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Fausses décrétales : le faux canonique est sorti d’un atelier franc

Debunk27 septembre 2026◈ 33 sources vérifiées
Michel Germain / Achille Peigné-Delacourt / Wikimedia Commons
9 min de lecture33 sources vérifiées
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Dans la marge d’un Cassiodore copié à Corbie entre 814 et 821, quelqu’un a tracé de petits signes et quelques lettres, en face de passages précis. Le volume se trouve aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Russie, à Saint-Pétersbourg. Les passages repérés reparaissent, découpés et recousus, dans des lettres attribuées à des évêques de Rome du IIᵉ siècle. Personne n’a songé à effacer les marques.

Une centaine de lettres qui n’ont jamais été écrites

Le recueil se présente sous le nom d’Isidorus Mercator, soudure de ceux d’Isidore de Séville et de Marius Mercator. Il comprend trois parties. D’abord une soixantaine de lettres prêtées aux papes des trois premiers siècles, de Clément Ier à Melchiade, dont cinquante-huit sont fabriquées. Ensuite un exposé sur l’Église primitive et les canons de cinquante-quatre conciles, ceux-là parfaitement authentiques, empruntés à la collection espagnole dite Hispana. Enfin les lettres de trente-trois papes, de Sylvestre Ier à Grégoire II, dont une trentaine sont fausses. L’édition critique de Paul Hinschius, parue à Leipzig en 1863, demeure celle que tout le monde cite, faute d’avoir mieux.

Trois autres fabrications sortent du même atelier et voyagent souvent avec celle-là : les capitulaires attribués à un certain Benoît le Lévite, les Capitula Angilramni sur la procédure pénale, et une version interpolée de l’Hispana.

On lit couramment que ces lettres ont été fabriquées à Rome, par la papauté, pour asseoir son autorité sur l’Occident. L’affirmation est fausse, et elle a une date de naissance. Elle a été formulée au XVIᵉ siècle par les Centuriateurs de Magdebourg, dans leur histoire luthérienne de l’Église, puis reprise comme une évidence. Il a fallu attendre le XIXᵉ siècle pour que l’origine franque du recueil fasse l’unanimité.

Deux choses différentes, donc. La collection est un faux fabriqué, avec une intention et des auteurs, et plus personne ne le conteste depuis le XVIIᵉ siècle. Son attribution à Rome relève d’un autre registre, celui du fait réel devenu méconnaissable à force d’être raccourci.

L’atelier travaillait à Corbie, sur la Somme

En 833, Louis le Pieux est déposé par ses fils avec l’appui d’une partie de l’épiscopat. Quelques mois plus tard il retrouve le trône, et les évêques qui l’avaient lâché paient. Le synode de Thionville, en 835, dépose Ebbon, archevêque de Reims et frère de lait de l’empereur, dans des formes très rapides. Ebbon revient brièvement en 840 et 841, puis il est écarté de nouveau, et les clercs qu’il avait ordonnés sont condamnés à Soissons en 853. Un empereur déposé. Des évêques déposés à leur tour. Puis des lettres.

Le programme de ces lettres n’a rien de mystérieux quand on les lit. Un évêque ne peut être accusé que par des témoins irréprochables, ni jugé hors d’un synode régulièrement convoqué, ni déposé sans que l’appel à Rome lui reste ouvert, et s’il a été chassé de son siège il doit y être rétabli avant tout procès. Le pape occupe une place immense dans ces textes, et c’est ce qui a trompé les lecteurs du XVIᵉ siècle. Il y figure comme un recours lointain, hors d’atteinte des assemblées franques. Clara Harder, qui a consacré un livre à la place du siège romain dans ces fabrications, rappelle un point de fait souvent oublié : dans l’empire franc, les conciles étaient convoqués par le souverain, et par lui seul. Exiger l’autorisation pontificale pour réunir une assemblée revenait donc à retirer au roi un droit coutumier sur les évêques. Hermann Wasserschleben avait résumé la chose dès 1844 en écrivant que le pseudo-Isidore n’accorde rien aux papes sans penser aux évêques. Harder juge cette lecture trop courte et soutient que le renforcement du siège romain est une fin en soi chez les faussaires, tandis qu’Eric Knibbs tient les deux motifs pour inséparables. Wojciech Witowski, reprenant le dossier en 2026, parle d’un bouclier juridique bâti pour l’épiscopat franc, la primauté romaine servant d’instrument.

