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Correspondance de Jésus et du roi Abgar, la fabrique d’un apocryphe

Debunk9 octobre 2026◈ 36 sources vérifiées
Theophanes the Cretan / Wikimedia Commons
10 min de lecture36 sources vérifiées
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La réponse attribuée à Jésus tient en quelques lignes, et sa première phrase pose un problème de calendrier. Elle félicite le roi Abgar d’avoir cru sans avoir vu. Dans l’Évangile selon Jean, au chapitre 20, verset 29, une béatitude toute proche est prononcée par le Christ ressuscité devant l’apôtre Thomas, donc après la crucifixion. La lettre la met dans la bouche d’un homme encore en pleine prédication, qui enchaîne par « il est écrit à mon sujet », comme s’il renvoyait déjà à un texte sur sa propre vie. On lit ce passage au livre I, chapitre 13, de l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée, dans la plus ancienne version grecque connue de cette correspondance.

Traduit mot à mot du syriaque

Eusèbe ne se contente pas de raconter. Selon lui, les deux lettres ont été prises dans les archives d’Édesse, ville que gouvernait encore un roi au temps des faits, et traduites littéralement du syriaque. Abgar, malade, y supplie Jésus de venir le guérir et lui offre l’asile dans une cité petite mais vénérable, assez grande pour eux deux ; Jésus décline, parce qu’il doit accomplir sa mission, et promet d’envoyer après son ascension l’un de ses disciples. Un récit joint raconte la suite, la venue de Thaddée, l’un des soixante-dix, qui guérit le roi et rassemble la population pour l’instruire. Une date ferme le tout, l’an 340 de l’ère des Séleucides, c’est-à-dire 28 ou 29 de notre ère.

Ni Jésus ni Abgar V n’ont écrit ces lettres, et la thèse qui en fait des documents du Iᵉʳ siècle, conservés trois cents ans dans une archive royale, est fausse. Le texte relève du faux fabriqué au sens strict, une composition placée sous le nom du Christ et d’un roi réel, rédigée longtemps après eux. Son auteur est anonyme. La date de sa composition se discute, entre le milieu du IIIᵉ siècle et les premières années du IVᵉ.

Eusèbe n’est pas pour autant l’auteur du faux. En 2016, le philologue Tomasz Polański a comparé phrase par phrase le grec d’Eusèbe et la version syriaque conservée dans la Doctrine d’Addaï. Le grec suit l’ordre des mots syriaque et décalque ses tournures, au point de rendre une locution syriaque signifiant « il m’est venu à l’esprit » par une tournure grecque calquée mot à mot ; c’est la marque d’une traduction réelle, faite sur un original syriaque. Walter Bauer tenait déjà l’historien pour honnête et l’estimait trompé par ceux qui lui avaient remis le texte, dans un pays dont il ignorait presque tout. Polański rappelle aussi que l’invocation d’archives anciennes était un procédé de persuasion courant chez les faussaires de l’Antiquité, païens, juifs ou chrétiens. Archive royale, traduction littérale, date précise, tout ce qu’un lecteur attendait d’un historien figurait dans ces pages.

Éphrem, qui vécut à Édesse, n’en a rien dit

La démonstration décisive paraît en 1934 à Tübingen, dans Rechtgläubigkeit und Ketzerei im ältesten Christentum. Walter Bauer y montre qu’aucun témoin du récit n’est antérieur à Eusèbe, et il relève un silence. Éphrem, le grand poète syriaque mort en 373, a vécu à Édesse dans les dernières années de sa vie et célèbre la conversion de la ville ; il connaît l’envoi d’un apôtre, jamais les lettres. Pour trouver des chrétiens d’Édesse familiers de la correspondance, il faut attendre la fin du IVᵉ siècle, quand le récit leur revient augmenté.

Compilée au VIᵉ siècle à partir de documents de la ville, la Chronique d’Édesse aggrave le constat. Elle ignore Abgar V, alors qu’elle note la construction du mausolée d’un Abgar plus tardif en 88-89. Les premiers noms chrétiens qu’elle retient sont ceux de Marcion, qui quitte l’Église en 137-138, de Bardesane, né en 154, et de Mani, né en 239-240. Son premier évêque, Qûnê, pose en 313 les fondations de la première église de la ville.

Aucune source antérieure à Eusèbe ne cite la correspondance, ni en syriaque ni en grec.

