Le prospectus promet cinq cents exemplaires, livrés en vingt fascicules, avec une remise pour les souscripteurs inscrits avant le 15 octobre 1854. Il précise, au futur, que si l’ouvrage réclamait davantage de livraisons, les suivantes seraient fournies gratuitement. L’éditeur parisien Guiraudet et Jouaust ignore donc la taille du Dogme de la haute magie, premier volet de ce qui deviendra Dogme et rituel de la haute magie, et son auteur, qui signe Éliphas Lévi, n’en sait sans doute pas davantage. Pour attirer le client, l’annonce reproduit un passage du tome en chantier, celui où il est question d’une force de la nature plus puissante que la vapeur, connue des anciens et adorée, d’après l’auteur, sous la figure du Baphomet.
Le diacre qui ne fut pas prêtre
Fils d’un cordonnier parisien, Alphonse-Louis Constant, né en 1810, étudie au séminaire de Saint-Sulpice, y reçoit le diaconat et le quitte en 1836, quelques jours avant l’ordination d’après la notice du Maitron. Pendant les années suivantes, il vit du dessin et de la presse, fréquente Flora Tristan et Alphonse Esquiros, et signe en 1841 La Bible de la liberté, qui lui vaut huit mois de prison. Six autres mois le frappent en 1847 pour un pamphlet qu’il n’avait pas écrit, selon la notice de l’Encyclopædia Universalis. En 1848, il fonde avec Esquiros le Club de la Montagne, à l’extrême gauche. Il retourne en prison en 1855, l’année où son traité change d’éditeur.
Au chapitre XIII du Dogme, Éliphas Lévi Zahed est donné pour la forme hébraïque d’Alphonse Louis Constant.
Julian Strube a tiré de cette biographie, dans une thèse parue en 2016 chez De Gruyter et dans un article de la revue Correspondences publié la même année, une conséquence que les biographes occultistes avaient laissée de côté, la continuité presque terme à terme entre le récit historique du Dogme et les pamphlets des années 1840. La Bible de la liberté dessinait déjà une tradition menant de Moïse, d’Hermès et d’Orphée jusqu’à Jésus, puis aux hérétiques révolutionnaires qui lui auraient succédé ; Lucifer y figurait en ange de la liberté, et l’histoire devait s’achever dans une « association universelle », formule socialiste que Constant employait depuis 1841. Dans les années 1850, le schéma demeure et change de nom. Ce qui s’appelait vrai socialisme devient vrai catholicisme, et ce vrai catholicisme prend chez Lévi le nom d’occultisme. Après le coup d’État de décembre 1851, un ancien condamné a des raisons de baisser le ton, et Constant garde la version radicale pour des articles donnés de 1855 à 1857 à la Revue philosophique et religieuse, sous son nom civil. En 1853, pourtant, il publiait dans la Revue progressive « Les prétendues sciences occultes, ou la folie artificielle et les manœuvres qui la produisent », où ces savoirs passaient pour du charlatanisme et de l’athéisme savant. La charge visait les tables tournantes et les « sibylles des rues », et Strube y lit déjà l’annonce d’une connaissance que Constant jugeait supérieure et qu’il logeait dans le tarot.
Pour dater le livre, trois millésimes circulent, 1854, 1855 et 1856. Mieux vaut suivre Strube, qui date les livraisons de 1854 et l’édition en deux volumes de 1855-1856, parce qu’il part des annonces de l’éditeur et non des seules pages de titre.
Quarante-quatre chapitres pour vingt-deux lettres
Chacun des deux tomes compte vingt-deux chapitres, et les deux séries se répondent numéro par numéro. Au treizième chapitre du Dogme, « La nécromancie », l’auteur renvoie ainsi aux pratiques exposées au treizième chapitre du Rituel. Vingt-deux est à la fois le nombre des lettres de l’alphabet hébreu et celui des atouts du tarot, et Lévi fait coïncider chapitres, lettres et cartes, si bien que le plan même du livre se veut une lecture continue de ces figures.
