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Derrida et la déconstruction expliquée : renverser, puis déplacer

Ben Mills / Wikimedia Commons
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La lettre que Jacques Derrida adresse en 1983 à Toshihiko Izutsu se présente comme les prolégomènes d’une traduction possible du mot « déconstruction » en japonais. Recueillie en 1987 dans Psyché. Inventions de l’autre, aux éditions Gal​ilée, elle commence par avouer qu’il existe déjà, dans la langue de son auteur, « un sombre problème de traduction ». Les pages suivantes énumèrent ce que le mot ne désigne pas. La déconstruction n’y est ni une analyse, ni une critique, ni une méthode, ni même un acte, et la lettre pose que toute phrase du type « la déconstruction est x » ou « la déconstruction n’est pas x » manque a priori de pertinence (p. 392). Elle s’offre même un échange de répliques en deux questions, « Ce que la déconstruction n’est pas ? mais tout ! Qu’est-ce que la déconstruction ? mais rien ! ».

« Un sombre problème de traduction »

Le mot avait une histoire avant la lettre. Leonard Lawlor, dans la notice de la Stanford Encyclopedia of Philosophy révisée en 2021, estime que Derrida l’a emprunté à l’usage que Heidegger fait du mot « destruction » dans Être et temps. Né le 15 juillet 1930 à El-Biar, sur les hauteurs d’Alger, Derrida avait publié en 1967 trois livres la même année, L’Écriture et la différence au Seuil, La Voix et le phénomène aux Presses universitaires de France et De la grammatologie aux Éditions de Minuit. Seize ans plus tard, la lettre à Izutsu refuse de faire de ce travail une procédure qu’on appliquerait du dehors à n’importe quel texte. « La déconstruction a lieu, c’est un événement qui n’attend pas la délibération », écrit-elle (Psyché II, édition de 2003, p. 12, cité par Yuji Nishiyama), et Alain Mallet relève la formule impersonnelle par laquelle Derrida désigne ce processus, « ça se déconstruit ». Nishiyama, qui présente Izutsu comme le plus célèbre islamologue de son pays, note aussi que la lettre espère voir trouver ou inventer en japonais « un autre mot (le même et un autre) » (p. 14 de la même édition).

Derrida a pourtant risqué une définition, une seule. Dans Mémoires pour Paul de Man, en 1988, il propose une formule brève, « économique comme un mot d’ordre », qui tient en trois mots, « plus d’une langue » (p. 38). Jean Grondin, qui y consacre en 1999 un article des Archives de philosophie, la juge ambiguë en trois sens, pluraliste, anarchique et allégorique, et soutient que ces sens se tiennent, parce qu’une langue unique ne remplit jamais ce qu’elle promet de dire.

Une hiérarchie violente

L’entretien de Positions avec Jean-Louis Houdebine et Guy Scarpetta décrit l’opération de façon plus sèche. Dans une opposition philosophique classique, dit Derrida, « nous n’avons pas affaire à la coexistence pacifique d’un vis-à-vis, mais à une hiérarchie violente » (p. 56), où l’un des termes passe pour premier et l’autre pour dérivé. Le premier geste en découle, et Derrida le formule ainsi, « Déconstruire l’opposition, c’est d’abord, à un moment donné, renverser la hiérarchie » (p. 57). Il ajoute aussitôt que s’en tenir à cette phase reviendrait à « opérer sur le terrain et à l’intérieur du système déconstruits ». Le second temps doit donc marquer « l’émergence irruptive d’un nouveau “concept” », concept de ce qui ne s’est jamais laissé comprendre dans le régime antérieur. Lawlor résume le mouvement en disant que le terme naguère inférieur est réinscrit comme l’origine ou la ressource de l’opposition elle-même. Il signale aussi la liste de vieux noms que Derrida réemploie dans ce rôle nouveau, parmi lesquels pharmakon, supplément et trace (Positions, p. 43).

L’argument se refait en trois phrases. Un texte philosophique pense souvent au moyen de couples où un terme passe pour l’original et l’autre pour une copie ou un accident, la parole et l’écriture, la nature et la culture. Une lecture attentive montre que le texte ne parvient à décrire le terme premier qu’avec les traits qu’il reproche au second, si bien que la hiérarchie se renverse à l’intérieur même du texte qui la soutient. Comme un simple renversement garderait le couple intact, la lecture nomme enfin ce qui rendait possibles les deux termes, sous un vieux mot détourné de son usage.

