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Être femme sous l’Ancien Régime : le couvent, le mariage ou la marge

anonymous / Wikimedia Commons
13 min de lecture71 sources vérifiées
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« Une femme mariée ne se peut obliger sans le consentement de son mari, si elle n’est séparée par effet ou marchande publique. » L’article 234 de la Coutume de Paris, dans la rédaction réformée de 1580, tient en une phrase, et cette phrase loge déjà deux exceptions. L’épouse séparée de biens, par contrat ou par jugement, administre ce qui lui appartient. Celle qui tient un commerce à elle s’engage seule pour son négoce et engage son mari avec elle ; l’article 235 précise qu’une femme qui se contente de débiter la marchandise de son époux n’est pas marchande publique pour autant. Ce recueil, droit civil de la prévôté et vicomté de Paris, servait de référence bien au-delà de la capitale, et l’édit de mai 1664 qui crée la Compagnie des Indes occidentales l’a transporté jusqu’en Nouvelle-France.

Deux personnes manquent à l’article, et leur absence renseigne. La fille majeure et la veuve n’y figurent pas, parce que la coutume ne leur demande aucune autorisation ; elles passent des actes, plaident et disposent de leurs biens. Pour l’épouse, l’article 223 va jusqu’au bout de la logique, puisque tout contrat signé sans l’autorité du mari est nul, pour elle, pour lui, et même pour ses héritiers après la mort de ce dernier. Au milieu du XVIᵉ siècle, le jurisconsulte Charles Du Moulin avait donné un nom à cette mécanique en parlant d’une capitis deminutio, une diminution de la personne que la femme subit en se mariant. Le juriste Jacques Auger, qui a retracé en 1971 la généalogie de la règle, montre qu’elle n’existait pas dans les coutumiers du XIIIᵉ siècle, où l’engagement d’une épouse non autorisée restait valable et seulement inopposable au mari. L’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, a donc resserré le statut de l’épouse. On parlera ici de filles majeures plutôt que de célibataires, parce que c’est le mot des actes, et que « célibataire » n’entre dans la langue qu’en 1711, d’après la démographe Jacqueline Hecht.

Vingt-six ans et six mois au premier mariage

Le mariage est tardif, et il n’est pas universel. Pour la France du Nord, l’enquête de démographie historique de Louis Henry et Jacques Houdaille donne un âge moyen au premier mariage de 26,6 ans pour les femmes et de 28,1 ans pour les hommes. Il fallait une dot, un établissement, parfois la mort d’un père qui tenait l’exploitation, et cette attente, qui laissait la plupart des femmes filles une dizaine d’années après leur nubilité, souvent placées comme servantes, ne ressemble à aucune des trois portes du titre. D’après la synthèse que Jacqueline Hecht a présentée en 1994 au colloque d’Aranjuez, le célibat définitif féminin passe de 7 % pour les femmes nées en 1660-1664 à 6 % pour la génération 1690-1694, puis à 8 % pour celle de 1720-1724 et à 13 % pour les générations nées à partir de 1750, avec des taux plus élevés dans les villes que dans les campagnes. En 1746, le mathématicien Antoine Deparcieux relevait dans la paroisse parisienne de Saint-Sulpice 15 % de femmes jamais mariées, contre 20 % chez les hommes.

La mort défaisait vite les couples, et un mariage sur quatre, rappelle encore Hecht, était un remariage. Scarlett Beauvalet-Boutouyrie, dans Être veuve sous l’Ancien Régime, paru en 2001, montre que la plupart des femmes devenaient veuves entre quarante et cinquante-cinq ans, mères de famille pour les deux tiers d’entre elles. Les contrats de mariage parisiens qu’elle a dépouillés, avec le douaire et les gains de survie qu’ils prévoient, laissaient à une majorité d’entre elles de quoi vivre, et même les femmes de milieu modeste ne basculaient pas brutalement dans la misère. La veuve retrouvait en outre la pleine capacité que la coutume refusait à l’épouse.

Ces femmes seules ont longtemps échappé aux historiens. En 1984, Olwen Hufton reprochait à l’histoire de la famille de ne voir les femmes qu’en épouses et en membres d’un ménage, comme des compléments d’hommes, et son article sur les veuves et les filles seules de France et de Grande-Bretagne portait un titre sans détour, « Women without men ».

