Pendant plus de quarante ans, les lecteurs anglophones ont discuté un livre amputé de trois cents pages. Parmi les passages absents de l’édition qu’ils avaient entre les mains, les quelques pages sur Descartes qui ouvrent le deuxième chapitre. Elles sont exactement celles que Jacques Derrida avait prises pour cible.
Trois cents pages en moins
Le livre a quatre états. Thèse de doctorat d’État soutenue à la Sorbonne en 1961, il paraît la même année chez Plon sous le titre Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique, environ sept cents pages. En 1964, la collection 10/18 en donne l’abrégé, et c’est lui que Richard Howard traduit pour Tavistock, augmenté d’un chapitre repris à l’édition complète. En 1972, Gallimard republie le texte entier dans la « Bibliothèque des histoires », sous le seul sous-titre, avec une préface neuve qui remplace celle de 1961 et deux appendices : l’article « La folie, l’absence d’œuvre », paru en 1964, et la réponse à Derrida, « Mon corps, ce papier, ce feu ». La réimpression de 1976 dans la collection Tel garde la préface de 1972 et laisse tomber les deux appendices. L’anglais n’a eu le livre entier qu’en 2006, chez Routledge, dans la traduction de Jonathan Murphy et Jean Khalfa, sept cent vingt-cinq pages.
Ces états ne sont pas des variantes d’éditeur. Ils décident de ce que chaque critique a pu lire.
Des éditions françaises courantes, celle de 1972 reste la plus utile, parce qu’elle place la réponse à Derrida dans le même volume que le texte attaqué ; la Tel, plus facile à trouver d’occasion, oblige à chercher l’appendice ailleurs.
Les lieux que la lèpre a laissés vides
À la fin du Moyen Âge, la lèpre recule en Occident et abandonne aux portes des villes des enclos que rien n’occupe. Foucault ouvre son livre sur ces emplacements disponibles et sur une image empruntée à un poème de 1494, la nef des fous. Puis il aborde le geste qui donne son nom au deuxième chapitre. En avril 1656, un édit royal crée à Paris l’Hôpital général pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et des faubourgs, et rassemble sous une administration unique la Pitié, Bicêtre, la Salpêtrière et trois autres maisons. L’institution n’a pas de fonction médicale. Elle doit occuper les oisifs et corriger les mœurs, et elle reçoit ensemble les mendiants, les vieillards, les vénériens, les filles publiques, les fils de famille enfermés sur lettre de cachet et les insensés. Aucun médecin ne décide des entrées. Foucault avance un chiffre, environ six mille personnes, soit la centième partie de la population parisienne. Il l’obtient en note à partir d’une déclaration du 12 juin 1662 citée par Léon Lallemand, où les directeurs affirment loger et nourrir plus de six mille personnes dans cinq maisons, et d’une population parisienne qu’il estime au-dessus du demi-million. Le rapprochement des deux nombres, celui que donne la déclaration de 1662 et celui de la population parisienne, est de lui.
L’internement ne sépare pas les fous du reste. Il les dissout dans une catégorie plus large, la déraison, qui range sous un même regard moral la folie, la débauche, le blasphème et la paresse. Les notes de Foucault le montrent d’ailleurs sans ambiguïté. Pour les Petites-Maisons, l’état abrégé de la dépense annuelle qu’il cite dénombre cinq cents vieillards caducs, cent vingt malades de la teigne, cent vérolés et quatre-vingts « pauvres fols insensés ». Le fou n’est pas l’objet du dispositif, il en est une entrée parmi d’autres.
L’argument se laisse reformuler en trois temps. Avant l’âge classique, la folie circule, elle parle, on la croit porteuse d’un savoir que la raison ignore. L’âge classique l’enferme avec la misère et le libertinage, sur un critère de mœurs, et la prive d’interlocuteur. Le XIXᵉ siècle détache le fou des autres internés, lui donne un médecin et ce qu’on appellera bientôt l’asile, ce qui ressemble à une libération et installe un rapport d’autorité où le malade doit reconnaître sa faute pour guérir.