Theuth devant Thamous

Le cas le plus souvent cité vient du Phèdre de Platon. Soc​rate y rapporte une histoire entendue à Naucratis, en Égypte. Le dieu Theuth, inventeur des nombres, du calcul, de la géométrie, de l’astronomie, du trictrac, des dés et des lettres, présente ses inventions au roi Thamous, qui règne sur toute l’Égypte depuis Thèbes (274c-d). L’écriture, assure-t-il, rendra les Égyptiens plus savants et leur donnera plus de mémoire, puisqu’il a trouvé là un pharmakon de la mémoire et du savoir (mnêmês te gar kai sophias pharmakon, 274e). Le roi répond qu’il s’agit d’un pharmakon du rappel, et que l’invention produira l’oubli dans l’âme de ceux qui l’apprendront (275a). Soc​rate compare plus loin les écrits aux figures peintes, qui ont l’air vivantes et gardent un silence solennel quand on les interroge, et ajoute que le discours écrit, maltraité, a toujours besoin du secours de son père (275d-e). Le bon discours, celui qui sait se défendre, appartient à celui qui sait, et l’écrit n’en est que l’image. Pour le désigner, Soc​rate emploie pourtant une métaphore étrange sous sa plume, puisque ce discours vivant s’écrit avec science dans l’âme de celui qui apprend (276a). Dans « La pharmacie de Platon », publiée en 1968 dans la revue Tel Quel et reprise en 1972 dans La Dissémination (Seuil), Derrida s’arrête sur ce double mouvement. Le texte qui condamne l’écriture comme copie morte de la parole ne trouve, pour nommer la parole vraie, qu’une autre écriture, inscrite dans l’âme, et le mot qui porte la condamnation signifie en grec à la fois le remède et le poison.

Yannis Constantinidès note que Derrida maintient le mot grec tel quel dans son essai. Une traduction française doit choisir entre « remède » et « poison », et décide alors à la place de Platon ce que le mot laissait indécis. On garde ici pharmakon sans le traduire, pour la même raison, quitte à alourdir la phrase. Constantinidès reproche pourtant à la lecture derridienne d’écarter le sens médical au profit d’une belle tension dialectique entre remède et poison, alors qu’il n’existe pas selon lui de pharmakon en soi et que « tout est question de dosage » (p. 30).

Le a ne s’entend pas

Le 27 janvier 1968, Derrida prononce devant la Société française de philosophie, dans l’amphithéâtre Michelet de la Sorbonne, une conférence dont les notes s’ouvrent, rapporte Birger Vanwesenbeeck, sur l’annonce qu’il va parler d’une lettre, et dont le carton d’invitation est conservé dans les archives Derrida de l’université de Californie à Irvine. Cette lettre est le a de « différance ». En français, le verbe différer a deux sens, ne pas être identique et remettre à plus tard, alors que le nom « différence » n’a gardé que le premier. La graphie forgée par Derrida porte les deux. Il le rappelle à Henri Ronse dans Positions, en observant que « ce a s’écrit ou se lit mais qu’on ne peut l’entendre » (p. 16), et Vanwesenbeeck relève le double sens de la phrase des notes, « il ne s’entend pas », qui veut dire aussi qu’il ne s’accorde pas. Le texte, publié la même année, figure en tête de Marges de la philosophie en 1972.

L’expérience se fait à voix haute. Prononcée, « différance » ne se distingue pas de « différence », et seule la page marque l’écart. Le mot renverse ainsi dans sa propre graphie la hiérarchie de la parole et de l’écriture, puisque la parole ne peut rien faire entendre de ce que l’écriture distingue. Lawlor décrit la différance comme la ressource indécidable dans laquelle la métaphysique a taillé pour prendre ses décisions, ce qui fait d’elle le nom de ce qui précède les couples, sans être un des deux termes.

