Dans l’un des soixante carnets noirs achetés par le magazine Stern, le général Ritter von Epp félicite Hitler pour ses cinquante années passées sous l’uniforme. L’entrée est impossible. En août 1937, Hitler a quarante-huit ans, et c’est lui qui adresse ce jour-là un télégramme à von Epp pour son propre jubilé, comme l’enregistre correctement le recueil de discours et de proclamations publié après la guerre par l’archiviste Max Domarus. Le faussaire a recopié sa source en inversant l’expéditeur et le destinataire. L’erreur tenait dans une soustraction, et personne n’avait fait cette soustraction avant que Josef Henke, archiviste au Bundesarchiv de Coblence, ne la relève au début de mai 1983, quelques jours après la publication des premiers extraits.
Vingt-neuf volontaires devant la suite 2, 4, 6
En 1960, Peter Wason travaille à Londres, au groupe de recherche en psychologie industrielle que le Medical Research Council abrite à l’University College, et il publie cette année-là dans le Quarterly Journal of Experimental Psychology une expérience d’une grande économie de moyens. On annonce à chaque participant que la suite 2, 4, 6 obéit à une règle, et qu’il doit la découvrir en proposant d’autres triplets de nombres, auxquels l’expérimentateur répond par oui ou par non, jusqu’à ce qu’il se sente assez sûr pour annoncer la règle. Celle-ci est la plus large possible, trois nombres rangés par ordre croissant. Wason a construit la tâche pour que cette règle englobe des hypothèses plus évidentes, des nombres qui augmentent de deux par exemple, si bien que quiconque se contente de proposer des suites conformes à son idée reçoit oui sur oui. Sur vingt-neuf participants, qu’il décrit comme de jeunes adultes intelligents, six trouvent la règle sans annonce erronée préalable, treize en annoncent une fausse avant d’y parvenir, neuf en annoncent au moins deux, et un seul ne conclut pas. Wason oppose deux manières de raisonner, l’induction énumérative, qui additionne les cas favorables, et l’induction éliminative, qui cherche le cas capable de faire tomber l’hypothèse, et il observe que ceux qui se sont trompés deux fois ou plus semblaient incapables, ou peu désireux, de mettre leurs idées à l’épreuve.
Chaque oui les conforte, et aucun ne les renseigne.
L’observation n’avait rien de neuf. En 1620, dans le premier livre du Novum Organum, Francis Bacon écrit que l’entendement humain, une fois qu’il a adopté une opinion, attire tout le reste à son appui. Il donne l’exemple d’un homme à qui l’on montre, dans un temple, les tableaux votifs de marins rescapés d’un naufrage après avoir prononcé un vœu, et qui demande où sont les portraits de ceux qui ont fait le même vœu et se sont noyés.
Wason travaillait sur des nombres, sans enjeu. En 1979, à Stanford, Charles Lord, Lee Ross et Mark Lepper déplacent la question vers des convictions. Ils réunissent quarante-huit étudiants, partisans ou adversaires de la peine de mort, et leur soumettent deux études fictives sur son effet dissuasif, l’une favorable, l’autre défavorable. Chaque camp juge plus probante, et mieux conduite, celle qui va dans son sens, et les deux groupes sortent de l’expérience plus éloignés qu’ils n’y étaient entrés. Vingt ans plus tard, en 1998, Raymond Nickerson rassemble dans la Review of General Psychology les travaux accumulés depuis et définit le biais comme une manière de chercher ou d’interpréter les indices qui favorise les croyances, les attentes ou l’hypothèse dont on dispose déjà. Son titre parle d’un phénomène omniprésent aux multiples visages, et ce pluriel pèse sur la suite.
Klayman et Ha relisent l’expérience des trois nombres
De ces résultats est sortie une lecture trop large, que l’on tient aujourd’hui pour fausse dans sa généralité, selon laquelle les humains seraient portés, par un penchant général et nuisible, à ne tester que les cas susceptibles de leur donner raison. En 1987, Joshua Klayman et Young-Won Ha, de l’université de Chicago, l’attribuent à plusieurs psychologues et philosophes qui opposaient ce penchant à l’idéal de la réfutation. Leur article de la Psychological Review montre qu’une bonne part de ce qu’on rangeait sous ce nom relève d’une stratégie du test positif, qui examine les cas où l’on attend la propriété recherchée, et qui, dans des conditions réalistes, renseigne souvent très bien. Elle échoue dans la tâche de 1960 pour une raison précise, parce que la règle cachée englobe l’hypothèse du participant, si bien qu’un test positif n’y reçoit jamais de non.
