Dix sous tournois, une longe de porc prise sur toute l’échine jusqu’à l’oreille, la queue généreusement comprise, et un gallon de la boisson servie au repas. Voilà ce que le seigneur de La Rivière-Bourdet, en Normandie, réclame en 1419 à chacun de ses hommes qui se marie sur sa terre, d’après l’aveu qu’il rend pour son fief. Une clause suit le tarif. Si le mari ou son envoyé ne paie pas, le seigneur se réserve d’aller coucher avec la mariée. L’original n’a jamais été soupçonné de faux, et il figure parmi les soixante-douze preuves que l’érudit Jules Delpit opposa en 1857 à ceux qui niaient l’existence d’un droit du seigneur.
L’idée qu’on en a tirée est fausse dans la forme où elle circule. Aucun droit reconnu par une coutume et réellement exercé n’a donné en France au seigneur la nuit de noces de l’épouse d’un dépendant, et aucune trace de son application n’a été retrouvée dans les archives. Celles-ci livrent en revanche des taxes de mariage bien réelles, quelques déclarations provocantes comme celle de 1419, et sept siècles de récits qui ont soudé les unes aux autres. Pour la France, le degré de fausseté est celui du vrai déformé. Pour la Catalogne, où deux textes du XVᵉ siècle posent un problème encore disputé, la question reste ouverte chez les spécialistes.
Un moine du Mont-Saint-Michel tient la plume
La première mention connue date de 1247. Elle se trouve dans un poème en français, la Chanson des vilains de Verson, recopié dans un fragment du cartulaire de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, le registre où les moines transcrivaient leurs titres de propriété. Son auteur, un moine de l’abbaye, y évoque l’argent qu’un seigneur exigeait en compensation d’un droit sur la fille du serf qui se mariait. Le poème appartient à une querelle de pouvoir, celle de l’abbaye avec des seigneurs laïques, et le motif sert d’abord à les noircir. En 1462, on le retrouve retourné contre le clergé dans les Cent Nouvelles nouvelles, recueil composé pour la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne : la trente-deuxième nouvelle montre des franciscains de Catalogne qui lèvent leur dîme sur les épouses, et en nature.
Le mot lui-même vient plus tard, sous la plume de juristes. Nicolas Boyer, mort en 1532, rapporte que les seigneurs de Gascogne avaient le droit de poser une jambe nue en travers du lit des nouveaux mariés, et c’est ce geste qui donne sa cuisse à l’expression. Le récit gagne ensuite les marges de l’Europe. Dans l’histoire d’Écosse qu’Hector Boece fait imprimer à Paris en 1527 chez Josse Bade, un roi nommé Evenus, censé avoir régné à la fin du Iᵉʳ siècle avant notre ère, livre aux seigneurs la virginité des filles de leurs terres, jusqu’à ce que Malcolm III abolisse la loi au XIᵉ siècle. Evenus n’a jamais régné. L’épisode a pourtant une fonction précise dans le livre, qui est de montrer la conversion chrétienne mettant fin aux mœurs de peuples encore païens.
Avec le XVIIIᵉ siècle, le motif devient une arme. Voltaire, dans l’Essai sur les mœurs de 1756, range le droit du seigneur parmi les usages qui « régnaient dans le temps des croisades ». En 1784, Beaumarchais en tire le ressort du Mariage de Figaro, où un comte qui a solennellement renoncé à ce droit voudrait en jouir quand même auprès de Suzanne, la camériste promise à son valet. La transposition compte, puisque l’abus féodal prend désormais les traits d’un maître qui convoite une servante. Les dénonciations révolutionnaires des « abus féodaux » puiseront dans ce répertoire.