L’atelier, lui, a été localisé en 2000. Klaus Zechiel-Eckes a repéré deux manuscrits venus de la bibliothèque de Corbie, dans le diocèse d’Amiens, suffragant de Reims. Le premier contient l’Historia tripartita de Cassiodore et d’Épiphane, copié entre 814 et 821, aujourd’hui à Saint-Pétersbourg. Le second porte les actes du concile de Chalcédoine dans la version de Rusticus, écrit dans le premier quart du IXᵉ siècle, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France sous la cote latin 11611. Tous deux portent des marques dans les marges, et les passages ainsi signalés se retrouvent dans les décrétales forgées comme dans les capitulaires de Benoît le Lévite.

Des secrétaires ont donc travaillé là, livre ouvert, avec une liste de ce qu’ils cherchaient.

La date, elle, n’est pas fixée. La préface des faux capitulaires parle d’Otgar de Mayence comme d’un mort, ce qui la place après le 21 avril 847, et les premières traces sûres de circulation apparaissent vers 857, au synode de Quierzy. Aucun manuscrit, aucune citation ne remonte avant 850. Zechiel-Eckes plaçait pourtant la rédaction dans les années 830, en rattachant l’entreprise à la défense d’Ebbon, et Knibbs a soutenu en 2017 que la chronologie ancienne, 847-852, restait la meilleure. Le désaccord entre les deux datations n’a pas été tranché, et il porte sur une quinzaine d’années.

Blondel, Genève, 1628

La méthode qui a fait tomber le recueil consiste à retrouver, pour chaque phrase, le texte dont elle sort. Les faussaires ont travaillé par mosaïque, et l’on a compté plus de dix mille emprunts, pris à la Bible, aux Pères, aux conciles, au droit romain, aux pénitentiels, à des recueils irlandais. Cette façon de faire est aussi ce qui les a perdus, parce qu’on ne recopie pas sans laisser des dates derrière soi. Des papes morts au IIIᵉ siècle citent dans ces lettres la version latine de la Bible établie par Jérôme à la fin du IVᵉ. D’autres, plus anciens encore, emploient le Bréviaire d’Alaric, code romain promulgué en 506. Le Liber pontificalis, compilé bien plus tard, a servi de guide chronologique à l’atelier, qui fournissait une lettre chaque fois qu’un nom de pape y apparaissait. De tous ces indices internes, le plus net est le Bréviaire, parce qu’un code daté de 506 dans la bouche d’un mort du IIIᵉ siècle ne laisse aucune marge d’appréciation.

Le recueil s’ouvre d’ailleurs sur une mise en scène. Aurélius de Carthage écrit au pape Damase pour lui réclamer les lettres de ses prédécesseurs, et Damase répond qu’il les lui envoie. Les deux lettres sont fabriquées, et elles ne servent qu’à expliquer par quel chemin un tel ensemble aurait pu parvenir jusqu’au lecteur.

Les doutes sont anciens. Hincmar de Reims conteste l’authenticité de certains textes dans son Opusculum LV capitulorum, écrit en 870 ou 871 contre son neveu Hincmar de Laon. Nicolas de Cues écarte les plus anciennes lettres dans le De concordantia catholica de 1433. À partir de 1559, les Centuriateurs de Magdebourg entreprennent de démontrer que toutes les décrétales antérieures au pape Sirice sont apocryphes, et le jésuite Francisco Torres leur répond point par point. L’édition officielle du Corpus iuris canonici, en 1580, les maintient pourtant. C’est un pasteur réformé qui tranche. David Blondel publie à Genève, en 1628, un livre au titre vengeur, Pseudo-Isidorus et Turrianus vapulantes, où il remonte aux sources réellement employées et les aligne en face des prétendues lettres antiques. La démonstration n’a plus été renversée depuis. Blondel écrivait en polémiste, contre Torres et pour son camp, et cela n’ôte rien à sa méthode, qui consiste à regarder ce qu’un texte cite et à comparer les dates. Voltaire en fera l’éloge dans le Dictionnaire philosophique, ce qui n’a sans doute pas aidé la réception catholique de l’ouvrage.