Toute la force du livre tient à ce troisième temps, et c’est aussi par là qu’il a été le plus attaqué, parce qu’il suppose que la naissance de la psychiatrie prolonge l’internement au lieu de l’interrompre, thèse qui met en cause l’histoire que les aliénistes racontaient d’eux-mêmes depuis cent cinquante ans.
Sed amentes sunt isti
Le passage discuté tient en quelques lignes de la Première Méditation, au tome VII de l’édition Adam et Tannery, pages 18 et 19. Descartes cherche ce dont il peut douter. Les sens trompent parfois, soit ; mais qu’il soit ici, assis auprès du feu, vêtu d’une robe de chambre, ce papier entre les mains ? Pour en douter il faudrait se comparer à ces insani dont le cerveau est troublé par les vapeurs de la bile noire, qui se croient rois quand ils sont pauvres, ou vêtus d’or quand ils sont nus, ou faits de verre. Descartes tranche en quatre mots, sed amentes sunt isti. Mais quoi, ce sont des fous, et je ne serais pas moins extravagant si je me réglais sur leurs exemples, donne la traduction du duc de Luynes parue en 1647. Puis il passe au rêve, et le rêve, lui, sert.
Foucault lit dans ces lignes autre chose qu’un exemple écarté pour un meilleur. Aux pages 56 à 59 de son livre, il soutient que le rêve et la folie n’ont pas le même statut dans le doute. Le rêve permet de douter du lieu où l’on est, du papier qu’on voit, de la main qu’on tend. La folie, non, parce que celui qui pense ne peut pas être fou. L’exclusion est là, dans le mouvement même de la méditation, et elle est contemporaine des maisons de force.
L’épreuve se fait sans matériel. On essaie de douter de son corps en se prenant pour un fou, on se croit de verre, on ne sait plus si l’on raisonne, l’exercice s’arrête. On essaie ensuite de se rappeler un rêve où l’on était assis exactement comme on l’est, et le souvenir vient, la différence avec la veille s’efface, et l’on continue à raisonner dans cette incertitude. Deux exercices, deux résultats.
Derrida prend la parole au Collège philosophique
Le 4 mars 1963, au Collège philosophique fondé par Jean Wahl, Derrida donne une conférence intitulée « Cogito et histoire de la folie ». Foucault est dans la salle et ne répond pas. Le texte paraît la même année dans la Revue de métaphysique et de morale, reçoit des notes complémentaires l’année suivante, puis entre en 1967 dans L’Écriture et la différence, aux pages 51 à 97.
L’objection vise deux choses. Le projet du livre d’abord, qui prétend écrire l’histoire de la folie elle-même dans la langue de la raison et refait donc le partage qu’il décrit. La lecture de Descartes ensuite. Pour Derrida, la folie se trouve dépassée plutôt qu’écartée. L’appel au rêve forme « l’exaspération hyperbolique de l’hypothèse de la folie », et l’hypothèse du malin génie porte ensuite le désordre jusque dans les vérités mathématiques, c’est-à-dire dans la région que la première vague du doute avait épargnée. L’exclamation sur les fous serait d’ailleurs prêtée à un objecteur naïf, sans être tenue par le philosophe.
Foucault se tait neuf ans. Sa réponse paraît en février 1972 dans une revue japonaise, Paideia, qui consacrait alors un dossier à son travail et à son rapport à la littérature, puis dans une version développée placée en appendice de la réédition Gallimard, aux pages 583 à 603.