Veuillot contre Delpit
Le droit de cuissage ne devient une institution proprement médiévale qu’au XIXᵉ siècle, au cours d’une querelle que Boureau fait courir de 1854 à 1882. Les archives s’ouvrent, l’École des chartes forme depuis les années 1820 des éditeurs de textes, et l’historiographie libérale voit dans les abus seigneuriaux le sombre prologue d’un présent plus juste. En face, après 1848, les conservateurs cherchent dans le Moyen Âge une image de l’ordre. En 1854, Louis Veuillot, directeur du journal catholique L’Univers, publie chez Vivès Le Droit du seigneur au Moyen Âge pour démontrer que ce droit n’a pas existé. Trois ans plus tard, Jules Delpit lui répond par trois cents pages au titre de combat, Réponse d’un campagnard à un Parisien, où il aligne soixante-douze documents. Boureau a relevé la composition singulière des deux camps. D’un côté, des catholiques romains et parisiens, marqués par l’École des chartes, nient le droit ; de l’autre, des érudits gallicans et libéraux le défendent. Un droit introuvable sert ainsi de pierre de touche à une bataille sur le sens même du Moyen Âge.
En 1995, dans Le Droit de cuissage. La fabrication d’un mythe, paru chez Albin Michel et traduit à Chicago trois ans plus tard, Alain Boureau reprend le recueil de Delpit document par document. Quarante et une des preuves sont des redevances seigneuriales ordinaires, que Delpit tenait sans démonstration pour le rachat en argent d’un droit sexuel, et dix-sept sont des faux ou des légendes postérieures au Moyen Âge. Il en reste cinq, datées de 1419 à 1674, venues de Normandie, de Picardie et du Béarn. Toutes sont des aveux et dénombrements, ces déclarations où un vassal énumère pour son suzerain ce qu’il tient et ce qu’il prélève, et les exemplaires conservés n’avaient pas été enregistrés, c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas la valeur d’actes officiels. Adam Kosto, qui rend compte de l’édition américaine en 1999 dans The Medieval Review, résume la conclusion sans détour. Le droit n’a jamais existé, et le mythe, lui, existe dès le XIIIᵉ siècle sans avoir jamais été très répandu.
Gésir soubs le seigneur
Le formariage, lui, était une taxe très concrète. Quand un serf ou une serve épousait quelqu’un d’une autre seigneurie, son seigneur perdait les enfants à naître, donc de futurs dépendants, et se faisait dédommager. Le Coutumier bourguignon, compilé et glosé à la fin du XIVᵉ siècle, prévoit une échappatoire. Si l’homme qui prend femme ailleurs l’amène « gésir soubs le seigneur » la première nuit, il ne perd rien, car il acquiert la femme au seigneur et la fait entrer dans sa condition. Gésir veut dire coucher, et sous le seigneur signifie ici dans les limites de sa terre. Le couple s’installe dans la seigneurie, ses enfants en relèveront, et le seigneur renonce à l’indemnité. Gabrielle Spiegel, qui rend compte du livre de Boureau en 1999 dans la London Review of Books, en fait l’exemple type d’un texte parfaitement authentique que des lecteurs plus tardifs ont lu de travers. On préférera traduire par « coucher en la seigneurie », moins littéral et plus exact, puisque c’est la traduction mot à mot qui a égaré les lecteurs du XIXᵉ siècle. Les autres redevances de mariage suivent la même pente. Les folkloristes du XIXᵉ siècle ont décrit sous le nom de culage le vin ou le repas que les jeunes gens d’un village exigeaient de celui d’entre eux qui se mariait, et Spiegel note que le droit supposé n’apparaît jamais dans un document sans son équivalent en nourriture, en boisson ou en argent. L’aveu de 1419 en est le cas d’école. Le seigneur de La Rivière-Bourdet fixe un prix, et la clause finale tient de la menace goguenarde, ce que Boureau appelle un persiflage social, à une époque où les dépendances réelles s’étaient largement défaites.