Le degré de fausseté est celui du vrai déformé. Le phénomène existe, l’expérience de Stanford le montre, mais en faire une loi générale de l’esprit était abusif, et Klayman et Ha concluent que la valeur d’une stratégie dépend de la tâche. On préférera ici parler de test positif chaque fois qu’il s’agit de la manière de chercher, et garder le mot de biais pour les cas où l’interprétation elle-même penche, parce que les deux ne se corrigent pas avec les mêmes outils.
En 2011, dans Behavioral and Brain Sciences, Hugo Mercier et Dan Sperber proposent une relecture plus radicale. Selon eux, la raison humaine sert d’abord à produire des arguments pour convaincre et à évaluer ceux des autres. Le biais devient alors le fonctionnement attendu d’un outil fait pour plaider, et les auteurs ajoutent qu’on juge plutôt bien les arguments d’autrui quand on n’a rien à défendre. La thèse reste discutée ; leur livre, traduit en 2021 sous le titre L’Énigme de la raison, la développe.
« Il y a l’expertise de M. Bertillon »
En 1894, le renseignement militaire français récupère à l’ambassade d’Allemagne une lettre adressée à l’attaché militaire, le bordereau, qui annonce la livraison de documents secrets. Le soupçon se porte sur le capitaine Alfred Dreyfus, officier juif, et l’antisémitisme pèse dès ce moment sur l’accusation, comme le rappellent Roger Mansuy et Laurent Mazliak dans leur présentation de 2005. Les premières expertises d’écriture divergent, et seules celles qui accablent Dreyfus sont retenues.
Alphonse Bertillon n’est pas graphologue. Il a mis au point quelques années plus tôt une méthode d’identification des criminels par mensurations, et c’est cette réputation qu’il apporte au procès. Sa thèse, vite baptisée système Bertillon, veut que l’auteur du bordereau ait fabriqué sa lettre en déformant sa propre écriture selon un procédé géométrique, pour se ménager deux défenses, crier à la machination si l’on reconnaissait sa main, invoquer les divergences si on ne la reconnaissait pas. Ressemblances et différences deviennent alors également compatibles avec la culpabilité, et aucune observation ne peut plus jouer contre l’hypothèse. Bertillon y ajoute un gabarit d’alignement tiré du mot « intérêt », prélevé sur une lettre du frère de l’accusé, puis le kutsch, une longueur de 1,25 millimètre qui servait d’unité d’échelle sur les cartes d’état-major, unité dont on voit mal ce qu’elle venait faire dans une lettre d’espion, sinon que tout ce qui sentait l’état-major semblait alors avoir sa place dans l’affaire.
En septembre 1899, au second procès, à Rennes, le mathématicien Paul Painlevé lit à l’audience une lettre d’Henri Poincaré qui conteste tout fondement scientifique au système. Bertillon maintient que nulle autre écriture ne présenterait de telles coïncidences géométriques. Dreyfus est condamné une seconde fois, puis gracié. En 1904, le dreyfusard Maurice Bernard se plaint dans une brochure qu’on lui oppose toujours l’expertise de Bertillon, dont l’obscurité même entretient le doute. La même année, la Cour de cassation confie l’examen des théories graphiques à Gaston Darboux, Paul Appell et Henri Poincaré, alors tenu, selon Laurent Mazliak, pour le premier spécialiste français du calcul des probabilités, et c’est lui qui rédige.
Le rapport relève trois choses. Les mesures et les reproductions successives du bordereau comportent des erreurs, et toutes jouent dans le sens de l’accusation. La formule de Bayes, qui permet de remonter des effets observés à leurs causes probables, est employée à contresens. Enfin le calcul des probabilités ne peut s’appliquer à une telle question, parce qu’il exige des probabilités de départ qui relèvent du jugement moral. Invité par les trois savants à refaire le bordereau devant eux selon son procédé, Bertillon n’y parvient pas, alors qu’il prétendait jusque-là le reproduire à l’identique. Dreyfus est réhabilité en 1906.