Elle procède par trois entrées. La première est lexicale. Descartes appelle les fous insani quand il décrit leurs illusions, mot du vocabulaire courant autant que médical, puis amentes et demens quand il refuse de prendre leur exemple, deux termes d’abord juridiques qui désignent des incapables, privés du droit de promettre, de signer ou d’ester en justice. La question posée n’est donc pas celle de la vérité des idées, mais celle de la qualification du sujet. La deuxième entrée est grammaticale. Le paragraphe des fous emploie le vocabulaire de la comparaison, celui du rêve emploie le vocabulaire du souvenir, et l’on passe d’un conditionnel à un présent de l’indicatif, ce qui marque la différence entre un exercice refusé et un exercice effectué. La troisième entrée est philologique, et elle se vérifie en dix secondes. Derrida s’appuyait sur les peintres dont « l’imagination est assez extravagante » pour inventer des formes inédites. Ce membre de phrase appartient à la traduction française de 1647. Le latin, au tome VII page 20, porte seulement si forte aliquid excogitent adeo novum, s’ils inventent par hasard quelque chose de si nouveau.
La fin du texte quitte le détail. Foucault y décrit la démarche de Derrida comme une réduction des pratiques discursives à des traces textuelles, et la nomme « une petite pédagogie historiquement bien déterminée ». La formule a fait plus de bruit que l’analyse des paragraphes, et elle a brouillé pour longtemps ce qui, dans la réponse, relevait du simple relevé philologique.
Rien dans le texte cartésien ne permet de trancher, et les deux lectures rendent compte des mêmes lignes. Denis Kambouchner a soutenu que ces mots sont bien ceux des Méditations sans être pour autant ceux du philosophe ni ceux de Descartes en propre, ce qui ouvre une troisième voie sans fermer les deux premières.
Le Narrenschiff n’a pas navigué
Les historiens sont arrivés avant les philosophes, et par une autre porte. Dès juillet 1962, Robert Mandrou rend compte du livre dans les Annales, avec une note de Fernand Braudel. Le compte rendu salue une démonstration qu’il juge décisive et la qualité de la langue, et il formule pourtant une réserve précise : Foucault tire du chiffre de 1657 plus de signification qu’il n’en porte, la centième partie de la population de Paris ne suffisant pas à soutenir la lecture qu’il en fait.
Dix-huit ans plus tard, H. C. Erik Midelfort publie une révision serrée dans les mélanges offerts à J. H. Hexter. Foucault écrit du Narrenschiff qu’il est « le seul qui ait eu une existence réelle ». Aucune pièce d’archive ne l’atteste. Les bateaux chargés de fous appartiennent à un motif littéraire et pictural, dont le poème de Sébastien Brant, paru à Bâle en 1494, et le panneau de Jérôme Bosch sont les exemples les plus connus, et ce motif a été pris pour une pratique municipale. Midelfort ajoute que le renfermement ne se vérifie ni en Angleterre ni dans l’Empire, où la garde des insensés reste une affaire de famille et de paroisse, et que la folie a continué de recevoir, à l’âge classique, des traitements médicaux. Winifred et Brendan Maher sont revenus sur la nef en 1982 dans American Psychologist, après avoir écrit aux dépôts européens auxquels Foucault renvoie, et ont conclu de même.
La phrase est restée dans l’édition de 1972. Les références données à cet endroit sont des compilations du XIXᵉ siècle, et personne n’a produit depuis le document municipal qui établirait la coutume. On ignore pourquoi Foucault l’a maintenue.
En février 1990, la revue History of the Human Sciences consacre une livraison à la question. Colin Gordon y soutient que les critiques anglophones ont visé un livre qu’ils n’avaient pas sous les yeux, puisque l’anglais n’en donnait que l’abrégé, et que le renfermement n’a jamais été présenté comme un fait européen uniforme. Roy Porter, Andrew Scull et Midelfort répondent dans le même numéro, Gordon réplique au suivant. Après la traduction intégrale, Scull reprend l’attaque dans le Times Literary Supplement du 23 mars 2007, sous le titre « Scholarship of Fools » ; Gordon répond, et le courrier des lecteurs occupe deux livraisons du journal en avril. L’état du rapport de forces n’est pas le même selon les points. Sur la nef des fous, la réfutation est acquise et Foucault a eu tort sur un fait. Sur l’extension du renfermement, l’objection est forte hors de France et plus faible pour le cas français, où l’Hôpital général existe et où les chiffres de 1662 existent aussi. Sur le cadre d’interprétation, aucune démonstration n’a été produite dans un sens ni dans l’autre.