Le tarot avait quitté les tables de jeu avant lui. Inventé dans l’Italie du XVᵉ siècle pour jouer, il reçoit en 1781, dans le huitième tome du Monde primitif d’Antoine Court de Gébelin, une lecture égyptienne qui en fait un livre de sagesse antique, et l’auteur y évoque en passant l’alphabet hébreu. Etteilla en tire, dans les années 1780, des méthodes de divination. Lévi garde l’idée d’un livre caché dans les cartes, qu’il appelle encore livre d’Hermès, s’appuie sur les jeux dits de Marseille, qu’il tient pour la version la mieux conservée, et leur superpose une grille hébraïque systématique. Ronald Decker, Thierry Depaulis et Michael Dummett ont reconstitué cette généalogie en 1996 dans A Wicked Pack of Cards.
« Une force plus puissante que la vapeur »
Dans l’édition de 1861, le passage cité par la réclame occupe les pages 83 et 84 du premier tome. Lévi y décrit un agent universel dont la loi suprême serait l’équilibre, que les disciples de Mesmer auraient à peine entrevu et que les adeptes du Moyen Âge auraient appelé matière première du grand œuvre. Ailleurs, il nomme cet agent la lumière astrale. Strube souligne que l’argument est historique de bout en bout, puisque Lévi laisse aux magnétiseurs leurs expériences et leur oppose une généalogie, celle d’un savoir ancien dont ils ignoreraient la clé.
La généalogie réelle est plus courte. Lévi cite lui-même La Magie dévoilée de Jean Du Potet de Sennevoy, parue en 1852, où Du Potet recopiait un passage de La Philosophie divine du martiniste Jean-Philippe Dutoit-Membrini, imprimée en 1793, qui parle déjà de « lumière astrale ». En 1861, dans La Clef des grands mystères, Lévi rattache la notion à l’école de Martinès de Pasqually, donc au XVIIIᵉ siècle. Strube retient un canal plus proche, le magnétisme spiritualiste des années 1850, et note que les auteurs de la Renaissance invoqués dans le livre, Postel, Paracelse ou Khunrath, y sont traités de façon rapide et superficielle. Germer Baillière, l’éditeur de 1855, publie justement de la médecine et, parmi elle, les magnétiseurs spiritualistes, Du Potet compris. Dans le second tome de l’édition de 1861, son catalogue propose pour six francs le Traité du magnétisme animal de Joseph Olivier, 524 pages parues en 1854. Quelques lignes plus bas, la même liste annonce une nouvelle édition corrigée de L’Onanisme de Tissot, à deux francs cinquante.
Lévi dit avoir vu Apollonius de Tyane
Au printemps 1854, raconte Lévi au chapitre XIII, il part pour Londres afin d’échapper à des ennuis de famille, et ceux à qui il est recommandé lui réclament des prodiges, comme à un charlatan. Une dame lui prête des livres et des instruments et le décide à tenter chez elle une évocation. Il dit s’y être préparé vingt et un jours en suivant le treizième chapitre du Rituel, pour interroger l’ombre d’Apollonius de Tyane sur deux secrets, puis décrit une forme grise apparue dans un miroir et un bras engourdi jusqu’au coude. Le texte ne nomme pas l’hôtesse, et la scène n’est connue que par ce qu’en écrit son unique témoin.
Pour l’historien, le commentaire qui suit le récit compte davantage. Lévi y écrit que rien ne prouve que les esprits quittent les sphères supérieures pour s’entretenir avec les vivants, que le contraire lui semble plus probable, et que l’on évoque plutôt les souvenirs laissés par les morts dans la lumière astrale, ce même agent qui, ajoute-t-il, fait parler les tables. L’auteur raconte donc une évocation réussie et lui retire aussitôt la lecture spirite, celle qui ferait de lui un médium parmi d’autres. Il faut probablement y voir aussi une précaution de concurrent, puisque Lévi n’aura ensuite que mépris pour les médiums et les somnambules, qu’il décrit, dans les textes rassemblés par Strube, comme des êtres malades et déséquilibrés.
