Le géographe décrit un disque gravé, un biographe du XIVᵉ siècle des sphères empilées. Dans la préface du Nuzhat al-mushtâq fî ikhtirâq al-âfâq, l’agrément de celui qui désire parcourir les horizons, achevé en shawwâl 548 de l’hégire, soit janvier 1154, al-Idrîsî raconte que Roger II, roi de Sicile, fit préparer pour lui une dâ’ira, mot qui désigne un cercle en arabe, d’argent pur, du poids de 400 ratls romains de 112 dirhams chacun, et qu’on y grava les sept climats avec leurs pays, leurs rivages, leurs mers, leurs fleuves, les lieux habités, les distances d’une localité à l’autre et les ports. Maqbul Ahmad, auteur en 1992 du chapitre consacré au géographe dans la History of Cartography publiée à Chicago, en tire un ordre de grandeur, environ 134 kilos de métal.
Un récit plus tardif dit autre chose. Au XIVᵉ siècle, Salâh al-Dîn al-Safadî consacre au roi normand une notice de son grand dictionnaire biographique, al-Wâfî bi-l-wafayât, où Roger, ami des philosophes, fait venir d’Afrique du Nord al-Sharîf al-Idrîsî, l’accueille avec honneur et lui procure le métal de l’instrument que le savant avait projeté. Le roi fait apporter de l’argent d’un poids de 400 000, dans une unité que la traduction anglaise publiée en 2019 par la fondation Factum rend par drams ; al-Idrîsî en façonne des sphères semblables à celles des cieux, qu’il pose les unes sur les autres selon un agencement particulier, n’emploie qu’un peu plus du tiers du métal, et Roger, plein d’admiration, lui laisse le reste en récompense. Les deux chiffres ne se recoupent pas, et les deux objets non plus, une carte plane gravée d’un côté, une sorte de modèle des cieux de l’autre, si bien que la notice, écrite deux siècles après les faits par un homme attentif surtout à la générosité d’un prince envers un savant, a tout l’air de recueillir une tradition de cour déjà arrangée, sans qu’on puisse dire ce qu’elle doit à l’objet lui-même.
Aucun des deux objets n’a survécu.
« Sans en différer en rien »
Le livre, lui, raconte sa propre fabrication. La préface, qu’Ahmad résume et cite en traduction anglaise, attribue l’initiative au roi, qui aurait recueilli pendant une quinzaine d’années les informations des savants et des voyageurs en ne retenant que les points sur lesquels ils s’accordaient. Une à une, avec des instruments de fer, les données étaient reportées sur une table à dessiner, le lawh al-tarsîm, où l’on vérifiait latitudes et longitudes, et l’argent devait ensuite reproduire ce tracé sans en différer en rien. On ne sait rien de plus de cette table ni de ces instruments. Pour l’Europe et la Méditerranée, al-Idrîsî dépendait des récits des voyageurs et des marchands qu’on trouvait en Sicile, et des voyageurs européens présents à la cour lui fournirent beaucoup ; pour l’Asie et l’Afrique, il puisait surtout dans des livres arabes, que la préface énumère, le Livre des merveilles, al-Jayhânî, Ibn Khurradâdhbih, al-’Udhrî, Ibn Hawqal, al-Ya’qûbî, Qudâma ibn Ja’far, Orosius. Ptolémée vient à part. Al-Idrîsî le cite, mais le texte dont il disposait ne correspond pas à celui de la Géographie que l’on connaît, et Ahmad juge sans grande originalité les considérations de la préface sur la circonférence de la terre et sa position immobile.