Le chapitre XVIII de la vingt-cinquième session

Les 3 et 4 décembre 1563, à sa dernière session, le concile de Trente vote un décret sur les réguliers et les moniales qui fixe le cadre du cloître féminin pour deux siècles. Au chapitre V, il renouvelle la constitution Periculoso de Boniface VIII et interdit à toute religieuse professe de sortir de son monastère, même pour peu de temps, sauf cause légitime approuvée par l’évêque. Pour la profession, le chapitre XV exige seize ans accomplis et un an de noviciat. Une fille de plus de douze ans qui veut prendre l’habit doit, selon le chapitre XVII, être interrogée par l’évêque ou son délégué, qui vérifie si elle a été contrainte ou séduite et si elle sait ce qu’elle fait. Quiconque force une vierge, une veuve ou toute autre femme à entrer au couvent contre son gré tombe sous l’anathème du chapitre XVIII, et le même anathème frappe ceux qui l’empêchent d’y entrer sans juste cause. Au chapitre XIX, enfin, le concile ne laisse que cinq ans, à compter de la profession, pour réclamer contre des vœux prononcés sous la contrainte ou avant l’âge. On n’entoure pas de tant de verrous une pratique inconnue.

La procédure de l’examen a laissé des traces. Le 1er décembre 1618, à Nancy, capitale d’un duché lorrain qui n’appartient pas encore au royaume, au moins six religieuses de la Congrégation de Notre-Dame sont examinées sur commission de l’évêque de Toul avant leur profession ; le procès-verbal, conservé aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle sous la cote H 2571, renvoie au chapitre XVII de la « session 28 » du concile, une erreur du scribe pour la vingt-cinquième. La plus jeune, Jeanne des Champs, a vingt et un ans. La plus âgée, Cécile Racquemel, quarante-trois. Une certaine Alix Le Cler, de Remiremont, quarante-deux ans, porte selon toute vraisemblance le nom et l’âge de la cofondatrice de la congrégation, Alix Le Clerc.

Combien étaient-elles à la fin de l’Ancien Régime ? Les contemporains avançaient des chiffres qui allaient de 65 000 à 80 000 religieuses, et Jacqueline Hecht rappelle que ces évaluations servaient d’armes dans la querelle du célibat qui occupe tout le XVIIIᵉ siècle. Le Dictionnaire de l’histoire de France publié par Larousse retient un ordre de grandeur de 56 000 religieuses pour 26 000 religieux, deux femmes pour un homme dans le clergé régulier. En mars 1768, dans le sillage de la Commission des réguliers créée en 1766, un édit interdit la profession avant dix-huit ans pour les filles et vingt et un ans pour les garçons.

Les femmes ont aussi fondé le cloître, et elles l’ont contourné. Nicole Pellegrin compte, entre 1597 et 1715, près de cent vingt fondations de communautés religieuses féminines nouvelles, dont trente-huit dues à une femme. Plusieurs naissent hors clôture et y sont ramenées. En France, les ursulines, d’abord pieuses laïques vivant dans le célibat, adoptent à partir de 1612 la vie commune, les usages monastiques et la clôture. Les Filles de la Charité prennent la route inverse. Le 29 novembre 1633, Louise de Marillac, veuve depuis 1625, réunit quelques filles recrutées dans les milieux populaires pour soigner les pauvres malades de Paris, et Vincent de Paul, à une époque où les vœux de religion valaient clôture pour une femme, tient à leur garder un caractère séculier. À la mort des deux fondateurs, en 1660, elles tiennent une quarantaine de maisons et sont à Varsovie depuis 1652. Matthieu Brejon de Lavergnée a donné à leur histoire un titre qui résume la manœuvre, La rue pour cloître, et Elizabeth Rapley avait rangé ces communautés des années 1630 à 1660 sous le nom de filles séculières.