Les autres déclarations relèvent d’une logique de négociation. En 1538, le seigneur de Louvie-Soubiron, en Béarn, dont le père venait d’échouer dans une entreprise industrielle, tente de reconstituer son domaine sur le modèle d’une seigneurie à l’ancienne, en levant sur ses voisins une série de droits parmi lesquels figure le cuissage, en vue de négocier la vente de sa seigneurie ; Boureau reconstitue en détail ses rapports avec le village voisin d’Aas. Un aveu de ce genre servait à faire valoir des prétentions, pas à décrire un usage.
La version cléricale du mythe a une racine fiscale. L’Église demandait aux nouveaux époux de s’abstenir pendant trois nuits après le mariage et faisait payer la dispense, et Boureau lit les récits de prêtres exerçant un droit sur les mariées comme une protestation contre ces taxes. À Amiens, une dispute sur la juridiction en matière d’adultère a suffi à lancer l’accusation d’un cuissage épiscopal.
Ces récits tenaient parce que leurs éléments étaient vrais un à un.
Des seigneurs prélevaient de l’argent sur les mariages de leurs dépendants, et des puissants abusaient de femmes qui ne pouvaient pas se défendre. Le mythe a fait de cette violence la contrepartie juridique de cette taxe, un lien qu’aucune coutume appliquée ne contient.
Quand la presse rebaptise le harcèlement
En 1992, le débat sur le nouveau Code pénal, qui crée le délit de harcèlement sexuel, remet l’expression en circulation, et la presse parle aussitôt de droit de cuissage pour désigner l’abus d’un supérieur sur une subordonnée. C’est de ce débat, selon le compte rendu que John S. Ryan consacre à l’édition américaine, que vient l’enquête de Boureau. En 1994, Marie-Victoire Louis publie Le Droit de cuissage. France, 1860-1930, qui garde le mot pour la France industrielle et s’attache, selon les termes de Patrick Boucheron, au droit supposé des hommes à disposer du corps des femmes.
Les deux livres se répondent. Boureau montre qu’aucune coutume n’a conféré ce droit, et Louis que l’absence de droit n’a jamais empêché le fait. Boucheron a réuni les deux leçons au Collège de France le 28 janvier 2025, en écartant le droit de cuissage « comme ius primae noctis » avant de passer aux procès pour viol de la fin du Moyen Âge, dont une affaire de harcèlement jugée à Bologne en 1351. Démonter le mythe ne dit donc rien de la condition des femmes au Moyen Âge, et n’autorise surtout pas la conclusion inverse d’une société où les puissants auraient respecté le corps de leurs dépendantes.
On ne dispose d’aucune enquête d’opinion qui mesure la part des Français tenant aujourd’hui ce droit pour historique. Le seul indice solide est l’usage de la presse de 1992, qui supposait vraisemblablement le mot compris de tous.
La clause signée à Guadalupe
En Catalogne, le problème change de nature. Les paysans de remença, attachés à leur terre et tenus de racheter leur liberté pour la quitter, ont rédigé eux-mêmes leurs griefs, et ceux-ci ont été conservés. Dans le projet de concorde de 1462, édité en 1905 par l’historien du droit Eduardo de Hinojosa, ils écrivent que certains seigneurs prétendent coucher la première nuit avec la femme du paysan qui se marie, usage qu’ils jugent sans profit pour le seigneur et d’une grande sujétion pour le paysan. Le 21 avril 1486, au monastère de Guadalupe, Ferdinand II d’Aragon rend la sentence arbitrale qui clôt la guerre des remences. Elle interdit aux seigneurs de dormir avec l’épouse la première nuit et, en signe de seigneurie, de passer au-dessus du lit et de la femme une fois celle-ci couchée. Le geste de la jambe, celui que Nicolas Boyer prêtait aux seigneurs de Gascogne, reparaît ici dans un texte royal.
Friedrich Engels citait déjà la clause en 1884, dans L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, comme le reste d’un très ancien mariage par groupes, et la situait en Aragon.