Pinel, Pussin et deux séries de chaînes
L’objection française la plus sérieuse date d’avril 1980. Dans La pratique de l’esprit humain, Marcel Gauchet et la psychiatre Gladys Swain retournent la thèse. Le moment 1800 ne ferme pas la folie hors de la raison. Il fait entrer l’insensé dans le cercle de la communication et de la ressemblance, autrement dit il le reconnaît comme un sujet avec lequel un échange est possible, et cette reconnaissance est solidaire du travail séculaire de l’égalité. L’asile perd ensuite cette découverte, selon eux, et la noie dans le mirage d’une institution censée produire un homme neuf. À la thèse de l’exclusion répond une thèse de l’inclusion, sur la même période et sur les mêmes archives.
La scène fondatrice de la libération est elle-même un montage. Jack Juchet a montré en 1991, dans la revue Mots, comment les aliénistes du XIXᵉ siècle ont bâti le mythe de Pinel brisant les chaînes de Bicêtre, en écartant Jean-Baptiste Pussin, surveillant du quartier des agités, ancien pensionnaire de l’hôpital. L’image qui a fixé la scène dans les manuels, la toile de Tony Robert-Fleury, date du Salon de 1876. Foucault démonte lui aussi la version philanthropique, par un autre bout, en soutenant que l’asile substitue au fer une contrainte morale.
Ce qui manque pour trancher est identifiable. Colin Gordon tient que le livre a été jugé sur une version mutilée ; Andrew Scull tient que l’édition complète rend la faiblesse des archives plus visible encore. Les départager demanderait une série continue des registres de l’Hôpital général sur toute l’étendue de l’âge classique, distinguant année par année les insensés des autres internés, et cette série n’a pas été établie. Tant qu’elle manque, la centième partie de la population parisienne demeure ce que la note de Foucault en fait, un ordre de grandeur lu dans une déclaration de 1662.
Pour aller plus loin
La querelle touche à la lecture du cogito, dont les trois formulations successives ouvrent un débat distinct, et à la querelle qui a opposé Ferdinand Alquié et Martial Gueroult sur la manière de lire Descartes, contemporaine de celle-ci. Il rejoint l’archéologie des sciences humaines que Foucault développe ensuite dans Les mots et les choses, et la question du normal et du pathologique, telle que la philosophie des sciences la posait déjà avant lui.
On répète que l’âge classique a enfermé les fous. La formule vient d’un livre précis, publié en 1961 par le philosophe Michel Foucault. Ce livre soutient que l’enfermement des fous est le geste par lequel la raison moderne s’est fondée. Des historiens l’ont ensuite repris ligne à ligne. Une partie tient, une partie ne tient pas.
Un édit et des mendiants
En avril 1656, le roi crée à Paris un établissement chargé de recueillir les mendiants de la ville. On le nomme l’Hôpital général, et pourtant aucun médecin n’y décide des admissions. Il s’agit d’occuper les oisifs et de redresser les mœurs. Y entrent ensemble des mendiants, des vieillards, des malades vénériens, des prostituées, des fils de famille que leur père fait enfermer, et des insensés.
Foucault appelle ce mouvement le grand renfermement, c’est-à-dire la mise à l’écart, dans un même lieu, de tout ce qui dérange l’ordre moral. Sa thèse principale porte là-dessus. Les fous n’y reçoivent aucun traitement qui leur soit propre. Ils sont noyés dans un ensemble plus large où voisinent les débauchés et les paresseux. Ses propres notes montrent qu’ils n’y forment qu’une petite minorité.
Le chiffre qu’il avance a beaucoup circulé. Environ six mille personnes enfermées dans les maisons parisiennes. Rapporté à la population de la ville, cela fait un habitant sur cent. Il tire le premier nombre d’une déclaration officielle où les directeurs annoncent le total de leurs pensionnaires, et le rapprochement avec la population parisienne vient de lui.
