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Critique de la raison pure : le renversement de Kant et ses objecteurs

L'idéalisme allemandLes grands concepts expliquésLes Lumières15 septembre 202636 sources vérifiées
Emil Doerstling / Wikimedia Commons
9 min de lecture36 sources vérifiées
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Le premier lecteur public de la Critique de la raison pure a rendu son verdict en quelques pages, dans un supplément des Göttingische Anzeigen von gelehrten Sachen daté du 19 janvier 1782. Le livre y est rangé parmi les idéalismes connus, celui de Berkeley en tête, ces doctrines où les corps se ramènent à des représentations. Le compte rendu paraît sans signature. Il a été écrit par Christian Garve, puis raccourci et largement récrit par le directeur de la revue, Johann Georg Heinrich Feder, qui y a ajouté le rapprochement avec Berkeley et avec Hume. Kant entre dans sa soixante-quatrième année lorsqu’il fait paraître, en 1787, une seconde édition destinée pour une bonne part à défaire ce contresens.

7 + 5 = 12 ne sort pas des concepts

Le livre répond à une question, et elle se lit en une ligne (B 19). Pour la comprendre, il faut la distinction posée dès l’introduction (A 6-7 / B 10-11). Un jugement est analytique quand son prédicat se trouve déjà dans le concept du sujet, comme dans « tous les corps sont étendus ». Il est synthétique quand le prédicat ajoute quelque chose, comme dans « tous les corps sont pesants ». Croisez cette distinction avec une seconde, celle de ce qui vient de l’expérience et de ce qui vaut avant elle, et le problème apparaît. Les jugements analytiques sont certains et n’apprennent rien. Ceux que l’expérience fournit apprennent beaucoup et ne délivrent jamais la nécessité que les mathématiques exhibent à chaque ligne.

Kant soutient qu’il existe une troisième catégorie, et il l’introduit par une addition d’école (B 15-16). Sept plus cinq font douze. On croit d’abord tenir une affaire de définition, comme si le résultat se lisait dans les termes. Regardons de près. Le concept de la somme de sept et de cinq contient l’idée de réunir ces deux nombres en un seul, il ne contient pas le nombre douze, et l’on a beau analyser ce concept aussi longtemps qu’on veut, on n’en tirera jamais le résultat. Pour l’obtenir, il faut sortir du concept, s’aider d’une intuition qui corresponde à l’un des deux termes, cinq doigts par exemple, et ajouter les unités une à une. La proposition apprend donc quelque chose, ce qui la rend synthétique, et personne ne va vérifier par une expérience si l’addition tient encore demain, ce qui la rend a priori. D’où viennent la nécessité et la portée de pareils jugements ?

Hume avait montré que la liaison de cause à effet ne se trouve dans aucune impression, et que l’habitude en tient lieu. Dans les Prolégomènes de 1783, Kant lui attribue le mérite de l’avoir réveillé de son sommeil dogmatique (Ak 4, 260). Dans une lettre à Christian Garve du 21 septembre 1798, il désigne une tout autre cause, l’antinomie de la raison pure, le scandale d’une raison qui se contredit elle-même (Ak 12, 257-258). Deux textes du même auteur, quinze ans d’écart, des déclarations qui ne se recouvrent pas. Les conciliations proposées ne s’imposent pas sur pièces, et la chronologie de la conversion critique reste discutée.

L’hypothèse comparée à celle de Copernic

La préface de 1787 expose la manœuvre. On avait admis jusque-là que nos connaissances devaient se régler sur les objets, et dans cette hypothèse aucun jugement a priori sur eux ne devenait intelligible. Kant propose l’inverse, à titre d’essai, et suppose que les objets se règlent sur notre connaissance. Il en est ici, écrit-il, comme de l’idée que conçut Copernic, lequel, ne parvenant pas à expliquer les mouvements du ciel en faisant tourner la multitude des astres autour du spectateur, chercha s’il ne valait pas mieux faire tourner le spectateur (B XVI). L’expression « révolution copernicienne », qui résume aujourd’hui le geste, ne se trouve pas sous la plume de Kant.