Carlos Barros, de l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle, a tiré de ces textes en 1993 la thèse la plus solide en faveur d’une pratique réelle. Selon lui, la première nuit relevait d’un droit coutumier oral, que l’écrit n’enregistrait pas, et c’est la révolte paysanne qui l’a fait entrer dans les textes au moment de l’abolir. Il y ajoute la Galice. En 1458, l’archevêque de Saint-Jacques, Rodrigo de Luna, est chassé par une révolte, et le chroniqueur Diego de Valera rapporte qu’il avait fait enlever une mariée du lit nuptial pour la garder toute une nuit. L’argument a deux faiblesses, que Barros signale en partie lui-même. Valera écrit à partir de rumeurs de cour et n’aime ni l’archevêque ni son protecteur royal, et les documents d’archives du conflit ne disent pas un mot de l’accusation.
Boureau lui a répondu dans une annexe de l’édition américaine de 1998. Ses recenseurs sont plus nuancés. Spiegel admet que la Catalogne est la seule exception possible à la rareté des attestations hors de France, et Kosto estime que les indices ibériques affaiblissent l’idée d’un mythe essentiellement français. Le Diccionario panhispánico del español jurídico de la Real Academia Española range pourtant ce droit, à l’article « malos usos », parmi les abus non constatés, en s’appuyant sur Hinojosa, l’éditeur même du texte de 1462.
Le texte de 1462 garde aussi la réponse des seigneurs, en deux temps. Ils déclarent ne pas savoir ni croire qu’une telle servitude existe dans la Principauté, ni qu’aucun seigneur l’ait jamais exigée, puis acceptent de l’abolir comme chose très injuste et déshonnête. Démenti de principe ou aveu prudent, la phrase se lit dans les deux sens. Pour trancher, il faudrait un acte où un seigneur catalan exige ce droit d’un paysan nommé, ou un procès où une famille s’en plaint, et Barros, qui a cherché jusqu’en Galice et en Castille, n’en cite aucun pour la Catalogne.
Pour aller plus loin
Même fabrique d’un Moyen Âge brutal : la ceinture de chasteté et la Terre plate médiévale. Sur les redevances et dépendances réelles, être serf et la seigneurie médiévale. Pour une autre citation de Voltaire trop bien faite, la phrase apocryphe.
Un seigneur du Moyen Âge avait-il le droit de passer la nuit de noces avec la femme d’un de ses paysans ? Voltaire l’a affirmé, et Beaumarchais en a tiré une comédie célèbre. En France, les historiens ont pourtant cherché ce droit dans les archives sans jamais le trouver appliqué. En Catalogne, au nord-est de l’Espagne, des textes du XVᵉ siècle laissent la question ouverte.
Le prix d’un mariage
Au Moyen Âge, beaucoup de paysans dépendent d’un seigneur. Quand l’un d’eux épouse une femme venue d’une autre seigneurie, son seigneur perd les enfants à venir. Il réclame donc une compensation. Cette taxe porte un nom, le formariage, et elle n’a rien de légendaire.
Certains seigneurs exigent aussi un cadeau à chaque noce. En 1419, un seigneur normand demande à chaque marié de l’argent, un morceau de porc et une mesure de boisson. Faute de paiement, ajoute-t-il, la mariée passera la nuit avec lui. Cette phrase ressemble à une plaisanterie menaçante. Elle rappelle surtout qui commande, à une époque où les paysans dépendent de moins en moins de lui.
Un autre texte a trompé les lecteurs. En Bourgogne, un recueil de règles locales permet au marié d’emmener sa femme coucher « sous le seigneur » la première nuit. L’expression signifie sur la terre du seigneur. Le couple vient alors vivre dans la seigneurie, et la taxe n’est plus due. Des lecteurs bien plus tardifs ont pris ces mots au pied de la lettre.
Une histoire qui grossit
Le premier récit connu date de 1247. Un moine du Mont-Saint-Michel l’écrit en vers, pendant une querelle de son abbaye avec des seigneurs voisins. L’histoire sert alors à les salir. Plus tard, elle vise aussi les prêtres et les moines. Au XVIIIᵉ siècle, Voltaire et Beaumarchais en font le symbole des abus des nobles.