Baphomet
En frontispice de l’édition en deux volumes figure un bouc ailé et androgyne, un pentagramme sur la tête, que Lévi appelle Baphomet ou bouc de Mendès. Au début du Dogme, il en commente chaque élément comme une image de l’équilibre des contraires. D’après Strube, le modèle le plus direct est la carte du Diable des tarots de Marseille, à laquelle s’ajoutent des androgynes alchimiques gravés en 1595 et en 1639. Quant au nom, il sort des querelles sur les Templiers, et d’abord du Mysterium Baphometis revelatum publié à Vienne en 1818 par l’orientaliste Joseph von Hammer-Purgstall, qui faisait des Templiers des gnostiques adorateurs d’une idole ainsi nommée.
Le chaînon le plus proche s’appelle Jean-Marie Ragon. En 1853, ce franc-maçon assimile la matière des alchimistes au bouc de Mendès, à Pan, à la kabbale et à un « magnétisme spécifique », équation presque identique à celle du Dogme. Constant rend compte de son livre la même année et regrette qu’il ne dise rien du bouc du sabbat, le « Bophomet » des Templiers, selon la graphie de l’article. Pour Strube, l’emblème de la lumière astrale porte aussi une politique. Il résume la « vraie religion » dont Constant rêve depuis 1841, synthèse de la religion, de la science et de la politique, et son androgynie reprend l’annonce, faite dans L’Assomption de la femme, d’un grand androgyne où l’humanité serait à la fois femme et homme. Les deux lectures tiennent ensemble, puisque l’équilibre des contraires est la glose que Lévi donne lui-même.
Les démonologues catholiques en proposaient une troisième. Jules-Eudes de Mirville consacre dans sa Pneumatologie un long passage à celui qu’il range parmi les faux alexandrins modernes, coupable à ses yeux de prendre des démons pour une force naturelle. Dans le Rituel, Lévi répond que Satan n’existe ni comme personne ni comme force, et qu’il personnifie seulement les erreurs et les faiblesses. Quant à la tête de bouc inscrite dans un pentagramme renversé, que Lévi s’était contenté de décrire, elle n’est dessinée qu’en 1897, par Stanislas de Guaïta dans La Clef de la magie noire, et Strube tient pour une erreur l’assimilation de cette image au Baphomet, si courante depuis.
Occultisme, un mot déjà en circulation
L’Encyclopædia Britannica signale le mot occultisme dès 1842, chez Jean-Baptiste Richard. En 1853, Ragon l’imprime à la page 170 de sa Maçonnerie occulte et range sous ce nom Charles Fourier, dont Constant s’était réclamé à la fin des années 1840. Lévi a surtout assuré la diffusion d’un terme qu’il trouvait dans ses lectures. En 1974, François Secret relevait encore qu’une notice de dictionnaire faisait de l’occultisme un néologisme « forgé au début du XIXᵉ siècle par Eliphas Lévi », et rappelait qu’ésotérisme est lui aussi un mot du même siècle, dont le premier emploi connu, en 1828, revient à Jacques Matter d’après Jean-Pierre Laurant.
La réputation de rénovateur commence tard. En 1926, l’éditeur occultiste Paul Chacornac publie Éliphas Lévi, rénovateur de l’occultisme en France, et Strube y voit la reprise de récits élaborés par Papus et Guaïta. Frank Paul Bowman replace Lévi en 1969 parmi les petits romantiques, Christopher McIntosh fait de lui en 1972 le point de départ d’un renouveau occulte français. La thèse du rénovateur garde pourtant un fond solide. Giordana Charuty a montré en 2021 comment les adeptes de la haute magie de la fin du siècle, autour de Guaïta, ont rassemblé en bibliophiles des textes de la Renaissance et de l’époque moderne pour redécouvrir des traditions disqualifiées ; là où Lévi avait lu vite, ses successeurs ont acheté les éditions. En Angleterre, le livre arrive en 1896, traduit par Arthur Edward Waite sous le titre Transcendental Magic, en 406 pages. Dans la préface de l’édition revue de 1923, Waite relève les promesses que Lévi fait au lecteur sans les tenir, comme une méthode pour tirer du pentagramme la physionomie des enfants à naître, et les met sur le compte de la négligence ou de la hâte.