Le résultat se lit en soixante-dix morceaux. Chacun des sept climats est divisé en dix sections d’ouest en est, et chaque section reçoit sa carte, suivie de son commentaire, si bien que la carte du monde se trouve dispersée sur quelque 350 feuillets. Jean-Charles Ducène, dans la notice qu’il a donnée en 2018 à la troisième édition de l’Encyclopaedia of Islam, compte environ 2 500 noms de lieux sur les cartes, et deux fois plus dans le texte. Matt King, Sherif Abdelkarim et les autres auteurs de la traduction anglaise parue en 2024, consacrée aux pages sur la Sicile, l’Italie du Sud, l’Adriatique et l’Ifrîqiya, regrettent que l’on se serve des cartes comme de substituts du texte, alors que celui-ci renseigne bien davantage sur les lieux habités, l’économie et les mœurs. Le nom de Livre de Roger, Kitâb Rujâr, vaut mieux pour cette raison que celui de Tabula Rogeriana, latin moderne qui réduit à des cartes un ouvrage d’abord écrit.
Le sharîf et le roi
Le surnom d’al-Sharîf rappelle l’ascendance du géographe, issu de la maison des Idrissides, descendants du Prophète. Selon la tradition, il naît à Ceuta en 493 de l’hégire, soit 1100, étudie à Cordoue et voyage dès l’âge de seize ans en Asie Mineure, dans le sud de la France, en Angleterre, en Espagne et au Maroc, d’après le résumé d’Ahmad. La suite tient à peu de chose. Les historiens placent d’ordinaire son arrivée à Palerme vers 1138, l’Encyclopaedia Britannica vers 1145, et Ahmad rappelle qu’aucune source ne donne l’année, la seule date à peu près sûre le montrant à la cour de Roger en 548, c’est-à-dire en 1154. En 2001, dans la revue Arabica, Allaoua Amara et Annliese Nef ont publié de nouvelles données biographiques qui rattachent al-Idrîsî aux Hammûdides de Sicile et proposent qu’il soit né dans l’île. Françoise Micheau, rendant compte de la traduction donnée en 1999 par Henri Bresc et Annliese Nef, notait que l’hypothèse, si elle se confirmait, réglerait les débats sur les raisons de son départ vers le royaume normand, et Ducène l’a reprise en 2010 en relevant, dans les œuvres géographiques et pharmacologiques du savant, des indices qui interdisent d’accepter trop vite l’origine andalouse. Une lecture plus politique remonte à 1945. Tadeusz Lewicki, qui étudiait la Pologne et les pays voisins à travers le Livre de Roger, supposait que le roi s’intéressait moins au géographe qu’au prétendant possible, voire au souverain fantoche, que pouvait lui fournir un descendant du Prophète. La Britannica rapporte de son côté que certains historiens occidentaux ont supposé que les autres musulmans le tenaient pour un renégat au service d’un chrétien.
La fin est aussi floue que le début. Ahmad le fait mourir en 560, soit 1165, probablement à Ceuta, la Britannica hésite entre Ceuta et la Sicile, et Robin Seignobos, rendant compte de l’édition de Ducène, le tient pour probablement mort en 1175 au plus tard.
Après Roger, le savant travaille pour son fils Guillaume Iᵉʳ. On lui attribue un ouvrage composé pour ce roi, dont aucune copie ne subsiste et dont certains doutent qu’il ait existé. Un autre livre survit, l’Uns al-muhaj wa-rawd al-furaj, longtemps appelé le petit Idrîsî, étiquette qui disait le peu de cas qu’en faisaient les premiers orientalistes. Ducène en a édité la partie africaine en 2010. Ses deux manuscrits, du XVIIᵉ siècle, portent la date de 588 de l’hégire, soit 1192, que Seignobos tient pour celle d’une copie, puisque l’auteur était alors probablement mort, et le prologue cite Ibn Sa’îd al-Maghribî, géographe du XIIIᵉ siècle, preuve que le texte a été retouché après lui. L’ouvrage reprend souvent le Nuzhat en le condensant, mais il corrige et complète des itinéraires, et compte environ 1 100 noms de lieux.