Au XIXᵉ siècle, la question divise les savants français. Un journaliste catholique, Louis Veuillot, nie l’existence de ce droit. Un érudit, Jules Delpit, lui répond par un livre de trois cents pages. Ce livre rassemble soixante-douze documents censés prouver le contraire. Pour les uns, le Moyen Âge est un temps d’ordre. Pour les autres, c’est un temps d’abus qui fait paraître le présent plus juste.
Bien plus tard, l’historien Alain Boureau reprend ces documents un par un. La plupart sont des taxes ordinaires, des faux ou des légendes plus récentes. Il n’en reste que cinq. Ce sont des déclarations de seigneurs, sans aucune trace d’application. Pour lui, ce droit n’a jamais existé comme pratique en France.
Le mythe ne doit pas faire oublier la violence réelle. Des hommes puissants ont abusé de femmes qui dépendaient d’eux, au Moyen Âge comme après. Le mot a d’ailleurs resurgi en 1992, quand la France a créé le délit de harcèlement sexuel. La presse a aussitôt parlé de droit de cuissage.
Un geste interdit par le roi
En Catalogne, certains paysans sont attachés à leur terre. Pour la quitter, ils doivent racheter leur liberté. Au XVᵉ siècle, ils se révoltent et rédigent eux-mêmes leurs plaintes. L’une d’elles dit que certains seigneurs prétendent coucher avec la mariée la première nuit.
En 1486, le roi Ferdinand d’Aragon met fin à leur révolte par une décision écrite. Elle interdit aux seigneurs cette première nuit. Elle leur interdit aussi un geste symbolique, passer au-dessus du lit où la jeune femme est couchée. Pour l’historien espagnol Carlos Barros, ces textes prouvent qu’un tel usage a bien existé, au moins en Catalogne et en Galice.
Barros cite aussi un archevêque de Galice, chassé par une révolte. Un chroniqueur raconte que ce prélat avait fait enlever une mariée de son lit de noces pour la nuit. Mais ce chroniqueur n’aimait pas l’archevêque et répétait des rumeurs de la cour. Les archives de l’époque ne parlent pas de cette accusation.
Boureau ne croit pas à cette lecture. D’autres spécialistes pensent que la Catalogne reste une exception possible. Les seigneurs catalans avaient eux-mêmes répondu aux paysans d’une façon étrange. Ils disaient ne pas connaître cette coutume, puis acceptaient de l’abolir comme très injuste.
La version complète suit le tri des preuves réunies contre le journaliste catholique, et rapporte en détail la réponse des seigneurs catalans aux plaintes des paysans.
Sources de cet article
Chaque article est contre-vérifié avant publication : documents cités dans le texte, travaux de référence et pages institutionnelles consultées en ligne.
Sources primaires
- Chanson (ou Conte) des vilains de Verson, poème en français daté de 1247, composé par un moine de l’abbaye et inséré dans un fragment du cartulaire du Mont-Saint-Michel édité par Léopold Delisle dans ses Études sur la condition de la classe agricole et l’état de l’agriculture en Normandie au Moyen Âge, 1851
- Coutumier bourguignon, compilé et glosé à la fin du XIVᵉ siècle, disposition sur le formariage (« gésir soubs le seigneur »)
- Aveu et dénombrement du seigneur de La Rivière-Bourdet (Normandie), 1419, clause sur les mariages : dix sous tournois, longe de porc, gallon de boisson
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Sources primaires (suite)
- Aveu du seigneur de Louvie-Soubiron (Béarn), 1538
- Les Cent Nouvelles nouvelles, recueil composé pour la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, 1462, nouvelle 32
- Nicolas Boyer (1469-1532), juriste, passage sur la jambe que les seigneurs de Gascogne posaient en travers du lit des nouveaux mariés [œuvre et édition À VÉRIFIER]
- Hector Boece, Scotorum historiae a prima gentis origine, Paris, Josse Bade, 1527
- Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756
- Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro, créée en 1784
- Louis Veuillot, Le Droit du seigneur au Moyen Âge, Paris, Vivès, 1854
- Jules Delpit, Réponse d’un campagnard à un Parisien, ou réfutation du livre de M. Veuillot sur le droit du seigneur, Paris, J.-B. Dumoulin, 1857, 301 p.