Quatre mots de latin
La démonstration passe ensuite par un texte de philosophie. Descartes y cherche ce dont il peut douter. Peut-il douter d’être assis auprès du feu, une feuille de papier à la main ? Pour en douter, écrit-il, il faudrait se comparer à ces malheureux qui se prennent pour des rois alors qu’ils n’ont rien, ou qui se disent faits de verre. Il écarte l’exemple d’une phrase brève. Mais quoi, ce sont des fous.
Foucault lit ce refus comme une exclusion. On peut douter à partir du rêve, puisqu’on se rappelle avoir rêvé et qu’on continue à raisonner pendant ce temps. On ne peut pas douter à partir de la folie, puisqu’on ne peut pas se prendre pour un fou et rester quelqu’un qui raisonne. La folie se trouve mise dehors à l’instant où la pensée se fonde.
Jacques Derrida répond en 1963, à Paris, devant Foucault qui est dans la salle. Selon lui, la folie revient plus loin dans le texte, sous une autre figure, quand Descartes imagine un trompeur assez puissant pour fausser jusqu’aux vérités des mathématiques. Foucault laisse passer neuf ans avant de répliquer.
Sa réplique tient en partie à un seul mot. Derrida s’appuyait sur un adjectif employé à propos des peintres, qui décrit leur imagination comme déréglée. Cet adjectif appartient à la traduction française. Il ne se trouve pas dans l’original latin, où le philosophe écrit seulement que les peintres inventent quelque chose de nouveau.
Des bateaux sans archives
Les historiens sont arrivés par un autre chemin. Le livre s’ouvre sur une image, des bateaux qui emmenaient les fous d’une ville à l’autre, et il affirme que ces bateaux ont existé pour de bon. Erik Midelfort a repris le point. Aucun document d’archive ne l’atteste, et la nef des fous reste un motif de poème et de tableau, pris pour une pratique réelle.
Le même examen a montré que l’enfermement ne se vérifie ni en Angleterre ni dans les pays allemands, où la garde des insensés demeurait une affaire de famille et de paroisse. La phrase sur les bateaux n’a jamais été corrigée par son auteur, et on ignore pourquoi. L’enquête française, elle, repose sur des registres que personne n’a contestés.
L’autre récit
Marcel Gauchet et Gladys Swain ont proposé une lecture inverse, sur les mêmes archives. Selon eux, l’asile naît au moment où l’on commence à reconnaître dans le fou quelqu’un à qui l’on peut parler. La mise à l’écart vient après, et elle perd cette découverte en chemin.
Le désaccord n’est pas tranché à ce jour. Départager les deux lectures demanderait une chose que personne n’a faite, le compte, année par année, des fous enfermés à Paris pendant tout l’âge classique. Tant que ce compte manque, la part des fous parmi les enfermés demeure une estimation.
Le livre garde la trace de la querelle dans sa reliure. Depuis l’édition de 1972, la réponse à Derrida est imprimée en fin de volume, quelques pages après le passage qu’elle défend.