Voici ce que l’hypothèse permet. Si l’espace et le temps désignent les formes sous lesquelles une sensibilité comme la nôtre reçoit ce qui lui est donné, alors tout ce qui nous sera jamais donné sera spatial et temporel, et la géométrie vaut d’avance pour tout objet d’expérience possible. Si les concepts purs de l’entendement, cause, substance, communauté, sont les conditions sans lesquelles aucun objet ne peut être pensé, alors tout ce dont nous ferons l’expérience y sera soumis. Kant écrit, dans la traduction de Jules Barni, que « nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes » (B XVIII). Nous savons donc certaines choses du monde avant de le regarder, parce que ce sont les conditions sous lesquelles nous pouvons le regarder.

Le prix se paie deux fois. Notre connaissance ne porte que sur les phénomènes, et les choses considérées indépendamment de nos formes restent inconnues, quoique nous puissions encore les penser (B XXVI). La métaphysique de l’âme, du monde et de Dieu perd son statut de science, ce que Kant assume dans une phrase que Barni rend ainsi, « J’ai donc dû supprimer le savoir pour y substituer la croyance » (B XXX). Le mot allemand est Glauben, que les traducteurs français rendent par croyance ou par foi, et le ton de la phrase change selon le choix.

Une note de cette même préface donne au renversement son statut exact. Kant le présente en tête d’ouvrage comme une hypothèse, quand le corps du livre prétend l’établir par la nature de nos représentations de l’espace et du temps.

Un idéalisme de plus, écrit le journal de Göttingen

La lecture de Göttingen avait de quoi s’appuyer. Kant écrit que ce que nous nommons objets extérieurs n’est rien d’autre que de simples représentations de notre sensibilité (A 30 / B 45), et, dans le quatrième paralogisme de 1781, que les corps sont une espèce de mes représentations (A 370). Le mot Vorstellung traduit exactement ce que Berkeley appelait une idée. La sévérité du compte rendu a probablement été encouragée par une circonstance d’édition, la parution en 1781 d’une traduction allemande des Trois dialogues de Berkeley, qui remettait la doctrine sous les yeux du public au moment où la Critique arrivait en librairie.

Kant riposte dans l’appendice des Prolégomènes (Ak 4, 373-374), puis dans le texte de 1787. Son idéalisme porte sur la forme de la représentation et laisse intacte l’existence des objets, ce qu’il résume en une ligne dans une lettre à Jacob Sigismund Beck du 4 décembre 1792 (Ak 11, 395). Il ajoute des pages à la fin de l’esthétique transcendantale (B 69-71), où il sépare deux mots allemands que le français peine à distinguer. Erscheinung désigne la chose telle qu’elle se donne à un sujet placé dans certaines conditions. Schein désigne l’illusion. Ce serait sa faute à lui, écrit Kant, s’il transformait en simple Schein ce qu’il doit compter comme Erscheinung.

Vient enfin la réfutation de l’idéalisme, que la préface donne pour la seule addition de fond de l’édition (B 274-279). Toute conscience de ma propre existence dans le temps suppose quelque chose de permanent dans la perception, et aucune de mes représentations ne dure (B 278). Des choses doivent donc exister hors de moi, et le doute de Descartes se trouve retourné, la preuve partant de ce qu’il tenait pour le plus sûr.