- Projet de concorde entre seigneurs et paysans de remença, Catalogne, 1462 édité par Eduardo de Hinojosa, El régimen señorial y la cuestión agraria en Cataluña durante la Edad Media, Madrid, 1905, appendice, p. 8
- Sentence arbitrale de Guadalupe, rendue par Ferdinand II d’Aragon au monastère de Santa María de Guadalupe, 21 avril 1486
- Diego de Valera, Memorial de diversas hazañas, éd. Madrid, 1941, p. 52-53 accusation portée contre Rodrigo de Luna, archevêque de Saint-Jacques, 1458
- Friedrich Engels, Der Ursprung der Familie, des Privateigenthums und des Staats, Hottingen-Zurich, 1884
Bibliographie
- Alain Boureau, Le Droit de cuissage. La fabrication d’un mythe (XIIIᵉ-XXᵉ siècle), Paris, 1995 Albin Michel
- Alain Boureau, The Lord’s First Night : The Myth of the Droit de Cuissage, traduit par Lydia G. Cochrane, Chicago et Londres, 1998, ix-300 p., annexe 2 « The Droit de Cuissage in Spain : A Response to Carlos Barros » University of Chicago Press
- Marie-Victoire Louis, Le Droit de cuissage. France, 1860-1930, Paris, 1994 Éditions de l’Atelier/Éditions ouvrières
- Carlos Barros, « Rito e violación : dereito de pernada na Baixa Idade Media », Revista de História das Ideias 15, 1993, p. 31 et suiv. Universidade de Coimbra
- Adam J. Kosto, compte rendu d’Alain Boureau, The Lord’s First Night, The Medieval Review, 99,05,14, mai 1999 Indiana University
- Gabrielle Spiegel, « Testing out the Route », compte rendu d’Alain Boureau, The Lord’s First Night, London Review of Books 21 (22), 11 novembre 1999 London Review of Books
Sources en ligne
- « La tyrannie masculine », cours de Patrick Boucheron du 28 janvier 2025, cycle « Le sexe du pouvoir » Collège de Francehttps://www.college-de-france.fr/fr/agenda/cours/le-sexe-du-pouvoir/la-tyrannie-masculine
- « 99,05,14, Boureau, The Lord’s First Night » The Medieval Review, Indiana Universityhttps://scholarworks.iu.edu/journals/index.php/tmr/article/view/14772
- « Testing out the Route », Gabrielle Spiegel London Review of Bookshttps://www.lrb.co.uk/v21/n22/gabrielle-spiegel/testing-out-the-route
- « Rito e violación : dereito de pernada na Baixa Idade Media », Carlos Barros Universidade de Coimbra, dépôt numériquehttps://ap1.sib.uc.pt/bitstream/10316.2/41996/1/rito_e_violacion_dereito_de_pernada.pdf
- « malos usos » Diccionario panhispánico del español jurídico, Real Academia Españolahttps://dpej.rae.es/lema/malos-usos
- « Scotorum historiae a prima gentis origine, cum aliarum & rerum & gentium illustratione non vulgari » University of Aberdeen, collections, notice de provenancehttps://www.abdn.ac.uk/collections/our-collections/browse/rare-book-collections/provenance/4811/
- « Review of Alain Boureau, ’The Lords First Night : The Myth of the Droit de Cuissage’, trans. Lydia G. Cochrane » University of New England, Research Portalhttps://researchers.une.edu.au/en/publications/review-of-alain-boureau-the-lords-first-night-the-myth-of-the-dro-4/


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