Dâ’ira
Le mot n’a qu’un sens. Tony Campbell, historien de la cartographie, l’admet dans l’étude qu’il a mise en ligne en 2020, puis soutient que la plaque d’argent était plus probablement rectangulaire, au format de la grande carte. Il s’appuie sur la préface elle-même, qui exige à plusieurs reprises que l’argent reproduise la table à dessiner sans s’en écarter, sur une dimension de 3,5 mètres sur 1,5 qui circule sans référence et qui reprend les proportions de la carte assemblée, et sur la reconstitution gravée en 2019 par la fondation Factum sur un disque d’argent de deux mètres, où le monde habité laisse vide environ un tiers de la surface, ce qu’il juge peu vraisemblable pour une carte destinée à être vue. Il suppose qu’un copiste a pu changer la forme décrite, sous l’influence du petit planisphère rond du manuscrit de Paris. Le camp du cercle garde pour lui le texte d’al-Idrîsî, le seul témoin de l’objet qui l’ait vu, et ce petit planisphère lui-même. Les sphères d’al-Safadî, si l’on y voit un souvenir déformé, vont dans le même sens. On ne sait pas trancher, et la seule pièce qui le permettrait a disparu.
Sa disparition a reçu une date. Konrad Miller, à la suite d’autres auteurs, plaçait la destruction ou la perte de la plaque lors du coup d’État de 1160-1161, et Ahmad répondait en 1992 qu’il n’en connaissait aucune preuve certaine. Pour Ducène, en 2018, l’objet a bien été détruit en 555 de l’hégire, soit 1161. Alfred Hiatt, dans un volume collectif paru chez Brill en 2021, n’y voit qu’une conjecture d’un érudit du XIXᵉ siècle. Un objet de plus de cent kilos d’argent pouvait finir au creuset sans que personne l’écrive, ce qui expliquerait qu’une date de perte doive se déduire d’une émeute, faute de se lire dans un texte.
Trois cent cinquante-deux feuillets
À Paris se trouve la plus ancienne copie connue. Le manuscrit Arabe 2221 de la Bibliothèque nationale de France compte 352 feuillets de 26 centimètres sur 21, un planisphère et 68 cartes de section soigneusement dessinées et coloriées ; il lui manque les cartes des deux premières sections du septième climat et le dernier feuillet, celui de la dixième section du même climat, et les premiers feuillets sont abîmés. La notice publiée par la Library of Congress le date des environs de 1325, dans une fourchette de 1250 à 1325, et Campbell retient par commodité la date de 1300 environ. Annie Vernay-Nouri, qui a réexaminé en 2015 la tradition manuscrite, a montré que le nombre 700 inscrit au folio 351 verso, à la fin de la huitième section du septième climat, n’était pas une date de colophon, l’année 700 de l’hégire correspondant à 1300-1301, et qu’il n’était pas de la même encre que le texte, et elle a jugé les éléments insuffisants pour proposer d’autres dates. Une copie incomplète de Saint-Pétersbourg, cotée Ar. N.S. 176 selon Ahmad, qui y compte 36 cartes entières et deux demi-cartes, pourrait remonter à la même époque.
Les autres témoins sont plus tardifs. Une dizaine de copies du Nuzhat survivent. À Istanbul, le manuscrit Köprülü 955, daté de 873 de l’hégire, soit 1469, et copié par ’Alî ibn Hasan al-’Ajamî, garde le planisphère et les soixante-dix cartes. À Oxford, la Bodleian Library conserve le MS. Pococke 375, 326 feuillets copiés au Caire, selon Ahmad, par ’Alî ibn Hasan al-Hûfî al-Qâsimî et achevés le 13 sha’bân 960, en juillet 1553 ; le volume a appartenu à Edward Pococke, mort en 1691, et la bibliothèque l’a acheté en 1692. La fiche du catalogue en ligne, recopiée d’un ancien fichier, convertit la date hégirienne en 1533, coquille que l’année 960 suffit à corriger. La même bibliothèque garde le MS. Greaves 42, copie partielle limitée aux trois premiers climats, avec trente cartes de section et un planisphère en partie détruit, que l’on date tantôt de la fin du XIVᵉ siècle, tantôt de la fin du XVIᵉ.