Une étape du parcours échappe encore aux sources. En 1851, dans le Dictionnaire de littérature chrétienne publié par l’abbé Migne, Constant traite des sciences occultes à partir des compilations de librairie, un genre dont Wouter Hanegraaff a décrit la vogue, et deux ans plus tard il oppose déjà aux sibylles des rues un savoir qu’il loge dans le tarot, ce qui suppose un apprentissage, auprès de quelqu’un ou dans des livres, que Strube lui-même dit ne pas pouvoir suivre plus loin. La notice de l’Encyclopædia Universalis place en 1851 une rencontre probable avec le mathématicien Hoëné Wroński, sans la relier aux cartes. Pour trancher, il faudrait retrouver une lettre, un carnet de lecture ou un exemplaire annoté datés de ces deux années, documents que les travaux cités ici ne signalent pas.
Pour aller plus loin
Le tarot égyptien de Court de Gébelin et la cartomancie d’Etteilla forment l’amont direct du système de Lévi. Les tables tournantes de 1853 et le spiritisme d’Allan Kardec, contre lesquels il s’est défini, appartiennent au même moment. L’aval passe par Papus, Guaïta et les ordres de magie cérémonielle de la fin du siècle.
On présente souvent Éliphas Lévi comme le gardien d’un très vieux savoir magique. Son grand traité paraît à Paris au milieu du XIXᵉ siècle, en deux tomes. Le premier s’intitule le Dogme, le second le Rituel. Lévi y promet de dévoiler une doctrine très ancienne, restée cachée. Les historiens cherchent aujourd’hui d’où il a réellement tiré son contenu.
Un séminariste devenu révolutionnaire
L’auteur ne s’appelle pas vraiment Éliphas Lévi. Il est né Alphonse-Louis Constant, fils d’un cordonnier de Paris. Il étudie pour devenir prêtre, puis quitte le séminaire juste avant d’être ordonné. Il gagne ensuite sa vie comme dessinateur et journaliste. Son nom de plume est la traduction en hébreu de son vrai nom.
Ce jeune homme est aussi un militant socialiste. Ses écrits politiques l’envoient trois fois en prison. En 1848, pendant la révolution, il ouvre un club d’extrême gauche avec un ami. Peu après, un coup d’État met fin à cette période, et Constant a désormais des raisons de parler moins fort.
Julian Strube, un historien d’aujourd’hui, a relu ses textes de jeunesse. Il y trouve déjà l’idée d’une longue tradition cachée, transmise de Moïse jusqu’à Jésus, puis aux rebelles de chaque époque. Dans le traité de magie, cette histoire revient presque à l’identique. Seul le vocabulaire change. Ce que Constant appelait le vrai socialisme devient chez Lévi le vrai catholicisme.
Vingt-deux chapitres, vingt-deux cartes
Chaque tome compte vingt-deux chapitres. C’est aussi le nombre des lettres de l’alphabet hébreu. Le tarot, lui, possède la même quantité de grandes cartes à figures. Lévi fait correspondre les trois séries, et le plan du livre suit donc les cartes une à une.
Le tarot naît en Italie comme un simple jeu de cartes. Un érudit français y voit ensuite un livre de sagesse égyptienne, puis un tireur de cartes en fait une méthode pour prédire l’avenir. Lévi conserve cette idée d’un savoir enfermé dans les images. Il relie chaque carte à une lettre hébraïque, de façon systématique.