Le monde a un commencement, et il n’en a pas

L’expérience se conduit soi-même, et Kant la place au cœur de la dialectique transcendantale. Prenez la première antinomie (A 426 / B 454). Démontrez la thèse, selon laquelle le monde a un commencement dans le temps. Supposez qu’il n’en ait pas. À chaque instant donné, une série infinie d’états successifs se serait écoulée ; or l’infinité d’une série consiste précisément en ceci qu’elle ne peut jamais être achevée par une synthèse successive ; une série infinie écoulée est une contradiction dans les termes ; le monde a donc commencé. Démontrez maintenant l’antithèse. Supposez qu’il ait commencé. Il y aurait eu un temps vide avant lui ; or dans un temps vide aucune partie ne se distingue d’une autre par une condition qui favoriserait l’existence plutôt que la non-existence ; rien ne peut donc y commencer ; le monde n’a pas de commencement. Les deux démonstrations procèdent par l’absurde, les deux paraissent valides, et elles se contredisent mot pour mot. Le diagnostic de Kant porte sur une prémisse que les deux camps partagent sans la voir, celle qui traite le monde comme une totalité donnée, comme une chose en soi. Si les phénomènes n’existent que dans la régression de l’expérience, et jamais comme un tout achevé, la question perd son objet, et la thèse comme l’antithèse tombent ensemble (A 506 / B 534).

On peut refaire les deux preuves soi-même, un crayon suffit.

Jacobi retourne la chose en soi contre son auteur

L’année même de la seconde édition, Friedrich Heinrich Jacobi publie David Hume über den Glauben, assorti d’un appendice sur l’idéalisme transcendantal. Sans la supposition de la chose en soi, écrit-il, il ne pouvait pas entrer dans le système, et avec cette supposition il ne pouvait pas y demeurer (Werke, II, 304). L’objection prend la forme d’un dilemme. Qu’est-ce qui affecte notre sensibilité et lui fournit sa matière ? Si ce sont les choses en soi, alors la catégorie de cause s’applique hors du champ de l’expérience, ce que le livre interdit en toutes lettres, un concept sans intuition correspondante restant vide (A 239 / B 298). Si ce sont les phénomènes, alors ils causent l’expérience en vertu de laquelle ils existent. Le texte dispose d’une ressource, une note de 1787 qui distingue penser et connaître (B 166), puisque les catégories permettent de penser n’importe quel objet sans qu’aucune connaissance en résulte. Que cette ressource suffise, les spécialistes ne l’accordent pas.

Une seconde objection atteint une prémisse. Au paragraphe 5 des Fondements de l’arithmétique, en 1884, Gottlob Frege revient sur les doigts de Kant. Personne n’a l’intuition de 135 664 doigts, et l’égalité 135 664 + 37 863 = 173 527 est tenue pour vraie sans que quiconque l’ait constatée ; si elle n’est pas évidente d’emblée, cela montre seulement qu’elle demande une démonstration. Ce que l’objection retire à Kant, si elle tient, c’est l’exemple arithmétique de l’introduction, tandis que la question posée en B 19 reste entière.

Les lectures modernes ne convergent pas. Peter Frederick Strawson, dans The Bounds of Sense en 1966, tient l’idéalisme transcendantal pour une erreur, tout en soutenant que les arguments centraux du livre se reconstruisent sans lui. Henry Allison, en 1983 puis dans une édition refondue en 2004, lit la distinction du phénomène et de la chose en soi comme deux façons de considérer les mêmes objets, l’une sous les conditions de notre connaissance, l’autre en faisant abstraction de ces conditions. Rae Langton, en 1998, y voit un partage entre propriétés relationnelles et propriétés intrinsèques. La notice que la Stanford Encyclopedia of Philosophy consacre à la question observe qu’aucune autre grande difficulté du kantisme ne réunit aussi peu de consensus.