L’Europe a d’abord lu le texte. Des extraits de l’arabe sont imprimés à Rome en 1592 par la typographie des Médicis, dans une sélection qu’Ahmad juge négligente, et deux maronites, Gabriel Sionita et Jean Hesronita, publient en 1619 à Paris une traduction latine sous le titre de Geographia nubiensis, un in-quarto que la Bibliothèque nationale de France conserve sous la cote FB-12226. En 1836-1840, Amédée Jaubert donne la première traduction française d’après deux manuscrits de la Bibliothèque du roi, une version que la Britannica juge peu sûre parce que ses modèles étaient fautifs. Annliese Nef en a tiré en 1999 une version largement nouvelle, fondée sur l’édition arabe de l’Istituto Orientale de Naples, et consacrée aux sections qui décrivent l’Occident.
Stuttgart, 1928
L’image que l’on connaît a été imprimée à Stuttgart. Konrad Miller avait reproduit, dans les six volumes de ses Mappae arabicae parus à Stuttgart de 1926 à 1931, les cartes de section de six manuscrits. En 1928, il publie lui-même la Weltkarte des Idrisi vom Jahr 1154 n. Ch., Charta Rogeriana, carte en couleurs de 85 centimètres sur 193, imprimée sur six feuilles d’environ 47 centimètres sur 68, avec les noms arabes transcrits en caractères latins, le relief figuré et un livret explicatif de 38 pages en anglais, le nord en bas. Miller la disait restaurée. Campbell estime qu’aucun indice ne montre que les soixante-dix sections aient été réunies au Moyen Âge, relève que les noms de lieux à cheval sur deux cartes sont répétés dans la copie de Paris, et en conclut que fort peu de gens ont pu voir la carte entière avant 1928. La version qu’en donne Wikipédia a de plus été retournée, le nord en haut, pour la commodité du lecteur moderne.
Le petit planisphère rond pose un autre problème. Il mesure environ 33 centimètres dans la copie de Paris, porte une centaine de noms, dont certains manquent aux cartes de section, et la préface n’en parle jamais, ce qui conduit Campbell à y voir une copie tardive et dégradée de la grande carte ; les auteurs de la publication de Factum rattachent au contraire le planisphère du manuscrit d’Oxford à une source islamique du XIᵉ siècle. Son orientation, le sud en haut, suit selon Ahmad l’usage de l’école dite de Balkhî.
Sur l’Occident latin, l’œuvre a peu pesé. Ahmad tient son influence pour indirecte au mieux, et Campbell observe que les cartes marines appelées portulans, apparues peu après 1154, rendent vite ses côtes caduques, ce qui expliquerait en partie qu’on ne trouve guère d’emprunt à ses contours dans les cartes européennes.
À Washington, la Library of Congress conserve deux exemplaires de la carte de Miller sous la cote G3200 1154 .I3 1928. L’un d’eux a été découpé en quatre panneaux de 50 centimètres sur 93, montés sur toile, et la notice signale au verso une annotation au crayon bleu, « Idrisi Weltkarte 1154 A.D. ».
Pour aller plus loin
L’article sur la Sicile aux trois cultures replace al-Idrîsî dans la cour de Roger II, entre le dîwân trilingue, l’horloge de 1142 et le manteau du couronnement. La conquête aghlabide de l’île, entre 827 et 902, explique la présence de lettrés arabophones à Palerme, et l’article sur Tolède, capitale de la traduction, montre une autre ville où le savoir arabe passait au latin au XIIᵉ siècle.
À Stuttgart, en 1928, un savant allemand réunit une série de petites cartes sur une seule grande feuille. Il y en a soixante-dix. Assemblées, elles dessinent le monde connu au Moyen Âge, le sud placé en haut. Ces cartes viennent d’un livre écrit en arabe au XIIᵉ siècle, en Sicile, pour un roi chrétien. Personne ne sait pourtant si cette grande carte a existé avant ce savant.
Un roi, un lettré et des voyageurs
Le roi s’appelle Roger II. Sa famille descend des chevaliers normands qui ont conquis l’île, et il règne à Palerme. Sa cour emploie des lettrés de langue arabe. L’un d’eux, le savant musulman al-Idrîsî, reçoit une commande hors du commun, celle de décrire toute la terre habitée.
