poitrine trop étroite
Kant a lui-même donné une autre raison à ses règles. Dans une lettre à un médecin, il explique qu’il a la poitrine plate et étroite. Ce défaut le pousse à se croire malade. Il dit avoir dompté ce penchant par la seule force de sa résolution. Il respire uniquement par le nez, et il se promène seul pour ne pas avoir à parler.
Ses règles venaient-elles de sa volonté ou de sa peur d’être malade ? Les deux réponses tiennent, et elles peuvent même aller ensemble. Aucun document connu ne permet de choisir.
Un objet garde la trace du jeune Kant, avant les règles. En 1763, Kant, Green et d’autres amis ont gravé leurs noms sur un verre à champagne, que la famille de l’un d’eux a conservé.
La version complète cite la phrase de 1785 sur les principes que l’on ne voit pas, et suit le mémento de février 1802 où Kant s’ordonne d’oublier le nom de son domestique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Immanuel Kant, *Anthropologie in pragmatischer Hinsicht*, 1798 ; première partie, § 12 (l’habitude, *assuetudo*, « eine physische innere Nöthigung », perte de la valeur morale des bonnes actions, atteinte à la liberté de l’esprit, monotonie, AA VII, 149), texte allemand cité d’après Thomas Khurana ; seconde partie, section sur le caractère comme *Denkungsart* (caractère acquis et non naturel, « gleichsam Explosion », renaissance, révolution rarement tentée avant trente ans et achevée avant quarante, AA VII, 294), cité d’après la traduction anglaise reproduite par Manfred Kuehn ; traduction de la rédaction
- Emmanuel Kant, *Anthropologie du point de vue pragmatique*, traduction de Michel Foucault, Paris, 1964, « Bibliothèque des textes philosophiques », 174 p. Vrin
- Immanuel Kant, *Grundlegung zur Metaphysik der Sitten*, Riga, 1785, chez Johann Friedrich Hartknoch ; p. 15-16, note (« Maxime ist das subiective Prinzip des Wollens », AA IV, 400-401) ; p. 26, début de la deuxième section (« schlechterdings unmöglich, durch Erfahrung einen einzigen Fall », « geheimer Antrieb der Selbstliebe », « jene innere Principien derselben, die man nicht sieht », AA IV, 406-407) ; texte de la première édition consulté en transcription
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Sources primaires (suite)
- Emmanuel Kant, *Fondements de la métaphysique des mœurs*, traduction de Victor Delbos, édition électronique des Classiques des sciences sociales réalisée par Philippe Folliot ; deuxième section (« il est absolument impossible d’établir par expérience avec une entière certitude un seul cas », « principes intérieurs des actions, que l’on ne voit pas ») ; même traduction rééditée en 2008, préface de Monique Castillo, 252 p. Le Livre de poche
- Immanuel Kant, *Von der Macht des Gemüts, durch den bloßen Vorsatz seiner krankhaften Gefühle Meister zu sein*, lettre à Christoph Wilhelm Hufeland, 1797, reprise dans *Der Streit der Fakultäten*, 1798, troisième section ; sections « Von der Hypochondrie » (« wegen meiner flachen und engen Brust », « eine natürliche Anlage zur Hypochondrie », « Meister geworden »), « Von der Hebung und Verhütung krankhafter Zufälle durch den Vorsatz im Atemziehen » (respiration par le nez lèvres fermées, toux nocturne) et « Grundsatz der Diätetik » (« Das Bett ist das Nest einer Menge von Krankheiten ») ; édition de Hufeland, Berlin, 1824, Project Gutenberg, EBook n° 38295 ; traduction de la rédaction
- Emmanuel Kant, *Le Conflit des facultés et autres textes sur la révolution*, traduction, notes et postface de Christian Ferrié, Paris, 2015, « Critique de la politique », 400 p. Payot