Une dernière difficulté ne vient d’aucun objecteur. Kant affirme dans sa préface n’avoir rien changé aux propositions ni à leurs preuves, et n’avoir retouché que l’exposition, là où on l’avait mal compris. L’esthétique, la déduction, les principes, les paralogismes. Il indique ensuite où le travail s’arrête, à la fin du premier chapitre de la dialectique transcendantale, le temps lui ayant manqué, si bien que la seconde moitié du volume de 1787 reproduit celle de 1781. Les éditions modernes portent les deux paginations dans la marge, et la version de Barni, seule traduction française consultable en ligne, permet de vérifier un passage sans se déplacer. Citer la Critique sans indiquer laquelle des deux lettres on suit revient à ne pas dire de quel des deux livres on parle, et pour le chapitre des paralogismes, entièrement refait, l’écart se mesure en pages.

Pour aller plus loin

La question rejoint l’empirisme de Hume, dont l’analyse de la causalité fournit à Kant son adversaire le plus utile, et le cogito de Descartes, que la réfutation de l’idéalisme prend à revers sur son propre terrain. Elle conduit aussi à l’impératif catégorique, où la liberté refusée à la raison spéculative revient par la raison pratique, et à l’idéalisme allemand de Fichte et de Hegel.

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Sources de cet article

Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.

Sources primaires

  1. Emmanuel Kant, *Kritik der reinen Vernunft*, Riga, Johann Friedrich Hartknoch, 1781 (A) et 1787 (B) ; pagination A et B des deux éditions, suivie ici pour tous les renvois
  2. Kant, *Critique de la raison pure*, B 19 (formulation de la question des jugements synthétiques a priori) ; A 6-7 / B 10-11 (partage de l’analytique et du synthétique) ; B 15-16 (l’addition de sept et de cinq)
  3. Kant, *Critique de la raison pure*, préface de 1787, B XVI (comparaison avec la première pensée de Copernic), B XVIII (« nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes »), B XXVI (penser les objets sans les connaître), B XXX (« J’ai donc dû supprimer le savoir pour y substituer la croyance ») ; traduction Jules Barni, 1869
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Sources primaires (suite)

  1. Kant, *Critique de la raison pure*, préface de 1787, annonce des remaniements de 1787, arrêt des corrections à la fin du premier chapitre de la dialectique transcendantale, et note sur la réfutation de l’idéalisme comme seule addition de fond
  2. Kant, *Critique de la raison pure*, A 30 / B 45 et A 370 (les objets extérieurs comme espèce de représentations) et B 69-71 (*Erscheinung* et *Schein*)
  3. Kant, *Critique de la raison pure*, B 274-279 (réfutation de l’idéalisme), B 278 (aucune représentation n’est permanente), B 166 note (penser et connaître), A 239 / B 298 (une catégorie sans intuition reste vide)
  4. Kant, *Critique de la raison pure*, A 426 / B 454 (première antinomie, thèse et antithèse) et A 506 / B 534 (résolution par le statut des phénomènes)
  5. Kant, *Prolegomena zu einer jeden künftigen Metaphysik*, 1783, Ak 4, 260 (le sommeil dogmatique et Hume) et Ak 4, 373-374 (appendice, réponse au compte rendu de Göttingen)
  6. Kant, lettre à Christian Garve du 21 septembre 1798, Ak 12, 257-258 l’antinomie donnée pour le point de départ de la Critique
  7. Kant, lettre à Jacob Sigismund Beck du 4 décembre 1792, Ak 11, 395 l’idéalité porte sur la forme de la représentation
  8. [Christian Garve et Johann Georg Heinrich Feder], compte rendu anonyme de la *Critique de la raison pure*, *Zugabe zu den Göttingischen Anzeigen von gelehrten Sachen*, 19 janvier 1782, p. 40-48
  9. Friedrich Heinrich Jacobi, *David Hume über den Glauben, oder Idealismus und Realismus*, Breslau, 1787, appendice « Über den transzendentalen Idealismus » *Werke*, t. II, p. 304 pour la formule sur l’entrée dans le système, p. 291-310 pour le dilemme de l’affection
  10. Gottlob Frege, *Die Grundlagen der Arithmetik*, Breslau, 1884, § 5 l’égalité 135 664 + 37 863 = 173 527 opposée à l’intuition des doigts