Soixante ans avant qu’un pape s’en serve

La suite contredit l’idée d’un faux commandé par Rome. Le premier utilisateur connu est Thietgaud, archevêque de Trèves et adversaire d’Hincmar. Vient ensuite l’affaire Rothade. Évêque de Soissons, Rothade a déposé un prêtre sans en référer à son métropolitain. Hincmar le fait déposer à son tour par un synode provincial, vers 862. Rothade en appelle au pape, gagne Rome en 864, et y apporte probablement un exemplaire du recueil. Le 22 janvier 865, Nicolas Ier adresse aux évêques francs une lettre où la doctrine de l’appel est exposée à la manière du pseudo-Isidore, au point que Paul Fournier a parlé du parfum isidorien qui s’en dégage. Le pape y donne les décrétales des papes martyrs pour des documents de ses propres archives, sans en citer le texte. Le légat Arsène, évêque d’Orte, le remet sur son siège la même année, malgré les protestations de l’archevêque de Reims.

Il faut attendre Hadrien II, le 26 décembre 871, pour qu’un pape cite ouvertement une de ces lettres, à propos du transfert d’Actard de Nantes à Tours. L’usage pontifical reste mesuré pendant deux siècles. Horst Fuhrmann, qui a consacré trois volumes à la diffusion du recueil, montre que l’appui massif ne vient qu’avec Urbain II, à la fin du XIᵉ siècle, et que le Décret de Gratien, vers 1140, absorbe la matière et met un terme à l’influence directe des faux. Schafer Williams en a recensé quatre-vingts manuscrits en 1971, dispersés de l’Angleterre à l’Italie du Nord.

Ceux qui soupçonnent la papauté ne partent donc pas de rien, et il faut le dire franchement. Les papes se sont bien servis de ces textes, et les réformateurs du XIᵉ siècle largement. Fuhrmann a proposé de séparer deux questions que l’on confond sans cesse, l’intention et l’effet.

L’intention était de mettre les évêques francs à l’abri de leurs métropolitains, de leurs synodes provinciaux et de leur roi. L’effet, deux siècles plus tard, a été de les placer sous la juridiction du siège romain de façon bien plus étroite qu’auparavant. Les faussaires ont obtenu le contraire de ce qu’ils voulaient.

Un faussaire sans nom

On ignore qui a tenu la plume. Zechiel-Eckes a proposé Paschase Radbert, moine puis abbé de Corbie entre 843 ou 844 et 851, et Clara Harder a repris cette identification en 2014. Knibbs objecte que la bibliothèque de Corbie était ouverte à d’autres, et que l’essentiel du programme pseudo-isidorien concerne le statut juridique des évêques, matière assez étrangère à la carrière d’un moine. Mayke de Jong a rappelé de son côté que Radbert écrit ses lignes sur le pouvoir pontifical une vingtaine d’années après les faits qu’il raconte.

D’autres points demeurent en suspens. On ne sait pas si l’entreprise s’est tenue en un seul lieu, et Abigail Firey a fait observer en 2013 que les hommes et les livres circulaient assez pour que Soissons fasse aussi bien l’affaire. On ignore également si les faux capitulaires précèdent les fausses décrétales ou les suivent, problème que Hinschius croyait réglé en 1863 et que Gerhard Schmitz a rouvert. Semih Heinen a par ailleurs contesté le point de départ de 836 sur lequel reposait la datation haute. Et le texte lui-même manque toujours, puisque l’édition entreprise par les Monumenta Germaniae Historica n’a pas abouti, que la version provisoire de Karl-Georg Schon s’arrête vers 2010, et que l’on travaille encore sur celle de 1863, dont les faiblesses sont connues.

Knibbs tient contre Harder que l’accès à la bibliothèque de Corbie ne désigne personne en particulier. Harder répond que l’ampleur donnée au siège romain dépasse ce qu’exigeait la seule protection des évêques, et qu’elle trahit un théologien. Le désaccord porte sur un nom propre. La nature de ces lettres et le lieu où elles ont été assemblées, eux, ne sont contestés par personne.