Les Latins avaient tranché dès le VIᵉ siècle. Le Décret dit gélasien range la lettre de Jésus au roi Abgar parmi les apocryphes ; Ernst von Dobschütz a montré en 1912 que cette liste n’émane d’aucun pape et qu’un compilateur anonyme l’a rédigée dans la première moitié du VIᵉ siècle.

Marcion, Bardesane et Mani avant les évêques

Le roi, lui, a existé. Tacite le croise en l’an 49, dans le livre XII des Annales, sous le nom d’Acbarus, « roi des Arabes ». Rome cherchait alors à installer sur le trône parthe le prince Méherdatès ; Acbarus le retient de longs jours à Édesse, puis l’abandonne avec son armée au moment de livrer bataille. Rien de chrétien dans ce portrait d’un prince qui louvoie entre Rome et les Parthes.

Tel que Bauer le reconstitue à partir de la Chronique et des polémiques d’Éphrem, le christianisme d’Édesse ne commence pas par un roi converti. Il commence par des courants que l’Église du IVᵉ siècle tiendra pour hérétiques, les disciples de Marcion, ceux de Bardesane, puis les missionnaires de Mani. Au temps d’Éphrem encore, les fidèles de la tendance qui deviendra l’orthodoxie sont désignés par leurs adversaires du nom d’un ancien chef, Palout, et le poète s’en indigne dans ses hymnes ; eux n’ont pas, selon Bauer, le monopole du mot « chrétiens », que d’autres revendiquent. Pour cette minorité, une lettre de Jésus annonçant l’envoi d’un apôtre réglait une question d’ancienneté, puisqu’elle plaçait la fondation de l’Église d’Édesse avant tous les fondateurs de sectes et la rattachait au Christ sans intermédiaire humain. Bauer avance même un nom, celui de l’évêque Qûnê, qui aurait fait parvenir le texte à Eusèbe pendant que celui-ci rassemblait ses matériaux ; il présente l’idée comme une conjecture, et aucun document ne l’appuie. D’autres chercheurs ont plutôt cherché l’adversaire visé. Han Drijvers, en 1982, lit la correspondance comme une riposte délibérée au manichéisme. Alberto Camplani, en 2009, y voit le programme politique d’une élite chrétienne de l’Osrhoène, dirigé contre des formes de christianisme désormais jugées hérétiques et marqué par deux épisodes de la seconde moitié du IIIᵉ siècle, le prosélytisme manichéen et la condamnation de l’évêque Paul de Samosate. Les deux lectures se recoupent largement.

Eusèbe avait ses propres raisons d’accueillir le texte. James Corke-Webster a montré en 2017 qu’il y trouvait un Jésus sachant écrire, en correspondance avec un souverain, réponse commode aux polémistes païens qui raillaient l’humble condition du Christ ; le refus poli de l’invitation reprend en outre un motif familier aux lecteurs grecs, celui du sage qui décline l’appel d’un roi étranger. Alexander Mirkovic rattache pour sa part le récit à une série de conversions royales, chrétiennes, juives ou manichéennes, qui suivent le même schéma dans tout le Proche-Orient. La lecture de Corke-Webster paraît la plus solide des deux, parce qu’elle explique le choix d’Eusèbe par ses propres écrits sans lui prêter la moindre intention de tromper.

Une porte interdite aux morts

Dans les années 380, la pèlerine Égérie, venue d’Occident, passe trois jours à Édesse. L’évêque lui montre au palais une effigie de marbre d’Abgar, d’une ressemblance qu’on lui garantit, puis des bassins où nagent des poissons comme elle n’en a jamais vu, si gros et, précise-t-elle, d’un goût si fin. Il lui raconte ensuite un siège perse levé le jour où Abgar brandit la lettre devant la porte de la ville en rappelant au Christ sa promesse qu’aucun ennemi n’y entrerait ; depuis, à l’en croire, on la lit à la porte chaque fois que l’ennemi approche. La porte par laquelle le messager Ananias était entré reste fermée aux impurs, aux gens en deuil et aux morts que l’on porte en terre. Égérie emporte des copies, et note qu’elle en possédait déjà chez elle, mais plus courtes.