La formule la plus citée de Derrida vient d’un autre chantier. Dans la seconde partie de De la grammatologie, consacrée à Rousseau, il écrit qu’une lecture « ne peut légitimement transgresser le texte vers autre chose que lui », vers un référent, et il souligne « il n’y a pas de hors-texte » (p. 227). On en a tiré l’idée que rien n’existerait en dehors des livres. Timothy Morton lit la phrase en 2010 de façon étroite, comme une remarque sur le système de Rousseau, dont le modèle de la textualité empêche de rien affirmer de la nature. Max Deutscher rappelle que Derrida revient sur la formule en 1988, dans la postface de Limited Inc, à propos de tous les référents possibles (p. 148 de l’édition anglaise), et qu’il la glose en 1999 par l’absence de tout dehors du contexte, dans un propos que cite John Caputo. Les deux lectures rendent compte de la page de 1967, et rien dans le passage ne permet de dire si Derrida y énonce une thèse générale sur la référence ou une règle de lecture propre à Rousseau.

Iter, itara

En 1971, à un congrès de philosophie tenu à Montréal, Derrida lit « Signature événement contexte », repris dans Marges de la philosophie et traduit en anglais en 1977 dans la revue Glyph. Lawlor rappelle que la cible principale de l’essai est la théorie des actes de langage de J. L. Austin, exposée dans How to Do Things with Words (1962). Austin met de côté les énoncés performatifs prononcés par un acteur sur scène, introduits dans un poème ou dits en soliloque, qu’il range sous les rubriques du parasitisme et de l’étiolement, comme le relève Joshua Kates en 2024. Derrida retourne cette exclusion. Une marque écrite, dit-il, reste une écriture même après la mort de son destinataire, ou des deux partenaires, et le mot qui désigne cette possibilité, l’itérabilité, viendrait d’itara, « autre » en sanskrit, ce qui lie la répétition à l’altérité (Limited Inc, édition anglaise de 1988, p. 7). Il n’y aurait alors que des contextes sans centre ni ancrage absolu (p. 12).

La dernière partie de l’essai prend l’exemple de la signature. Pour fonctionner, c’est-à-dire pour être lisible, une signature doit avoir une forme répétable, itérable, imitable, et pouvoir se détacher de l’intention présente et singulière qui l’a produite (p. 20).

L’épreuve se fait avec un stylo et une feuille.

Trois signatures tracées l’une sous l’autre ne sont jamais identiques au trait près, et celui qui les reçoit doit pourtant reconnaître la même dans les trois. Ce qui permet de la reconnaître, sa forme répétable, est exactement ce qui permet à un faussaire de l’imiter. Une signature qui ne se répéterait pas ne serait reconnue par personne, et celle qui se répète ne garantit plus à elle seule la présence de son auteur. Lawlor ramène toute la pensée de Derrida à cette double condition, puisque, selon sa reconstruction, nous ne pouvons avoir aucune expérience qui ne contienne, de manière essentielle et inséparable, l’événement et la répétabilité.

Trois cent trente-six voix contre deux cent quatre

John R. Searle répond la même année dans Glyph (vol. 1, 1977, p. 198-208) par « Reiterating the Differences ». Le résumé qu’en donne Gerald Graff en 1988 retient cinq griefs. Derrida confondrait l’itérabilité avec la permanence de l’écrit, qui est un autre phénomène (p. 200) ; on n’échappe pas à l’intentionnalité, même devant une phrase lue loin de sa production (p. 201-202) ; Austin a écarté le discours parasitaire par stratégie de recherche, sans exclusion métaphysique, et « parasitaire » marque une dépendance logique, sans jugement moral (p. 204-205) ; Derrida confond la citation et le parasitisme (p. 206) ; l’itérabilité est enfin la présupposition nécessaire des formes que prend l’intentionnalité des actes de langage, sans entrer en conflit avec elle (p. 208). Le premier grief porte le plus loin, car si la survie d’un écrit tient au papier et sa répétabilité au code, l’absence du destinataire n’apprend rien de particulier sur le langage. Derrida réplique dans Glyph 2 par « Limited Inc a b c… », une critique que Lawlor dit presque sans merci. Searle, lui, n’a pas changé d’avis. En 1984, répondant dans la New York Review of Books à Louis Mackey, il juge que la prose déconstructionniste tend à être systématiquement évasive.