Bibliographie

  1. Nicholas F. Stang, « Kant’s Transcendental Idealism », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy*, 2016 Stanford University
  2. Michelle Grier, « Kant’s Critique of Metaphysics », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy* Stanford University
  3. Robert Hanna, « Kant’s Theory of Judgment », *The Stanford Encyclopedia of Philosophy* Stanford University
  4. Peter Frederick Strawson, *The Bounds of Sense. An Essay on Kant’s Critique of Pure Reason*, Londres, 1966 Methuen
  5. Henry E. Allison, *Kant’s Transcendental Idealism. An Interpretation and Defense*, New Haven, 1983, édition revue et augmentée 2004 Yale University Press
  6. Rae Langton, *Kantian Humility. Our Ignorance of Things in Themselves*, Oxford, 1998 Oxford University Press
  7. Brigitte Sassen (éd. et trad.), *Kant’s Early Critics. The Empiricist Critique of the Theoretical Philosophy*, Cambridge, 2000, p. 53-58 pour le compte rendu de Göttingen Cambridge University Press
  8. Frederick C. Beiser, *German Idealism. The Struggle against Subjectivism, 1781-1801*, Cambridge (Mass.), 2002, p. 49-52 Harvard University Press
  9. Emmanuel Kant, *Critique de la raison pure*, traduction d’Alain Renaut, Paris, 1997 Aubier

Sources en ligne

  1. « Kant’s Transcendental Idealism » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/kant-transcendental-idealism/
  2. « Kant’s Critique of Metaphysics » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/kant-metaphysics/
  3. « Kant’s Theory of Judgment » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/kant-judgment/
  4. « Kant’s Philosophy of Mathematics » Stanford Encyclopedia of Philosophyhttps://plato.stanford.edu/entries/kant-mathematics/
  5. « Kant, Seconde préface à la Critique de la raison pure, 1787, traduction Barni » philo-labo.frhttps://philo-labo.fr/fichiers/Kant%20-%20Seconde%20pr%C3%A9face%20%C3%A0%20la%20critique%20de%20la%20raison%20pure,%20traduction%20Barni%20(8%20pages).pdf
  6. « Critique de la raison pure / par Emmanuel Kant ; nouvelle traduction française, avec notes, par A. Tremesaygues et B. Pacaud », 1905 Gallica, Bibliothèque nationale de Francehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5443790t.texteImage
  7. « Fonction et sens de la Revolution chez Kant » *La Pensée*, Cairn.infohttps://www.cairn.info/revue-la-pensee-2016-2-page-88.htm
  8. « La métaphysique de la métaphysique » Philopsis, revue numérique de philosophiehttps://philopsis.fr/archives-auteurs/kant/la-metaphysique-de-la-metaphysique/
  9. « Selections from The Foundations of Arithmetic » Wesleyan Universityhttps://sshieh.web.wesleyan.edu/wescourses/2013f/388/e-texts/Frege%20Selections%20from%20The%20Foundations%20of%20Arithmetic.pdf
  10. « Critical Notice of Michael Forster’s Kant and Skepticism » PhilPapershttps://philpapers.org/archive/CHITSA.pdf
  11. « Kant on our unquenchable desire for unknowable things in themselves » PhilPapershttps://philpapers.org/rec/KREKOO
  12. « Schopenhauer’s Berkeleyan strategy for transcendental idealism » British Journal for the History of Philosophy, Taylor & Francishttps://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09608788.2020.1848795
  13. « Kant’s Early Critics : The Empiricist Critique of the Theoretical Philosophy (review) » Project MUSE, Johns Hopkins University Presshttps://muse.jhu.edu/article/50469/summary
  14. « Kant’s Dialectic and the Logic of Illusion » Springer Nature Linkhttps://link.springer.com/chapter/10.1007/978-94-015-9504-9_9
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