Deux grosses barriques et une trentaine de petits barils. C’est le compte que Robert Cecil, comte de Salisbury et principal secrétaire de Jacques Iᵉʳ, couche le 6 novembre 1605 (a. s.) dans le brouillon d’une lettre à sir Thomas Parry, ambassadeur d’Angleterre à Paris. Tous les récits imprimés ensuite, et jusqu’aux pages des Archives nationales britanniques, disent trente-six barils. Le ministre écrit au lendemain de l’arrestation, sur la foi des premiers aveux d’un prisonnier qui se fait appeler John Johnson, et il ajoute que l’homme a été saisi à minuit sur les lieux mêmes, avec une lanterne sourde, botté et éperonné.
Quatre livres de loyer sous la Chambre des lords
Le Parlement anglais de l’époque moderne, entre la fin du XVᵉ siècle et la Révolution, ne siège que lorsque le roi le convoque, et l’ouverture d’une session se fait en sa présence, dans la Chambre des lords. Celle de 1605 a été repoussée deux fois. D’abord fixée au 7 février, puis renvoyée après la Saint-Michel, elle tombe finalement le mardi 5 novembre. Toutes les dates de cet article sont celles du calendrier julien, que l’Angleterre conserve jusqu’en 1752, et l’année y commence encore le 25 mars.
Sous la chambre haute s’étend une salle de plain-pied que les documents appellent cellier. C’est l’ancienne cuisine du palais, et le jésuite John Gerard, qui en publie en 1897 les vues dessinées par H. W. Brewer, lui donne 77 pieds sur 24 pieds 4 pouces, soit environ 23,5 mètres sur 7,4. Au printemps 1604, Thomas Percy, gentilhomme pensionnaire du roi et homme d’affaires de son parent le comte de Northumberland, obtient le logement voisin que tenait un certain Henry Ferrers, locataire des Whynniard, pour un loyer de douze livres. Un an plus tard, la veuve Skinner, remariée à Andrew Bright, accepte de céder le cellier où elle vend du charbon contre deux livres de dédommagement, et Percy le prend pour quatre livres par an. Le 5 novembre, un portefaix, Gideon Gibbins, déclare y avoir porté avec deux compagnons trois mille bûches, que Johnson empilait.
L’homme qui garde la clé du cellier n’a pas conçu l’affaire. Robert Catesby, gentilhomme du Warwickshire, en parle dès le début de 1604 à Thomas Winter et à John Wright ; Percy les rejoint, et Winter ramène de Flandre un soldat d’York au service de l’Espagne, Guy Fawkes, choisi pour jouer le domestique de Percy sous le nom de Johnson parce que son visage était le moins connu à Londres. Winter le raconte dans la confession qu’il écrit à la Tour en novembre 1605, avec le serment de secret prêté sur un livre d’heures, puis la messe entendue dans la chambre voisine. Gerard compte treize conjurés certains, presque tous gentilshommes, les derniers recrutés pour leur argent et leurs chevaux en vue d’un soulèvement dans les Midlands. La poudre vient de Lambeth, où Catesby a une maison, traverse la Tamise en bateau et finit dans le cellier sous les fagots. Pendant l’été 1605, Winter et Fawkes en rachètent, soupçonnant la première d’avoir pris l’humidité, et après la découverte le service de l’Ordonnance qui reçoit les barils la déclare gâtée, selon John Bossy. Nous écrivons Fawkes, alors que l’intéressé signait Faukes, parce que c’est sous cette graphie que les archives et les musées l’indexent aujourd’hui.
Le valet de Hoxton
Le samedi 26 octobre, à Hoxton, au nord de Londres, un inconnu remet dans la rue au valet de pied de lord Monteagle, Thomas Ward, une lettre pour son maître. Elle ne porte ni date ni signature, et l’écriture en est déguisée. Le texte conseille au destinataire de trouver une excuse pour manquer la session, puisque Dieu et les hommes se sont accordés pour punir la méchanceté du temps, et il annonce que les parlementaires recevront « un coup terrible » sans voir qui les frappe. Il demande enfin qu’on brûle la lettre, ce que Monteagle ne fait pas. Elle est conservée dans le premier volume du Gunpowder Plot Book, aux Archives nationales britanniques, sous la cote SP 14/216/1, folio 11a.