Jürgen Habermas déplace l’objection en 1985, dans Le Discours philosophique de la modernité, traduit en 1988 par Christian Bouchindhomme et Rainer Rochlitz. Selon la lecture qu’en donne Sergeiy Sandler, la critique radicale de la raison chez Derrida aurait besoin de niveler la différence de genre entre philosophie, littérature et critique littéraire pour échapper à l’aporie de l’autoréférence, parce que le reproche de contradiction ne porte qu’aussi longtemps que la logique garde sa primauté sur la rhétorique (p. 188-190 de l’édition anglaise citée par Sandler). La capacité du langage à résoudre des problèmes disparaîtrait chez Derrida derrière sa capacité à ouvrir des mondes (p. 205). Sandler relève que l’excursus de Habermas ne cite aucun texte de Derrida et s’appuie, pour le débat avec Searle, sur Jonathan Culler. Il répond en 2007 que Derrida garde la distinction de la fiction et de l’argument tout en mêlant les deux. Un lecteur peut d’ailleurs retourner l’essai de 1971 contre lui-même. « Signature événement contexte » soutient qu’aucun contexte ne fixe absolument le sens d’une marque, et compte pourtant être compris par ses auditeurs de Montréal comme une thèse sur Austin, ce qui laisse ouverte la question de savoir si cette attente contredit la thèse ou en fournit seulement un exemple.

L’objection a pris en 1992 une forme institutionnelle. Quand l’université de Cambridge propose de faire Derrida docteur honoris causa, quatre universitaires, dont le philosophe David Hugh Mellor, annoncent en mars un vote non placet, rapporte Jeffrey Sims. Le 9 mai, dix-neuf signataires, parmi lesquels Willard Van Orman Quine, Ruth Barcan Marcus et le mathématicien René Thom, écrivent au Times que son œuvre ne satisfait pas aux critères admis de clarté et de rigueur, et que ses affirmations, quand on parvient à les dégager, sont fausses ou triviales. Peter Benson observe que la lettre ne donne aucun exemple de ces affirmations. Le scrutin du 16 mai accorde le titre par 336 voix contre 204, selon Benson, et Derrida met ensuite certains universitaires en garde contre la tentation des médias (Points…, 1995, p. 401-402, cité par Sims).

Le livre qui rassemble la querelle avec Searle ne contient pas le texte de Searle. Gerald Graff explique dans l’avant-propos de Limited Inc, en 1988, que le philosophe américain a refusé que son essai y figure et que l’éditeur l’a remplacé par un résumé de trois pages (p. VII et 25-27), si bien que les lecteurs du volume ne connaissent « Reiterating the Differences » que par cette paraphrase et par les fragments que cite Derrida, lequel avait recopié dans sa réponse de 1977 la mention « Copyright © 1977 by John R. Searle » pour s’interroger sur ce que pourrait être un copyright de la vérité (p. 30-32).

Pour aller plus loin

Les Mots et les choses de Foucault, déjà traité dans l’encyc​lopédie, appartient au même moment parisien et a reçu de Habermas une objection voisine sur le lieu d’où parle la critique. Les jeux de langage du second Wittgenstein offrent une autre manière de penser l’usage des mots que la théorie des actes de langage d’Austin, et la caverne de Platon donne un autre exemple de copie dévaluée face à l’original.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Jacques Derrida, « Lettre à un ami japonais », lettre à Toshihiko Izutsu, 1983, dans *Psyché. Inventions de l’autre*, Paris, 1987 ; p. 392 (« Toute phrase du type “la déconstruction est x” ou “la déconstruction n’est pas x” manque a priori de pertinence », cité d’après Jean Grondin) ; « un sombre problème de traduction », « Ce que la déconstruction n’est pas ? mais tout ! Qu’est-ce que la déconstruction ? mais rien ! » et « ça se déconstruit », cités d’après Alain Mallet, sans pagination ; « La déconstruction a lieu, c’est un événement qui n’attend pas la délibération », dans *Psyché. Inventions de l’autre*, t. II, 2003, p. 12, et « un autre mot (le même et un autre) », p. 14, cités d’après Yuji Nishiyama ; trad. anglaise « Letter to a Japanese Friend », dans Robert Bernasconi et David Wood (dir.), *Derrida and Difference*, Warwick, 1985, p. 71-82 Gal​ilée ; Parousia Press
  2. Jacques Derrida, *Positions. Entretiens avec Henri Ronse, Julia Kristeva, Jean-Louis Houdebine, Guy Scarpetta*, Paris, 1972, coll. « Critique » ; p. 16 (« ce a s’écrit ou se lit mais qu’on ne peut l’entendre », entretien avec Henri Ronse) ; p. 43 (les vieux noms, *pharmakon*, supplément, trace, d’après Leonard Lawlor) ; p. 56-57 (« une hiérarchie violente », « Déconstruire l’opposition, c’est d’abord, à un moment donné, renverser la hiérarchie », « opérer sur le terrain et à l’intérieur du système déconstruits », « l’émergence irruptive d’un nouveau “concept” », entretien avec Jean-Louis Houdebine et Guy Scarpetta) ; texte consulté sur une numérisation de l’édition de 1972, pagination relevée sur les folios imprimés Éditions de Minuit
  3. Jacques Derrida, *De la grammatologie*, Paris, 1967, coll. « Critique », seconde partie, chapitre consacré au « dangereux supplément » de Rousseau ; p. 227 (« ne peut légitimement transgresser le texte vers autre chose que lui », « il n’y a pas de hors-texte », souligné par l’auteur), pagination relevée dans un recueil de citations en ligne et non collationnée ; p. 158 de la trad. anglaise de Gayatri Chakravorty Spivak d’après Max Deutscher Éditions de Minuit
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Sources primaires (suite)