Coblence, du 30 avril au 6 mai 1983
Le premier signal d’alarme précède la publication d’un mois. En mai 1982, sans parler de journaux intimes, le Stern fait comparer par la police criminelle de Rhénanie-Palatinat quatre feuillets à des autographes authentiques, et la police conclut à l’écriture d’Hitler, comme, selon le magazine, un expert américain et un expert suisse. Le 28 mars 1983, à l’Office fédéral de police criminelle, l’expert Louis Ferdinand Werner signale qu’un feuillet au moins pourrait contenir des azurants optiques inconnus du vivant d’Hitler, et veut consulter un chimiste du papier de la firme Bayer. Le Stern n’attend pas cet avis. Il annonce la découverte le 22 avril et réunit la presse à Hambourg le 25.
L’historien britannique Hugh Trevor-Roper arrive sceptique. Selon l’Encyclopaedia Britannica, ses doutes cèdent devant la masse des volumes et devant l’assurance, fausse, que le papier avait été analysé. Il se déclare convaincu de l’authenticité des documents, puis prend ses distances quelques jours plus tard, comme le relève le Christian Science Monitor du 5 mai 1983. Soixante volumes conformes à l’image qu’on se fait d’Hitler forment une induction énumérative au sens de Wason, des cas favorables qu’on additionne sans en chercher un seul qui puisse tout faire tomber.
Au Bundesarchiv, Josef Henke, chargé des archives du parti nazi, obtient de choisir lui-même trois volumes. La police criminelle fédérale et l’Institut fédéral d’essai des matériaux, à Berlin, prennent en charge le papier, la reliure et l’encre. Le week-end du 30 avril, Henke et son collègue Klaus Oldenhage choisissent de travailler séparément, pour que chacun vérifie sans l’influence de l’autre. Les entrées se révèlent pauvres, jamais raturées, limitées à ce qu’un lecteur de journaux de l’époque pouvait savoir. Pour emporter la décision, les deux archivistes cherchent alors des erreurs de fait. Sous la date du 22 juin 1934, le carnet donne à Gürtner le titre de ministre de la Justice du Reich et de Prusse, qui n’est officiellement employé qu’à partir du 16 octobre suivant. Quatre volumes supplémentaires, arrivés d’une banque suisse, révèlent les sources du faussaire, le Völkischer Beobachter, journal du parti, et le recueil de Domarus, recopiés avec leurs propres fautes.
Les deux agences techniques concluent que papier, reliure et encre ne datent pas des années 1930 ou 1940, et le 6 mai 1983 le Bundesarchiv annonce publiquement le faux. Konrad Kujau, qui vendait déjà de faux tableaux attribués à Hitler, avoue ; il est condamné à quatre ans et six mois de prison pour escroquerie et faux en écriture, et meurt en 2000. Ses couvertures portaient un monogramme gothique FH à la place de AH. La fonction du faux n’a été décrite qu’en 2023, quand l’audiovisuel public NDR a mis le texte en ligne et que l’historienne Heike Görtemaker et le politologue Hajo Funke l’ont analysé, avant une édition annotée parue à Berlin. Selon eux, et le mémorial de la Maison de la conférence de Wannsee relaie leur lecture, les carnets fabriquaient un Hitler étranger à l’extermination des Juifs d’Europe, ce qui en faisait un instrument de négation du génocide.
Henke note encore, dans son compte rendu publié par la revue Archivaria, que des historiens se sont prononcés dans les deux sens sans avoir vu les documents, certains pour l’authenticité, d’autres pour le faux sans avoir ouvert un seul volume. Avoir raison sans examen reste une manière de ne pas examiner.
Le Stern avait écarté ses propres historiens
Employé comme clé universelle, le biais de confirmation deviendrait à son tour une explication trop commode. Henke attribue l’échec du Stern à une organisation, puisque les historiens de la rédaction avaient été tenus à l’écart par des reporters et des gestionnaires pressés, et l’avis du chimiste de Bayer n’a jamais été attendu. Trevor-Roper a été induit en erreur par une information fausse sur des analyses qui n’avaient pas eu lieu. Dans l’affaire Dreyfus, Mansuy et Mazliak notent que personne, même parmi les partisans de la culpabilité, ne prenait vraiment Bertillon au sérieux, et que son expertise servait surtout de caution savante devant le public. L’antisémitisme, la solidarité militaire et la décision politique relèvent d’une autre analyse, que le vocabulaire de la psychologie expérimentale ne remplace pas.