Devant les capitouls de Toulouse

Un édit d’Henri II, daté de février 1556, oblige les femmes non mariées et les veuves enceintes à déclarer leur grossesse. Si l’enfant meurt sans baptême après une grossesse et un accouchement cachés, la mère est réputée « avoir homicidé son enfant » et encourt la mort. Les historiens datent le texte tantôt de 1556, tantôt de 1557 ; l’écart tient très probablement au style de l’époque, où l’année commençait à Pâques, de sorte que février 1556 dans la datation d’alors tombe en février 1557 dans la nôtre. Renouvelé en 1586, l’édit est confirmé par une déclaration de Louis XIV du 25 février 1708, qui en ordonne la lecture aux prônes des messes paroissiales tous les trois mois. Aucun de ces textes ne désigne l’autorité qui reçoit la déclaration, et selon les provinces on la fait devant un bailli, un sénéchal ou d’autres officiers.

Laura Tatoueix, qui a étudié cinquante procédures tirées des archives judiciaires de huit départements, en compte trente-huit menées au titre de l’édit. Elle montre que les juges, faute de preuve, prononçaient plus volontiers des élargissements que des condamnations, et que l’avortement d’une femme mariée n’existait pas pour la justice d’Ancien Régime, qui ne voyait de crime qu’associé à une faute sexuelle.

Aux Archives municipales de Toulouse, une procédure de 1685, cotée FF 729/1, montre ce que les intéressées pouvaient faire de cette obligation. Huit documents en subsistent sur une vingtaine, écrits pour la plupart sur papier timbré de 24 centimètres sur 18. Le 13 février, à l’hôtel de ville, Marie-Anne Dalias, dix-huit ans, fille du marchand François Dalias, fait sa dénonce devant les capitouls, les magistrats municipaux de la ville. Elle accuse Claude Brujas, vingt-cinq ans, fils d’un avocat de Riom venu étudier le droit à Toulouse et pensionnaire chez son père depuis plus de trois ans. Trois documents appuient sa plainte. Le certificat de la sage-femme Jeanne Costes, dite la Cardaire, qui l’a visitée le jour même, la dit enceinte d’environ cinq mois, et la sage-femme déclare ne savoir signer. Une promesse datée du 10 mai 1684 engage Brujas à l’épouser « à sa première réquisition ». Une lettre de février 1685, enfin, jure que la mort seule pourra l’arracher d’auprès d’elle. Interrogé le 15, Brujas reconnaît les faits et paraphe les deux écrits. Le 28 février, les capitouls le condamnent à 3 000 livres de dommages et intérêts envers la plaignante et à 1 000 livres pour l’enfant à naître, servies comme une rente jusqu’à ses vingt-cinq ans. Neuf ans plus tard, le 24 février 1694, Claude Brujas épouse à Riom la fille d’un avocat de sa ville.

Le service d’archives, qui a recensé entre 1670 et 1790 une trentaine de procédures de ce type contenant des lettres d’amour, décrit le mécanisme comme une contrainte devenue arme. Les filles n’étaient pas tenues de nommer le séducteur. Presque toutes le faisaient, preuves écrites et témoins à l’appui, pour obtenir réparation ou un mariage, et la dénonce servait parfois les deux amants contre leurs familles. En mai 1703, Toinette Boussac, couturière à Agen, vient à Toulouse déclarer sa grossesse et poursuivre François Combertigue, qui lui écrivait depuis des mois en signant « votre très humble et très obéissant époux » sans oser forcer l’accord d’un père malade. Aucune sentence ne suit, et le couple se marie. L’édit de 1556 laissait les pères hors de la responsabilité principale ; devant les capitouls, des femmes le retournaient contre eux.

Ces papiers ont failli se perdre autrement. Une fois le procès clos, on les pliait dans des sacs à procès ; les sacs ont été détruits au début du XIXᵉ siècle, les feuillets rangés pliés dans des cartons, et ils ne sont remis à plat, procédure par procédure, que depuis 2007.