  1. Jacques Derrida, « La pharmacie de Platon », *Tel Quel*, 1968, repris dans *La Dissémination*, Paris, 1972 (le mot *pharmakon* maintenu tel quel, d’après Yannis Constantinidès, qui cite les p. 113 et 136) Seuil
  2. Jacques Derrida, « La différance », conférence du 27 janvier 1968 devant la Société française de philosophie, amphithéâtre Michelet de la Sorbonne (notes ouvertes sur l’annonce d’une lettre, « il ne s’entend pas », d’après Birger Vanwesenbeeck), repris dans *Marges de la philosophie*, Paris, 1972 Éditions de Minuit
  3. Jacques Derrida, « Signature événement contexte », communication à un congrès de philosophie tenu à Montréal en 1971, reprise dans *Marges de la philosophie*, Paris, 1972 ; trad. anglaise « Signature Event Context », *Glyph* 1, 1977 ; cité d’après l’édition anglaise de *Limited Inc*, éd. Gerald Graff, Evanston, 1988, p. 7 (*iter* et *itara*, la répétition liée à l’altérité ; la marque qui reste écriture après la mort du destinataire, d’après Joshua Kates), p. 12 (des contextes sans centre ni ancrage absolu), p. 20 (la signature répétable, itérable, imitable) ; traduction de la rédaction ; volume consulté sur une copie numérique non officielle Éditions de Minuit ; Northwestern University Press
  4. Jacques Derrida, « Limited Inc a b c… », *Glyph* 2, 1977, repris dans *Limited Inc*, Evanston, 1988, p. 30-32 (la mention « Copyright © 1977 by John R. Searle », le copyright de la vérité) ; avant-propos de Gerald Graff, p. VII (refus de Searle), et « Summary of “Reiterating the Differences” », p. 25-27 ; postface « Toward an Ethic of Discussion », p. 148 (tous les référents possibles, d’après Max Deutscher) ; éd. française *Limited Inc*, Paris, 1990 (non collationnée) Northwestern University Press ; Gal​ilée
  5. Jacques Derrida, *Mémoires pour Paul de Man*, Paris, 1988, p. 38 (« plus d’une langue », « économique comme un mot d’ordre »), cité d’après Jean Grondin Gal​ilée
  6. Jacques Derrida, « Hospitality, Justice and Responsibility », 1999 (« il n’y a pas de hors-texte » glosé par l’absence de tout dehors du contexte), cité par John Caputo d’après Max Deutscher
  7. Jacques Derrida, *Points… Interviews, 1974-1994*, éd. Elisabeth Weber, Stanford, 1995, p. 401-402 (la tentation des médias), cité d’après Jeffrey Sims Stanford University Press
  8. Platon, *Phèdre*, 274c-276a, pagination Stephanus (Theuth à Naucratis et ses inventions, Thamous à Thèbes, le *pharmakon* de la mémoire et du savoir en 274e, le rappel et l’oubli en 275a, les figures peintes et le père du discours en 275d-e, le discours écrit dans l’âme en 276a) ; traduction anglaise de la Perseus Digital Library, dont le traducteur n’est pas nommé sur la page consultée ; passages résumés par la rédaction Perseus Digital Library, Tufts University
  9. John R. Searle, « Reiterating the Differences : A Reply to Derrida », *Glyph* 1, 1977, p. 198-208 ; griefs résumés d’après le « Summary » de Gerald Graff dans *Limited Inc* (1988), p. 25-27, avec la pagination de *Glyph* (permanence et itérabilité, p. 200 ; intentionnalité, p. 201-202 ; stratégie de recherche et dépendance logique, p. 204-205 ; citation, p. 206 ; itérabilité présupposée par l’intentionnalité, p. 208) ; référence du volume confirmée par Jesús Navarro Reyes Johns Hopkins University Press
  10. John R. Searle, réponse à Louis H. Mackey, « An Exchange on Deconstruction », *The New York Review of Books*, 2 février 1984 (« Deconstructive prose tends to be systematically evasive »), à propos de son compte rendu « The Word Turned Upside Down », 27 octobre 1983 ; cité en traduction de la rédaction The New York Review of Books
  11. Jürgen Habermas, *Le Discours philosophique de la modernité. Douze conférences* (*Der philosophische Diskurs der Moderne*, 1985), trad. Christian Bouchindhomme et Rainer Rochlitz, Paris, 1988, rééd. coll. « Tel », 2011, 484 p. ; leçon sur Derrida et excursus sur le nivellement de la différence de genre entre philosophie et littérature, pagination anglaise p. 188-190 et 205 citée d’après Sergeiy Sandler Gallimard
  12. J. L. Austin, *How to Do Things with Words*, Oxford, 1962 (exclusion des énoncés de l’acteur, du poème et du soliloque, parasitisme et étiolement), d’après Joshua Kates Clarendon Press
  13. Barry Smith et dix-huit cosignataires, lettre au *Times*, Londres, 9 mai 1992 (« does not meet accepted standards of clarity and rigour », affirmations « either false or trivial », ballot du 16 mai) ; cité en traduction de la rédaction The Times