Une apparition racontée par un seul témoin
Au printemps 1854, Lévi séjourne à Londres. Une dame lui prête des livres et des objets de magie, puis le pousse à essayer chez elle d’appeler un mort. Il affirme s’y être préparé pendant trois semaines. Son but est d’interroger l’ombre d’Apollonius de Tyane. Dans son récit, une forme grise surgit au fond d’un miroir, et son bras s’engourdit jusqu’au coude. Lui seul a raconté la scène.
Juste après ce récit, Lévi émet lui-même un doute. Rien ne prouve, écrit-il, que les morts reviennent parler aux vivants. Selon lui, on rappelle plutôt les souvenirs qu’ils ont laissés dans une force présente partout. Il nomme cette force la lumière astrale. Lévi prend ainsi ses distances avec les médiums, qu’il méprisera ouvertement par la suite.
Cette idée de force universelle, Lévi dit la tenir des anciens. Elle vient en fait d’un auteur de son temps. Cet auteur croyait à un fluide invisible passant d’un corps à un autre. On appelait ces gens des magnétiseurs. Leur éditeur à Paris était aussi celui de Lévi, un libraire spécialisé dans la médecine.
Le bouc de la première page
Au début du livre, une gravure montre un bouc ailé, à la fois homme et femme. Il porte une étoile sur la tête. Lévi l’appelle Baphomet et y voit l’équilibre des contraires. Selon Strube, le modèle le plus proche est une carte du tarot, celle du Diable.
Le nom sort de vieilles accusations lancées contre les Templiers. Un savant autrichien affirmait qu’ils adoraient une idole appelée ainsi. Plus près de Lévi, un franc-maçon reliait déjà ce bouc à la matière travaillée par les alchimistes. Strube va plus loin. Pour lui, cet être mi-homme mi-femme reprend un rêve que Constant formulait dès ses écrits socialistes, celui d’une humanité enfin réunie, à la fois femme et homme.
Les deux explications peuvent tenir ensemble, puisque Lévi parle lui-même d’équilibre. On confond aussi souvent le Baphomet avec une tête de bouc dessinée dans une étoile renversée. Lévi avait seulement décrit cette tête. Un autre auteur ne l’a dessinée qu’à la fin du siècle, et Strube juge la confusion fautive.
Le nom même de ce courant, l’occultisme, existait avant Lévi. Un auteur l’emploie dès 1842, et le franc-maçon cité plus haut l’emploie aussi. Lévi l’a surtout rendu courant.
On ignore toujours auprès de qui, ou dans quels livres, Lévi a appris le tarot avant 1853. Pour le savoir, il faudrait retrouver une lettre ou un carnet de lecture écrit à cette époque.
La version complète donne le catalogue de l’éditeur, où un traité de magnétisme côtoie un ouvrage de Tissot, ainsi que les promesses non tenues que le traducteur anglais reproche à Lévi en 1923.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Annonce de souscription de Guiraudet et Jouaust pour le *Dogme de la haute magie*, Paris, 1854 : tirage limité à cinq cents exemplaires, vingt livraisons, remise pour les souscripteurs inscrits avant le 15 octobre 1854, livraisons supplémentaires gratuites, avec l’extrait sur la force « plus puissante que la vapeur » ; document connu par la description qu’en donne Julian Strube, *Correspondences* 4, 2016, p. 7, n. 12
- Éliphas Lévi, *Dogme et rituel de la haute magie*, 2 vol., Paris, Germer Baillière, 1855-1856, *Dogme*, chap. XIII, « La nécromancie » : forme hébraïque du pseudonyme, séjour londonien du printemps 1854, récit de l’évocation d’Apollonius de Tyane et commentaire sur la lumière astrale ; frontispice du Baphomet