Pour aller plus loin

Ce dossier croise celui de la donation de Constantin, faux du VIIIᵉ siècle que plusieurs manuscrits pseudo-isidoriens transmettent et que Lorenzo Valla démonte vers 1440 par des arguments de langue. Il rejoint l’histoire des faux diplômes monastiques, fabriqués par centaines dans les abbayes pour appuyer des droits parfois réels. Il touche enfin à la critique diplomatique, discipline née au XVIIᵉ siècle de la nécessité de trier des chartes suspectes.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Isidorus Mercator, Decretales Pseudo-Isidorianae et Capitula Angilramni, collection canonique forgée vers 847-852, édition de Paul Hinschius, Leipzig, 1863
  2. Capitularia Benedicti Levitae, faux capitulaires attribués à Charlemagne et à Louis le Pieux, préface postérieure au 21 avril 847, date de la mort d’Otgar de Mayence
  3. Sankt Petersburg, Bibliothèque nationale de Russie, lat. F. v. I. 11 : Cassiodore et Épiphane, Historia tripartita, copié à Corbie entre 814 et 821, portant les marques de lecture des faussaires
Voir les 30 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Paris, Bibliothèque nationale de France, latin 11611 : actes du concile de Chalcédoine dans la version de Rusticus, Corbie, premier quart du IXᵉ siècle, portant les mêmes marques
  2. Hincmar de Reims, Opusculum LV capitulorum, 870-871, édition de Rudolf Schieffer, Die Streitschriften Hinkmars von Reims und Hinkmars von Laon 869-871, MGH Concilia 4, Supplementum 2, Hanovre, 2003
  3. Nicolas Ier, lettre aux évêques francs du 22 janvier 865 sur l’appel de Rothade de Soissons, Jaffé-Ewald 2785
  4. Jacques Merlin (éd.), Tomus primus quatuor conciliorum generalium, Paris, Jean Cornilleau pour Galliot du Pré, 1524, édition princeps des décrétales pseudo-isidoriennes

Bibliographie

  1. Nicolas de Cues, De concordantia catholica, 1433 ; traduction anglaise de Paul E. Sigmund, The Catholic Concordance, Cambridge, 1991 Cambridge University Press
  2. David Blondel, Pseudo-Isidorus et Turrianus vapulantes, seu editio et censura nova epistolarum omnium, Genève, 1628 Pierre Chouët
  3. Paul Fournier et Gabriel Le Bras, Histoire des collections canoniques en Occident depuis les Fausses Décrétales jusqu’au Décret de Gratien, 2 vol., Paris, 1931-1932, coll. « Bibliothèque d’histoire du droit » Recueil Sirey
  4. Schafer Williams, Codices Pseudo-Isidoriani. A Palaeographico-Historical Study, New York, 1971 Monumenta iuris canonici, Ser. C, Subsidia 3
  5. Horst Fuhrmann, Einfluß und Verbreitung der pseudoisidorischen Fälschungen. Von ihrem Auftauchen bis in die neuere Zeit, 3 vol., Stuttgart, 1972-1974, MGH Schriften 24 Anton Hiersemann
  6. Horst Fuhrmann, « The Pseudo-Isidorian Forgeries », dans Detlev Jasper et Horst Fuhrmann, Papal Letters in the Early Middle Ages, Washington, 2001, p. 137-195 The Catholic University of America Press
  7. Klaus Zechiel-Eckes, « Zwei Arbeitshandschriften Pseudoisidors (Codd. St. Petersburg F. v. I. 11 und Paris lat. 11611) », Francia 27 (1), 2000, p. 205-210 Francia
  8. Klaus Zechiel-Eckes, « Ein Blick in Pseudoisidors Werkstatt. Studien zum Entstehungsprozeß der falschen Dekretalen », Francia 28 (1), 2001, p. 37-90 Francia
  9. Klaus Zechiel-Eckes, Fälschung als Mittel politischer Auseinandersetzung. Ludwig der Fromme (814-840) und die Genese der pseudoisidorischen Dekretalen, Paderborn, 2011 Ferdinand Schöningh
  10. Karl-Georg Schon, Die Capitula Angilramni. Eine prozessrechtliche Fälschung Pseudoisidors, Hanovre, 2006, MGH Studien und Texte 39 Hahnsche Buchhandlung
  11. Clara Harder, Pseudoisidor und das Papsttum. Funktion und Bedeutung des apostolischen Stuhls in den pseudoisidorischen Fälschungen, Cologne, 2014, 290 p., Papsttum im mittelalterlichen Europa 2 Böhlau
  12. Karl Ubl et Daniel Ziemann (dir.), Fälschung als Mittel der Politik ? Pseudoisidor im Licht der neuen Forschung. Gedenkschrift für Klaus Zechiel-Eckes, Wiesbaden, 2015, MGH Studien und Texte 57 Harrassowitz
  13. Eric Knibbs, « Ebo of Reims, Pseudo-Isidore, and the Date of the False Decretals », Speculum 92 (1), 2017, p. 144-183, DOI 10,1086/689411 University of Chicago Presshttps://doi.org/10.1086/689411
  14. Wojciech Marek Witowski, « Pseudo-Izydor jako architekt fikcji prawnej : fałszywe listy przednicejskich biskupów Rzymu w « Collectio Decretalium » (IX w.) », Vox Patrum 99, 2026, p. 693-718, DOI 10,31743/vp.20039 Vox Patrumhttps://doi.org/10.31743/vp.20039