Monteagle, catholique rallié et beau-frère de Francis Tresham, la porte le soir même à Whitehall. Le récit qu’en rédige le 7 novembre Levinus Munck, secrétaire de Salisbury, avec des corrections de la main du ministre (SP 14/216/2, fos 34r-41r), montre un Conseil qui temporise. Le comte de Suffolk, lord chambellan, se souvient de salles attenantes à la Chambre où il n’est jamais entré, et l’on décide de ne rien fouiller avant la veille de la session, pour ne pas alerter les comploteurs. Rentré de Royston le 31 octobre, Jacques Iᵉʳ lit la lettre, y devine un stratagème de feu et de poudre, et s’en tient à une maxime que Munck lui prête, ne rien faire ou faire ce qui assure tout. Le 4 novembre vers trois heures de l’après-midi, Suffolk descend avec Monteagle dans les salles basses, voit du charbon, des bûches et des fagots, et l’homme qui a la clé lui répond que ce bois appartient à M. Thomas Percy. Vers onze heures du soir, sir Thomas Knyvett revient avec des hommes, trouve le même individu qui sort du cellier, fait déblayer et découvre la poudre. Le prisonnier dira le 16 novembre qu’il avait sur lui de l’amadou et une mèche, et que Percy lui avait fait porter une montre à dix heures du soir, afin qu’il sache comment le temps passait.
Le récit officiel, imprimé dès 1605 chez Robert Barker, imprimeur du roi, dans un volume de 96 pages qu’on appellera le King’s Book, porte au crédit de Jacques Iᵉʳ l’heureux jugement qui a percé l’énigme. Gerard relevait déjà que les lettres privées de Salisbury aux ambassadeurs laissent entendre que le ministre avait compris le premier et laissé au roi le mérite de la lecture.
De leur côté, les conjurés savent tout dès le lendemain soir, puisque Ward fait prévenir Thomas Winter. Catesby soupçonne Tresham, qui jure n’y être pour rien. Le mercredi 30 octobre, Fawkes retourne au cellier, constate que rien n’a été touché, et le complot continue.
« Et sic per gradus ad ima tenditur »
Du 5 au 10 novembre, l’homme pris dans le cellier subit cinq interrogatoires devant des commissaires du Conseil. Il parle volontiers de son passé et de ses voyages, et refuse tout autre nom que celui de Percy, déjà en fuite. Le 6 au matin, il signe encore « John Johnson » et lâche une phrase que ses juges recopient, « l’avertissement donné à un seul nous a tous renversés » (SP 14/216/16A). Le même jour, le roi adresse de sa main une liste de questions aux commissaires (SP 14/216/17), se demande si le prisonnier n’est pas l’auteur d’un pamphlet qui prédisait sa perte pour avoir pris le nom de roi de Grande-Bretagne, et termine en latin, les tortures les plus douces d’abord, et ainsi par degrés jusqu’au fond. Le 8, le lieutenant de la Tour, sir William Waad, le trouve aussi obstiné que s’il était possédé.
Plus riche encore, l’interrogatoire du 8 novembre (SP 14/216/49) est aussi le plus détaillé. Fawkes y décrit une mine creusée à partir du 11 décembre 1604 depuis la maison louée par Percy, jusqu’à un mur d’environ trois yards d’épaisseur, soit 2,7 mètres, percé à moitié avant qu’on ne loue le cellier. Il dit aussi qu’une proclamation était prête, au nom de la princesse Élisabeth, contre l’union des royaumes d’Angleterre et d’Écosse et contre tous les étrangers, sans un mot sur la religion. Ce passage est rayé dans la copie envoyée aux ambassadeurs. Samuel Rawson Gardiner en a tiré en 1897 l’un de ses meilleurs arguments en faveur du document, car aucun conseiller de Jacques Iᵉʳ n’aurait inventé une phrase qu’il prenait ensuite soin de cacher.