Damoiselle Gabrielle Suchon, neutraliste

Du célibat volontaire, ou la vie sans engagement paraît à Paris, chez Jean Guignard, en 1700, en deux volumes in-12 de 330 et 328 pages, « par Damoiselle Gabrielle Suchon ». Née à Semur-en-Auxois en 1632, morte à Dijon en 1703, l’autrice avait été religieuse dans sa ville, et la notice d’autorité de la Bibliothèque nationale de France, à propos de son premier livre, le Traité de la morale et de la politique de 1693, publié sous le nom de G. S. Aristophile, la désigne, d’après le bibliographe Barbier, comme « religieuse de Semur ». Les conditions de sa sortie du cloître restent discutées. Le livre de 1700 défend un troisième état, hors du mariage et hors des vœux, qu’elle nomme la neutralité, et elle appelle neutralistes celles qui le choisissent. Véronique Desnain a montré en 2009 ce que cette vie neutre devait à la Vie de sainte Isabelle publiée en 1643 par le jésuite Nicolas Caussin, et relevé que Suchon y joint des réponses aux objections et des conseils pratiques à l’usage des futures neutralistes.

La neutralité de Suchon a des équivalents sans théorie. En mars 1675, Louis XIV érige à Paris une communauté de maîtresses couturières, l’une des rares corporations entièrement féminines, et Rouen obtient la sienne en décembre de la même année. Clare Haru Crowston, qui a suivi ces femmes jusqu’à la suppression des corporations en 1791, montre que beaucoup choisissaient de rester filles et de tenir leur propre maison. Elle soutient aussi, contre une historiographie qui voyait dans la monarchie absolue un rétrécissement des possibles féminins, que l’État centralisateur a pu en ouvrir dans le cadre corporatif.

Toinette Boussac, couturière à Agen, écrivait peut-être elle-même à son fiancé. On ne le sait pas, les archives toulousaines n’ayant gardé que les lettres des hommes.

« Entrer difficilement en religion, et en sortir facilement »

La phrase est de Suzanne Simonin, l’héroïne de La Religieuse, et elle tient lieu de programme. Diderot écrit le roman à partir de 1760, au départ d’une mystification montée par ses amis contre le marquis de Croismare, à qui l’on adressa des lettres censées venir d’une religieuse évadée. Le roman circule en livraisons manuscrites dans la Correspondance littéraire de 1780 à 1782 et n’est imprimé qu’en 1796. Diderot y parle des couvents comme de « gouffres » où les races futures vont se perdre, et il a fixé pour longtemps l’image du couvent prison.

Le modèle est réel, et il a un nom.

Marguerite Delamarre, religieuse élevée au couvent depuis l’enfance, demande en 1752 à être relevée de ses vœux. Elle perd en 1756, fait appel en 1758 et perd encore, selon le travail que Georges May a publié en 1951. Le camp qui tient le couvent pour une prison a pour lui des arguments solides, et il faut les prendre dans leur version la plus forte. Le concile avait jugé l’anathème nécessaire. La monarchie relève l’âge des vœux en 1768. Le délai de cinq ans fixé par le chapitre XIX rendait vaine toute réclamation tardive, et les archives ne gardent que les plaideuses ; celles qui se sont tues n’ont rien laissé. Combien de vocations forcées, au total, on ne le saura donc pas.

La Révolution a fourni la seule mesure d’ensemble, et elle tire dans l’autre sens. Le 13 février 1790, l’Assemblée nationale cesse de reconnaître les vœux solennels, permet aux religieux des deux sexes de sortir sur simple déclaration devant la municipalité et, sur un article proposé par l’abbé de Montesquiou, autorise les religieuses à rester dans les maisons où elles se trouvent. Le décret adopté le 25 septembre suivant charge les municipalités de se transporter dans chaque maison pour recueillir la déclaration de chaque religieuse en particulier, sortir ou continuer la vie commune. À Lyon, sur 569 religieuses, 51 décident de quitter la vie commune, de réserver leur décision ou de changer de couvent, d’après Jean-Pierre Gutton ; dans la même ville, 147 religieux sur 241 déclarent vouloir sortir. Dans le diocèse de Poitiers, Gwénael Murphy évalue les sorties volontaires à 5 % des religieuses.