Une part échappe encore. Bertillon croyait-il à son système, ou servait-il l’accusation en connaissance de cause ? Probablement les deux, à des degrés qu’on ne sait pas mesurer, et faire la part de la conviction et du zèle demanderait des écrits privés que les travaux consultés ici ne citent pas.
Les corrections qui ont fonctionné changent la procédure plus que les personnes. Poincaré refait les mesures une à une, les deux archivistes de Coblence travaillent séparément et cherchent l’erreur qui trancherait, et en 1984 Charles Lord, Mark Lepper et Elizabeth Preston montrent qu’une consigne simple, envisager l’hypothèse inverse, corrige davantage le biais que l’injonction d’être juste et impartial, consigne qu’ils rattachent eux-mêmes à Bacon.
Les expériences citées ici placent des volontaires devant des nombres, des études fictives ou des impressions de personnalité, et aucune ne porte sur des historiens ou des archivistes au travail. Pour savoir si la stratégie du test positif égare un spécialiste devant une archive autant qu’un étudiant devant la suite 2, 4, 6, il faudrait soumettre à des experts des documents dont on connaît d’avance les défauts, et compter ceux qu’ils trouvent selon qu’on leur demande de les authentifier ou de les réfuter.
Pour aller plus loin
L’homme de Piltdown montre une pièce fausse acceptée pendant quarante ans parce qu’elle répondait aux attentes des paléontologues britanniques. Les fées de Cottingley et le mythe de la Terre plate au Moyen Âge, traités dans cette même section, offrent deux autres cas où des personnes instruites ont lu des documents à la lumière de ce qu’elles croyaient déjà.
Confirmer, c’est rendre une idée plus sûre. Les psychologues parlent de biais de confirmation pour désigner une pente de l’esprit humain. Elle pousse à chercher et à garder les indices qui vont dans le sens de ce qu’on pense déjà. Les historiens se servent souvent de cette idée pour expliquer de grandes erreurs. Deux affaires permettent de voir ce qu’elle explique vraiment, une condamnation en France à la fin du XIXᵉ siècle et un faux vendu à un magazine allemand.
Le jeu des nombres qui montent
Le mot vient d’une expérience faite à Londres en 1960 par le psychologue Peter Wason. Il montre à des volontaires trois nombres pairs qui se suivent. Ces nombres obéissent à une règle secrète. Chacun doit la deviner en proposant d’autres séries, et on lui répond seulement par oui ou par non.
La plupart imaginent une règle trop précise, par exemple des nombres qui montent de deux en deux. Ils proposent des séries qui respectent cette idée et reçoivent oui à chaque fois. Or la vraie règle était plus large. Il suffisait que les nombres montent. Beaucoup se trompent en étant sûrs d’eux, faute d’avoir essayé une série capable de les contredire.
Bien avant Wason, un philosophe anglais avait décrit ce travers. Il racontait l’histoire d’un homme dans un temple, devant les tableaux offerts par des marins sauvés d’un naufrage. Cet homme demandait où étaient les portraits des marins qui avaient prié eux aussi, puis s’étaient noyés.
Un expert qui gagnait à tous les coups
En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus est accusé d’avoir livré des secrets militaires à l’Allemagne. La seule preuve matérielle est une lettre non signée, qu’on appelle le bordereau. Dreyfus est juif, et l’antisémitisme de l’époque pèse sur l’accusation dès le départ.
Un homme célèbre vient expliquer cette lettre au tribunal. Alphonse Bertillon a inventé une méthode pour identifier les criminels en mesurant leur corps. Selon lui, Dreyfus aurait déformé exprès sa propre écriture. Si la lettre ressemble à son écriture, il l’a donc écrite. Si elle en diffère, il s’est déguisé. Avec un tel raisonnement, aucune observation ne pouvait innocenter l’accusé.
De grands mathématiciens, dont Henri Poincaré, examinent ensuite ce système à la demande de la justice. Ils montrent que les mesures de Bertillon penchent toutes du côté de l’accusation, et que ses calculs ne tiennent pas. Devant eux, Bertillon ne parvient même pas à refaire la lettre avec sa propre méthode. Dreyfus est réhabilité quelques années plus tard.