Le lendemain, Fawkes nomme ses complices. Sa déclaration, reconnue devant les commissaires le 10, est signée d’un seul « Guido », d’une main qui tremble, alors qu’il avait signé le 7 « Guido Faukes » au bas de chaque page (SP 14/216/54 et 37). Mary Anne Everett Green, qui inventorie ces papiers en 1857, suppose que la signature fut arrachée par le chevalet et que le prisonnier s’évanouit avant de l’achever. C’est une conjecture d’éditrice. Son inventaire ne recense, pour ces jours-là, aucun compte rendu de séance de torture, et le Parlement britannique écrit seulement que les indices suggèrent que Fawkes a été torturé.
Le 10 novembre, dans la même Tour, un mandat royal augmente de six deniers par jour les gages des gardiens des lions et des léopards, chargés des lionceaux et des jeunes léopards qui viennent d’y naître.
Les enquêteurs avaient aussi des noms à protéger. Dans une note de Thomas Winter du 25 novembre, le nom de lord Monteagle est à moitié gratté puis recouvert de papier collé (SP 14/216/117), et dans l’interrogatoire de Tresham du 29, une bande de papier masque le même nom (SP 14/216/124). La grande confession de Winter, de sa main, conservée à Hatfield House parmi les papiers des Cecil, porte la date du 23 novembre corrigée en 25. Gerard y voyait un texte dicté puis recopié sous la contrainte. Le bibliothécaire du marquis de Salisbury, consulté par Gardiner, attribua la correction et l’en-tête à Edward Coke, le procureur général, probablement au moment où la confession fut reconnue devant les commissaires, ce qui laisse le changement inexpliqué sans en faire un faux.
Fouiller les caves avant chaque session
Le 8 novembre au matin, à Holbeach House, dans le Staffordshire, plusieurs fugitifs se brûlent en faisant sécher devant le feu une poudre mouillée ; quelques heures plus tard, le shérif de Worcestershire donne l’assaut, et Catesby, Percy et les deux frères Wright y meurent. Tresham meurt à la Tour sans avoir été jugé, le 22 ou le 23 décembre selon les sources. Les huit survivants comparaissent à Westminster Hall le 27 janvier 1605/1606. Everard Digby, Robert Winter, John Grant et Thomas Bates sont exécutés le 30 dans le cimetière de Saint-Paul, Fawkes, Thomas Winter, Ambrose Rookwood et Robert Keyes le lendemain dans Old Palace Yard. Le supérieur des jésuites d’Angleterre, Henry Garnet, est pendu à Saint-Paul le 3 mai 1606. Entre-temps, une loi (3 Jac. I, c. 1) a fait du 5 novembre un jour annuel d’action de grâces, et elle ne sera abrogée qu’en 1859.
La lanterne a gagné Oxford par un autre chemin. Une plaque de laiton indique qu’elle fut donnée à l’université le 4 avril 1641 par Robert Heywood, ancien proctor ; son frère Peter, qui accompagnait Knyvett, l’aurait prise des mains de Fawkes pendant la lutte. L’objet est en fer et fermait autrefois sur une fenêtre de corne. Déposé à la Bodléienne, il passe en 1887 à l’Ashmolean Museum, où il porte le numéro AN1887,2. Le musée présente l’attribution au conditionnel, et il a raison, car elle ne repose que sur la tradition de la famille Heywood.
La fouille rituelle des caves par les Yeomen of the Guard, avant chaque ouverture solennelle du Parlement, passe pour remonter à 1605. Au London Museum, une toile d’Arthur Temple Felix Clay peinte en 1894 (inventaire 27 147) montre trois officiers, un sergent-major et onze hommes qui inspectent la crypte, et sa notice affirme que la cérémonie fut instituée après la conspiration. La page que le Parlement consacre au rituel produit pourtant, comme plus ancienne trace, un ordre de 1682 enjoignant à sir Christopher Wren de débarrasser les caves situées sous la Chambre des pairs de tout bois, charbon et matériaux, et d’y ouvrir des passages pour que des gardes puissent y circuler de jour comme de nuit (Parliamentary Archives, LGC/5/1/23, fol. 74). On ignore donc la date de la première fouille, faute de document antérieur publié. L’Encyclopædia Universalis place encore cette inspection le 5 novembre de chaque année, alors qu’elle suit le calendrier des sessions.