- Immanuel Kant, *Versuch über die Krankheiten des Kopfes*, 1764 (l’hypocondrie comme crainte capricieuse d’être malade), cité d’après Jürgen Stolzenberg (2014)
- Heinrich Heine, « De l’Allemagne depuis Luther », *Revue des Deux Mondes*, 1834, en trois livraisons (mars, novembre, décembre) ; version allemande *Zur Geschichte der Religion und Philosophie in Deutschland*, *Der Salon*, t. II, 1835, préface datée de Paris, décembre 1834 ; troisième livre, chapitre « Immanuel Kant » (« weder Leben noch Geschichte », l’horloge de la cathédrale, la sortie de trois heures et demie, le *Philosophengang*, Lampe et le parapluie « wie ein Bild der Vorsehung », la comparaison avec Robespierre) ; traduction de la rédaction
- Theodor Gottlieb von Hippel, *Der Mann nach der Uhr, oder Der ordentliche Mann*, comédie, publiée et jouée en 1765 ; connue ici par la notice de la base ARTEX et par Karl Vorländer
- Ehregott Andreas Christoph Wasianski, *Immanuel Kant in seinen letzten Lebensjahren*, Königsberg, 1804 ; consulté en numérisation (Internet Archive), passage sur la respiration par le nez ; le renvoi de Lampe et le mémento de février 1802 sont cités d’après l’adaptation de Thomas De Quincey
- Thomas De Quincey, « The Last Days of Immanuel Kant », 1827, récit tiré de Wasianski, Jachmann et Borowski (Lampe au service de Kant pendant une quarantaine d’années, son renvoi en janvier 1802 avec une pension, le mémento « February, 1802, the name of Lampe must now be remembered no more », la promenade solitaire pour respirer par les narines) ; texte anglais publié par Freunde Kants und Königsbergs e.V.
- Thomas De Quincey, *Les Derniers Jours d’Emmanuel Kant*, traduction de Marcel Schwob, parue dans *La Vogue*, avril 1899, n° 4 ; rééd. Paris, 2023, 108 p. (« Monsieur le Professeur, voici l’heure », « il ne faut plus se souvenir du nom de Lampe », « il n’emmenait jamais de compagnon ») La République des lettres
- Ludwig Ernst Borowski, Reinhold Bernhard Jachmann, Ehregott Andreas Christoph Wasianski, *Kant intime*, traduction de Jean Mistler, Paris, 1985, 168 p. Grasset
Bibliographie
- Manfred Kuehn, *Kant : A Biography*, Cambridge, 2001, chap. 4, « A Palingenesis and Its Consequences (1764–1769) », p. 144-187 (les quarante ans de Kant le 22 avril 1764, la quarantième année tenue pour décisive, le caractère acquis par une sorte d’explosion), DOI 10,1017/CBO9781107050433 006 Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/CBO9781107050433
- Marcus Willaschek, *Kant. Die Revolution des Denkens*, Munich, 2023 – C. H. Beck ; traduction anglaise de Peter Lewis, *Kant : A Revolution in Thinking*, Cambridge (Mass.), 2025, p. xii et 1-7 (le jeune magister au billard et aux cartes, le mot de Herder, le lever à cinq heures, la mort de Johann Daniel Funk en 1764, le rôle supposé de Joseph Green, la sociabilité après la révolution intérieure, l’impératif catégorique suivi « though not unfailingly ») The Belknap Press of Harvard University Press
- Karl Vorländer, *Immanuel Kant. Der Mann und das Werk*, Leipzig, 1924, chap. II, « Die Werdezeit », § 2, « Der “galante” Magister », sous-sections « Wendung durch Rousseau 1762 » (l’*Émile* et la promenade manquée, la note sur Borowski, Jachmann, Wasianski et le *Herder* de Kühnemann, 1912) et « Verkehr mit Kaufleuten » (Joseph Green, sa ponctualité, l’épisode de la Krämerbrücke, le modèle supposé de la comédie de Hippel) Felix Meiner