La promesse de protection manque au texte d’Eusèbe. Elle figure en revanche dans toutes les inscriptions grecques de la lettre où elle reste lisible ou restituable, à Philippes en Macédoine, à Éphèse, à Euchaïta dans le Pont et à Édesse même. À Philippes, la correspondance était gravée sur une porte de la ville, et Charles Picard, qui l’a publiée en 1920, la datait du Vᵉ siècle. À Éphèse, la lettre protégeait l’entrée d’une maison. À Urfa, Max von Oppenheim a découvert en 1911, à l’entrée d’un tombeau rupestre de Kırk Mağara, une inscription de 1,5 mètre sur 0,8 qui nomme deux disciples, Thaddée et Thomas, et se termine par un sceau attribué à Jésus. Le récit d’Égérie montre que la promesse circulait déjà dans les années 380, au moins oralement.

En Égypte, le texte change d’usage. Des copies coptes ont été retrouvées sur papyrus, sur parchemin, sur ostraca et sur bois ; un papyrus de Vienne, en dialecte du Fayoum, daté entre 301 et 500, est classé parmi les textes de soin et de protection. Une tablette de bois achetée en Égypte en 1917 pour la John Rylands Library de Manchester porte deux petits trous qui servaient à la fixer au-dessus d’une porte, et sa formule promet qu’aucune puissance mauvaise ne pourra approcher du lieu où l’écrit sera posé.

La Doctrine d’Addaï, rédigée en syriaque vers 400, fait évoluer le récit dans une autre direction. Jésus n’y répond plus par écrit mais de vive voix, et l’archiviste Hannan, envoyé du roi, peint son portrait. Ni Eusèbe ni Égérie ne connaissent ce portrait, qui finira par éclipser la lettre dans les versions postérieures de la légende.

Le texte syriaque s’ouvre d’ailleurs sur l’an 343 « du règne des Grecs », date de l’ambassade d’Abgar auprès d’un Jésus encore vivant, quand Eusèbe plaçait en 340 la mission de Thaddée, postérieure à l’Ascension. Deux copies de la même archive supposée, deux calendriers inconciliables.

Un Abgar chrétien vers l’an 200 ?

La version forte de l’autre camp ne défend pas l’authenticité des lettres. Née au XIXᵉ siècle, elle soutient qu’un fond réel a été déplacé, et qu’un roi d’Édesse se serait bien converti, mais vers l’an 200, sous un Abgar plus tardif, numéroté VIII ou IX selon les auteurs, qui régna de 179 à 214 environ ; la légende aurait reporté sa conversion sur son ancêtre. L’argument repose sur le Livre des lois des pays, issu de l’école de Bardesane au début du IIIᵉ siècle, dont le chapitre 45 rapporte que la castration rituelle en l’honneur de la déesse Taratha cessa à Édesse quand le roi Abgar « devint croyant ». Or Eusèbe, qui cite ce même passage dans sa Préparation évangélique, au livre VI, ne donne pas ces mots. Bauer y voyait une interpolation, et Corke-Webster juge toujours cette conversion douteuse. Le fond réel, lui, tient. Une communauté chrétienne existait à Édesse au début du IIIᵉ siècle, l’œuvre de Bardesane en témoigne, et la ville a bien eu des rois du nom d’Abgar.

Ilaria Ramelli, qui cherche dans la Doctrine d’Addaï des traces historiques remontant au Iᵉʳ siècle, les situe dans les lettres qu’Abgar aurait adressées à l’empereur Tibère, en laissant de côté l’échange avec Jésus ; elle formule elle-même l’hypothèse au conditionnel.

Plusieurs points restent ouverts. On ignore qui a composé le texte et dans quel milieu exact. La date flotte, puisque certains philologues cités par Polański la placent au milieu du IIIᵉ siècle, voire plus tôt, que ceux qui la lient à la mission manichéenne la situent dans la seconde moitié de ce siècle, et que Bauer la repoussait au seuil du IVᵉ. On ne sait pas davantage si l’original syriaque contenait une réponse écrite ; Corke-Webster juge probable qu’Eusèbe ait fait d’un message oral une lettre, sans pouvoir l’établir, les témoins conservés ne permettant pas de trancher et aucun manuscrit syriaque n’étant antérieur à 400 environ. On ne dispose enfin d’aucune enquête d’opinion permettant de mesurer combien de fidèles tiennent aujourd’hui la lettre pour authentique.