Ces chiffres ne valent pas plébiscite. Rester pouvait aussi vouloir dire qu’on n’avait plus de dot, plus de métier, plus de famille prête à recevoir une femme de cinquante ans, et Murphy mesure l’autre versant, puisque après l’expulsion de 1792, 68 % des professes poitevines ne reprendront jamais le voile, mariées, reconverties ou rentrées dans leur famille. Les chiffres de 1790 sont locaux, et rien n’autorise à les étendre au royaume. Marguerite Delamarre, elle, a vécu assez longtemps pour voir s’ouvrir la porte qu’elle avait plaidée six ans ; en 1790, quand la loi lui permet enfin de sortir, elle a soixante-treize ans et, selon la notice de Michel Delon pour la Pléiade, reprise en 2017 par Milan Janjić et Nermin Vučelj, elle refuse de quitter le voile.

Pour aller plus loin

L’affaire des poisons montre, à la même époque, les procédures extraordinaires de l’Arsenal contre les avorteuses et les devineresses, que Laura Tatoueix compte parmi ses sources. L’histoire de la Cour des miracles et de l’Hôpital général, fondé en 1656 avec la Salpêtrière pour les femmes, prolonge la question de la marge du côté de l’enfermement des pauvres, et le harem impérial ottoman offre un autre cas de femmes tenues à l’écart qui ont pesé sur le pouvoir.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Coutumes de la prévôté et vicomté de Paris, rédaction réformée de 1580, article 223 (nullité des contrats de la femme non autorisée), article 234 (« Une femme mariée ne se peut obliger sans le consentement de son mari, si elle n’est séparée par effet ou marchande publique »), article 235 (définition de la marchande publique) et article 236 texte cité d’après J. Auger (1971) et le commentaire de Pesnelle édité par le projet ConDÉ, université de Caen
  2. Édit de mai 1664 portant établissement de la Compagnie des Indes occidentales, article 33, introduisant la Coutume de Paris en Nouvelle-France Édits et ordonnances, vol. 1, p. 46 ; cité d’après J. Auger (1971)
  3. Charles Du Moulin, Notae solemnes et commentaire de l’article 225 de la Coutume de Poitou, sur la capitis deminutio de la femme mariée, milieu du XVIᵉ siècle cité d’après J. Auger (1971), qui suit P. Ourliac et J. de Malafosse, Histoire du droit privé, t. 3
Voir les 68 sources restantesMasquer les autres sources

Sources primaires (suite)