Le jésuite et le fellow de Merton
Le soupçon a le même âge que l’affaire. Le récit de Munck du 7 novembre, relève Gerard, recommande lui-même la circonspection, vu la propension du monde à ne voir dans toute providence et tout renseignement que des manigances. Le 13 novembre, Dudley Carleton, alors sur le continent, écrit à John Chamberlain qu’en France on tient la conspiration pour une fable (SP 14/16/69). Godfrey Goodman, évêque de Gloucester, écrira plus tard que le grand ministre avait d’abord monté puis découvert la trahison, pour s’en faire un mérite.
En 1897, un jésuite anglais homonyme du jésuite de 1605 à qui Fawkes attribuait la communion des conjurés, John Gerard, publie What was the Gunpowder Plot ? après avoir eu accès au Gunpowder Plot Book et aux manuscrits de Hatfield. Son argument le plus fort tient aux habitudes du pouvoir. Les ministres d’Élisabeth avaient infiltré les complots catholiques, Walsingham avait suivi celui de Babington, et Salisbury sortit de l’affaire grandi, chevalier de la Jarretière le 20 mai 1606. Gerard juge la mine matériellement invraisemblable, note que le serment des conjurés ne figure que dans la confession de Winter et que la version imprimée l’omet, refuse tout crédit aux aveux de Fawkes et de Winter, et se garde de choisir entre un complot inventé, encouragé ou seulement laissé mûrir.
La même année, Samuel Rawson Gardiner, fellow de Merton College et historien des premiers Stuarts, répond par What Gunpowder Plot Was. Il pose une règle. Une rumeur selon laquelle Salisbury aurait monté le complot ne vaut rien, alors qu’une rumeur selon laquelle il aurait forgé un document précis mériterait examen, parce qu’elle pourrait venir de quelqu’un qui l’aurait vu faire. Il suit ensuite l’enquête jour après jour. Le 5 novembre, le gouvernement ne fait rechercher que Percy, il reçoit de fausses pistes vers Croydon et Gravesend, et les questions préparées par Coke sont celles d’un homme qui pêche au hasard. Parmi les commissaires siégeaient Northampton, catholique, et Worcester, réputé tel, qu’il aurait fallu rendre complices d’un faux. Fawkes, enfin, ne parle pas de la mine avant le 8, et Gardiner lit ce silence comme celui d’un homme qui protège ceux qui y ont travaillé.
Antonia Fraser, en 1996, tient le complot pour réel et parle de terrorisme. D’après le compte rendu qu’en donne John Bossy dans la London Review of Books, elle écarte la thèse d’une machination de Salisbury, estime que le ministre ne savait rien avant la visite de Monteagle et rejette le tunnel, que Bossy tient lui aussi pour un ajout destiné à corser un récit ordinaire. Elle attribue la lettre à Monteagle lui-même, qui l’aurait écrite après un avertissement oral de Tresham, et son indice est le sort inégal des deux beaux-frères, l’un couvert d’honneurs, l’autre mort à la Tour.
Personne ne sait qui a écrit la lettre.
Bossy oppose à Fraser le valet. Si Thomas Ward a prévenu Winter avec l’accord de Monteagle, celui-ci jouait double jeu au moment même où il remettait la lettre à Salisbury, et ni le ministre ni le roi ne l’auraient alors récompensé ; s’il l’a fait de son propre chef, comme le suppose Fraser, Monteagle aurait eu toutes les raisons d’en être furieux. Bossy laisse ouverte la question que personne n’a résolue depuis, celle des relations entre lord Monteagle et son valet de pied dans les années qui suivirent la découverte.
Pour aller plus loin
Cette affaire croise la mission des jésuites en Angleterre et le procès d’Henry Garnet, pendu en 1606. Elle rejoint aussi l’union des couronnes d’Angleterre et d’Écosse réalisée par Jacques Iᵉʳ en 1603, contre laquelle les conjurés comptaient rallier des mécontents, ainsi que le complot papiste de 1678, conspiration catholique dénoncée par Titus Oates et forgée de toutes pièces.
En novembre 1605, un petit groupe de catholiques anglais prépare un attentat contre le roi Jacques Iᵉʳ et le Parlement, à Londres. Le complot échoue la veille du jour prévu, et l’un des conjurés, Guy Fawkes, est arrêté sous la Chambre des lords, à côté de la poudre. Presque tout ce que l’on sait de cette affaire vient des papiers écrits par ceux qui l’ont déjouée.