Le travail dure une quinzaine d’années. Les marchands et les voyageurs de passage en Sicile racontent ce qu’ils ont vu en Europe et autour de la Méditerranée. Pour l’Asie et l’Afrique, le savant lit les géographes arabes plus anciens. Selon l’introduction du livre, le roi ne garde que les informations sur lesquelles tous tombent d’accord.
Le livre est achevé au début de l’année 1154. Il découpe la terre en sept longues bandes, des climats, qui vont de l’ouest à l’est. Chaque bande est coupée en dix morceaux. Chaque morceau reçoit sa carte et sa description, si bien que le monde se lit page après page, sans jamais tenir sur une seule feuille.
Le texte compte deux fois plus de noms de lieux que les cartes. Il parle des lieux habités, du commerce et des coutumes. On l’oublie souvent, parce que les images attirent davantage l’œil.
On ignore même où l’auteur est né. Une vieille tradition le fait venir de Ceuta, au nord du Maroc. Deux historiens ont proposé, plus récemment, qu’il soit né en Sicile.
Le trésor d’argent
Dans son introduction, al-Idrîsî raconte que le roi lui fit donner de l’argent pur. On y grava la carte du monde, avec ses mers, ses fleuves et ses ports. D’après un calcul moderne, le métal pesait environ 134 kilos.
Un écrivain arabe raconte l’histoire autrement, deux siècles plus tard. Chez lui, le savant fabrique des boules d’argent qui imitent le ciel, posées les unes sur les autres. Le roi, émerveillé, lui offre le métal qui n’a pas servi. Ce récit ressemble à une belle anecdote de cour.
L’objet a disparu. Certains disent qu’il fut détruit lors d’un coup d’État, en 1161. D’autres répondent que cette date n’est qu’une supposition faite au XIXᵉ siècle. Personne n’a retrouvé de texte qui raconte sa perte.
Sa forme est aussi discutée. Le mot arabe employé par l’auteur désigne un cercle. L’historien Tony Campbell pense pourtant que la plaque était rectangulaire, comme la grande carte formée par les soixante-dix morceaux. Les deux camps ont des arguments, et rien ne permet de trancher.
Des copies et une feuille moderne
Le livre original est perdu, lui aussi. Il en reste une dizaine de copies faites par des scribes, souvent bien plus tard. La plus ancienne a été copiée bien après l’original, et personne ne connaît sa date exacte. On a cru y lire une année, mais ce nombre est écrit d’une autre encre que le texte.
En Europe, le livre arrive tard, par des traductions imprimées. Les savants européens du Moyen Âge ne semblent pas avoir copié ses contours. Les marins dessinaient alors leurs propres cartes des côtes, plus récentes.
Konrad Miller, le savant de Stuttgart, a mis bout à bout les soixante-dix cartes et les a fait imprimer en couleurs. Selon Tony Campbell, aucun indice ne prouve qu’on les ait jamais réunies au Moyen Âge. L’image célèbre du monde d’al-Idrîsî est donc un montage moderne, fait à partir de cartes anciennes.
Wikipédia la montre même retournée, le nord en haut, pour faciliter la lecture. Dans la copie de Paris, c’est le sud qui occupe le haut des cartes.
Cette copie, la plus vieille de toutes, se consulte à Paris, à la Bibliothèque nationale de France. Ses petites cartes y sont dessinées et coloriées avec soin, feuillet après feuillet.