L’article complet donne le mot exact que le traducteur a ajouté, le décompte des pensionnaires d’une maison parisienne et l’état actuel de la dispute entre les deux camps.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Michel Foucault, *Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique*, Paris, Plon, 1961 thèse principale de doctorat d’État soutenue à la Sorbonne en 1961
- Michel Foucault, *Histoire de la folie à l’âge classique*, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1972, 613 p. édition de référence, préface de 1961 remplacée, deux appendices ajoutés
- Michel Foucault, *Histoire de la folie à l’âge classique*, première partie, chapitre I, « Stultifera navis » la phrase sur le Narrenschiff, « le seul qui ait eu une existence réelle »
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Sources primaires (suite)
- Michel Foucault, *Histoire de la folie à l’âge classique*, première partie, chapitre II, « Le grand renfermement », p. 65 et suiv. les six mille internés, la centième partie de la population de Paris, et la note renvoyant à la Déclaration du 12 juin 1662 citée par Léon Lallemand, *Histoire de la Charité*, t. IV, p. 262
- Michel Foucault, *Histoire de la folie à l’âge classique*, première partie, chapitre III, « Le monde correctionnaire », p. 108-145 note sur l’État abrégé de la dépense annuelle des Petites-Maisons : cinq cents vieillards caducs, cent vingt teigneux, cent vérolés, quatre-vingts « pauvres fols insensés »
- Michel Foucault, « Mon corps, ce papier, ce feu », appendice II à *Histoire de la folie à l’âge classique*, Gallimard, 1972, p. 583-603 ; repris dans *Dits et écrits*, t. II, texte n° 102 analyse des pages 56 à 59, distinction insanus / amens-demens, comparare et reminisci, relevé du mot ajouté par le traducteur
- Michel Foucault, « Réponse à Derrida », *Paideia*, n° 11, Tokyo, 1er février 1972 ; repris dans *Dits et écrits*, t. II, texte n° 104, p. 281-295 première version de la réponse
- Michel Foucault, « La folie, l’absence d’œuvre », 1964, appendice I à l’édition de 1972
- Michel Foucault, *History of Madness*, éd. Jean Khalfa, trad. Jonathan Murphy et Jean Khalfa, Londres, Routledge, 2006, 725 p. première traduction anglaise complète, avec les deux préfaces et les trois appendices
- Michel Foucault, *Histoire de la folie*, Paris, Union générale d’éditions, coll. « 10/18 », n° 169, 1964, 308 p. édition abrégée, base des traductions
- Michel Foucault, *Madness and Civilization. A History of Insanity in the Age of Reason*, trad. Richard Howard, Londres, Tavistock, 1965 traduction de l’abrégé de 1964, augmentée d’un chapitre de l’édition complète
- René Descartes, *Meditationes de prima philosophia*, 1641, méditation I, § 4 AT VII, 18-19 : *insani*, *sed amentes sunt isti, nec minus ipse demens viderer, si quod ab iis exemplum ad me transferrem*
- René Descartes, *Meditationes de prima philosophia*, méditation I, § 6 AT VII, 20 : *vel si forte aliquid excogitent adeo novum*, passage des peintres, sans équivalent du mot « extravagante »
- René Descartes, *Méditations métaphysiques*, traduction du duc de Luynes, 1647, méditation première « Mais quoi, ce sont des fous » et « leur imagination est assez extravagante », AT IX-1, 14
- Jacques Derrida, « Cogito et histoire de la folie », conférence du 4 mars 1963 au Collège philosophique ; *Revue de métaphysique et de morale*, 68ᵉ année, n° 4, octobre-décembre 1963, p. 460-494 ; repris dans *L’Écriture et la différence*, Paris, Seuil, 1967, p. 51-97 « l’exaspération hyperbolique de l’hypothèse de la folie »
- Édit royal d’avril 1656 portant établissement de l’Hôpital général pour le renfermement des pauvres mendiants de la ville et des faubourgs de Paris la Pitié, Bicêtre, la Salpêtrière, la Savonnerie, Scipion, le Refuge
- Tony Robert-Fleury, *Pinel, médecin en chef de la Salpêtrière, délivrant les aliénés de leurs chaînes*, huile sur toile, présentée au Salon de 1876
- Sébastien Brant, *Das Narrenschiff*, Bâle, 1494 source du motif repris par Foucault