Une cave sous le Parlement
En Angleterre, le Parlement ne se réunit que lorsque le roi le convoque. Le roi ouvre lui-même chaque session, dans la Chambre des lords. En 1605, cette ouverture est prévue pour le 5 novembre.
Sous cette chambre se trouve une grande salle au niveau du sol, l’ancienne cuisine du palais. Un des conjurés, Thomas Percy, la loue pour quatre livres par an. Les comploteurs y cachent la poudre sous des bûches et des fagots. Un porteur dira y avoir apporté trois mille bûches.
Le chef du complot n’est pas Guy Fawkes. C’est Robert Catesby, un gentilhomme. Fawkes est un soldat revenu de Flandre, choisi pour garder la salle parce que son visage est peu connu à Londres. Il se fait appeler John Johnson et joue le rôle de domestique de Percy.
Une lettre sans signature
Le 26 octobre, un inconnu donne dans la rue une lettre au valet d’un seigneur catholique, lord Monteagle. La lettre ne porte ni date ni signature. Elle lui conseille de ne pas venir au Parlement, car les parlementaires vont recevoir « un coup terrible ».
Monteagle porte aussitôt la lettre au principal ministre du roi, Robert Cecil, comte de Salisbury. Le 4 novembre, des hommes du roi visitent les salles basses du palais. Vers onze heures du soir, ils trouvent Fawkes qui sort de la cave, et découvrent la poudre. Il a sur lui de quoi allumer une mèche.
On ne sait toujours pas qui a écrit cette lettre. Plusieurs noms ont été proposés, dont celui de Francis Tresham, un conjuré beau-frère de Monteagle, et celui de Monteagle lui-même.
Les aveux et la torture
Fawkes est interrogé plusieurs fois à la Tour de Londres. Il refuse d’abord de donner les noms de ses complices. Le 6 novembre, le roi écrit de sa main qu’on peut employer la torture, en commençant par les formes les plus douces.
Le 9 novembre, Fawkes donne les noms. Sa signature se réduit alors à son prénom, Guido, tracé d’une main qui tremble, alors que deux jours plus tôt il signait encore son nom complet. L’inventaire de ces papiers, publié en 1857, ne mentionne pourtant aucun compte rendu des séances de torture.
Les enquêteurs ont aussi protégé certaines personnes. Dans deux documents de l’enquête, le nom de Monteagle a été gratté ou caché sous un morceau de papier collé.
La fin des conjurés
Les autres comploteurs s’enfuient vers le centre de l’Angleterre. Le 8 novembre, ils sont attaqués dans une maison du Staffordshire, où Catesby et plusieurs autres sont tués. Les survivants sont jugés à la fin de janvier 1606, puis exécutés. Une loi fait du 5 novembre un jour annuel de remerciement à Dieu.
La lanterne que Fawkes aurait portée ce soir-là est conservée à l’Ashmolean Museum, à Oxford. Elle a été donnée à l’université en 1641, mais son histoire ne repose que sur la tradition d’une famille.
Avant chaque ouverture du Parlement, des gardes fouillent encore les caves de Westminster. On dit souvent que cette coutume date de 1605. Le plus ancien document que présente le Parlement sur ces fouilles date pourtant de 1682.
Un complot inventé ?
Dès les jours qui suivent l’arrestation, certains pensent que l’affaire a été arrangée par le gouvernement. En 1897, un prêtre jésuite, John Gerard, soutient dans un livre que les ministres connaissaient le complot. La même année, l’historien Samuel Rawson Gardiner lui répond en reprenant les interrogatoires un à un, et montre que le gouvernement cherchait encore au hasard pendant les premiers jours.
Les historiens qui ont repris l’affaire depuis, comme Antonia Fraser en 1996, tiennent le complot pour réel. Ils discutent encore de l’existence d’un tunnel creusé vers la Chambre et de l’identité de l’auteur de la lettre.