  1. Antoine Deparcieux, Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine, Paris, 1746, relevé des célibataires définitifs de la paroisse Saint-Sulpice (20 % des hommes, 15 % des femmes) cité d’après J. Hecht (1996)
  2. Concile de Trente, session XXV, 3-4 décembre 1563, décret sur les réguliers et les moniales, chapitres V (clôture, renouvellement de la décrétale Periculoso de Boniface VIII), XV (profession à seize ans accomplis après un an de noviciat), XVII (examen par l’évêque des filles de plus de douze ans), XVIII (anathème contre la contrainte et contre l’empêchement) et XIX (délai de cinq ans pour réclamer) traduction anglaise en ligne, Hanover College
  3. Examen avant profession de religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, Nancy, 1er décembre 1618, sur commission de l’évêque de Toul, « conformément au décret du chapitre XVII de la session 28 » ; examinées nommées dont Alix Le Cler (42 ans), Cécile Racquemel (43 ans) et Jeanne des Champs (21 ans) Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, H 2571 (transcription paléographique publiée en ligne, décembre 2024)
  4. Édit de mars 1768 portant réforme des ordres religieux, âge minimal de la profession fixé à 21 ans pour les hommes et 18 ans pour les filles cité d’après la New Catholic Encyclopedia, article « Commission of Regulars »
  5. Édit d’Henri II contre les femmes qui cèlent leur grossesse, février 1556 (1557 dans la datation actuelle), clause selon laquelle la mère est réputée « avoir homicidé son enfant » ; renouvelé en 1586 cité d’après les Archives d’Alsace et L. Tatoueix (2024)
  6. Déclaration de Louis XIV du 25 février 1708, ordonnant la lecture trimestrielle de l’édit d’Henri II aux prônes des messes paroissiales citée d’après les Archives d’Alsace et les Archives municipales de Toulouse
  7. Procédure des capitouls, dénonce de grossesse et promesse de mariage non tenue, Marie-Anne Dalias contre Claude Brujas, 13-28 février 1685, huit pièces conservées sur papier timbré (24 × 18 cm) : requête en plainte du 13 février, certificat de la sage-femme Jeanne Costes dite la Cardaire, interrogatoire du 15 février, promesse de mariage du 10 mai 1684, lettre de février 1685, assignation, récolement, sentence du 28 février (3 000 livres et 1 000 livres pour l’enfant) Archives municipales de Toulouse, FF 729/1, procédure n° 004
  8. Acte de mariage de Claude Brujas, Riom, 24 février 1694, registre de la paroisse Saint-Amable Archives départementales du Puy-de-Dôme, 6 E 298-1 ; cité d’après les Archives municipales de Toulouse
  9. Procédure des capitouls, Toinette Boussac, couturière à Agen, contre François Combertigue, 21 mai 1703, lettres des 19 novembre 1702 et 31 janvier 1703 Archives municipales de Toulouse, FF 747 (en cours de classement)
  10. Gabrielle Suchon, Du célibat volontaire, ou la vie sans engagement, « par Damoiselle Gabrielle Suchon », Paris, Jean Guignard, 1700, 2 parties in-12, [20]-330 p. et 328-[6] p. exemplaire de la Bibliothèque nationale de France reproduit dans ARTFL-Frantext, notice des bibliothèques de l’université de Pennsylvanie
  11. G. S. Aristophile [Gabrielle Suchon], Traité de la morale et de la politique divisé en trois parties, sçavoir, la liberté, la science et l’autorité, 1693 notice du CERL Thesaurus, reprenant la mention « religieuse de Semur, d’après Barbier » du catalogue de la BnF
  12. Lettres patentes érigeant la communauté des maîtresses couturières de Paris, mars 1675 citées d’après C. H. Crowston (2001) et M. Wiesner-Hanks (2003)
  13. Denis Diderot, La Religieuse, rédigée à partir de 1760, diffusée dans la Correspondance littéraire de 1780 à 1782, imprimée en 1796 ; phrase de Suzanne Simonin « entrer difficilement en religion, et en sortir facilement » éd. Laurent Versini, Œuvres, t. II, Contes, Paris, Robert Laffont, 2006, p. 337-338 ; cité d’après M. N. Janjić et N. S. Vučelj (2017) ; image des « gouffres » citée d’après J. Hecht (1996)
  14. Décret de l’Assemblée nationale du 13 février 1790 sur les ordres religieux, faculté de sortir sur déclaration devant la municipalité, et article proposé par l’abbé de Montesquiou autorisant les religieuses à rester dans leurs maisons Archives parlementaires, 1re série, t. XI, Paris, Librairie administrative P. Dupont, 1880, p. 590-592 (Persée)
  15. Décret sur le traitement des religieuses et des chanoinesses séculières, articles 6 à 19, séance du 25 septembre 1790, article 14 (déclaration de chaque religieuse en particulier recueillie par la municipalité) Archives parlementaires, 1re série (Persée)