Bibliographie

  1. Leonard Lawlor, « Jacques Derrida », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, première publication le 22 novembre 2006, révision substantielle du 27 août 2021 (naissance à El-Biar, les trois livres de 1967, l’emprunt à la « destruction » de Heidegger, les deux phases et la réinscription du terme inférieur, la différance comme ressource indécidable, l’argument de l’événement et de la répétabilité, Searle et la réponse « presque sans merci ») Stanford University
  2. Jean Grondin, « La définition derridienne de la déconstruction. Contribution à l’avenir du débat entre l’herméneutique et la déconstruction », *Archives de philosophie* 62, 1999, p. 5-16 (citations de la « Lettre » p. 392 et de *Mémoires pour Paul de Man* p. 38, les trois sens de « plus d’une langue ») Archives de philosophie
  3. Yuji Nishiyama, « La traduction et le voyage de Jacques Derrida au Japon », *ITER*, n° 2, « Traduire Derrida aujourd’hui », 2020 (Izutsu islamologue, la lettre de 1983, citation de *Psyché II*, p. 12) Revue ITER
  4. Alain Mallet, « La notion de déconstruction », 1re partie, texte d’une conférence du 5 mars 2019 (citations de la « Lettre à un ami japonais ») Philo63
  5. Yannis Constantinidès, « Le mal dans le remède ? », *Dépendances*, n° 51, janvier, p. 28-30 (le *pharmakon* maintenu tel quel par Derrida, l’objection du sens médical et du dosage) GREA
  6. Birger Vanwesenbeeck, « Derrida’s Quarrel : “La Différance” at 50 », *Los Angeles Review of Books*, 27 janvier 2018 (date, lieu et notes de la conférence de 1968, les deux sens de différer, « il ne s’entend pas ») Los Angeles Review of Books
  7. Max Deutscher, « “Il n’y a pas de hors-texte” – Once More » (la formule de 1967 dans le chapitre sur Rousseau, la reprise de *Limited Inc*, p. 148, la glose de 1999 citée par Caputo) ; revue et date non indiquées sur l’exemplaire consulté PhilArchive
  8. Timothy Morton, « There Is Nothing Outside What ? », *Arcade*, Stanford Humanities Center, 27 août 2010 (lecture étroite de la formule, appliquée au système de Rousseau) Stanford Humanities Center
  9. Joshua Kates, « Write, Rinse, Repeat : Text and Context in Derrida’s SEC and in Literary Studies », *nonsite.org*, n° 45, 14 février 2024 (exclusions d’Austin, la marque après la mort du destinataire) nonsite.org
  10. Jesús Navarro Reyes, « Promesas deconstruidas. Austin, Derrida, Searle », *Thémata. Revista de Filosofía*, n° 39, 2007, p. 119-125 (Montréal, 1971 ; référence de la réponse de Searle dans *Glyph* I) Universidad de Sevilla
  11. Sergeiy Sandler, « Habermas, Derrida, and the Genre Distinction between Fiction and Argument », *International Studies in Philosophy* 39 (4), 2007, p. 103-119 (lecture de l’objection de Habermas, absence de citations de Derrida dans l’excursus, recours à Culler, réponse) International Studies in Philosophy
  12. Jeffrey Sims, « Revisiting the Derrida Affair with Barry Smith », entretien du 15 décembre 1997, *Sophia* 38 (2), 1999 (les quatre votes *non placet* de mars 1992, dont celui de David Hugh Mellor ; citation de *Points…*, p. 401-402) Sophia
  13. Peter Benson, « Beware of Truth ! », *Philosophy Now*, n° 72, 2009 (scrutin de Cambridge, 336 voix contre 204 ; absence d’exemples dans la lettre au *Times*) Philosophy Now