La lettre anonyme, les interrogatoires jour par jour et le débat entre historiens sont détaillés dans l’article classique.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Lettre anonyme adressée à lord Monteagle, remise à son valet à Hoxton le 26 octobre 1605 (a. s.), sans date ni signature, écriture déguisée The National Archives, Kew, State Papers Domestic, Gunpowder Plot Book, SP 14/216/1, fo 11a (cote indiquée « SP 14/216/2 » sur d’autres pages de l’institution)
- Levinus Munck, récit de la découverte du complot, 7 novembre 1605, avec corrections de la main de Salisbury The National Archives, SP 14/216/2, fos 34r-41r (enregistré au n° 129 du Gunpowder Plot Book dans le Calendar de 1857)
- Robert Cecil, comte de Salisbury, brouillon de lettre à sir Thomas Parry, 6 novembre 1605, mention de « two hogsheads and some thirty-two small barrels » texte publié par S. R. Gardiner, What Gunpowder Plot Was, 1897, p. 22-23
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Sources primaires (suite)
- Jacques Iᵉʳ, interrogatoires proposés aux commissaires, 6 novembre 1605, autographe, « et sic per gradus ad ima tenditur » The National Archives, SP 14/216/17
- Interrogatoire de « John Johnson » (Guy Fawkes), Tour de Londres, 6 novembre 1605, matin The National Archives, SP 14/216/16A
- Interrogatoire de Guy Fawkes, 7 novembre 1605, signé « Guido Faukes » au bas de chaque page The National Archives, SP 14/216/37
- Interrogatoire de Guy Fawkes, 8 novembre 1605, récit de la mine et projet de proclamation contre l’union The National Archives, SP 14/216/49 ; copie envoyée à l’ambassadeur Edmondes le 14 novembre, passages rayés, publiée par S. R. Gardiner (1897), p. 33-37
- Déclaration de Guy Fawkes, 9 novembre 1605, reconnue devant les commissaires le 10, signée « Guido » The National Archives, SP 14/216/54
- Déclaration de Guy Fawkes, 16 novembre 1605, mention de l’amadou, de la mèche et de la montre envoyée par Percy texte cité par S. R. Gardiner (1897), p. 48-49
- Interrogatoires d’Ellen Bright (6 novembre 1605) et de Susan Whynniard (7 novembre 1605) sur la location du logement et du cellier à Thomas Percy The National Archives, SP 14/216/24 et SP 14/216/39
- Interrogatoire de Gideon Gibbins, portefaix, 5 novembre 1605, transport de trois mille bûches dans le cellier The National Archives, SP 14/16/14
- Thomas Winter, confession autographe datée du 23 novembre 1605, corrigée en 25 Hatfield House, papiers Cecil ; copie The National Archives, SP 14/216/114 ; texte publié par S. R. Gardiner (1897), p. 57-69
- Note de Thomas Winter, 25 novembre 1605, et interrogatoire de Francis Tresham, 29 novembre 1605, où le nom de lord Monteagle est gratté ou recouvert de papier The National Archives, SP 14/216/117 et SP 14/216/124
- Dudley Carleton à John Chamberlain, 13 novembre 1605, le complot tenu en France pour une fable The National Archives, SP 14/16/69
- Mandat du 10 novembre 1605 augmentant de six deniers par jour les gages des gardiens des lions et léopards de la Tour The National Archives, SP 14/16/47
- His Maiesties speach in this last session of Parliament [...] Together with a discourse of the maner of the discouery of this late intended treason, Londres, Robert Barker, 1605, [96] p., signatures A-M⁴, STC 14392 (états 14392,5 et 14393) exemplaire de la British Library reproduit dans Early English Books Online
- Loi pour une action de grâces publique chaque année le 5 novembre, 3 Jac. I, c. 1, 1606, abrogée en 1859 citée par J. Gerard (1897), p. 5, et The National Archives
- Godfrey Goodman, The Court of King James the First, éd. J. S. Brewer, Londres, 1839, t. I, p. 102 passage cité par J. Gerard (1897) et S. R. Gardiner (1897)
- Lanterne dite de Guy Fawkes, fer, fenêtre de corne disparue, plaque de laiton datée du 4 avril 1641 au nom de Robert Heywood Ashmolean Museum, Oxford, AN1887,2
- Arthur Temple Felix Clay, The Yeomen of the Guard Searching the Crypt of the Houses of Parliament, 1894, huile sur toile, 1480 × 1230 mm avec cadre London Museum, 27 147
- Ordre à sir Christopher Wren de dégager les caves sous la Chambre des pairs, 1682 Parliamentary Archives, Londres, LGC/5/1/23, fol. 74
Bibliographie
- John Gerard, What was the Gunpowder Plot ? The Traditional Story Tested by Original Evidence, Londres, 1897 Osgood, McIlvaine & Co.