Bibliographie

  1. Jacques Auger, « La condition juridique de la femme mariée en droit coutumier », Revue de droit de l’Université de Sherbrooke 2, 1971 Université de Sherbrooke
  2. Louis Henry et Jacques Houdaille, « Célibat et âge au mariage aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles en France. I. Célibat définitif », Population 33 (1), 1978, p. 43-84 Institut national d’études démographiques
  3. Louis Henry et Jacques Houdaille, « Célibat et âge au mariage aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles en France. II. Âge au premier mariage », Population 34 (2), 1979, p. 403-442 ; chiffres de 26,6 et 28,1 ans cités d’après « Le mariage en pays mosellan au XVIIIᵉ siècle » Institut national d’études démographiques
  4. Jacqueline Hecht, « Célibat, stratégies familiales et essor du capitalisme au XVIIIᵉ siècle : réalités et représentations », dans Ménages, familles, parentèles et solidarités dans les populations méditerranéennes, actes du colloque d’Aranjuez (septembre 1994), Paris, 1996, p. 257 et suiv., ISBN 2-9509356-1-3 Association internationale des démographes de langue française
  5. Scarlett Beauvalet-Boutouyrie, Être veuve sous l’Ancien Régime, préface de Jean-Pierre Bardet, Paris, 2001, 415 p., coll. « Essais d’histoire moderne » Belin
  6. Christine Dousset, compte rendu de S. Beauvalet-Boutouyrie, Être veuve sous l’Ancien Régime, Clio. Histoire, femmes et sociétés 17, 2003 Clio
  7. Olwen Hufton, « Women without men : widows and spinsters in Britain and France in the eighteenth century », Journal of Family History 9 (4), 1984, p. 355-376, DOI 10,1177/036319908400900404 SAGEhttps://doi.org/10.1177/036319908400900404
  8. Nicole Pellegrin, « La Clôture en voyage (fin XVIᵉ-début XVIIIᵉ siècle) », Clio. Histoire, femmes et sociétés 28, 2008, p. 77-98, DOI 10,4000/clio.7942 Belinhttps://doi.org/10.4000/clio.7942
  9. Matthieu Brejon de Lavergnée, Histoire des Filles de la Charité, XVIIᵉ-XVIIIᵉ siècle. La rue pour cloître, préface de Dominique Julia, Paris, 2011, 690 p. Fayard
  10. Elizabeth Rapley, The Dévotes. Women and Church in Seventeenth-Century France, Montréal, 1990, 320 p., ISBN 0-7735-0727-2 McGill-Queen’s University Press
  11. Laura Tatoueix, Défaire son fruit. Une histoire sociale de l’avortement en France à l’époque moderne, Paris, 2024, 392 p., coll. « En temps & lieux » Éditions de l’EHESS
  12. Clare Haru Crowston, Fabricating Women. The Seamstresses of Old Regime France, 1675-1791, Durham, 2001, XVIII-508 p. Duke University Press
  13. Merry Wiesner-Hanks, compte rendu de C. H. Crowston, Fabricating Women, Journal of Social History 36 (4), 2003 Journal of Social History
  14. V. Desnain, « The Origins of la vie neutre : Nicolas Caussin’s Influence on the Writings of Gabrielle Suchon », French Studies, 2009 French Studies
  15. Georges May, « Le modèle inconnu de La Religieuse de Diderot : Marguerite Delamarre », Revue d’histoire littéraire de la France 51 (3), 1951, p. 273-287 ; non consulté directement, cité d’après M. N. Janjić et N. S. Vučelj (2017) Revue d’histoire littéraire de la France
  16. Michel Delon, notice de La Religieuse, dans Diderot, Contes et romans, Paris, 2004, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », p. 973-988 ; non consulté directement, cité d’après M. N. Janjić et N. S. Vučelj (2017) Gallimard
  17. Milan N. Janjić et Nermin S. Vučelj, « La réception de La Religieuse de Diderot – du roman au cinéma », Philologia Mediana, 2017, p. 99-111 Université de Niš, faculté de philosophie
  18. Gwénael Murphy, « Destins de religieuses pendant la Révolution française : l’exemple du diocèse de Poitiers », Clio. Histoire, femmes et sociétés Clio
  19. Jean-Pierre Gutton, « Les religieuses lyonnaises à l’épreuve de la Révolution », dans Pauvreté, cultures et ordre social. Recueil d’articles, Lyon, 2006, coll. « Chrétiens et sociétés. Documents et mémoires » 3 LARHRA
  20. Ernest Lavisse (dir.), Histoire de France contemporaine depuis la Révolution jusqu’à la paix de 1919, t. I, livre II, chap. III, « L’œuvre religieuse et morale », Paris, 1920 ; chiffres des religieux lyonnais (147 sur 241) Hachette

Sources en ligne

  1. « La condition juridique de la femme mariée en droit coutumier », Jacques Auger Revue de droit de l’Université de Sherbrookehttps://www.usherbrooke.ca/droit/fileadmin/sites/droit/documents/RDUS/volume_02/Vol_2_-_Auger.pdf
  2. « Coutume de Paris » Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique françaisehttps://www.ameriquefrancaise.org/articles/coutume-de-paris
  3. « DXXXVIII. », commentaire de Pesnelle citant l’article CCXXXV de la Coutume de Paris Projet ConDÉ, MRSH, université de Caen Normandiehttps://mrsh.unicaen.fr/coutumiers/conde/pesnelle_lighter.xml/pesnelle-lighter-beta-001-030-003.html
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