Les deux récits contradictoires de l’objet d’argent, la copie d’Oxford achevée au Caire en 1553 et l’exemplaire de la carte de Miller gardé à Washington attendent le lecteur dans la version complète.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq fî ikhtirâq al-âfâq, dit Kitâb Rujâr ou Livre de Roger, préface : enquête d’une quinzaine d’années, table à dessiner (lawh al-tarsîm), instruments de fer, dâ’ira d’argent pur de 400 ratls romains de 112 dirhams, gravure des sept climats, liste des sources (Livre des merveilles, al-Jayhânî, Ibn Khurradâdhbih, al-’Udhrî, Ibn Hawqal, al-Ya’qûbî, Qudâma ibn Ja’far, Orosius, Ptolémée), achèvement en shawwâl 548 de l’hégire (janvier 1154), d’après Ahmad 1992, p. 156-159 ; trad. fr. partielle Jaubert révisée par Nef, dans Bresc et Nef 1999
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq, plus ancienne copie connue, vers 1300-1325, 352 feuillets, 26 × 21 cm, planisphère et 68 cartes de section sur 70, cartes des sections 1 et 2 du septième climat et dernier feuillet manquants, nombre 700 d’une autre encre au f. 351v Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Manuscrits, Arabe 2221
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq, copie incomplète, début du XIVᵉ siècle, 36 cartes entières et 2 demi-cartes, d’après Ahmad 1992 Saint-Pétersbourg, Ar. N.S. 176
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Sources primaires (suite)
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq, copie datée de 873 de l’hégire (1469), par ’Alî ibn Hasan al-’Ajamî, planisphère et 70 cartes de section, d’après Ahmad 1992 Istanbul, bibliothèque Köprülü, 955
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq, copie du 13 sha’bân 960 de l’hégire (juillet 1553), Le Caire, par ’Alî ibn Hasan al-Hûfî al-Qâsimî selon Ahmad 1992, 326 feuillets, collection d’Edward Pococke (mort en 1691), achetée en 1692 Oxford, Bodleian Library, MS. Pococke 375
- Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtâq, copie partielle (climats 1 à 3), 30 cartes de section et planisphère en partie détruit, fin du XIVᵉ ou fin du XVIᵉ siècle Oxford, Bodleian Library, MS. Greaves 42
- Al-Idrîsî, Uns al-muhaj wa-rawd al-furaj, deux manuscrits du XVIIᵉ siècle portant la date de 588 de l’hégire (1192), prologue citant Ibn Sa’îd al-Maghribî, éd. et trad. partielle Ducène 2010 ; témoin signalé par Ahmad 1992 Istanbul, Hekimoğlu Ali Paşa 688
- Salâh al-Dîn al-Safadî, al-Wâfî bi-l-wafayât, notice de Roger II : venue d’al-Idrîsî d’Afrique du Nord, argent de 400 000 drams, sphères semblables à celles des cieux posées les unes sur les autres, un peu plus du tiers du métal employé, reste laissé en récompense, d’après Amari, Biblioteca arabo-sicula, II, p. 564-565, texte arabe corrigé par Oman 1970, cité et traduit dans Brotton, Crouch et Lowe 2019
- Kitâb nuzhat al-mushtâq, extraits du texte arabe, Rome, typographie des Médicis, 1592, d’après Ahmad 1992 et Encyclopaedia Britannica
- Al-Idrîsî, Geographia nubiensis, trad. latine de Gabriel Sionita et Jean Hesronita, Paris, 1619, in-4° Paris, Bibliothèque nationale de France, Tolbiac, FB-12226
- Konrad Miller, Weltkarte des Idrisi vom Jahr 1154 n. Ch., Charta Rogeriana, Stuttgart, Konrad Miller, 1928, carte en couleurs, 85 × 193 cm, six feuilles d’environ 47 × 68 cm, livret de 38 p. en anglais, nord en bas ; exemplaire 2 découpé en quatre pièces de 50 × 93 cm montées sur toile, annotation au crayon bleu au verso Washington, Library of Congress, Geography and Map Division, G3200 1154 .I3 1928
Bibliographie
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- Henri Bresc et Annliese Nef (prés. et notes), Idrîsî, La première géographie de l’Occident, trad. du chevalier Jaubert revue par Annliese Nef, Paris, 1999, 516 p., coll. GF Flammarion