Au British Museum, sous le numéro EA 19967, un ostracon copte, éclat de poterie ou de pierre servant de support d’écriture, conserve en dialecte sahidique neuf lignes de la réponse attribuée à Jésus, copiées entre le VIᵉ et le IXᵉ siècle. On y lit, restituée d’après d’autres copies, la bénédiction de la ville « dont le nom est Édesse », qu’Eusèbe ne recopiait pas et que les scribes d’Égypte ont continué d’ajouter.

Pour aller plus loin

Ce dossier rejoint, sur le terrain des faux sacrés et des archives inventées, les fausses décrétales et le Prieuré de Sion. Les Protocoles des Sages de Sion et l’homme de Piltdown montrent d’autres fabriques démontées pièce à pièce. Les mages, de la Perse aux évangiles, rappellent comment un récit sur le Christ se construit autrement, hors du faux d’archive royale.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, I, 13, 1-22, rédigée au début du IVᵉ siècle, texte grec éd. Gustave Bardy, Paris, Éditions du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », 1952-1958 ouvrage porteur de la thèse étudiée
  2. Eusèbe de Césarée, Préparation évangélique, VI, 10, 44 citation du Livre des lois des pays sans la mention d’un roi « croyant »
  3. Livre des lois des pays, école de Bardesane, début du IIIᵉ siècle, chap. 45 texte syriaque, mention de la conversion d’un roi Abgar
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Sources primaires (suite)

  1. Doctrine d’Addaï, texte syriaque rédigé vers 400, ouvrant sur « l’an 343 du règne des Grecs », trad. Alain Desreumaux, Histoire du roi Abgar et de Jésus, Turnhout, coll. « Apocryphes » 3, 1993, p. 53-117 Brepols
  2. Égérie, Itinerarium, 17, 1 et 19, 2-19, rédigé vers 381-384, éd. A. Franceschini et R. Weber, 1965 récit de la visite à Édesse
  3. Tacite, Annales, XII, 12 et 14, événements de l’an 49 mention d’Acbarus, « roi des Arabes », à Édesse
  4. Évangile selon Jean, 20, 29 béatitude adressée par le Christ ressuscité à Thomas
  5. Chronique d’Édesse, compilée au VIᵉ siècle, éd. Ignazio Guidi, Chronica minora I, CSCO, Scriptores Syri, 1903 Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium
  6. Décret dit gélasien, De libris recipiendis et non recipiendis, compilation latine de la première moitié du VIᵉ siècle, éd. Ernst von Dobschütz, Das Decretum Gelasianum de libris recipiendis et non recipiendis, Leipzig, coll. « Texte und Untersuchungen » 38, 1912 J. C. Hinrichs
  7. Inscription grecque de la correspondance d’Abgar et de Jésus, porte de ville de Philippes (Macédoine), Vᵉ siècle selon son éditeur publiée par Charles Picard en 1920
  8. Inscriptions grecques de la lettre attribuée à Jésus, entrée d’une maison à Éphèse et inscription d’Euchaïta (Pont), Vᵉ-VIᵉ siècle recensées par Tomasz Polański en 2016
  9. Inscription grecque de la lettre attribuée à Jésus, 1,5 × 0,8 m, entrée d’un tombeau rupestre de Kırk Mağara, Urfa, découverte en 1911 publiée par Max von Oppenheim et Friedrich Hiller von Gaertringen, Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften, 1914, p. 817-828
  10. Tablette de bois inscrite de la lettre attribuée à Jésus, en copte sahidique, percée de deux trous de suspension, achetée en Égypte en 1917 John Rylands Library, Manchester
  11. Papyrus copte en dialecte fayoumique, copie de la lettre attribuée à Jésus, daté entre 301 et 500 Vienne, Österreichische Nationalbibliothek, K 00078
  12. Ostracon copte sahidique, lettre attribuée à Jésus, l. 1-9, daté entre 501 et 900 British Museum, Londres, EA 19967 (1887,0402 740)