- Éliphas Lévi, *Dogme et rituel de la haute magie*, deuxième édition très augmentée, 2 vol., Paris, Londres et New York, Germer Baillière, 1861, t. 1, p. VI-VII (commentaire du Baphomet) et p. 83-84 (agent universel) ; t. 2, p. 75 (renvoi à Du Potet), p. 172 (tarot de Marseille), p. 213 (négation de Satan) et catalogue de l’éditeur (Joseph Olivier, *Traité du magnétisme animal*, 1854 ; Tissot, *L’Onanisme*, nouvelle édition) Wellcome Collection, Londres
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Sources primaires (suite)
- Alphonse-Louis Constant, *La Bible de la liberté*, Paris, Le Gallois, 1841, p. 17-19 et 88
- Alphonse-Louis Constant, *L’Assomption de la femme ou le Livre de l’amour*, Paris, Le Gallois, 1841, p. 78-79
- Alphonse-Louis Constant, *Dictionnaire de littérature chrétienne*, Paris, J.-P. Migne, 1851
- Alphonse-Louis Constant, « Les prétendues sciences occultes, ou la folie artificielle et les manœuvres qui la produisent », *Revue progressive*, Paris, 1853, p. 234-243
- Alphonse-Louis Constant, compte rendu de J.-M. Ragon, *Orthodoxie maçonnique, suivie de la maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique*, *Revue progressive*, Paris, 1853, p. 131-137
- Alphonse-Louis Constant, « Des origines cabalistiques du christianisme », *La Revue philosophique et religieuse*, Paris, 1855, p. 29-46, premier de la série d’articles de 1855-1857
- Éliphas Lévi, *La Clef des grands mystères*, Paris, Germer Baillière, 1861, p. 217
- Jean Du Potet de Sennevoy, *La Magie dévoilée ou principes de science occulte*, Paris, Pommeret et Moreau, 1852, p. 137
- Jean-Philippe Dutoit-Membrini, *La Philosophie divine appliquée aux lumières naturelle, magique, astrale, surnaturelle, céleste et divine*, t. 1, s. l., 1793, p. 35-36
- Jean-Marie Ragon, *Orthodoxie maçonnique, suivie de la Maçonnerie occulte et de l’initiation hermétique*, Paris, Dentu, 1853, *Maçonnerie occulte*, p. 154-155 et 220 (matière des alchimistes, bouc de Mendès, « magnétisme spécifique ») et p. 170 (occultisme)
- Joseph von Hammer-Purgstall, « Mysterium Baphometis revelatum, seu fratres militiae templi, qua Gnostici et quidem Ophiani apostasiae, idoloduliae et impuritatis convicti per ipsa eorum monumenta », *Mines de l’Orient*, Vienne, Antoine Schmid, 1818
- Heinrich Khunrath, *Amphitheatrum sapientiae aeternae*, 1595, gravure de l’androgyne alchimique
- Clovis Hesteau de Nuysement, *Traittez de l’harmonie et constitution generalle du vray sel, secret des philosophes, et de l’esprit universelle du monde*, La Haye, Theodore Maire, 1639, gravure placée entre la préface et la dédicace
- Antoine Court de Gébelin, *Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne*, t. VIII, Paris, 1781, essai « Du jeu des tarots »
- Jules-Eudes de Mirville, *Pneumatologie. Des esprits et de leurs manifestations fluidiques*, 5 vol., Paris, 1851-1864, t. 3, p. 399-414
- Stanislas de Guaïta, *Essais de sciences maudites*, II, *Le Serpent de la Genèse*, seconde septaine, *La Clef de la magie noire*, Paris, 1897 ; rééd. Paris, Henri Durville, 1920, p. 417
- Jacques Matter, *Histoire critique du gnosticisme et de son influence sur les sectes religieuses et philosophiques des six premiers siècles de l’ère chrétienne*, 2 vol., Paris, F.-G. Levrault, 1828