- Allaoua Amara et Annliese Nef, « Al-Idrîsî et les Hammûdides de Sicile : nouvelles données biographiques sur l’auteur du Livre de Roger », Arabica 48 (1), 2001, p. 121-127 Brill
- Jean-Charles Ducène, L’Afrique dans le Uns al-muhağ wa-rawd al-furağ d’al-Idrîsî. Édition, traduction et commentaire, Louvain, 2010, LVI-253 p., Lettres orientales 15 Peeters
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- Ahmed Fatima Kzzo, Matt King, Sherif Abdelkarim et Katherine Jacka (éd.), Al-Idrisi’s Norman Kingdom in the South : The Book of Roger in Translation, Leeds, 2024, 174 p., ARC Foundations, ISBN 9781802701951, DOI 10,1515/9781802701951 ARC Humanities Presshttps://doi.org/10.1515/9781802701951
- Konrad Miller, Mappae arabicae. Arabische Welt- und Länderkarten des 9.-13. Jahrhunderts, 6 vol., Stuttgart, 1926-1931, cité d’après Ahmad 1992
- Tadeusz Lewicki, Polska i kraje sąsiednie w świetle « Księgi Rogera », 2 vol., Cracovie, Polska Akademia Umiejętności, 1945, et Varsovie, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, 1954, I, p. 12-16, cité d’après Ahmad 1992
- Pierre-Amédée Jaubert (trad.), Géographie d’Édrisi, traduite de l’arabe en français d’après deux manuscrits de la Bibliothèque du roi, 2 vol., Paris, 1836-1840 Imprimerie royale
Sources en ligne
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- « The Excursion of the One Who Yearns to Penetrate the Horizons (Nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq) », notice du ms. BnF Arabe 2221 Library of Congress, World Digital Libraryhttps://www.loc.gov/resource/gdcwdl.wdl_18418/?sp=605
- « MS. Pococke 375 », Nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq Fihrist, Union Catalogue of Manuscripts from the Islamicate Worldhttps://www.fihrist.org.uk/catalog/manuscript_1554
- « Medieval Islamic maps of the world » (MS. Pococke 375, MS. Greaves 42, orientation vers le sud) Bodleian Libraries, The Conveyorhttps://blogs.bodleian.ox.ac.uk/theconveyor/medieval-islamic-maps-of-the-world/
- « Weltkarte des Idrisi vom Jahr 1154 n. Ch., Charta Rogeriana » Library of Congress, Geography and Map Divisionhttps://www.loc.gov/item/2007626789/
- Notice bibliographique « Geographia nubiensis... », FRBNF34003893 Bibliothèque nationale de France, catalogue généralhttps://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34003893p
- Compte rendu d’Idrîsî, La première géographie de l’Occident, par Françoise Micheau, Bulletin critique des Annales islamologiques 17 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/bcai/17/86
- Compte rendu de Jean-Charles Ducène, L’Afrique dans le Uns al-Muhağ wa-rawd al-Furağ d’al-Idrīsī, par Robin Seignobos, Bulletin critique des Annales islamologiques 26, 2011, p. 63-65 Institut français d’archéologie orientalehttps://www.ifao.egnet.net/bcai/26/28
- « al-Idrīsī » (naissance, arrivée vers 1145, achèvement en janvier 1154, éditions de 1592, traduction de Jaubert) Encyclopaedia Britannicahttps://www.britannica.com/print/article/282089
- « Re-creating the Lost Silver Map of Al-Idrisi », texte de Jerry Brotton, Daniel Crouch Rare Books et Adam Lowe, 2019 (passage d’al-Safadî, disque d’argent recréé, une dizaine de copies conservées, origine du planisphère rond) Factum Foundationhttps://factumfoundation.org/wp-content/uploads/publication_al_idrisi_factum_foundation_daniel_crouch_2019_web.pdf
- « Introduction : The Life, Times, and Works of al-Idrisi », Matt King et Sherif Abdelkarim, dans Al-Idrisi’s Norman Kingdom in the South, 2024, p. 1-34 Cambridge Corehttps://core-prod.cambridgecore.org/core/books/alidrisis-norman-kingdom-in-the-south/introduction-the-life-times-and-works-of-alidrisi/C429146D66F3C5D2843ECB565E869E6D
- « Geography » (Géographie d’Edrisi, Jaubert, 1836, d’après deux manuscrits de la Bibliothèque du roi) BnF, Patrimoines partagés, Bibliothèques d’Orienthttps://heritage.bnf.fr/bibliothequesorient/en/geography




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