- Jürgen Stolzenberg, « Kant und die Medizin », conférence aux XIᵉ Lectures kantiennes de Kaliningrad (21-23 avril 2014), dans *XI Kantovskie tchtenia*, Kaliningrad, 2014, p. 36-63 (la diététique comme « selbstverantwortliche Körper- und Seelenkultur », l’hypocondrie dans l’essai de 1764) Université fédérale balte Emmanuel-Kant
Sources en ligne
- « Essays : Immanuel Kant - Zur Geschichte der Religion und Philosophie in Deutschland » (Heine, troisième livre, I) textlog.dehttps://www.textlog.de/heine/essays/geschichte-religion-philosophie/iii-i-immanuel-kant
- « Zur Geschichte der Religion und Philosophie in Deutschland » (préface de décembre 1834, publication dans la *Revue des Deux Mondes* et dans *Der Salon*) Projekt Gutenberg-DEhttps://www.projekt-gutenberg.org/heine/religion/religion.html
- « Vorländer - Kant : Wendung durch Rousseau 1762 » textlog.dehttps://www.textlog.de/35636.html
- « Vorländer - Kant : Verkehr mit Kaufleuten » textlog.dehttps://www.textlog.de/35634.html
- « Immanuel Kant - German Philosopher, Enlightenment, Critique » (Otto Allen Bird, section « Last years » : la promenade et les montres, l’*Émile*, 12 février 1804) Encyclopædia Britannicahttps://www.britannica.com/biography/Immanuel-Kant/Last-years
- « Von der Macht des Gemüts, durch den bloßen Vorsatz seiner krankhaften Gefühle Meister zu sein » (EBook n° 38295) Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/cache/epub/38295/pg38295-images.html
- « Grundlegung zur Metaphysik der Sitten von Immanuel Kant. Riga, » (transcription de l’édition de 1785 avec pagination de l’Académie) groundlaying.appspot.comhttps://groundlaying.appspot.com/pdf/gms1785.pdf
- « fondem meta moeurs texte integral » (traduction Delbos, édition des Classiques des sciences sociales) Académie de Besançonhttps://ts2i.ac-besancon.fr/wp-content/uploads/sites/36/2023/09/fondem_meta_moeurs-texte-integral.pdf
- « A Palingenesis and Its Consequences (1764–1769) (Chapter 4) - Kant : A Biography » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/books/kant-a-biography/palingenesis-and-its-consequences-17641769/B7664F65A9D9D522D40C9086A5C202D8
- « KANT » (extrait de Marcus Willaschek, *Kant : A Revolution in Thinking*) Harvard University Presshttps://www.hup.harvard.edu/file/feeds/PDF/9780674296107_sample.pdf
- « Immanuel Kant, Joseph Green, Robert Motherby und die Amerikaner » (Gerfried Horst, 2021 ; le verre gravé du 30 août 1763) Freunde Kants und Königsbergs e.V.https://freunde-kants.com/kant-green-motherby-amerikaner
- « The Last Days of Immanuel Kant » (Thomas De Quincey) Freunde Kants und Königsbergs e.V.https://freunde-kants.com/articles-foreign/the-last-days-of-immanuel-kant/
- « Thomas de Quincey Les Derniers Jours d Emmanuel Kant » (traduction de Marcel Schwob) La Revue des Ressourceshttps://www.larevuedesressources.org/IMG/pdf/Thomas_de_Quincey_-_Les_Derniers_Jours_d_Emmanuel_Kant.pdf
- « Jürgen Stolzenberg. Kant und die Medizin » kant-online.ruhttps://kant-online.ru/en/jurgen-stolzenberg-kant-und-die-medizin/
- « Die Kunst der zweiten Natur » (Thomas Khurana, épreuves ; citation de l’*Anthropologie*, AA VII, 149) University of Essex Research Repositoryhttps://repository.essex.ac.uk/19525/1/Khurana%20-%20Die%20Kunst%20der%20zweiten%20Natur%20-%20Proofs.pdf
- « Der Mann nach der Uhr, oder Der ordentliche Mann (Play) » ARTEX, Aarhus Universityhttps://www.artex.au.dk/works/3384
- « Immanuel Kant in seinen letzten lebensjahren : Wasianski, Ehregott Andreas Christoph » Internet Archivehttps://archive.org/details/immanuelkantins00wasigoog




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