Bibliographie
- Marcel Gauchet et Gladys Swain, *La pratique de l’esprit humain. L’institution asilaire et la révolution démocratique*, Paris, avril 1980, coll. « Bibliothèque des sciences humaines » Gallimard
- Pierre Macherey, *Querelles cartésiennes*, Villeneuve-d’Ascq, 2014, chapitre 2, « Le débat Foucault-Derrida autour de l’argument de la folie et du rêve » Presses universitaires du Septentrion
- Denis Kambouchner, « Descartes : un monde sans fous ? Des Méditations métaphysiques au Traité de l’homme », *Dix-septième siècle*, 2010/2, p. 213 et suiv. Dix-septième siècle
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- Arthur Still et Irving Velody (dir.), *Rewriting the History of Madness. Studies in Foucault’s Histoire de la folie*, Londres et New York, 1992 Routledge
- Jack Juchet, « L’“empirique” et le médecin dans la genèse de l’asile », *Mots. Les langages du politique*, n° 26, mars 1991, p. 109-120 Mots
- Sophie Blanchy-Daurel et alii, « Tony Robert-Fleury et la genèse d’une toile », *Histoire des sciences médicales*, 2024 Société française d’histoire de la médecine
Sources en ligne
- « PRIMA. De iis quae in dubium revocari possunt » Corpus Descartes, Presses universitaires de Caenhttps://www.unicaen.fr/puc/sources/prodescartes/consult/descartes/Oeuvres/Oeuvres_Descartes/meditationes.xml/meditationes_meditation_1.html
- « Descartes : Meditatio I » The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/descartes/des.med1.shtml
- « DESCARTES, Méditations métaphysiques » ATHENA, Université de Genèvehttps://athena.unige.ch/athena/descartes/descartes-meditations-metaphysiques-1.html
- « Chapitre II. Le grand renfermement » Cairn.infohttps://shs.cairn.info/histoire-de-la-folie-a-l-age-classique--9782070295821-page-65
- « Chapitre III. Le monde correctionnaire » Cairn.infohttps://shs.cairn.info/histoire-de-la-folie-a-l-age-classique--9782070295821-page-108?lang=fr
- « Trois clefs pour comprendre la folie à l’époque classique » Perséehttps://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1962_num_17_4_420879
- « L’“empirique” et le médecin dans la genèse de l’asile » Perséehttps://www.persee.fr/doc/mots_0243-6450_1991_num_26_1_1599
- « Histoire de la folie : an unknown book by Michel Foucault » Sage Journalshttps://journals.sagepub.com/doi/10.1177/095269519000300102
- « Foucault’s great confinement » Sage Journalshttps://journals.sagepub.com/doi/10.1177/095269519000300107
- « History of Madness » Routledgehttps://www.routledge.com/History-of-Madness/Khalfa-Foucault/p/book/9780415477260
- « Histoire de la folie à l’âge classique » Gallimardhttps://www.gallimard.fr/catalogue/histoire-de-la-folie-a-l-age-classique/9782070295821
- « La pratique de l’esprit humain » Gallimardhttps://www.gallimard.fr/catalogue/la-pratique-de-l-esprit-humain/9782070205400
- « Hôpital général » DicoPolHiS, Le Mans Universitéhttps://dicopolhis.univ-lemans.fr/fr/dictionnaire/h/hopital-general.html
- « Le Narrenschiff de Sébastien Brant à l’épreuve du filtre foucaldien » Babel, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/babel/2023
- « Pour une “histoire réelle de la philosophie” » Methodos, OpenEdition Journalshttps://journals.openedition.org/methodos/4659
- « Destructionis destructio. Heidegger, Foucault et la pensée médiévale (1) » Collège de Francehttps://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/destructionis-destructio-heidegger-foucault-et-la-pensee-medievale/destructionis-destructio-heidegger-foucault-et-la-pensee-medievale-1-0
- « Querelles cartésiennes » Presses universitaires du Septentrionhttps://www.septentrion.com/fr/book/?GCOI=27574100161730
- « Descartes : un monde sans fous ? Des Méditations Métaphysiques au Traité de l’Homme » Cairn.infohttps://www.cairn.info/journal-dix-septieme-siecle-2010-2-page-213.htm
- « Histoire des sciences médicales » numerabilis, Université Paris Citéhttps://numerabilis.u-paris.fr/ressources/pdf/sfhm/esfhm/esfhmx2024x03/esfhmx2024x03x004.pdf


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