Le journal d’Hitler qui n’en était pas un
En 1983, le magazine allemand Stern annonce la découverte du journal intime d’Hitler. Il tient en soixante carnets noirs. Des experts en écriture l’ont jugé authentique. Un historien britannique réputé, d’abord méfiant, se laisse convaincre par la masse des volumes. Le magazine lui a aussi assuré que le papier avait été analysé, ce qui était faux.
Deux archivistes des archives fédérales allemandes reprennent l’examen. Ils travaillent chacun de son côté, pour ne pas s’influencer. Ils cherchent des erreurs précises dans le contenu, et ils en trouvent vite. Dans un carnet, un général félicite Hitler pour cinquante années passées dans l’armée. Hitler n’avait pourtant que quarante-huit ans.
Le faussaire, Konrad Kujau, avait recopié un recueil de discours en inversant qui écrivait à qui. Le papier et l’encre dataient d’après la guerre. Il avoue et part en prison. En 2023, des chercheurs ont lu le faux en entier. Il présentait un Hitler étranger au massacre des Juifs, et servait donc à nier ce crime.
Un mot utile qui n’explique pas tout
Plus tard, deux chercheurs de l’université de Chicago relisent l’expérience des nombres. Pour eux, essayer d’abord les cas qui collent à son idée est souvent une bonne méthode. Elle ne trompe que dans certaines situations, comme ce jeu où la règle cachée est plus large que l’idée du joueur. Le travers existe bien, mais on en avait tiré une loi trop générale.
Il n’explique pas non plus seul ces deux affaires. Contre Dreyfus pesaient l’antisémitisme, la solidarité entre militaires et des choix politiques. Le magazine n’avait pas fait lire les carnets par ses propres historiens. Pour Bertillon, personne ne sait faire la part de la conviction sincère et celle du zèle.
Dans les deux cas, une méthode a fini par l’emporter. Refaire les mesures une à une. Travailler séparément. Chercher ce qui pourrait faire tomber l’idée. Une autre expérience a montré qu’envisager l’hypothèse inverse corrige mieux ce travers que la simple promesse d’être juste.
Les expériences connues portent sur des volontaires et jamais sur des historiens au travail. On ne sait donc pas si un expert penché sur une vieille archive tombe dans le même piège qu’un étudiant face au jeu des nombres.
La version complète montre comment Bertillon tirait tout un gabarit d’un seul mot, et à quelle date un expert de la police allemande avait déjà signalé le papier suspect.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Francis Bacon, *Novum Organum*, Londres, 1620, livre I, aphorisme 46 (exemple des tableaux votifs des rescapés de naufrage)
- Peter C. Wason, « On the failure to eliminate hypotheses in a conceptual task », *Quarterly Journal of Experimental Psychology* 12 (3), 1960, p. 129-140, DOI 10,1080/17470216008416717 Quarterly Journal of Experimental Psychologyhttps://doi.org/10.1080/17470216008416717
- Charles G. Lord, Lee Ross et Mark R. Lepper, « Biased assimilation and attitude polarization : The effects of prior theories on subsequently considered evidence », *Journal of Personality and Social Psychology* 37 (11), 1979, p. 2098-2109, DOI 10,1037/0022-3514,37,11,2098 American Psychological Associationhttps://doi.org/10.1037/0022-3514.37.11.2098
Voir les 26 sources restantesMasquer les autres sources
Sources primaires (suite)
- Maurice Bernard, *Explication et réfutation du système de M. A. Bertillon et de ses commentateurs*, brochure, 1904, citée d’après l’édition de Mansuy et Mazliak
- Les « carnets d’Hitler », soixante volumes au monogramme FH fabriqués par Konrad Kujau entre 1981 et 1983, conservés par Gruner + Jahr puis remis au Bundesarchiv en 2023
- Max Domarus, *Hitler. Reden und Proklamationen 1932-1945, kommentiert von einem deutschen Zeitgenossen*, Würzburg, 1962-1963, édité par l’auteur
Bibliographie