- Jean-Baptiste Richard, *Enrichissement de la langue française*, 1842, première occurrence connue du mot « occultisme » selon l’*Encyclopædia Britannica*
- Éliphas Lévi, *Transcendental Magic : Its Doctrine and Ritual*, traduction et préface biographique d’Arthur Edward Waite, Londres, George Redway, 1896, xxiv-406 p. et 2 planches ; édition revue et augmentée, 1923, préface Wellcome Collection, Londres (édition de 1896)
- Paul Chacornac, *Éliphas Lévi, rénovateur de l’occultisme en France (1810-1875)*, Paris, Chacornac, 1926, cité comme document de l’historiographie occultiste
Bibliographie
- Julian Strube, « The “Baphomet” of Eliphas Lévi : Its Meaning and Historical Context », *Correspondences* 4, 2016, p. 1-43 Correspondences
- Julian Strube, *Sozialismus, Katholizismus und Okkultismus im Frankreich des 19. Jahrhunderts. Die Genealogie der Schriften von Eliphas Lévi*, Berlin et Boston, 2016, coll. « Religionsgeschichtliche Versuche und Vorarbeiten » De Gruyter
- Frank Paul Bowman, *Eliphas Lévi, visionnaire romantique*, Paris, 1969 Presses universitaires de France
- Jean-Pierre Laurant, *L’Ésotérisme chrétien en France au XIXᵉ siècle*, Lausanne, 1992 L’Âge d’Homme
- Giordana Charuty, « La parole perdue. Sur les sciences occultes dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle », *Gradhiva* 32, 2021, p. 24-47, DOI 10,4000/gradhiva.5318 Musée du quai Branly Jacques Chirachttps://doi.org/10.4000/gradhiva.5318
- Christopher McIntosh, *Eliphas Lévi and the French Occult Revival*, Londres, 1972 ; 2ᵉ éd. 1975 Rider
- Ronald Decker, Thierry Depaulis et Michael Dummett, *A Wicked Pack of Cards : The Origins of the Occult Tarot*, Londres, 1996 Duckworth
- Wouter J. Hanegraaff, *Esotericism and the Academy : Rejected Knowledge in Western Culture*, Cambridge, 2012, p. 230-239 Cambridge University Press
Sources en ligne
- « Dogme et rituel de la haute magie / par Éliphas Lévi [pseud.]. », notice de l’édition de 1861 Wellcome Collectionhttps://wellcomecollection.org/works/jzyn5s5g
- « Transcendental magic : its doctrine and ritual / by Eliphas Lévi [pseud.] ; a complete translation of “Dogme et rituel de la haute magie” with a biographical preface by Arthur Edward Waite. » Wellcome Collectionhttps://wellcomecollection.org/works/npaxcba4
- « Dogme et rituel de la haute magie par Éliphas Lévi Rituel », numérisation du t. 2 de 1861 avec le catalogue de Germer Baillière Internet Archivehttps://archive.org/details/bub_gb_LBMUb7rZNVYC
- « CONSTANT Alphonse, Louis, dit l’abbé CONSTANT, dit Éliphas LÉVI » Maitronhttps://fusilles-40-44.maitron.fr/constant-alphonse-louis-dit-labbe-constant-dit-eliphas-levi/
- « Biographie de LÉVI ALPHONSE LOUIS CONSTANT dit ÉLIPHAS » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/levi-alphonse-louis-constant-dit-eliphas/
- « Occultism | Definition, History, Practices, & Facts » Encyclopædia Britannicahttps://www.britannica.com/topic/occultism
- « Du « De occulta philosophia » à l’occultisme du XIXe siècle », François Secret, *Revue de l’histoire des religions* 186 (1), 1974 Perséehttps://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1974_num_186_1_10185
- « CARDS ON THE TABLE », compte rendu de *A Wicked Pack of Cards*, 30 mars 1997 The Washington Posthttps://www.washingtonpost.com/archive/entertainment/books/1997/03/30/cards-on-the-table/99841fdc-15b2-4bc2-9ca0-c915568165d0/





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