Bibliographie

  1. Walter Bauer, Rechtgläubigkeit und Ketzerei im ältesten Christentum, Tübingen, 1934, Beiträge zur historischen Theologie 10 ; trad. anglaise dir. Robert A. Kraft et Gerhard Krodel, Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity, Philadelphie, Fortress, 1971 J. C. B. Mohr
  2. Charles Picard, « Un texte nouveau de la correspondance entre Abgar d’Osroène et Jésus-Christ gravé sur une porte de ville, à Philippes (Macédoine) », Bulletin de correspondance hellénique 44, 1920, p. 41-69 École française d’Athènes
  3. Han J. W. Drijvers, « Facts and Problems in Early Syriac-Speaking Christianity », The Second Century 2, 1982, p. 157-175 The Second Century
  4. Alexander Mirkovic, Prelude to Constantine. The Abgar Tradition in Early Christianity, Francfort-sur-le-Main, 2004, XVI-186 p. Peter Lang
  5. Ilaria L. E. Ramelli, « Possible Historical Traces in the Doctrina Addai », Hugoye : Journal of Syriac Studies 9, 2006, p. 51-127 ; rééd. Piscataway, Gorgias Press, 2009 Hugoye
  6. Alberto Camplani, « Traditions of Christian Foundation in Edessa. Between Myth and History », Studi e Materiali di Storia delle Religioni 75, 2009, p. 251-278 Studi e Materiali di Storia delle Religioni
  7. Tomasz Polański, « Translation, Amplification, Paraphrase. Some Comments on the Syriac, Greek and Coptic Versions of the Abgar Letter », Collectanea Christiana Orientalia 13, 2016, p. 159-210 Universidad de Córdoba
  8. James Corke-Webster, « A Man for the Times : Jesus and the Abgar Correspondence in Eusebius of Caesarea’s Ecclesiastical History », Harvard Theological Review 110 (4), 2017, p. 563-587, DOI 10,1017/S001781601700027X Cambridge University Presshttps://doi.org/10.1017/S001781601700027X

Sources en ligne

  1. « A Man for the Times : Jesus and the Abgar Correspondence in Eusebius of Caesarea’s Ecclesiastical History » Harvard Theological Review, Cambridge Corehttps://www.cambridge.org/core/journals/harvard-theological-review/article/abs/man-for-the-times-jesus-and-the-abgar-correspondence-in-eusebius-of-caesareas-ecclesiastical-history/E023DA041470684FF8749ADD0AE915F1
  2. « Translation, Amplification, Paraphrase. Some Comments on the Syriac, Greek and Coptic Versions of the Abgar Letter » Collectanea Christiana Orientalia, Universidad de Córdobahttps://journals.uco.es/cco/article/view/14475
  3. « Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity », chapitre 1, Edessa édition électronique de Robert A. Kraft, University of Pennsylvaniahttps://ccat.sas.upenn.edu/rak/publics/new/BAUER01.htm
  4. « Egeria : Itinerarium Pars Prima » The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/egeria1.html
  5. « E05223 : The pilgrim Egeria, in her Itinerary, describes her visit to Edessa (Mesopotamia) » The Cult of Saints in Late Antiquity, University of Oxfordhttps://portal.sds.ox.ac.uk/articles/online_resource/E05223_The_pilgrim_Egeria_in_her_Itinerary_describes_her_visit_to_Edessa_Mesopotamia_where_she_prayed_at_the_tomb_of_Thomas_the_Apostle_S00199_containing_his_entire_body_read_from_his_writings_and_also_visited_other_martyr_shrines_martyria_/13867445
  6. « Tacitus : Annales XII » The Latin Libraryhttps://www.thelatinlibrary.com/tacitus/tac.ann12.shtml
  7. « Addai (Teaching of) (text) » Syriaca.orghttps://syriaca.org/work/921
  8. « Traditions of Christian Foundation in Edessa. Between Myth and History » IRIS, Sapienza Università di Romahttps://iris.uniroma1.it/handle/11573/120613
  9. « Prelude to Constantine. The Abgar Tradition in Early Christianity » Peter Langhttps://www.peterlang.com/view/product/56411?tab=toc
  10. « Possible Historical Traces in the Doctrina Addai » PhilArchivehttps://dc2.philarchive.org/rec/ERAPHT
  11. « KYP T805 : 1st Letter of Jesus to Abgar » Kyprianos Database of Ancient Ritual Texts and Objects, Universität Würzburghttps://www.coptic-magic.phil.uni-wuerzburg.de/index.php/text/kyp-t-805/
  12. « KYP T478 : 1st Letter of Jesus to Abgar » Kyprianos Database of Ancient Ritual Texts and Objects, Universität Würzburghttps://www.coptic-magic.phil.uni-wuerzburg.de/index.php/text/kyp-t-478
  13. « Journal of Theological Studies 14 (1913) pp. 469-471 », compte rendu de F. C. Burkitt sur l’édition du Decretum Gelasianum tertullian.orghttps://www.tertullian.org/articles/burkitt_gelasianum.htm
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