- Gaston Darboux, Paul Appell et Henri Poincaré, « Examen critique des divers systèmes ou études graphologiques auxquels a donné lieu le bordereau », rapport d’expertise rédigé à la demande de la Cour de cassation, 1904 Cour de cassation
- Roger Mansuy et Laurent Mazliak, « Introduction au rapport de Poincaré pour le procès en cassation de Dreyfus en 1904 », *Journ@l électronique d’histoire des probabilités et de la statistique* 1 (1), mars 2005 JEHPS
- Laurent Mazliak, « Poincaré et le hasard », *Séminaire Poincaré* XVI, 2012, p. 135-171 Séminaire Poincaré
- Josef Henke, « Revealing the Forged Hitler Diaries », *Archivaria* 19, hiver 1984-1985 Association of Canadian Archivists
- Joshua Klayman et Young-Won Ha, « Confirmation, disconfirmation, and information in hypothesis testing », *Psychological Review* 94 (2), 1987, p. 211-228 American Psychological Association
- Raymond S. Nickerson, « Confirmation bias : A ubiquitous phenomenon in many guises », *Review of General Psychology* 2 (2), 1998, p. 175-220, DOI 10,1037/1089-2680,2.2 175 Educational Publishing Foundationhttps://doi.org/10.1037/1089-2680.2.2
- Charles G. Lord, Mark R. Lepper et Elizabeth Preston, « Considering the opposite : A corrective strategy for social judgment », *Journal of Personality and Social Psychology* 47 (6), 1984, p. 1231-1243 American Psychological Association
- Hugo Mercier et Dan Sperber, « Why do humans reason ? Arguments for an argumentative theory », *Behavioral and Brain Sciences* 34 (2), 2011, p. 57 et suiv. Cambridge University Press
- Hugo Mercier et Dan Sperber, *L’Énigme de la raison*, traduit de l’anglais par Abel Gerschenfeld, Paris, 2021, 445 p. Odile Jacob
- John Goetz (dir.), *Die echten falschen »Hitler-Tagebücher« *, introduction de Heike B. Görtemaker, essai de Hajo Funke, Berlin, 2023 März Verlag
Sources en ligne
- « Confirmation Bias : A Ubiquitous Phenomenon in Many Guises » University of California San Diegohttps://pages.ucsd.edu/~cmckenzie/nickersonConfirmationBias.pdf
- « Confirmation, Disconfirmation, and Information in Hypothesis Testing » University of California San Diegohttps://pages.ucsd.edu/~mckenzie/KlaymanHaPsychReview1987.pdf
- « Considering the opposite : A corrective strategy for social judgement » CAUSE, American Statistical Associationhttps://causeweb.org/cause/node/7638
- « Why do humans reason ? Arguments for an argumentative theory » Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/behavioral-and-brain-sciences/article/abs/why-do-humans-reason-arguments-for-an-argumentative-theory/53E3F3180014E80E8BE9FB7A2DD44049
- « Bacon F (1645) » The James Lind Libraryhttps://www.jameslindlibrary.org/bacon-f-1645/
- « Poincaré and Dreyfus » University of Edinburgh, School of Mathematicshttps://webhomes.maths.ed.ac.uk/~v1ranick/dreyfus.htm
- « Introduction au rapport de Poincaré pour le procès en cassation de Dreyfus en 1904 » University of Edinburgh, School of Mathematicshttps://webhomes.maths.ed.ac.uk/~v1ranick/dreyfus/mansuymazliak.pdf
- « Poincaré et le hasard » Séminaire Poincaré, CNRShttps://seminaire-poincare.pages.math.cnrs.fr/mazliakfr.pdf
- « Revealing the Forged Hitler Diaries » Archivariahttps://archivaria.ca/index.php/archivaria/article/download/11132/12069
- « Kujau’s Hitler and the Wannsee Conference » Gedenkstätte Haus der Wannsee-Konferenzhttps://www.ghwk.de/en/press/newsletter/kujaus-hitler-and-the-wannsee-conference
- « Hitler Diaries | Fakes, Forgeries & Frauds | Britannica » Encyclopaedia Britannicahttps://www.britannica.com/topic/Hitler-Diaries
- « Who dun it ? -- the mystery of Hitler’s diaries », 5 mai 1983 The Christian Science Monitorhttps://www.csmonitor.com/layout/set/amphtml/1983/0505/050526.html
- « Kujau, Konrad » Deutsche Biographiehttps://www.deutsche-biographie.de/118725289.html




_(14780898544).jpg?width=500)
_(15807387450).jpg?width=500)


.jpg?width=500)