- Samuel Rawson Gardiner, What Gunpowder Plot Was, Londres, New York et Bombay, 1897 Longmans, Green & Co.
- Antonia Fraser, The Gunpowder Plot : Terror and Faith in 1605, Londres, 1996, 347 p., ISBN 978-0-297-81348-4, positions rapportées ici d’après le compte rendu de John Bossy Weidenfeld & Nicolson
- John Bossy, « A Tall Stranger in Hoxton », London Review of Books 19 (13), 1997 London Review of Books
- Mary Anne Everett Green (éd.), Calendar of State Papers Domestic : James I, 1603-1610, Londres, 1857, vol. 16, novembre 1605, p. 238-264 Her Majesty’s Stationery Office
Sources en ligne
- « Gunpowder plot uncovered », transcription de la lettre à Monteagle The National Archives, Educationhttps://www.nationalarchives.gov.uk/education/resources/significant-events/gunpowder-plot-uncovered/
- « How the Gunpowder Treason was discovered » The National Archives, bloghttps://blog.nationalarchives.gov.uk/how-the-gunpowder-treason-was-discovered/
- « The Monteagle Letter », Record revealed The National Archiveshttps://www.nationalarchives.gov.uk/explore-the-collection/stories/the-monteagle-letter/
- « Gunpowder Plot : the league of gentlemen » The National Archives, bloghttps://blog.nationalarchives.gov.uk/gunpowder-plot-the-league-of-gentlemen/
- « James I : Volume 16, November, 1605 », Calendar of State Papers Domestic : James I, 1603-1610 British History Onlinehttps://prod.british-history.ac.uk/node/8417
- « Torture, trial and execution » UK Parliament, Living Heritagehttps://webtest.parliament.uk/about/living-heritage/evolutionofparliament/parliamentaryauthority/the-gunpowder-plot-of-1605/overview/aftermath/toture-trial-and-execution
- « Remember, Remember, the fifth of November » UK Parliament, Living Heritagehttps://webtest.parliament.uk/about/living-heritage/evolutionofparliament/parliamentwork/offices-and-ceremonies/collections/state-opening/lgc36-fol-35
- « State Opening : Elements unseen by the public » UK Parliament, Living Heritagehttps://webtest.parliament.uk/about/living-heritage/evolutionofparliament/parliamentwork/offices-and-ceremonies/overview/state-opening/elements-unseen-by-the-public
- « Guy Fawkes’ Lantern », British Collection Highlights Ashmolean Museum, University of Oxfordhttps://britisharchaeology.ashmus.ox.ac.uk/highlights/guy-fawkes-lantern.html
- « Post Medieval », collections britanniques Ashmolean Museum, University of Oxfordhttps://britisharchaeology.ashmus.ox.ac.uk/collections/post-medieval.html
- « The Yeomen of the Guard Searching the Crypt of the Houses of Parliament » London Museumhttps://collections.museumoflondon.org.uk/online/object/102111.html
- « A Tall Stranger in Hoxton », John Bossy London Review of Bookshttps://www.lrb.co.uk/v19/n13/john-bossy/a-tall-stranger-in-hoxton
- « What was the Gunpowder Plot ? The Traditional Story Tested by Original Evidence », John Gerard Project Gutenberghttps://www.gutenberg.org/files/34807/34807-h/34807-h.htm
- « What Gunpowder Plot Was », Samuel Rawson Gardiner Project Gutenberghttps://gutenberg.org/cache/epub/34606/pg34606-images.html
- « His Maiesties Speach, in this last Session of Parliament » William Andrews Clark Memorial Library, UCLAhttps://clarklibrary.ucla.edu/?p=5854
- « His Maiesties speach in this last session of Parliament », notice STC 14392,5 East Carolina University Librarieshttps://librarycatalog.ecu.edu/catalog/5385584
- « POUDRES CONSPIRATION DES (1605) » Encyclopædia Universalishttps://www.universalis.fr/encyclopedie/conspiration-des-poudres/




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