Sources en ligne

  1. « Zum Inhalt von « Projekt Pseudoisidor » » Monumenta Germaniae Historicahttps://www.pseudoisidor.mgh.de/
  2. « Digital Resources of the MGH Sections » Monumenta Germaniae Historicahttps://www.mgh.de/en/digital-mgh/digital-resources-mgh-sections
  3. « Ebo of Reims, Pseudo-Isidore, and the Date of the False Decretals | Speculum : Vol 92, No 1 » University of Chicago Presshttps://www.journals.uchicago.edu/doi/abs/10.1086/689411
  4. « 15,08,44, Harder, Pseudoisidor und das Papsttum » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/19714/25799
  5. « Pseudo-Isidore as Architect of Legal Fiction : The False Letters of the Ante-Nicene Bishops of Rome in the « Collectio Decretalium » (9th Century) » Vox Patrum, Katolicki Uniwersytet Lubelski Jana Pawła IIhttps://czasopisma.kul.pl/index.php/vp/article/view/20039
  6. « Pseudo-Isidorus et Turrianus vapulantes, seu, Editio et censura noua epistolarum omnium » Getty Research Institute, Internet Archivehttps://archive.org/details/gri_pseudoisidor00bion
  7. « Tomus primus quatuor conciliorum generalium » Johns Hopkins University, Internet Archivehttps://archive.org/details/bib_fict_4102689_1
  8. « Histoire des collections canoniques en Occident, depuis les fausses décrétales jusqu’au décret de Gratien. De la réforme carolingienne à la réforme grégorienne » Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5463100w.texteImage
  9. « Horst Fuhrmann. Einfluss und Verbreitung der pseudoisidorischen Fälschungen von ihrem Auftauchen bis in die neue Zeit. 1re partie », compte rendu de René Lacour, Bibliothèque de l’école des chartes, 1974 Perséehttps://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1974_num_132_1_449991_t1_0165_0000_000
  10. « Fälschung als Mittel der Politik ? Pseudoisidor im Licht der neuen Forschung » H-Soz-Kulthttps://www.hsozkult.de/conferencereport/id/fdkn-123345
  11. « Geschichtsquellen : Werk/3146 » Geschichtsquellen des deutschen Mittelalters, Bayerische Akademie der Wissenschaftenhttps://geschichtsquellen.de/werk/3146
  12. « Pseudo-Isidorian Decretals and Other Forgeries » New Schaff-Herzog Encyclopedia of Religious Knowledge, Christian Classics Ethereal Libraryhttps://www.ccel.org/s/schaff/encyc/encyc09/htm/iv.v.lxxiv.htm
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