Sources en ligne

  1. « Jacques Derrida (Stanford Encyclopedia of Philosophy) » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/derrida/
  2. « La définition derridienne de la déconstruction 1 » (Jean Grondin, PDF) Université de Montréalhttps://mapageweb.umontreal.ca/grondinj/pdf/derrida_deconstruction.pdf
  3. « YUJI NISHIYAMA » (« La traduction et le voyage de Jacques Derrida au Japon ») Revue ITERhttps://revue-iter.org/yuji-nishiyama-la-traduction-et-le-voyage-de-jacques-derrida-au-japon/
  4. « 1 La notion de déconstruction Alain Mallet 1ère partie, 5 mars 2019 » Philo63https://www.philo63.org/medias/files/la-notion-de-deconstruction-3.pdf
  5. « Letter to a Japanese Friend » Contemporary Thinkers, Foundation for Constitutional Governmenthttps://contemporarythinkers.org/jacques-derrida/essay/letter-to-a-japanese-friend/
  6. « art8 dep51 » (Yannis Constantinidès, « Le mal dans le remède ? ») GREAhttps://www.grea.ch/sites/default/files/art8_dep51.pdf
  7. « Derrida’s Quarrel : “La Différance” at 50 » Los Angeles Review of Bookshttps://lareviewofbooks.org/article/derridas-quarrel-la-differance-at-50
  8. « vanwesenbeeck essay most read los angeles review books » State University of New York at Fredoniahttps://www.fredonia.edu/news/vanwesenbeeck-essay-most-read-los-angeles-review-books
  9. « “Il n’y a pas de hors-texte” – Once More » (Max Deutscher) PhilArchivehttps://philarchive.org/rec/DEUINA-2
  10. « there nothing outside what » (Timothy Morton) Arcade, Stanford Humanities Centerhttps://shc.stanford.edu/arcade/interventions/there-nothing-outside-what
  11. « Write, Rinse, Repeat : Text and Context in Derrida’s SEC and in Literary Studies » nonsite.orghttps://nonsite.org/write-rinse-repeat-text-and-context-in-derridas-sec-and-in-literary-studies/
  12. « core.ac.uk » (Jesús Navarro Reyes, « Promesas deconstruidas », PDF) COREhttps://core.ac.uk/download/51409134.pdf
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  17. « In response to : » (« An Exchange on Deconstruction », Louis H. Mackey et John R. Searle) The New York Review of Bookshttps://www.nybooks.com/articles/1984/02/02/an-exchange-on-deconstruction/
  18. « atlas.perseus.tufts.edu » (Platon, *Phèdre*, 274-276) Perseus Digital Library, Tufts Universityhttps://atlas.perseus.tufts.edu/library/passage/urn:cts:greekLit:tlg0059.tlg012.perseus-eng2:274-276/xml/
  19. « Le discours philosophique de la modernité - Douze conférences » (édition « Tel », 2011) Portail universitaire du droithttps://univ-droit.fr/recherche/actualites-de-la-recherche/parutions/19533-le-discours-philosophique-de-la-modernite-douze-conferences
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